Ce chapitre marque la fin de cette fanfiction...Je dois avant tout remercier tous ceux et celles qui m'ont soutenue depuis le début ^^. J'espère que ce dernier chapitre vous plaira =)


Chapitre VII

Le septième commandement

La porte s'ouvrit violemment sur deux jeunes femmes, surprenant quelque peu Takeda. Mais malgré sa stupéfaction, il reprit ses esprits assez vite, et lança en direction de Shizuru un regard interrogateur.

- Euh, je suis désolé mademoiselle, mais j'aimerais avoir une conversation seul à seule avec Natsuki.

-Ara, mais il se trouve que Natsuki aussi a quelque chose à dire, et elle souhaiterait que je sois présente.

Takeda, quoique déboussolé par cette affirmation, insista :

- Je crois que notre vie de couple ne regarde que nous.

-Ara, vous seriez surpris…

- Hein?

- Nous ferions mieux d'en discuter autour d'un thé, qu'en dites-vous? Pourriez-vous m'indiquer où est la cuisine, je vous prie?

Natsuki intervint, ne pouvant plus supporter cette situation.

- Viens, c'est par là.

Le champion ne comprenait plus rien. Cette femme dont il ne connaissait rien voulait lui faire du thé? Pourquoi avait-elle dit avoir rapport avec son couple? Se pourrait-il que…

Il fut tiré de ses pensées par le sifflement de la bouilloire et par le bruit des armoires que l'on ouvre. Quelques instants plus tard, les deux femmes sortaient de la cuisine, l'une portant l'eau chaude et l'autre les sachets et les tasses disposées sur un plateau. Heureusement que la bouilloire disposait d'un couvercle, car Takeda aurait été éclaboussé vu la force avec laquelle Natsuki l'avait déposée.

- J'aimerais bien que l'on m'explique ce qui se passe, dit-il en tentant, en vain, de contenir sa mauvaise humeur et son appréhension.

- Eh bien…euh…c'est-à-dire que…

- Ara, je crois que nous devrions aller droit au but. Le pauvre homme a assez souffert, déclara Shizuru en buvant un peu du breuvage sucré.

- Est-ce de moi que l'on parle? Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai la légère impression que l'on me prend pour un imbécile, répliqua-t-il sarcastiquement.

- Natsuki souhaiterait vous quitter.

Takeda, pourtant bronzé de nature, pâlit immédiatement.

- C'est un mensonge, hein, chérie? Une blague?

La dite chérie rougit, mais put tout de même lui répondre, non sans avoir pris une grande inspiration.

- Je crois…euh, j'en suis on ne peut plus sûre…que les hommes ne m'attirent pas.

Le nouveau célibataire leva un doigt tremblant vers Natsuki, puis vers Shizuru.

- Tu…vous…

- Ara, il comprend vite.

On l'aurait brûlé vif et il n'aurait pas ressenti plus grande douleur. L'homme se leva, et partit en claquant légèrement la porte. Personne ne devait le voir pleurer…


- Ara, voilà une bonne chose de faite.

- Ouais, on dirait bien…

- Ne t'en fais pas, il s'en remettra. Et j'ai une surprise pour toi! Comme je ne savais pas trop quoi faire pour fêter ça – car je trouve qu'il y a matière à célébration, puisqu'il s'agit du deuxième plus beau jour de ma vie –, j'ai invité Takumi et Akira au restaurant.

- Ah, je vais enfin faire la connaissance de l'énigmatique Akira. Il n'en parle qu'en bien, mais tu connais Takumi…

- En effet, jamais un mot plus haut que l'autre…

- C'est à quelle heure?

- Ara, cela se trouve à être dans exactement trente minutes, répondit-elle en jetant un coup d'œil à sa montre.

- On ferait mieux de monter tout de suite, je dois déménager mes affaires chez toi avant qu'il rentre.

Les deux désormais petites amies traversèrent donc le dédale de couloirs et d'escaliers qui menait à la chambre des maîtres. La plus jeune ouvrit la porte pour dévoiler, à la grande surprise (muette) de Shizuru une chambre parfaitement rangée. C'était manifestement l'homme qui s'occupait des tâches ménagères, ici. Ou peut-être bien une femme de ménage.

- Il y a des boîtes dans le placard, on en aura besoin.

- Y a-t-il des choses que tu veux laisser ici?

- Tout ce qu'il m'a offert. Je ne veux pas avoir de souvenirs de lui et de cette période de ma vie.

- Non, non! Je vais les garder, et les brûler, et peut-être autre chose…

Il y avait dans le regard de la brune cette flamme de quasi-démence qui, malgré tout l'amour que lui portait Natsuki, effrayait toujours un peu cette dernière.

- Euh…tout ce qui est dans le coffre à bijoux en bois sur la commode.

Shizuru affichait ce sourire que nul au monde ne saurait probablement jamais déchiffrer, même l'amour de sa vie.

- Ara, je crois que pour déménager tout ça, nous aurons besoin de force masculine.

- Tiens, le téléphone est par là-bas…

La brune sortit, et Natsuki se rendit compte des conséquences de ces paroles. Des hommes, aussi gay soient-ils, ne devaient pas voir sa collection! Cette simple pensée la fit rougir, et se hâta de l'empaqueter puis de fermer les trois boîtes qu'elle occupait avec du gros scotch. C'est à ce moment que Shizuru revint et lui annonça que le couple arriverait dans quelques minutes. Ensemble, elles terminèrent les boîtes et attendirent un petit moment dans le salon, puis on sonna à la porte et l'ex-maîtresse de maison s'empressa d'aller ouvrir. Quelle ne fut pas sa surprise de constater que Takumi était accompagné…d'une femme! Ses seins et sa jupe ne laissaient planer aucun doute sur son sexe, et même si son visage était fermé, il n'était pas si masculin pour autant.

- Qu'est-ce qu'il y a, Natsuki? demanda Takumi avec une pointe d'inquiétude dans la voix.

- C'est que…euh…je croyais que…je veux dire…Akira, c'est un nom d'homme, non? J'ai donc pensé…

Natsuki s'emmêlait dans ses mots, essayant d'utiliser les termes les moins insultants possible.

Contre toute attente, Takumi éclata de rire, et sa compagne se contenta d'un petit sourire moqueur.

- Tu croyais que j'étais gay? Bon, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, ça doit être à cause de ma profession…

- Et de ton comportement, de ton allure, de tes passe-temps…ajouta Akira.

- Euh...je suppose. Mais…Eh non! Malgré ce que plusieurs pensent, je ne suis pas de côté-là. Il en faut bien pour assurer la perpétuation de l'espèce, dit-il en adressant un clin d'œil à son amie fraîchement sortie du garde-robe.

- Ferme ta gueule et viens nous aider, se renfrogna Natsuki. C'est pour ça que tu es venu, non?

En tentant de réprimer son hilarité, le jeune homme prit une seule boîte, ses muscles ne lui en permettant pas plus, faisant lever les yeux au ciel à Natsuki. Akira, de son côté, en empila trois qu'elle achemina jusqu'au hall d'entrée. Les autres la rejoignirent bientôt, puis les quatre se rendirent à l'appartement de Shizuru, à pied. Sans aide, elles auraient dû faire l'aller-retour. Pénible.

- Ara, merci pour tout. Auriez-vous l'obligeance de réserver pour le restaurant?

- Pas de problème, sourit Takumi. Oh, en passant, je vous souhaite tous mes vœux de bonheur. Je dirais bien de prospérité, mais il faut être réaliste.

- Si Natsuki veut des enfants, nous en aurons. Mais pour l'instant, ce n'est pas dans nos priorités.

- Je vous comprends, c'est certain. Bon, eh bien, on se dit à 20h?

- Ara, parfait. À tout à l'heure, alors…


Du côté de Takeda, la colère avait laissé place au désarroi le plus total. Sa Natsuki, la femme avec qui et pour qui il vivait, qui le quittait…Il savait que la fin de leur relation était proche, mais ne s'était jamais douté que ça se passerait ainsi…

Cette inconnue, cette mystérieuse inconnue, ce lien qui les unissait était si évident qu'il en crevait les yeux. Il l'avait su dès la première fois qu'il l'avait vue.

Maintenant, que faire de sa vie? Il continuerait à travailler, certes, mais à quoi allait servir cet argent sans quelqu'un à gâter, chérir, aimer?

Las de ces réflexions peu réjouissantes, il décida de les oublier l'espace d'une soirée. Il prit alors sa voiture et se dirigea vers son endroit de prédilection en de pareilles circonstances, le bar.

Malgré le fait que le soleil ne fut même pas couché, l'un des tabourets du comptoir était déjà occupé, par une jeune fille que le récent célibataire connaissait bien.

- Hé, mais c'est Takeda! Que nous vaut ta -hic- visite? beugla Midori.

- Natsuki, grogna-t-il pour toute réponse.

- Oh, problèmes de couple, je vois, je vois…Viens prendre –hic- un verre, et raconte-moi tout ça.

Takeda obéit, se prit un siège et commanda une bière. Sa première de la journée et certainement pas la dernière.

- Vous vous êtes disputés?

Le jeune homme la regarda d'un air maussade.

- Pire. Elle m'a plaqué pour une fille.

Il croyait qu'en lui répondant ainsi, elle n'insisterait pas et le laisserait se murer dans son silence. C'était mal la connaître.

S'il est vrai qu'au début elle resta la bouche grande ouverte sans rien dire, elle se rattrapa rapidement.

- Bordel, ça c'est vraiment…inattendu.

- Mouais…J'avais vu venir la rupture mais pas…ça.

Ils restèrent silencieux un moment, concentrés qu'ils étaient sur leurs boissons.

- J'ai de quoi à te confier…Avec Youko, ça va pas trop bien non plus…On se dispute assez souvent…Et tu connais pas la dernière? Elle veut que j'arrête de boire! Elle est passée où, ma princesse à la gueule de bois, hein?

La fin de sa phrase fut noyée dans les larmes, prononcée d'une voix étranglée. Même si Takeda se foutait bien, en ce moment, des problèmes des autres, il essaya de n'en rien laisser paraître.

- Dur…On a grand besoin d'alcool, fit-il en hochant la tête.

Au départ enfermés dans le silence et l'alcool, leurs langues se délièrent au fur et à mesure que celui-ci faisait son effet. Lorsqu'il se sentit d'humeur à retourner chez lui (après un certain nombre de bières, il faut l'avouer), le joueur de kendo salua son amie qui était maintenant ce que l'on pourrait qualifier communément de « soûle ». En sortant du débit de boisson, il fonça dans un homme d'assez grande taille.

- Tu pourrais –hic- pas regarder où tu vas?

- J'espère que tu ne comptes pas prendre ta voiture dans cet état, Take-kun.

À cause des brumes de l'alcool, Takeda ne remarqua même pas l'usage pour le moins singulier de ce sobriquet, lui qui l'avait toujours appelé Masashi-san depuis l'école. Il devait avoir bu, lui aussi.

Or, Reito était parfaitement sobre. Il était venu chercher Takeda ici quand il avait vu que personne ne répondait chez lui. Vu la mine qu'affichait Takeda la dernière fois qu'ils s'étaient rencontrés, il en avait déduit qu'il était allé noyer sa peine. Et ne s'était pas trompé.

- Je vais te ramener chez toi.

Il prit son ami par la main puis l'assit sur le côté passager. Le trajet se fit en silence, puisque cela ne prit pas beaucoup de temps avant que l'homme ivre ne s'endorme. L'autre le regarda d'un air qu'il n'avait pas affiché depuis longtemps…du moins en public. Il semblait…attendri? Il y avait dans son regard comme une étincelle alors qu'il le posait sur un Takeda somnolant.

Il se gara devant la demeure sombre et vide, renonçant à la dernière minute à le réveiller. Il le prit donc dans ses bras, ce qui donna place à une scène plutôt comique, s'il eût été quelqu'un pour les voir à ce moment-ci.

Reito sortit son double de clé, déverrouilla la porte avec quelque difficulté vu son fardeau, puis entra. Le bruit de la porte qui claquait fit sortir Takeda de son état, mais il était trop fatigué pour esquisser un geste ou ouvrir les yeux. Il ne le fit que quand son entraîneur eut quitté la pièce, après avoir posé ses lèvres sur les siennes, et qu'il entendit sa voiture rouler au loin. Il posa alors son regard sur la chambre dépourvue de plusieurs objets ayant appartenu à Natsuki…et se rendit compte qu'il était prêt pour un nouveau début.


Eh voilà! Le couple surprise, un yaoi, vous vous y attendiez pas hein? J'espère que ça ne vous déçoit pas trop xD

Merci encore ^^!