Titre : Never Say Die stories : Scénettes & co.
Source : Gundam Wing AC
Auteur(e) : Lysanea
Genre : yaoi, romance, basée sur l'histoire originale et sur ma fic Never Say Die
Disclamer: aucun des personnages ne m'appartient sauf Mr Dyson et les médecins.
Rating : K+ à T pour certaines suggestions, et encore…
Personnages: Heero Yuy, Duo Maxwell, Trowa Barton, Quatre Raberba Winner, Wufei Chang, Milliardo Peacecraft/Miles Kraft, Noin Lucrézia

Notes de l'auteure : Bonjour à toutes. Exceptionnellement, je poste avant de répondre aux reviews et autres messages, le dernier chapitre date de plus de quinze jours donc j'ai fait de la nouvelle update ma priorité. Mais je vous remercie d'être là pour lire la suite et j'espère que ça vous plaira. Une série de courts textes et petites scénettes pour aborder les thèmes demandés par certains d'entre vous. Je n'arrivais pas à les imaginer dans des textes entiers et longs, et poster à chaque fois une scène comme un os me paraissait très long, donc j'ai regroupé. J'espère que ce format ne vous dérangera pas dans votre lecture. Il y en a douze, je tiens à ce nombre c'esst pourquoi c'est peut-être un peu long. J'ai mis les dates pour suivre la chronologie, même s'ils restent plus ou moins dans l'ordre….

Bonne lecture.

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Alive

Afrique du Sud,
Durbanville, Medical Clinic

Mars AC 200

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Les mots du médecin lui martèlent le crâne, littéralement. Il regarde ses lèvres bouger, fasciné par leurs mouvements, puis pose les yeux sur le corps inanimé, perdu dans ce grand lit, disparaissant presque sous les branchements qui le maintiennent en vie et les bandages qui enserrent sa tête et une partie de son corps.

La liste de ses blessures et des interventions qu'il a subi n'en finit pas, et Quatre se sent partir, à son tour.

L'épuisement de ces deux jours de voyage et deux autres jours d'attente de transfert, utiles puisqu'ils ont finalement permis à Wufei d'arriver et de le rejoindre, durant lesquels il a angoissé dans l'impuissance totale, ne l'aide pas à encaisser le choc de la vision de Trowa, dans cet état.

Il réalise soudain pleinement et douloureusement ce qui s'est passé, ce qu'il a risqué…

Son pouls s'accélère, sa respiration devient chaotique.

- Winner ?

Il tourne son visage vers Wufei, son ami, le seul qui reste, et qui le regarde avec inquiétude.

- J'ai failli le perdre… Il… Il a failli mourir… loin de moi…

- Winner…

- Et j'aurais récupéré son corps… son corps froid et figé… Et… Oh mon Dieu !

- Calme-toi, Winner, il n'en est rien…

- Il serait mort comme ça… continue-t-il les yeux grands ouverts sur un horrible cauchemar. Je n'aurais pas pu lui dire adieu… Il allait mourir… Il… Je…

- Respire, Winner, doucement… l'exhorte Wufei en passant une main dans son dos, tendrement, le soutenant de son autre bras.

- J'allais vraiment le perdre…

- Monsieur Winner… tente d'intervenir le médecin.

Mais Wufei lui fait un signe, lui demandant de le laisser faire, puisqu'il voit bien que les mots seuls n'ont pas le pouvoir de sortir Quatre de son enfer personnel.

Il lui attrape donc le bras et le conduit jusqu'au lit de Trowa, et lui prenant la main, il la pose sur le torse du comateux, bien à plat, mais très doucement malgré la fermeté du geste.

- Tu entends ça? C'est la voix du cœur ! Tu sens la chaleur sous ta paume ? Tu perçois sa respiration ? C'est le souffle de vie. Parce qu'il est en vie, Quatre.

- Wufei…

- Il en en vie, répète-t-il, alors que Quatre s'effondre littéralement dans ses bras, pleurant comme il ne s'est encore jamais autorisé à le faire.

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The First

Afrique du Sud,
Durbanville, Medical Clinic

Avril AC 200

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Le bip régulier des machines qui les surveillent, le son étouffé du respirateur qui les maintiennent en vie, les sirènes des pompiers ou des ambulanciers qui retentissent à intervalles plus ou moins longs, le bruit des brancards qui traversent le service, celui des chariots de soins ou de ménage, le brouhaha des conversations des soignants et autres employés…

Quatre les connaît tous, il y est habitué, depuis un mois qu'il passe tant d'heures par jour dans le service de réanimation, au chevet d'Heero et Trowa.

Mais ce jour-là, un son en particulier lui fait brusquement relever la tête : il le reconnaît aussi, c'est celui du drap rêche de l'hôpital qui se froisse…

Puisque personne n'est près du lit d'Heero et que lui-même, à côté de Trowa, ne touche pas le sien, il est impossible qu'il l'entende en ce moment, à moins que…

Il regarde avec espoir les mains de Trowa, mais elles sont bien à plat sur le lit et les draps presque lisses.

Alors, balayant sa tristesse et sa déception, Quatre se redresse et se tourne vers Heero, portant ses yeux sur ses mains, tout d'abord, plutôt que sur son visage.

Et il les voit, ses doigts refermés sur le drap, et son cœur se gonfle de joie, tandis qu'il perçoit enfin l'écho d'une présence.

Son regard remonte jusqu'à son visage et il croise son regard sombre, terriblement sombre et confus.

- Heero, tout va bien, je vais appeler l'infirmière et les médecins, lui assure-t-il en prenant sa main.

Elle se referme sur la sienne difficilement, sans force, mais le fait qu'il cherche tout de même le contact rassure Quatre.

Il appuie sur la commande d'appel pour faire venir l'infirmière, refreinant son envie de courir dans le couloir hurler qu'on vienne s'occuper de son ami pour pouvoir continuer à lui tenir la main et le rassurer.

Mais il est bien obligé de s'écarter et de sortir, une fois l'équipe médicale réunie autour d'Heero.

Quatre observe leur ballet autour de son ami, depuis le couloir.

Il est tellement concentré qu'il sursaute, lorsqu'il sent une main sur son épaule.

Wufei est là, lui souriant avec sa retenue légendaire, mais lui confiant tout de ses sentiments qu'il le laisse percevoir à travers son empathie.

Ils s'accordent une rapide accolade, partageant leur soulagement, même si rien encore n'est assuré.

- Quand ?

- Il y a une dizaine de minutes, à peine, répond Quatre, la gorge nouée par l'émotion. Je t'ai envoyé le message très vite.

Le médecin sort enfin pour les informer qu'Heero est bien réveillé, mais qu'il doit rester intubé pour le moment, et qu'il ne peut donc pas parler avec eux.

Comme dans l'ensemble, les choses se présentent bien, cette petite contrariété ne les dérangent pas plus que cela.

Et ils ne sont pas vraiment pressés de lui annoncer la disparition de Duo…
Il savent qu'ils vont devoir le faire rapidement, puisqu'ils ont bien vu Heero regarder partout autour de lui comme s'il cherchait quelqu'un.

Quatre tourne son visage vers le lit de Trowa, toujours immobile, et il ne peut retenir quelques-unes des larmes qu'il était parvenu à retenir jusque-là, après en avoir versé une bonne partie de soulagement.

Soudain, le bras de Wufei se glisse autour de ses épaules, salvateur, l'empêchant de sombrer, encore une fois.

- Il ne pouvait pas passer avant lui, c'était inconcevable, lui dit-il, les yeux rivés sur leur ami inconscient. Yuy devait être le premier. Mais rassure-toi, Winner, ce sera bientôt son tour. Et on retrouvera Maxwell.

- Alors on sera tous réunis, comme avant, comme une famille. Tu y crois, toi aussi, vraiment ?

- Évidemment. Quand des frères d'armes les déposent et cessent de se battre, ils n'en restent pas moins frères. Non ?

- Si. Mais nous n'avons pas cessé de nous battre, Wufei, d'autres luttes sont à envisager. Nous ne savons toujours pas qui a fait ça…

- Cela ne saurait tarder. Mais ce ne sont pas les armes, qui comptent, mais les sentiments qui nous lient et la volonté de faire honneur à cette amitié qui nous a transformés, nous, les orphelins, en famille. Il est de notre devoir de nous protéger. Aucun de nous n'abandonnera, ni soi-même, ni un autre nous-même.

Quatre retrouve le sourire et l'offre à Wufei, qui lui sourit à son tour, confiant malgré les difficultés qui s'annoncent déjà.

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Hold on

Protectorat de Shamaland
Quartier général des Preventers
Bureau de Quatre.

AC 202

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Toc toc toc

- Entrez !

Quatre s'attend à voir Wufei, Trowa ou à la rigueur Noin ou Milliardo, puisqu'ils sont les seuls à se présenter directement à son bureau sans se faire annoncer par la secrétaire.

Mais la porte s'ouvre sur Heero, qui était en mission, aux dernières nouvelles.

- Bonjour, Heero ! Tu es rentré, ça y est.

- Salut, Quatre, répondit-il alors que son ami vient l'embrasser. Je ne te dérange pas ?

- Non, du tout. Comment tu vas ? Comment ça s'est passé ?

- La mission Blackspace s'est bien passée, tes indications se sont avérées plus qu'utiles.

- Tant mieux.

- Ca va, toi ?

- Oui. Trowa a eu sa phase d'amnésie mensuelle, je suis un peu moins stressé.

- Je viens de le voir, il m'a raconté.

- Ah, parfait. Et… de ton côté, Heero, en dehors de la mission ? Tu as trouvé quelque chose au sujet de Duo ?

- Rien de concluant. Je vais commencer l'exploration d'un autre secteur de mon quadrillage organisé.

- D'accord…

- Je dois y aller, je venais juste te saluer, Noin m'attend et… Quatre ? Ca ne va pas ?

- Si, si, tente-t-il de le rassurer en se laissant lourdement tomber sur son fauteuil de bureau. Désolé, Heero, c'est juste que… Désolé… répète-t-il en tentant de ravaler ses larmes.

Heero connaît la souffrance et l'inquiétude de Quatre pour Duo.

Mais peut-être pour la première fois, il se rend pleinement compte de leur intensité.

A trop se blinder et se protéger, mission après mission, pistes après pistes, échec après échec, de cul-de-sac en voies sans issues, il oublie parfois la souffrance de ses amis, dont Quatre, qui a bien plus à gérer qu'eux tous…

Même si, pour lui, il s'agit d'une question de vie ou de mort, qu'il n'entrevoit pas d'autres possibilités, il n'est pas le seul à espérer retrouver Duo.

En deux grandes enjambées, Heero rejoint Quatre et posant un genou à terre, il l'entoure maladroitement de ses bras, dans une extrêmement rare démonstration de soutien et d'amitié.

- Excuse-moi, Heero, c'est limite indécent de ma part… Tu es là, gonflé de courage et de force et je menace tout ça parce que je suis incapable de…

- La ferme, Quatre. C'est moi qui m'excuse de cette mise à distance.

- Je comprends tes raisons, tu sais, lui assure-t-il alors qu'il se relève.

- Elles n'excusent en rien mon attitude.

- Mais elles l'expliquent. En tous cas ne change rien, surtout. J'ai mes moments de crise, mais elles ne durent jamais longtemps, comme tu peux le constater.

- N'hésite pas à venir me trouver. Si je n'en vois pas la nécessité, je n'irai pas de moi-même vers toi, Quatre, tu me connais. Mon soutien n'est pas explicite. Mais tu sais que je suis là.

- Et c'est tout ce qui compte. Et aussi, n'oublie pas que la réciproque est vraie. Je ne suis pas si fragile.

- Je ne commettrai pas l'erreur de le penser. Ca ira ?

- Oui, rassure-toi. A plus tard.

- Hn.

Heero part, confiant, et Quatre se remet au travail, triste, certes, mais prêt à tenir le coup.

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Carry on

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Conversation visiophonique Terre – L5.7

Mai AC 203

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- Wufei, tu as eu une copie du rapport d'Heero sur la mission Goethe ?

- Ce matin, oui.

- T'as eu le temps de le lire ?

- Ce midi, oui.

Noin ne peut retenir un sourire.

Heureusement, qu'elle connaît bien Wufei et sait le déchiffrer, n'importe qui d'autre aurait pu penser qu'il le dérangeait sérieusement, vu ses réponses et son ton laconique.

Mais elle sait qu'il n'en est rien.

Tout simplement parce que leur relation est telle, aujourd'hui, que bien qu'elle soit sa supérieure et qu'il respecte ce fait, il n'aurait pas hésité une seconde à l'envoyer balader, s'il avait eu mieux à faire que de lui répondre.

- Tu en penses quoi ? C'est de l'excellent travail, n'est-ce pas ?

- Comme on s'y attend de Yuy. Tu n'es toujours pas habituée ?

- Malgré les années, je reste impressionnée par sa capacité à tout gérer. Il tient le coup, malgré les échecs dans ses recherches pour retrouver Duo.

- L'endurance est l'une des disciplines les plus difficiles, mais c'est à celui qui persévérera que la victoire finale viendra.

- Tu crois vraiment qu'il peut encore le retrouver ? Sait-il seulement où chercher, à présent ?

- Là où se trouve une volonté, il existe un chemin. Il trouvera toujours une piste à explorer.

- Et tu continues de l'encourager dans cette voie, malgré les années qui passent ?

- Toute chose ici-bas se règle par l'action, non par le chagrin, tu en sais quelque chose. Tant qu'on ose se battre, même si on essuie des échecs, on est digne de respect, Noin. Je ne l'abandonnerai pas. Toi non plus, n'est-ce pas ?

- Quoi ? Non, bien sûr que non ! Je vais continuer à le soutenir et lui permettre d'explorer toutes les pistes qu'il jugera bon de suivre.

- Ton soutien est très important.

- J'en suis consciente. J'ai perdu ma raison d'être, Wufei. Je ne souhaite à personne de vivre ce genre d'épreuve. S'il y a la moindre chance pour qu'Heero puisse retrouver la sienne… je suis heureuse de pouvoir y participer, à mon échelle, à ma façon.

- Tu ne peux pas retrouver la tienne, mais tu en trouveras une autre, Noin.

- Tu en as l'air tellement convaincu, c'est effrayant ! rit-elle malgré la tristesse du sujet.

- Je le suis, parce que s'il y a bien une chose dont je suis certain, c'est que jamais au grand jamais, Sally ne te laissera mourir à petit feu et dépérir, alors que tu mérites d'aimer et d'être aimée, à nouveau.

- Tu es gentil, Wufei, murmure-t-elle, émue.

- Je ne suis pas gentil, je suis sincère, grimace-t-il. Tu ne t'es pas détournée lâchement du désespoir, tu l'as traversé pour trouver, au-delà, une raison de te relever et de continuer, malgré la douleur et le manque. Tu es passée outre. Il te reste seulement à avancer encore un peu pour sortir du tunnel. A ce moment-là, tu verras Sally qui te montrera la lumière, celle d'une nouvelle vie. Tu cesseras alors de survivre dans cette-ci et embrassera le futur vers lequel elle te guide, depuis sa disparition.

Un court silence suit ses paroles, puis Noin pousse un long soupir.

- Si tu étais face à moi, vraiment et pas par écrans interposés, je t'aurais fait un énorme câlin, Wufei Chang du Clan du Dragon.

- C'est bien pour ça que je me garde de te dire ce genre de chose lorsque nous sommes à proximité immédiate.

- Je te ferai quand même un câlin à ton retour.

- Si tu m'es vraiment reconnaissante pour mes mots, oublie ça, veux-tu.

Noin rit à nouveau.

- Je t'inviterai à déjeuner, dans ce cas.

- Invite Wilson, plutôt, il n'attend que ça.

- Ne joue pas les marieuses, Wufei, ce n'est pas dans tes prérogatives.

- C'est un conseil d'ami, rien de plus.

- C'est toi que je veux inviter à déjeuner, et ce n'est pas négociable.

- Bien, Madame le Générale en chef. Ca va te coûter cher, je te préviens.

- N'oublie pas que je peux modifier ton salaire.

- Tyran. Dictateur. Oppresseur, l'accuse-t-il en pointant l'écran de son stylet.

- Mon Dieu ! Je vais mettre un terme à cette conversation avant que tu ne m'intentes un procès !

- J'ai du travail, de toutes les façons. Et une supérieure tyrannique qui n'hésiterait pas à diminuer mon salaire ou me mettre à la porte, si je ne le fais pas correctement.

- Je m'en voudrai de te faire prendre un tel risque… réplique-t-elle en continuant de jouer le jeu.

- Je te souhaite une belle soirée, Noin.

- A toi aussi, Wufei, et merci.

Ils coupent la transmission en échangeant un dernier sourire, puis Wufei repose la tablette, fier de lui.

Il a promis à Sally qu'il veillerait sur Noin, s'il devait lui arriver quelque chose,.

Et si, à l'époque, il ne voyait pas ce qu'il pourrait faire du haut de ses dix-huit ans pour son aînée, si cela devait se produire, il est aujourd'hui plus qu'heureux de pouvoir tenir cette promesse, en ayant réussi à gagner la confiance et l'amitié de cette femme en tout point admirable qu'est Lucrézia Noin.

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False hope

Protectorat de Shamaland
Appartement de Quatre

Septembre AC 203

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Quatre émerge doucement de son sommeil avec un soupir de contentement. Il est comblé, vraiment. Trowa est rentré de mission la veille.

Il lui a ouvert la porte, il était tard. Il l'a plaqué contre le mur de l'entrée et lui a fait l'amour, là, comme ça, sans un mot, une première fois. Puis une seconde, un peu plus loin dans le salon. Une troisième fois sous la douche. Une autre alors qu'ils en sortaient à peine, et c'est lui qui lui a sauté dessus, le coinçant contre le lavabo.

Il avait juste oublié combien Trowa pouvait être sexy avec une brosse à dents dans la bouche…

Lorsqu'ils ont finalement atteint la chambre, Quatre a perdu le compte. Trois semaines de mission les séparent et ils ne répondent plus de rien, c'est pareil à chaque fois.

Mais il n'y a pas que sa nuit qui l'a comblé : on est le matin et Trowa est toujours dans son lit. D'habitude, il s'en va assez tôt, même si la nuit a été particulièrement agitée. Comme cette nuit-là. C'était passionné, fougueux, épuisant, dévastateur, teinté de l'urgence, du désespoir et de la frénésie des jours de grandes catastrophes, mais c'était surtout terriblement bon. Or, Trowa est toujours là et Quatre veut y lire un signe que ça ne va pas si mal que ça, alors il se coule contre son corps nu avec un nouveau soupir, soulagé, heureux…

Jusqu'à ce que Trowa ne le repousse et ne pose ses yeux vides et confus sur lui, une seconde avant que son empathie ne sonne l'alarme et que le « qui êtes-vous ? » de Trowa n'achève de brûler dans un même bûcher bonheur, espoir et soulagement…

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Patience

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L5.7
Quartier du Médian
Jardin de l'Harmonie préservée

Mars AC 204

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- Rentres-tu avec moi sur Terre ?

- Oui, Wufei, j'ai des affaires à récupérer. J'aurais bientôt fini mon installation, ici.

- Tu étais donc sérieuse, tu veux vraiment rester.

La jeune fille tourne son regard azur vers Wufei, qui sent son cœur s'accélérer sans qu'il ne parvienne à se maîtriser. C'est de plus en plus fréquent. C'est comme si, en devenant une jeune femme, alors qu'elle n'a que bientôt quinze ans, elle a acquis une sorte de pouvoir.

Dès que Mariemeia pose ses yeux sur lui, il est comme hypnotisé, ses forces sont aspirées et il se sent aussi faible qu'un gibier rabattu par les chiens de chasse. Fort heureusement, cela ne dure guère longtemps.

- Tu es toujours d'accord, n'est-ce pas ? Ce ne sera pas définitif, je vais seulement répartir mon temps entre la Terre et la Colonie. Le voyage ne me dérange pas du tout ! Surtout si je le fais parfois avec toi.

- Je pensais plutôt que tu voudrais commencer à te faire ta place sur Terre.

- C'est-à-dire ?

- Tu n'envisages pas une carrière politique ?

- Ca ne m'intéresse pas vraiment, non. Je préfère soigner et aider les gens.

- Ces activités peuvent relever de tes loisirs. Mais si tu veux à nouveau briller sur le devant de la scène, tu ne peux pas te permettre de perdre du temps sur une colonie lointaine.

- Qui t'as dit que je voulais briller et être mise en avant ?

- Personne, je l'ai supposé. A tort, peut-être. Pardonne-moi, je ne voulais pas te blesser, s'excuse-t-il en la sentant un peu triste.

- Tu crois que je suis qu'une arriviste, Wufei ? Tu penses que je veux le pouvoir et…

- Tais-toi donc, idiote, la coupe-t-il avec une rare affection dans la voix. Je me suis mal exprimé. J'ai seulement supposé que tu voudrais vivre sur Terre, faire de la politique comme ton père, être de nouveau une figure importante pour le monde, en sa mémoire.

Mariemeia sourit avec une certaine gravité, ses yeux toujours posés sur lui, le transperçant jusqu'à l'âme.

- Je n'ai pas l'ambition d'être tout pour tout le monde, Wufei, même si, je te l'accorde, j'ai caressé cette idée un long moment encore, même après l'attentat. Mais aujourd'hui, depuis que tu m'as prise avec toi, ici, et permis de partager ta vie, ton projet, ton monde… Je n'ai qu'un seul désir.

- Lequel ? ose-t-il demander, redoutant et espérant sa réponse.

- Je veux seulement représenter quelque chose pour quelqu'un. Je veux représenter quelque chose d'autre pour toi.

Wufei ne soutient guère longtemps son regard, il se relève très vite du banc en pierre sur lequel ils ont pris place.

- Nous devrions rentrer.

- Wufei…

- Tu es la fille de Treize Kushrenada, que j'ai rendu orpheline à jamais. Tu ne représenteras jamais rien d'autre que cet état de fait. Sois plus ambitieuse, tu as le potentiel pour accomplir de grandes choses. C'est tout ce que j'attends de toi.

Sans lui laisser l'opportunité de répondre, il se met en route, avançant jusqu'à l'entrée des jardins où il s'arrête pour l'attendre.

- Et moi, j'attends autre chose, et je saurais me montrer patiente, murmure-t-elle. Grâce à cette vertu et au temps, la feuille du mûrier devient de la soie. Tu finiras par me regarder et me voir autrement…

Elle le rejoint en quelques pas et lui sourit, alors qu'ils se mettent en route pour rentrer, côte à côte, sur le rythme lent et serein d'une promenade.

Non sans s'échanger de nombreux coups d'œil rapides, tout le long du chemin.

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Jealousy

Protectorat de Shamaland,
Quartier général des Preventers

Juin AC 204

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Trowa frappe à la porte du bureau de Quatre et entre à son invitation.

- Heero est rentré, il nous invite à manger chez lui ce soir pour faire le point sur les dernières pistes et les recherches de Duo.

- L'a-t-il retrouvé ? demande-t-il avec espoir en relevant ses yeux de son écran.

- Non. Même s'il avait voulu nous faire la surprise, je l'aurais compris.

- Alors ce sera sans moi, je ne peux pas ce soir, répond-il en reportant son attention sur son ordinateur. Je le verrai demain, au déjeuner, s'il est disponible.

- Ce doit être important pour que tu refuses, remarque Trowa, l'air de rien.

Son ton est si neutre que Quatre ne prend même pas la peine de se tourner vers lui.

- En effet : je dîne avec Stevens.

- Pour la troisième fois cette semaine.

- Et dernière, certainement. J'ai bon espoir de conclure ce repas par la signature de nos accords.

- Ce n'était pas ce que tu espérais, les deux fois précédentes ?

- Les négociations étaient longues, ce n'était pas joué d'avance. Je prépare d'ailleurs ma dernière offensive.

- Ca aurait sûrement été plus rapide si elles avaient eu lieu un après-midi dans un bureau plutôt que durant des dîners dans de grands restaurants.

Cette fois-ci, Quatre lève ses yeux, dominés par deux sourcils froncés, vers lui.

- Tu n'es pas en train de prétendre me dire comment mener mes affaires, j'espère ?

- Non, je suis sûr que tu as tout fait pour obtenir ce que tu souhaitais.

- Je n'aime pas tes insinuations, Trowa.

- Je n'en ai fait aucune, réplique-t-il de manière toujours aussi détachée, en apparence. Bonne soirée et bon dîner avec Stevens.

- Bonne soirée à toi aussi, a-t-il à peine le temps de dire avant que la porte ne se referme.

Il pousse un long soupir et prend encore bien cinq minutes avant de pouvoir se reconcentrer sur son travail, qu'il est loin d'avoir terminé.

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Can't give up

Ile de Shamaland
Bar
L'Intercostal

Mai AC 204

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- Je peux m'asseoir ?

Heero ne lève pas les yeux vers Milliardo mais hoche simplement la tête, lui permettant de s'installer sur le tabouret libre à ses côtés.

- Tu es arrivé aujourd'hui ? demande-t-il après avoir commandé un whisky au barman.

- Hn.

- J'en conclu que ça n'a rien donné, sinon tu ne serais pas là.

Heero ne prend pas la peine de répondre, il se contente de boire une gorgée de vodka.

Il est fatigué moralement plus que physiquement, après un nouvel échec, alors que la piste lui semblait si prometteuse.

Mais il n'y avait rien au bout, pas de nouvel indice, pas de confirmation qu'il est sur la bonne voie, pas la moindre trace de Duo.

Il n'avait pas envie de rester seul mais Quatre s'occupe de Trowa, amnésique à nouveau, et Wufei est en déplacement dans l'espace.

Milliardo ne le dérange pas plus qu'un autre, mais il n'a pas vraiment envie de faire la conversation. Généralement, Trowa, Quatre et Wufei e comprennent et lorsqu'ils peuvent l'accueillir à ses retours de missions, c'est toujours en silence.

Un soutien non pesant et terriblement efficace.

- Est-ce que tu es prêt à accepter l'évidence, Heero ?

- Il n'y a qu'une évidence : il est en vie, quelque part.

- Tu l'aurais retrouvé, depuis, non ?

- Le monde est immense. Je n'en ai parcouru que le tiers.

- N'es-tu pas épuisé ?

- Cela importe peu.

- Tu sais, la même énergie est utilisée pour dire « je continue » et « j'abandonne. » Sauf qu'abandonner une fois pour toutes te viderai certes de tes forces, mais te permettrait aussi de tourner la page et…

- Abandonner ne fait pas partie de mon vocabulaire, le coupe-t-il, tout en faisant un signe au barman pour qu'il le resserve.

- Tu devrais y songer, pourtant, car tu souffres. Nous pouvons le comprendre, même si tu n'en montres rien.

- La douleur est temporaire : qu'elle dure une minute, une heure, un jour ou même une année, peu importe, elle finira toujours par s'estomper. En revanche, si j'abandonne, ça ne s'effacera jamais.

- Heero…

- Tu te serais peut-être résigné, tu aurais peut-être abandonné et accepté de vivre sans la personne que tu aimes. Tu l'as peut-être fait, pour Treize. Mais pour moi, ces options n'existent pas. Un seul futur est possible : celui où je le retrouve et le ramène.

Il boit cul-sec la vodka qui vient de lui être resservie avant de quitter le bar, laissant Milliardo songeur.

Puis, après s'être assuré de l'identité des personnes autour de lui, il prend son portable et compose un numéro rapidement.

- Bonsoir, trésor, murmure-t-il lorsque la voix tant aimée lui répond enfin. Tu me manquais, j'avais envie d'entendre ta voix…

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Jealousy 2

Protectorat du Quincey
Ministère de la Défense,

Juillet AC 204

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- Monsieur Winner ! Lieutenant Barton Bloom !

Trowa et Quatre s'arrêtent alors qu'ils s'apprêtaient à quitter les bureaux du Ministère de la Défense et se retournent vers l'homme qui les a interpellés.

Et qui n'est autre que le Haut-fonctionnaire à la Défense territoriale lui-même, troisième personne la plus importante du Ministère après le Ministre et la Vice-ministre..

- Monsieur Dyson, le saluent-ils tous les deux en lui serrant la main.

- Je suis heureux et chanceux de vous trouver encore ici, j'étais en réunion à l'extérieur…

- Y aurait-il un problème ?

- Non, rassurez-vous. Enfin, peut-être en aurais-je un, tout dépend de votre réponse, Monsieur Winner.

- A quel sujet ?

- Je voulais savoir si vous étiez libre, ce soir, je souhaiterai vous inviter à dîner. Je sais que je m'y prends un peu tard…

- Je vous remercie pour votre invitation, répond poliment Quatre, mais effectivement, j'ai déjà des projets…

- Qui peuvent être reportés, intervient Trowa. Te voilà entièrement libre pour accepter la proposition de Monsieur Dyson.

- Vraiment ? demande celui-ci en faisant aller son regard de l'un à l'autre, avant de le fixer sur Quatre. Je peux attendre un autre jour, vous savez… Ce n'est pas un rendez-vous professionnel, pas entièrement, du moins, aussi, rien ne presse.

- Non, ce soir sera parfait, répond Quatre sans quitter Trowa des yeux.

Le Haut-fonctionnaire est bien incapable de comprendre leur échange de regards, mais peu importe, seule la réponse de Quatre l'intéresse.

- Excellent ! Est-ce que 20h au Blue Diamond vous conviendrait ? Ou souhaitez-vous que je vienne vous chercher ?

- Ne vous donnez pas cette peine, j'ai mon chauffeur. J'y serai pour 20h, Monsieur Dyson, assure-t-il après avoir regardé sa montre. Merci pour cette invitation.

- Tout le plaisir est pour moi. A tout à l'heure, Monsieur Winner. Lieutenant Barton Bloom.

- Monsieur Dyson.

Le Haut-fonctionnaire parti, Quatre fait face à Trowa.

- Qu'est-ce que ça signifie ? demande-t-il avec un calme qui ne lui serait guère difficile de perdre.

- Tu as l'occasion d'obtenir des informations sur cette affaire qui te tient à cœur et de défendre ton point de vue.

- Tu n'avais pas à m'arranger un dîner pour cela !

- C'est pourtant ce que tu fais, dîner avec les hommes avec lesquels tu es en affaires.

- Pas tous ! se défend-il, presque choqué que Trowa retourne cela contre lui.

- C'est sûr qu'il n'a pas la classe d'un Stevens Dampierre et que le Blue Diamonda une étoile de moins que l'Imperial garden où vous avez vos habitudes…

Un mélange d'espoir et d'irritation saisit Quatre un court instant, qu'il s'empresse de repousser.

- Tu es jaloux ? demande-t-il tout de même.

- Non, assure Trowa toujours aussi calmement.

Et Quatre se heurte à un mur, lorsqu'il tente de percevoir ses sentiments.

Il pourrait insister un peu, il ne lui en faudrait pas beaucoup pour le contourner, vu la puissance de son empathie… mais comme les autres fois où il en a eu l'occasion, il s'en abstient, terrifié à l'idée de ce qu'il pourrait découvrir derrière.

Par exemple, que tout ceci laisse réellement Trowa indifférent, alors qu'il sait pertinemment que ces hommes avec lesquels il dîne pour affaires profitent de cette occasion pour le draguer ouvertement.

- Je t'avais déjà dit de ne pas te mêler de la manière dont je menais mes affaires, Trowa.

- Je t'ai simplement libéré, Quatre.

Le froid gagne un peu plus le corps et le cœur de Quatre, à cette phrase pouvant être interprétée de la pire façon qui soit.

Ce qu'il ne manque pas de faire, bien évidemment,

- Si tu ne voulais pas passer cette soirée avec moi comme convenu, il fallait simplement me le dire, Trowa. Tu n'avais pas à me jeter dans les bras d'un autre, on en est plus là.

- Tu n'as pas besoin de moi pour ça. Bonne soirée, Quatre, ajoute-t-il en se détournant rapidement pour partir.

- Où tu vas ? l'arrête-t-il en le rejoignant, alors qu'il a déjà franchi la porte du Ministère.

- Je rentre chez moi.

- On est venu avec ma voiture, je vais te déposer à la Base, que tu puisses récupérer la tienne, au moins...

- Ca ira, Quatre, je vais appeler quelqu'un.

- Qui ? Wufei est sur L5.7 et Heero, je ne sais où dans l'espace…

- Et Orson est mort. Mais je connais d'autres personnes, tu sais.

- Je n'en doute pas, réplique-t-il sèchement, à cause de la mention du traître dont il se serait bien passé, même si une année s'est écoulée depuis cette histoire. Mais je voudrais bien savoir qui…

- Cesse de t'inquiéter et ne te mets pas en retard pour moi. Tu as un rendez-vous important, ce soir.

Quatre serre les poings mais ne dit rien de plus, alors que Trowa s'éloigne sans un regard en arrière.

- J'en avais un, oui, murmure-t-il avant de se détourner, sa voiture se trouvant à l'opposé de la rue prise par Trowa. Enfin, c'est ce que je croyais…

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Homogénéité

Protectorat de Shamaland
Q.-G. des Preventers,

Avril AC 205

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La porte du bureau de Wufei se referme dans un silence pesant.

Le Général des Preventers se tourne vers Quatre, qui garde les poings et les mâchoires serrés, s'en voulant de n'avoir pas su retenir Trowa.

Ou tenir sa langue, avant cela, ce qui leur aurait évité de glisser sur un terrain dangereux et de se retrouver au cœur d'un nouvel échange de mots durs à la limite de la dispute, qui s'est conclu par le départ de Trowa.

- Vous devriez vous respecter tous les deux et éviter les disputes, soupire Wufei. Vous êtes comme l'eau et l'huile qui se repoussent mutuellement, alors que vous devriez être comme le lait et l'eau qui se mélangent harmonieusement.

Noin entre à cet instant, une tablette à la main.

- Désolée de vous déranger, j'ai croisé Trowa, je pensais que vous aviez fini…

- On a fini, répond Heero en se détachant du bureau contre lequel il était appuyé. C'est juste Wufei qui donnait une leçon de cuisine à Quatre, ajoute-t-il avant de sortir du bureau.

- De cuisine ? s'étonne-t-elle.

Quatre secoue la tête, avant de saluer la jeune femme et son ami et de suivre Heero.

- Tu as trouvé ce qui n'allait pas ? demande Wufei à sa supérieure, l'invitant clairement à ne pas insister.

Ce que Noin fait sans hésiter.

Elle a l'habitude du comportement et des échanges étranges de ses collègues et amis sur lesquels elle ne s'interroge jamais plus que nécessaire, c'est pourquoi elle rejoint Wufei et lui tend sa tablette pour discuter du seul sujet qui l'intéresse vraiment et explique sa présence dans son bureau…

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Double Maxwell

Protectorat de Shamaland
Appartement d'Heero

Septembre AC 205

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- Laisse-moi tranquille, Maxwell !

- Mais j'ai rien fait ! proteste Duo en sortant de la cuisine.

- Pas toi, elle, réplique Wufei en prenant la chatte sur ses genoux pour la reposer par terre, une quatrième fois. Franchement, Yuy, t'aurais pas pu réfléchir avant de l'appeler comme ça ?

- C'est son nom officiel mais tu es le seul à l'utiliser.

- Je ne la vois pas assez souvent pour lui donner un surnom.

Duo éclate de rire face à cette réplique qui ressemble tant à son ami, et entoure le cou de Wufei de ses bras.

- Laisse-moi tranquille, Maxwell ! se débattit-il en grommelant.

L'hilarité générale reprend, alors que la chatte revient sur les genoux de Wufei, qui subit de l'autre côté l'assaut de Duo.

- Un duo de Maxwell rien que pour toi, Wufei, n'est-ce pas merveilleux ? le taquine Quatre.

- J'aurais mieux fait d'avoir du travail, ce soir… ronchonne-t-il en renonçant à se dégager.

Les grimaces du stoïque Général des Preventers ne dupent personne.

Tout le monde sait qu'il aime vraiment les chats – même les femelles – et celle-ci en particulier, tout comme il adore celui qui a inspiré son nom.

Et il est plus qu'heureux de les avoir tous les deux auprès de lui.

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Absence

Rodario, Nouvelle Grèce,
Bar du Sanctuaire,

Novembre AC 205

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- Dis-moi, angel, c'était quoi, leurs plus graves blessures ? demande soudain Duo à Quatre.

-Tous les deux ont été sérieusement touchés, tu sais. Mais je crois que le pire, pour Trowa, ça a été sa fracture du crâne, à l'arrière. Ca lui a causé un hématome qui comprimait sévèrement son cerveau et qui, très vite, aurait fini par… le tuer.

- Si tu veux pas en parler…

- Ca ira, mon Duo, c'est passé, le rassure-t-il en posant sa main sur son bras, pressant celle de Trowa de l'autre, puisqu'il est assis entre les deux. Heero, lui, a eu de sévères traumatismes thoraciques et cardiaques, se souvient-il ensuite. Les fractures du sternum et des deux premières côtes ont déchiré le myocarde et certaines veines importantes, mais je ne me souviens plus les détails. Mais il a terriblement saigné… C'était assez horrible à entendre, même si on m'a tout expliqué alors qu'il était sorti d'affaires et allongé paisiblement dans son lit, bien que dans un coma très profond…

- J'imagine… grimace Duo en frissonnant.

- Tu te trompes, Quatre, intervient Heero en revenant vers eux avec leurs quatre cocktails qu'il a été chercher directement au bar, vu le monde. J'ai eu une blessure bien plus grave que celles dont tu parles.

- Laquelle ? demandent Duo et Quatre d'une même voix.

Trowa se contentant d'un coup d'œil curieux.

- Ne pas te trouver à mon réveil, répond Heero en entourant Duo de son bras, lui donnant son verre de l'autre.

- Tu as été touché au cœur, de toutes les manières possibles, remarque Quatre, alors que ses deux amis échangent un long regard sans équivoque.

- Et je suis enfin guéri, à tous points de vue, conclut Heero.

Avant d'embrasser un Duo tout ému pour illustrer son propos.

Et dissuader encore une fois quiconque de les approcher et de tenter quoi que ce soit envers son compagnon fraîchement retrouvé.

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Only one

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Il s'est fait appeler Duo en mémoire de Solo. Le temps et les épreuves ont fait que ce nom lui a très vite rapidement collé à la peau.

Être humain solaire mais maudit devenant ainsi Dieu de la Mort. Souriant d'une part, exécutant de l'autre. Dans un autre monde, dans une autre histoire, il aurait pu représenter à lui seul le gémeau à double tête, la lumière et l'ombre, la paix et le chaos.

Puis, il a rencontré Heero Yuy.
Le solitaire. Le numéro un.

Le seul et unique.

En formant un duo avec lui, il est redevenu un à son tour.
Et unique pour un autre.

Il a soudain compris cette phrase qu'il a lu un jour dans Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, un livre dit pour enfants, mais aux leçons universelles, intemporelles et intergénérationnelles.

« Si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde et je serai pour toi unique au monde. »

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Merci d'avoir lu ces petits textes sans prétention, à bientôt pour celles à qui je dois répondre et aux autres pour un prochain chapitre.

Lysanea

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