Un grand merci à tous ceux qui s'intéressent à cette fic. Je vous souhaite une bonne lecture.
CHAPITRE 5
Julia arriva au poste de police une demi-heure plus tard, un petit panier à la main. Elle toqua légèrement à la porte du bureau de l'inspecteur. William l'accueillit avec un large sourire. Puis comme son regard se portait sur le petit panier, Julia expliqua : « que dirais-tu d'un… déjeuner de travail ? »
«Hum ! Excellente idée ! Je meurs de faim ! » répondit-il en se frottant les mains.
Julia se dirigea vers la table près du tableau. Elle sortit du panier une petite nappe brodée qu'elle déplia puis étala sur la table. Elle disposa ensuite des serviettes assorties à la nappe et déposa dessus quelques sandwiches et quelques petits cakes. Elle avait pensé un moment à apporter des hamburgers (Georges et Emilie ne tarissaient pas d'éloges à leur sujet) mais ne sachant pas si William les apprécierait, elle avait plutôt opté pour quelque chose de plus « classique ».
William de son côté prépara du thé pour accompagner le tout.
Les sandwiches furent bien vite avalés. Il faut dire qu'ils n'avaient guère mangé ni l'un ni l'autre ces derniers temps. Puis ce fut le tour des petits cakes. Il y en avait de plusieurs sortes. William aimait particulièrement ceux qui étaient parfumés à la cannelle et Julia le savait bien !
Une fois le lunch terminé, ils s'éloignèrent un peu de la table puis William se tournant vers elle lui dit avec reconnaissance : « Merci pour ce déjeuner surprise, Julia ! C'était vraiment délicieux ! Tu as toujours de bonnes idées !»
Il lui prit ensuite la main, la porta à ses lèvres quelques instants puis y déposa un baiser. Le bureau de William n'offrait pas beaucoup d'intimité, mais qu'importe !
Julia lui sourit doucement et serra sa main en retour : « Ravie que tu aies apprécié William ! » répondit-elle.
Se rapprochant un peu plus d'elle, il lui demanda :
- Comment te sens-tu ? As-tu toujours mal derrière la tête ?
- l'endroit où j'ai reçu le coup est encore sensible, mais je me sens mieux, surtout quand tu es là !
A cette déclaration, William sourit et rougit de plaisir. Il embrassa de nouveau la main qu'il tenait toujours et la pressa un peu. Puis il fit une moue et ajouta : « je crois qu'il faut se remettre au travail ! »
Julia acquiesça de la tête.
« J'ai appris que tu as trouvé quelque chose à la bibliothèque » continua-t-il. Tout en parlant, il se dirigea vers la table et se dépêcha de débarrasser les tasses et la théière.
Malheureusement, dans son élan il heurta une chaise et la tasse qu'il tenait à la main commença à verser dangereusement sur la soucoupe.
S'ensuivit une série de pirouettes et d'acrobaties pour empêcher à la tasse de tomber ! Julia éclata de rire. William la regarda alors avec une mine de chien battu, ce qui ne fit qu'accroître son rire. Finalement lui aussi s'amusa de sa maladresse et ils rirent tous les deux de bon cœur!
Quand ils eurent repris leur sérieux, William fit la remarque : « Et bien docteur, on se moque de moi ? » Tout en disant cela il se rapprochait de plus en plus d'elle. Entrant dans le jeu Julia voulut feindre s'écarter au dernier moment, mais son geste lui fit perdre l'équilibre. Il n'y avait rien tout près d'elle pour se rattraper. Ce fut alors son tour de se retrouver en difficulté. Elle bascula, glissa et se retrouva par terre !
Cette situation était si inattendue que William éclata de rire devant une Julia faussement vexée. Peu après il se pencha vers elle et lui tendit la main pour l'aider à se relever. Mais il n'y arrivait pas: un fou rire les avait saisis tous les deux. Brusquement Julia lui tira le bras. La seconde d'après William se retrouva assis par terre à côté d'elle ! Il la regarda tout surpris. Puis leurs rires fusèrent de nouveau de plus belle. Il leur fallu bien quelques instants pour se ressaisir. Finalement William parvint à se relever et il aida Julia à faire de même.
- Que cela fait du bien de rire ! On devrait le faire plus souvent ! s'exclama-t-elle alors.
- Tu as raison ! Je crois qu'on pourrait même soigner par le rire !
- William ! dit-elle en écarquillant les yeux, je trouve que c'est une fabuleuse idée !
Julia ajusta les plis de sa jupe, poussa un soupir de contentement et se fit la réflexion qu'elle ne pourrait jamais s'ennuyer avec William !
L'inspecteur termina de ranger les tasses avec précaution cette fois-ci. Puis revenant vers Julia, il lui dit : « Je suis impatient de savoir ce que tu as pu trouver comme renseignements à la bibliothèque ! »
Julia hocha la tête. Elle replia la nappe, la rangea dans le panier et dit :
- et bien j'ai trouvé des renseignements sur la sérothérapie.
- Je te demande pardon ?
- Tout d'abord, il faut que tu saches que Behring est le nom d'un médecin et chercheur allemand. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de parcourir une de ses publications il y a quelques années. C'est pour cela que son nom m'était familier. Le docteur Behring utilise la sérothérapie pour soigner des maladies infectieuses.
William leva le sourcil, puis il se dirigea vers la chaise de son bureau, réfléchissant à ce que Julia venait de dire.
S'asseyant en face de lui, elle reprit : « Pour traiter ses patients, il leur fait des injections de sérum sanguin. Ce sérum contient des agents appelés antitoxines. Ces substances aident à lutter contre certaines maladies comme le tétanos par exemple. »
« Intéressant ! Et comment ces substances sont-elles produites ? » demanda William.
Julia commença alors une explication détaillée sur la manière d'obtenir les précieux anticorps. William buvait ses paroles. Julia parlait d'un ton animé et convaincu, ce qui colorait ses joues et donnait de l'éclat à ses yeux. William était ébloui et fasciné par sa beauté. Il resta là à la fixer sans s'apercevoir qu'elle avait fini son exposé.
- William ?
Surpris par la voix de Julia, William avala sa salive et finit par dire :
- Heu … oui très impressionnant, la sérothérapie. Mais je me demande en quoi cela intéresse les services secrets.
- et bien, je sais que la découverte de nouveaux traitements laisse toujours entrevoir une manne financière pour les laboratoires ! Il y a aussi le prestige d'être les premiers à les élaborer, sans compter toutes les retombées économiques du dépôt de brevet ! Oui ! Beaucoup d'argent est en jeu !
- je vois ! Nous serions alors en présence d'une affaire d'espionnage… médical ?
Julia éclata de rire. « En quelque sorte, oui c'est cela » répondit-elle.
«Dans le milieu de la recherche médicale, il y a de la concurrence. Savoir ce que les autres ont trouvé peut s'avérer crucial ! » ajouta-t-elle. « Mais comme tu le dis c'est de l'espionnage ! »
William resta songeur un moment. Julia l'observa avec un petit sourire. Elle lui trouvait beaucoup de charme ainsi concentré, le sourcil en accent circonflexe. Levant la tête, il croisa son regard et sourit à son tour et demanda encore :
-Y a-t-il d'autres chercheurs qui travaillent sur les sérums ici au Canada ? A Toronto ?
- oui probablement ! Aujourd'hui beaucoup d'enfants meurent de rougeole, de diphtérie… Les travaux du docteur Behring ainsi que ceux de bien d'autres médecins ouvrent la porte à de réelles perspectives en matière de traitements !
- Julia, crois-tu que Darcy s'intéressait à la recherche médicale?
- A vrai dire nous n'en avons jamais parlé ensemble mais comme il occupait un poste important à l'hôpital, il était en relation avec plusieurs médecins. Certains étaient aussi sous ses ordres. Il faudrait se renseigner.
Julia s'arrêta brusquement, mal à l'aise. William remarquant sa gêne s'enquit :
- quelque chose ne va pas Julia ?
-Et bien, je repense à ces notes que j'ai trouvées dans le secrétaire de Darcy. Les formules étaient peut-être en rapport avec le dosage des toxines. C'est une partie délicate du travail. Il faut faire beaucoup d'essais pour trouver le bon dosage. Pourquoi Darcy les cachait-il ? Les aurait-il dérobées ? Tu m'as parlé d'un agent américain. Est-ce qu'il voulait les lui remettre et trahir ses collègues ? Je me pose beaucoup de questions.
Julia se tut un instant puis elle reprit en baissant la tête : « en fait je me rends compte que je ne connaissais pas bien Darcy ».
William approcha sa main et releva doucement son beau visage. La fixant de ses yeux « chocolat » il lui dit :
-Julia, nous ne sommes qu'au début de l'enquête. Je pense que tu ne devrais pas tirer de conclusions trop vite. Attendons d'en savoir plus !
- Oui tu as sans doute raison.
Comme cela arrivait bien souvent, les paroles de William l'apaisèrent. Elle lui fit un sourire, poussa un soupir et ajouta :
- Et toi ? Est-ce que tu as découvert quelque chose au club ?
Il lui fit part alors de sa déconvenue et de son idée d'y envoyer quelqu'un sous « couverture ».
Julia réfléchit rapidement puis proposa :
- Veux-tu que je demande à Isaac de nous aider ?
- Tu penses qu'il accepterait ?
- Il le pourrait. Je peux lui en parler si tu veux.
William n'eut pas le temps de répondre. Dans le hall d'entrée du poste de police il y avait du remue-ménage ! On entendit des cris, des éclats de voix. William sortit rapidement pour voir ce qui se passait.
