Bon normalement je devais vous poster ce chapitre plus tard (puisque c'est celui de Juin) mais j'étais trop impatiente de vous le montrer donc... je vous le poste en avance en espérant qu'il vous plaise (c'est sans doute celui que j'ai préféré écrire) !

Vous avez connu Phineas & Ferb ? Si c'est le cas, vous vous rappelez sans doute d'un épisode où ils se rendent dans un jeu vidéo, n'est-ce pas ? Eh bien disons que ça m'a inspiré – sans compter que je suis une grande fan des Mondes de Ralph (Ralph 2.0 plus précisément. Le 1 était bien, le 2 encore meilleur.). Oui, je vais chercher beaucoup trop loin des idées de fanfics, je suis au courant. J'essaye de me soigner, mais c'est assez dur.


Chapitre 6

Arion Kart,

même si ce ne sont pas vraiment des Karts...

« Il était trop bien ce film ! Vous ne trouvez pas ?

— Mouais, c'était pas mal. Un peu enfantin mais bon...

— Ah bon, tu trouves, Victor ? Moi je pense que le thème de ce film était génial.

— Je suis d'accord avec toi, Arion !

— Ha, ha, je savais que tu serais d'accord avec moi, JP ! »

Victor roula des yeux. Évidement qu'Arion et JP avaient adoré ce film. Cela parlait de l'importance de l'amitié donc ils ne pouvaient que l'aimer. À ce rythme, pour qu'ils considèrent ce film comme ''parfait'' il aurait juste fallut mettre ce thème de l'amitié dans le cadre d'un club de football. Tiens, n'était-ce pas Olive et Tom ça ?

Il ne fallait surtout pas qu'Arion et JP apprennent l'existence d'Olive et Tom. Sinon ils passeraient leurs journées à en parler et la santé mentale de Victor en prendrait un coup.

« Cela serait tout de même bien de pouvoir se rendre sur Internet ou dans un jeu vidéo, continua Arion avec enthousiasme. Vous ne pensez pas ?

— Très peu pour moi », déclina Victor.

Il ne se voyait absolument pas être coincé dans un jeu avec Arion et JP. Parce que s'ils devaient gagner pour s'en sortir, avec Arion et JP à ses côtés... ils y seraient bloqués pour l'éternité – et l'éternité c'était long, trop long.

« En tout cas, ça m'a donné envie de jouer à un jeu, dit Arion. Dommage que je n'ai pas de console chez moi... hé ! On pourrait aller à la salle d'arcade où il y a M. Glass, ça ne vous dit pas ?

— Bonne idée ! s'exclama JP.

— Non merci, refusa Victor. Il est trop tard pour ça. Je dois passer voir Vlad avant de rentrer.

— Tard ? répéta Arion en écarquillant les yeux. A-attends, quelle heure est-il ? »

Il attrapa précipitamment son téléphone pour regarder l'heure et bondir.

« QUOI ? IL EST SI TARD ? TANTE SILVIA VA ME TUER ! »

Sous les regards ébahis de Victor et JP, Arion les salua et courut à toute allure vers chez lui. Se cognant au passage contre tous ceux qui qu'il croisait sur le chemin et même contre quelques poteaux, s'attirant beaucoup de regards noirs et quelques insultes – des gens, pas des poteaux, évidemment.

« Arion, attends-moi ! »

JP ne tarda pas à le suivre, laissant seul Victor, qui haussa les épaules et se dirigea vers l'hôpital.

Étonnamment, sans Arion et JP dans les parages, le trajet vers l'hôpital se révéla très calme, ainsi que l'hôpital lui-même. Avec tous ces joueurs de football qui venaient tous les deux jours voir d'autres amis de football consignés dans l'établissement, les médecins et les infirmières ne savaient plus où donner de la tête quand les jeunes passaient avec des ballons de football au pied, comme s'ils se croyaient sur des terrains de sport. Le pire restait tout de même quand Riccardo Di Rigo avait été hospitalité ici, puisque non seulement ses amis du club de foot venaient le voir mais en plus il recevait un nombre impressionnant de bouquet de fleurs, au point qu'on ne savait plus quoi en faire.

« Bonjour Victor, salua Camélia – que tout le monde devrait normalement appeler Mlle Travis... – quand elle le croisa. Tu es venu voir ton frère ? Il a de la visite. »

Victor se demandait bien qui pouvait rendre visite à Vlad puisqu'Arion et JP étaient les seuls autres visiteurs qu'il avait, jusqu'à ce qu'il entre dans la chambre de son frère.

« Oh, salut Victor ! »

Victor grinça des dents en voyant qui était gaiement assis en tailleur sur le lit de Vlad, avec ce dernier assit juste à côté dans son siège roulant. C'était Sol Daystar. Monsieur encore plus agaçant qu'Arion, avec sa fichue obstination à ne jamais abandonner et parce qu'il n'écoutait jamais personne.

Depuis quand Vlad et Sol se connaissaient ? Et pourquoi Sol était-il là ? Il n'était plus un patient de cet hôpital depuis longtemps !

« Bonjour... répondit simplement Victor en s'approchant de son frère. Comment ça va, Vlad ? »

Victor eut malheureusement à supporter Sol Daystar durant toute l'heure qui passa avec Vlad. Le plus horripilant fut quand il raconta sa journée à son frère – comme il le faisait habituellement – et évoqua le film qu'il était allé voir avec Arion et JP après les cours. Comme prévu, Sol réagit de la même manière qu'Arion.

« Cela serait génial de pouvoir se rendre physiquement dans un jeu-vidéo ! s'exclama l'attaquant du soleil. Je sais qu'existent en ce moment des technologies de réalité virtuelle, mais ça serait à un tout autre niveau.

— Il est certain que cela serait amusant. »

Victor n'en crut pas ses oreilles. Cela devait d'ailleurs se voir puisque Vlad rit de sa réaction.

« Qu'y-a-t-il, Victor ? demanda-t-il avec amusement. Cela te surprend ? Cela ne te plairait pas à toi ?

— Non, répondit-il catégoriquement.

— C'est vrai que tu n'as jamais été très jeux-vidéo...

— Quel intérêt ? Ce n'est que de la fiction. »

Vlad secoua la tête doucement.

« On ne peut pas te forcer à aimer cela, c'est certain. Pourtant je suis sûr que cela te plairait si tu acceptais d'y consacrer un peu de temps. »

Ce fut au tour de Victor de secouer la tête, croisant les bras. Il était certain que cela ne lui plairait alors pourquoi Vlad insistait-il pour qu'il essaye de s'y mettre ? De plus, depuis quand son grand frère s'intéressait aux jeux-vidéo ?

Cela devait être de la faute d'Arion, à coup sûr. Pourquoi ? Aucune idée. Généralement, c'était de la faute d'Arion.

. . .

« Tu veux quoi ? »

Victor grinça des dents.

« Tu m'as très bien entendu, Arion. Alors ne me force pas à le répéter. »

Le capitaine de Raimon se frotta les yeux, comme s'il n'y croyait pas ses yeux – enfin, ça devrait plutôt être des oreilles mais bon... – tandis qu'à côté, Riccardo et Gabriel portaient le même air d'idiot fini.

L'attaquant vedette de Raimon croisa les bras, agacé. Pourquoi le regardaient-ils ainsi ? C'était si difficile à croire venant de lui ?

« Tu veux... aller à la Salle d'arcade ? répéta Arion.

— Oui.

— ... Tu es sûr ?

— Oui.

— Tu vas bien, Victor ?

— Oui. Bon vous m'accompagnez ou vous restez là toute la journée à me regarder avec vos têtes d'écervelés ? »

Gabriel se pencha vers Riccardo pour lui murmurer à l'oreille.

« Pas de doute, il va bien. »

Le virtuose hocha la tête.

« Bien sûr qu'on t'accompagne ! s'exclama aussitôt Arion, incluant Riccardo et Gabriel qui n'avaient absolument rien demandé. Oh, je vais le dire à JP ! Je suis sûr qu'il sera ravi de nous accompagner.

— Mouais, si tu veux... »

À ce rythme-là, c'était presque si Victor ne se préoccupait pas qu'Arion décide d'inviter tout le club de Raimon à la Salle d'arcade. Presque. Hors de question qu'il joue les organisateurs de sortie en bande d'amis en invitant tous les sans-occupations du coin. Il ne faisait pas dans le social.

Ainsi, Victor, Arion, JP, Riccardo et Gabriel se dirigèrent à la Salle d'arcade. Pourquoi donc, puisque Victor détestait les jeux-vidéos ? Parce que son frère le lui avait indirectement demandé et que s'il n'y avait qu'une personne que Victor écoutait, c'était bien Vladimir.

Au moins, après ça, il pourrait affirmer encore plus fort qu'il détestait les jeux-vidéos. Même s'il devait subir quelques heures de torture pour cela.

La torture débuta à l'instant même où il entra dans la Salle d'arcade, déjà extrêmement bruyante. Entre le bruit des machines et des enfants qui criaient, ses oreilles auraient du mal à supporter ce supplice. À côté, il voyait déjà Riccardo mettre son casque sur ses oreilles et se demanda un bref instant s'il ne pouvait pas faire pareil – même s'il ne possédait pas de casque.

« Je sens qu'on va bien s'amuser ! s'exclama Arion qui regardait les bornes d'arcades avec envie. Par quoi on commence ? Mario Kart ? Ou alors ce jeu de moto là-bas ? Enfin, ça a l'air un peu effrayant quand même...on risque de se blesser, non ? »

Victor arqua un sourcil. S'il y avait bien une moto qui ne risquait pas d'être dangereuse, ça devait bien être celle-ci. Depuis quand les motos d'arcades – donc complètement factices – pouvaient blesser quelqu'un ? C'était la chose la plus ridicule qu'il ait jamais entendu, derrière ''le ballon est mon ami''.

Pour sa part, il était bien tenté de faire de la moto, dans ce jeu appelé Slaughter Race. Il aurait détesté ça en vrai – c'était bien trop dangereux comme moyen de locomotion – mais ce jeu semblait assez intéressant et pas trop simple. Entre Mario Kart et Slaughter Race, il prendrait ce jeu de moto. Par contre il n'y avait qu'une seule borne pour y jouer, donc impossible de faire de la coopération, contrairement à Mario Kart. Donc il sentait qu'il allait devoir jouer à Mario Kart plutôt qu'à Slaughter Race. Il espérait qu'Arion était un bon joueur sinon leurs parties risqueraient d'être ennuyeuses. Oui, Victor ne jouait jamais à des jeux-vidéos mais cela ne l'empêchait pas de croire qu'il pouvait rapidement se mettre à niveau et donc finir par s'ennuyer de la simplicité d'un jeu – de toute façon, à leur époque, tous les jeux étaient beaucoup trop faciles.

« OH NON ! »

À côté d'Arion, Victor sursauta. Il foudroya le capitaine de Raimon.

« On se savoir ce qui te prend de crier ainsi ? grommela-t-il.

— Ben puisqu'on est ici, il faudrait qu'on aille dire bonjour à M. Glass, déclara Arion. J'avais complètement oublié ça. »

Victor leva les yeux au ciel. Cela aurait été bien qu'Arion ne s'en rappel pas. Victor n'avait nullement envie d'aller saluer M. Glass et son équipe d'intellos et de hackers mais n'eut pas vraiment le choix et suivit Arion et les autres. À l'instant où ils entrèrent dans le ''QG'' d'informatique de M. Glass, ils entendirent un cri.

« HA HA ! NOUS Y SOMMES ENFIN ! »

M. Glass et son équipe étaient en train de prendre des poses étranges, comme s'ils se prenaient pour des Power Rangers sans costume, sans cape et sans charisme. Ils étaient encore plus bizarres que pensait Victor. Il n'était peut-être pas trop tard pour faire demi-tour sans être vu ?

« Bonjour M. Glass ! s'exclama joyeusement Arion.

— Et mince... marmonna Victor.

— Qu'est-ce que vous faites ? »

Les adultes cessèrent de prendre leurs poses étranges et se relevèrent.

« Arion ! dit M. Glass en souriant. Toi et tes amis vous tombez bien.

— C'est normal que je sente que ça va mal finir ? chuchota Gabriel à Riccardo, qui hocha la tête.

— Est-ce que ça vous dit de prendre part à une expérience encore unique au monde ?

— Une expérience ? répéta JP.

— Oui, confirma M. Glass. Vois-tu, ça ne rapporte pas tout le temps d'être hacker. Alors nous nous sommes décidés à nous tourner vers un autre domaine dans lequel nous excellons... les jeux-vidéos ! »

Victor roula des yeux. Comme c'était surprenant... En même temps ils devaient passer tellement de temps à jouer à des jeux-vidéos et si peu à travailler mais ce n'était pas étonnant qu'être pirate informatique ne leur rapporte plus assez.

En tout cas, il ne voyait rien de bon à cette soi-disant expérience qui allait forcément mal finir. Il fallait espérer qu'Arion ait assez de bon sens pour refuser et...

« Avec plaisir, M. Glass ! »

Et Victor avait eu beaucoup trop d'espoirs en Arion et son manque d'instinct de survie...

Il se retenu de se plaquer une main sur le visage tellement il était exaspéré et se contenta de jeter un regard à Riccardo, espérant que celui-ci ait plus de bon sens que le capitaine de Raimon – parce que c'était déjà mort pour JP, qui hochait la tête avec enthousiasme. En tout cas, Gabriel, lui, semblait appréhender autant que Victor cette histoire d'expérience étrange.

« Riccardo, on devrait peut-être...

— Je suis d'accord avec Arion. Nous ferons ça avec plaisir, M. Glass. »

Gabriel soupira, marmonnant quelque chose à propos de cette mauvaise habitude chez son meilleur ami de toujours vouloir rendre service autant que possible.

« Fantastique ! s'exclama M. Glass. Je savais que je pouvais compter sur vous, les enfants, pour êtes mes cobayes – mes premiers clients je veux dire !

— Mouais... marmonnèrent en cœur Victor et Gabriel.

— Ne perdons pas plus de temps et lançons nous dans l'expérience ! Américainman et Princesse Fééria, amenez la machine ! »

Victor grimaça devant ces surnoms grotesques – pourvu que cela ne donne pas des idées à Arion – des deux... assistants de M. Glass, qui étaient d'ailleurs très étranges : l'une avait un pinceau et un béret rose comme si elle se prenait pour un peintre et l'autre ressemblait à Alpha avec son regard intransigeant et deux étranges fils qui, à se demander s'il ne venait pas du futur. D'ailleurs l'un ne ressemblait nullement à un américain et l'autre...Victor n'avait même pas besoin de la regarder pour savoir qu'elle n'était ni une princesse ni une fée. Où avaient-ils trouvé ces surnoms débiles ?

Heureusement, pour palier au ridicule, ils avaient leurs noms marqués sur leurs uniformes de hacker – parce que oui, les hackers avaient des uniformes avec leurs noms dessus, ce qui était aussi crédible que James Bonds clamant qu'il était 007. Donc le vrai nom d'Américainman était Neil Turner et la Princesse Fééria s'appelait Mark Gambling. D'ailleurs Mark Gambling était un homme. Oups...

Les deux assistants bizarres de M. Glass s'éloignèrent et se dirigèrent vers un grand drap blanc qui recouvrait quelque chose. Sans ôter le drap, ils trainèrent l'objet – ou la machine selon M. Glass – vers le groupe. Ce qui était d'ailleurs très bête puisqu'Arion et les autres auraient pu simplement faire le déplacement, mais bon... Victor n'allait pas commencer à s'interroger sur la logique de ces gens-là.

« Merci vous deux, déclara M. Glass alors que ses assistants semblèrent à bout de souffle – comme s'ils avaient déplacé des montagnes. Admirez les enfants, ma dernière invention... »

Il s'approcha du drap et le tira d'un coup sec :

« La Machine de Réalité Virtuelle. La MRV ! »

Le drap retiré révéla quatre sièges avec ce qui semblait être, à leur sommet, un mélange entre des casques de réalité virtuelle et les machines qu'on voyait habituellement chez le coiffeur.

Victor trouvait ça grotesque. Il espérait sincèrement que M. Glass ne croit pas qu'il ait inventé quelque chose de phénoménale puisque la réalité virtuelle était déjà bien connue, tout comme des salles entières permettant de l'optimiser. À côté, sa machine n'était pas très exceptionnelle...

D'ailleurs il aurait pu trouver un véritable nom à sa machine, au lieu de l'appeler ''machine''. En plus, MRV ressemblait à un nom de maladie ou de bactérie. Ce n'était pas vraiment attirant comme nom.

« Woah, c'est incroyable ! s'exclama Arion. On va s'assoir là-dedans je suppose ?

— Fine déduction, Arion ! le félicita M. Glass – à moins que cela soit ironique ? – en souriant de plus belle. Vous allez vous installer sur ces sièges puis nous vous mettrons ces casques. Cela n'en a pas l'air mais tous ces appareils ont été conçus pour reproduire les sensations dans un jeu-vidéo. Vous verrez, c'est formidable. »

À défaut d'être de bons hackers ou créateurs de machines de jeu, M. Glass et ses assistants pourraient se reconvertir en vendeur. De parfaits charlatans.

« Par contre il n'y a que quatre sièges, fit remarquer Riccardo. Il faut donc que l'un de nous se désiste.

— Moi ! répondirent en cœur Victor et Gabriel avant de se foudroyer du regard. Hé !

— Quels amis fidèles vous faites ! clama M. Glass comme s'il était ému. Même si votre dévotion est toute à votre honneur, je crains que me revienne la lourde tâche d'annoncer qu'il n'y qu'un d'entre vous qui, de toute manière, ne peut s'installer dans la MVR. »

Victor et Gabriel le regardèrent avec attention, espérant chacun être l'heureux... enfin, le malheureux exclu de cette terrible... formidable expérience.

« Mes excuses, mais ce sera toi, JP. »

Victor et Gabriel gémirent en cœur tandis que JP s'exclama :

« M-moi ?

— Oui, confirma M. Glass. Tu es trop petit pour la machine. Nous nous débrouillerons prochainement pour en faire une à ta taille mais dans l'immédiat cela est impossible. Tu comprends, n'est-ce pas ?

— Je... oui, je comprends, admit JP d'un air attristé.

— Ne t'en fais pas, JP ! dit aussi Arion en souriant pour réconforter son ami. Quand il y aura une machine à ta taille nous nous empresserons de revenir la tester !

— Vraiment ? Merci Arion ! »

Il était fou de voir comment Arion pouvait changer le morale de quelqu'un en prononcer quelques propos absurdes avec son optimisme naturel.

Arion, Victor, Riccardo et Gabriel s'installèrent donc dans les machines, s'allongeant dans celles-ci et mettant les fameux casques qui recouvraient toute une partie de leur tête tandis que M. Glass leur expliqua comment les choses allaient se dérouler.

« Ces machines sont reliées à toutes les bornes d'arcades de la salle d'à côté. Par mesure de sécurité, nous nous occuperons de vous envoyer dans un jeu précis au lieu de vous les laisser choisir. La MRV s'arrête automatiquement quand vous finissez la partie en question, ou lorsque vous nous le demanderez. Les casques sont munis d'un système sonore pour que vous nous entendiez et que vous puissiez nous répondre. Au moindre problème, vous nous avertissez et nous arrêtons tout. D'accord ?

— D'accord ! répondirent Arion et Riccardo avec entrain, Victor et Gabriel avec réticence.

— Bien. Dans ce cas... 3... 2... 1... GO ! »

. . .

Victor eut l'impression de recevoir une puissante décharge électrique. Quand il cligna des yeux, l'obscurité avait laissé place au plus étrange des environnements : sous le ciel bleu azur se trouvait un circuit de course avec, autour de Victor, plus d'une dizaine de moto sur la piste et de nombreux gradins dans lesquelles des dizaines – voir des centaines – de spectateurs hurlaient et applaudissaient avec enthousiasme.

C'était Slaughter Race, Victor reconnaissait sans peine ce jeu d'arcade avec des motos. Pourquoi M. Glass les avait-il envoyé dans ce jeu plus qu'un autre, c'est-à-dire un moins dangereux ou difficile ?

« W-Woah, on est sur... sur une moto ? C'est incroyable ça ! »

Victor soupira. Mince, cela n'avait pas été que le fruit de son imagination. Il sentait deux bras fermement l'entourer. C'était Arion, qui s'agrippait à lui comme si sa vie en dépendait alors que la moto sur laquelle ils se trouvaient n'était même pas encore allumée.

Pourquoi étaient-ils deux sur une moto ?

« A-attention Gabi, on va tomber !

— M-mais... ! »

À côté, Riccardo et Gabriel étaient dans la même situation. Victor se retenait de rire à la vue de Riccardo sur une moto, ses mains posées sur le guidon avec l'air le plus paniqué qu'il puisse avoir. Jamais Victor n'aurait cru voir le virtuose sur une moto, même si c'était seulement dans un jeu virtuel. Comme quoi, il y avait quelque chose en quoi Riccardo n'était pas naturellement doué.

« Hé ! appela Victor. L'un de vous à une idée de comment on communique avec le binoclard ? »

Aussitôt, une voix haute dans le ciel résonna :

« J'espère que le terme binoclard ne me désigne pas, dit M. Glass.

— M-monsieur Glass ? s'exclama Arion. Comment ça se fait qu'on vous entende ?

— Pff, toi t'a rien écouté à ce qu'il a dit... marmonna Victor.

— M. Glass ! intervenu Gabriel. On peut savoir pourquoi on se retrouve dans ce jeu de moto ? On ne peut pas faire un autre jeu ?

— Oh, Slaughter Race ne vous convient pas ? s'étonna M. Glass. Pourtant c'est un jeu que les jeunes aiment bien... Ne vous en faites pas, bien sûr que vous pouvez changer de jeu.

— Ouf...

— Si vous arrivez au moins à finir cette course !

— Q-quoi ? s'écrièrent en cœur Riccardo et Gabriel.

— Vous n'aviez pas dit qu'on pourrait sortir si on vous le demandait ? s'énerva Victor.

— Si, mais j'ai oublié de vous préciser que nous ne pouvions que vous faire sortir des MRV. Pour changer de jeu, il faut finir une partie.

— Mais on peut sortir des MRV et recommencer, non ?

— Hors de question ! Vous êtes les premiers à utiliser ces machines, je ne voudrais pas risquer de les endommager en les activant et les éteignant sans cesse. Allez, ne vous en faites pas. Ce n'est qu'une petite partie. De plus, vous ne pouvez pas mourir dans un jeu !

— Qu'est-ce que c'est rassurant... »

Victor croisa les bras. Cela l'énervait déjà. Même si l'idée de faire de la moto était plaisante, il n'avait pas prévu d'avoir Arion comme difficulté supplémentaire à supporter. Il sentait que tout cela allait mal finir.

C'était la dernière fois qu'il mettait les pieds dans une salle d'arcades.

« Bon, il faut juste finir la course... marmonna Victor alors qu'il posa ses mains sur le guidon. Tant qu'on n'a pas à gagner, ça devrait passer.

— Plus facile à dire qu'à faire ! s'exclama Gabriel en le foudroyant du regard.

— Pff, d'où il entend ce que je dis à voix basse ? »

Victor roula des yeux et décida de ne pas insister. À la place il jeta un coup d'œil à Arion fermement accroché contre lui.

« Tu es prêt, Sherwind ?

— Euh... N-non ?

— Tant pis. Accroche-toi bien. Cela serait dommage que tu tombes et que tu te fasses écraser par une moto. »

Il entendit Arion déglutit bruyamment et son visage blanchir mais ne s'en préoccupa pas outre mesure et se reconcentra sur le circuit qui s'étendait devant eux.

La voix d'un présentateur se fit entendre, tout comme le son d'un compte à rebours. Le bruit des moteurs s'activant résonna dans l'air.

« 3... »

Victor posa ses mains sur les poignées du guidon.

« 2... »

Le moteur de sa moto commença à vrombir.

« 1... »

Il se pencha en avant.

« GO ! »

Victor fonça sans se préoccuper d'Arion qui criait derrière lui, dépassant bien des motos qui étaient en retard sur le départ. Il ne fallait pas être premier pour quitter ce jeu mais ce n'était pas pour autant qu'il allait être dernier. Il ferait tout pour être le plus haut possible dans le classement.

En jetant un bref coup d'œil autour de lui, il vit que Riccardo et Gabriel n'avaient clairement pas l'intention de participer : ils avançaient encore moins vite qu'une grand-mère en déambulateur.

« Allez, Riccardo ! Même si on finit dernier, il faut faire la course pour quitter ce jeu !

— M-mais c'est ce que j'essaye de faire !

— Alors pourquoi on n'accélère pas ?

— J-je sais pas ! Je n'ai jamais conduit de moto, moi ! »

Victor sourit. Il était bon de voir que Riccardo n'était pas doué en tout. Par contre, ça serait bien qu'ils finissent la course effectivement...

. . .

« C'était tellement humiliant... »

Victor était bien d'accord. On avait découvert quel était l'antithèse de Riccardo : la moto, et peut-être la conduite en général. Cela s'était bien vu quand la course s'était terminée avec l'arrivée de Riccardo et Gabriel, qui avaient un tour de retard sur tout le monde. Victor et Arion, troisième de la course – Victor était assez satisfait de cela – les avaient attendu à la ligne d'arrivée, tandis que Riccardo et Gabriel avaient finalement décidé qu'il sera plus simple de pousser la moto plutôt que de tenter d'avancer en étant dessus.

C'était assez déplorable tout de même. À ce rythme, avoir franchi la ligne d'arrivée avait été un exploit et maintenant, les quatre élèves de Raimon attendaient de sortir de Slaughter Race, en silence. Enfin, pas exactement en silence. Tandis qu'Arion tentait toujours de se remettre de la course – il pensait toujours qu'il allait mourir – et que Victor n'avait rien à dire pour sa part, il y avait un peu plus d'agitation du côté de Riccardo et Gabriel, où en entendant d'étranges sons étouffés provenant du virtuose qui avait la tête basse et les poings serrés.

« Riccardo ? appela Gabriel. Tu... pleures ?

— Je ne pleure pas ! s'exclama le virtuose en rougissant, bien que ses larmes prouvent le contraire.

— En même temps, Riccardo pleure pour un rien, fit remarquer Victor. Sauf quand ça concerne la musique, étrangement... Il est peut-être juste mauvais perdant ?

— Je ne suis pas mauvais perdant !

— C'est vrai qu'il n'avait pas quitté sa chambre pendant trois jours quand nous avions perdu en finale de la Route du Sacre, se souvint Gabriel.

— G-Gabi ! »

Le soir venu, sur iPiplet...

Victor. Plus jamais ça.

Gabriel et Riccardo aiment ça.

Arion. Hein ? Pourquoi ? Tu ne trouvais pas que c'était amusant au final ?

Victor. Dixit celui qui n'arrêtait pas de crier comme une fillette quand on a fait la course dans Slaughter Race.

Aitor. On peut savoir de quoi vous parlez ?

Riccardo. Nous avons testé des appareils appelés MRV qui nous ont envoyés dans des jeux d'arcades, à la demande de M. Glass.

Mlle Hartland. Willy ? Tiens, en parlant de lui... Hé, le binoclard ! J'ai entendu dire qu'une de tes assistances portait mon surnom de super-héroïne ! Je ne le permets pas ! C'est mon surnom, un point c'est tout !

Mlle Vanguard. Depuis quand es-tu une super-héroïne, Sue ?

Mme Evans, M. Banyan et trois autres personnes aiment ça.

M. Evans. Salut, Tori ! Cela faisait longtemps, dit donc !

Arion. Q-quoi ? La fille de l'ancien premier ministre est sur iPiplet ? Je n'y crois pas !

Riccardo. Donc c'est vrai, M. Evans connait vraiment tout le Japon...

Gabriel, Victor et dix autres personnes aiment ça.

Jade. C'est quoi cette histoire de MRV et de jeux d'arcades ?

Riccardo. C'est une très longue histoire...

Gabriel. Pour faire court, c'est parce que Victor déteste les jeux-vidéos.

Lucien. C'est possible de détester les jeux-vidéos ?

Victor. Oui et mon opinion sur les jeux-vidéos n'a pas changé. Je les déteste toujours.

Sol. C'est dommage ça. Vladimir pensait vraiment que tu changerais d'avis à ce sujet.

Arion. Oh, Sol ! Tu es sûr iPiplet ? C'est génial, ça ! Depuis quand ?

Sol. Depuis aujourd'hui. C'est Vladimir qui m'a créé un compte.

Victor. Tu passes vraiment beaucoup trop de temps avec mon frère...


NB : Le jeu de moto appelé Slaughter Race, devinez d'où il vient (déjà parce qu'il n'existe pas vraiment en tant que jeu d'arcade)... Bon, vous ne trouvez pas ? Pas grave, dans ma grande bonté je vous vous le dire. C'est le nom d'un MMORPG (d'ailleurs je ne comprends pas pourquoi on le qualifie de MMORPG puisque ce n'est pas un jeu de rôle en soi...) fictif en ligne dans Ralph 2.0. Je voulais faire une référence à ce film, donc...