Ils étaient dehors à huit heures du matin. Une prouesse pour la Shérif qui sacrifiait sa grasse matinée dûment méritée pour son fils. Ce dernier était tout excité, comme à chaque fois. L'idée de disputer un match le rendait euphorique. C'était leur deuxième 'grand' match aujourd'hui et ils allaient affronter une équipe forte. La blonde avait eu du mal à croire que les gosses contre lesquels ils allaient jouer avaient rempoté leur dernier match 44 à 0. Une leçon, une correction sans aucun doute mais pas un match. La blonde était sûre qu'ils allaient perdre et avait commencé à préparer son fils, le rassurant dans le fait que perdre n'était pas une fin en soi.

Une fois la voiture garée, il sortit en trombe et courut vers la mercedes noire. Lucie se tenait près de sa mère. Henry les salua et discuta avec Lucie. Ils avaient rendez-vous devant le gymnase et toute l'équipe partirait ensemble vers le lieu de la rencontre.

Les deux mères eurent par la suite la compagnie de Kathryn, une femme blonde qui était la femme de l'entraineur. Henry et Lucie virent leur maitresse arriver. La coïncidence avait fait que le fils de Mlle French fasse du hand. Henry avait sympathisé avec le jeune Adam French qui était son cadet d'un an.

Une fois l'équipe réunie, ils partirent.

Les équipes s'échauffaient sur le terrain. Emma et Regina se placèrent en haut des gradins. Elles observèrent l'équipe adverse. Ils étaient grands, des Goliath en puissance. Sur le plan physique, ils s'annonçaient déjà perdants.

Le coup de sifflet fut donné, marquant le début du match.

Regina restait plutôt discrète et criait de temps à autre pour encourager les actions de l'équipe. Emma s'avérait toujours plus démonstrative et la brune s'en amusait.

« Fais une passe putain ! Regina, t'as vu comment ce môme se la joue perso ? Je t'avais dit qu'il avait une sale tronche... Passe ! Là à gauche ! Non ! L'AUTRE GAUCHE ! Oh lala... »

Elle prenait parfois la tête dans ses mains dans une expression désespérée. Emma semblait mettre sa vie en jeu dans cette partie. Leur équipe avait eu de rares occasions. Le fait est que leur équipe comportait trois joueurs déterminer à jouer entre eux, excluant Henry, Lucie et Adam.

L'équipe adverse avait plus d'expérience c'était indéniable et ceci s'en ressentait sur le terrain.

Ils se faisaient battre à plate couture. C'était la deuxième période de douze minutes et le score était de 28 à 5. Le ponpon qui révoltait Emma c'était leur gardien. Il était plutôt doué mais d'une mauvaise foi sans bornes. Dégoûté par la défaite, il refusait à présent de jouer. Un comportement qu'exécrait Regina au plus haut point.

On sonna la troisième période. Regina vit Lucie se diriger vers les buts.

- « Oh lala.. On est foutu, souffla Regina. C'est une passoire... Courage Lucie !, cria-t-elle à l'intention de sa fille.

- Perds pas la foi. Puis ça peut difficilement être pire comme score » lui fit remarquer judicieusement Emma.

Sans surprise, Lucie encaissa quelques buts. Regina se sentit mal pour sa fille quand elle la vit essuyer quelques larmes de rage. Elle lui cria que ce n'était pas grave. Elle pouvait difficilement faire mieux pour la consoler, vu la situation actuelle. Emma lui cria elle-aussi des encouragements, ce qui arracha un faible sourire à la jeune fille.

L'équipe adverse s'avança vers les buts. Le joueur tira aux pieds de Lucie afin de l'avoir sur le rebond. Lucie mit son pied sur la trajectoire de la balle et réussit à la dévier.

Regina bondit d'un coup, suivit de près par Emma.

- « Bravo Lucie ! Bravo ma chérie !

- Bravo Lucie ! Girls Power !

- Ma fille a arrêté un but !, lança la brune à son amie.

- Oui c'est la meilleure ! » approuva-t-elle dans un sourire.

Ils n'étaient que très peu à être venus au match. L'équipe d'Henry et de Lucie étaient en visiteurs. Les accompagnants étaient limités. Il y avait Kathryn et Frédérique, Emma, Regina ainsi que Mlle French avec un homme qui semblait être son mari. Cependant, pour saluer les actions de leurs équipes, ils faisaient plus de bruit que les autres.

La blonde reconnut l'individu aux côtés de la maitresse de son fils.

« Oh pas lui. »

Devant son air dégoûté, Regina fronça les sourcils. Elle hésita un peu et demanda finalement :

- « C'est un de tes anciens amants ?

- Ah certainement pas ! s'indigna l'intéressée.

- …

- C'est le père de Neal.

- Oh... C'est aussi un ami de ma mère. C'est lui qui me fournit les fonds pour ma campagne.

- Ah bah, le monde est petit.»

L'action reprit., mettant fin à leur conversation. Après avoir encaissé encore quelques buts, ils réussirent à atteindre le but adverse. Lorsque Henry toucha la balle, les deux mères étaient euphoriques. Elles hurlèrent un dernier encouragement et presque miraculeusement, la balle trouva le chemin des filets.

Emma sauta au cou de Regina et hurla des félicitations à son fils, auxquelles se joignit la brune.

Au final, la score se finit sur 33 à 7. Les enfants étaient déçus et la défaite avait un goût bien amer mais Emma se fit un plaisir de féliciter Lucie pour ne pas avoir eu peur de la balle et avoir été aux devants pour l'arrêter. Regina ébouriffa les cheveux du jeune brun et le complimenta sur son but tout en finesse, qui cependant n'était peut-être dû qu'à la chance.

Ils avaient perdu un match mais leurs mères étaient fières d'eux alors ils n'avaient pas tout perdu. Et pour fêter leur progrès, Regina les invita au restaurant.


La brune les avait conviés dans un restaurant gastronomique. Le cadre chic et épuré mettait mal à l'aise la blonde qui préférait les ambiances plus cosies. Son fils adressa un vague sourire à sa mère après avoir pris connaissance de la carte : les noms qui y figuraient étaient d'une complexité... Emma se décida à poser une question qui lui brûlait les lèvres.

- « Pourquoi est-ce qu'on ne dîne pas dans ton restaurant ?

- Parce que la dernière fois que j'y ai mangé l'un des cuisiniers a fait un malaise à cause du stress.

- Et le serveur arrêtait pas de bégayer dès que Maman lui demandait quelque chose" se souvint sa fille.

Le repas se déroula dans une ambiance des plus festives. Emma savoura la nourriture qui se trouvait dans son assiette mais elle en déplora la faible quantité. Les assiettes vidées de leur contenu furent vite reprises par les serveurs. Afin de célébrer pleinement ce jour, Regina commanda six desserts de la carte. Chacun pût grappiller un peu de chaque dessert pour le plus grand plaisir de ces palais gourmands et aiguisés.

Les serveurs étaient en proies à un dilemme cornélien. A qui donner l'addition ?

- « je vais la donner à la blonde. Elle fait plus garçonne c'est elle qui va payer, dit le premier.

- Attends. La brune a l'air autoritaire. Tu crois pas que c'est elle qui fait les comptes ?, intervint le second.

- Et qu'est-ce qui vous fait croire qu'elle sont ensemble ?, demanda une serveuse qui venait d'entendre la conversation.

- Elles se bouffent des yeux.

- Et la brune se mordillent la lèvre, ajouta le second.

- Donc. La brune ou la blonde ?, redemanda le premier.

- Mmmh..., fit la serveuse en observant la table. Dans le doute, fous-la au milieu. On verra bien. Je paris mes pourboires de la soirée sur la brune.

- Dans ce cas je mise tout sur le blonde.

- Oui, moi aussi » approuva le deuxième serveur.

Emma voulut prendre l'addition mais la brune dut plus rapide. Elle lui adressa un sourire et dit qu'elle allait payer. Emma fit la moue, gênée de ce geste mais la femme assise en face d'elle n'était pas du genre à changer d'avis facilement.

« Ok. Mais la prochaine fois c'est moi qui paye, je te préviens ».

Le personnel du restaurant faisait aussi son compte rendu de la soirée.

- « Tu me dois tes pourboires mon pote.

- Attends la blonde voulait payer. Ca compte, non ?

- Mais j'ai encaissé la carte de la brune. Ha ha.

- Tu es cruelle.

- Je sais juste bien mener mes affaires ».


La brune attendait patiemment que les portes de l'école s'ouvrent, qu'elle puisse reprendre sa fille et l'emmener faire les boutiques. Elle nota la présence d'une femme qui vint se poster près d'elle, plus près que les règles sociales ne l'imposaient. Regina se tourna vers l'inconnue.

Elle portait un haut bleu avec un col clodine et un grand manteau clair dont le coupe faisait vaguement penser à un poncho. Elle avait les cheveux ébènes, le teint diaphane et avait un certain âge. Les traits du visage de cette femme n'étaient pas dans lui rappeler quelqu'un mais qui ?

« Alors comme ça vous sortez avec ma fille ? »

Le ton se voulait cordial mais il était tout simplement glacial. Regina retint péniblement un soupir. La femme, qui se nommait Mary Margaret et qui s'avéra, sans surprise, être la mère d'Emma continua de lui demander des informations sur la relation qu'elle entretenait avec sa fille.

Les enfants étaient sortis. Henry avait salué sa grand-mère et Regina. Lucie avait soufflé un discret bonjour et s'était placée près de sa mère.

- « Vous n'avez pas honte de détruire notre famille ?, attaqua Mary Margaret.

- Je vous demande pardon ?, lança Regina d'un ton froid.

- Vous empêchez ma fille de se remettre avec Neal.

- Il me semble pourtant qu'ils sont séparés.

- Elle l'aime encore, je le sais. Elle n'a pas encore le courage de lui pardonner c'est tout.

- Peut-être qu'au contraire, elle a le bon esprit de rester éloignée de lui.

- Ma fille n'est pas lesbienne. Vous l'avez corrompue.

- Je n'ai pas besoin de la corrompre. Elle est parfaitement consentante.»

Les deux femmes se faisaient face et se défiaient du regard. Leurs voix restaient posées bien qu'acerbes dans leur propos. Regina vit au loin une chevelure blonde courir vers eux. Elle allait pouvoir rectifier le tir et éviter que la brune n'étripe sa mère.

Emma prit rapidement conscience du litige. Neal s'était fait une joie immense d'informer ses parents de sa nouvelle relation. Il faudrait qu'Emma lui communique le fond de sa pensée plus tard...

- « Maman, soupira-t-elle. Lâche-moi avec Neal. Je t'ai dit cent fois que c'était fini.

- Emma, ma chérie, dit doucement Mary Margaret. Tu as le droit d'avoir des...phases mais tu sais qu'il fait parti de ta famille...

- C'est le père d'Henry mais c'est tout ce qu'il est.

- Maman se remettra jamais avec Papa » déclara platement Henry.

Mary Margaret n'arrêtait pas de remettre Neal sur le tapis. Emma faisait valoir sa relation avec Regina afin d'agacer sa mère. Regina n'était pas dupe : elle avait vu le discret sourire qu'arborait la blonde quand elle l'évoquait ainsi que le rictus de dégoût de sa mère.

Regina ne la connaissait que depuis quelques minutes mais elle détestait déjà cette fichue bonne femme. Elle décida de participer à la conversation et de porter secours à sa blonde.

« Emma ne peut pas se mettre avec Neal puisqu'elle est avec moi. C'est regrettable mais le malheur des uns fait le bonheur des autres, dit-elle affichait un sourire hypocrite et rayonnant. Sur ce, je vous dit aurevoir... belle maman. »

Elle s'approcha d'Emma, se permit de l'embrasser avec une certaine insistance à la commissure des lèvres tout en prenant soin de caresser sa joue d'une main ce qui fit hoqueter Mme Swan de surprise. Emma ne bougea pas le moins du monde.

« Pense à venir à la maison ce soir » susurra-t-elle encore d'une voix rauque et suffisamment audible pour être entendue par Mary Margaret.

Regina fit volte-face et s'éloigna suivie par sa fille. Emma la suivit de regard et vit avec amusement que la brune avait poussé le vice jusqu'à faire sa sortie en prenant bien garde à se déhancher légèrement.

Mme Swan ouvrait la bouche en une expression horrifiée et sa fille la coupa dans son élan :

- « Non, ne me parle pas.

- Et pourquoi ça ?, s'offusqua Mary Margaret.

- Parce que je veux graver ces images à tout jamais dans ma mémoire, souffla Emma émue. Regina Mills, l'extraordinaire et sulfureuse femme d'affaire qui vient de te tenir tête. »


A peine avait-t-elle mis un pied dans la galerie marchande que Regina croisa une personne qu'elle ne connaissait que trop bien.

- « Si je ne te connaissais pas, je dirais qu'on s'est croisées par hasard.

- Sis, tu sais qu'avec moi il n'y a pas de hasard, sourit Zelena.

- C'est bien ce que je dis, soupira-t-elle.

- J'ai un petit cadeau pour toi. J'espère que cela te fera plaisir. Je l'ai choisi avec beaucoup de soin. »

Regina plissa les yeux. Sa sœur semblait sincère et c'était cela qui était le plus étrange. Elle lui offrait rarement quelque chose qui n'était pas destiné à la taquiner ou l'embêter cordialement. Zelena sortit quatre articles d'un grand sac cartonné rose. Deux magnifiques ensembles. Un rouge sang et un autre d'un noir le plus sombre. Le tissu du soutien-gorge était légèrement transparent et il en était de même pour le bas.

- « J'ai longtemps hésité à te prendre les portes jarretelles... Puis je me suis ravisée. Tu as vu que les soutien-gorges s'ouvrent par devant ? Je trouve ça pratique. Pour Emma et toi.

- Tu es vraiment... vraiment...

- adorable, attentionnée, dévouée à ma très chère sœur ? Non j'insiste, c'est mon plaisir.

- Horrible, corrigea Regina. Tu es horriblement horrible. Tu ne peux pas t'en empêcher.

- Mais j'essaye de t'aider, plaida Zelena. On m'a dit que tu étais dans une situation bien délicate avec Emma. »

Regina ne voyait pas où elle voulait en venir. Alors devant son air innocent, Zelena soupira et étaya d'une voix suave :

- « Dans ton dressing, alors que tu sortais de la douche et que tu ne portais que...

- Stop !

- Tu vois ça te revient, rit-elle.

- Qui est ce « on » qui t'a raconté ça ?

- Bah Monkey. Qui d'autre ? »

Regina fit volte-face et croisa le regard de sa fille. Celle-ci devança la remontrance de sa génitrice et pointa un doigt inquisiteur dans sa direction :

« Tu as dit de pas le dire à Mamie. Tu as rien dit sur Tata. »

La brune roula des yeux et soupira.

« Parfois je me demande si tu es ma fille ou celle de ta tante... »


Regina allait travailler dans ses différentes enseignes de la ville. Elle donnait parfois des conférences aux férus de cuisine lors de la sortie d'un de ses nouveaux livres. Aujourd'hui, elle allait honorer sa nouvelle carte dans son tout premier restaurant. Il était tout de bois, façonné par des ébénistes qui avait su faire sortir du cœur de l'arbre les ornements qui donnaient aujourd'hui au restaurant tout son cachet.

Elle donnait les ordres en cuisine, gérant à la perfection tout ce petit monde afin de satisfaire les clients en salle. Elle mettait elle aussi la main à la pâte, au sens strict du terme. Elle avait toujours particulièrement affectionné la pâtisserie. Elle contrôlait les plats qui sortaient de la cuisine d'un œil et d'un palais experts.

Elle ne trouvait plus la cannelle. Elle jura et maudit le commis qui n'en avait pas remis à disposition. Elle se rendit dans la pièce où les ingrédients étaient entreposées. Elle chercha la cannelle mais ne trouva que celle en poudre. Il devait forcément y avoir de la cannelle en bâton quelque part. Elle poursuivit son exploration, absorbée par sa recherche.

Elle sentit une odeur de brûlé et entendit des bruits d'agitation. Elle fronça les sourcils. L'alarme incendie se déclencha. Le bruit strident perça le brouhaha des conversations et du bruit des cuisines.

Regina essaya d'ouvrir la porte. Elle demeurait close. Son cœur se mit à battre la chamade. Les mains soudain tremblantes elle essaya de nouveau d'ouvrir la porte. Elle frappa, appela à l'aide. Mais la porte demeura close. Personne n'entendit son appel. Les gens étaient sortis. Elle était seule et le feu dévorait tout sur son passage.


Notes :

C'est triste mais le match de hand a vraiment eu lieu. J'ai changé les noms mais dans le gros ensemble c'est calqué sur la réalité. XD

J'ai eu du mal à retrouver d'où me venait le dialogue Emma/Mary Margaret. C'est dans HP4, Ron Weasley à propos de Drago Malfoy « l'extraordinaire fouine bondissante ».

Je vois ce que j'ai écrit avec Zelena et je me dis que j'ai créé un monstre XD

Vous suivez toujours ? Si j'avais le début en une pièce, la suite est en paillettes et je m'éclate à tout remettre petit bout par petit bout. On dirait un exercice de maternelle.