Bouh ! Trop longtemps que je n'avais pas updaté (shame on me !)

6

Juste après le dîner, après avoir passé toute une après-midi à éviter de croiser mes amis –Hermione en priorité-, je me rendis à la Salle sur Demande. Malfoy y était déjà. Comme tous les soirs, je m'assis sur le tapis en face de la table basse et commençai à engloutir mes bières tandis qu'il dodelinait ridiculement de la tête au son des Bloody Apples, son éternelle clope au coin des lèvres. J'avais une irrésistible envie de le secouer. Il était là, assis mollement sur son canapé et je trouvais quand même le moyen de le trouver intéressant. Puis je repensai à ma conversation avec Mme Pomfresh, à ce quiproquo. Mes pensées dérivèrent ensuite sur la dispute avec Hermione, sur les mots que j'avais osé dire à Ron, sur mon interdiction de jouer au Quidditch, sur Dumbledore, sur les Mangemorts, sur Voldemort, sur la mort en général, sur mes parents, sur Sirius. Soudain, je me tournai vers Malfoy, qui répétait avec une précision qui forçait le respect les quelques phrases en elfique de « Fly out », avec le désir de lui parler de tout ça. Mais c'était Malfoy et quand il tourna les yeux vers moi, la seule chose qu'il trouva pour justifier mon air perdu et mes yeux brillants fut de rire en s'excusant de m'avoir refiler son rhume, puis il se moucha bruyamment et me demanda si j'avais besoin d'un mouchoir. Je refusai. Il retourna donc à l'écoute de son groupe préféré, fermant les yeux –sans doute par envie d'être tranquille. J'en profitai pour pleurer silencieusement, sous le poids des derniers souvenirs, parce que je m'étais mis à espérer certaines choses de la part de Malfoy et que tout ça n'avait aucun sens. Moi, mes bouteilles, nos discussions, nous n'avions aucun sens. Pourquoi ne semblait-il pas éprouver ce désir que j'avais de tout connaître de lui ? Il fallait que j'arrête tout ça avant que ça ne dégénère. Je m'étais disputé avec mes amis à cause de lui… Décidément, il fallait que je cesse tout ça ! Je me levai, faisant disparaître les cadavres de bouteilles comme à mon habitude, rangeai ma cape d'invisibilité dans mon sac et dis d'une piteuse voix enrouée :

« J'y vais. »

Il ouvrit brusquement les yeux, comme si je l'avais réveillé. Il bailla légèrement et hocha la tête.

« Déjà ? Tu pars pas avec ta caaaaape ?

- Pas besoin, dis-je sèchement avant d'ouvrir la porte.

- Attends ! »

Je me retournai juste à temps pour attraper le paquet de bonbons pour la gorge qu'il me lançait. Il souriait en vantant ironiquement mes qualités d'Attrapeur. « Pour ton rhume, j'en ai piqué plein à Pomfresh, c'est bon, c'est au citron. ». Je le fourrai dans ma poche non sans une pointe d'amertume –qui dit bonbon citron dit Dumbledore.

« A demain ! dit-il en avalant un comprimé, écrasant son mégot sur un devoir d'Arithmancie.

- Je pense pas que… que je serais là demain, bégayai-je ridiculement en tournant les yeux.

- A tout à l'heure alors ? »

Je levai un sourcil. Devant mon expression ahurie, il éclata de rire. Je sortis et claquai la porte, me maudissant d'avoir pu croire un seul instant qu'il s'intéresserait à la raison de mon départ. Départ que je n'avais nullement prémédité d'ailleurs. Je restai un instant derrière la porte en espérant que quelque chose arrive enfin. J'attendis une dizaine de minutes. Mais rien ne se passe jamais comme on veut quand on s'appelle Harry Potter.

IOI

Hillary et Daphnee aimaient beaucoup cet endroit du parc. A l'abri des regards indiscrets, elles pouvaient discuter à loisir sur Eléonore, cette dernière ayant un cours d'arithmancie.

« Tu as vu ses cheveux ? On dirait un nid d'hippogriffe ! Et ses dents ? Ses dents ! Elle porte ce truc moldu, des alliances !

- Des bagues tu veux dire.

- Peu importe, c'est affreux ! Pas étonnant que Brian ait refusé d'aller au bal avec elle !

- Quoi ? Elle lui a déjà demandé ?

- Bien sûr que non imbécile ! C'est moi qui l'ai fait pour elle. »

Un gloussement commun les agita.

« Toi tu voudrais inviter qui ? Moi, Warwick, à coup sûr !

- Moi, un septième année… Ce grand rouquin qui joue dans l'équipe de Gryffondor, j'ai oublié son nom.

- Et Harry Potter ?

- Quoi Harry Potter ? Me dis pas que… Tu le trouves comment ?

- Maigre ! Et toi ?

- Anorexique tu veux dire ! Je dirais même anarchique !

- Tu voulais dire rachitique je suppose ? »

Eléonore s'avançait vers elles, une tonne de livres dans les mains et un immense sourire barrant son visage. Hillary l'aida à poser ses livres.

« El, ça te dirait d'aller au bal avec Brian ? »

Je me réveillai en sursaut, le visage en sueur. Par Merlin ! Je me promis de ne plus jamais laisser Dobby faire des courses pour moi ; la liqueur de fleur d'oranger, c'était bon avec les madeleines au citron de Winky -quoiqu'un dé à coudre fût suffisant- mais avec l'estomac vide depuis la veille, c'était une horreur. J'essayai tant bien que mal de me lever, en titubant un peu, et ôtai tous les brins d'herbes qui me recouvraient. Quelle idée m'avais pris d'aller piquer un somme dans le parc ? Avec une bouteille de liqueur de fleur d'oranger qui plus est ! Dire que Dobby en avait commandé un cageot tout entier pour me faire plaisir…

« Oh oui ! Le baaal ! bâilla Eléonore. Je n'irais sûrement pas… »

Ce n'était donc pas encore un de ces rêves où je me prenais pour Hillary Brown, digne héritière du trône des commères occupé pour le moment par sa chère cousine Lavande et les sœurs Patil, et Daphnee Simpson, sainte patronne des fers à friser, je me trouvais vraiment à leurs côtés. Je ne cherchai même pas à découvrir le sujet de leur conversation, trop occupé à essayer de rester stable.

« Bon, pour en revenir à Harry Potter, si c'est vraiment le dernier mec potable, on peut toujours essayer… soupira Daphnee alors qu'Eléonore affichait un grand sourire. Tiens, justement le voilà.

- Mais il est tout pâle ! murmura Hillary pour ne pas se faire entendre –ce qui, bien évidemment n'était pas le cas. On dirait qu'il est malade… Argh ! Il vient de vomir derrière ce buisson ! Non, El ! Tu n'iras jamais au bal avec cet anarchique ! reprit-elle plus fort.

- Anorexique, chuchota Eléonore. Parle moins fort !

- Faudrait peut-être l'aider… Il vient encore de vomir. Emmenons-le à l'infirmerie, tu pourras lui parler comme ça El ! »

Hillary «langue de vipère », Daphnee « Sainte Permanente » et une petite brune qui ressemblait vachement à Hermione, s'approchèrent de moi et me demandèrent avec une gentillesse extrême si je n'avais pas besoin d'aller à l'infirmerie. Je m'apprêtai à refuser quand j'aperçus Luna et Neville se promener dans le parc. Une semaine que j'avais réussi à éviter mes amis –un exploit qui m'avait fait rater bon nombre de cours et sauter pas mal de repas dans la Grande Salle mais qui en valait la peine; Hermione me faisait toujours la tête et je préférais dépenser mon énergie à boire et à les éviter plutôt qu'à entamer une discussion avec elle. Cependant, je n'avais pas croisé Malfoy non plus… J'acceptai donc de les suivre à l'infirmerie. Une fois devant la porte, elles me quittèrent.

« T'es qu'une gourde El ! marmonna Daphnee en s'éloignant. Pourquoi tu lui as pas demandé ?

- C'est vrai ça ! renchérit Hillary. On a fait tout ça pour rien ! Il a faillit me vomir dessus, tu te rappelles ? »

Eléonore se tourna vers ses amies, apparemment agacée.

« Réfléchissez un peu trente secondes, qui vous a dit qu'il allait à ce bal ! D'ailleurs, personne ne va à ce bal !

- Mais si, tout le monde va au bal ! »

Et elles disparurent dans le couloir. Je pénétrai donc seul dans l'infirmerie et, comble de ma malchance, je me retrouvai seul avec Seamus. Espérant qu'il ne m'ait pas vu, je m'apprêtai à sortir. C'était sans compter sur l'arrivée de Mrs Pomfresh.

« Mr Potter, vous voilà enfin. J'ai eu du monde pour vous cette semaine -elle désigna Seamus qui haussa les épaules. Mesdemoiselles Granger et Lovegood, ainsi que Messieurs Finnigan, Longdubat, Thomas et Weasley n'ont pas arrêté de me harceler à votre sujet. Ne croyez surtout pas que je n'ai pas d'autres chats à fouetter ! Si vous venez encore pour me parler de vos problèmes, sachez que vos amis sont là pour ça. A ce qu'il paraît –ils n'ont rien voulu me dire de plus- ils vous pardonnent. »

Devant mon silence, elle se tourna vers Seamus et le fit se lever de la chaise où il était assis.

« Vous pouvez y aller Mr Finnigan puisque votre ami est de retour d'on ne sait où ! »

Elle nous chassa d'un geste de la main de son infirmerie. Seamus me prit par le bras, me forçant à le regarder dans les yeux.

« T'es le mec le plus bizarre que j'ai jamais vu.

- …

- Tu te rends compte du souci qu'on s'est fait pour toi ? Disparaître durant toute une semaine ?! D'ailleurs, comment tu as fait ?

- Vous auriez pu me retrouver facilement si vous aviez voulu… »

Mon ami poussa un juron et me hurla presque dessus.

« On a essayé de te croiser en sortant de la Grande Salle, on t'a attendu jusqu'à pas d'heure dans les dortoirs, en classe, dans la salle commune mais tu n'y étais pas ! Très bien, on n'a pas que ça à faire non plus ! Si tu as des problèmes, parles-en nous mais ne t'attends pas à ce qu'on essaye de les trouver à ta place !

- Je ne vous ai rien demandé ! dis-je encore plus fort. »

En effet, je ne leur avais rien demandé. C'était Hermione qui avait mis ça sur le tapis ; moi, je n'avais aucunement envie d'en discuter avec eux. Seamus baissa les yeux. Plus par colère que par dépit.

« Le problème, reprit-il, plus calmement, c'est que ça nous concerne aussi. Tu as dit des choses que tu devrais regretter et qu'on ne peut pas oublier. Hermione n'a pas voulu nous dire de quoi il s'agissait, car elle-même ne le sait pas. Il y a juste cette carte du Maraudeur. C'est grâce à ça qu'on sait que tu ne vas pas bien. Qu'est-ce que tu fais avec Malfoy, tous les soirs, dans cette pièce ? Ca nous tracasse, on s'est même dit qu'il avait réussi à t'entraîner dans ses magouilles, dans le même piège que Ginny. Alors c'est quoi, c'est ça ? »

Je le regardai, un peu honteux. Non, ce n'était même pas ça. Je me sentais bien avec Malfoy, il était différent. J'avais juste besoin de changer un peu d'air. Mais au lieu de me sentir revivre, je m'enfonçai un peu plus dans l'incompréhension. Leur expliquer ne servait strictement à rien vu que je n'arrivais pas à me comprendre moi-même.

Tandis que nous passions devant la Grande Salle, j'aperçus une affiche qui semblait-il avait été accrochée le matin même.

« Un bal de printemps…

- On a appris ça ce matin, dit Seamus d'un air perplexe. C'est dans une semaine, ça fait court pour se trouver un partenaire.

- Et Dean alors ? lui demandai-je, étonné.

- Je ne parlais pas pour moi, mais pour ceux qui n'osent pas se déclarer. »

Il me fit un petit clin d'œil et je sus pourquoi je l'aimais autant. Seam' ne pouvait pas rester sérieux plus de dix minutes. Il me demanda d'arrêter de fuir inutilement. Après tout, tant que je ne faisais rien de mal.

« J'espère simplement que tu n'essayes pas d'assassiner Dumbledore toi aussi…

- Pas besoin de moi pour ça, marmonnai-je en redevenant maussade. »

Seamus posa une main sur mon épaule -« Toi, tu sais plus de choses que tu ne devrais j'ai l'impression. »- et m'emmena dans la salle commune où je me fis incendier par les autres. Ils étaient beaucoup moins compréhensifs que Seamus et ma venue, après cette semaine à les éviter, ne leur était pas particulièrement agréable.

« Si vous ne voulez pas accepter mes excuses, très bien ! Mais si vous voulez me parler, je serez… euh… à la bibliothèque ! »

Et je partis à grands pas vers la bibliothèque. Seulement voilà, je n'avais rien à y faire. J'attendis un quart d'heure mais aucun de mes amis ne se montra. Je sortis donc de l'endroit pour me rendre sur le terrain de quidditch avant de me rappeler mon interdiction de voler. Ma nausée revint. Je décidai de me rendre de nouveau à l'infirmerie.

« Mr Potter ne vous avais-je pas… »

Voyant que je m'apprêtais à vomir sur le tapis, Mrs Pomfresh me permit de m'allonger quelques instants.

« Qu'avez-vous mangé durant la journée ? me demanda-t-elle en cherchant la potion adéquate.

- Pas grand-chose. »

Je fus pris d'un élan de confiance envers l'infirmière. Je me raclai donc la gorge et marmonnai :

« J'ai peut-être… peut-être abusé de la… de la liqueur de fleur d'oranger. »

Ma voix se perdit dans un aigu étrange. Sans dire un mot, elle me tendit une potion que je ne connaissais que trop bien et se rendit dans son bureau. Je m'endormis ensuite durant quelques heures. Elle me réveilla pour le dîner. J'avais encore l'esprit embrouillé par mon sommeil quand je me rendis dans la grande salle. Je percutai McGonagall.

« Faites un peu attention Potter, s'écria-t-elle en remettant en place ses lunettes.

- Je suis désolé Madame.

- Je l'espère Potter. Ne soyez pas en retard ce soir ! »

Je me réveillai d'un coup. Qu'entendait-elle par ce soir ?

« Mrs Pomfresh a peut-être cautionné votre comportement, mais je trouve cela inadmissible, car vous avez déjà été sanctionné pour cela. Mais les retenues ne vous font pas peur, n'est-ce pas ? Je vous attends à 20heures dans mon bureau. »

Elle s'en alla vers la table des professeurs. J'avais donc été collé… Et moi qui avais fait confiance à Pomfresh. Je m'assis à la première place que je vis, en bout de table et avalai sans grande conviction mes pommes de terre. Le soir, je me rendis dans le bureau de McGonagall. Elle me sermonna durant près d'une demi-heure, me montra des images de victimes d'accidents dus à l'alcool (« Heureusement que le transplanage est impossible à l'école ! Cette femme ne pourra jamais retrouver son bras ! ») et enfin, me demanda de rédiger un devoir sur les raisons pour lesquelles je ne devais pas boire.

« Ceci est votre dernier avertissement Potter, m'informa-t-elle à la fin de ma retenue. Si l'on vient encore me rapporter un comportement de la sorte, j'aviserai la sanction nécessaire. Sachez que l'on peut renvoyer un élève pour moins que ça. Demain, vous aiderez Mrs Pomfresh à l'infirmerie. »

Elle avait oublié de me préciser que ma retenue durait une semaine.

IOI

Les six jours qui suivirent furent si chargés que je ne les vis pas passer. Entre mes retenues, mes devoirs et la fatigue que me provoquait mon sevrage, le jour du bal arriva sans que je ne m'y attende. Je m'étais un peu rabiboché avec mes amis. Seule Hermione refusait de me parler. Dean me promit d'aller lui en toucher deux mots.

Le dortoir s'était transformé en véritable chantier. Mousses coiffantes, crèmes anti-boutons et vêtements jonchaient le sol. Nous avions appris que ce charmant événement avait été organisé par Dumbledore afin de détendre l'atmosphère et de ne pas oublier de nous amuser malgré tout. Tout le monde avait apprécié l'attention. Cependant, j'avais la certitude que cela cachait quelque chose. Le directeur nous était apparu un peu plus faible et, déjà que nous ne le voyions pas très souvent ces temps-ci, ce fut sa seule apparition depuis plusieurs jours. Mais je n'avais pas à penser à tout cela car ma préoccupation du moment était : qui n'avait pas de partenaire à part moi ? Neville avait invité Luna, Ron Hermione. Seamus et Dean m'avaient bien proposé de passer la soirée avec eux mais je n'avais pas envie de tenir la chandelle. Je me retrouvai donc seul pour ce bal du printemps.

« Ce sera si excitant, s'exclama Ron comme une midinette. On verra tous les couples non officiels se former. T'imagines le nombre de personnes qui ont dû se précipiter vers leur bien aimé en apprenant la nouvelle ? »

Nous n'avions fait aucun commentaire sur cette remarque, sachant que lui-même s'était empressé d'inviter Hermione. Nous étions ensuite descendus dans la grande salle décorée pour l'occasion. Les filles étaient toutes très belles, les garçons sur leur 31. Finalement, je passai la soirée avec Dean et Seamus. Sous les regards insistants de McGonagall, je ne m'étais pas aventuré vers le punch. Ron et Hermione étaient introuvables et Luna et Neville se parlaient botanique dans un coin isolé. Cependant, nous les avions retrouvés quand les premières notes d'un slow retentirent. Slow que je dansai, sous les regards étonnés des autres, avec Dean et Seamus.

« Je t'avais bien dit que tu n'allais pas tenir la chandelle, me rassura Seamus. »

A la fin, Ron et Hermione vinrent nous retrouver.

« C'était ridicule les mecs ! explosa-t-il de rire. On a pris des photos avec Mione, ne vous inquiétez pas ! »

La chanson suivante fut beaucoup plus rythmée. Hermione attrapa la manche de Ron en sautillant.

« Elle est géniale, c'est de qui ? »

Je jetai un coup d'œil à la piste de danse. Malfoy s'y dandinait comme un malade. Je reconnus immédiatement la chanson.

« The Bloody Apple, murmurai-je en fixant le blond qui semblait en transe. »

Mais elle ne m'entendit pas et de toute façon, elle ne sembla même pas faire attention à ma présence. Sur les coups de 3 heures, les élèves étaient éparpillés dans tout le château. Je prétextai une envie d'aller aux toilettes pour me rendre dans la Salle sur Demande où je me jetai sur les bouteilles que j'avais dû abandonner une semaine plus tôt. Une demi-douzaine de bières plus tard, je décidai que j'étais assez bourré pour me revenir dans la Grande Salle. Puis la porte s'ouvrit sur un Malfoy complètement réveillé.

« Tiens, un revenant, gloussa-t-il en refermant la porte. »

J'arrêtai de me demander ce qui poussait Malfoy à changer totalement d'attitude même apparemment sobre. Il s'étonna en me voyant assis sur le canapé et non sur mon tapis devant la table basse comme j'avais l'habitude de le faire mais sourit légèrement en s'asseyant à mes côtés. Il prit une bière et la vida, sans qu'aucun de nous deux ne prononce un mot. Que s'était-il passé dans cette pièce durant ces deux semaines ? Qu'avait-il fait à part écouter les Apple et se shooter ? Et concocter des plans machiavéliques pour éviter de faire ses devoirs d'arithmancie ? Que faisait-il quand je vomissais derrière un buisson, dans le parc ou que je…

« Malfoy, faut qu'on parle ! »

Ma voix me sembla étrangère à mon corps. Je n'avais pas conscience d'avoir parlé et c'est avec la même stupéfaction de Malfoy que je découvris que j'avais hurlé, frappé du poing sur l'accoudoir et postillonné avec véhémence. Il écarquilla les yeux en s'essuyant le visage. Je restai immobile comme tétanisé par la situation qui m'échappait. Je ne savais plus quoi faire : m'enfuir en courant ou assommer Malfoy pour qu'il oublie. Je n'eus pas le temps de réfléchir plus longtemps car il se leva brusquement et sortit se baguette. Essayant de retrouver mes réflexes, je m'apprêtai à sortir la mienne quand il envoya la table basse valser contre la porte, suivie du tapis, dégageant ainsi le milieu de la pièce. Il prit un air grave et rangea sa baguette dans sa poche puis alluma la radio avant de revenir à l'endroit où se trouvait autrefois la table.

« Potter… Danse avec moi. »

Ses yeux plissés brillaient. Il y avait quelque chose de désespéré dans sa demande. Je me levai et, à ma grande surprise, il m'agrippa aussitôt par la taille. Il respirait bruyamment. J'étais toujours tendu. Cependant, voyant que je n'avais aucune résistance, il me pressa un peu contre lui.

« A quoi ça sert de parler ? »

Je ne répondis pas. C'était vrai. Parler… A quoi cela allait nous mener ? Peut-être à prendre conscience que nous étions parfaitement ridicule. Dans tous les cas, parler briserait la quiétude de cet instant. Et tout ce que je souhaitais était de rester le plus longtemps à danser avec lui, sans me soucier de rien. Je souhaitais ne plus penser à rien d'autre que cette pièce, que lui, que ce slow et éluder tout ce qui n'appartenait pas cet univers. Des bouteilles, un canapé, un tapis, de la musique, Malfoy et un intense moment de bonheur.

Si cet égoïsme s'apparentait à l'amour, j'étais prêt à tout quitter pour le vivre pleinement.

IOIOIOI

J'espère que la fin n'est pas trop fleur bleue…

Merci de continuer à me lire ;)

prochain chap. euh… pas tout de suite xD

Kiss !