Allez on continue, j'ai décidé de vous faire languir encore un peu avant le dénouement. Je vais donner un peu plus d'importance à d'autres à votre avis Edward ? Jacob ? ou un autre...

Encore merci pour toutes vos reviews qui font toujours plaisir, et si je ne vous réponds pas toujours en privé, ne m'en veillez pas, c'est surtout parce que je ne sais pas quoi dire.

Bonne lecture.


En cours de littérature, je m'assis comme d'hab à côté d'Edward, il affichait toujours ce sourire moqueur que je n'arrivais pas à déchiffrer. Comme je lui envoyai un « Quoi ? » peu amène, il rigola encore plus, puis sortit son stylo :

- Tu me fais rire.

- Je vois ça, et je peux rire aussi ?

- Pourquoi es tu venue me parler à la cafet ?

- Je te l'ai dit, pour que tu ne dises rien concernant Angela.

- J'ai compris, mais je veux savoir pourquoi tu es venue me le dire à dans l'oreille.

- J'aurai pu essayer par télépathie, mais je ne suis pas sure que tu captes bien mes pensées...

Cette conversation ne semblait avoir ni queue, ni tête. Je lui jetai de petits coups d'œil, il cachait son hilarité derrière sa main.

- Tu aurais pu attendre qu'on soit en cours.

- J'avais peur que tu ne fasses de commentaires en les voyant tous les deux.

- Ok, mais tu aurais pu m'envoyer un sms...

Un blanc ! Je n'y avais même pas pensé. Pourquoi n'avais je pas envoyé de sms ? Cela aurait été plus rapide et personne ne l'aurait su. A Phoenix, ma mère m'engueulait tout le temps parce que je répondais sans arrêt à mes copines et ça l'énervait, et là, ça ne m'avait pas traversé l'esprit une seule seconde. J'étais figée sur la feuille et n'avais pas d'explications à lui donner.

- J'en sais rien, j'y ai pas pensé.

- Moi je sais !

- Tu sais quoi ?

- Pourquoi tu as préféré me le dire en personne.

- Vas-y, donne ta version.

- Parce que tu voulais être près de moi, je te manquais trop.

- Prétentieux !

- Non. Je constate, c'est tout. Tu avais besoin d'être près de moi et tu as sauté sur l'occasion.

- Pfff ! Je persiste et signe ! Prétentieux.

Je repoussai la feuille et m'intéressai au prof. Edward n'insista pas, mais arbora toujours une mine fière et narquoise. Il m'énervait, je le détestais d'avoir infiltré cette élucubration dans mon cerveau. Peut être y avait il une part de vrai dans ce qu'il venait de me démontrer. Je chassai cette idée dans un recoin de mon crane encombré et repris le fil de la vie de Jane Eyre.

La semaine continua assez calmement et je laissai la routine s'instaurer sans que j'y déroge parce que ça me convenait, je profitai d'Edward et de Jacob. Angela et Embry passaient leur repas, les yeux dans les yeux, ils refusaient toujours de dire qu'ils sortaient ensemble mais cela était évident pour tout le lycée. Ils alimentèrent les discussions autant que Jasper et Alice. Moi je les trouvais mignons et j'étais heureuse pour ma copine. Quand je disais à Angela que je lui enviais un peu son bonheur, elle me rétorquait régulièrement que je n'avais qu'à faire un choix pour connaître le même.

Le jeudi, Charlie me demanda si je l'accompagnai à la Push le samedi soir et j'acceptai. Il parut très heureux de ma réponse et, chose rare, il me serra dans ses bras. Je rigolai, étonnée d'une telle réaction, il grogna qu'il avait bien le droit d'être satisfait que sa fille chérie passe une soirée avec son vieux père.

Le vendredi commença mal, il pleuvait, mais à Forks, ce n'est pas un scoop. En songeant à cela, je ripai sur un obstacle inconnu en sortant de chez moi et tombai sur les genoux dans une flaque de boue. Je filai me changer rapidement et repartis très prudemment jusqu'à ma voiture. J'étais arrivée à m'asseoir à la place du conducteur sans m'étaler une deuxième fois, mais quand je tournai la clef pour démarrer, rien, le silence. Je donnais des coups de poing dans le volant en engueulant ce tas de ferrailles qui refusait de faire ce pour quoi on l'avait conçu ! Bien sur, elle ne réagit pas à mes injures et resta stoïque et surtout muette. Est ce qu'on était vendredi 13 ? Ou alors, est ce que j'avais croisé un chat noir sans le remarquer ? Bref c'était une journée de merde !

J'étudiai mon portable, qui appeler ? Jacob ou Edward ? Je rigolai face à mon dilemme, toujours le même. Depuis mon arrivée à Forks, ma vie se résumait à cette phrase et si j'étais incapable de décider auquel demander de me conduire au lycée, comment allais je savoir lequel me plaisait le plus ? Je me trouvais complètement idiote, on ne peut pas aimer deux personnes de la même manière, il y en a forcément une des deux qui a plus d'importance que l'autre. Je pleurai la tête sur mon volant en me traitant de tous les noms qui me traversaient l'esprit.

Soudain, quelqu'un frappa contre la vitre de ma portière, je levai la tête et, à travers la pluie, je n'aperçus que deux yeux noirs sous une capuche. Oh non, il allait voir que je pleurai comme une gamine paumée au lieu de chercher une solution à mon problème et j'étais sure qu'il allait se foutre de moi. J'entrouvris la fenêtre, tout de même contente de le voir.

- Qu'est ce que tu fous dans ta voiture, beauté ? Tu ne vas pas au lycée ? Me dit cette voix qui confirma que je le connaissais.

Beauté ? Il avait bien dit beauté ! Non mais, il se prend pour qui ? C'est quoi ces phrases de dragueur de bazar ? Je démarrai au quart de tour, plus vite que ma pauvre voiture.

- Qu'est ce que ça peut bien te foutre ? T'es de la police ?

- Ho, calmos. T'as tes règles ou quoi ?

De plus en plus classe, le garçon !

- Même pas, j'ai pas besoin de ça pour être de mauvais poil.

- Bon alors c'est quoi ton problème, darling ? Je peux peut être te rendre le sourire.

Il me fit un clin d'œil. Je secouai la tête en levant les yeux, il fallait que je lui dise d'arrêter de jouer les baratineurs, il était vraiment trop nul, il en devenait ridicule. Mais en attendant, il pouvait être utile, je soupirai et prit une toute petite voix.

- Tu peux peut être m'accompagner au lycée, ma voiture ne veut pas démarrer.

- Mais avec plaisir, belle Bella.

Il entrebâilla ma portière et me tendit la main. J'hésitai puis finalement y posai la mienne, s'il pouvait aussi m'éviter de me casser la figure encore une fois, il serait doublement utile. Il ouvrit la porte côté passager de sa vieille Ford et se pencha en avant dans une sorte de révérence.

- Bienvenue dans mon modeste véhicule, mademoiselle Swan.

Je décidai de rentrer dans son jeu, il était vraiment plus lourd que méchant. D'ailleurs il me fit penser à Emmett.

- Merci monsieur Lahote, vous êtes mon sauveur.

Il rigola et s'installa au volant, il me regarda en fronçant les sourcils.

- Ça va mieux ? Tu ne pleures plus ? Tu ne m'engueules plus ?

- Je ne pleurais pas, j'étais énervée et c'est pour ça que je t'ai gueulé dessus. Excuse-moi.

- Mouais, on va faire comme si tu disais la vérité, je ne veux pas rallumer ta colère.

Je le remerciai, étonnée, quand même que Paul Lahote puisse faire preuve de subtilité. Il démarra et nous roulions en silence depuis quelques minutes.

- Tu dragues toujours toutes les filles que tu rencontres ? Je croyais que tu étais avec Rachel.

- J'adore draguer, comme ça, pour m'amuser. J'ai besoin de savoir que je plais aux filles, mais Rachel est ma copine et c'est la seule qui compte. Mais si tu le dis à quelqu'un, je t'étrangle.

Il avait d'abord pris une mine de petit garçon en faute, puis il me fit un regard terrifiant. Même si je doutais qu'il m'étrangle, j'étais persuadée qu'il m'en ferait baver si je dévoilais que Paul Lahote était amoureux de sa copine.

- Tu joues un jeu dangereux, et qu'est ce que tu fais, si la fille te prend au sérieux ? Quoique ça ne risque pas d'arriver.

- Quoi ? Tu ne crois pas que je plais aux filles ?

Il paniquait, je venais de trouver son point faible. Il avait besoin du regard des filles pour conserver son assurance, en fait ce garçon était très mal dans sa peau et n'avait aucune confiance en lui.

- Je ne doute pas que ton physique plaise aux filles qui se contentent de ça, mais tes techniques de drague sont lourdes et auraient surtout tendance à faire fuir. Enfin je te dis ça, c'est pour te prévenir, quoique c'est peut être mieux pour ton couple, non ?

- Tu insinues que je suis nul en drague, c'est ça ?

- Je n'insinue rien, je te dis que tu es tellement lourd que tu me fais rire.

Il grogna mais n'ajouta rien. Il devait méditer intensément parce que la voiture ralentissait.

- Tu devrais accélérer un peu, sinon on va être franchement en retard. Dis-je gentiment.

Il sortit de ses réflexions, puis à ma grande surprise, me fit un immense sourire avant de se concentrer sur la route. De fait, la sonnerie retentit au moment où nous entrions sur le parking. Il se gara entre deux voitures, pour être exact, il se posa n'importe comment et bondit de son siège. Je me dépêchai aussi mais pas assez à son gré puisqu'il m'attrapa la main et me fit courir jusqu'au porche. Edward ne m'avait pas attendue, mon portable vibra dans ma poche mais je n'avais pas le temps de le regarder. Paul continua à me tirer jusqu'à la salle de biologie où nous entrâmes ma main dans la sienne. Il la lâcha d'un coup quand il remarqua que tous les regards avaient convergé vers nous. Je devins écarlate et si les yeux pouvaient tuer, je serai morte sous les flèches que m'envoyaient ceux d'Edward. Je n'osai pas m'approcher de lui, à ce moment précis, je ressentais sa haine. Il regarda Victoria et celle ci se fit une joie de venir s'asseoir à côté de lui. Je voulus m'installer toute seule à la place de la rouquine mais le prof entra et m'arrêta.

- Mademoiselle Swan, asseyez vous à côté de monsieur Lahote, vous allez travailler en binôme aujourd'hui.

Et merde ! Je l'avais bien dit que ce serait une journée pourrie !

- Désolé Bella, ce n'était pas prémédité. Surtout que je vais avoir des problèmes avec Rachel, elle va pas aimer. Me dit Paul et il avait l'air sincère.

- Tu pourras toujours te faire pardonner sur l'oreiller.

J'essayai de le faire sourire, mais il leva vers moi des yeux inquiets et se contenta de grimacer. Nous travaillâmes sagement tout le reste du cours. Le reste de la matinée se déroula bizarrement, je sentais des regards curieux sur mon passage aux intercours. A midi, Angela m'attendait devant mon casier.

- Raconte. Dit-elle simplement.

- Aïe ! Tu es déjà au courant.

- Oui, Embry vient de me dire qu'il ne mangerait pas avec nous aujourd'hui parce que Rachel a raconté à Jacob que tu sors avec Paul. Alors j'aimerais bien comprendre.

- Qu'est ce que ça vient faire dans ton histoire avec Embry ?

Angela me fusilla du regard.

- Ne change pas de conversation Bella. Embry c'est mon problème. Toi tu en as d'autres. Tout le lycée est au courant et se pose des questions sur Paul et toi, alors tu m'expliques ?

- Ce matin ma voiture a refusé de démarrer et je pleurnichai sur mon sort quand Paul m'a vue. Il m'a conduite au lycée, voilà, fin de l'histoire. Je ne sors pas avec Paul et je n'en ai pas l'intention.

- Et pourquoi vous êtes arrivés en cours main dans la main ?

Elle avait toujours l'air en colère contre moi et ça commençait à me gonfler. J'avais rien fait de mal.

- Parce qu'on était en retard et que Paul trouvait que je n'avançais pas assez vite, il m'a traînée derrière lui du parking au cours de biologie. Bien sur tout le monde nous a vus entrer et a tiré les mauvaises conclusions. Autre question ?

- Je suis désolée Bella, mais je suis en colère. En fait ce n'est pas contre toi, c'est contre Embry. Après tout, même si tu sors avec Paul, pourquoi cela l'empêche de manger avec moi ? Je compte si peu pour lui ?

- Même si je ne suis pas d'accord avec son comportement, je pense sincèrement qu'il est aussi malheureux que toi. Jacob est l'un de ses meilleurs copains, il ne veut pas le contredire. Et Rachel est la sœur de Jacob, tu sais bien que c'est toujours compliqué les histoires de famille.

J'avais retrouvé mon humour, enfin en apparence, car j'allais devoir affronter la cafet, et surtout Edward et Jacob. Mais après tout, je n'avais rien à me reprocher. Angela me regardait tristement.

- Tu veux qu'on s'achète un truc à la machine et qu'on aille manger dehors ? Proposa-t-elle.

- Pourquoi ? Il faudra bien que je retourne à la cafet un jour ou l'autre. Et puis, ce serait avouer que j'ai fait quelque chose de mal et ce n'est pas le cas. Pars devant moi et je te rejoins dans un moment.

On aurait dit que j'envoyais un condamné à l'échafaud, elle traînait les pieds et baissait la tête. Je sortis mon mobile et vis que j'avais des messages.

Edward : Bella, tu as un problème ? Appelle-moi si tu veux que je vienne te chercher.

Jacob : Pourquoi es tu arrivée avec Paul ?

Edward : Tu aurais pu être franche avec moi, mais c'est bon j'ai compris. Salut.

Jacob : J'arrive pas à y croire, tu sors vraiment avec le mec de ma sœur ?

Jacob : Je ne peux pas manger avec toi. Je dois m'occuper de ma sœur. Bye.

Les larmes coulaient sur mes joues sans que je puisse les arrêter. Alors comme ça, ils avaient jugé sans me parler, sans entendre ma version, ni celle de Paul sûrement. Ce dernier tenait trop à Rachel pour avoir laissé croire qu'il y avait eu quoique ce soit entre nous. Petit à petit, la colère prit le pas sur le chagrin. Je passai par les toilettes pour me mettre de l'eau sur le visage et me remaquiller.

Avant d'entrer dans la cafet, je me redressai et relevai le menton, insolente et dédaigneuse, je pris mon plateau dans un silence total, puis je me dirigeai vers Angela et Tyler. Ce dernier me fit un triste sourire et je compris qu'il voyait s'envoler ses rêves de faire partie de l'équipe des Loups. Ma copine était au bord des larmes et cela fit remonter les miennes, mais à ce moment je croisai le regard glacial de Jacob et la colère reprit sa place. Je grignotai en discutant du cours d'espagnol avec Tyler, Angie étant incapable d'aligner deux mots, elle jetait de nombreux coups d'œil vers Embry qui gardait le nez dans son assiette. Les bruits avaient repris dans la salle et j'entendais parfois mon nom, j'étais le centre de leurs commérages.

Soudain, Rachel Black apparut devant moi, comme surgit de nulle part. Elle me toisait avec haine. Toute la salle retenait son souffle dans l'attente des mots qu'elle allait me cracher à la figure.

- Swan, à partir de maintenant je t'interdis de t'approcher de mon mec, c'est clair !

J'aurais pu simplement acquiescer ou me défendre calmement, mais je ne supportais pas qu'on me donne des ordres, surtout de cette manière, en se donnant en spectacle. Je me levai et me plantai devant elle, elle était plus grande que moi mais cela ne m'impressionnait pas. La colère me rendait intrépide.

- Ah oui, et pourquoi ? Tu as peur de quoi, Black ?

Elle fut déstabilisée par ma provocation mais elle retrouva très vite la parole.

- Je connais Paul et dès qu'une pétasse dans ton genre lui sourit, il se croit amoureux mais il est à moi ! Et rien qu'à moi ! Tu piges ?

- J'ai pigé, mais alors, il est où ton problème ? J'en veux pas de ton mec.

Elle sourit méchamment.

- Comment je le saurais ? Tu ne sais pas ce que tu veux.

- Ça ne te regarde pas ce que je veux, la seule chose que tu dois savoir, c'est que je ne veux pas de ton mec, je te le laisse.

Elle se posait des questions, je n'agissais pas comme elle l'avait prévu.

- Ah ouais, ben alors pourquoi tu lui donnais la main ce matin ? Hein ? Vas y, explique nous un peu ça.

Je notai l'emploi du nous, elle savait très bien que notre échange allait être décortiqué par tous les lycéens. Je lui souris en tordant la bouche, moqueuse.

- Tu n'as pas demandé à ton mec, comme tu dis ? Il aurait pu te l'expliquer. Oh mais, peut être que tu n'as assez confiance en lui, le pauvre. Désolée Paul, dis je en tournant la tête vers lui, mais tu devrais lui avouer ce que tu ressens pour elle, ce serait mieux pour tout le monde.

- Laisse Paul en dehors de cette histoire, sale garce !

J'éclatai de rire, un rire faux et sans gaieté.

- Difficile de le laisser en dehors alors que tu me reproches de vouloir te le piquer. Bon alors pour ce matin, je vais te dire la vérité, il a été super... gentil avec moi.

Je baissai la voix comme si c'était un secret entre elle et moi. J'entendis gémir Angela derrière moi, elle n'appréciait pas du tout ma façon de traiter Rachel Black.

- Espèce de salope, je vais t'arracher les yeux.

Elle se jeta sur moi, mais j'avais prévu sa réaction et je sautai sur le côté et lui attrapai un bras que je tordis dans le dos. Je saisis l'autre rapidement tant qu'elle était sous le choc, si je la laissais reprendre ses esprits, elle saurait se dégager sans difficulté, et j'appuyai de tout mon corps sur ma prise. C'est Phil qui m'avait appris cette technique au grand désespoir de ma mère qui n'en voyait pas l'utilité. Pour elle, les femmes n'avaient pas de raison de se battre. Phil l'avait heureusement convaincue que je devais savoir me défendre et je le remerciai par la pensée.

- Lâche moi, Swan, tu vas le regretter, je vais te...

- Tais-toi, Black. Tu me saoules. Ce matin, ma voiture n'a pas voulu démarrer et Paul qui passait devant chez moi m'a gentiment accompagnée jusqu'ici. Et comme je ne marche pas assez vite pour lui, il m'a tirée jusqu'à la salle et c'est tout. Tu vois, tu as un mec gentil et prêt à aider les autres, alors arrête de m'emmerder et vas régler tes problèmes avec lui, bon dieu. Et par dessus tout, oublie-moi !

Je maintenais la pression sur ses bras, elle était bloquée, à moitié couchée sur la table. Elle arrêta de gigoter. Elle demanda d'une voix chevrotante.

- Tu peux me lâcher maintenant... S'il te plaît Swan.

- Pour que tu me tombes dessus, sûrement pas.

Je voulais qu'elle soit complètement calmée, je savais que je n'aurai pas le dessus si elle décidait de me sauter dessus. Je vis Jacob se lever et se placer près de sa sœur.

- Elle ne te touchera pas, Bella. Tu peux la lâcher maintenant. Dit-il doucement.

- Parce que je dois te croire ? Pourquoi je te ferai confiance ? Parce que toi, tu me fais confiance ?

Je tremblais de rage. Toute ma colère se focalisait maintenant sur les deux abrutis qui m'avaient jugée sur des bruits de couloir, qui m'avaient condamnée sans autre forme de procès. Jake avait baissé la tête et il admirait ses chaussures. Je savourai sa honte qui adoucissait ma colère.

- T'es calmée, Black ?

- Oui. Me dirent deux voix.

- Toi, je te parle pas. Décrétai-je sèchement à Jacob.

Je lâchai Rachel, elle se frotta le bras et me regarda froidement avant de retourner vers Paul. J'étais prête à me rasseoir quand je vis le sourire d'Edward. Je criai.

- T'es dans le même sac, Masen. Vous êtes deux connards.

Je me retournai et fixai le visage triste d'Angela, puis tournai la tête vers la table des quileutes. Elle comprit ce que j'allais faire et elle paniqua.

- Bella, non ! C'est mon problème, pas le tien.

- C'est l'inverse Angie, c'était mon problème pas le tien, mais je crois qu'Embry n'a pas compris.

En attendant son nom, il leva la tête et me lança un regard de chien battu. Je ne m'apitoyai pas sur son sort, je devais lui dire ce que je pensai de lui.

- Angie, tout le monde est déjà au courant pour vous deux alors laisse moi me défouler un peu.

Je posai mes mains sur la table face à Embry. Il ne baissa pas les yeux, mais il garda son air triste.

- La prochaine fois que je m'engueule avec ton pote, tu es prié de ne pas faire souffrir ma copine, elle n'a rien demandé. Et si tu es trop lâche pour l'imposer face à ton copain, alors c'est que tu n'es qu'un con et que tu ne la mérites pas. Ton attitude me déçoit, je te croyais plus intelligent.

Je fis une petite grimace à Paul qui se retenait de rire, il serra Rachel contre lui et elle ne vit pas qu'il levait un pouce en me regardant. Je me retournai quand Embry dit.

- Tu as raison Bella. Je ne suis qu'un dégonflé. Excuse-moi.

- Ce n'est pas à moi de te pardonner Embry. Vois ça avec Angela.

Enfin assise sur ma chaise, je constatai que Jake n'avait pas bougé. Il était toujours planté à côté de la table et je l'ignorai royalement. La sonnerie nous soulagea tous et nous nous dispersâmes dans les couloirs. Les cours de l'après-midi me permirent de me calmer complètement, plusieurs personnes que je ne connaissais même pas vinrent me féliciter d'avoir tenu tête à Rachel Black. Une fille me supplia même de lui apprendre à se défendre. Ma cote de popularité était à la hausse et cela m'amusait. Je reçus plusieurs sms d'Edward et Jacob, ils demandaient tous les deux à me parler mais je ne répondis à aucun d'eux. J'avais décidé de les faire mariner un peu. Puis Edward essaya une autre tactique.

On va au ciné ce soir, tu veux bien venir avec nous ? Je sais que j'ai merdé, Bella mais laisse-moi me faire pardonner, s'il te plaît.

Je ne répondis pas tout de suite, il devait scruter son portable en attendant une réponse et j'aimais bien cette idée. Je savais que les films commençaient à 8 heures et qu'on devrait partir vers 7heures donc j'avais encore le temps de m'amuser. Je devais me marrer toute seule puisque le prof de math me demanda ce que je trouvais de si drôle aux fonctions trigonométriques. Mon portable vibra encore, cette fois c'était Angie.

Paul demande si tu as trouvé un chauffeur pour rentrer chez toi.

Merde, avec tout ça, j'avais oublié que je n'avais pas de voiture. Je savais que je pouvais toujours appeler Charlie, mais je n'avais pas trop envie de le voir débarquer devant le lycée dans sa voiture de fonction. Il fallait que je trouve un moyen pour rentrer par mes propres moyens. Bien sur je pouvais aussi repartir avec Paul, mais Rachel serait certainement là et le trajet risquait d'être mouvementé.

Paul peut te raccompagner et il précise que Rachel sera là mais qu'elle est d'accord pour te déposer. A toi de voir.

Puis dix secondes plus tard.

Paul veut ton 06, je lui donne ? Il me fatigue, il n'arrête pas de parler. J'entends plus le cours.

Je pouffai devant mon exercice de math, le prof me lança un regard assassin. Je me dépêchai de terminer mon graphique, puis répondis à Angie.

Tu peux lui donner, ça te débarrassera. Et puis si un jour, je suis encore en panne, ça peut servir.

Tu prends des risques, Bella. Si Rachel le trouve dans le portable de Paul, t'es morte.

Mais non, on lui dira, on va faire du préventif.

Deux minutes plus tard, je recevais un sms de Paul.

Alors tu as trouvé un chauffeur ? Tu veux que je demande à Jake ?

Laisse Jake où il est, mais je croyais que tu étais ok pour me ramener ?

Si tu trouves personne, je te ramène mais j'ai pas trop envie de me retrouver entre Rachel et toi.

Ok, merci Paul, je te tiens au courant. Je vais bosser un peu, le prof me lâche pas des yeux.

Eh Bella, tu sais que tu m'as bluffé à la cafet, je croyais que tu allais flipper devant ma tigresse mais en fait, toi, t'es une vraie panthère. Il va avoir du mal à t'apprivoiser, bébé Jake.

Pourquoi bébé Jake ?

Parce que c'est que c'est le petit frère de Rachel, il a un an de moins que nous.

Je notai cette info dont je saurai me servir plus tard. A la fin des cours, je n'avais toujours pas trouvé avec qui j'allais rentrer chez moi. Angela m'avait proposé de le faire, mais ça l'obligeait à faire un détour, et en plus, elle devait rentrer vite pour s'occuper de ses petits frères, sa mère comptait sur elle. Je ne fus pas surprise de voir mes deux apollons chacun à côté de leur voiture, Angela ne put retenir un ricanement en souhaitant bonne soirée. Plus loin, je vis Paul qui arrêta d'embrasser Rachel et désigna Jake du doigt, tout en hochant la tête. Et moi, comme une cruche, je restai plantée sous le porche, nouveau choix, volvo ou golf, j'étais pitoyable. Je remarquai que plusieurs personnes attendaient que je bouge et je me demandai combien Embry avait misé sur son pote. Une voiture de sport jaune stoppa devant moi et je reconnus Alice.

- Monte Bella, je vais te ramener sinon on va te retrouver lundi matin endormie sous le porche et les deux autres affalés contre leur caisse.

- Merci Alice, tu es un amour !

- Je sais, mais ça fait plaisir de l'entendre. Puisqu'on est dans les confidences, il faudrait quand même que tu te décides, tu ne peux pas les faire courir éternellement.

- Mais je ne fais courir personne, j'ai rien demandé, moi. Grognai-je.

- Alors dis leur qu'ils ne t'intéressent pas, j'ai vu à midi que tu es directe, alors tu peux le faire. Si tu le veux...

Il était bien là le problème, est ce que je le voulais ? Après tout, ça ne me déplaisait pas d'avoir ces deux mecs qui me couraient après et même si cela multipliait les problèmes, j'étais fière d'avoir attirée leur attention. Au fond de moi, je concédai qu'Alice avait raison, mais c'était trop tôt, il me fallait encore du temps pour les connaître et décider quelle place ils devaient prendre dans ma vie et dans mon cœur. La petite brune piailla jusqu'à chez moi et je répondais distraitement peu intéressée par ses histoires de shopping. Quand elle se redémarra après que j'ai sauté de sa voiture, elle hurla :

- À ce soir Bella.

Elle savait déjà que j'irai au cinéma avec eux, avant même que j'ai pris la décision.