Disclaimer: Tout est à JKR.
Résumé: Quand on s'appelle Sirius Black, on semble avoir un avenir tout tracé. Mais quand on décide de lutter contre cet avenir, et créer le sien, ça ne plaît pas à tout le monde, et il n'est dit nulle part que c'est facile. D'ailleurs, peut-on vraiment changer ce que l'on est vraiment ?
Note de Wam : Bon, la dissert'a été repoussée, alors postage assez rapide (après 3h30 de travail quand même... beuuuh, je veux retourner au CM2...). Cette partie est un peu plus longue que la précédente, il me semble. Je remercie tous mes reviewers pour avoir pris le temps de cliquer en bas à gauche ! Ca m'a fait plaisir de lire vos petits commentaires ! N'hésitez pas à recommencer :D Ah oui, je tiens à préciser qu'il y a certaines allusions un peu graveleuses et trèèès limites. Alors hem... Euh... Ma seule excuse, c'est que j'étais crevée, et que je ne savais pas trop comment faire avancer le schmimblick. Encore désolée !
BLACK BLACK HEART
Partie 6
« Pourquoi j'ai pas été invité aux fiançailleuuuuuuuh... » grommela James dans le Poudlard Express. « Ta mère est nulle en bienséance, par Merlin ! Elle ne sait pas qu'on invite toutes les familles de la haute, même si on les aime pas ? Qu'est-ce qu'elle fait de l'hypocrisie, mince ! »
« Tu aurais passé ta soirée à te foutre de ma gueule. » sourit Sirius. « C'est pas plus mal. »
« T'as pris des photos, au moins ? » s'amusa Remus.
« Non, mais je crois que ma chère et tendre ne s'est pas privée. N'est-ce pas mon amour ? » demanda-t-il à sa 'chère et tendre' qui riait à gorge déployée à côté de lui.
Celle-ci hocha la tête.
« Tu crois que tu pourras les faire dédoubler ? » demanda Peter, l'air avide.
« Merlin non. » souffla Sirius, soudain très inquiet.
« Pourquoi ça ? » interrogea Remus.
Sirius devint alors aussi cramoisi qu'Amalthée lorsqu'elle lui avait avoué, un mois plus tôt qu'elle avait été amoureuse de lui. Evidemment, cela intéressa d'autant plus ses amis qui se tournèrent vers Amalthée d'un même mouvement. Celle-ci explosa de rire d'une façon pas aristocrate du tout, sous l'œil noir de Sirius.
« Dis un mot et je romps notre merveilleuse idylle. »
« Oh non, imagine un peu la détresse de ta mère, Sirius. »
« Justement. »
« Bon. Alors je dois me résoudre à ne rien dire. »
Les trois garçons dardèrent sur elle un oeil noir, puis après s'être concertés du regard, ils sourirent et se jetèrent sur la jeune fille pour la chatouiller. Celle-ci rendit rapidement les armes et, malgré les cris et les menaces de Sirius, leur confia alors le terrible secret du jeune garçon :
« Il portait une robe vert pomme avec les armoiries des Black dessus ! » s'exclama-t-elle.
Evidemment, pour Remus et Peter qui ne faisaient pas partie de la haute société Sorcière, cela ne parla pas énormément, mais James, après avoir eu un léger temps d'arrêt, comme s'il tentait d'imaginer Sirius dans cette tenue, explosa subitement de rire et ne put s'arrêter pendant un bon moment. Si les yeux de Sirius étaient des baguettes, il aurait eu un joli ticket direction Azkaban pour un double homicide avec préméditation.
« Traîtresse. » grogna-t-il à l'adresse d'Amalthée.
Celle-ci eut une moue hésitante, le visage oscillant entre désolation et franc amusement. Soudainement, Sirius sentit son pantalon devenir nettement plus petit. Il paniqua subitement, alors que Peter se décidait à poser la question qui brûlait les lèvres de Remus.
« Y a quoi de drôle à ce que Sirius soit habillé comme ça ? »
Cela sembla calmer James, et Amalthée toisa Peter de haut en bas. Sirius, lui, se sentait extrêmement gêné… Pas devant une fille quand même ! Ca ne pouvait pas être ça !
« C'est vrai que vous ne devez pas être au secret… » fit James en essuyant quelques larmes. « Les robes de fiançailles de Sorcier sont euh… Comment dire ? Originales : manches bouffantes en dentelles, fraises en dentelles, ourlets en dentelles… En fait, les robes de fiançailles se lèguent chez les grandes familles de père en fils, et plus la robe est ancienne, plus la famille est renommée et admirée. »
« Je vois. » fit Remus.
Comme les autres semblaient avoir momentanément oublié sa présence, Sirius en profita pour glisser un oeil à son entrejambe discrètement, puis soupira de soulagement : non, ce n'était pas ça. OUUUUUUUUUUUUF ! Mais alors pourquoi se sentait-il si serré ?
« Evidemment, il y a la coupe qui va avec. » continuait Amalthée avec un petit sourire en coin. « Imagine Sirius en tenue de fille vert pomme, avec écrit dessus 'toujours pur' ! »
« PFFFFFFFFFFFFFRRRRRRRRRRTTTTTTTTTTTT ! » explosa James en se laissant tomber sur la banquette.
Les deux autres le rejoignirent dans son fou-rire, mais Sirius n'y prêtait pas attention, trop intrigué par sa soudaine compression fessière. Agacé, il essaya de s'asseoir sur le siège, mais se releva immédiatement en poussant un petit cri strident. Mais dans les éclats de rire de ses (anciens) amis, il ne se fit pas remarquer. D'ailleurs, cela ne les fit même pas bouger :
« Il ne manquerait plus que sa robe soit arc-en-ciel et il faisait totalement gay ! » s'étouffait Remus de rire.
« Ah non ! » s'exclama Amalthée, outrée. « Je veux bien que mon futur époux soit habillé en fille l'histoire d'une soirée pour faire plaisir à sa chère mère, mais pas question qu'il soit gay ! Sirius ! »
Tous les regards se tournèrent vers l'intéressé qui restait debout, comme figé. Il ne bougeait plus, le regard vide et les yeux écarquillés, l'air complètement paniqué. Les trois autres garçons arrêtèrent de rire et commencèrent à s'inquiéter lorsque après plusieurs plates excuses il ne bougeait toujours pas.
« James. » dit-il alors subitement. « Toi. Moi. Dehors. Maintenant. »
Peter, Remus, James et Amalthée échangèrent des regards inquiets, qui semblaient vouloir dire : « Et si… ? » Mais Sirius les foudroya des yeux et s'énerva totalement.
« NON JE SUIS PAS GAY PAR MERLIN ! Arrêtez avec vos bêtises sinon j'aurai plus de groupies ! James, bouge. »
Celui-ci hocha la tête et le suivit immédiatement. Sirius quitta la pièce, après avoir enfilé son immense et chaude cape alors qu'il faisait une canicule épouvantable. James le fixait comme s'il était un déséquilibré mental pouvant craquer à tout moment. Il oublia même de regarder Evans lorsqu'ils la croisèrent, se contentant de suivre Sirius dans les couloirs. Celui-ci salua les quelques élèves qu'il croisa avec un petit sourire crispé, puis Sirius entra dans un toilette, ferma la porte d'un geste brusque et lui lança un sort de discrétion.
Comme les toilettes avaient été justement conçues pour une seule et unique personne, les deux adolescents étaient collé l'un à l'autre, et Sirius avait du mal à bouger. D'ailleurs, il avait le regard de James planté dans le sien, et ne savait pas trop par où commencer.
« J'ai un problème. »
C'était certes un bon début, mais pas très constructif.
« J'avais vaguement compris. »
« J'ai le même problème que Peter en mai dernier. »
« T'as des problèmes de digestion ! » s'étonna James comme s'il n'en revenait pas que son ami puisse faire tout un toutim pour si peu.
Sirius soupira : parfois son meilleur ami était le pire des boulets. Heureusement qu'il ne cherchait pas à séduire de filles pour le moment, sinon les deux intéressés n'allaient pas être déçus du voyage.
« Je te parle du problème du dossier n°1 ! »
« Aaaaaaaaaah ! » sembla comprendre James. « T'as des dents de chien, alors ? »
« Non. » s'atterra Sirius. « Pire : j'ai une queue de chien. »
« Une queue ! Comment ça, une queue ? »
« Bah oui ! Comme les chiens, tu sais, ça remue quand ils sont contents, etc. Bah moi j'ai la même chose. »
« OH LA CHANCE ! Elle est comment ? J'peux la voir ? »
Sirius pesa le pour et le contre pendant une seconde ou deux, puis finalement hocha la tête, se retourna et baissa un peu son pantalon. Il entendit James souffler un « Waw trop bath ! » et éclater de rire lorsqu'il la remua presque malgré lui. En fait, il ne pouvait s'en empêcher, c'était comme le tic de James qui consistait à se passer irrémédiablement la main dans les cheveux.
« Comment ça se fait ? »
« Les sentiments. » grommela Sirius. « C'était ce qui était écrit dans le bouquin qu'on a piqué dans la Réserve. Quand on a de forts sentiments, l'animagus ne se retient plus. »
« Qu'est-ce qu'elle est grosse quand même ! Pff ! La mienne est toute petite ! C'est pas juste, la nature est vraiment mal faite ! »
« C'est quand même pas de ma faute si tu as choisi le cerf ! T'avais qu'à prendre un cheval ou un lion si tu voulais une grande queue ! »
James et Sirius échangèrent un regard complice, puis éclatèrent de rire. Sirius remarqua alors pour la première fois qu'il avait donné plus de raisons de laisser penser qu'il était gay en vingt minutes qu'en quinze ans. Mais ça ne changeait pas grand chose à son problème : il avait toujours une queue touffue dans le dos qui ne voulait pas partir.
« Je fais quoi, alors ? » demanda-t-il finalement.
« Bah… Faut demander à Peter comment ses dents sont parties. Je me rappelle qu'il était resté enfermé toute une semaine dans la salle commune. Mc Go l'avait collé sévère quand il était revenu parce qu'il n'avait pas de mot d'excuse ! »
Cela était-il sensé le rassurer ?
« Mais j'suppose que toi tu crains rien, elle t'aime bien. Et puis tu maîtrises mieux ta transformation non ? »
« Euh… Ouais. Faudra virer Amalthée alors parce que ça m'ennuie qu'elle me voie en Patmol. »
« Elle te verra en pire si tu veux tout savoir. Et puis faudra bien qu'elle l'apprenne un jour tu crois pas ? »
« Tu vas dévoiler à Evans le dossier n°1 des Maraudeurs ? »
« Je suis pas amoureux d'Evans. » grommela James. « C'est pas parce que j'ai quinze ans que je dois forcément tomber amoureux. Et puis c'est pas moi qui me marie dans moins de deux ans. »
« Tout doux, Cornedrue. Allez, viens, on va virer ma chère et tendre en attendant que ce petit incident se calme. »
oOoOoOo
L'année avança doucement, la vie de Poudlard semblant être l'exact contraire de celle que les gens de dehors vivaient. Si à Poudlard les élèves riaient, jouaient, et blaguaient, les adultes pleuraient, travaillaient dur et hésitaient à sortir le soir. On avait remarqué que tout le monde pouvait être un Mangemort, et certaines des plus grandes familles surprenaient en rejoignant les rangs du Seigneur des Ténèbres. Vers le milieu du mois de Décembre, un gigantesque attentat décima la famille Prewett, dont il ne resta que deux membres : Molly Weasley née Prewett qui avait accompagné son fils à l'hôpital parce qu'il avait eu l'excellente idée de se casser une jambe en enfourchant un balai, et Gustavus Prewett, son cousin qui avait décidé de rejoindre les moldus dès les premiers attentats.
Toute la communauté Sorcière observa une minute de silence en souvenir de cette famille. Ce fut l'abattement général à Poudlard. Certains commencèrent à comprendre que Voldemort ne partirait pas de si tôt, d'autres firent le compte de toutes les familles éradiquées et le nombre d'attentats perpétrés en cinq ans. Ils ne parvinrent jamais au résultat exact. Il y en avait beaucoup trop. Ils s'arrêtèrent à sept familles dont il ne restait plus aucun membre, et dix-huit attentats.
Et au milieu de cette tristesse ambiante, seuls quatre garçons ne se laissaient pas faire. Remus, Sirius, James et Peter ne laissaient pas passer une semaine sans qu'une de leur blague – plus ou moins vaseuse – ne soit faite. Les Serpentard en prenaient plein la figure, au plus grand plaisir des quatre garçons.
La plupart des élèves pensaient qu'ils n'avaient pas de problèmes : Remus parce qu'il ne faisait jamais rien pour se faire remarquer, Sirius parce que ses parents étaient riches et qu'ils étaient plutôt du côté de Voldemort, James parce que ses parents étaient ses adversaires et que ses parents étaient connus pour leur puissance, et Peter parce que de toute façon il suivait James tout le temps sans rien dire, sans se poser de questions.
Mais la plupart des élèves avait tort : les quatre garçons avaient de gros soucis. Remus était en pleine croissance, ses transformations étaient de plus en plus douloureuses, et plus aucun sorcier de Pré-au-Lard n'osait s'approcher de la Cabane Hurlante de peur que les fantômes qui étaient sensés l'habiter ne les attaquent et les tuent. Il revenait chaque lendemain de pleine lune plus blessé, plus cadavérique et plus fatigué que la fois précédente. Au mois de janvier, madame Pomfresh garda Remus une semaine pour qu'il se remette. C'était le cœur gros et plus décidés que jamais que Peter, Sirius et James avaient continué leurs entraînements pour devenir Animagus.
Ils avaient souvent quelques incidents comme celui qui s'était produit dans le train à la rentrée : un membre de l'anatomie de leur animagus faisait soudain irruption. Heureusement, la plupart du temps ils parvenaient à faire croire que c'était l'une de leurs expériences qui n'avait pas vraiment marché et qu'il fallait perfectionner. Mais James avait par exemple gardé ses sabots de Cornedrue pendant dix jours. Il avait réussi à les métamorphoser en jambes humaines pour faire bonne impression et ne pas attirer les soupçons, mais il fallait renouveler le sort toutes les deux heures, ce qui lui prenait énormément d'énergie. Il avait passé une semaine à dormir quatorze heures, faisant ses devoirs le lendemain à la dernière minute grâce à une plume à papote à qui il dictait tout ce qu'il notait dans son devoir pendant qu'il prenait son petit déjeuner ou qu'il se douchait.
Ce ne fut qu'au mois de mars qu'ils parvinrent tous les trois à se transformer en animaux à leur gré. Peter fut le dernier à y parvenir, à la fin du mois, grâce à des entraînements intensifs. Fiers comme des paons, ils se félicitèrent mutuellement de leur talent et de leur puissance puisqu'ils avaient dépassé de loin le programme des Septième Année.
« Imaginez la tête de la Mc Go si elle savait qu'on a atteint le même niveau qu'elle ! » s'exclamait Sirius en se servant une bièraubeurre.
« Surtout moi ! » renchérit Peter. Il n'était, de fait, pas le préféré de Mc Gonagall qui était toujours assez sévère avec lui.
« Ouais, mais bon, sans notre aide, Peter, tu n'y arrivais pas avant deux ou trois ans ! » le calma James qui n'aimait pas qu'on lui vole la vedette.
« Alors comment on s'organise pour la semaine prochaine ? » demanda Sirius.
« Il faut que vous attendiez que je sois transformé je pense. C'est moins risqué. »
Les Maraudeurs restèrent pendant toute l'après-midi à prévoir tous les plans possibles, ainsi que les issues si jamais un incident se produisait – pour faire plaisir à Remus qui n'était pas tranquille. Mais au fur et à mesure qu'ils avançaient dans leurs préparatifs, plus aucun incident ne fut pris en compte, Remus arrêta même d'angoisser et lorsque James proposa d'aller visiter la forêt interdite, il ne refusa pas et hocha simplement la tête en souriant.
Tout était prêt : Remus partirait comme d'habitude avec madame Pomfresh, puis une heure plus tard, Sirius, James et Peter le rejoindraient grâce à la cape d'invisibilité. Peter bloquerait le Saule Cogneur grâce à sa petite taille, Sirius et James le suivraient ensuite et ils tiendraient compagnie à Remus pendant la nuit. Si tout se passait bien, ils iraient dans la Forêt Interdite et ne rentreraient qu'à l'aube.
Lorsque le point fut fait, un ange passa. Remus avait l'air si ému que Sirius se sentit plus fier que jamais d'avoir eu l'idée de devenir animagus afin de l'aider. Ils échangèrent tous les quatre un regard indescriptible, qui disait tout l'amour qui les attachait. Un regard qui les liait à jamais. Du moins le pensaient-ils…
« De rien. » dit simplement Peter à Remus.
Celui-ci déglutit difficilement, comme si quelque chose lui obstruait la gorge, puis lui sourit avec émotion. Sirius et James commencèrent à se sentir gênés devant autant de démonstration d'amitié.
« Imaginez la tête de Dumbledore s'il savait que son petit Préfet chéri allait faire le fou dans la forêt Interdite au lieu d'être un gentil louloup ! » fit James.
« Et s'il savait que son petit Préfet chéri avait mené ses trois meilleurs amis à devenir des Animagus ! Mwahahahah ! On est vraiment brillants. On doit être les dignes successeurs de Dumbledore. Les Gryffondor sont vraiment les meilleurs ! » s'exclama Sirius.
« Je suis le meilleur. » rajouta James.
« Qui a réussi à gérer sa métamorphose le premier ? » demanda Sirius avec un petit rire goguenard. « Les Potter sont toujours seconds... » chantonna-t-il sur l'abominable petite mélodie.
Sirius avait inventé cette chansonnette lors de sa Première Année, lorsqu'il ne s'entendait pas avec James. Pour l'embêter, dès qu'il le battait dans quelque matière que ce soit, il lui chantait ces paroles sur une petite musique absolument insupportable. James frissonna en l'entendant et se transforma en Cornedrue. Il releva la tête et poussa Sirius avec ses bois encore duveteux. Sirius ne se le fit pas dire deux fois et se métamorphosa en Patmol. S'ensuivit d'une bagarre grossière et stupide qui cassa une table et abîma une armoire. Mais ça n'avait aucune importance.
Ils étaient jeunes et brillants.
Rien d'autre ne comptait.
oOoOoOo
Et puis un matin James se réveilla en sursaut et cria qu'il avait eu une révélation insupportable et vomitive. Remus et Sirius pariaient déjà sur un rêve à tendances érotiques qui démontrait l'inexplicable attirance physique que James éprouvait pour Mc Gonagall, mais la nouvelle fut presque pire :
« Je crois que… Hem… Je crois que je suis amoureux d'Evans. »
Les trois garçons éclatèrent de rire, mais bizarrement celui de Remus paraissait un peu forcé.
« James, on ne s'en rend pas compte comme ça, un matin, au réveil. C'est impossible. »
James rougit alors.
« En fait, ça fait plusieurs semaines que je pense que… Enfin, elle est canon. »
S'il aimait le genre hautaine et dictatrice, oui, elle devait être canon, mais Sirius la lui laissait avec grand plaisir. Il préférait les filles du genre Melody Dawson, ou Katie Taylor, ces jolis brins de filles de Septième et Sixième Année.
« Et alors ! C'est pas parce qu'on trouve une fille canon qu'on en est amoureux ! Encore heureux d'ailleurs, sinon je serais amoureux de beaucoup de filles. »
« Ah. Amalthée m'a dit que je l'aimais, hier soir. »
« Gneuh ? » demandèrent Remus, Sirius et Peter en même temps.
« Ben je regardais Evans aller se coucher et Amalthée s'est mise à ricaner. Je lui ai demandé ce qui n'allait pas chez elle, et elle m'a mis les faits sous le nez : j'arrête pas de penser à elle, j'arrête pas de l'énerver, j'arrête pas de la provoquer, je cherche une réaction d'après elle, et elle a réussi je ne sais pas comment à me faire cracher que ça ne me déplairait pas de l'embrasser et que passer une journée seul avec elle – elle en version gentille, hein ! – ne me rendrait pas fou de rage. »
« Les femmes ont des armes abominables. » déclara Peter en grimaçant. « Elles sont capables de comprendre des trucs que vous n'osez même pas imaginer. »
« Et elle en a déduit que j'étais amoureux d'elle, et que personne ne pouvait rien faire. Même pas moi. C'est bizarre, dans les bouquins que ma mère lit, l'amour paraît toujours magnifique et fantastique, mais dit par elle, ça a plutôt sonné comme une fatalité. Pas comme dans les bouquins en tout cas. »
« Tu as parlé à la fiancée de Sirius. » fit Remus en secouant la tête. « Pas étonnant qu'elle pense que l'amour est une fatalité. »
« Explique ? » s'intéressa Sirius.
« Bah elle est amoureuse de toi non ? »
« Non. Plus maintenant. »
« Si, elle est toujours amoureuse de toi, ses phéromones ne trompent pas. Bref. Donc elle est amoureuse de toi, elle va t'épouser, mais toi tu ne l'épouses que par obligation et tu ne comptes pas lui rester fidèle. C'est un truc assez pervers. Tu m'étonnes qu'elle ne croie pas à l'amour. Elle est simplement frustrée. »
« Amalthée est toujours amoureuse de moi ! Mais… Elle m'a dit que non ! » s'apitoya Sirius.
« On dit que les vraies femmes mentent comme elles respirent. » fit Peter. « Au moins on t'a pas dupé sur la marchandise. »
« AAAAAAAAAAAAAH ! » cria Sirius. « MAIS JE VEUX PAAAAAAAAS ! »
« Tu veux pas quoi ? »
« Que ma fiancée soit amoureuse de moi ! »
« Bah y paraît que ça se commande pas. » grommela Remus comme s'il en savait quelque chose.
« Et pour mon problème ? » demanda James, vexé qu'on ne s'intéresse plus à lui.
« Quel problème ? » soupira Remus.
« Bah mon soudain intérêt pour la personne d'Evans ! Je fais quoi moi ? »
« Tu la coinces dans un coin et tu l'embrasses. Si elle te frappe elle veut pas de toi, si elle répond, tu es heureux et tu l'épouses. » plaisanta Sirius.
« Ca marche ? »
Personne ne répondit car Sirius s'était retourné violemment vers Remus.
« Et pour MON problème ? »
« Quel problème ? »
« Ma fiancée amoureuse de moi ! »
« Tu laisses couler ! » s'énerva Remus. « Qu'est-ce que tu veux faire ? »
« Bah… »
« Lui dire ne servirait à rien ça la blesserait et tu perdrais tout ce que tu avais. Mais tu peux y gagner si tu te tais. Ne change rien. »
« Mais c'est encore plus pervers qu'avant ! »
« Oh vous m'énervez j'en sais rien je suis pas une fille ! Je suis fatigué, je vous rappelle que demain c'est la pleine lune. »
« Remus, c'est le matin ! » protesta Peter.
Remus le fixa et soupira.
« Alors j'ai faim. On va manger. »
La journée fut la plus longue jamais vécue par les Maraudeurs : James lorgnait sur Evans avec un air détruit, Sirius s'était remis à éviter Amalthée qui le regardait bizarrement, Remus grommelait à tout bout de champ qu'il en avait marre de traîner avec des handicapés des filles, et Peter soupirait parce que ses amis ne faisaient rien.
oOoOoOo
Et pourtant, James accepta manifestement très facilement ses sentiments pour Evans car le lendemain, il rentra l'air penaud dans le dortoir, la mine abattue. Cela inquiéta plus particulièrement ses amis lorsqu'il s'affala sur son lit en fermant ses rideaux. Les trois garçons échangèrent un regard interdit puis se jetèrent sur le lit de James.
« Qu'est-ce que tu as ? » attaqua Sirius.
« Evans m'aime pas. »
Rien de neuf sous le ciel magique de Poudlard, quoi.
« Oui, et sinon ? »
« Bah … Moi je l'aime. »
Oui, mais pourquoi il dépérissait comme ça, ce n'était pas neuf, si ?
« Mais encore ? »
« EH BEN C'EST DEJA SUFFISANT NON ! » s'énerva James.
« Ben oui mais c'est pas nouveau, pourquoi ça te rend triste comme ça ? »
« Bah parce que je pensais que… Enfin… Derrière ses airs de pas y toucher elle m'aimait bien… Et que, quand je l'embrasserais, ben… Elle répondrait à mon baiser, et on pourrait sortir ensemble. Voilà. »
La phrase mit un moment à rentrer dans l'esprit de tous : est-ce que James était en train de dire qu'il avait embrassé Evans et qu'elle l'avait repoussé ? Peter sembla être le premier à comprendre.
« T'as pas fait ça quand même ! »
« Fait quoi ? »
« Embrassé Evans ! »
« C'est Sirius qui me l'a dit hier ! »
Hein ! Mais qu'est-ce qu'il venait faire là-dedans ?
« J'ai jamais dit ça ! »
« Si ! Tu m'as dit que si je l'embrassais je serais fixé : soit elle me repoussait, soit pas. Et ça me donnerait une idée du résultat. »
« Mais je plaisantais ! » s'aberra Sirius.
« James, la règle n°1 avec les filles, c'est de jamais les embrasser quand t'es pas sûr à cent pour cent qu'elles te repousseront pas. »
« Non, ça c'est une règle de gonzesse, Peter. » répondit Sirius. « C'est très amusant d'embrasser les filles sans leur demander la permission, parce qu'on a toujours de bonnes surprises. »
« Ah ? Lesquelles ? » demanda Remus, l'air intéressé.
« Ben… Par exemple, tu te rends compte en les draguant que tu pètes la classe et qu'elles ne refuseraient pas de passer la soirée avec toi… Ou alors elles te giflent, et c'est encore plus amusant parce qu'on peut leur courir après sans vergogne. »
« C'est masochiste comme comportement. Et stupide, aussi, mais avec toi… »
« Ben… Ca marche en tout cas. »
« Pourquoi pas avec moiiiiiiiiiiiii ? » pleurnicha James en enfonçant sa tête dans ses oreillers.
« Ben… Manifestement parce que tu es nul. »
« Pourtant j'ai été hyper mignon ! Je lui ai dit que je devais lui parler, je lui ai offert mon bras, et je l'ai emmenée dans une salle de Métamorphose. Elle a commencé à m'insulter, alors comme j'arrivais plus à m'entendre réfléchir à la façon dont je devais m'y prendre j'ai décidé d'appliquer ta méthode, et le moins qu'on puisse dire c'est que ça n'a pas fonctionné. Au début elle a pas réagi alors j'ai continué, puis d'un coup elle m'a repoussé et m'a collé une gifle monumentale en me demandant de son ton hyper cassant, tu sais, « C'EST QUOI TON PROBLEME POTTER ? ». Puis elle est partie en s'essuyant la bouche. Alors j'en ai conclu qu'elle m'aimait vraiment pas beaucoup. »
Les trois autres Maraudeurs le regardèrent, interdits, comme pas sûrs de la réaction à avoir. Puis finalement, Sirius éclata et partit dans un fou-rire inextinguible : il n'y avait vraiment que lui pour tomber amoureux d'une fille qui le haïssait et surtout pour s'y prendre aussi mal ! Remus avait l'air assez gêné pour James, Peter regardait Sirius s'effondrer de soubresauts et James darder sur Sirius un regard noir, genre « tu trouves ça drôle ? », l'air particulièrement vexé. Sirius tenta de reprendre contenance.
« T'embrasses si mal que ça ? » demanda Peter.
Sirius ne put se retenir et explosa de nouveau de rire. James foudroya le pauvre Peter du regard. Celui-ci comprit qu'il avait dit une bêtise.
« Nan. C'est Evans qui est frigide. » grommela-t-il. « Mais je fais quoi, moi ! »
« J'en sais rien. » fit Remus.
« Sirius tu ferais quoi ? »
« Je tomberais jamais amoureux d'une fille qui me hait. »
« SIRIUUUUUUUUS ! » chouina James. « Aide-moi ! »
« Bah… Lâche pas chuppose. »
« Je dois continuer ? »
Il repensa à ce que lui avait dit Amalthée : « Règle n°17 : une fille aime quand un garçon fait tout pour l'avoir. Ça l'attendrit et ça peut la séduire ». La règle n°1 était que toutes les filles étaient différentes et que toutes les règles ne s'appliquaient pas à toutes les filles. Donc cette règle pouvait certainement ne pas s'appliquer sur Evans. Pour une fois que les conseils d'Amalthée allaient lui servir – quoique d'une manière un peu étrange.
« Chuppose, oui. On m'a dit que ça les attendrissait et que ça les séduisait, les mecs qui savaient ce qu'ils voulaient. »
« Et je m'y prends comment ? »
« Beeeeeeeen… »
« Je peux la provoquer ? Lui déclarer ma flamme en public ? Lui offrir des cadeaux ? » s'enthousiasma James.
Ca lui paraissait un peu XVIIIème siècle, mais si ça pouvait lui faire plaisir et le rassurer. Ce n'était qu'une passade de toute façon, alors bon il pouvait bien faire ce qu'il voulait. Il haussa les épaules, James le prit pour un oui, et sautilla dans toute la chambre comme un gamin hyperactif. Remus et Sirius échangèrent un regard presque piteux. Vu comme c'était parti, le couple Evans/Potter n'allait pas être triste.
FIN DE LA SIXIEME PARTIE
Note de Wam2 : En relisant ce chapitre, je me suis fait la réflexion qu'il n'était (vraiment) pas terrible. Mais rassurez-vous, le chapitre suivant est mieux. D'ailleurs, il sera posté mercredi prochain au plus tôt, le samedi suivant au plus tard. Comme ce sera les vacances, ce sera beaucoup plus simple. Voilà !
Réponses aux reviews :
Lowrana : Mais non James n'est pas méchant, voyons ! Il est juste... Peu compatissant, lol. Je sais pas vraiment si ça valait le coup d'attendre pour un chapitre pareil. Mais la Sixième Année est mieux, si ça peut aider...
Puce : Euh, tu trouves qu'Amalthée a pas l'air à l'aise ? Si Vincent avait hyper peur de toi, et que tu apprenais que tu devais l'épouser impérativement, tu serais comment, à ton avis ? Bon à partsauter dans tous les sens pour manifester ta joie ? Enfin, j'ai essayer de calquer sa réaction d'un point de vue logique. En plus, y a de quoi être mal à l'aise d'apprendre que tes parents t'obligent à te marier, après avoir eu une visite surpris des potes de Voldy. Non ? Ecrire toutes les conneries que dit la prof de philo serait trop long, je pense. M'enfin on pourrait choper des perles. Moi j'ai décidé que pendant le marathon Veronica Mars qu'on se fera pendant les vacances, je prendrai en note toutes les répliques les plus drôles de Logan et j'en ferai un top 10. Et peut-être pareil pour Keith. On verra! Bisouuuuuuuuuuuus !
Kamala1 : Toujours pas de thèse pour cette fois ? Pff ! Feignasse ! Putain, t'as 17 heures de cours par semaine ? Je veux aller à la faaaaaaaaac ! Moi j'en ai plus de 30, je crois (va compter sur son emploi du temps) J'en ai 33. Presque le double de toi ! (beuuh) Sirius a énormément d'amour propre, et ça va se ressentir par la suite. Mais surtout, Sirius est un p'tit con. Mais c'est mon p'tit con à moi !
Violette : Je crois que tu as loupé un petit épisode, Vio : la partie 4, est précisément le chapitre où il y a le rapprochement de Remus et des trois autres crétins. C'est sûr que si tu l'as loupé, ça pose problème dans la lecture des chapitres suivants, mais bon, ce n'est pas essentiel. Vi, Sirius et Amalthée sont débiles. Mais ils sont mignons quand même. Marchi de te savoir au rendez-vous !
Babar : Le tome 6 est très bien ! Moi je l'aime bien ! Vive Rooooooooogue ! Rogue Roxors ! (hem) Euh... Que voulais-je dire ? Tu joues aux cartes ? on a le temps de jouer aux cartes en prépa ? Voilà précisément pourquoi je veux faire une fac et pas une prépa l'année prochaine. Quelle horreur, les prépas. Bon courage à toi en tout cas !
Ladybird : T'inquiète pas, tout le long de la Cinquième Année, et une bonne partie de la Sixième les Maraudeurs sont liés. Mais je te rappelle que Sirius fait une connerie avec Rogue et Remus, en Sixième Année, et dans ma fic, ce ne sera pas sans conséquences (du tout). ... Où est-ce que tu as vu un slash Sirius/Remus ? (grosse inquiétude). Il n'y a pas de slash Sirius/Remus dans cette fic ! Certainement pas! M'est avis que le slash n'a rien à faire dans Harry Potter, mais je comprends et respecte les auteurs de ce genre de fics. Seulement moi c'est pas du tout mon truc. Amalthée et Sirius ? Les histoires de coeur de Sirius sont déjà prévues. Tu verras bien si tu as raison ou pas. M'enfin ça ne prendra pas une place énorme dans la fic, par contre.
Tilise : Personnellement, j'ai à peine reçu mon tome 6 que je l'ai prêté à une copine. Moi je me suis contentée de regarder les abominables traductions telles que "pousse-Rikiki", "Fleurk" et autres horreurs qui m'ont horrifiée et qui ne m'ont pas fait regretter énormément de le lâcher pendant... 2 semaines. Ca me fait penser qu'il faut que je la harcèle pour le récupérer, tu me donnes envie de lire la fin, là. Moi je trouve que justement, on a l'impression que Rogue est un énorme connard. Il m'a fallu pas mal de temps avant de réaliser qu'il n'était peut-être pas un salaud intégral. M'enfin on verra dans deux ans, lorsque le tome 7 sera terminé. Donc ne t'inquiète pas, on a le temps d'ébaucher pas mal de théories !
Lazoule : C'est gentil de t'acharner pour me laisser un petit mot ! Le poème... Je trouve qu'il n'y a absolument rien de pire que de disséquer un poème, personnellement. Ca ruine toute la beauté de l'oeuvre. Dommage que ce soit quasiment indispensable pour bien saisir tout ce que veulent faire passer les auteurs. M'enfin je n'irai pas jusqu'à dire que mes poèmes méritent un tel traitement. Oué, la scène Remus/Pomfresh n'a pas plu à ma relectrice non plus. Mais je suis partie du principe que Remus était malgré tout un cas à part : combien d'infirmières d'école ont dû s'occuper d'enfants loup-garous ? Pomfresh reste une humaine, elle a forcément été touchée, et Remus vient d'arriver à Poudlard dans ce chapitre (bon, depuis quelques mois certes, mais tout de même). Elle est un peu comme lui. J'ai pas mal hésité avant de faire ce chapitre. Je ne savais pas si je devais le faire du POV de Sirius, d'un point de vue plus général, voire plus Remusien. Mais je suis restée sur Sirius car je me l'étais promis. Seulement tu remarqueras que Remus ne parle pas de sa morsure à ses amis. Il ne leur dit pas non plus depuis combien de temps il est un loup-garou, etc. Dans ma tête, Remus s'est fait mordre très peu de temps avant d'être intégré à Poudlard, et il n'a pas encore eu tout à fait le temps de se rendre compte de ce qui se passe, tu comprends ? Evidemment, dans les autres scènes Pomfresh/Remus, leur relation n'est pas du tout la même : Remus a eu le temps de "digérer" voire d'accepter son sort, et de là d'en tirer un certain recul. Il n'est plus le petit garçon qui ne comprenait pas et qui avait besoin qu'on l'aime/l'aide. Est-ce que c'est plus clair ? Sinon, pour mon sujet de philo... Non, je suis pas une Kant 2.0. Je suis plutôt une psychologue de bas étage qui pense à des trucs débiles quand elle s'ennuie (c'est à dire souvent).
Voilà ! C'est tout pour aujourd'hui ! A mercredi/samedi prochain alors ! Byouuuuuuu !
