Bon, voilà, un bon petit chapitre de presque 4000 mots ! Joyeux Noël, tout ça ! Le prochain chapitre sortira dimanche, autant vous dire que je le fais à intervalles rapprochés ! Et pour la nouvelle année, je vous promet un hors-série du PDV de Minho de plus de dix pages ! Je me suis vraiment explosée pour ça, alors j'espère qu'il vous plaira ! Bref, la suite de l'amitié Newt/Teresa, que heureusement, vous avez toutes semblé apprécier ! Leur proximité me tient vraiment à cœur, alors je suis contente que ça vous plaise !


_ PUTAIN DE BORDEL DE MERDE ÇA FAIT TROP MAL-EUH !

Teresa était assise dans son fauteuil, et mangeait une barre de céréales en retenant un fou rire. Newt lui lança un regard noir :

_ Je t'emmerde, Teresa. T'as peut-être des doigts de fée et t'a peut-être réussi à extraire une balle de mon crâne, mais t'es incapable de forcer cette foutue serrure.

Le jeune homme se massait l'épaule droite, avec laquelle il avait essayé d'enfoncer la porte.

_ Cette porte est en béton armé, Blondinet, rétorqua-t-elle en croquant une nouvelle fois dans sa barre de céréales. Alors je te souhaite bonne chance.

_ T'aurais pas pu me dire ça plutôt ? maugréa Newt. Je crois que que je me suis pété tous les os de l'épaule.

_ Mouais, lâcha Teresa, peu convaincue. Tu hurlerais plus que ça, si c'était le cas.

Newt abandonna son énième tentative de sortie, et revint s'adosser contre le rebord de la fenêtre.

_ Y a des draps de rechange ? Demanda-t-il, en se retournant tout à coup, pris par une idée soudaine.

_ Euh… oui, répondit Teresa, sans comprendre. Pourquoi ?

_ Ils sont solides ?

_ Oui, répéta la jeune femme. Aussi solides que des draps classiques, quoi, ajouta-t-elle, ironique.

_ Assez solides pour qu'on puisse se suspendre avec ?

Comprenant enfin, le visage de Teresa s'éclaira, avant de s'assombrir :

_ Sixième étage. Ça m'étonnerait que ce soit possible.

_ On peut tenter le coup ! Si ça va jusqu'en bas, on pourra descendre tous les deux et…

La voix de Newt s'interrompit quand son regard se posa sur les jambes de Teresa. Elle ne pourrait pas descendre elle était incapable de se lever, alors faire un exercice d'escalade complexe où ils allaient tous les deux risquer leur vie, certainement pas.

Teresa baissa à son tour les yeux vers ses jambes, et ébaucha un sourire :

_ T'as raison… On peut faire ça.

_ Mais, protesta Newt.

C'était le monde à l'envers : depuis une semaine, il proposait des solutions, et elle les contrait. Et maintenant qu'il avait trouvé une solution qui ne serait pas viable pour elle, elle approuvait ? Elle était suicidaire ou quoi ?

_ Tous les agents de WICKED se sont barrés, mais la porte d'entrée de l'hôpital doit être restée ouverte. Tu descends, tu rentres dans le bâtiment, tu trouves les clés de notre chambre, et tu viens me chercher. Qu'est-ce que tu en penses ?

_ Mais si elle n'est pas ouverte ? objecta Newt, un peu inquiet.

_ Elle le sera, assura Teresa en haussant les épaules.

_ J'aurais du mal à remonter si ce n'est pas le cas.

Elle sourit et, posant sa main sur son épaule, lâcha calmement :

_ La porte sera ouverte, Newt. Ok ?

Il hésita quelques instants, et se tourna à nouveau vers la fenêtre pour essayer d'évaluer la distance. Quand il se retourna vers Teresa, la jeune femme avait avancé son fauteuil jusqu'à l'armoire, et sortait les draps.

En moins de temps qu'il en faut pour le dire, les draps étaient attachés entre eux. Quand ils le lancèrent par la fenêtre, Teresa comme Newt grimacèrent en voyant que ça ne touchait pas le sol.

_ On devrait utiliser les draps sales, proposa-t-il.

Miraculeusement, leur corde improvisée toucha presque le sol après ça. Suffisamment pour que Newt puisse sauter sans craindre de se blesser.

_ Ça ira ? s'inquiéta Teresa, alors qu'il passait par dessus le rebord de la fenêtre.

Il acquiesça, déjà concentré, ses mains crispées sur le drap.

_ Tu es sûr ? Tu n'es sorti du coma qu'il y a une semaine.

Et depuis, il faisait tous les étirements possibles et imaginables, déterminé à ne pas laisser cinq ans atrophier ses muscles. Il n'avait peut-être pas tout rattrapé de sa condition physique de l'époque où il était coureur, mais il y arriverait, malgré sa jambe qui le faisait perpétuellement souffrir depuis qu'il était réveillé.

_ Ça ira, miss Doigts-de-Fée, grogna-t-il, en enroulant le drap autour de son pied, descendant lentement.

Elle resta quelques instants silencieuse, à le regarder, mais Newt n'y fit plus attention, concentré sur sa tâche.

Tous ses muscles étaient bandés, ses paumes étaient moites. Il posa l'un de ses pieds en appui contre la fenêtre du cinquième étage, et en profita pour observer l'intérieur. Il faillit vomir sous le choc : un corps mutilé étendu dans un lit, ensanglanté. L'une de ses mains dérapa, mais il se rattrapa rapidement. C'était un corps humain, pas l'un de ceux tués par Braise. Et aux yeux de Newt, ça paraissait tout changer.

Il ferma les yeux quelques instants, avant de se remettre à sa tâche, son regard se dirigeant vers le sol.

En passant devant le quatrième étage, il hésita, puis prit le parti de ne pas regarder, trop apeuré. Il devait juste descendre, puis aller chercher Teresa. Et, ensemble, ils rejoindraient Thomas, Minho et tous les autres.

Facile.

Allez, il y était presque.

Il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil devant le troisième étage. De nouveaux corps, amaigris. Il grimaça. Ceux-là devaient être morts de faim.

Il inspira pour retrouver son calme. La dernière fois où il avait été véritablement calme avant son coma remontait à longtemps. Il se rappelait des Épreuves qui avaient suivies le Labyrinthe… Il était tout le temps en colère, à cette époque-là, sans pouvoir mettre un nom sur cette colère. Et quand Janson avait commencé à expliquer, il avait compris. Cette rage, elle s'appelait Braise, et elle lui rongeait le cerveau.

Il se demanda si Thomas le savait, avant le Labyrinthe. Peut-être bien, après tout.

Il faudrait qu'il demande à Teresa. Si lui le savait, elle le saurait aussi.

Cela dit, au fond, avait-il vraiment envie de savoir ?

Les muscles de sa jambe blessée se rappelèrent à son bon souvenir et le firent quitter ses pensées sombres.

Non, il ne voulait pas savoir si Thomas savait qu'il était un cadavre sur pattes quand il l'avait rencontré.

Étrangement, à cette pensée, il ne ressentit aucune colère. Ce fut véritablement à ce moment-là qu'il s'aperçut que l'influence néfaste de Braise avait quitté son esprit. Il se sentait d'un calme olympien, ce calme qu'il n'avait plus ressenti à partir du moment où ils avaient quitté le Labyrinthe pour les bâtiments de WICKED.

Sans pouvoir retenir un sourire extatique, il se laissa glisser plus rapidement, ne tressaillant même pas en voyant de nouveaux cadavres au deuxième étage. Il se sentait dans une transe bienheureuse. Il ne put empêcher son estomac de gargouiller en voyant une espèce de machine électronique, qu'il n'avait jamais vu avant, mais que son esprit analysa comme étant un distributeur automatique, proposant des goûters et des boissons chaudes.

Et sa bulle de bonheur vola en éclat quand il vit quelque chose chuter juste à côté de lui. Un sac. Un gros sac. Immédiatement, il releva les yeux pour voir qui avait pu le lancer, et tout ce qu'il put apercevoir, ce fut l'ombre de quelqu'un au sixième étage. Teresa, sans doute. Inquiet, il cria :

_ Tout va bien, Teresa ?

La voix de la jeune femme lui parvint, rauque, un peu cassée, comme si elle pleurait :

_ Ouais, ouais, t'inquiète. Descends, Newt !

_ Et le sac ?

Sa voix portait dans le silence du désert, et il était certain qu'elle l'avait entendu, pourtant elle mit quelques instants à répondre :

_ Je sais pas ce que j'aurais fait sans toi, Newt, ok ? Alors merci… Et j'espère que… Thomas m'aura pardonnée, d'accord… ?

Newt crut qu'il s'étouffait, et sous le choc, lâcha la corde improvisée et se laissa tomber au sol. Il se releva aussitôt : le sable était brûlant ! Il avisa le sac, et l'ouvrit. De la nourriture, deux slips propres (merci, Teresa), et des allumettes.

Mais qu'est-ce que ça voulait dire ? Elle n'avait pas l'intention de le suivre ? Il n'y avait pas d'affaires pour elle !

Sans pouvoir s'en empêcher, il se rappela de sa trahison. La façon dont elle avait choisi WICKED malgré Thomas… Mais c'était différent, à présent. Teresa avait changé. Une traîtresse n'aurait pas passé cinq ans à veiller sur lui.

En fronçant les sourcils, ne comprenant définitivement pas ce que voulait Teresa, il se tourna vers l'entrée de l'hôpital… Fermée.

Tagué, en rouge, sur la porte en verre « bâtiment infecté par Braise »

Bordel, bordel, bordel.

Et à tous les coups, Teresa… le savait.

Il se serait tapé la tête contre le mur : évidemment que Teresa savait… La jeune femme ne lui avait pas balancé un sac pour rien… Elle ne voulait pas venir avec lui… Elle… Elle ne pouvait pas. Pas en fauteuil roulant…

Teresa lui avait simplement donné plus de chances de vivre et de retrouver Thomas.

Et puis, si c'était ce qu'elle voulait, il aurait du lui obéir, non… ?

Il jura : il ne pouvait pas la laisser ! Teresa était la seule personne qu'il connaissait, et il n'avait aucune intention de se lancer seul dans le désert sans même savoir où aller.

Il sauta pour attraper la corde, et grimaça : ses bras l'avaient aussitôt brûlé… Déjà épuisé… Bordel de merde. Il ne pouvait pas laisser Teresa, et il ne pouvait pas se laisser tomber, alors…

En soupirant, il commença à remonter, tout son corps rapidement endolori. Il avait cru avoir du mal en descendant ? Très drôle. C'était comme comparer l'Épreuve du Labyrinthe à celle de la Terre Brûlée. Ou à Braise, tiens. En bref, rien du tout.

Il était à peine au premier étage quand sa jambe blessée le lâcha. Il dérapa en grognant, des larmes de douleur sur ses joues.

_ Bordel, Teresa, jura-t-il pour lui-même. Tu fais chier…

La suite et la fin de la montée se passa dans un brouillard de douleur, d'épuisement et de détermination. Newt n'avait aucune intention de laisser Teresa seule. Les cadavres qu'il avait vu dans les chambres lui revinrent à l'esprit, et il redoubla d'efforts.

_ BORDEL DE MERDE ! aboya-t-il en s'écroulant à l'intérieur de la chambre.

Il s'effondra par terre, les bras en croix, déterminé à ne plus jamais se lever. Sa jambe le faisait souffrir encore plus que le reste de son corps.

_ Newt ?! s'étouffa Teresa, tentant d'essuyer – pas assez rapidement – les larmes sur ses joues.

_ Teresa, tu fais chier ! s'exclama-t-il en fermant les yeux. C'était quoi ton putain de problème ?! T'es pas une héroïne, ok ?

Il rouvrit les yeux pour fusiller la jeune femme du regard.

_ J'ai simplement plus de cervelle que toi, tocard ! rétorqua-t-elle. Après, tu comptes faire quoi ?! Me pousser en fauteuil roulant ? DANS UN DÉSERT ?!

Ok. Il n'avait pas réfléchi à ça. Elle était plus maligne, il fallait l'avouer. Mais ça ne voulait pas dire qu'il pouvait abandonner Teresa, évidemment !

_ On trouvera un moyen, affirma-t-il.

_ Mais oui, répondit-elle, moqueuse. Tu vas me porter tout le trajet, c'est ça ?

_ S'il le faut !

Il était catégorique. Il la porterait ! Quand il arriverait à se relever, bien sûr…

_ Newt, écoute… commença-t-elle.

_ Non, toi, Teresa, écoute, coupa-t-il. À partir de maintenant, on va faire un truc : tu vas arrêter de jouer les héroïnes sacrifiées, et je ferais de même ! Ce sera nous ou rien, d'accord ? On retrouvera tout ces tocards ensemble !

Teresa soupira longuement avant d'acquiescer à contrecœur.


_ Tu sais que tu vas nous tuer tous les deux ? murmura Teresa d'une voix tremblante à l'oreille de Newt.

_ Au moins ce sera tous les deux, rétorqua Newt d'une voix moqueuse, même s'il n'en menait pas large. Ensemble, hein ?

Il resserra le nœud de la chemise de nuit qui liait les chevilles de Teresa autour de ses hanches, afin d'être certain qu'elle ne tomberait pas.

_ Ça va, ton bassin ? demanda-t-il.

Elle acquiesça, et ses bras se resserrèrent autour des épaules de Newt :

_ D'après ce que je peux voir, il est collé contre ton dos, répondit-elle.

Newt voulut rassurer Teresa en lui tapotant calmement la cuisse, et se rappela que c'était inutile, elle ne sentait rien à ce niveau-là.

Il entortilla ses mains dans le tissu plus si blanc, et passa par dessus le rebord de la fenêtre, son précieux fardeau ficelé contre son dos. Il sentait le ventre et la poitrine de la jeune fille trembler, mais ne dit rien, trop occupé à concentrer tous ses efforts dans la descente. Bordel, il n'avait pas fait le moindre sport pendant cinq ans, et il se tapait une descente et une montée de six étages, accroché à une corde faite en drap, et une troisième descente avec Teresa sur le dos, au sens le plus propre du terme.

Il ne lui fit pas remarquer que ses ongles lui griffaient les épaules jusqu'au sang, il était trop occupé à s'apercevoir à quel point son plan était débile et le nombre de manières dont lui et Teresa pourraient mourir d'ici à l'arrivée au sol.

Ses mains le brûlaient, et il pouvait presque sentir les cloques se former sur ses paumes. De plus, le Soleil brûlant commençait à chauffer contre son crâne, et il grimaça à l'apparition d'une migraine qui promettait d'être très douloureuse.

_ Ne regarde pas par les fenêtres, ordonna-t-il à Teresa, qui ne put s'empêcher de lu désobéir.

Elle sursauter, et surprit Newt, dont la main dérapa. Son cœur battant bien trop vite, il se rattrapa, et tourna la tête pour lui lancer un regard noir :

_ Doigts-de-Fée, peut-être, mais jambes de plombs et même pas de cervelle, hein ?

_ Désolée, marmonna-t-elle. En plus, je le savais… T'étais dans un de ces étages, avant…

Ils grimacèrent en chœur, et Newt reprit la descente. Ses mouvements se faisaient mécaniques, et il passait outre la douleur, comme un bon petit soldat.

Teresa ne lui avait pourtant rien demandé. Sans le vouloir, il maudit sa galanterie, puis se rappela qu'il aurait sans doute une longue marche à faire, et qu'il préférait porter la jeune femme que de la faire seul.

Tout à coup, il sentit Teresa se raidir contre lui. Il sortit de ses pensées et demanda :

_ Teresa ?

_ T'as entendu ?

_ Entendu quoi ?

_ Chhht !

Il se figea, et écouta. C'était un bruit étrange, comme un… Dans un même mouvement, ils levèrent la tête. Le drap se déchirait petit à petit.

_ Bordel de merde ! s'exclama Newt en recommençant à descendre plus rapidement.

Quatrième étage. Sans comprendre ce qui se passait, Newt et Teresa se retrouvèrent soudain un bon mètre plus bas. Alarmé, le jeune homme tenta d'accélérer malgré sa jambe qui partait plus fréquemment à côté du drap qu'au bon endroit.

Troisième étage. Second étage. Premier étage.

_ Saute ! cria Teresa.

_ Quoi ? Mais pourquoi ?

_ Il va se déchirer ! Si tu sautes, tu as moins de chances de te faire mal qu'en tombant !

Newt n'hésita pas. Sur les probabilités et les mathématiques, il lui faisait confiance.

Il lâcha le drap, en se disant que le pire qu'il risquait à cette hauteur, c'était une jambe cassée. Oui, une jambe cassée, ce serait génial, seul dans le désert à la merci des fondus, avec une handicapée et deux semaines de nourriture.

Il tomba sur le dos… Enfin, techniquement, Teresa accrochée à lui, tomba sur le dos en criant.

_ Bordel de merde !

_ Ça va ?!

Newt tenta de se dépêtrer du tissu avec lequel il avait attaché Teresa à lui, et quand ils furent enfin détachés, il s'écarta. Elle était allongée sur le dos, les jambes écartées et les cheveux en éventail. Ses joues étaient rouges, et elle haletait. Sans pouvoir s'en empêcher, voyant bien qu'elle était juste sous le choc – lui aussi l'était, d'ailleurs – Newt rit.

_ Qu'est-ce qui te fait rire ? demanda-t-elle en reprenant son souffle.

_ Tu ressembles à une actrice de porno, comme ça, répondit-il enfin.

Elle tenta de se redresser en lui jetant un regard noir :

_ Trouduc !

Il ne put s'empêcher de rire plus fort. C'était vrai, elle avait vraiment l'air… offerte. Vulnérable. Immédiatement, il cessa de rire. Bordel, dans le désert, Teresa était à la merci de n'importe quel fondu, ou même un quelconque taré. Incapable de fuir.

Il hésita, et changea de sujet. S'allongeant à côté d'elle, il lâcha :

_ Ma jambe blessée est en compote.

_ On part demain ? ironisa-t-elle.

Il sourit, d'un air forcé, la pensée d'une Teresa vulnérable dans la Terre Brûlée lui ayant coupé toute envie de rire, et se redressa :

_ Certainement pas. On prend ce qui est indispensable dans le sac, et on se barre. On a toute la planète à explorer, Teresa.


Newt était épuisé. En fait, il avait l'impression d'être toujours épuisé depuis qu'il s'était réveillé, une semaine plus tôt. Teresa, pourtant un poids plume, lui faisait l'effet d'un énorme rocher sur le dos. Elle dormait comme une enfant, sa tête posée sur l'épaule du blond. Elle lui avait proposé de s'arrêter, pour qu'il puisse se reposer, mais il avait refusé. Il voulait mettre le plus de distance possible entre l'ex-bâtiment abandonné du WICKED et eux, et il ne s'arrêterait pas tant qu'il tenait sur ses deux jambes.

Le soleil frappait fort contre son crâne, et sa migraine s'amplifiait d'heure en heure.

_ Allez, murmura-t-il pour lui-même. Allez, Tommy… J'arrive… Je te le promets…

Il sut qu'il était véritablement épuisé, et sans doute un peu défoncé par la chaleur, quand l'intéressé se mit à marcher à côté de lui, souriant d'un air narquois :

_ Ça je sais, Newtie. Je n'attends que toi.

Des hallucinations. Il savait que c'était des hallucinations. Néanmoins, il ne put s'empêcher de sourire à Thomas.

_ Ah oui, vraiment ?

_ Ça a toujours été toi, Newt. Depuis plus de sept ans… C'est presque un tiers de ma vie… On peut dire que ça fait un bail, non ?

_ Ouais, grommela Newt en rosissant, je crois qu'on peut dire que ça fait un bail…

_ Et toi ? Qu'est-ce que tu ressens ?

_ Moi aussi je suis amoureux de toi, tocard, avoua le blond, rougissant franchement cette fois.

_ À qui tu parles, Newt ? marmonna Teresa, endormie, son souffle brûlant dans le cou du jeune homme.

Newt cligna des yeux, et s'arrêta un instant, confus. Personne. Une fois de plus.

_ Bordel, maugréa-t-il pour lui-même.

Thomas n'était pas là. Thomas n'avait jamais été là. Il devenait taré. Dire qu'il savait que son ami n'était pas réellement là ! Il le savait, et parlait à une hallucination !

Teresa se redressa contre lui, et ses bras se resserrèrent autour des épaules de Newt :

_ Newt, ça fait des heures que tu marches. Tu devrais faire une pause.

_ Non, répondit-il d'une voix ferme.

_ Newt…

Elle soupira, et posa son menton sur l'épaule du blond, pressant sa joue contre la sienne.

_ S'il te plaît, ajouta-t-elle doucement.

Il ferma les yeux quelques instants, inspira et expira lentement, avant de rouvrir les yeux et de se remettre à marcher.

_ C'est bon, Teresa.

_ Ne me prends pas pour une idiote, murmura-t-elle d'une voix douce qui résonna dans le silence du désert. Tu parlais à Thomas, Newt. Je le sais…

Il baissa les yeux, fusillant le sable brûlant comme s'il était la cause de tous ses problèmes.

_ Je vais bien, assura-t-il, et c'était un mensonge. Je vais bien, Teresa.

Elle l'embrassa doucement sur la joue, et se recula, le faisant vaciller. Le moindre des mouvements de Teresa lui donnait l'impression qu'un tremblement de terre secouait tout son corps. Et la jeune femme avait un sac sur le dos, tandis que lui en portait un à l'envers, qui frottait contre son ventre. Peut-être, après réflexion, qu'il avait des raisons d'être épuisé.

Encore une heure, pensa-t-il. Il devait tenir encore une heure, et après, il s'arrêterait…

Encore une…

Newt trébucha, et tomba en avant. Effondré sur le ventre, le sac l'empêchant de toucher totalement le sol, avec Teresa sur le dos, ils devaient vraiment avoir l'air ridicules.

Incapable de se relever, Newt détacha les draps qui maintenaient Teresa attachée à lui, et la laissa tomber dans le sable. Allongée sur le côté, elle lui sourit d'un air moqueur :

_ On fait une pause, finalement ?

_ Marre-toi, grogna-t-il en s'effondrant sur le dos. Une demie-heure… Je dors une demie-heure et on repart.

Sans même prendre le temps de vérifier que tout allait bien, Newt ferma les yeux, et sombra immédiatement dans le sommeil.


Newt fut réveillé par le froid et le bruit. Sans ouvrir les yeux, il se recroquevilla sur lui-même, espérant pouvoir se rendormir rapidement. Ce ne fut que quand un drap se posa sur son corps qu'il leva les paupières, pour croiser les prunelles bleues de Teresa. Des prunelles bleues qu'il pouvait à peine apercevoir dans la nuit.

DANS LA NUIT ?!

Newt se redressa brusquement, observant le paysage sombre.

_ Ça fait combien de temps que je dors ? demanda-t-il.

_ J'en sais rien, avoua Teresa. J'ai un peu somnolé, mais je ne voulais pas te réveiller. Tu étais épuisé. Désolée, du coup… Je ne voulais pas…

_ T'as réussi à te déplacer ?

Elle acquiesça, adossée contre un sac, à moitié allongée et à moitié assise.

_ J'ai fait mon possible. Je suis couverte de sable de le tête au pied et j'ai du être bien ridicule, mais il n'y avait personne pour me voir, alors… J'en ai profité pour ranger nos sacs et essayer de réduire nos affaires au minimum.

_ Résultat ?

_ Plus qu'un sac, sourit-elle.

_ Cool, dit-il, et il était sincère.

Parce qu'un sac en moins… Ça faisait presque un tiers du poids qui disparaissait.

Il hésita quelques instants à se remettre en route, puis avisa les cernes de Teresa, mises en valeur par la pâleur de la lumière de la lune sur son visage blanc.

_ Viens avec moi, proposa-t-il en soulevant le drap. On dort encore quelques heures…

Elle lui sourit avec gratitude, effectivement épuisée. Il l'aida à s'allonger près d'elle, et elle plia un pull de Newt pour qu'ils s'en fassent un oreiller commun. Ils avaient l'air d'un couple. Cette pensée troubla le blond, alors qu'il se rallongeait auprès de la jeune femme.

Il ne ressentait aucune attirance pour Teresa. Une certaine amitié, et une très grande reconnaissance, mais rien qui ressemblait de près ou de loin à de l'amour. Mais si elle… Si elle croyait que…

_ Teresa…

_ Mmh ? marmonna-t-elle, déjà à moitié endormie.

_ Tu penses quoi de moi ?

_ Que t'es un tocard, tocard. Maintenant, laisse-moi dormir.

_ Mais je veux dire… Au niveau de… nous deux…

_ T'es le petit ami de mon frère, grogna-t-elle.

Elle faisait pas mal de raccourcis, songea-t-il en réfléchissant. Parce qu'il n'était pas le petit ami de Thomas, et que Thomas n'était pas le frère de Teresa. Normalement, en tout cas.

Cependant… Un sourire éclot sur ses lèvres, alors qu'il refermait les yeux.

_ On part avant l'aube, demain. J'aimerais profiter de la fraîcheur tant qu'il n'y a pas de soleil.

Elle maugréa un peu, jurant que s'il ne se taisait pas, elle le ferait taire elle-même.

Pour toute réponse, il rit, et dit :

_ Bonne nuit, belle-sœur.


Voilà... J'espère que ça vous aura plu... Donc, prochain chapitre dans trois jours... (deux, il est deux heures du matin, mais peu importe !) Sinon, je précise que j'ai dépassé les cinquante pages word, ce qui me fait super plaisir ! Bien sûr, je n'en suis pas à là sur FF, j'en suis à en gros 30 pages... J'ai donc vingt pages d'avance, mais comme j'ai augmenté la taille des chapitres, ça ne veut pas dire grand-chose...

Sinon, au prochain chapitre, je vous promet les retrouvailles avec un être cher !

Laissez une review, c'est Nowel ! Please ^^

Bien sûr, un très joyeux Noël à tous ! Gros bisous