Titre : Possession [pɔsɛsjõ] n. f. :

Genre : Drama/Mystery/ Humour/Romance/Slash

Rating : M (pour scènes violentes et présence de sexe graphique)

Pairing : Harry/Voldemort

Disclaimer : J. K. Rowling

Spoiler : L'intégral des sept tomes, même si l'histoire se déroule durant la sixième année de Harry.

Note de l'auteur : Il y a une semaine, par un étrange concours de circonstances, je me suis retrouvée à regarder le film « Harry Potter à l'école des sorciers » où Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson et Tom Felton ont 11 ans ! C'est trop mignon de voir un mini Drago réciter son texte et un mini Ron faire des bouilles géniales.

Pfffff, ça nous rajeunit pas dites donc ...

Et un grand merci à Ielena qui m'a permis de me la couler douce sans prendre garde aux fautes d'orthographe (mou-ha-ha).

Et un autre grand merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews et ajouté en alerte et en favori, grâce à vous je peux me la péter en disant « Attends, je peux pas mettre le couvert, je réponds à mes fans » \o/

•• C'est le premier texte que je publie et je sais que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre donc si vous avez des commentaires constructifs à faire, je suis ouverte à tout (euh, pour les commentaire, hein ?). Sur ce je vous souhaite une bonne lecture parce que je me suis beaucoup amusée à écrire cette fic ! ••

•• × ••

Chapitre 6

Dîner d'affaire

ou

Comment Harry se fait embaucher comme secrétaire

Voldemort se laissa tomber sur le divan de la bibliothèque et ferma les yeux quelques secondes pour se donner du courage. D'un geste de la main, il attira à lui un parchemin aux bordures enluminées. Il trempa une plume dans l'encrier et, d'une écriture fine et élancée, il fit apparaître les mots "guérison" et "instantanée". Les deux mots brillèrent faiblement, puis disparurent, comme bus par le papier. À leur place se trouvait désormais une longue liste d'ouvrages allant de « L'Art de la Guérison par les Plantes Sauvages et Communes » à « Zoologie Avancée, Tome 18 ». D'un coup de baguette, il enleva les ouvrages qu'il avait déjà lu et tria les livres par thème.

Après des mois de travaux infructueux sur l'amélioration d'une potion anti-hémorragie, Severus Rogue avait, pour la première fois depuis qu'il le connaissait, avoué son impuissance à créer la potion que réclamait son maître. Cela faisait maintenant huit mois qu'ils travaillaient de concert à la création d'un moyen de guérison instantanée pouvant être utilisé dans les combats contre l'Ordre du Phœnix. Le problème d'avoir des fidèles fanatiques était qu'ils n'hésitaient pas à se jeter au-devant du danger et la plupart devait ensuite faire un long séjour à l'infirmerie, laissant des carences plus ou moins importantes dans ses rangs. En étudiant les fluides magiques avec des livres de médicomagie avancée, le Seigneur des Ténèbres avait découvert que, suite à une blessure sérieuse d'origine magique, les flux magiques convergeaient des zones les moins exposées (en général les viscères et les extrémités) vers la blessure. Ils se concentraient alors pour réduire l'hémorragie, renouveler les cellules brûlées, augmenter le taux de plaquettes et diminuer les signaux de douleur. C'est pour cela que la plupart des blessures minimes se soignaient d'elles-mêmes durant un combat opposant des mages de forte aura magique. Une longue discussion avec Lucius Malefoy, quelques temps avant l'échec de sa mission, avait fait germer l'idée qu'il était possible, en théorie, d'augmenter brutalement le niveau magique au niveau de la blessure en concentrant la totalité des flux magiques dessus. Cette opération rendrait le sujet vulnérable à toute attaque, qu'elle soit magique ou moldue, mais Severus avait proposé d'y coupler une potion d'armure ou un sortilège de protection. Ils avaient donc étudié diverses possibilités pour contrôler ce flux de guérison, mais ils devaient, une nouvelle fois, tout recommencer à zéro.

Pris d'une soudaine inspiration, il leva la plume une nouvelle fois et écrivit : « Section : magie noire », « Recherche : flux magiques ». Une vingtaine de titres prit naissance sur le parchemin, mais un titre retint son attention « Vingt façons de faire de votre ennemi un cracmol » par Alenksa Kewsky. Un sourire torve se dessina sur ses lèvres. Oui, utiliser les flux magiques de son ennemi pour se guérir, voilà un plan digne du Seigneur des Ténèbres...

Il se leva souplement et suivit le parchemin qui avait pris la forme d'un oiseau rouge au bec doré. Le volatile l'invita à s'enfoncer dans les rayonnages et le guida vers le livre désiré, un ouvrage plutôt épais à la couverture sombre sur laquelle un petit personnage, pendu par le cou à une branche, essayait désespérément de tirer sur la corde l'étranglant afin de retarder sa fin inévitable. Devant les yeux curieux de Voldemort, il abandonna la lutte et, après quelques soubresauts, laissa son corps flasque et mort se balancer doucement au gré d'un vent imaginaire.

Que l'on ne s'étonne pas ensuite que la magie noire soit associée à la mort et au mal si tous les auteurs avaient des goûts aussi morbides que cette Alenksa. La magie noire n'avait pas pour but de tout détruire, loin de là.

Le Seigneur des Ténèbres poussa un discret soupir et revint s'attabler dans le salon de la bibliothèque pour commencer à étudier l'ouvrage. Après quelques pages il referma violemment le livre et manqua de l'envoyer par la fenêtre. Bon sang, en plus d'avoir des gouts de chiottes, l'auteur se foutait carrément de la gueule du monde ! Elle proposait uniquement des méthodes barbares dont l'unique principe était la torture physique et mentale de son ennemi afin de faire naître un tel traumatisme que sa magie le rejette totalement. En plus, en pratique, ce phénomène était extrêmement rare et même les méthodes de ses mangemorts n'étaient pas assez cruelles pour arriver à un tel résultat. Quoique, Bellatrix avait régulièrement fait disparaître des prisonniers soi-disant discrètement...

Il consultait vaguement la liste du regard, cherchant un autre ouvrage à ouvrir, lorsque Nagini se glissa dans la bibliothèque en sifflotant comme d'habitude.

Siffle siffle petit serpent, glisse glisse silencieusement, et avec Morfin soit très doux ou sinon à la porte il te cloue. Siffle siffle petit serpent ou sinon à la porte il te cloue. Siffle siffle petit serpent...

Qu'est-ce que c'est que ça ? Demanda le Lord, profondément surpris d'entendre le reptile prononcer des phrases correctes.

Sans-pieds appris à Nagini ! Sans-pieds gentil, gentil ! Dit à Nagini pas chanter avant savoir par cœur et Nagini sait alors heureuse, heureuse ! Et Nagini chante à Yeux-rouges, Yeux-rouges.

Encore un coup de ce foutu fantôme. Non seulement il lui pourrissait la vie en réclamant à corps et à cris le dernier héritage des Gaunt, mais maintenant il corrompait également la seule créature innocente capable de le voir. Vivement qu'il se fasse une raison et retourne dans les limbes celui-là. C'était d'ailleurs toujours un mystère pour lui le fait que Nagini possède un morceau de son âme et soit toujours aussi pure.

Tout au long de son discours le serpent s'était avancé vers lui et s'était enroulé autour de sa poitrine.

Yeux-rouges chaud au cœur depuis Yeux-verts ici, ici. Alors Nagini heureuse pour Yeux-rouges, heureuse.

Elle posa sa tête dans le creux de son épaule et se mit à ronronner en fermant les yeux.

Voldemort se retint de lever ses yeux, actuellement noirs, au ciel. Il fallait vraiment qu'il donne de vrais cours d'anglais à Nagini parce qu'elle devenait de plus en plus incompréhensible ces temps-ci.

•• × ••

Harry s'adossa plus confortablement contre son oreiller et croisa les jambes sous la couverture. D'une main il tourna la page de son livre et de l'autre, il plongea sa petite cuillère dans le saladier de mousse au chocolat. Qui a dit qu'un séjour en captivité chez le plus grand mage noir de tous les temps était forcément terrifiant et ennuyeux ?

« Le maître a juste dit de vous garder enfermé dans cette pièce » lui avait annoncé Liuk avec un sourire joyeux, « Alors si monsieur Harry a besoin de quoi que ce soit, Liuk se fera un plaisir de lui apporter ». Après un moment d'hésitation, le jeune homme lui avait timidement demandé un livre, puis un oreiller pour mieux lire et l'elfe s'était fait un plaisir d'aller fouiller dans la bibliothèque personnelle de Voldemort. Il lui avait rapporté la collection complète de « L'Auror Deik » et l'oreiller personnel du Seigneur des Ténèbres. Tout ce qui pouvait pourrir la vie de ce sadique égocentrique était à prendre...

Un pop sonore lui annonça l'arrivée de Liuk.

– Est-ce que tout va bien pour monsieur Harry ? Demanda l'elfe d'un ton badin.

– C'est parfait Liuk, mais, dis-moi, est-ce que tu peux faire quelque chose pour la dureté du lit parce qu'on dirait vraiment une planche de bois.

– Mais bien sûr, monsieur, vos désirs sont des ordres.

Et il claqua des doigts alors qu'un sourire sadique élargissait son visage.

Une seconde, un bruit sourd et une exclamation plus tard, Liuk contemplait le Gryffondor, les fesses par terre, qui était passé à travers son matelas.

– Est-ce que le coton le plus pur est assez pour monsieur ou préfère-t-il plutôt une planche de bois ?

– Merlin, je me suis mis du chocolat partout ! Répondit une voix à travers le trou dans le sommier.

– Appelez-moi Liuk monsieur.

– Ha ha, répondit le Survivant sur un ton ironique. Ça va, j'ai compris jusqu'où je pouvais aller. Dis, ça te dérangerait de me rendre mon lit ? C'est pas que je n'aime pas dormir par terre, mais un matelas est tout de même rudement plus confortable...

Un nouveau claquement de doigts et le jeune homme fut de nouveau assis sur un lit intact, avec une belle tache de chocolat sur le pantalon.

– Regardez dans quel état vous êtes monsieur, il vous faut vous changer, vous ne pouvez pas rester chez le maître ainsi vêtu !

– L'idée est brillante, mais j'ai peur d'avoir oublié ma garde-robe chez moi, dit Harry avec une certaine rancœur dans la voix.

Il n'en fallut pas plus pour que l'elfe lui amène la garde-robe personnelle du Seigneur des Ténèbres. Harry sourit en se faisant la remarque que c'était bien le seul avantage d'être prisonnier : pourrir encore plus la vie de Voldy que s'il avait été libre. Et quoi de mieux lorsqu'on a affaire avec un mégalomane que de frapper là où ça fait mal : en plein dans son espace vital.

Il hésitait entre une robe cintré et une chemise pour aller avec son pantalon (tout en noir évidemment) lorsqu'un bruit de gorge le fit sursauter. Harry se retourna vivement pour se retrouver nez à nez avec un visage translucide qui dépassait du mur et un morceau d'avant-bras prolongé par une main qui se fit un devoir d'explorer les orifices naseaux dudit visage.

– Et tu veux pas du thé et des petits gâteux pour la collation de 11 heures ?

– Qu'est-ce que vous faites ici ?

– Je m'ennuie, répondit le fantôme alors qu'il s'asseyait sur une couche d'air au-dessus du bureau. J'ai essayé d'apprendre des chansons à Nagini rien que pour embêter Tom mais il a l'air de s'en fiche comme de son premier chaudron.

Le Gryffondor ouvrit la bouche pour répondre, mais un détail le frappa.

– Je croyais que seul Voldemort pouvait vous voir ?

Morfin agita la main comme s'il chassait une mouche devant son visage, puis, après quelques secondes de silence, il finit par dire :

– Nagini est un serpent.

C'était la pure vérité, mais pas vraiment la réponse à sa question. Fascinant comme une simple phrase pouvait amener à des conclusions totalement erronées.

Harry hocha la tête puis demanda, avec une curiosité enfantine :

– Qu'est-ce que vous lui avez appris ?

– Une petite comptine en fourchelangue donc tu ne pourrais pas la comprendre.

Je n'en serais pas sssssi sssssûr à votre place…, susurra le jeune homme, les yeux pétillants.

Le fantôme le regarda bouche bée, puis éclata de rire.

– Par Salazar, que cela promet d'être amusant ! Je vais trouver un moyen de t'amener le stupide reptile pour que vous fassiez connaissance. Savoir que son animal de compagnie fait copain-copain avec le Survivant va le faire enrager. Je sais ! Je vais lui apprendre à répéter « Harry Potter est mon meilleur ami ».

– Moui, vous pourriez aussi lui apprendre des phrases comme « Voldemort a les chevilles qui gonflent » ou alors « Tu es coiffé comme un pied ce matin ». Oh, écoutez celle-là : « Un bonbon au citron, mon cher Tom ? », il va carrément en faire une crise cardiaque !

Le fantôme leva un sourcil à la dernière proposition.

– C'est ce que Dumbledore n'arrête pas de dire à tous ceux qui le rencontrent dans son bureau, expliqua Harry.

– Hum, brillant dans ce cas, apprécia Morphin.

Le silence s'installa après cette réplique. Le fantôme le fixait de ses yeux divergents et Harry se sentait de plus en plus mal à l'aise. Il finit par se retourner et enfila la chemise, histoire d'occuper ses mains.

Lorsque le fantôme reprit la parole, le Gryffondor sursauta et porta la main à son cœur.

– Comment as-tu su qui j'étais ?

– Je... Euh, comment dire... Depuis le début de l'année Dumbledore s'est mis en tête de me montrer tous les souvenirs qu'il a rassemblé à propos de Tom Jedusor pour que je comprenne le parcours de mon ennemi, expliqua Harry sans lever les yeux, ses doigts tripotant le rebord de sa chemise. Et à un moment je vous ai vu avec votre père et votre sœur lorsqu'un employé du ministère est venu pour vous arrêter.

– Oui, je me souviens de cet imbécile. Il avait voulu m'arrêter parce que j'avais remis à sa place ce moldu arrogant dont ma sœur s'était entichée. Quel imbécile.

Se rappelant de ce que Dumbledore avait dit, Harry lui demanda ensuite :

– C'est vous qui l'avez tué ?

– Bien sûr, d'un Avada Kedavra bien propre, ainsi que sa femme et leur fils. Une vengeance délectable.

– Et juste avant vous aviez revu Voldemort ?

L'ectoplasme fronça les sourcils, cherchant probablement le sens de cette question. Harry en profita pour continuer son attaque :

– Et vous avez perdu la bague à cette période, non ?

– Oui, mais…

– Et pourquoi vous ne l'avez pas tué seize ans auparavant lorsqu'il est revenu au village ?

– Euh...

– Et pourquoi vous n'aviez pas de motifs valables pour vouloir sa mort ?

– Je viens de te dire que...

– Et pourquoi vous êtes maintenant à l'état de fantôme ? Ce n'est pas le cas lorsqu'on n'a aucun regret, ni aucun motif de rester dans ce monde.

La dernière affirmation sonna comme un glas. Échec et mat.

Le fantôme semblait plongé dans ses pensées. Il était parfaitement immobile en l'air, ses cheveux remuant doucement sous un vent invisible et des filaments de matière ectoplasmique s'agitant légèrement autour de lui. Finalement, il releva lentement les yeux et les planta dans ceux de son vis-à-vis. L'intensité dégagée par ses pupilles était telle que Harry frissonna. Heureusement que les fantômes n'étaient pas legilimens sinon il aurait déjà l'esprit en charpie.

– Tu sais quelque chose.

Ce n'était pas une question, loin de là et Harry dut faire appel à tout son courage pour rendre son regard noir à l'apparition.

– Vous aussi.

– Merveilleux. Et comme nous sommes tous deux des gens civilisés, que diriez-vous de négocier ? Vous me racontez tout ce que vous savez sur la dernière partie de ma vie et je vous retransmets la conversation hautement intéressante qu'on eut un seigneur des ténèbres et un maître des potions pas plus tard qu'hier.

– Marché conclu, répondit le jeune homme en lui tendant la main.

Morfin la serra et Harry eut l'impression de plonger la main dans une cascade bouillonnante et glacée.

– A vous l'honneur mon brave, dit le fantôme en s'adossant confortablement à une autre couche d'air.

– L'été de sa seizième année, Tom Jedusor fils a entrepris de retrouver les traces de la famille de sa mère à l'aide du seul indice qu'il possédait : le nom de son grand-père. C'est comme ça qu'il est remonté jusqu'à la maison des Gaunt et vous a trouvé. Il vous a soumis au maléfice de l'imperium et vous a volé la bague des Gaunt puis est rentré chez lui. Pendant la nuit vous avez assassiné la famille Jedusor et êtes allé vous rendre aux autorités en avouant le meurtre. Cependant l'imperium n'était pas assez puissant pour vous faire oublier la perte de la bague. D'ailleurs j'ai le regret de vous annoncer qu'elle a été récupérée par Dumbledore.

– C'est le vieux fou qui a ma bague ? Explosa le fantôme en se dressant de toute sa hauteur.

En se rendant compte que la moitié de sa tête était passée à travers le plafond et qu'il ne voyait plus son interlocuteur, il redescendit, un peu plus calme.

– Je vais aller la chercher et briser le cou de cet imbécile amoureux des moldus ! S'exclama-t-il en se dirigeant vers le mur le plus proche.

– Monsieur Gaunt ! Notre marché !

– Ah oui, c'est vrai, quelle plaie… marmonna le fantôme en reprenant sa place. Bon. Après votre arrivée en fanfare, le corbeau a réussi à calmer le traître et…

– Quel corbeau ?

– Ben Rogue. Nagini l'appelle Corbeau-puant, je trouve que ça lui va bien.

– Si vous le dites…

– Roh, voyons ! Le nez, les robes noires, les cheveux longs et brillants de gras, les vapeurs de potion, le tournoiement des robes lorsqu'il fait volte-face, la comparaison est quand même délectable.

Devant le haussement de sourcil du garçon, le fantôme décida de retourner aux affaires en cours.

– Ils se sont installés dans les fauteuils et le corbeau a demandé à Tom de tout lui raconter. Il a alors expliqué qu'il rêvait depuis quelques temps qu'il se baladait dans Poudlard la nuit et il a alors décidé de rentrer chez lui. Lorsqu'il est arrivé, il a vu un corps dans son lit, a dégommé le miroir en pensant que c'était un intrus puis il s'est évanoui. Un vrai trouillard quand même, avoir peur de son reflet.

Et le dernier descendant des Gaunt se mit à pouffer comme une fillette. Pour la virilité, on repassera.

– Le corbeau a alors supposé que ce phénomène devait être l'évolution des visions que vous partagiez l'année dernière. Mais à mon avis c'est plus à cause du rituel de sang que ça s'est aggravé. Ensuite il a presque supplié le Lord de te garder en vie pour étudier le lien que vous partagez, il a baragouiné des trucs comme quoi ça pouvait être la découverte maîtresse de sa carrière ou un truc comme ça. Puis ils se sont séparés et Tom a commandé trois cafés bien serrés. C'est sûr que ça a dû être un choc pour lui de penser que tu aurais pu prendre possession de son corps et que l'Ordre le tue. Pauvre Seigneur des Ténèbres.

Il renifla deux fois, puis se leva en époussetant les loques qui lui servaient de vêtement.

– Sur ce, ce fut un plaisir jeune homme.

Et il s'en alla, laissant Harry méditer sur toutes ces révélations.

•• × ••

Dumbledore trempa sa plume dans l'encrier et la reposa sur le parchemin. Immédiatement, un gros pâté se forma. Le directeur soupira et tapota la pointe sur le bord de l'encrier pour enlever le surplus. Un evanesco plus tard, il recommençait à écrire comme si rien ne s'était passé. Mais lorsque, une minute plus tard, il replongea la plume dans l'encrier et fit une autre tache, il reposa sagement l'objet sur le bureau et ferma un instant ses paupières fatiguées. Deux jours que Harry Potter était prisonnier de Lord Voldemort et l'Ordre du Phénix frôlait la crise d'État-major. Deux jours qu'il devait mentir aux Gryffondor et inventer des prétextes vaseux pour expliquer sa soudaine absence. Actuellement, le Survivant était sensé se trouver à l'infirmerie pour se reposer à cause du surmenage. Mais il avait bien vu le regard soupçonneux de Miss Granger et il savait que sa couverture ne tiendrait pas longtemps. Et si l'on ajoutait l'état d'hystérie dans lequel était plongé Molly Weasley, il était clair que la semaine ne se finirait pas avant que l'on ait exigé des explications de sa part.

– Par Merlin, que dois-je faire ? Demanda-t-il en regardant le phœnix à ses cotés. Je ne peux exiger de Severus qu'il se dévoile et je ne peux mener une attaque sur le château de Tom sans risques pour Harry. Que dois-je faire Fumseck ?
Pour seule réponse, l'oiseau le regarda droit dans les yeux et émit un cri rassurant.

Un peu plus serein, Dumbledore se redressa et ouvrit un des tiroirs de son bureau. Sur un coussin de velours reposait une bague sertie d'une pierre noire, fendue de part en part. D'un index craintif, il retraça les contours de la brèche et, au même moment, une voix joyeuse s'éleva juste à côté de lui :

– La voilà, la voilà ! Je savais que ce vieux fou l'avait planquée dans son bureau ! Avec l'âge il de...

Le vieux mage sursauta et son doigt quitta brutalement la surface de la bague. La voix s'évanouit aussitôt. Il lança un regard hagard autour de lui, puis, décidé à tirer ce mystère au clair, il toucha de nouveau la bague.
– ...vait pas tort ce morveux rachitique. Maintenant à moi la gloire et la fortune du dernier descendant de Salazar Serpentard !

Dumbledore, bouche bée, fixait la silhouette fantomatique dont seul le tronc émergeait de son bureau, qui éclata d'un rire machiavélique.

– Qui êtes-vous donc ? Demanda le directeur de Poudlard à l'homme sale et dépenaillé en face de lui.

– Votre pire cauchemar !

Et sur ces mots, le fantôme s'évanouit dans les airs, laissant dans la pièce les échos d'un rire perçant et un coussin vide.

Morfin Gaunt put se vanter longtemps dans l'autre monde d'avoir quitté la terre avec panache.

•• × ••

Trois jours passèrent ainsi. Liuk était son seul lien avec le monde extérieur. Il veillait à son confort, lui apportait trois repas par jour et lui avait même fait parvenir une nouvelle paire de lunettes, en tous points semblable à l'ancienne. Il lui appris que les mangemorts emprisonnés à Azkaban étaient retournés au bercail et que Voldemort était en pleine réorganisation des troupes. Morfin n'était jamais revenu et Harry le soupçonnait de hanter Dumbledore jusqu'à ce qu'il… quoi d'ailleurs ? Un fantôme ne pouvait pas porter une bague de toute façon.

Il avait lu tous les livres que l'elfe lui avait apportés le premier jour et répugnait à envoyer celui-ci lui en chercher chez d'autres mangemorts. Rogue n'était pas passé le voir malgré la conversation que Morfin lui avait rapporté et il commençait à se poser des questions sur ses intentions, presque autant que sur celles de Voldemort. Le mage noir ne l'avait pas approché depuis son arrivée et, excepté la vision qu'il avait eu la même nuit, il n'avait pas rêvé de lui une seule fois. Selon Liuk, il se démenait pour organiser ses troupes et se retirait dans la bibliothèque dès qu'il avait du temps libre pour faire des recherches.

C'est pourquoi, au matin du quatrième jour, Harry était résigné à passer la journée à regarder le plafond. Il était en train de remarquer que la tache d'humidité avait encore gagné du terrain quand la porte de sa geôle s'ouvrit avec fracas. Le Gryffondor se redressa dans son lit et croisa le regard de Severus Rogue. Il était vêtu de noir comme à son habitude, engoncé dans des robes boutonnées jusqu'au col, et le toisait avec son regard le plus condescendant. Celui qui semblait dire « Voyez à quel point vous êtes tombé bas Potter ».

Cependant, dès qu'il ferma la porte derrière lui, son regard s'adoucit considérablement et lorsqu'il se laissa tomber sur la chaise en face de lui, le seul sentiment que Harry put discerner sur son visage fut la lassitude. Il sortit sa baguette de sa manche et fit quelques mouvements compliqués en marmonnant dans sa barbe tandis que l'air autour d'eux se faisait légèrement plus lourd.

– Bien, maintenant que nous sommes à l'abri des oreilles indiscrètes, nous nous devons d'avoir une conversation de la plus haute importance, monsieur Potter, commença le maître des potions. Je suppose que vous avez déjà compris que vous n'êtes pas arrivé ici par une incantation des fondateurs.

Harry se retint de lui expliquer qu'ils n'étaient plus en cours et qu'il n'avait pas besoin de tester ses méthodes anti-pédagogiques une fois de plus.

– Le rituel de sang auquel vous avez stupidement participé a eu des conséquences beaucoup plus graves que nous ne l'imaginions. Il a considérablement renforcé le lien que vous partagiez avec le Seigneur des Ténèbres et, de simples visions, nous sommes passés à un contrôle total du corps. Avez-vous fait des rêves où vous vous promeniez dans un château ?

– Dans les seuls rêves que j'ai fait, j'étais dans la peau de Voldemort mais je ne contrôlais rien, répondit gravement le jeune homme. Mais avant je me réveillais lorsqu'il lançait un doloris parce que ça faisait trop mal, mais, maintenant ils continuent après. Je...

Il baissa les yeux sur ses mains qui reposaient sur ses genoux.

– Un soir je vous ai vu après une réunion de mangemorts, lorsque vous parliez de la potion pour... Euh... Récréer le corps de Voldemort.

Tout dans l'attitude du Gryffondor, de ses épaules tendues à ses pieds fermement ancrés par terre, criait son scepticisme face à la position de l'espion.

– Par Merlin, Potter, vous êtes aussi têtu que votre imbécile de père, ne vous ai-je pas donné suffisamment de preuves que j'étais de votre côté ?

Devant le silence buté qui lui fit réponse, le professeur de potions soupira et lâcha l'affaire.

– Très bien, je vais m'en aller, finit-il par dire. Mais avant je tiens à vous mettre en garde : le rituel de sang va inexorablement vous pousser vers le Seigneur des Ténèbres. Alors, même si, vous commencez à éprouver des pensées tendres à son égard, rappelez-vous qu'il est notre ennemi. Qu'il est cruel et sans cœur, et que la seule chose qu'il veut, c'est l'éradication totale des moldus.

– Il n'est pas cruel, rétorqua immédiatement son ancien élève.

– Bien sûr que si, ouvrez les yeux, Potter ! C'est le rituel qui vous fait dire ça !

– Mais...

– Taisez vous et réfléchissez au moins une fois dans votre vie ! Toutes les visions de torture et de massacre qu'il vous a envoyé étaient réelles.

– Oui, mais...

– Et la mort de ce stupide cabot, c'était une bonne blague entre copains mangemorts peut-être ?

Touché, pensa Rogue en voyant les yeux du Gryffondor légèrement s'humidifier. Maintenant il va commencer à réfléchir.

Sans un mot de plus, il se leva et sortit sans un regard en arrière. Le grincement de la porte masqua la dernière réplique de Harry.

– Ça, c'était mafaute.

•• × ••

Voldemort referma en douceur la porte de ses appartement et appuya son front sur le bois verni dans une vaine tentative de se reposer. Il fut interrompu par un pop sonore, indiquant l'apparition de son incapable d'elfe de maison.

– Maître, le repas est servi dans la salle à manger principale.

Le mage noir se retint d'étrangler la créature, mais fut retenu par son esprit pratique. A la place, il préféra commander une fois de plus un plateau dans son appartement. Il s'attabla à son bureau avec le même enthousiasme qu'un condamné à mort sur le billot, puis saisit le premier parchemin qu'il vit dans la pile monstrueuse qui menaçait de se répandre par terre.

Une demande de crédit pour une obscure mission qui trainait depuis des lustres. Voldemort soupira profondément et la mit de coté pour l'étudier plus tard. Il fallait vraiment qu'il se mette à jour sur les vieilles missions. Si ses souvenirs étaient bons, un groupe de mangemorts se tournait les pouces depuis plusieurs mois sur une mission d'espionnage industriel.

Pris d'un soudain élan, il griffonna un ordre de mission à Rabastan Lestrange, fraîchement sorti d'Azkaban, dont l'intitulé était : « Vérifier l'état de toutes les missions en cours et m'amener personnellement les flemmards et les incapables ». Il cacheta avec un petit sourire satisfait et le parchemin s'évapora.

Le suivant fut une note des elfes responsables de la lingerie pour signaler que de nombreux peignoirs et serviettes étaient portés disparus. Le Seigneur des Ténèbres songea brièvement à ouvrir un hôtel plutôt que de conquérir le monde, puis, d'un geste las, il écrivit d'en acheter d'autres tout en sachant pertinemment qu'ils auraient également disparu le mois prochain.

Sa main plongea de nouveau dans la mer de papier et en retira un feuillet rouge. La facture de la soirée de retour des prisonniers d'Azkaban dont il avait confié l'organisation à Bellatrix. Sur le parchemin rouge s'étalaient en colonne les prix du repas, de l'alcool consommé, de sa robe de soirée, des prostitués et des gogo danseurs, du groupe de rock corrompu qui avait accepté de jouer à cette soirée et de la... location de dragons ? Ils avaient bien dû s'amuser en fin de soirée lorsque le mage noir s'était retiré dans ses appartements dites donc !

– Par les couilles de Godric, cette bande d'adolescents en chaleur est donc incapable de se tenir tranquille ? Liuk !

– Maître ?

– Fais passer le mot aux elfes de maison : aucun mangemort ne peut utiliser la caisse commune jusqu'à nouvel ordre, hurla le Seigneur des Ténèbres. Ils se comportent comme des gamins, je vais les punir comme des gamins !
Puis, d'un geste rageur de la main, il éparpilla les parchemins restants sur le sol de son bureau.

– Et regardez moi ça ! Comment voulez-vous que la conquête du monde avance lorsque je suis bloqué des heures dans mon bureau à cacheter ces maudites factures ! S'exclama-t-il en balançant son poing fermé vers le mur le plus proche. Rah, il me faudrait un esclave pour faire le boulot à ma pla...

Le poing figé à deux centimètres du mur, Voldemort eut soudain une idée lumineuse qui le conforta encore dans sa supériorité. Il cherchait un esclave ? Quelle aubaine, il y en avait un dans la pièce à coté. Il se tourna vivement vers la porte dérobée sur sa gauche et murmura un sort d'ouverture en abaissant la poignée. Le faible rai de lumière révéla un jeune homme brun, recroquevillé au bout du lit. L'air paniqué inscrit sur ses traits indiquait qu'il avait sûrement été réveillé par ses cris.

Le mage noir savoura un bref instant le fait d'avoir le grand Harry Potter à sa merci puis prit la parole d'une voix suave.

– Comment vas-tu Harry ? La chambre est-elle à ton goût ?

Le hoquet de surprise que le Gryffondor lui retourna sembla le satisfaire puisqu'il continua :

– Vois-tu, nous sommes actuellement en manque de personnel et je pense qu'en tant que membre de l'honorable maison des lions, ta seule envie est de payer ton loyer pour les, voyons... trois jours que tu as passé ici dans un luxe bien plus grand que tous mes autres prisonniers.

Son interlocuteur se crispa brutalement et cette démonstration de faiblesse le ravit. Il venait de trouver son nouveau jouet. Délicieux...

D'un mouvement de baguette, le Survivant se retrouva soudainement, contre sa volonté, debout hors de son lit et contraint de suivre son tortionnaire dans la pièce adjacente.

Voldemort s'installa confortablement dans le divan et enleva le charme de réchauffement sur le plateau-repas qui se trouvait sur la table basse. Tout en mordant à pleines dents dans un morceau de pain, il expliqua au garçon son travail.
– Ramasse tous les parchemins du bureau et trie-les : factures, notes des elfes, notes des mangemorts, rapports de mission, rapports sur les prisonnier, etc. Et en vitesse.

Puis il s'attaqua avec enthousiasme aux pommes de terre en sauce, sans même jeter un coup d'œil à son prisonnier.

Harry, de son coté, avait cru sa fin proche lorsque le Seigneur des Ténèbres avait ouvert sa porte suite à sa crise de nerfs. Mais lorsqu'il s'était adressé à lui sur un ton mielleux, aux antipodes de son caractère, il avait eu encore plus peur. Il est bien connu que les fous sont les plus dangereux. Mais le plus étrange dans cette affaire, ce n'était pas le fait que le mage noir ait soudainement eu envie d'un sous-fifre pour sa paperasse, mais plutôt qu'il se jette sur la nourriture et enfourne ses pommes de terre avec une joie enfantine. En quelques minutes, Harry avait eu la vision de Lord Voldemort dans toute sa splendeur, puis une autre facette de l'homme, moins intouchable, plus attendrissante. Une autre facette qu'il soupçonnait être un reste de Tom Jedusor.

Voldemort enfourna un énorme morceau de viande qu'il avala avec difficulté, puis ouvrit le pot de crème et en versa l'intégralité sur le reste de ses patates. Il les écrasa un peu et, à l'aide de sa fourchette, les mélangea avec le reste de la sauce de la viande jusqu'à former une bouillie brune et grumeleuse.

Harry avait, dès le premier jour, pris la décision de ne pas obéir à Voldemort et de ne dévoiler aucun secret concernant l'Ordre du Phénix. Il s'était préparé à subir d'innombrables tortures et ne doutait pas un instant de la cruauté du maître des mangemorts. Mais les heures avaient passé et il ne comprenait pas pourquoi il n'était toujours pas au cachot et pourquoi, pendant trois jours, personne ne l'avait ennuyé. Et alors qu'il pensait qu'on l'avait oublié (ce qui était, en passant, quand même sa théorie la plus farfelue), voilà que le grand Seigneur des Ténèbres se pointait comme une fleur et lui ordonnait de trier son courrier. Non, vraiment, il était forcément en train de rêver.

Voldemort essuya méticuleusement son assiette avec un bout de pain, puis la repoussa sur le côté. Il tira vers lui l'assiette à dessert, contenant une grosse part de gâteau au chocolat, et le pot de crème anglaise. Avec sa cuillère, il s'amusa à tracer des chemins de crème sur la part de gâteau, puis versa le reste du pot en un cercle parfait autour de la pâtisserie. Il se saisit de la fourchette à dessert et coupa une large tranche. Il piqua le petit bout de gâteau et le traîna généreusement dans la crème anglaise, puis le porta à ses lèvres avec un petit sourire de contentement. Il leva les yeux un bref instant et vit le jeune homme en face de lui qui le regardait d'un air incrédule.

– Qu'est-ce que tu attends ? Demanda-t-il avec le ton que prenait Hermione lorsqu'il regardait dans le vide alors qu'il était sensé faire ses devoirs.

Et c'est ce ton qui convainquit finalement Harry de ne pas se poser de questions et de se mettre à genoux pour ramasser les parchemins éparpillés.

Voldemort retourna à la dégustation de son dessert avec un air satisfait.

En classant les papiers en plusieurs tas, Harry se fit la remarque que ce travail était apaisant. Pas de prise de tête sur les effets de la ciguë selon les cycles de la lune ou sur la théorie de la métamorphose animale, juste un travail répétitif. L'aura du mage noir ne l'étouffait pas et semblait même amicale tandis que le silence apaisant était seulement troublé par les bruits de papier qu'on déplace.

La fourchette racla avec application l'assiette jusqu'à ce que la moindre miette de gâteau ait disparu. Dès que le Lord reposa le couvert, le plateau disparut pour être remplacé par une infusion dont le fumet embauma la pièce. Verveine, remarqua le Survivant en humant brièvement l'odeur.

Voldemort s'adossa au divan avec une grâce féline et porta la tasse à ses lèvres. Cependant les elfes n'étaient pas bienveillants au point d'envoyer le breuvage à la température idéale et le mage noir repoussa la tasse avec une grimace en portant les doigts à ses lèvres. Il reposa finalement la tisane sur la table et leva les yeux vers Harry. Celui-ci l'observait depuis une bonne minute, assis en tailleur sur le sol, au milieu de piles instables de parchemins. Il est drôlement efficace pour quelqu'un qui n'a jamais fait de tâches ménagères, songea Voldemort en le détaillant du regard. Son vis-à-vis baissa les yeux humblement.

– Commence par me lire les rapports de mission, ordonna Voldemort sans animosité.

Harry poussa la plus petite pile devant lui et le mage noir soupira de désespoir.

– Escouade sept sous les ordres d'Archibald Nott, premier cercle. Rapport du 2 janvier. La sélection de villages moldus et sorciers à attaquer est terminée. Ci-joint plusieurs plans d'attaque pour les cibles un à douze. Continuons les plans et attendons ordres ou contre-ordres. Bonne année.

Un léger sourire vint orner les lèvres du jeune homme à la lecture de la dernière phrase. Des mangemorts envoyant des vœux de bonne année, il aura tout vu !

– Efficace, comme toujours, approuva le mage noir. Donne-moi ça que j'y jette un coup d'œil, puis continue de lire.

Harry acquiesça et lui tendit le rapport. Leurs mains se frôlèrent brièvement, faisant naître une bouffée de chaleur impromptue au niveau de la poitrine des deux hommes. Voldemort grogna et lança un regard à son vis-à-vis qui s'empressa de continuer sa lecture à haute voix.

– Élisabeth Zabini, dite "La Veuve Noire", deuxième cercle. Rapport du 4 janvier. M. Faust est pris dans ma toile. Il est friand de balades sur la Tamise. Possibilité de m'en débarrasser chaque fin de semaine. J'attends les ordres.

– Parfait, enfin une bonne chose de faite. Prends un parchemin et écris : « La Tamise risque d'être agitée ce samedi, un accident est si vite arrivé » puis cachette avec ça, dit le mage noir en lui jetant négligemment son sceau. Mais pas de bêtises, je te surveille.

Le Survivant acquiesça et s'appliqua à écrire la missive. La survie passait avant tout.

– Honoré Parkinson, secondé par Pansy Parkinson, deuxième cercle et aspirante mangemort. La liste des né-moldus à Poudlard est terminée. Soixante-sept élèves sont répertoriés sur les sept années et au moins deux professeurs possèdent du sang de créature. Ci-joint leur adresses respectives si des raids s'imposent durant l'été.

Le Lord laissa échapper une exclamation victorieuse et croisa les bras derrière sa tête en fixant son prisonnier. Celui-ci était livide et fixait le parchemin d'un air halluciné, pensant à tous ses camarades en danger de mort. Un nom en particulier tournait en boucle dans son esprit : Hermione.

•• × ••

Note de l'auteur : Suite à une review de Lady Shadow Cassandra, je me suis rendu compte que mon résumé était un peu bateau alors j'en ai écrit plusieurs autres alors ce serait sympa de me dire lequel vous préférez ^^

1) Depuis le retour de Voldemort, Harry n'a de cesse de recevoir des visions terrifiantes. Et si le mage noir, en plus d'avoir fait main mise sur son esprit avait aussi possédé son corps ?

2) Depuis ce soir-là, dans le cimetière, le même sang coule dans leurs veines. Et comme le Survivant a toujours la fâcheuse manie de s'attirer des ennuis, il suffit d'un rituel pour les lier à jamais.

3) Déjà qu'il lui pourrissait ses nuits en lui envoyant des visions cauchemardesques, voilà que maintenant il s'est également arrogé le droit de prendre possession de son corps ! On n'a pas idée de se faire ennemi du Seigneur des Ténèbres...

4) « Il lui a expliqué que depuis plusieurs nuits il rêvait qu'il se baladait dans Poudlard » « Le corbeau a dès lors supposé que ce phénomène devait être l'évolution des visions que vous partagiez l'année dernière » « Pauvre Seigneur des Ténèbres »

5) Conquérir le monde n'est pas de tout repos, surtout lorsque l'on s'appelle Voldemort. Mais lorsque le rituel pour retrouver son corps a des conséquences imprévues, c'est le Survivant lui-même qui en fait les frais. Et l'ombre et la lumière se mêlent enfin.

Voilà voilà, et pour la peine, dans le prochain chapitre Blaise profite des cours de botanique pour se refaire une beauté, les portraits des directeurs profitent d'une scène de tragédie haute en couleur et Harry se rend compte qu'il a pris du poids (hé oui les filles !).