Merci beaucoup à tout le monde pour toutes vos reviews qui continuent à nous motiver pour cette fic.
Voici le chapitre 6 !
Chapitre 6
Devant l'autel de l'église, Booth attendait l'arrivée de Bones. Devant lui étaient assis une cinquantaine d'invités, attendant fébrilement l'arrivée de la mariée qui, il fallait le reconnaître, se faisait attendre.
Il percevait les chuchotements et les regards tournés vers lui. Jetant un coup d'œil aux premiers bancs, il vit des femmes qui avaient, à certains moments de sa vie, retenu brièvement son attention et dont les regards s'attardaient encore sur lui avec tendresse et même avec une lueur de braise qui, il le savait, se changerait en flamme s'il faisait le plus petit geste vers elles.
Rebecca et Parker étaient là, eux aussi, au premier rang. La jeune femme lui fit un sourire et Parker lui envoya un bisou. A leurs côtés, Max, Russ et Amy avec les filles se tenaient là, eux aussi, souriants, Daisy et Sweets, main dans la main, puis venait ensuite Caroline.
Sully, l'ex de Bones, était là également. Elle avait tenu à l'inviter, en souvenir du bon vieux temps, qu'elle avait dit. Les deux agents s'étaient serrés la main, mais Booth avait senti une certaine tension dans la poignée de main de Sully.
Mais qu'est-ce qu'elle fiche ? songea-t-il.
Cinq minutes plus tôt, il avait envoyé Hodgins, son témoin, aux renseignements pour voir où en était sa future épouse.
Ma future épouse…
Une fois encore, ça lui fit bizarre de penser à Bones comme à sa future femme. Qui aurait dit qu'un jour, elle deviendrait sa femme devant le seigneur.
Car oui, il avait réussi, après plusieurs discussions très chaudes, à lui faire admettre que le mariage serait encore plus réaliste pour les invités et aussi pour le dénommé Brian Gibson, l'envoyé du notaire, s'il se faisait à l'église. Bones avait refusé à plusieurs reprises, mais il s'était servi jusqu'à plus soif de son charme et elle avait fini par céder.
Elle avait averti le notaire de leur mariage prochain et Brian Gibson s'était présenté à eux une semaine plus tôt, leur expliquant une fois de plus les termes de l'héritage. Ce jour-là, observant Bones à la dérobée, Booth avait décelé une faille dans son comportement stoïque, persuadé qu'elle allait craquer et tout annulé. Alors, en parfait futur époux et devant les yeux de Gibson, il avait pris sa main, y avait déposé un baiser et l'avait serré en lui faisant comprendre qu'elle devait tenir le coup, pour l'héritage et pour son frère.
Et maintenant, en ce jour, c'est lui qui se sentait mal dans sa peau, mal dans sa tête, dans son costume de marié.
Qui lui allait comme un gant, cela va sans dire.
Alors, pourquoi ce manque de confiance en lui ? Peut-être parce qu'il savait que cette cérémonie nuptiale était un énorme mensonge et qu'en observant tous les invités souriants, qu'il s'apprêtait, lui et Bones, à leur donner de faux espoirs.
Pour compenser ce mal être, il se mit à repenser à sa soirée d'enterrement de vie de célibataire. Organisée, bien sûr, par Hodgins.
Et Hodgins avait mis le paquet. Ce fut une soirée mémorable. De celle qu'on s'attend pas à passer.
Flash back…
- Où m'emmenez-vous ? demanda Booth tandis qu'Hodgins et Wendel le conduisait à leur voiture.
- Oh, arrêtez de poser des questions, Booth, vous le verrez bien assez tôt ! répondit Hodgins.
Ils le firent monter dans la voiture et celle-ci se glissa rapidement dans la circulation.
Une demi-heure plus tard, elle s'immobilisait devant un grand bâtiment beige entouré de jardins. Le drapeau américain flottait tout en haut de la porte d'entrée.
Un hôpital militaire ? reconnut Booth.
Il regarda ses amis, mais ne pût rien déceler sur leurs visages neutres. Ils entrèrent dans le bâtiment et se dirigèrent droit vers une grande salle plongée dans l'obscurité. Hodgins et Wendel refermèrent les portes vitrées derrière eux, et puis soudain, les lumières s'allumèrent.
Booth cligna des yeux quelques secondes, le temps de s'habituer à la lumière, puis découvrit devant lui plusieurs personnes, en majorité des hommes, seuls ou accompagnés d'une femme. Les dévisageant un par un, son cœur fit soudain un bond dans sa poitrine : il venait de reconnaître tous ses amis du temps où il était un combattant pour l'Amérique.
Il y avait là Douglas Banks, Peter McKay, amputé d'une jambe, Georges Harrison, Frank Herbert dans un fauteuil roulant, Lucas Smith, Charles Dorrington, amputé d'un bras, Mick Travers, Bruce Matthews, John Mastherson, brûlé au visage.
Il n'en croyait pas ses yeux, ils étaient tous là, enfin une partie de ses amis, et il porta une main à sa bouche pour retenir un hoquet de surprise.
Seigneur… ils sont là…, pensa-t-il en sentant une boule se former dans sa gorge.
Il ne les avait pas revus depuis des années, depuis leur dernière mission.
- Seeley, très content de te revoir, dit Lucas en s'approchant de lui. Ça fait bien longtemps, n'est-ce pas, mon vieux ?
- Lucas…
Les deux amis se précipitèrent dans les bras l'un de l'autre, en se donnant de grandes tapes dans le dos. Puis ce fut au tour des autres et Seeley eut beaucoup de mal à retenir ses larmes.
Alors, la soirée d'enterrement de vie de garçon de Seeley Booth se passa dans la joie des retrouvailles, et des souvenirs.
A milieu de la soirée, il s'approcha d'Hodgins.
- Hodgins, je… je voulais vous dire… merci. Ce que vous avez fait ce soir, et je ne sais pas encore comment vous l'avez fait, mais… mais c'est gigantesque, vraiment génial. Revoir tous mes amis, c'est… je ne m'y attendais pas. Merci, merci beaucoup.
- Oh, allez, Booth, c'est rien. Juste quelques petites journées et nuits passées à téléphoner un peu partout, mais vu votre regard quand vous les avez vus, ça a été ma récompense pour tous ces efforts.
Booth, tout sourire, serra la main du collègue entomologiste de Bones.
Fin du flash back
Booth sortait de ses pensées quand soudain, la musique se fit plus sonore, les choristes entonnèrent un chant et les portes vitrées de l'église s'ouvrirent.
Quand il vit Bones apparaître, accompagnée d'Angela et de Camille, il en eut le souffle coupé. Elle était radieuse, ravissante, impressionnante.
Il n'avait pas été mis dans le secret de ce qu'elle devait porter et quand elle arriva à côté de lui, elle ne put s'empêcher de le regarder et il vit ses yeux briller.
Tous deux savaient que si certains avaient douté un moment de la raison soudaine de leur mariage, ils avaient à présent la réponse.
Mais en l'observant mieux, il détecta une attitude plutôt étrange chez sa partenaire. Il avait l'impression qu'elle chancelait légèrement et qu'elle faisait un effort magistral pour se tenir droite. De plus, ses yeux étaient brillants et un léger sourire étirait doucement ses lèvres.
C'est seulement quand la cérémonie de mariage eut pris fin, après les serments d'amour, le passage des alliances qu'ils effectuèrent chacun en tremblant, c'est après un long baiser que Bones glissa sa main dans la sienne, tandis qu'ils se rendaient vers la sortie.
Les doigts de la jeune femme étaient froids. En prenant sa main, il se pencha vers elle afin qu'elle fût seule à l'entendre.
- Tu as frappé d'un coup mortel toutes les belles femmes de Washington, lui chuchota-t-il.
Tempérance eut un petit gloussement de rire qu'elle ne pût empêcher.
C'est au milieu des cris, des acclamations des invités massés devant l'église et des jets de riz que Booth et Tempérance montèrent dans la limousine qui devaient les conduire à la réception.
- Une limousine ! s'écria Tempérance une fois qu'ils furent installés sur les sièges en cuir.
Elle remarqua que le chauffeur avait remonté la glace fumée de séparation pour qu'ils soient tranquilles.
- Hé oui ! Hodgins n'a pas fait dans le détail, à ce que je vois, dit Booth en riant.
- Il est fou ! Ça doit coûter une fortune, tout ça !
- Oh, laisse-le faire, ça l'amuse !
Booth fixa les yeux de Bones.
- Tu es superbe.
Elle lui sourit.
- Angela était décidée à leur donner matière à jaser.
- Ils n'y manqueront pas, c'est certain, répondit-il. Qu'a dit Camille quand elle t'a vue ?
- Elle a paru toute déconfite, répliqua Tempérance, et a dit « Si j'avais su que vous alliez m'éclipser, j'aurais mis quelques décorations de plus. » Je pense qu'elle est encore sous ton charme.
Booth se mit à rire.
- C'est bien de Camille. N'importe, Bones, tu es magnifique !
Il y avait dans la voix de son partenaire un ton de sincérité qui la fit sourire de nouveau tandis qu'elle se penchait vers lui.
- Toi aussi, t'es pas mal du tout… Ce costume te va à merveille.
- Merci, Bones. Heu… juste une petite précision, fit-il en se penchant vers elle.
- Oui, laquelle, Booth ?
- Tu n'aurais pas… humm… bu de l'alcool ?
Comment a-t-il pu deviner ça ? songea Tempérance. J'ai fait tout ce qu'il fallait pour que ça ne se remarque pas. Ah, c'est vrai qu'il voit tout.
- Humm… juste un tout petit verre, répondit-elle en faisant un geste de la main. J'en avais rudement besoin, tu sais.
- Mais tu ne bois jamais ?
- C'est ce que m'as dit Angela, mais Hodgins m'a tiré d'affaire.
- Sacré Hodgins, toujours prêt à rendre service.
Booth eut un nouveau petit sourire.
- Je me demande combien de temps va durer cette réception, dit-il.
- Tu t'ennuies déjà ?
- Pas spécialement, mais s'il tenait qu'à moi, nous partirions maintenant pour notre voyage de noces.
- Et tu manquerais tout l'honneur et le plaisir ?
- Je n'aime pas trop les réceptions, répondit Booth. On y étouffe et ce sont d'affreuses corvées.
- Ce n'est pas une manière de parler de ton mariage, dit Tempérance.
- Je sais, dit-il en souriant. Bon, en tout cas, il faut t'amuser. Quelle femme ne s'amuse pas à un mariage, surtout quand c'est le sien ?
- Anthropologiquement, le mariage est une explication d'ordre sexuel et reproductif. Elle prend en considération…
- Bones…
- Quoi ?
- Tu crois que c'est le jour pour parler anthropologie, humm ?
Elle le fixa quelques secondes.
- Non, tu as raison, dit-elle.
Tout à coup, elle se sentait mieux, une des parties les plus dur de ce mariage était derrière eux. Mais le plus dur restait encore à venir.
- Merci encore, Booth.
- De quoi ?
- De quoi ? répéta-t-elle. D'avoir accepté de m'épouser pour me permettre de récupérer la société de grand-père et à Russ d'en être le patron.
- Je te devais bien ça. Tu sais bien que tu peux toujours compter sur moi.
- Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?
- On continue à jouer le jeu, jusqu'à notre départ en voyages de noces.
- Et quand est-il ?
- Demain, à midi. On arrivera à Hawaï demain soir.
- A Hawaï ? s'exclama-t-elle. Tu m'emmènes à Hawaï pour notre voyage de noces ?
- Oui, pourquoi, ça ne te plaît pas ?
- Si, bien sûr, je n'y suis jamais allée, mais tu trouves que ce n'est...
- Heureux que ça te fasse plaisir, dit-il en l'interrompant et ne dis plus rien car je sens que tu vas dire des bêtises. Une dernière chose : n'oublie pas que notre dévoué Brian Gibson nous accompagne.
- Je l'avais oublié, celui-là.
- Pas de chance. Il sera toujours là à nous observer. Nous devrons continuer à jouer aux jeunes mariés.
Booth avait parlé à mi-voix et son regard était grave. Tempérance ne comprit pas pourquoi, mais elle eut soudain l'impression d'avoir de la difficulté à respirer.
- Oui…, murmura-t-elle en s'éloignant à l'autre bout de la banquette de la limousine. Nous devrons faire ça.
- Ça t'ennuie tant que ça ?
- Non non, pas du tout. Simplement, j'aurais aimé…
Tempérance ne put terminer sa phrase car la limousine s'arrêta. Le chauffeur vint leur ouvrir la porte et ils descendirent pour se retrouver à nouveau en compagnie de tous les invités qui les avaient devancés. Tout à coup, elle vit Parker courir vers elle.
- Dr Bones, Dr Bones !
- Parker, qu'est-ce qui se passe ? s'écria Booth en voyant son fils courir à toute vitesse.
- J'veux faire un bisou au Dr Bones ! C'est ma seconde maman, maintenant ! Bisous, Dr Bones !
- Non, Parker, elle…
- Non, Booth, laisse-le faire !
Tempérance se baissa pour se retrouver à la hauteur du garçonnet qui glissa ses petits bras autour de son cou et couvrit sa joue de bisous mouillés.
- Je t'aime bien, Dr Bones, et puisque tu aimes mon papa, je t'aime encore plus ! Comme ça !
Il écarta ses bras.
- Moi aussi, je t'aime beaucoup, Parker.
- Parker, laisse Tempérance tranquille ! cria Rebecca en s'approchant rapidement d'eux.
- Non, ne vous inquiétez pas, Rebecca, Parker ne m'ennuie absolument pas. Il est si mignon dans son costume de petit garçon d'honneur.
Rebecca regarda Booth et Tempérance à tour de rôle.
- Je profite de cette petit diversion pour vous présenter tous mes vœux de bonheur. Vous allez si bien ensemble, et… (Elle tourna son regard vers Booth.)… Seeley, je ne t'ai jamais vu aussi rayonnant, tu me sembles très heureux.
- Je le suis, Rebecca, je le suis, dit-il en posant ses yeux sur Tempérance qui croisa son regard.
Comment peut-il être aussi heureux d'être marié avec moi alors que nous allons divorcer d'ici peu ? Joue-t-il son rôle ou bien…
Elle fixa son regard dans celui de son partenaire, puis la foule des invités les poussa en criant et en riant pour qu'ils rejoignent le hall de l'hôtel.
A l'hôtel où avait lieu la réception, ils prirent place pour dîner. Il y avait toutes sortes de plats et de vins différents.
Bien avant qu'on ait atteint le sorbet, à moitié du menu, Tempérance sentit qu'elle ne pouvait plus rien avaler. Par contre, elle goûtait chaque vin.
Assise à droite de Sully, il lui murmura à l'oreille :
- Mon ami Booth est un très heureux homme. J'aurais aimé être ton mari ce soir.
Elle regarda son visage, vit le désir dans ses yeux et ne fut pas effrayée, mais amusée. Elle sentit les doigts de Sully serrer les siens et jeta un coup d'œil à Booth, assis de l'autre côté.
Ses larges épaules, son corps athlétique sans un gramme de chair superflue, son allure sexy et son port de tête la rendirent soudain heureuse de l'avoir épousé.
Elle but un autre verre de vin.
Comme s'il devinait cet examen, Booth se tourna vers elle et lui sourit. Une chose étrange arriva au cœur de Tempérance. Elle eut l'impression qu'il bondissait dans sa poitrine.
Il leva son verre à son intention et une étincelle scintilla sur son annulaire gauche. Son alliance. Soudain, Tempérance tressaillit.
Elle regarda son doigt et y vit son alliance.
Mariés. Ils étaient mariés, pour le pire et le meilleur, jusqu'à la mort.
Pour de faux. Un mariage blanc. Fabriqué de toutes pièces.
Il lui sembla que la salle s'assombrissait, que les voix s'estompaient. Elle se demanda pourquoi l'avenir paraissait triste et vide. C'était un mariage de convenance où les deux partenaires en cause n'étaient unis que par la faute d'un stupide héritage, un mariage bientôt suivi d'un divorce.
Elle qui n'était pas pour le mariage, elle s'était quand même dit que, si un jour, elle devait convoler en justes noces, elle espérait un mariage où elle aimerait et serait aimée. Elle avait rêvé d'un homme tendre et bon dont le contact la ferait vibrer. Et maintenant…
- Non, ce n'est pas possible, ça ne pourra pas se terminer comme ça, marmonna-t-elle pour elle-même.
Soudain, elle se rendit compte qu'elle était devenue l'attention de tous et qu'une musique entraînante sortait à plein régime de la sono.
- Il n'y a jamais eu une aussi belle mariée ! s'écria Hodgins en levant son verre. Je porte un toast à ma plus belle et chère collègue, le Dr Brennan-Booth !
Tout le monde se leva et chacun y alla de son verre de vin.
- Et elle est à l'agent Booth ! s'exclama une beauté blonde. Ce n'est pas juste. Il a tout.
- Moi comprise, dit Tempérance en retenant un petit hoquet.
Elle regarda l'alliance d'or à son doigt. Elle pouvait enfin le croire. Faire semblant.
Elle était mariée à l'agent spécial Seeley Booth. Du moins pour un certain temps.
A suivre...
