Bonjour à tous ! Tout d'abord, merci encore à tous ceux qui ont pris la peine de me laisser des reviews, j'aime vos encouragements, vos questions et vos critiques. Il y a même des gens qui m'ont mis en Auteur favori ! Quel choc ! Ensuite, j'ai longuement réfléchi à la façon dont je parlerais de ce qu'il s'est passé après la Guerre : utiliser des Pensines, des potions etc. Mais comme j'ai déjà pensé à une ou deux scènes qui se passeraient de la sorte, je vous propose un chapitre que je qualifierais de « bonus » pour ceux qui veulent en savoir plus sur le passé de nos héros. Il n'y a pas l'intégralité des 3 ans parce que rien que ça demanderait une nouvelle fic (hum humm...) donc j'ai mis le plus important pour l'instant. Je suis désolée si certains n'y voient aucune évolution dans notre Drarry, mais pour ma part, je trouve ce chapitre très important pour la suite de l'histoire.
Voilà sur ce, bonne lecture.
Elendil-sama.
Ses doigts se posèrent sur la nuque du jeune homme, et il observa un moment sa blancheur d'une pureté presque magique. La peau était froide mais douce sous ses doigts, et il finit par poser sa main entière sur le blond.
Ce fut comme un signal. Soudain, Malfoy se recula d'un geste vif et Harry rouvrit les yeux pour croiser deux perles grises horrifiées. Il n'eut pas le temps de faire le moindre geste, sans un mot, le blond s'était levé et avait quitté la salle en un éclair, laissant Harry hagard et déboussolé.
Chapitre 6 : Flash back.
Lorsque son réveil sonna, il écrasa le poing dessus afin de stopper l'alarme qui avait percé le silence. Il n'eut pas besoin d'ouvrir les yeux, il était resté éveillé toute la nuit, incapable de trouver le sommeil. Il sortit du lit sur la pointe des pieds afin de ne pas réveiller le roux qui dormait à côté. Il s'habilla en silence et sortit à pas de loup. Dans les escaliers, il enfila ses chaussures et sa veste noire et se dirigea vers le miroir dans le hall d'entrée devant lequel il essaya de nouer sa cravate. Le miroir lui renvoya l'image d'un jeune homme aux cheveux en bataille, au visage parsemé de coupures légères mais visibles et aux yeux d'un vert profond.
Après quelques minutes, il abandonna sa cravate défaite autour de son cou et se rendit dans la cuisine où il trouva une femme s'afférant aux fourneaux. En le voyant, elle lui lança un petit sourire qui se voulait rassurant.
« Harry ! Tu es réveillé, très bien. Viens t'asseoir, c'est bientôt prêt. »
Le brun prit place à la table de la cuisine et tenta d'aplatir ses cheveux, en vain. Après quelques secondes, Molly Weasley posa une assiette devant lui. Il leva la tête pour la remercier mais elle s'était déjà détournée.
« Tu te sens prêt ? » lui demanda-t-elle le dos tourné.
« Oui, je crois. » lui répondit Harry en découpant une saucisse.
« C'est bien. » répondit-elle, mais quelque chose dans sa voix trahissait un désaccord profond. « A quelle heure dois-tu être au tribunal ? »
« L'audience commence à 8h. »
« Très bien. » répondit-elle de ce même ton réprobateur.
En temps normal, Harry lui aurait demandé si quelque chose la dérangeait, mais cette fois c'était inutile, car il savait très bien ce qui n'allait pas : Fred. Le jeune homme avait perdu la vie dix jours auparavant, et sa disparition était encore ancrée sur le visage de la famille Weasley. Et bien que Molly faisait tout pour ne pas sombrer et pour continuer à s'occuper de la maison, personne ne pouvait manquer de remarquer les larmes qui coulaient sur ses joues par moments, ni la lueur qui s'était éteinte dans ses yeux.
« Tu ferais bien de te dépêcher. » lui dit-elle, et il se leva, laissant son assiette à moitié pleine. Il n'avait pas faim de toute façon.
Elle se dirigea vers lui et noua sa cravate avant d'épousseter son costume. Puis, elle tenta également de discipliner ses cheveux.
« Satanés épis… » Murmura-t-elle en abandonnant également.
A cet instant, la porte de la cuisine s'ouvrit et Arthur Weasley s'arrêta sur le pas de la porte.
« Prêt, Harry ? »
Le brun remercia Molly et sortit de la maison aux côtés d'Arthur. Une fois sortis du terrain des Weasley, Arthur lui tendit son bras et ils disparurent dans un pop.
En arrivant au ministère, Harry fut surpris de voir autant de monde. Il jeta un regard interrogateur à Arthur.
« C'est un peu le chaos au ministère. » expliqua-t-il « Une refonte intégrale est à envisager. »
« Une refonte ? » demanda Harry en accélérant le pas pour rester au même niveau qu'Arthur.
« Oui, il faut revoir les effectifs, épurer les rangs des Mangemorts ou collaborateurs restants, fermer les secteurs ouverts par l'ancien régime… »
« Ca fait beaucoup de choses… »
« Exact, mais j'ai confiance en Kingsley, il saura gérer tout ça. » lui répondit Arthur avec un sourire qui aurait pu passer si l'homme n'avait pas les yeux cernés de violet par ses nuits d'insomnie.
Ils passèrent plusieurs check point avant d'arriver à l'étage où se trouvait la salle de tribunal. Pendant un court instant, Harry ne put s'empêcher de penser à sa cinquième année, durant laquelle il avait comparu devant ce même tribunal pour avoir usé de la magie devant son cousin Dudley. Il chassa ce souvenir d'une autre époque de sa tête pour se concentrer sur le présent.
Arrivés devant la salle, Arthur s'arrêta. Harry le salua avant de poser une main sur la poignée. A ce moment, il entendit la voix d'Arthur derrière lui.
« Harry… »
Il se retourna.
« Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? »
Pendant un moment, Harry plongea dans les yeux d'Arthur, et il comprit que l'homme s'inquiétait réellement pour lui.
« Oui. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr. »
Il pénétra dans la salle et une explosion de voix le fit s'arrêter un instant. La salle était noire de monde, de sorciers assis au centre de la pièce, mais aussi dans les estrades en hauteur. Le brun se fraya un chemin dans la foule et plusieurs têtes se tournèrent sur son passage, les murmures redoublant d'intensité à sa vue. Il arriva enfin devant un cordon de sécurité et un homme fit signe au gardien de le laisser passer. Harry se dirigea vers lui et serra la main qui lui était tendue.
« Harry. »
« King…ministre. »
Kingsley Shacklebolt sourit. Dans la soirée qui avait suivie la victoire des Aurors sur les Mangemorts, un premier ministre provisoire avait dû être élu afin que le pays ne sombre pas dans le chaos. Shacklebolt avait été choisi avec une étonnante majorité, et beaucoup disaient qu'il garderait son poste une fois la Reconstruction terminée.
Shacklebolt braqua son regard dans celui d'Harry.
« Tu es sûr de ce que tu fais ? »
« Certain. » répondit Harry, espérant que ce soit la dernière fois qu'on lui pose la question.
Shacklebolt hocha de la tête et lui fit signe de prendre place, ce qu'il fit. Peu à peu, le brouhaha ambiant se calma, si bien que lorsque l'audience s'ouvrit, un silence de plomb régnait dans la salle. Shacklebolt prit place et sortir un parchemin.
« Audience du mercredi 12 mai 1998, troisième jour de jugement des crimes de guerre commis par les associés du mage noir Lord Voldemort. »
Un frisson parcourut l'ensemble de la salle à l'évocation de ce nom, encore tabou pour la majorité d'entre eux. Harry pensa alors que c'était pour cette raison que Shacklebolt avait été choisi : il avait combattu Lord Voldemort et ses troupes et n'avait pas peur d'eux et de ce qu'ils représentaient.
« Aujourd'hui, faisant suite au jugement de Lucius Malfoy, condamné à la réclusion à perpétuité dans la prison d'Azkaban, et de son épouse Narcissa Malfoy, acquittée de toute charges pour circonstances spéciales et assignée à résidence… »
De nouveaux murmures au ton réprobateur s'élevèrent et Harry sentit des dizaines de regards se poser sur sa nuque. Il ne réagit pas et continua d'écouter.
« …nous jugeons ce matin le dossier de Draco Lucius Malfoy, domicilié au Manoir Malfoy dans le Wiltshire, pour complicité du meurtre d'Albus Dumbledore, et collaboration. Le prévenu sera interrogé par Kingsley Shacklebolt, ministre de la magie provisoire. Faites entrez l'accusé. »
Pour la troisième fois cette semaine, Harry tourna la tête vers la porte par laquelle entraient les accusés. Les premiers à sortir furent deux Aurors, puis, Harry vit une tignasse blonde apparaître, suivie par deux autres Aurors. Draco Malfoy parcourut les quelques mètres qui le séparaient du box des accusés d'un pas lent mais élégant, la tête droite mais dénuée de cet angle qui donnait toute l'arrogance au blond. Il regardait droit devant lui et ne flancha pas quand plusieurs personnes lui lancèrent des insultes du haut des estrades. Shacklebolt demanda le calme, puis le silence retomba dans la salle.
« Monsieur Malfoy, vous êtes accusé de complicité dans le meurtre d'Albus Dumbledore, directeur de Poudlard à l'époque des faits, vous êtes également accusé d'avoir pris part à la Guerre au sein du groupe de Mangemorts. Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés ? » demanda Shacklebolt en se tournant vers le blond.
Malfoy regarda droit devant lui avant de répondre.
« Non. »
« Vous niez être impliqué dans le meurtre d'Albus Dumbledore ? »
« Oui. »
« Et vous niez avoir participé à la Bataille de Poudlard ? » demanda Shacklebolt. « D'avoir combattu des élèves ? Beaucoup jurent vous avoir vu. Je vous y ai vu. » reprit-il d'une voix glaciale.
Malfoy se tut, regardant toujours devant lui. Après quelques secondes de silence, la voix de Shacklebolt retentit de nouveau.
« Bien, maintenant que l'accusation a été posée, passons au témoin de la défense. »
Les murmures se firent plus forts et certains poussèrent des cris perçants lorsque Shacklebolt lança.
« Nous appelons à la barre Harry James Potter. »
Sous les cris étonnés de la foule, Harry se leva et se dirigea vers la chaise prévue pour lui. En passant près de Malfoy, il remarqua que celui-ci ne regardait plus la foule de ses yeux vides, il le suivait du regard comme une créature qu'il voyait pour la première fois. Harry lui lança un hochement de tête presque invisible, mais que Malfoy perçut car ses yeux se remplirent d'interrogation. Harry remarqua également quelques bleus et coupures sur le visage du blond, des marques qui semblaient fraiches.
Harry prit place et il put enfin voir la foule qui lui faisait face. Il déglutit difficilement en remarquant qu'il y avait plus de gens que pour le procès de Lucius et Narcissa Malfoy. Tout le monde semblait avoir été absorbé par l'affaire Malfoy et tous se demandaient si le fils suivrait le même chemin que son père. Et à en juger par les regards meurtriers jetés en sa direction, beaucoup semblait l'espérer.
« Veuillez stipuler vos noms, adresse et date de naissance pour l'assemblée. » demanda Shacklebolt.
« Harry James Potter, né le 30 juillet 1980, domicilié au 12, square Grimmaurd. »
« Vous vous présentez aujourd'hui devant l'assemblée pour fournir un témoignage en faveur de l'acquittement de Draco Malfoy ? »
Harry inspira profondément.
« C'est exact. »
De nouveaux cris envahirent la salle et Shacklebolt dû élever la voix pour calmer la foule.
« Très, bien. Commençons par la mort d'Albus Dumbledore. Confirmez-vous que l'accusé se trouvait sur place au moment des faits ? »
« Oui. »
« Et il était en haut de cette tour pour… »
« Assassiner Albus Dumbledore. »
« Sur les ordres de qui ? »
« De Lord Voldemort. »
« Et était-il seul ? »
« Au début, oui, mais il a été rejoint par un groupe de Mangemorts. »
« Et comment ces Mangemorts se sont-ils introduits dans l'enceinte de Poudlard ? »
« Par une armoire à disparaître que Malfoy avait utilisée. »
« Très bien. » reprit Shacklebolt. « Jusque là, tout porte à croire qu'il a tout mis en ordre pour assassiné Albus Dumbledore.
« Oui, quelqu'un n'étant pas en possession de tous les éléments de cette histoire pourrait croire cela. » répondit Harry, qui avait reprit confiance en lui.
« Tous les éléments ? Pouvez-vous être plus clair ? »
« Quelqu'un qui n'était pas au courant des plans de Dumbledore aurait pu le voir comme ça. »
« Et quels étaient ces plans ? »
« Dumbledore avait prévu de se faire assassiner cette nuit-là. »
A ces mots, une explosion de voix et de cris retentit dans la salle.
« Silence ! SILENCE ! » s'époumona Shacklebolt. « Continuez. »
« Dumbledore savait depuis le début que Voldemort avait demandé à Draco Malfoy de le faire assassiner. »
« Et comment avait-il eu cette information ? »
« Par Severus Snape. » répondit Harry.
« Rogue, qui était également un Mangemort ? » demanda Shacklebolt.
« Et un double agent de l'Ordre du Phénix, comme vous le savez très bien, ministre. » répondit Harry sans fléchir. « Severus Snape l'avait informé de la mission de Malfoy et du pacte qu'il avait fait avec sa mère pour le protéger. Dumbledore lui a alors demandé de tout faire pour que Draco Malfoy n'ait pas à porter le coup fatal, mais que lui, Snape, devrait le faire à sa place. J'ai d'ailleurs en ma possession les souvenirs de Severus Snape qui attesteront de ce que j'affirme. »
« Mais pourquoi demander une telle chose ? »
« Pour protéger Malfoy. » répondit Harry. Il ne parla pas du plan de faire de Snape le maitre de la Baguette de Sureau, afin d'éviter que tout lien soit fait entre elle et lui. Il valait mieux que les Reliques de la Mort restent une légende aux yeux de tous.
« Et que s'est-il passé sur la tour d'Astronomie ce soir-là ? »
« Exactement ce qu'avait prédit Dumbledore. Draco Malfoy est arrivé et a pointé sa baguette sur lui. »
« Dans l'idée de le tuer donc. »
« Oui, mais il ne l'a pas fait. »
« Pourquoi, l'en a-t-on empêché ? » demanda Shacklebolt.
« Non. Il a tout simplement baissé sa baguette. Et j'ai compris qu'il n'avait jamais voulu tuer Albus Dumbledore. »
Les murmures reprirent de plus belle, et en tentant de détacher son regard de la foule, le regard d'Harry accrocha celui de Malfoy. Le blond le regardait abasourdi, ne comprenant visiblement pas ce qui était en train de se passer. Il ne s'attendait surement pas à ce que quelqu'un prenne sa défense, et encore moins Harry Potter, et comme il n'avait pas pu assister au jugement de sa mère, il ne savait pas qu'Harry avait déjà plaidé en sa faveur la veille.
« Et qu'avez-vous à dire sur les évènements du 2 mai 1998 ? Draco Malfoy se trouvait bien sur le champ de bataille, côté Mangemorts… »
« Certes, mais l'avez-vous tuer quelqu'un ? » reprit Harry. « Il n'a tué personne, et j'ai passé une partie de la bataille avec lui. »
« Avec lui ? » demanda Shacklebolt. « A faire quoi ? »
Harry repensa à la Salle sur Demande, à Malfoy pointant la baguette de sa mère sur lui, au Feudeymon menaçant de les consumer, et de sa décision de retourner le chercher lui, lui et personne d'autre.
« Monsieur Potter ? »
La voix de Shacklebolt le fit sortir de ses pensées et il prit une profonde inspiration.
« Draco Malfoy a agi sous la menace de Voldemort. Le soir où Dumbledore est mort, je l'ai parfaitement entendu. »
Il se tourna vers le blond et le fixa droit dans les yeux.
« Je n'ai aucune option, Je dois aller jusqu'au bout. Sinon, il me tuera. Et il tuera toute ma famille. »
Les yeux de Malfoy s'écarquillèrent et Harry lui même fut surpris de la précision avec laquelle il se souvenait de ces mots. Et ils étaient vrais. Avant d'abaisser sa baguette, Draco Malfoy avait laissé transparaitre ses peurs.
« Et si vous ne me croyez pas sur parole, vous pouvez vérifier dans les souvenirs d'Albus Dumbledore. »
Il se doutait qu'après la mort du directeur, quelqu'un avait dû se charger de récupérer ses souvenirs, quelqu'un de confiance, afin que personne ne tombe sur des secrets de l'Ordre.
Dans la salle, les murmures s'étaient tus.
« En s'y penchant de plus près, il n'y a que Lucius Malfoy qui ait vraiment fait partie du cercle des Mangemorts. » reprit-il. « Narcissa y était affiliée car elle était son épouse, mais je ne l'ai jamais vue dans son cercle ou sur le terrain, ni le soir du retour de Voldemort, ni lors de notre bataille au ministère. Et je n'y ai certainement pas vu leur fils non plus. »
Puis, sans qu'il sache pourquoi, il s'adressa directement à la salle.
« Vous vous permettez de juger cette homme mais comment auriez-vous réagi à sa place ? Si vous aviez grandi avec un Mangemort comme modèle ? Si Lord Voldemort s'était invité chez vous ? Qu'il avait menacé de tuer votre famille ? Qu'il vous sacrifiait pour punir votre père ? Vous jugez Draco Malfoy comme un accusé, mais moi, je le défends comme une victime. »
Puis à nouveau, son regard se porta sur Malfoy, qui avait laissé tomber toute apparence pour le regarder, abasourdi par ce qu'il entendait.
« Car Draco Malfoy est une victime de guerre, tout simplement. »
Lorsqu'Harry sortit de la salle, il vit Arthur Weasley adossé à un mur, somnolant à moitié. Ce dernier sursauta en entendant la porte claquer et se tourna vers Harry.
« Alors ? » demanda-t-il.
« Acquitté. » répondit Harry en défaisant le nœud de sa cravate. « Mais assigné à résidence pour une période d'un an. »
« C'est bien plus qu'il n'aurait pu espérer. » répliqua Arthur. « Tu as vraiment dû faire sensation. Allons-y avant que les journalistes n'arrivent. »
Harry acquiesça et, alors qu'ils s'engouffraient dans le couloir qui les mènerait à une sortie plus discrète, Harry entendit des pas dans le couloir et se tourna. Narcissa Malfoy s'était jetée dans les bras de son fils, qui la serra contre lui. Le couloir où ils se trouvaient était vide et Harry soupçonna Shacklebolt d'avoir empêché les autres de sortir avant que les Malfoy n'aient été évacués. Narcissa se détacha de son fils et plaça ses deux mains sur ses joues. Le blond baissa la tête et sa mère déposa un baiser sur son front. Elle lui tendit ensuite une main qu'il saisit avant de longer le couloir ensemble. Harry ne put détacher ses yeux de cette mère et son fils qui sortaient libres, prêts à commencer une nouvelle vie. Il les observa jusqu'à les voir tourner au coin, suivis par plusieurs Aurors.
« Harry ? » l'appela Arthur, et Harry se retourna pour le suivre.
Ses yeux s'ouvrirent dans la pénombre, et il lui fallut un moment avant qu'ils ne puissent distinguer les formes de la chambre. Il se leva lentement et s'habilla en silence. En se dirigeant vers son armoire, il grimaça au son du parquet qui grinçait sous ses pieds, mais les ronflements de Ron dans le lit d'à côté en couvraient le moindre ruit. Il ouvrit l'armoire et en sortit un sac à dos qu'il jeta sur son épaule avant de sortir de la chambre.
Il descendit les escaliers d'un pas léger et, arrivé au deuxième étage, il passa la tête par la porte entrouverte et ses yeux se posèrent sur Ginny, profondément endormie, une montagne de mouchoirs éparpillés autour d'elle. Il continua sa descente silencieuse et se retrouva dans la cuisine. Il ouvrit la porte et se faufila à l'extérieur, engloutit par la nuit. Il pressa le pas une fois dans le jardin afin de s'éloigner rapidement de la maison, au cas où quelqu'un serait encore réveillé. Une fois arrivé à l'endroit où Arthur et lui avaient transplanés le jour de l'audience de Malfoy, il jeta un dernier regard au Terrier avant de disparaître dans la pénombre.
« Bonjour James ! »
Le jeune homme se retourna à l'appel de son nom et lança un sourire timide à la personne qui entrait.
« Bonjour Henry, comment vas-tu ? »
« Très bien. Je viens rendre les livres que j'ai empruntés la semaine dernière. » dit-il en brandissant une pile de livres.
« Bien sûr, tu peux les poser sur le comptoir, je m'en occuperai plus tard. » répondit le brun, dont les bras étaient déjà chargés.
« Au fait, tu viens au café ? Les autres y sont déjà. » lui demanda Henry une fois sur le pas de la porte.
« Je ne sais pas… » répondit James.
« Oh…James Evans aurait-il d'autres plans ? »
« Tu sais bien que non. » répondit le brun.
« Eh bien tu devrais. On te connaît depuis presque deux ans et on ne t'a jamais vu dehors, jamais vu avec une fille, pour un homme de 20 ans, tu n'as pas une vie bien remplie ! »
« C'est compliqué… » tenta de répliquer James, mais d'un geste, Henry le fit taire.
« Rien du tout ! Tu viens ce soir où je viens de te chercher. Je sais où tu habites Evans ! » lui lança-t-il en sortant.
Le brun lâcha un soupire en posant les livres qu'il tenait. Cela faisait bientôt deux ans qu'il vivait sous le nom de James Evans dans ce petit village du sud de l'Angleterre. Après quelques semaines d'errance, il avait trouvé un appartement grâce à un ami qu'il s'était fait dans un café, un homme qui n'avait pas hésité à lui louer un de ses appartements, même en sachant qu'Harry n'avait pas de travail. Mais Harry avait trouvé du travail dans ce village où la jeunesse fuyait vers la capitale et les grandes villes. Et quoi de mieux que le calme d'une librairie pour clarifier ses pensées et commencer à se reconstruire ?
Il avait coupé tous liens avec le monde magique depuis sa fuite et n'avait pas cherché à savoir ce qu'il s'y passait. Pour la première fois de sa vie, Harry avait pensé à lui, il avait été égoïste et avait tout abandonné. Car s'il était resté dans le monde des sorciers à un moment pareil, il serait surement devenu fou. On ne l'aurait pas laissé souffler, on l'aurait harcelé, lui, l'Elu qui avait sauvé le monde magique du plus grand mage de tous les temps. On l'aurait trainé de soirée en soirée, attendant de lui qu'il raconte comment il avait vaincu Lord Voldemort et sauvé la communauté magique.
Il ne put retenir un rire nerveux. Comment se faisait-il qu'il récolte seul la « gloire » remportée par autant de monde ? Car s'il était bien certain d'une chose, c'est qu'il n'aurait rien pu faire seul. Ni trouver tous les Horcruxes, ni apprendre l'existence des Reliques, rien.
Il était mieux ici, entouré de Moldus qui s'extasiaient devant des tours de magie faits par d'autres Moldus, qui vivaient leurs vie simplement, sans coup de baguette.
« Finalement, pourquoi pas aller à ce café ! » s'exclama-t-il, et, après quelques derniers rangements, il attrapa sa veste et sortit.
Les rues du village étaient désertes, car pour beaucoup, c'était l'heure du diner. Harry n'avait pas d'heures, il pouvait faire ce qu'il voulait et ce à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit. Il accéléra le pas en traversant le petit parc qui faisait face au café et il fut au bout en quelques minutes. Il s'arrêta en voyant la terrasse à laquelle ses amis étaient assis. Henry, le propriétaire de l'immeuble dans lequel il vivait y était installé avec sa femme Laureen et leur ami Benjamin, qui avait accepté d'employer Harry sans lui poser plus de questions. En regardant Henry et Laureen se chamailler il ne put s'empêcher de penser à Ron et Hermione et pendant un bref moment, il se demanda ce qu'ils avait pu devenir et son cœur se noua. Il secoua la tête et traversa la rue vers le café. En l'apercevant, ses amis l'applaudirent.
« Mesdames, messieurs, James Evans nous fait l'honneur de sa présence ! » s'exclama Henry.
Harry leur sourit timidement en prenant place et aussitôt la serveuse arriva. Il commanda un soda et la jeune femme repartit, non sans un regard vers lui.
« Tu as une touche Evans. » lui lança Laureen.
« Inutile de te lancer là dedans chérie. » lui répondit Henry. « James n'est pas intéressé par les femmes. D'ailleurs, c'est à se demander ce qui t'intéresse, mise à part les livres. »
Harry se contenta de sourire. Que pouvait-il dire ? Il avait vécu toute son enfance dans le monde magique et ne s'intéressait qu'à peu de chose moldues. Il aimerait leur parler de sa passion pour le Quidditch mais il savait où cela le mènerait.
Il allait ouvrir la bouche pour parler lorsque ses yeux se posèrent quelque part au loin, à l'endroit même où il s'était arrêté pour observer ses amis. Un homme à la carrure imposante se tenait debout, habillé d'un costume gris qui faisait ressortir sa peau sombre.
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent en reconnaissant Kingsley Shacklebolt.
Il se tourna vers ses amis et remarqua que personne n'avait remarqué son moment d'inattention. Il se leva, prétextant un coup de fil important à passer, et se faufila entre les tables en direction de l'entrée du parc. Là, à l'abri des regards se tenait le ministre de la magie.
« Bonjour Harry. »
Harry le regarda, abasourdi.
« Comment m'avez-vous retrouvé ? »
« James Evans ? » lui répondit Shacklebolt avec un petit sourire. « Pour quelqu'un qui tenait absolument à passer inaperçu, tu aurais pu trouver mieux. »
Harry l'observa un moment, l'ancien membre de l'Ordre avait pris un air plus officiel qui lui allait bien. Cependant, on discernait encore très nettement cette étincelle d'ancien combattant nichée au fond de ses yeux.
« Qu'est-ce que vous faites là ? » demanda Harry.
Kingsley l'observa à son tour avant de répondre.
« J'aimerais que tu viennes avec moi. »
« Où ça ? » demanda Harry d'un ton plus défensif qu'il ne l'aurait voulu.
« Poudlard. »
« Impossible. J'ai une vie ici maintenant. » répondit-il avec un mouvement de recul.
« Comme libraire ? » ironisa Shacklebolt. « Ne penses-tu pas que tu pourrais faire mieux ? »
« Comme quoi ? Devenir la mascotte du ministère ? » cingla Harry.
« Tu sais que je ne te demanderais jamais ça. »
Harry ne répondit pas.
« Ecoute, tout ce que je te demande, c'est de venir à Poudlard pour la journée. »
« Pourquoi ? »
« Tu ne sais pas quel jour on est ? » lui demanda Shacklebolt. Puis, voyant qu'Harry ne comprenait pas. « Nous sommes le 2 mai. »
Le 2 mai 2000, cela faisait donc deux ans jour pour jour que la Guerre était finie. Harry ne put s'empêcher d'imaginer ce qu'était devenu Poudlard et la société magique. Avaient-ils terminé leur reconstruction. Qu'étaient devenus ses amis, ses anciens camarades ?
« Alors ? » lui demanda Shacklebolt et Harry lui lança un regard lourd de reproches. Il en voulait au ministre de s'être présenté devant lui, lui balançant son passé à la figure, faisant remonter des sentiments qu'il croyait enterrés. Il lui en voulait de le tenter, de lui donner le choix, le mettant dans la position du méchant s'il refusait. Mais il avait envie, au fond de lui, de savoir ce qu'étaient devenues toutes ces personnes qui avaient partagées sa vie.
« Très bien. » répondit-il. « Mais personne ne doit savoir. »
« Comme tu veux. »
Ils s'engouffrèrent un peu plus loin dans le parc à l'abri des regards et Shacklebolt lui tendit un bras.
« Je sais transplaner. » lui répondit Harry.
« Il y a deux ans peut-être, mais qui sait ce qu'il pourrait arriver aujourd'hui. Et puis je pense ne pas me tromper en pensant que tu n'as pas ta baguette sur toi. »
Harry l'observa un moment avant de lui agripper le bras. Aussitôt, il ressentit cette sensation d'oppression, comme si son corps tout entier était coincé dans un tuyau. Il ferma les yeux pour calmer le malaise qui le gagnait et serra son emprise sur le bras de Shacklebolt. Lorsque son corps sembla reprendre sa taille normale, il tituba et faillit perdre l'équilibre. Quelque part à ses côtés, il entendit un petit rire.
« Tu es rouillé. »
« Je voudrais vous y voir. » commença Harry en se redressant. « Et puis je n'ai jamais aimé trans… »
Les mots moururent dans sa bouche lorsque son regard tomba sur l'imposante bâtisse qui lui faisait face. Les façades de pierre avaient retrouvé leur splendeur et leur touche médiévale, et les arbres aux alentours avaient retrouvé leur feuillage.
Poudlard.
Harry sentit son cœur se gonfler par le manque en voyant l'endroit qu'il avait toujours considéré comme sa maison. Il avait eu mal en voyant l'école à moitié détruite et c'était la dernière image qu'il avait eue d'elle. Il détourna les yeux en les sentant s'humidifier.
« Allons-y. » lui dit Shacklebolt en avançant, non pas vers la porte d'entrée, mais vers une porte située au bout d'un sentier presque invisible.
Harry ne bougea pas. Il ne pouvait pas se présenter comme ça, il n'était pas prêt. Et puis, il ne savait pas comment les gens, ses amis, allaient réagir. Il n'était pas prêt à leur faire face.
Comme s'il avait lu dans ses pensées, Shacklebolt pointa sa baguette sur Harry et aussitôt, un voile tomba sur son visage et roula jusqu'à ses pieds. Harry leva une main hésitante pour caresser le doux tissu qui glissa entre ses doigts comme de l'eau.
« Où l'avez-vous trouvé ? » demanda-t-il.
« Chez toi. Dans le tiroir où tu gardes tout ce qui a un rapport avec la magie. »
Harry ne répondit pas et cette fois-ci il suivit Shacklebolt, rassuré d'avoir sur lui sa cape d'invisibilité.
Ils pénétrèrent dans un couloir qui les mena à l'arrière de la Grande Salle, du côté des professeurs. Au brouhaha qui y régnait, la salle était noire de monde, et le côté des professeurs ne faisait pas exception. A son arrivée, Shacklebolt fut accueilli par une femme de grande taille au chignon serré et aux rides prononcées. Harry retint un cri de surprise en reconnaissant Minerva McGonagall.
« Ministre ! Soyez le bienvenu. » s'exclama-t-elle en l'apercevant, et Harry fut surpris de voir un sourire éclatant se former sur ses lèvres.
« Minerva. » la salua Shacklebolt. « Comment allez-vous ? »
« A merveilles maintenant que nous avons pu commencer une année scolaire normale. Voir à nouveau des élèves longer les couloirs de Poudlard cette année a été… » commença-t-elle et Harry vit quelques larmes se former au coin de ses yeux.
« Minerva. » lui répondit Shacklebolt avec un sourire. « Que vont penser ces chers élèves en voyant leur directrice pleurer ? Et un jour pareil ? »
Harry ne put s'empêcher de sourire aussi, puis, il se tourna pour faire face à la foule. Son cœur manqua un battement face au tableau qu'il voyait : la Grande Salle avait retrouvé ses grandes tables et son plafond enchanté au milieu duquel un soleil brillait de mille feux.
Soudain, il faillit perdre l'équilibre lorsque quelqu'un le bouscula. Il tituba quelques secondes et réussit à se stabiliser tout en se tournant.
« Oh désolé ! » s'exclama une voix, et Harry se retint de crier le nom du sorcier en face de lui.
Neville ! Mais seul quelqu'un ayant connu le jeune homme pendant des années aurait pu le reconnaitre tellement il avait changé : ses rondeurs s'étaient transformées en muscles qui se dessinaient sous son pull et son visage était devenu plus carré. Néanmoins, il avait gardé cette joie de vivre qui faisait scintiller ses yeux.
Neville regarda autour de lui, incapable de voir la personne ou chose qu'il avait bousculée puis, faisant attention à ne pas renverser les Bierraubeurres qu'il tenait, il se dirigea vers la table des Gryffondors. Harry le suivit en prenant garde à ne bousculer personne d'autre et, arrivé à destination, il se figea. Tous ses anciens camarades, ceux qui avaient survécus, étaient assis ensemble et la bonne humeur qui émanait de leur réunion le fit vaciller. A ce moment, il ressentit enfin pleinement à quel point ces gens lui manquaient, à quel point il avait trouvé sa place dans son monde où il n'avait rien à cacher.
Il leva la tête à temps pour voir l'ensemble de la table lever son verre, puis, Neville se leva et toute la salle se tut.
« A Harry Potter. » dit-il simplement. « Où qu'il soit. »
« A Harry Potter ! » clama le reste de la salle.
Harry se sentit nauséeux, c'était exactement ce qu'il redoutait, il ne voulait pas devenir une mascotte, un héros, il ne voulait pas que l'on scande son nom ou que l'on boive à sa santé.
Il se recula et se mit à courir hors de la salle, laissant derrière lui le bruit des conversations et des rires. Il sentit sa cape glisser mais ne fit aucun geste pour la retenir, si bien qu'il l'entendit tomber derrière lui alors qu'il se précipitait dehors.
Lorsqu'il s'arrêta après plusieurs minutes de course, il se laissa tomber à genoux, tête baissée, tentant de reprendre son souffle. Que faisait-il ici ? Pourquoi avait-il accepté de venir, au risque de se faire du mal ? Pourquoi n'était-il pas resté dans le monde moldu !
Il leva la tête et ses yeux tombèrent sur une pierre blanche et lisse sur laquelle il lut l'inscription :
Albus Percival Dumbledore
Directeur de Poudlard
"A Poudlard, une aide sera toujours apportée à ceux qui la demandent"
Harry leva une main et la posa sur la pierre réchauffée par le soleil et ferma les yeux. Dumbledore. Il n'avait jamais eu l'occasion de lui dire à quel point il lui était reconnaissant, en fait, il y avait tellement de choses qu'il aurait aimé dire au directeur que d'y penser lui faisait mal. Il avait perdu toutes les personnes qu'il considérait comme des figures paternelles : Sirius, Dumbledore, puis Remus. Il avait ensuite fuit la famille qui l'avait accepté.
Soudain, il entendit quelque chose craquer derrière lui et, avant qu'il n'ait pu réagir, une voix se fit entendre.
« Harry ? »
Il se figea, et son cœur se mit à battre à tout rompre. Il connaissait cette voix. Il se retourna lentement avant de croiser une paire d'yeux marron qui s'écarquillèrent en apercevant son visage.
Hermione se tenait face à lui et le bouquet de fleurs qu'elle avait dans les mains tomba au sol.
« Mione ? » appela une voix alors qu'une large silhouette apparaissait à son tour. « Qu'est ce qui se… »
Ron se figea en apercevant Harry et les trois amis restèrent un moment à s'observer, incapables de bouger. Harry se prépara au choc : ses amis allaient surement réagir violement face à cette rencontre et il serra les poings en attendant l'explosion. Ce fut Hermione qui réagit la première et elle se jeta sur le brun, qui ferma les yeux en attendant le coup. Il fut donc surpris lorsqu'il sentit le corps entier de la jeune femme le percuter et à nouveau, il perdit l'équilibre. Deux bras vinrent alors se loger derrière son cou et il sentit la chevelure de la brune lui caresser la joue.
« Harry ! » sanglota-t-elle aussitôt. « Oh Harry ! »
Le brun resta un moment figé avant de lever les bras timidement afin de l'enlacer.
« Bonjour Hermione. » murmura-t-il et les sanglots de la jeune femme redoublèrent d'effort.
Il lui fallut quelques minutes pour la calmer et lorsqu'elle se détacha de lui, il remarqua que ses yeux avaient rougis.
« Oh Harry…nous pensions qu'il t'était arrivé quelque chose. »
« Je suis désolé. » répondit-il.
Que pouvait-il dire d'autre ? Il savait qu'il avait été égoïste en choisissant de partir sans les prévenir, mais il n'avait pas pensé qu'ils en seraient aussi touchés.
Il leva les yeux vers Ron, qui n'avait pas bougé de sa place. Hermione s'écarta pour qu'Harry le rejoigne. Une fois face à lui, il lui tendit une main. Ron la lui agrippa puis, d'un geste brusque, il l'attira vers lui avant de lui assener un coup de poing magistral.
« Ron, NON ! » cria Hermione derrière eux.
Mais Ron avait déjà agrippé Harry par le col et le secouait comme un prunier.
« Deux ans ? Deux ans d'absence et tout ce que tu trouves dire c'est « Bonjour » ? Mais pour qui tu nous prends, hein ? »
Secoué dans tous les sens, Harry se sentit mal à nouveau. Il ne s'était pas totalement remis de son récent transplanage.
« Ron, calme toi… » tenta-t-il, mais le roux avait gagné en muscles depuis la dernière fois qu'il l'avait vu.
« On t'a cherché partout ! Partout ! On a cru que tu étais mort ! Tu as pensé à nous ? A mes parents ? Et à Ginny, tu y as pensé ? »
« Je ne pouvais pas rester ! » s'écria Harry en se dégageant enfin de la poigne du roux. « Je ne pouvais pas rester, pas après ça, pas après ce que cela représentait pour la société. On allait encore me poser un poids sur les épaules et je n'en voulais pas. Je n'avais pas le droit de mener une vie normale, Ron ? » répondit-il en ancrant son regard dans celui du roux.
Les deux hommes s'observèrent un moment avant que les épaules de Ron ne s'affaissent.
« Mais pourquoi ne nous avoir rien dit ? » demanda-t-il, et sa voix perdit toute agressivité.
« Pardon. » répondit Harry.
« Harry. » entendit-t-il dans son dos et il se tourna pour faire face à Hermione. « Pourquoi es-tu venu ? »
« Kingsley est venu me chercher. Il voulait que je vois ce qu'étais devenu Poudlard…et j'avoue que je le voulais aussi. »
« Oh Harry ! » dit-elle en l'enlaçant à nouveau.
Et après quelques minutes, il sentit les bras de Ron les enlacer tous les deux, et il sentit la certitude avec laquelle il était venu se briser. Pourrait-il rentrer après cela ? Vivre loin de ses amis, de sa famille ? Il aimait la vie qu'il avait depuis deux ans, mais celle-ci était celle qui faisait de lui un être complet. Pas besoin de mentir sur son passé, de cacher ses photos, ses souvenirs.
« Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? » lui demanda Ron.
« Je ne sais pas. » répondit Harry. « Je n'en sais rien. »
A suivre.
Voilà, c'est tout pour cette fois ! Je ne pouvais en dire plus sans que ça devienne confus et puis je veux laisser quelques éléments du passé à dévoiler en temps voulu. D'autres souvenirs seront vus d'une autre façon (comme le jugement de Narcissa ou la rupture avec Ginny), là j'avais besoin de parler du passé d'Harry puisque c'est de son point de vue que se situe l'histoire. Pour ceux qui ont un soucis de chronologie, je récapitule : 02/05/98- Fin de la Guerre. 1998-2000-Harry vit dans le monde moldu. 2001- Il intègre la formation pour deux mois. Voilà promis le prochain chapitre sera la suite du chapitre 5 avec nos deux amants favoris ! Le chapitre est déjà en cours d'écriture dans ma tête ! N'hésitez pas à donner vos impressions !
A bientôt pour le chapitre 7.
Elendil-sama.
