comme promis,
bonne lecture
Chapitre 6 : Perdu
Rin était revenu dans sa chambre, le souffle court, haletant, perdu. Ce fantôme… ça n'en était pas un ! Elle était vivante, elle lui avait parlé, elle avait essayé de le retenir ! Elle ne lui en voulait pas ! Il s'était écroulé à quatre pattes sur le sol. Il détestait cet espoir qui brûlait en lui. Il ne ferait que plus mal quand il s'éteindrait !
Il se releva, quitta sa tenue d'apparat qui l'oppressait et s'empara de ses vêtements d'entraînement. Il partit d'un pas décidé de sa chambre vers la salle, évitant la salle remplie de monde - sans doute déjà pas mal éméchés. Il arriva sans problème là-bas.
Il commença comme d'habitude ses exercices, en rajoutant comme cela devenait aisé. Il se saisit alors du flingue et se mit devant la cible. Il commença par quelques tirs classiques puis enchaîna en bougeant. Il devait être prêt à tout ! Il sentait que l'étau se resserrait autour de lui, il ne savait pas bien pourquoi mais il faisait confiance à son instinct.
Et après tout, il venait de décider que ce serait demain qu'il finirait son enquête. Il était proche du but, il avait trouvé le chef. Ou du moins ou ce dernier se cachait. S'il le fallait, il tuerait tout ceux qui se trouvaient dans ce bâtiment, afin d'être certain de l'avoir tué.
Il arrêta les tirs, reposa l'arme dans sa housse, et sortit de la pièce. Son regard bleu flamboyait d'une soudaine détermination. D'une soif de sang brutale. Le démon éméché qui le croisa à ce moment voulut d'abord l'aborder pour s'amuser puis croisa son regard. Il s'éloigna soudainement, se plaquant contre le mur pour ne pas attirer l'attention de l'homme si effrayant.
Il se dégageait de lui une aura d'une bleu sombre effrayant. Il était prêt à accomplir sa mission au bout. {Tatta Hitotsu No Houhou -To Aru Kagaku No Railgun}
Le lendemain il se réveilla, sa nuit avait été sans rêve pour une fois. Son regard brûlait toujours de la même lueur sombre. Sa main gauche s'empara du fourreau de Kurikara et la droite le dégaina. Ses yeux se reflétèrent sur l'acier et il ne les reconnut pas. C'étaient ceux d'un démon. Distant de toute émotion.
Il s'habilla tranquillement et sortit. Il mangea rapidement, profitant de l'absence de frères dans la grande salle, tous devaient encore être en train de se remettre. Juste avant de partir, il eut envie d'essayer quelque chose. Il se plongea dans son monde, la flamme semblait plus vive, ou peut-être était-il plus proche ?
Sa main se tendit, et ce fut comme s'il n'y avait plus de barrière ! Son majeur effleura alors la flamme et il lui sembla de nouveau prendre une décharge électrique. Cependant alors qu'il voulait pousser encore, il fut de nouveau retenu, comme tiré en arrière. Il claqua de la langue et appuya sur le bouton.
Il allait profiter de cette vague de puissance pour éliminer le QG de ses ennemis.
Il arriva dans un endroit tranquille, un bâtiment imposant se dressait devant lui. Il faisait ancien et ne payait pas de mine. Mais il savait. Il savait que les dernières recrues, derniers gradés se trouvaient ici. Alors il pénétra.
La porte s'ouvrit sur lui, sans grincement, sans bruit. Comme s'il s'agissait d'un visiteur normal. Pas de quelqu'un qui allait mettre cet endroit à feu et à sang. Il fit un pas et ses talons claquèrent sur le carrelage. Un jeune homme, sans doute de quelques années plus jeune que lui se présenta alors, en souriant. Il allait accueillir cet étranger qui venait.
Il croisa alors le regard froid et distant de celui en face de lui et sa phrase s'arrêta dans sa gorge avant d'avoir été prononcée. Il lui sembla que l'air disparaissait de ses poumons, son instinct lui disait de fuir : c'était quoi cette aura de mort ?
— Je suis bien au QG de l'Organisation ?
Le jeune hocha la tête. Oui, tous ici voulaient créer un ordre autre que Satan, ils voulaient défaire même cet être surpuissant ! Et soudain, sa courte vie défila en une seconde devant ses yeux. Il y eut un éclat dans les airs, et une lame transperça son torse, de part en part. En plein coeur. Ses yeux s'écarquillèrent sans comprendre. L'air ne venait pas dans ses poumons, c'était comme une brûlure continue. Il n'y arrivait pas. Le sang coulait et il mourut.
Rin retira le katana, le sang gouttant de la pointe. Il laissa le corps sans vie tomber sur le carrelage et étendre la flaque débutante. Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire qu'il était plus jeune que lui : il avait fait les mauvais choix, il en payait le prix. Comme lui actuellement.
Il enjamba le corps, ses chaussures touchant la flaque écarlate, puis avança. Il semblait distant de tout, comme si une autre personne contrôlait son corps. Il n'en était plus maître. Ses émotions avaient comme été mises sous scellé à force de trop souffrir. Il continua le couloir, se disant qu'il s'occuperait de l'étage après.
Il demanda aux dix membres où était leur chef, mais apparemment ce dernier venait de partir pour Tokyo : il voulait refaire ses troupes et recruter des jeunes ! Il devrait revenir dans peu de temps. Il assassina alors. Son katana faisait des mouvements secs et rapides dans les airs. Précis. Meurtrier. Des jets de gouttes de sang tachaient les murs.
Sa rapidité lui permit même de rattraper celui qui s'échappait en courant. Il ne laissait derrière lui plus que du sang et des morts. Mais c'était ainsi. Il ne ressentait rien.
Le travail fini, il sortit et s'assit contre les murs de la maison. Il attendait là. Il patienterait le temps qu'il faudrait jusqu'à ce que l'homme se présente ! Il ferma rapidement les yeux, laissant ses sens prendre le relais. Kurikara était posé devant lui, la lame entièrement protégée par le fourreau en métal.
Enfin il ne savait combien de temps après il ouvrit un oeil, sortant de son demi-sommeil. Il bougea discrètement ses membres un à un pour délier ses muscles. Pas question de perdre à cause de cela. Il aperçut alors la voiture de l'homme, simple et grise. Ce dernier en descendit et comme Rin le supposait, il sut que quelque chose avait eu lieu durant son absence.
Son regard se posa sur le cadavre sur le chemin, pas très loin de l'entrée de la maison. Ses yeux se plissèrent et il avança, pour regarder l'état du corps. Il avait un trou béant de la poitrine. Il se releva et ses muscles se contractèrent. Il savait de qui cela venait. Satan. Il avait osé le défier, il avait à faire à l'un de ses sous-fifres.
Sa main tomba d'abord sur le pistolet qui était caché à sa ceinture. Il soupçonnait fortement que le coupable était encore sur les lieux, il voulait forcément abattre la tête pensante et ne la trouvant pas avait violemment mis à mort tous ses disciples. Un craquement de branche le fit se retourner vers le coin de la maison.
Un jeune était assis contre, affalé. Son visage était tourné vers le ciel bleu moutonneux. Ses yeux se tournèrent vers lui. Il se pétrifia, il semblait qu'il manquait quelque chose au jeune adulte. Les émotions. Ses prunelles avaient légèrement une déchirure, à moitié entre la forme où ce dernier perdait le contrôle mais sans être totalement fou.
Un frisson lui parcourut le dos. C'était quoi ça? Ce n'était pas du tout le type dont on lui avait parlé. On lui avait soufflé que la personne qui tuait ses gens était un adolescent, qu'il ne semblait pas comprendre entièrement ce qu'il faisait. Il semblait juste chercher un sens à sa vie. Et le chef s'était dit qu'il essaierait de l'embrigader vu qu'il semblait être puissant.
Mais là… Ce n'était pas quelqu'un de perdu qu'il avait en face. C'était quelqu'un de détruit et qui ne semblait plus avoir de conscience. Quelqu'un qui pensait avoir perdu son but dans tous les cas, hanté par des fantômes.
Il trembla, sans savoir pourquoi. Sa main se contracta instinctivement contre la garde de son arme. Il la sortit et la pointa en direction de la tête du jeune. Ce dernier le regardait, immobile. Quelque chose semblait le supplier de faire ça, de presser la détente, de mettre fin au supplice qui semblait être le sien. Et en même temps il y avait cette lueur féroce. Celle qu'ont les personnes qui n'ont plus rien à perdre. Qui iront jusqu'au bout de leurs objectifs.
Le chef de la secte souffla. Il devait se détendre, après tout il avait peut-être aussi perdu en puissance du coup. Si ce n'était pas le contraire ! Il devait lui parler, on lui avait dit qu'il hésitait avant de tuer. Il s'était renseigné sur lui, alors autant essayer.
— Tu es le démon qui était un élève exorciste ? J'ai entendu que c'est à cause de ta camarade que tu avais sombré du mauvais côté. Tu peux encore en revenir tu sais ? Je te prendrai dans mes rangs, à un grade plus important que celui que tu as là. Tu es puissant, tu sais, mon garçon ! Tu ferais de grandes choses si tu te trouvais au bon endroit. Je te laisse une seconde chance si tu le désire, on ne t'en proposera pas tant ! Allez rejoins-moi, deviens mon bras droit et oublie tout ça !
Le jeune ferma un instant les yeux et le chef se demanda si c'était parce qu'il réfléchissait. Mais quand il les rouvrit, ses iris bleus brillaient, des larmes semblaient s'être formés. Et d'un battement de cils tout disparut, redevenant ce regard sans vie. Il se leva et ses mouvements furent flous.
— Vous croyez que j'ai délibérément choisi de partir de ce monde ? Juste pour tester le camp des ennemis que j'essayais d'abattre ? (il ricana) Je ne peux pas revenir en arrière quand bien même je le désirerais.
En peu de temps il fut face à sa cible - qui tenait toujours son arme. Il le jaugea du regard, toujours impassible. Quelque chose lui disait de faire vite avec cet ennemi : il était plus puissant que les précédents.
Pendant que son instinct lui soufflait ceci, l'homme enclencha son arme et visa. Il avait très bien compris qu'il n'y avait plus rien à faire pour ce gosse. Dans tous les cas, seuls ceux qui le connaissaient avant son changement pourraient faire quelque chose. Lui ne pouvait que l'abattre ou se faire abattre.
La balle partit droit en direction de la tête de Rin. Elle siffla dans l'air, perforant en faisant des spirales. La pointe en métal allait rapidement vers sa cible, silencieusement tandis qu'à mi-chemin, la détonation se fit entendre. Soudain, un mouvement flou et un autre métal se mit sur sa trajectoire, la déviant. Un son retentit, et évitant au plus jeune la mort assurée.
Le chef de la Secte ne se laissa pas faire pour autant : il tira de nouveau, vers le torse ce coup-ci, mais le katana du gradé démoniaque semblait toujours se trouver dans sa trajectoire. Il se décida de le blesser : il tira au niveau du bras, mais alors le prince des enfers se contenta de se déplacer sur le côté, laissant filer la balle.
Rin entendit alors le petit clac qui lui apprit que son adversaire n'avait plus de balles. Il lui faudrait donc du temps pour recharger. Il allait en profiter pour l'exécuter. Mais alors qu'il pensait faire cela rapidement, l'ennemi abandonna son arme pour se saisir d'une petite épée cachée dans les replis de ses vêtements.
Ils commencèrent alors à s'attaquer mutuellement, défendant et cherchant les failles de l'autre. Mais le jeune avait eu d'excellents professeurs et sa rapidité l'avantageait fortement. D'un mouvement, il bloqua la lame de l'épée de sa cible et d'un coup de poignet la lui arracha des mains, l'envoyant valdinguer au loin.
Les yeux bleus foudroyants de Rin le fixèrent, son aura enflammée s'embrasa un peu plus et il ne perdit pas une seconde : il perfora la poitrine de l'homme en face de lui. Son katana ressortit de l'autre côté, la lame imprégnée de sang, coulant même jusqu'au sol. Le futur cadavre ouvrit la bouche, hoqueta et la referma. Ses yeux louchèrent sur l'arme qui perforait son corps, et remontèrent sur le visage impassible du garçon.
Ce dernier retira sèchement Kurikara et s'éloigna pour que le corps ne lui tombe pas dessus. Le cadavre s'écroula dans l'herbe, rejoignant son sous-fifre. Alors qu'il allait laver sa lame, un petit cri étouffé lui parvint. Il se releva, pensant devoir encore tuer un fidèle.
Mais alors, ses yeux croisèrent ceux de la personne qu'il ne voulait surtout pas qu'elle soit là. Il ne voulait pas qu'elle voit à quel point il était devenu un monstre. Car il en était un.
Shiemi était là, ses yeux écarquillés, des larmes les remplissant et les sourcils froncés. Il se figea et un instant ses émotions revinrent comme un tsunami. Il ouvrit la bouche, la contemplant tandis que son coeur semblait faire un arrêt et se serrait.
Et il remarqua qu'elle était accompagnée de ses anciens camarades.
~X~
— Bien, décida Shiemi, alors Kuro, tu as un contact spécial avec ton maître, non ? Comme tous les deux vous êtes des démons, tu pourras le retrouver !
Le chat s'étira et se leva. Il avait forcément envie de retrouver Rin, le seul problème c'était que ce dernier l'avait abandonné et il ne savait pas comment réagir. Il avait mal, lui ! Il avait perdu Shiro, puis Rin le laissait de côté comme une vieille chaussette ! Il supposait qu'il n'avait pas eu le choix de ce que lui racontait la jeune femme mais bon…
Et après tout, s'il le retrouvait, peut-être aurait-il enfin les explications qu'il méritait ! Parce qu'il les méritait bien ! Il se redressa entièrement et agita ses queues. OK, il essaierait de le trouver. Mais il avait besoin de quelque chose qui lui appartenait.
La blonde hocha la tête, ses camarades derrière elle. Ils allaient lui trouver un t-shirt ! Mais ils devaient rentrer dans l'appartement quand Yukio ne serait pas là : il ne fallait surtout pas que ce dernier soit au courant qu'ils essayaient de faire revenir son frère : il en deviendrait fou de rage.
Ils rentrèrent donc dans l'appartement discrètement, prirent le premier t-shirt du jeune démon et le tendirent à Kuro. Ce dernier le fleura et hocha la tête. Ça suffirait. Ils sortirent alors et le chat démoniaque renifla l'air autour de lui. Il se transforma alors en énorme chat et leur ordonna de monter sur son dos.
Ce qu'ils ignoraient, c'était que Yukio avait remarqué leur manigance et avait demandé qu'une voiture soit préparée. Il monta donc en même temps à l'intérieur. Il plaça le GPS à côté de lui, de façon à pouvoir suivre la puce qu'il avait placée sur l'épaule de Shiemi. Il démarra la voiture et tenta de les suivre en utilisant les routes.
Sur le dos de Kuro, les camarades s'accrochaient. La blonde réfléchissait dans son coin, elle se demandait comment faire revenir Rin. Quels mots devraient-elle utiliser ? Et si finalement ce dernier décidait de ne pas revenir, de s'en prendre à eux, même ! Que pourraient-ils faire face à lui ? Shima leur avait bien dit qu'il était bien trop puissant ! Elle se souvenait de ses yeux, ce miroir qui montrait qu'il était détruit… Pouvait-elle le reconstruire ?!
Enfin, le chat démoniaque se transforma en reprenant sa forme discrète. Il préférait le faire un peu plus loin pour que Rin ne les attaque pas, si jamais… Ils avancèrent donc à pied. Ils ne savaient pas trop où ils étaient, assez loin de la ville semblait-il ! Un champ avec une route caillouteuse au milieu, cela semblait presque paradisiaque ! Eux qui s'attendaient à devoir aller dans les enfers !
Ils avancèrent un peu plus. Pas très loin, ils apercevaient une maison, avec une voiture garée devant. Ils marchèrent rapidement : pas question de perdre du temps et que leur ancien camarade s'échappe mystérieusement comme Shiemi leur avait décrit ! Ils n'avaient pas fait tout ce chemin pour rien tout de même !
Ils se figèrent à une vingtaine de mètres. Ils pouvaient nettement voir Rin, concentré. Ce dernier était face à un homme, et son katana venait d'arracher l'arme de l'autre de ses mains. Dans un seul mouvement fluide, son arme transperça profondément la poitrine de l'homme et ressortit de l'autre côté. Il attendit un court instant puis le retira sèchement et laissa le cadavre s'écrouler sur le sol.
Shiemi, elle s'était encore avancée. Elle devait l'empêcher de faire une bêtise. Mais alors, un cri lui échappa, attirant l'attention du démon. Ses mains étaient pourtant accrochées à sa bouche. Les yeux bleus du prince des enfers se posèrent sur elle, ils étaient froids, inexpressifs. Des cornes avaient maintenant poussé sur son front, le rendant plus menaçant encore.
Le groupe de jeunes rejoignit la blonde, l'entourant pour que leur ancien ami ne lui fasse pas de mal. Ce dernier passait sans comprendre sur chaque personne qui l'entourait. Comment était-ce possible qu'ils soient là ? Mais alors ils ne voulaient plus comprendre pourquoi il était parti avec Amaimon ! Il était l'un des leurs.
— R-Rin… pourquoi tu as fait ça !? Qu'est-ce qu'il t'avait fait !? Questionna la jeune femme
— S-Shiemi ? Pourquoi êtes-vous là ? Vous ne devriez pas avoir vu ça !
Shura s'avança alors, sortant son arme d'entre ses seins ! Si son ancien élève tentait de s'en prendre à ceux actuels, elle allait les protéger et le réduire en chair à pâté ! Elle aussi voulait comprendre maintenant ! Pourquoi avait-il fait ça ! Ce n'était pas un démon, elle le savait pertinemment ! Elle était convaincue depuis le début avec la blonde qu'il pouvait leur revenir… mais là… elle était perdue
— Rin ! Est-ce que ça va dans ta tête ? Tu vas nous tuer parce qu'on a vu ça ou quoi ?! Non mais bon sang tu te rends compte de ce que tu viens de faire ?! Tu as tué un homme !
Le jeune homme soupira. Et soudain, ce fut comme si ce masque tombait devant eux. Il leur semblait si vide, fatigué, désespéré. Il montra du bras la scène autour de lui, un deuxième cadavre à côté du premier. Si seulement, il n'en avait tué qu'un… il était un véritable démon maintenant, il obéissait aux ordres qu'on lui donnait. Il tuait leurs opposants. Et ceux-là répandaient encore plus le chaos qu'eux !
Ce fut alors Izumo, hors d'elle qui prit la parole. Ce type en face d'eux ne pouvait pas être celui qu'ils connaissaient ! Ce n'était pas le gamin qui rigolait tout le temps avec eux ! Qui enchainait les bêtises et surtout qui n'écoutait rien ! Depuis quand est-ce qu'il obéissait ?! {omake pfalib fr- shingeki no kyojin}
Le jeune démon recula, comme blessé par leurs paroles ! Pourquoi est-ce que malgré ce qu'ils avaient vu ils ne voulaient pas le tuer, l'éliminer ?! Pourquoi est-ce qu'ils lui parlaient comme s'ils voulaient qu'il revienne !? Pourquoi est-ce que Shiemi s'approchait encore ? Il ne voulait pas ! Il allait encore lui faire du mal !
— Non ! (il tendit sa main non armée vers elle!) n'approche pas plus ! S'il-te-plaît… supplia-t-il… je ne veux pas encore te faire du mal. Je ne veux pas te tuer, encore. Tu es ce fantôme dans ma tête je le sais ! Je ne peux plus trouver un quelconque intérêt à cette vie depuis que je t'ai tuée !
Les larmes montèrent à ses yeux, et sans qu'il puisse les retenir, des larmes coulèrent le long de ses joues. La soigneuse se pétrifia. Alors il s'en voulait autant ? C'était pour cela qu'il était devenu comme ça ? Elle s'avança alors plus vite, se moquant qu'il ne voulait pas qu'elle vienne ! Elle devait faire quelque chose pour lui !
Mais alors la jeune institutrice lui passa devant et attaqua le nouveau seigneur démon ! Shiemi lui hurla d'arrêter, mais elle s'en fichait ! Pour elle, ce qu'elle avait devant les yeux, ce n'était pas Rin ! Ce n'était même pas une piètre copie de lui-même ! Alors elle devait le tester !
Etrangement, ce dernier se reprit rapidement malgré les larmes et remonta son katana pour la contrer. Elle ne s'était pas retenue alors heureusement qu'il l'avait fait ! Il para toutes ses attaques et elle sourit de plus belle. Décidément il était devenu très fort !
— Rin, arrête de te morfondre sur toi, sur ta douleur ! Shiemi n'est pas morte ! Et nous voulons tous que tu reviennes parmi nous ! Chacun fait des erreurs, les tiennes sont lourdes à porter ! Mais tu paieras ta peine et ensuite tu reviens parmi nous ! Tu deviendras l'un des plus forts exorcistes ! Lui annonça-t-elle tandis qu'elle l'affrontait.
Bizarrement, plus il la combattait plus son visage exprimait ses sentiments. L'iris vide et morne semblait reprendre quelques étincelles de vie. Il avait envie de croire à ce qu'elle lui disait.
— je ne peux pas faire demi-tour ! Mes erreurs sont trop lourdes, je suis colonel des démons ! Ils me tortureront pour savoir ce que je sais, pour avoir des infos !
— Non ils ne feront pas ça, on fera en sorte que tout s'arrange ! Crois-moi, Rinounet !
Le surnommé sourit. OK il voulait leur faire confiance. Il se prit alors au combat et affronta son ancienne professeur. Il se lâcha et en quelques mouvements, cette dernière finit avec la pointe de Kurikara sur la gorge. Leur poitrine se soulevait et descendait rapidement, haletants. Le groupe d'amis resta bouche bée : si lui avait réussi à battre Shura, comment pouvaient-ils avoir un mince espoir ?
Elle rangea son arme, lui tendit la main et lui sourit. Elle voulait qu'il vienne avec eux. Alors, Rin fit quelque chose qu'il ne se croyait plus capable de faire. Il rangea son arme dans son fourreau et tendit la main. Il voulait croire de nouveau à cet espoir. Il voulait croire qu'il pouvait retourner parmi eux, retrouver sa partie humaine.
Leurs doigts s'effleurèrent.
Mais soudain Rin bondit, retirant sa main et dégainant avec un rapidité surprenant. Il plaça son arme juste devant lui et un ping annonça qu'il venait de dévier une balle qui l'aurait tué. Son regard fou de rage se posa sur ses anciens camarades. Est-ce qu'ils faisaient partie de ce plan ?! Mais non, eux aussi semblaient surpris et déstabilisés.
Il savait très bien de qui venait la balle. Ce dernier ne tarda d'ailleurs pas à se montrer. Yukio. Shiemi bondit devant lui, les bras grands ouverts. Ils ne devaient pas s'affronter ! Ils devaient se réconcilier, elle était vivante après tout. Mais l'exorciste aux lunettes ne faisait pas attention à elle. Il était trop concentré sur son frère un peu plus loin, aux côtés de Shura. Il ne pouvait pas croire que ses élèves et son amie lui tournaient le dos pour essayer de faire revenir Rin parmi eux.
Est-ce qu'eux aussi lui préféraient Rin ? Mais bon sang qu'est-ce que ce sale démon avait de plus que lui ? Il était pourtant un démon, il avait tué tous les gens qui se trouvaient auparavant dans ce bâtiment ! Il avait renié ses origines humaines et avait failli tuer leur amie ! Mais même elle semblait l'oublier !
Il serra les mâchoires un peu plus fort. Et il lui avait pourri son ascension parmi les exorcistes, la seule chose qui lui ait jamais tenu au coeur. C'était à cause de lui, tout ceci !
Alors sa main s'empara de son portable, et comme il l'avait convenu plus tôt, il appela Angel. Naturellement son GPS était activé et ce dernier put accéder à sa localisation. Bientôt des exorcistes viendraient et ils pourraient assister à la mort de son frère par sa main.
Un sourire cruel naquit sur ses lèvres, maintenant que les dés étaient lancés, il ne lui restait plus qu'à divertir son frère et l'empêcher de s'enfuir une fois de plus. Il allait le provoquer pour qu'il ne puisse pas partir. Et que tout cela prenne un terme en ce lieu.
D'un coup d'épaule il éloigna la jeune blonde qui s'accrochait à lui, les larmes aux yeux. Shura se mit également en face de lui, son regard sévère.
— Pourquoi est-ce que tu fais ça Yukio !? Tu ne vois pas qu'il revenait parmi nous, tu n'as plus besoin de vengeance ! Arrête, c'est insensé ! Tu deviens fou !
Mais ce dernier ne l'écoutait pas. Son frère était devant lui, son arme à la main. Il semblait détendu mais l'aîné voyait qu'il pouvait rapidement passer dans un mode offensif. Le cadet tenta d'ouvrir la bouche puis la referma. Cela le soulagea : de toute façon quoiqu'il dise cela attiserait sa haine pour lui !
Il le mit en joue. Shura ne bougea cependant pas de devant son ancien élève. Ses paroles ne lui faisaient pourtant aucun effet. Il la prévint une dernière fois : si elle ne bougeait pas maintenant, il tirerait. De toute façon ses balles n'étaient pas faites pour lui faire du mal. Elles ne blessaient que les démons. Ce qu'était son frère.
Alors il tira. La balle ne fit que ricocher sur la poitrine de la jeune institutrice. Celle-ci ressentit une douleur vive mais ce fut tout. Alors, comme il le pensait, son frère la poussa gentiment sur le côté. C'était leur affrontement. Puisque Yukio ne voulait pas entendre raison il devait l'affronter. Mais voilà, c'était encore et toujours Rin qui prenait le rôle du héros.
Le méchant qui reprenait raison et poussait ses camarades pour affronter le nouveau méchant qui était lui en l'occurence. Le jeune exorciste vit flou. Son regard s'assombrit derrière ses lunettes. Il visa et se mit à tirer. Son frère avait ce même regard brûlant. Il leva son katana, prêt.
Ce serait leur combat décisif. Puisqu'ils ne pouvaient pas tourner la page.
Voilà pour le chapitre ! dites-moi ce que vous en pensez 3
