Chapitre 6: Les Enchaînés
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Hey... Oui ça fait genre trois mois que j'ai rien posté... Désolé.
Sérieux on peut dire que j'ai pris mon temps mais bon j'ai eu BEAUCOUP de choses à faire, et de la flemme faut le dire xD. Moi qui pensait finir ce chapitre en deux semaines... HA HA HA je me suis bien plantée !
En tous cas merci pour vos retours, je suis vraiment contente que mon histoire vous plaise et sur-ce BONNE LECTURE ! ( n'hésitez pas à relire un peu avant parce qu'avec autant d'attentes vous devez être un peu perdus, même moi j'ai eu du mal à m'y retrouver ! Ah et j'espère qu'il y a pas trop de fautes, j'ai pas pris assez de temps pour relire)
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Marinette pensait que c'était une mauvaise idée.
Marinette savait que c'était une mauvaise idée.
Marinette ne pouvait plus faire marche arrière.
Il y avait quelque chose d'étouffant dans cette pièce... Étaient-ce les regards inquisiteurs qui se posaient sur elles ? L'ambiance chaleureuse mêlée d'hypocrisie et de froideur ? Le sentiment de n'être qu'une intrus dans cette masse bruyante ? Le regard moqueur de Chat Noir ?
Les soirées mondaines n'étaient définitivement pas faîtes pour elle.
- Alors ma lady, tout va comme tu veux ? lui avait lancé son partenaire avec un sourire narquois.
Le ton avait déplu à Marinette, l'expression aussi. Il se croyait malin peut-être, lui qui paraissait si à l'aise. Elle avait eu envie de lui lancer une réplique cinglante mais n'avait rien trouvé, à la place elle s'était contenté d'un regard haineux.
- Si ça peux te rassurer, ça fait très longtemps que je ne suis pas allé à ce genre de fête, je suis un peu rouillé...
Marinette leva le sourcil. Il l'avait dit d'une manière plus douce et conciliante cette fois, sans ironie, néanmoins c'était insultant, il voulait la rassurer, il la trouvait vulnérable.
La jeune femme décida de partir, il commençait déjà à l'agacer et, de toute manière, il n'avait pas besoin d'elle pour lui tenir compagnie, Chloé s'en chargeait à merveille.
La jeune femme se dirigea vers le bar d'un pas rapide, évitant de se retourner. Elle pouvait lui en vouloir non ? C'était son idée cette soirée: "On va pouvoir se faire des contacts", lui avait-il dit, "c'est pour la mission". Marinette n'était pas très enthousiaste mais elle n'avait pas dit non. Elle n'avait pas dit oui non plus.
Chloé avait tout organisé, c'était gentil de sa part, elle devait lui reconnaître ça, seulement après les avoir vu discuter une bonne demi heure ensemble, elle s'était dit que les seuls contacts qu'il aurait seraient celui de sa bouche et ce celle de cette pimbêche. "La mission", un bien joli prétexte venant d'un mec aussi peu professionnel que Chat noir...
Marinette prit place nonchalamment sur l'un des sièges du bar, attendant que l'élégant barman vienne à elle. L'odeur de nombreux alcools flottaient dans l'air, et lui sembla moins étouffante que celle qui imprégnait la masse de convives: ce mélange de parfum, grossier et superflu qui attaquait les narines puis enflammait la gorge. Elle n'aimait vraiment pas ce genre de soirées stupides...
Le barman arriva à son niveau (oui car le bar était excessivement long) et bougea les lèvres, la brunette supposa qu'il lui demandait ce qu'elle voulait boire, parce que les éclats de rire des convives couvraient ses paroles.
- Un scotch s'il vous plaît !
Il acquiesça et se retourna pour chercher la bouteille en question parmis ses nombreuses étagères. Marinette se fit alors la réflexion qu'elle était en service et que ce n'était pas une bonne idée de se saouler. Et puis pourquoi voulait-elle se saouler d'abord ?! À cause de cet idiot d'Adrien ou peu importait son nom ? ABSOLUMENT PAS. Non, elle le méritait et puis il s'amusait alors elle avait bien le droit de profiter aussi.
- Tenez !
La barman déposa un verre rond en cristal devant elle, rempli d'un liquide orangé dont elle devinait le goût. Marinette ne se souvenait pas vraiment avoir bu du scotch dans sa vie mais avait supposé que ce serait une bonne idée, peut-être parce que le nom était classe et qu'elle avait eu envie de le prononcer. La jeune femme but sèchement une gorgée, lorsque quelqu'un arriva à sa droite et s'adressa à elle :
- Excusez moi, cette place est prise ?
Marinette se tourna vers lui et vit un homme plutôt grand, aux cheveux brun/châtain mi-longs, le visage souriant, assez beau et plutôt musclé... Il désignait le tabouret à côté d'elle et la brunette se demanda pourquoi il attendait sa permission.
- Non, allez-y...
Il s'installa et interpella le barman pour commander une boisson, peut-être une tequila, elle n'était pas sûr. Il semblait un peu étourdi lorsqu'il lui parla à nouveau.
- Vous avez eu besoin de respirer un peu pas vrai ma jolie ?
Marinette fut un peu surprise qu'il engage ainsi la conversation mais elle trouvait ça sympa de sa part parce que - eh bien- il comprenait qu'on puisse ne pas aimer l'atmosphère insipide et bruyante de son milieu.
- Oui, j'ai eu besoin de m'éloigner un peu... À quel multi-millionaire ais-je l'honneur ?
Sa question avait un ton un peu trop sarcastique et elle s'en voulut vu qu'il était le seul mec agréâble qui l'abordait, seulement elle n'avait pas envie de discuter tout de suite et encore moins avec un dragueur. Il parut lui aussi surpris mais répondit avec un rire hésitant.
- Désolé de vous décevoir, il faut croire que je suis l'intru de cette soirée !
- Ah... Et qui êtes vous alors ?
- Un artiste.
Marinette commençait à trouver cette discussion intéressante, enfin quelqu'un d'aimable qui pourrait parler d'autre chose que de son compte en banque.
- Un artiste... Et que faîtes-vous ?
- Eh bien je sculte surtout, répondit-il d'une voix doucereuse.
- Vous scultez quoi ?
- Les choses qui m'inspirent, les héros, les jolies femmes, comme vous par exemple...
Marinette rougit un peu, prise au dépourvu. Elle chercha quelque chose à répondre quand une main agrippa soudain son épaule.
- Marie je peux te parler une minute ?
La jeune femme se retourna et aperçut le regard sérieux et hostile de Chat noir, qui semblait la fixer avec intensité.
- Tout de suite ?
- Oui.
Elle n'avait pas envie de le suivre et elle trouvait déplacé qu'il l'interrompe alors qu'il avait roucoulé avec Chloé pendant plus d'une demi-heure, néanmoins elle se leva et le suivit de mauvaise foi.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'empressa t'elle de demander avec nervosité lorsqu'il furent un peu en retrait.
Il parut surpris par le ton mais affichait toujours son expression courrouçé, en haussant le sourcil.
- Qu'est-ce que tu fais au juste ? répondit-il, légèrement exaspéré.
- Pardon ?! Mais qu'est-ce que ça peut bien te faire ? On était venu pour se faire des connaissances alors c'est ce que je fais, contrairement à toi !
Il sembla ne pas comprendre, ses yeux verts plongèrent dans les siens avec amertume.
- Tu as quelque chose à me reprocher ? déclara t-il la machoire crispée.
- Oui, ça me semble clair.
Il ne répondit pas et détourna les yeux comme pour cacher sa frustration, le silence s'éternisa pendant quelque secondes avant qu'il ne demande.
- Est-ce que tu sais avec qui tu discutes au moins ?
- Hum... Non, admit la brunette.
- C'est Théo Varbeau, notre" imposteur".
Marinette ouvrit de grands yeux mais ne dit rien.
- Tu ne le savez même pas, constata t-il.
- Pourquoi tu ne l'a pas précisé plus tôt ?
- Eh bien j'étais venu te voir pour te le dire et puis... De toute façon ça n'a pas d'importance.
Chat noir se radoucit. Sa bouche s'étirait presque en un demi sourire et il s'apprêtait à tourner les talons.
- Qu'est-ce qui n'a pas d'importance ?
- Rien, fais attention c'est tout, on ne peut pas lui faire confiance...
Aussitôt il s'éloigna et Marinette regagna sa place perplexe.
Il l'engueulait puis il s'inquiétait pour elle, et puis quoi encore ?!
Elle attrapa son verre de scotch et le finit d'un trait. Théo la regardait avec un sourire gêné mais lança à son approche.
- Un petit ami jaloux ?
Marinette serra les dents parce que la remarque était très stupide et que- franchement- ça ne le regardait pas.
- Non, pas du tout.
Puis elle rajouta en voyant qu'il ne disait rien.
- Un collègue casse-pied, toujours dans mes pattes.
Théo émit un petit rire et se rapprocha d'elle un peu, d'une manière qu'il devait penser discrète.
- Pourtant il n'a pas l'air indifférent, il vous regarde depuis tout à l'heure.
Quoi ?! Mais il ne voulait vraiment pas la laisser respirer décidément ! Et puis qu'est-ce que ça signifiait bon sang ?
- Il fait ce qu'il lui chante personnellement ça m'est égal, déclara t-elle avec assurance.
Théo parut satisfait de cette réponse et commanda deux autre scotch avant de murmurer :
- Vous permettez que je vous offre un verre ?
Il avait déjà pris la permission tout seul, mais bon...
- Absolument !
Le plan idéal, Marinette pourrait se relaxer et travailler en même temps.
- Vous êtes styliste je suppose, questionna l'artiste.
- Oui effectivement, je m'appelle Marie Feng.
- Et moi Théo, Théo Varbeau.
- Enchanté.
En disant cela, Marinette afficha un sourire chaleureux et passa sa main dans ses cheveux, geste qui ne parut pas échapper à son interlocuteur.
- Qui vous a invité Théo ? susurra t-elle. Vous avez quelques mécènes dans le milieu de la mode ? Une admiratrice ?
Le jeune homme rit et s'accouda au bar en plongeant ses yeux noisettes dans les siens.
- Non pas d'admiratrices malheureusement, mais une sorte mécène en effet...
Marinette but une gorgée de son nouveau scotch et approcha son visage un peu plus près de celui de l'artiste.
- Et puis-je savoir de qui il s'agit...
- Peu importe, répondit-il avec un sourire charmeur, je crois que j'ai trouvé ma muse là.
En disant cela, il fit glisser ses doigts dans la chevelure de la brunette, et elle se laissa faire, cherchant intérieurement un moyen de recentrer la conversation sur le mystérieux protecteur de sa cible.
- Je crois que vous seriez parfaite comme modèle pour mes sculptures, souffla t-il à son oreille, sa main toujours dans ses cheveux et l'autre frôlant sa cuisse.
Marinette frémit, les effets de l'alcool ne l'ayant pas encore assez atteinte pour qu'elle se laisse toucher par cet imposteur, il l'empêchait de se concentrer sur la conversation.
- Vous voudriez que je pose pour vous ? C'est plutôt tentant en effet, murmura t-elle avec un sourire contrefait.
Si il m'embrasse je lui plante mon talon dans la jambe et je lui dit que j'ai pas fait exprès, pensa la jeune femme en voyant le regard distrait qu'il portait soudain à ses lèvres. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle n'était finalement pas d'humeur à jouer la comédie, elle voulait partir et vite.
- Je suis sûre que vous allez m'inspirer, lança t-il d'une voix suave en plaçant sa main sous sa mâchoire pour l'embrasser.
- Marie, j'ai besoin de toi !
Ouf, sauvé par le gong.
Chloé lui fit signe et Marinette se leva hâtivement, tout en lançant un regard désolé à Théo qui semblait perplexe. Il lui saisit le bras:
- Tenez voici ma carte de visite, j'aimerais beaucoup vous revoir à mon atelier pour vous sculter, souffla t-il en lui tendant un morceau de papier coloré.
La brunette sourit et émit un faible "merci" avant de s'en aller aux côtés de Chloé.
- Pas de quoi, marmonna la blonde quand elles furent plus loin.
- C'est Adrien qui t'as demandé d'intervenir ? risqua Marinette.
- Pas explicitement...
Qu'est-ce que ça voulait dire ça "pas explicitement" ? Il lui avait fait des petits signes pour lui montrer ce qu'elle devait faire ?
- Marie, est-ce que tu as de mauvaises intentions ? lança la jeune femme en se stoppant net.
Pardon ?! De quoi parlait-elle maintenant ?
Chloé se décida à regarder Marinette en face et plongea ses yeux bleus électriques dans les siens, avec froideur.
- Réponds à ma question.
- Heu... Non, je n'ai pas de mauvaises intention, bredouilla la jeune femme, toujours abasourdie.
- Tant mieux parce que si tu te sers d'Adrien, que tu le déçois, que tu le fais souffir ou autre chose du genre, t'auras affaire à moi.
- Que je me serve de lui ?! Mais de quoi tu as peur au juste ? s'exclama Marinette, agaçée par ces soudaines accusations.
Chloé ne répondit pas, fixant à nouveau ses ongles avec dédain.
- Je ne peux pas te faire confiance, hésita t-elle. Je sais que vous me cachez un truc tous les deux mais je sais aussi que vous vous cachez des trucs entre vous et je veux juste le protéger.
Le protéger de quoi ? Cette fille avait vraiment une case en moins décidément...
- Éclaire moi là, parce que j'avoue ne pas comprendre pourquoi tu me menaces.
La blonde recentra son attention sur elle et murmura d'une voix à peine audible:
- Est-ce que tu sais qui il est ?
Marinette mit quelques secondes à essayer de deviner ce qu'elle aurait pu dire, puis finit par comprendre, sans comprendre. Comment ça qui il était ? C'était si important ? Qu'est-ce que Chloé cherchait à lui avouer ?
- Non, pas exactement, souffla la jeune femme. Pourquoi ? Il y a quelque chose que je devrais savoir ?
Chloé se mua à nouveau dans la contemplation de son vernis et Marinette trouva cela vraiment agaçant. Elle était partagée entre l'envie d'en apprendre plus sur Chat Noir et l'envie de rentrer chez elle pour oublier cette histoire. D'un autre côté elle était une espionne et elle se devait de savoir si son partenaire était blanc comme neige, il fallait qu'elle en apprenne plus sur la nature de ce "secret".
- Qu'est-ce que ça feras si je sais qui il est ? Je le détesterais ? Je l'admirerai ? Je l'aimerai encore plus ?
Elle regretta tout de suite sa dernière interrogation mais Chloé l'interrompit immédiatement.
- C'est quelque chose qui t'avantage...
Oh merde, elle commençait à en avoir marre des devinettes ! Elle allait lui dire tout oui ou non ?!
- Est-ce ce que je vais enfin pouvoir savoir de qui il s'agit ou pas ? s'impatienta la brunette.
La blonde fronça les sourcils mais elle semblait en proie à un intense dilemme. Finalement, elle tourna les talons et lança:
- Il s'appelle Adrien Aggreste, c'est tout ce que tu as besoin de savoir.
Aussitôt, elle disparut, se frayant un chemin parmis la masse de convives.
Marinette resta quelques secondes sans esquisser un geste, le cerveau embrumé par la révélation de Chloé. Une personne inconnue du monde de la mode n'aurait sûrement vu aucun intérêt dans la mention du nom d'Aggreste, mais la jeune femme comprenait parfaitement ce que cela pouvait impliquer... Et elle n'en revenait pas.
Chat noir, son coéquipier, ce mystérieux et agaçant personnage, serait en réalité, l'héritier de l'un des plus grands noms de la mode française, l'incomparable Gabriel Aggreste.
QUOOOOI ?!
Marinette savait qui il était pour l'avoir énormément admiré dans sa jeunesse, à l'époque où ses projets d'avenir étaient encore tournés vers la haute couture. Elle s'inspirait de ses créations, regardait ses défilés, et rêvait de pouvoir un jour travailler avec lui... Seulement voilà, ses ambitions avaient finalement pris la poussière. Durant l'année de ses dix-huit ans, l'éminent styliste s'était retiré du monde de la mode. Comme ça, sans réel motif, du moins il resta très évasif face aux questions des journalistes. Cela avait été un coup dur pour la jeune femme, surtout lorsqu'il avait totalement disparu, selon des théories pour se reposer dans un quelconque pays exotique. Évidemment il y avait beaucoup d'autres raisons pour expliquer l'abandon de ses rêves, mais celle-ci avait été des plus importantes, l'autre raison étant sans aucun doute sa vocation d'espionne, dont on lui avait ouvert les portes par l'intermédiaire de Fu lorsqu'elle avait dix-sept ans (comme Chat noir d'ailleurs). Évidemment elle n'avait pas commencé sa dangereuse carrière si tôt mais Tikki avait pris en charge le début de son entraînement, et Marinette s'était montrée très prometteuse...
- Ladybug ?
La voix de Chat noir interrompit ses réflexions, la ramenant à la réalité et, par la même occasion, au sujet qui avait déclenché ses questionnements.
- Aggreste ? répondit-elle machinalement.
Le jeune homme écarquilla les yeux, et Marinette se rendit soudain compte de son erreur. Ses joues s'enflammèrent et elle le toisa avec apréhension.
- Que... Qu'est-ce que tu viens de dire ? bafouilla t-il, son visage plein d'assurance désormais décomposé en un masque de stupeur.
Marinette déglutit mais ne répondit pas, elle ne pouvait et ne savait pas quoi dire.
- C'est... C'est Chloé qui t'en a parlé ?
Le ton correspondait plus à une affirmation qu'à une question.
- Oui.
Adrien plaça une main sur son front, un peu abasourdi. Durant quelques secondes il sembla en proie à plusieurs émotions contradictoires comme le laissait penser les légers changements d'expression de son visage: un froncement de sourcil, un tremblement au niveau de la lèvre inférieure, les veines du cou apparentes... Finalement, il soupira.
- Je vois...
Marinette resta interdite un instant, les mains croisés devant elle avec un air fautif, contemplant toujours le jeune homme avec un certain retrait.
- De toute manière qu'est-ce que ça change ? lança t-il avec un sourire, en haussant les épaules.
La jeune femme trouvait justement que ça changeait beaucoup de choses parce que ben... Elle connaissait son identité maintenant, et en plus le fait que son père ait été un des plus réputés stylistes de la capitale risquait de poser problème à leurs couvertures.
- On en reparle plus tard d'accord, réussit à articuler la brunette d'une petite voix.
Chat noir parut un peu surpris mais il acquiesça. Le silence s'installa et au bout de quelques instants, il posa sa main sur l'épaule nue de la jeune femme.
- Merci, murmura t-il.
Merci pour quoi ? pensa Marinette. Le contact la fit frissonner et elle resta silencieuse durant de longues secondes avant de se dégager et de déclarer :
- Bon c'est pas tout ça mais j'ai un plan !
- Ce plan concerne t-il par hasard notre cher artiste ? lança Adrien avec suspicion.
- Ouaip.
Le jeune homme tressaillit, attendant sûrement qu'elle en dise plus.
- Je crois que je ne le laisse pas indifférent, minauda la brunette en brandissant fièrement la carte de visite de Théo Varbeau.
Le haussement de sourcil que son partenaire exécuta bien malgré lui lui fit vite présager ce qui allait suivre.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée...
- Non tu as raison elle n'est pas bonne, elle est géniale ! Je séduis la cible, inspecte son atelier, lui soutire des indices compromettants et le tour est joué ! Franchement pour une fois ce serait sympa d'inverser les rôles monsieur jepassemontempsàdraguer.
Chat noir porta sa main à son coeur avec un air offusqué qui fit sourire Marinette, mais qui n'empêcha pas l'espion de continuer ses protestations.
- Enfin c'est dangereux, on ne sait pas de quoi ce type est capable !
Marinette sentit qu'elle allait perdre patience parce qu'il n'avait pas l'air décidé à coopérer.
- Mais on ne peut pas laisser passer une occasion pareille ! Ce mec est un imposteur, il relie tout, il sait forcément plein de choses puisqu'il travaille pour le Papillon. Pourquoi t'en fais toute une histoire ? J'ai fait des trucs plus dangereux quand même !
Chat noir fixait le sol, les mains dans les poches, et évitant son regard. Sa mâchoire contractée prouvait que lui aussi commençait à s'impatienter mais il semblait à cours d'arguments.
- Il... Il ne m'inspire pas confiance c'est tout.
Marinette leva les yeux au ciel parce que franchement il disait vraiment des conneries. C'EST NORMAL QU'IL NE T'INSPIRE PAS CONFIANCE VU QU'IL TRAVAILLE AVEC UN CRIMINEL ! (avait-elle envie de lui crier) Non mais sérieux ? Qu'est-ce qui le foutait tellement en rogne dans le fait qu'elle aille séduire un mec ?
- Écoute, lança l'espionne avec un agacement à peine dissimulé. Trouve une meilleure excuse ou bien arrête de rouspéter mais là c'est franchement pathétique. T'es jaloux ou quoi ?
Si Chat noir avait eu des oreilles, il les auraient sûrement abaissées sur l'arrière de sa tête en signe de culpabilité, il sembla vraiment dépité et se renfrogna un peu.
- Fais ce que tu veux, lâcha t-il finalement. Du moment que tu me laisses couvrir tes arrières.
Marinette soupira. Elle aurait rejeté cette proposition très loin en temps normal, mais là elle ne se sentait plus la force de protester, elle acquiesça.
- Comme tu veux, on est une équipe après tout...
La réflexion fit sourire le jeune homme qui lui lança un regard en biais, sachant pertinemment qu'il en coûtait à la jeune femme d'admettre leur partenariat.
- Très bien ma lady, on va voir comment tu te débrouilles en mission séduction, siffla finalement l'espion avec un sourire narquois.
Marinette exécuta le combo levage de yeux au ciel+rougissement, et rétorqua d'une voix suave:
- Je crois que vous sous-estimez mes capacités dans ce domaine très cher...
Et pour appuyer ses propos, elle passa langoureusement ses bras autour du cou du jeune homme, laissant son visage à quelques centimètres du sien, un sourire énigmatique étirant ses lèvres écarlates.
La réaction qu'elle provoqua chez son acolyte sembla à la hauteur de ses attentes. Il avala sec et un violent frisson lui parcourut l'échine. Fière de son effet et de l'expression médusé qu'il arborait, Marinette se dégagea.
- Détrompe toi ma lady, j'ai toujours pensé que tu avais un talent évident en la matière, murmura t'il d'une voix encore incertaine.
Ce fut cette fois ci au tour de la brunette d'être prise au dépourvu, elle rougit violemment et détourna le regard afin de camoufler sa surprise. Venait-il vraiment de lui dire qu'elle était séduisante ?
- Bien, lança Chat noir en se raclant la gorge, cherchant certainement à atténuer sa gêne, lui aussi. Je pense que nous pourrons constater tout cela demain... En attendant une bonne nuit de sommeil ne seras pas de refus !
Marinette constata alors qu'il devait être dans les alentours de trois heures du matin et qu'il serait peut-être effectivement temps de se retirer. La pensée d'un lit douillet lui parut soudain des plus attrayantes, au vue de ce qui les attendaient le lendemain.
- Oui à demain... Huit heures... non disons plutôt onze heures, déclara t-elle avec hésitation, prenant en compte son état de fatigue.
Chat Noir acquiesça et elle le sentit un peu tendu, peut-être angoissait-il au sujet de ce qu'elle venait de découvrir... La jeune femme se promit alors de tout faire pour éviter de le mettre mal à l'aise, et lui lança un "désolé" avant de poser doucement sa main sur son épaule, affichant par ce geste son soutient. Il sourit doucement à son tour et se perdit dans ses yeux pendant quelques secondes.
- Bonne nuit, murmura t-il avec avec une pointe de regret.
- Bonne nuit, répondit la brunette d'une voix lointaine.
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C'était décidément une très mauvaise idée.
Adrien en était persuadé.
Le toit sur lequel ils étaient accroupis depuis une dizaine de minute, donnait une vue imprenable sur la capitale, mais plus imprenable encore sur l'intérieur de l'atelier de sculpture de Théo Varbeau. Ladybug, agenouillée à ses côtés, vêtue d'une très jolie robe rouge qui lui allait particulièrement bien, observait le lieu à travers de petites jumelles noires. Elle semblait concentrée et il n'osa pas la déranger lorsqu'un jeu de mot des plus exquis à base de sculpture lui vint, l'autre raison à son silence était certainement qu'il préférait la regarder en toute discrétion tandis qu'elle élaborait intérieurement son plan.
La jeune femme s'était mise sur son trente-et-un pour l'occasion et ses cheveux de jais relevés au dessus de sa nuque lui firent grande impression. Il s'imagina un instant effleurer ce cou avec douceur, puis laisser courir ses doigts sur le reste de son corps avec une lenteur délibérée. C'était on-ne-peut-plus grisant de la voir si belle tout en sachant qu'elle réservait ses charmes à un autre. Cette pensée le fit malgré lui pousser un soupir agacé qui n'échappa pas à sa partenaire, fixant toujours le mur vitré de l'atelier.
- Relax Chat, souffla t-elle à son intention bien qu'elle ne le regardait toujours pas. Je ne risque rien, okay ? C'est mon métier...
- Mouais, maugréa le jeune homme avec un ton qu'il espérait détaché.
Quelques secondes s'écoulèrent encore tandis qu'il observait le sol avec un certain mépris, quand soudain Ladybug se redressa et s'exclama d'une voix enjouée.
- Il est là ! Il vient d'entrer !
- Super...
L'espionne ne prêta aucune attention au jeune homme et se releva, époussetant hâtivement sa robe. Adrien se sentit légèrement blessé d'être ainsi mis à l'écart et se gifla intérieurement pour sa faiblesse. Et bien quoi il était jaloux ?! Et puis quoi encore ?! C'était bien pour une mission non ?
Alors qu'il entendait son acolyte ouvrir la porte menant à l'escalier de secours, il saisit les jumelles et observa à son tour l'imposteur. Il était certainement séduisant dans son genre, avec sa chemise entrouverte et son teint basané, ses bras et ses mains puissantes, sculptées par l'effort de son métier: cela ne fit qu'augmenter sa frustration.
- À plus partenaire ! lança Ladybug avant de disparaître derrière la porte métallique.
Sans même essayer de lui jeter un regard, Adrien grommela un "à plus" aussi inaudible qu'agacé. Dans quoi s'étaient-ils embarqués ?
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Marinette réajusta les plis ce sa robe carmin, se sentant un peu fébrile, mais surtout très tendue. Elle était certaine de vouloir le faire, mais cependant une petite voix dans sa tête commençait à remettre ses certitudes en question. Elle avait laissé entendre à Chat noir qu'elle était loin d'être une novice dans ce genre de mission... C'était un mensonge, soyons honnête. Certes, elle avait déjà dû user de son charme pour obtenir des informations mais ça c'était limité à des battements de cils, des mordillements de lèvres, et un ton suave, là elle était chez sa cible, donc chez lui, elle était censée poser pour lui, et il comptait visiblement brûler les étapes: bref, elle ne savait pas du tout à quoi s'attendre. Aussi était-elle finalement très rassurée de savoir que Chat noir serait là pour couvrir ses arrières: ce qui lui avait semblé être une idée grotesque et insultante était désormais une bénédiction.
Marinette s'arrêta devant la porte de l'atelier, levant une main hésitante vers la sonnette. Et si il savait qu'elle était une espionne et essayait de la tuer ? Et si elle n'arrivait pas à lui faire avouer quoi que ce soit et qu'il décidait d'aller plus loin ? Et si elle ratait tout tout simplement ?!
Non, Marinette est peut-être une gaffeuse mais tu es Ladybug, tu peux le faire.
La jeune femme inspira, et tira d'une coup sec sur la sonnette.
Ding Dong
Au bout de quelques secondes la porte s'ouvrit et la voix de Théo se fit entendre:
- Désolé mais l'atelier n'est pas encore ouvert aux visi...
Sa phrase mourut sur ses lèvres lorsqu'il vit à qui était la nouvelle venue.
- Hé ! lança t-il, surpris. Je ne pensais pas vous revoir si vite belle inconnue !
Marinette rit et afficha son sourire le plus charmeur.
- Il faut croire que je suis une femme surprenante, minauda t-elle, faussement joyeuse.
- Je dirais même inattendue, souffla l'artiste avec un maladroit sourire.
Marinette n'osa pas lui dire que c'était la même chose parce que, eh bien, tout le monde s'en foutait, mais elle se contenta de sourire niaisement, essayant intérieurement de se remémorer les expressions de Chloé, son modèle en la matière. Cette pensée la fit d'ailleurs ricaner intérieurement, tant et si bien qu'elle resta un peu trop longtemps à dévisager Théo avec un sourire idiot.
- Rentres je t'en pris, déclara le sculpteur en s'écartant soudain.
La brunette se décida enfin à avancer et entra dans l'atelier, suivie de son hôte.
L'atelier en question était très vaste, les murs étaient en brique et le toit en verre, des cartons et des sculptures étaient disposés aléatoirement ça et là , ainsi que des sortes d'échafaudages en métal qui créaient comme un second étage. Le tout avait un certain charme mais semblait plutôt délaissé, étant donné le désordre qui y régnait.
- C'est ici que le charme opère ! lança Théo en levant ses bras pour désignait l'ensemble du lieu et les impressionnantes sculptures qui s'y trouvaient.
- Je vois ça, acquiesça la jeune femme d'une voix langoureuse.
L'artiste sembla réceptif à cette intonation tendancieuse puisqu'il se retourna vers elle et déglutit, le regard fiévreux.
- Si vous m'expliquiez un peu votre travail ? continua Marinette sur le même ton, un sourire satisfait étirant ses lèvres.
- Avec plaisir...
Théo s'avança vers une grande table en bois où était disposé une sorte de bâche et des blocs de plâtre, ainsi que divers outils. Il en saisit un dont le bout était long, et un peu creux comme une sorte de fine pelle en fer.
- Ça c'est une gouge, ça sert plutôt pour les gravures ou les sculptures en bois, mais je l'utilise aussi pour polir mon plâtre... Ah et ça c'est mon ciseau à pierre... Et ma gradine ! C'est vraiment indispensable ce machin !
Il lui lista ainsi à peu près tous les outils présents sur la table, ce qui n'intéressa qu'à moitié l'espionne, trop occupée à analyser tous les détails potentiellement suspects de l'atelier. Elle ne manqua tout de même pas à son devoir de séductrice en gratifiant chaque explications de Théo par des exclamations ou des hochements de tête accompagnés d'un sourire enjôleur. T'assures Marinette, on dirait parfaitement Chloé ! se félicita intérieurement la jeune femme. Marinette pensait pouvoir continuer ce petit manège en toute quiétude pendant longtemps encore lorsqu'une voix familière retentit dans son oreille.
- Dis Ladybug, je voudrait pas te déranger mais tu fous quoi là ?
Merde ! Elle avait totalement oublié que Chat Noir était connecté à son oreillette... Et puis est-ce qu'il attendait vraiment une réponse alors qu'elle était à 10 cm de Théo ?! Il espérait pas qu'elle lui fasse l'inventaire complet de ses pistes à voix haute quand même ?
- ... Et donc voilà comment j'utilise les maillets pour façonner la pierre !
Marinette recentra son attention sur Théo, lui lançant un sourire exagérément conquis.
- C'est vraiment très intéressant ce qu'il raconte...
La voix faussement admirative de Chat Noir énerva l'espionne plus qu'autre chose, il voulait la déconcentrer ou quoi ?
- C'est magnifique ! s'exclama Marinette afin de donner un retour au sculpteur sur ses "fascinantes" démonstrations.
- Magnifique ! Rien que ça ! s'esclaffa son coéquipier dans l'oreillette.
Ah, il voulait vraiment jouer à ça ? Mauvaise idée Aggreste...
- Et si tu me parlais plutôt de comment tu "fonctionnes" ! déclara la brunette à l'intention de Théo. Est-ce que tu fais des expositions ? Qui pose pour toi... Qui te commandes des oeuvres ?
- Oh mais j'ai réussi à t'intéresser à ce que je vois, répliqua le jeune homme avec un petit rire. Mais en parlant de modèles, j'ai vraiment hâte que tu poses pour moi aussi...
- Moi de même, rétorqua la brunette avec un ton langoureux, ... Mais je crois que si on s'y met maintenant ce seras dur de discuter posément ensuite...
- Et pourquoi ça ?
- Parce qu'on sera probablement occupé par une activité beaucoup moins spirituelle, répondit la jeune femme d'une voix lente et suave.
- Je vois... Vous ne me donnez pas vraiment envie de discuter du coup, rétorqua le sculpteur en s'approchant plus près d'elle.
- Hum, Tu devrais recentrer un peu le sujet de la conversation...
Le fait d'avoir pu faire disparaître le ton insolent de Chat Noir au profit d'un ton plus désemparé fit naître un sourire triomphant sur le visage de la brunette. Mais en même temps il n'avait pas tord... Marinette repoussa doucement la main que Théo venait de placer sur sa hanche droite et s'écarta un peu pour regarder une sculpture.
- C'est vraiment sublime ! lança t-elle en s'approchant d'un buste représentant une belle jeune femme. Qui est-ce ?
Théo parut à la fois gêné et surpris mais déclara:
- C'est une déesse égyptienne, Néfertiti.
Marinette fronça les sourcils, elle se souvenait de cette déesse pour l'avoir souvent vu au Louvre lorsqu'elle était au collège. Son amie Alix était la fille du directeur du musée et elles y allaient souvent avec Alya. Son grand frère était d'ailleurs un grand amateur d'art égyptien...
- Elle vous inspire beaucoup apparemment, continua la brunette en notifiant les nombreux autres bustes de la déesse présents dans l'atelier.
- Oui c'est vrai...
Marinette eu l'étrange sensation qu'elle était sur quelque chose d'intéressant, aussi poursuivit-elle dans ses interrogations.
- Qui vous l'a commandé ? Un passionné d'art Égyptien ?
- ... Excuse moi ma lady, tu pourrais m'éclairer là ? Depuis quand tu t'intéresses à la mythologie antique ?
Chut Chat ! marmonna sa partenaire le plus bas possible.
- Hum... C'est un riche collectionneur qui est passionné par Néfertiti, et qui me demande très régulièrement des bustes, j'ai fait des moules à force...
- Oh... Et qui est-ce ?
Théo poussa un petit rire gêné et passa sa main derrière son cou avec hésitation.
- Je... Je ne suis pas vraiment autorisé à vous le dire, il ne veut pas trop faire parler de lui... Il tient à son anonymat vous voyez ?
Bingo !
Marinette agrippa le bras du sculpteur et lança avec un enthousiaste intérêt.
- Oh mais si c'est un collectionneur d'art connu je dois en avoir entendu parler ! Ça m'intéresserai vraiment vous savez !
- Je comprend mais je... Enfin je ne peux pas...
La jeune femme afficha une mine boudeuse et lâcha le bras de l'artiste.
- Bon d'accord, ça ne fait rien... Il vous la commande vraiment si souvent que ça ?
Rassuré qu'elle ai reporté son attention sur un autre détail, Théo déclara:
- Ah ça oui ! Je dois lui en faire une dizaine toutes les semaines !
De plus en plus intéressant...
- Ça en fait des bustes de Néfertiti dis donc ! s'exclama t-elle innocemment. Il vous en commande depuis longtemps ?
- Eh bien... Je dirais deux mois...
Le sculpteur leva soudain le sourcil et prit un ton plus suspicieux.
- Mais dîtes moi, pourquoi est-ce que vous voulez savoir tout ça ?
Marinette déglutit. Elle passa ses bras autour du cou du sculpteur et murmura:
- J'aime discuter d'art c'est tout. Vous faîtes vraiment un métier fascinant... Je crois que ça m'excite quand vous en parlez...
Pour appuyer ses propos, la brunette posa délicatement ses lèvres sur sa nuque où elle déposa deux ou trois baisers, tout en collant son corps plus près du sien. Théo avala sec et articula d'une voix rauque:
- Pourtant je n'avais pas l'impression que mes explications sur les maillets et les ciseaux à pierre vous faisaient un tel effet...
Marinette émit un petit rire et prolongea sa ligne de baisers sur le cou de son hôte.
- Vous l'avez déjà rencontré personnellement votre mystérieux collectionneur ? souffla t'elle d'une voix éperdue.
- Hum... Non...
Tout en continuant le doux traitement qu'elle infligeait à Théo, elle notifia que la voix goguenarde de son coéquipier ne refaisait toujours pas surface. Peut-être avait-elle enfin réussi à le faire taire ? La jeune femme ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil derrière la baie vitrée du toit, en direction de ce dernier, espérant lui faire partager son triomphe. Elle eut la vive impression qu'il l'avait vue et s'en délecta, accompagnant son regard d'un sourire insolent.
- Marie...
Ce fut la voix de Théo qui la ramena à la réalité, et elle se rendit compte qu'il devait certainement la trouver bizarre à regarder ailleurs. Elle recentra son attention sur lui, reprenant alors son jeu sensuel, faisant glisser sa jambe contre la sienne.
- Qu'est-ce qui occupe tes pensées ? lança t-il innocemment avec un sourire extasique.
Cette question attendant certainement une réponse du genre " toi et ce qu'on s'apprête à faire", provoqua l'effet inverse sur la jeune femme, agacée par la réflexion qu'elle impliquait: elle avait pensé à Chat noir, et ce alors qu'elle embrassait sa cible.
La voix, ou plutôt le rire de son coéquipier, ne tarda pas à se faire entendre à son plus grand regret.
- Oui à quoi tu penses ? demanda t-il dans un rire étouffé. À un plan j'espère ? Et dis le moi si je te dérange hein !
Marinette retint un soupir courroucé et pria pour que Théo n'ait pas entendu les idioties de Chat noir. Le jeune homme commençait d'ailleurs à être plus pressant et elle avait du mal à garder les idées claires. De plus, une insidieuse envie de vengeance s'imposait peu à peu à son esprit et elle voyait dans le jeu qu'elle exerçait avec Théo un moyen inconscient de déstabiliser son fier partenaire: plus simplement, le fait d'être observé par Chat noir provoquait chez elle une délicieuse excitation.
- Ladybug, ne perd pas de vue la mission, lui rappela soudain ce dernier avec une légère crainte dans la voix.
Théo et elle s'embrassaient désormais à pleine bouche, s'agrippant aux vêtements de l'autre, le sculpteur faisant glisser ses doigts contre les jambes de la brunette, remontant dangereusement vers le haut du corps, tandis qu'elle caressait sa nuque. Une voix rationnelle dans son esprit lui cria qu'elle allait trop loin et qu'elle devait se reconcentrer sur le brouillon de plan qu'elle avait échafaudé, mais elle l'ignora. Son corps commençait d'ailleurs à témoignait d'une réelle excitation et elle peinait à garder sa maîtrise habituelle, non pas que Théo l'attirait particulièrement, bien que ses avances soient en parti responsables de son état fébrile, mais l'adrénaline et la proximité de Chat noir provoquaient chez elle une étrange sensation euphorisante, qu'elle peinait à atténuer. Reprends toi bon sang Marinette ! Tu dépasses les limites de beaucoup trop de choses ! s'entendit-elle penser à plusieurs reprises.
Effectivement, la jeune femme était de ces personnes qui s'imposent de nombreuses règles, son métier aidant pour beaucoup dans l'entretien de cette habitude. Généralement elle savait à peu près s'y tenir mais depuis quelque temps ces restrictions ne semblaient plus être si importantes, peut-être à cause de l'influence de son récent coéquipier... Il était d'ailleurs devenu le sujet de nombre de ses fameuses abstentions, enfin inconsciemment du moins puisqu'elle ne les formulaient pas explicitement, y penser étant déjà considéré comme une infraction aux règles à respecter. Il ne fallait pas, par exemple:
- laisser Chat noir s'immiscer dans son esprit dans un contexte extérieur au travail
- laisser Chat noir prendre les devants de la mission
- fantasmer sur Chat Noir
- flirter avec Chat noir
- raconter sa vie à Chat noir
- rire aux blagues de Chat noir
- laisser Chat noir la percer à jour
Et SURTOUT ne pas laisser Chat noir gagner.
Seulement petit à petit, chacune de ces restrictions semblaient un peu moins pertinentes... Et cela la terrifiait.
O
Adrien sentait que la situation lui échappait complètement, il gardait espoir cependant.
Ladybug était décidément une femme imprévisible et plutôt têtue, le genre de femme qui vous rend fou, et ce dans tous les sens du terme.
Premio parce qu'elle était sérieusement agaçante, elle lui donnait envie de se frapper la tête contre le sol à cause de ses choix impulsifs, qui mettaient la mission en péril. Elle semblait d'ailleurs peu décidé à lui donner un quelconque indice sur ses intentions. Secundo cette absence d'indications le rendait fou puisqu'il était perdu, mis à l'écart, et il détestait ça par dessus tout: ce sentiment d'impuissance. Tertio eh bien... Elle se jouait de lui. Ladybug le torturait tout simplement, avec une innocence feinte et un malin plaisir, elle jouait avec ses nerfs, avec ses yeux, avec son cerveau et tout ce qu'il contrôlait: elle s'amusait. Était-ce cette idée qui le rendait fou... ou elle ? Les deux visiblement. Un mot s'imposait à son esprit: frustration. Frustration de ne pas pouvoir la toucher, frustration de ne pas pouvoir sentir ses lèvres brûlantes contre les siennes, frustration de ne pas sentir son odeur, la texture de sa robe rouge, la douceur de sa peau, entendre ses soupirs, sentir son souffle chaud, sentir son corps avide contre le sien...
Adrien avala sec, des images indignes du gentleman qu'il était s'imposant à son esprit. Il devait garder le contrôle pour eux deux , bien que son cerveau lui criait de foncer dans l'atelier, frapper Théo, et laisser libre court à son ardent désir envers sa coéquipière, pour lui faire comprendre qu'on ne jouait pas si facilement avec lui.
Mauvaise idée non ?
O
Elle sentit les doigts de Théo parcourir fiévreusement son dos, cherchant hâtivement la fermeture de sa saillante robe rouge.
Marinette se sentit alors en proie à un sentiment qu'elle s'était promis de taire: la panique. Néanmoins il fut très bref, comme une réflexion anodine qui vous traverse l'esprit et auquel vous ne pensez qu'une fraction de secondes, mais qui reste sagement dans un coin de votre tête à attendre de pouvoir ressurgir. Ce fut cependant assez pour déclencher un court instant de lucidité chez elle, assez pour qu'elle se rende compte de ce qu'elle allait faire et de ses conséquences.
La main du sculpteur se fraya un chemin sous le tissu et vint longer prestement sa taille, remontant rapidement vers sa poitrine pour venir caresser la surface fine de dentelle sombre qui la recouvrait. Marinette frémit et lâcha un soupir éperdu (qu'elle exagérait un peu pour rassurer Théo sur l'effet qu'il lui faisait, et se convaincre par la même occasion qu'il en était la cause), elle ne l'arrêta d'ailleurs pas lorsqu'il commença à lui retirer délicatement sa robe, et lorsque celle-ci glissa au sol.
- Hum...
Le son de la voix de Chat noir de retour à son oreille stoppa la jeune femme quelque secondes, convaincue qu'il allait dire quelque chose, et enfin convaincue qu'il était trop distrait pour le faire. Un mélange complexe de gêne et de plaisir l'envahit.
- Tu es magnifique, une vraie oeuvre d'art, siffla soudain le sculpteur avec admiration et convoitise en contemplant le corps presque dénudé de l'espionne.
Marinette sourit et d'un geste lascif, détacha ses cheveux qui retombèrent délicatement sur ses épaules nues. Théo ne tarda d'ailleurs pas à les couvrir de baisers, saisissant avec fermeté la taille de la jeune femme, et la pressant ardemment contre un mur.
- Ma lady... Tu... Enquête akumas...
Marinette se mordit la lèvre pour retenir un rire nerveux devant le ton désarmant de Chat noir, il semblait totalement abasourdi, rien à voir avec le fier espion maître de ses émotions qu'il semblait être. Cette réflexion lui rappela alors qu'elle était elle aussi très loin de sa façade d'espionne impassible et elle essaya de se reconcentrer sur son plan.
Ce ne fut pas chose aisée. Malgré l'indifférence initiale qu'elle éprouvait pour sa cible, elle était tout de même en proie à un certain degrés d'excitation et les battements de son coeur martelaient son cerveau, l'empêchant de réfléchir. Et puis il y avait ce foutu chat. Elle se mettait à nu devant lui et littéralement: elle pouvait dire adieu à son image d'espionne professionnelle, sans écarts, sérieuse, maîtresse de ses émotions... Elle commença à penser à la honte qu'elle ressentirait dès qu'il poserait les yeux sur elle, mais aussi à l'inavouable désir qu'elle ressentait à son égard. Théo la coupa dans ses pensées pour murmurer à son oreille:
- Tu vas voir tu seras mon chef d'oeuvre, plus belle encore que Néfertiti...
Néfertiti !
Marinette su alors ce qu'elle devait faire, et comment elle allait s'y prendre.
Elle sentit que l'artiste était au comble de l'excitation et qu'il faudrait peu de temps avant qu'il ne la débarrasse de ses dernières épaisseurs de tissus. Il l'embrassa fiévreusement et elle soupira par petites sacades, bougeant sensuellement son corps contre le sien. Il commença alors à retirer sa ceinture mais la jeune femme le stoppa, et déclara d'un ton éperdu:
- Allons... sur la table.
Théo laisse échapper un gémissement tandis qu'elle l'oriente vers l'immense meuble, mais arrête quelques instants ses mouvements effrénés.
- Mais... Il y mes outils... Sur la table... Tu vas te blesser.
Marinette fit courir ses lèvres sur la nuque du jeune homme et remonta vers son oreille pour lui murmurer:
- On va les enlever...
Le sculpteur sembla encore un peu réticent, mais lorsque la brunette commença à lui retirer sa ceinture, il cessa de réfléchir. Il balaya d'un geste impatient le contenu de la table et allongea un peu trop brutalement la jeune femme dessus, lui arrachant un léger cri de douleur. Il ne parut néanmoins pas s'en soucier, trop occuper à couvrir sa poitrine de baisers ardents, sans se préoccuper du confort de celle-ci.
- Mais pour qui il se prend ce salaud ?! lâcha la voix fébrile de son coéquipier. Il t'a fait mal ? Ok j'arrive, la situation a suffisamment dégénérée !
- Non ! s'écria aussitôt Marinette, impuissante, et affolée à l'idée que Chat noir mette son plan en péril. Cet imbécile allait tout faire foirer, elle devait agir et vite !
Théo releva la tête vers elle avec une désagréable expression d'exaspération.
- Quoi "non" ?
- Rien, j'ai lancé ça comme ça... Continue.
Il ne se fit pas prier et prolongea la course de ses lèvres sur le corps de la jeune femme. Marinette lança des coups d'oeil autour d'elle, cherchant des yeux le buste de Néfertiti, son objectif. Elle retrouva celui qu'elle avait vue au bout de l'immense table, désormais derrière elle. Elle réfléchit: à bout de bras elle ne pourrait pas encore tout à fait l'atteindre, il fallait qu'elle glisse un peu vers l'extrémité de la table. Il fallait aussi qu'elle fasse de grands gestes.
Marinette poussa un soupir et alors que Théo essayait enfin d'enlever son pantalon, elle maintint sa tête contre sa poitrine pour l'obliger à se concentrer uniquement sur cette partie de son corps, et espérer détourner son attention pour retarder le moment de non-retour. Elle commença alors à s'aider de ses jambes pour glisser vers le bout de la table, faisant passer ses gestes pour un effet de l'incontrôlable excitation qui devait, en principe, la submerger.
- Chat j'y suis presque, par pitié attends, s'entendit-elle souffler lorsqu'elle étira son bras pour atteindre le buste. Théo releva légèrement la tête, sûrement alerté par son marmonnage plaintif, et au même moment, Marinette donna un vif coup dans la statue, qui bascula de la table, et alla s'exploser contre le sol.
Le bruit alerta le sculpteur qui se redressa aussitôt, affolé. Il s'écarta de la brunette et se releva, se précipitant vers les débris du buste:
- Merde t'as vu ce que t'as fait !
Marinette jeta un coup d'oeil par-dessus la table et un sourire apparut quelques instants sur son visage avant qu'elle ne déclare d'un air coupable:
- Pardon, je suis vraiment désolé... De toute façon tu en as plein d'autres, et c'est juste des moules non ?
Théo ne répondit pas, trop occupé à ramasser les fragments de buste, les mains tremblantes. Il les écarta vite de son champ de vision, mais trop tard, Marinette en avait vu suffisamment.
Elle avait toujours eu une bonne intuition pour débusquer les détails d'apparence anodins cachant en réalité un élément-clef. Elle avait un instinct pour ce genre de choses... Et cette fois il avait vu juste.
Le buste de Néfertiti n'avait pas qu'un intérêt artistique, le buste de Néfertiti renfermait quelque chose, elle l'avait compris rien qu'en voyant l'expression de Théo quand elle l'avait questionné ou juste quand elle avait approché sa main de la sculpture. Maintenant elle l'avait vu très clairement.
Dans le buste brisé se trouvait un flacon.
Un tout petit flacon noir...
C'était tout ce dont elle avait besoin.
BAM !
La porte de l'atelier s'ouvrit brutalement.
Personne n'eut le temps de comprendre ce qui se passait.
Chat noir surgit et sans même analyser la situation, se précipita vers Théo toujours accroupi au sol, pour lui asséner un violent coup de genou dans la mâchoire. Marinette resta pétrifié sur place, la main sur la bouche, et le jeune homme gratifia le sculpteur d'un nouveau coup, cette fois-ci en plein dans l'estomac qui lui arracha un retentissant cri de douleur.
- Salaud ! s'exclama t-il en l'obligeant à relever la tête, une main agrippant le col de sa chemise et l'autre prête à s'écraser sur sa figure.
- Adrien ça suffit ! s'écria Marinette en retenant son bras avec fureur.
Elle n'était pas tout à fait furieuse contre lui, elle était touchée à vrai dire, flattée même. Il avait beau avoir agit impulsivement, sans prendre en considération son avis et sans lui faire confiance, il avait tout de même fait cela pour elle, parce qu'il s'inquiétait... N'empêche qu'elle allait lui remonter les bretelles tôt ou tard mais, heureusement pour lui, il arrivait plutôt au bon moment.
Adrien, quant à lui, était furieux.
Il était en train de perdre le contrôle et de faire foirer la mission, et ce par la faute de cet espèce d'imposteur, de Ladybug, et surtout de la sienne tout simplement. Putain ! Toute cette mission avait décidément été UNE TRÈS MAUVAISE IDÉE ! Il fallait qu'il se calme et qu'il arrête d'agir n'importe comment, respirer, il fallait penser à respirer.
Adrien serra la mâchoire et détendit son bras, relâchant Théo qui s'écroula au sol. Celui-ci le regardait avec effarement, son visage ensanglanté crispé par la douleur lui sembla plus odieux que jamais. Adrien résista une nouvelle fois à la tentation d'écrabouiller sa face contre le sol lorsqu'il sentit une nouvelle vague de rage et d'adrénaline le gagner. Cet imbécile, ce salaud, ce vaurien avait touché Ladybug, il avait osé poser ses mains sur elle, la caresser, l'embrasser bon sang ! Cette idée odieuse et inadmissible eut le temps de faire son chemin dans son cerveau, puis d'imprégner tout son être, suffisamment de temps pour qu'il cesse à nouveau d'être rationnel.
- CONNARD !
Le poing du jeune homme vint à nouveau s'écraser violemment contre la mâchoire de l'artiste, lui arrachant un nouveau cri de douleur. Sa face était désormais couverte de sang.
Marinette qui s'était écartée quelques instants pour remettre sa robe, se précipita vers lui, furibonde.
- Non mais t'es totalement malade ou quoi ?! Qu'est-ce qui te prend tu veux le tuer ?!
Elle le bouscula sans ménagement et s'agenouilla près de Théo relevant son visage pour examiner l'ampleur des dégâts. Elle soupira et releva nerveusement ses cheveux, puis se se retourna vers son coéquipier:
- Il a intérêt à pouvoir encore parler, sinon je te jure que je te tue.
Adrien bien qu'au comble de la fureur, ne se formalisa pas de cette menace et détourna les yeux, serrant les dents pour contrôler ses pulsions en tout genres.
- Quech que fé que chette histoire ? parvint à articuler sa récente victime avec ce même air d'effarement stupide qui lui donnait envie de lui sculpter un tout nouveau visage.
- Pour qui tu travailles ? lança Ladybug, agressive.
Il parut ne pas comprendre, et ouvrit de grands yeux, toujours abasourdi. Si jusque là il avait pu croire à l'arrivée d'un petit ami un peu trop possessif, il était désormais sûr d'avoir affaire à des ennemis bien informés.
- Pe... Personne, balbutia t-il, effrayé.
- Pour qui tu travailles ?! répéta la jeune femme avec rage. Tu réponds à ma question !
- Che vous jure que che sais rien ! Laissez moi par pitié ! beugla t-il en, sa bouche crachant abondamment du sang.
- Tu crois que j'ai pas compris ce que tu fabriques ?! J'ai vu ce qu'il y a dans tes bustes ! C'est quoi ?! Qui te paye ?! T'es coincé Varbeau alors je te conseille de coopérer gentiment avec moi !
Adrien observait la scène en retrait, hésitant à intervenir. Il se rappela de faire confiance aux instincts de Ladybug à l'avenir, elle avait vu juste et il s'en voulu d'avoir pu être la cause de son échec, et d'avoir été trop abruti par sa jalousie pour lui faire confiance: elle savait ce qu'elle faisait. Il était d'ailleurs, en ce moment-même, partagé entre son agacement sans bornes pour Théo et son admiration pour le sang-froid dont faisait preuve la jeune femme.
- Je...
La tête du sculpteur basculait piteusement de droite à gauche, ses yeux s'ouvrant et se fermant, au rythme de cette douloureuse cadence.
- Merde tu vas parler ! s'impatienta Ladybug.
- Je... Je peux rien dire !
Il poussa un gémissement plaintif et fixa à nouveau la brunette:
- C'en est fini de ma peau si je parles !
Adrien s'avança brusquement et saisit son col:
- Mais si tu parle pas, je te promet d'essayer sur toi tous ces fascinants outils dont tu parlais tout à l'heure, je suis sûr que tu pourrais faire un très jolie buste !
Cette menace provoqua l'effet escompté sur le pauvre sculpteur, il pâlit, et se mit à trembler, ses yeux emplis d'effroi fixant les outils tombés au sol.
- De... D'accord, je vais tout vous dire. Je vais tout vous dire !
- Bien, commençons par le début. Qui t'a embauché ? déclara Ladybug sur un ton plus conciliant.
Théo essuya le sang autour de sa bouche d'un revers de manche et bredouilla:
- Hum... je connais pas son nom, on me contacte juste par téléphone...
La suite de son histoire fut tout sauf ce à quoi ils s'attendaient.
- Je... Je suis un agent secret, je travaille pour une organisation mandatée par le gouvernement. Mon nom de code c'est... C'est Chat noir.
Les deux espions se regardèrent, froncèrent les sourcils, puis éclatèrent de rire.
- Ha ! T'es un agent secret, rien que ça ! s'exclama Adrien, le visage encore fendu par un large sourire rieur. Mais dis moi "Chat noir", tu serais pas un putain d'imposteur ?!
Théo pâlit davantage, totalement désemparé. Il venait de se faire prendre la main dans le sac et il allait très certainement s'en mordre les doigts.
- Ok, lança Marinette. C'était marrant mais je te conseille d'arrêter de nous raconter des bobards... Je vais reposer ma question une dernière fois. Quel est ton rôle dans toute cette foutu affaire ?
Il ne répondit pas, il regarda le sol, hésitant. Chat noir grimaça et saisit à nouveau le col de sa chemise, brandissant son poing. Ce geste fut suffisant pour sortir le sculpteur de sa torpeur.
- Hé c'est bon, je vais parler ! s'écria t-il, horrifié. Bon, je vous ai pas menti tout à l'heure sur un truc, je sais vraiment pas qui me paye, tout ce que je sais c'est qu'il paye bien.
Marinette et Adrien levèrent les yeux au ciel.
- C'est... C'est un mec qui me contacte par téléphone... Il me commande des bustes et d'autres mecs arrivent pour mettre leurs espèces de fioles dedans... C'est tout.
- Cool, grinça Chat noir (il trouvait vraiment ça cool pour le coup, ils commençaient à creuser leur piste). Mais ça me dit pas ce que tu fous aux réceptions vip de la fashion week ?
- Eh ben... Le deal c'est qu'ils se servent de mes statues pour transporter leurs trucs et en échange j'ai du fric et des invitations pour des fêtes privées... Ça me fait de la publicité auprès de tous ces Bourges vous comprenez...
- Ouais et tu peux aussi en profiter pour draguer, c'est ça ? continua dédaigneusement Chat noir.
Théo ne parut pas percevoir le ton méprisant de ce dernier puisqu'il ajouta avec une certaine fierté.
- Bah c'est clair que c'est un bon plan, ces nanas sont toutes pétées de tune en plus d'être canons, et elles m'achètent des sculptures ! Mais alors elle là (il regardait Ladybug avec convoitise) c'était vraiment le jackpo...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que sa tête heurta le sol avec violence. Chat noir affichait un air impassible limite blasé mais on pouvait aisément deviner son degré de fureur. Ladybug le regarda faire, perplexe, mais elle ne trouva ni la force de le réprimander, ni la force de le féliciter. Elle se contenta de déclarer:
- Bon si je comprend bien t'es embauché par quelqu'un mais tu sais pas qui, quelqu'un te contacte mais tu sais pas non plus qui, et tu fais du trafic pour eux mais tu sais pas de quoi ?
L'artiste hocha faiblement de la tête.
- T'es encore plus con que je le pensais, affirma Chat noir avec sérieux. Tu pourrais très bien être en train d'aider à trafiquer une arme mortelle mais tu préfères aller t'éclater à des soirée vip c'est ça ? Pitoyable.
Il relâcha le col ensanglanté, et la tête du sculpteur suivit le mouvement pour retomber mollement au sol. Ladybug prit la parole:
- Ok on l'embarque, on le fera parler plus tard, on a suffisamment de matière pour l'instant. Je m'occupe de lui, et toi tu prends tous les bustes de Néfertiti. On va les sortir discrètement par l'arrière et on emmène tout ça au QG.
- Je préférerais me charger de lui, maugréa Chat noir, peu enthousiaste à l'idée de le laisser encore seul avec sa partenaire.
Ladybug soupira et récupéra une de ses chaussures qui avait glissé lors de ses ébats avec Théo, elle se retourna vers son coéquipier qui l'observait, et déclara avec froideur:
- Certainement pas, tu n'es décidément pas capable de contrôler tes émotions, et je ne veux pas me retrouver avec un cadavre pour seul témoin.
Chat noir se sentit blessé par son ton mais du admettre la véracité de ses propose. Elle releva Théo et ajouta avec ce qu'il décela comme une légère pointe d'amusement:
- T'inquiètes, si il bouge je le cogne.
Adrien sourit. Ce n'était pas une si mauvaise idée.
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À suivre...
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Hey !
Je sais pas si vous avez trouvé ce chapitre un peu WTF, c'est la première fois que j'écris un truc comme ça. Bon en vrai ça a été une plaie à écrire même si au final j'ai bien aimé et le résultat me paraît intéressant. Je suis vraiment contente de le poster enfin (il est très long en plus) !
Encore quelques petites choses, pour ceux que ça intéresse j'ai un compte Wattpad: Lucky Watson (pas Holmes oui), peut-être que je posterais autre chose que mes fanfictions alors allez voir ;) ! Et sinon je vais faire de la pub pour un site crée par Liuanne (la big boss du miraculous game si j'ose dire), "French miraculers"( french-miraculers . forumactif . com, enlever les espaces et ajouter les trucs de base "h t t p" etc parce que ce site me laisse pas les mettre), n'hésitez pas à jeter un petit coup d'oeil, il y a pas mal d'auteurs et on peut faire plein de choses en rapport avec l'univers de miraculous !
Point culture: Le titre de ce chapitre est celui d'un film du grand Hitchcock, "Les Enchaînés" donc, avec Cary Grant et Ingrid Bergman *o* qui est absolument génial et que vous devez voir ne serait-ce que pour comprendre pourquoi c'est le titre de ce chapitre.
Voilà, bisous et à bientôt j'espère ! (promis j'essayerai de faire plus vite)
