Chapitre 6
Ziva remercia d'un sourire Abby qui venait de lui apporter une tasse de thé. Enroulée dans une couverture dans la chambre de la maison de Franks, l'israélienne se remettait doucement de ses émotions des derniers jours. Tony était assis dans un fauteuil dans un coin de la pièce et ne la quittait pas des yeux depuis qu'ils l'avaient fait sortir de Camp Davis.
Gibbs, Franks et McGee entrèrent dans la pièce.
- Tony restera avec toi cette nuit Ziva. Demain, ajouta-t-il à l'adresse de l'italien, soit à l'heure au travail et trouve-toi un alibi sérieux pour ce soir. Franks restera ave toi Ziva pendant la journée, et je viendrai prendre la relève le soir. Cette nuit, termina-t-il en se tournant vers son mentor, tu dormiras chez moi.
- On devrait peut-être laisser Ziva se reposer, intervint Abby.
- Bonne idée. A demain.
Les quatre agents sortirent de la pièce. Quelques instants plus tard, la porte d'entrée se refermait sur eux. Restés seuls, Ziva et Tony se regardèrent quelques instants sans rien dire. L'italien finit par se diriger vers le lit et sortit de dessous ce dernier un petit sac de voyage.
- Je suis passé chez toi il y a deux jours pour te prendre des vêtements.
- Tu as fouillé dans mes tiroirs ?
- Très jolie lingerie au passage… Moi qui pensais que tu étais plus coton et confort…J'ai été agréablement surpris.
L'israélienne ouvrit la bouche avec une mine effarée, puis finit par lui envoyer un coussin qu'il évita lestement. Se saisissant du sac, elle en sortit un débardeur et un short, avant de se diriger vers la salle de bains. Tony se réinstalla dans le fauteuil.
Quinze minutes plus tard, la jeune femme ressortait en tenue de nuit. Tony la suivit du regard tandis qu'elle allait s'installer dans le lit. Ce fut quand elle se pencha pour défaire les draps qu'il remarqua une tache inhabituelle sur la peau de la jeune femme.
- C'est quoi ça ? s'écria-t-il en se levant d'un bond.
- Quoi ?
- Ça ! s'écria-t-il en s'approchant d'elle à toute vitesse et en soulevant en partie son débardeur, dévoilant une grande brûlure en forme de « O » dans son dos.
- Tony ! s'écria-t-elle. Lâche-moi ! C'est rien, t'inquiète pas !
- Comment ça « c'est rien » ? Non mais tu as vu l'état de ta peau ? Il faut la désinfecter tout de suite, ça risque de s'infecter ! Qui t'a fait ça ?
- Les gardiens de Camp Davis quand ils s'ennuyaient, ou quand je n'étais pas assez sage, murmura-t-elle.
Elle vit nettement les mâchoires de l'italien se serrer avant qu'il ne décide à aller chercher la trousse de premier secours. Revenu quelques instants plus tard, il sortit de la trousse un tube de crème contre les brûlures ainsi que des compresses et du sparadrap. Puis il la regarda avec un air un peu gêné.
- Je dois te mettre de la crème dans le dos alors il faudrait que tu t'allonges sur le ventre et aussi que tu…ahem…
- Enlève mon débardeur ?
- Voila.
Avec un petit sourire amusé, elle se tourna dos à lui et retira son haut avant de se coucher sur le lit en suivant les indications de Tony. Il s'assit à côté d'elle et se mit de la crème sur les mains avant de commencer à l'appliquer délicatement sur le dos de la jeune femme. Au premier contact, le froid de la crème sur sa blessure fit légèrement sursauter Ziva, mais elle s'y habitua très vite.
Bientôt, la simple application de la crème se transforma en massage qui devint bien vite caresses. L'israélienne et l'italien avaient tous les deux le souffle coupé. Bien sûr ils voulaient ce qui allait arriver, ils l'avaient tellement attendus et désiré… Et bien sûr ce lieu était le plus propice, seuls au monde tels deux naufragés à la dérive depuis trop longtemps, vivant au jour le jour et sachant qu'ils pourraient perdre l'autre le lendemain.
Ziva se redressa, laissant ses longs cheveux dégringoler en cacade dans son dos et se retourna vers Tony. Leurs lèvres se trouvèrent tout naturellement en un baiser passionné, comme si elles s'étaient préparées à ce moment depuis des siècles.
Tony glissa ses mains dans les cheveux de Ziva, l'attirant plus près de lui, pendant que cette dernière faisait glisser le tee-shirt de l'agent par-dessus sa tête. Le reste de leurs vêtements disparurent aussi vite et ils s'écrasèrent sur le lit. Tony caressa doucement le visage de Ziva.
- Tu es tellement belle, murmura-t-il.
Puis il se pencha pour l'embrasser avant qu'ils ne s'unissent dans la complicité de la nuit.
Ziva se lova au cœur des bras de son partenaire tandis que ce dernier tirait les draps sur eux.
- Ziva ?
- Hum ? fit cette dernière d'une voix un peu ensommeillée.
- J'ai un petit problème…
- Lequel ? s'inquiéta-t-elle en se retournant.
- Je crois bien que je suis accro à toi…
Elle lui adressa un sourire éclatant et l'embrassa.
- Alors je crois que j'ai le même problème… répondit-elle.
***
Ziva se redressa en sursaut.
- Tony ! cria-t-elle dans la chambre.
- Quoi ? répondit aussitôt la voix inquiète de l'italien.
L'israélienne tourna la tête et le trouva dans un coin de la chambre, habillé de pied en cape en train de finir de nouer sa cravate. Il se rapprocha d'elle à toute vitesse.
- J'ai cru que tu étais partis…murmura-t-elle.
- Tu sais très bien que je ne te laisserai jamais, sourit-il en jouant avec une mèche des cheveux de la jeune femme. Bien dormit ?
- Je n'avais pas dormi aussi bien depuis longtemps…
Soudain, ses yeux se mirent à pétiller comme ceux d'une gamine et un immense sourire éclaira son visage.
- Tu m'aimes ! s'exclama-t-elle.
- Quelle révélation…sourit-il en l'embrassant. Je dois y aller si je veux être à l'heure au NCIS. Fransk devrait arriver dans dix minutes.
- Tu as un alibi solide à sortir à Kort ?
- En béton ma chère, en béton…
Il l'embrassa de nouveau puis enfila sa veste et son manteau et sortit de la chambre. Quelques instants plus tard, Ziva entendit la porte d'entrée claquer.
***
Tony sortit de l'ascenseur et se dirigea tout de suite vers son bureau après avoir salué Gibbs et McGee. Tous avaient une mine assez sombre, chose normale pour trois personnes voyant leur amie inculpée et ne sachant pas où elle était. Normalement.
Kort se planta devant le bureau de Tony.
- Toi viens ici. J'ai à te parler.
Sans un mot, Tony se leva et le suivit. Kort l'emmena à l'écart, et ils restèrent quelques instants à se regarder, tel de chiens près à se sauter à la gorge.
- Quoi ? aboya Tony d'un ton agressif.
- J'espère pour toi que ta stupidité et l'attachement que tu portes à ta chère collègue ne te poussent pas à enfreindre la loi DiNozzo…
- Si tu pouvais être plus explicite…
- Tu sais très bien de quoi je veux parler…
- Et bien désolé mais non…
- Ne joue pas au plus malin avec moi ! s'énerva Kort en se rapprochant, menaçant, de Tony.
L'italien allait répliquer, quand il entendit la voix de son directeur qui l'appelait. Affichant un sourire ironique, il pria Kort de l'excuser sur son ton le plus poli et se dirigea vers Vance qui se trouvait avec Gibbs et McGee. Un homme d'environ cinquante ans, brun au teint basané.
- Agent DiNozzo, voici Isser Livni, agent du Mossad et chargé de l'enquête sur les Ombres.
- Enchanté, répondit Tony en serrant la main de l'agent. Je suis ravi que vous soyez ici. Vous allez pouvoir prouver que l'officier David est innocente dans cette affaire.
- A vrai dire je ne pense pas, dit Livni avec un sourire mauvais. Il y a de cela presque cinq ans maintenant, j'ai été capturé par les Ombres et torturé, avant qu'une mission sauvetage de la part du Mossad ne me sauve. Je ne connaissais que le visage de mes bourreaux, mais pas leur nom. Il se trouve que j'ai par hasard eu entre les mains il y a quelques jours la photo d'un de mes tortionnaires. Qui s'avéra être la fille du directeur adjoint du Mossad, l'officier Ziva David.
