Bonjour :)
A gros merci à tous ceux qui me lisent et m'encouragent.
Comme d'habitude, les personnages et l'univers de Star Wars appartiennent à George Lucas, l'histoire est de Eirian Erisdar dont j'ai fait la traduction.
Bonne lecture pour ce chapitre.
De toutes les émotions associées au fait d'être enterré vivant, Qui-Gon Jinn, fidèle à sa réputation de non-conformiste, en choisit une assez surprenante : l'agacement. Il n'y a aucune trace de panique ou de désespoir dans son cœur alors qu'il prend plusieurs respirations régulières dans la poche d'air, qu'il a créé avec la Force au moment où la glace l'entourait. Comme il se retire au plus profond de lui-même pour conserver l'oxygène, son irritation atteint des sommets. Cette méditation particulière est pour le moins originale, Qui-Gon ne peut s'empêcher de lâcher un flot de jurons dans toutes les langues possibles au sein de la Force.
Ce n'est décidément pas la méthode qu'il aurait privilégiée pour mourir. Non pas que tout être vivant aurait une manière « préférée » pour mourir, mais quand il n'était encore qu'un initié, il avait toujours supposé, avec morbidité, qu'il allait mourir par un coup de sabre-laser sai cha Sith au niveau du cou, son sang se rependant glorieusement sur le champs de bataille. Devenu Padawan, cette mort glorieuse avait pris fin avec son Maître, sévère et intransigeant, et il s'était finalement dit qu'il serait plus agréable de sacrifier sa propre vie, tout en protégeant des enfants dans le temple. Bien sûr, cette idée était en réalité dénuée de sens et absurde, puisque le Temple devrait tomber pour que cette situation devienne réelle.
Et puis, finalement, au fil des années, Qui-Gon avait imaginé avec nostalgie, qu'il allait mourir vieux et gris, comme un vétéran, son héritage passant aux mains des générations de Jedi à venir, ses derniers moments illuminés dans la musique éternelle de la salle aux Mille fontaines.
Un petit sourire flotte sur ses lèvres dans l'obscurité lourde et étouffante. En d'autres termes, mourir comme un vieux et irritable gundark, franc-tireur jusqu'à la fin de ses jours. Tahl aurait été fière.
Tahl.
Qui-Gon s'était dit une fois que si Tahl et lui venaient à mourir ensemble, il en aurait été satisfait, quelles qu'en soient les circonstances...mais ses pensées se tournent vers un autre Jedi, jeune et différent en tout point, mais aussi dépendant de lui qu'il l'est envers Tahl, sinon plus.
Le visage d'Obi-Wan flottait à la limite de sa conscience, souriant, pensif, grave, amusé, inquiet. Qui-Gon ne connaît le garçon que depuis quelques jours à peine, et ses caractéristiques ainsi que ses nombreuses expressions sont déjà imprimées dans l'esprit de Qui-Gon.
Formidable. Maintenant, la gêne a cédé la place au regret.
Il n'y a pas de mort. Il n'y a que la Force.
Ses pensées brumeuses deviennent de plus en plus lointaines, pataugeant dans les vagues paisibles de son esprit. Son sourire solitaire s'élargit. La privation d'oxygène et l'immersion dans la Force sont presque équivalentes à une ivresse. Il pourrait recevoir ce qu'il voulait après tout...une mort calme, aussi facile que l'endormissement et laisser la Force l'envelopper.
Au seuil de la conscience, Qui-Gon fait une pause, il se dit qu'il va devoir peut-être patienter un peu. La Force lui murmure que sa mort est encore trop tôt. Lorsque Qui-Gon gémit et s'enfonce encore plus profondément, la résistance ne fait que se renforcer. Apparemment, ne faire plus qu'un avec la Force exige d'être accepté, et la Force a décidé de protester.
Qui l'aurait cru ? Chuchote Qui-Gon à la Force, l'amusement scintillant comme une lumière terne dans un rivière de luminance. Tu es aussi non-conformiste que moi.
OoOoOoOo
Obi-Wan grimace de fatigue alors qu'il se rapproche du temple, son cœur empli d'une sensation inexplicable de crainte qui s'est jeté sur lui depuis plusieurs minutes déjà. Avec un dernier regain d'énergie, il se précipite, avec une maladresse inhabituelle, vers la cour arrière du Temple Jedi d'Ilum pour trouver une scène de chaos.
Quinlan est en train de taillader un dédale de débris avec son sabre-laser d'entraînement, les lèvres blanches et l'air étrangement calme dans toute son ardeur. La lame à basse température fait à peine une brèche. Des larmes silencieuses glissent sur les joues de Luminara alors qu'elle s'occupe d'un Reeft gémissant, dont la manche est remontée et révèle une profonde entaille, le fragment de glace qui en est à l'origine repose plus loin, couvert de sang. Les yeux de Garen sont bizarrement humides. Ses poussées désespérées de Force ne sont guère efficaces contre les pics acérés et les montagnes de glace cristalline.
Qui-Gon est introuvable.
Les poumons d'Obi-Wan semblent se bloquer comme il en arrive à une conclusion inévitable. Hébété, son regard se rive sur les fracas de glace, et la falaise qui surplombe l'entrée menant aux grottes de cristal. Maître Qui-Gon...
A travers la désolation qui imprègne la Force, quelque chose de sombre vacille dans les eaux tièdes, comme une ombre dans le coin de sa vision. Obi-Wan tourne la tête en direction de la citadelle, et ne trouve rien...sauf Huei Tori, dont les yeux fixent le vide, son masque d'un calme immaculé brisé, gelé par l'incrédulité. Toute sa perfection de padawan ne vaut rien face à une telle tragédie.
Obi-Wan plonge en lui-même, cherchant la panique, la peur, le cri qui ne pourra jamais franchir ses lèvres.
Il ne trouve que le calme.
La Force ordonne et il obéit. Quand il se déplace, il glisse sur la terre ferme sans hâte. Garen et Quinlan cessent leurs efforts, tournant leurs yeux dévastés sur la progression d'Obi-Wan, la confusion et l'épuisement plissant leur front. Luminara sembler lever les yeux de ses fournitures médicales, séchant ses larmes et le scrutant avec curiosité.
Obi-Wan les ignore tous et se met à genoux, dans une position de méditation, fouillant dans sa tunique pour en sortir son cristal azur. Il miroite au creux de ses mains, une étoile bleue solitaire dans un ciel blanc. Quinlan lui crie quelque chose, mais il n'y fait pas attention. La Force lui murmure ce qu'il faut faire, calmement, ici.
La Force tourbillonne comme un maelström autour de lui tandis que les autres cèdent à leurs émotions, la peur, le désespoir, le doute, la curiosité, la colère et la tristesse dans une pluie étourdissante contre ses boucliers. Obi-Wan est l'œil de la tempête, l'immobilité, l'air silencieux qui charge avec l'électricité au centre du chaos. Il n'y a pas de y a la sérénité. Ici, dans ce paradoxe de blanc et de couleur que sont Ilum et la Force, le cristal fredonne une berceuse apaisante. Et Obi-Wan écoute.
Le cristal est un conduit de la Force. La Force unificatrice plane autour de lui, murmurant ce qu'il va se passer, des hivers sans printemps et des nuits sans étoiles, du vent dans ses cheveux et du sel sur ses lèvres. Le cœur d'Obi-Wan ralentit, s'harmonisant avec le rythme des pulsations du cristal, qui danse à à son tour la mélodie cachée de la Force vivante. Il n'éprouve pas le besoin de respirer, la Force et lui ne font qu'un.
L'étoile d'azur sur sa paume rayonne d'une lumière occulte. Le cristal est le cœur de la lame.
Le cristal danse avec chaque battement de son cœur. Le cœur est le cristal du Jedi.
Son cœur se réjouit en écoutant la musique des sphères. Le Jedi est le cristal de la Force.
Et la symphonie des étoiles lui donne sa réponse. La Force est la lame du cœur.
Les yeux d'Obi-Wan s'ouvrent, mais son regard se porte sur un monde à part, où le temps ne s'écoule pas, mais plane en riant pour l'éternité. Il lève la main et sépare des pièces de chrome et d'obsidienne qui viennent de son sac, les faisant dériver vers lui. Chaque composant est merveilleusement détaillé, gravé avec espoir et apaisé avec ses larmes. Une fois terminés, ils formeront l'arme d'un Jedi, une aspiration qui durera des années-lumière, bloquée par des épreuves de sang, de pertes, et de langage. C'est la lame de son cœur, de ses espoirs, de ses rêves, son identité et ses mots qui ne seront jamais dits font partis d'elle, pour le prémunir des épreuves à venir.
Tous sont entrelacés.
La poignée désassemblée plane autour du cristal, formant un ensemble d'aspiration et d'échecs.
Le cristal, la lame, le Jedi.
Obi-Wan incline légèrement la tête, et il peut entendre les étoiles danser, le cristal fredonner dans sa main, et les battements de son cœur, stables dans sa poitrine. Pour une fois, il n'a pas besoin de parler, tout cela chante pour lui.
Nous sommes un.
Les morceaux de la poignée de son sabre-laser fusionnent et forment un tout homogène, obscurcissant à peine l'éclat du cristal.
Le flash étourdissant de la lame azur renvoie l'obscurité persistante de la Force comme un coup de vent fauchant des brins d'herbe, une vergence de la Force si forte que l'air frisonne sous l'intensité du plasma de la lame. Elle est incandescente, pure, comme le métal abreuve la forge et mortelle dans sa finalité.
Obi-Wan pose son regard sur les décombres de glace et de roche, et voit les courants de la Force gronder autour de leurs arêtes acérées. Son sabre-laser chante avec impatience dans sa paume.
Et comme il avance, le garçon sent une mélodie errer au sein de la Force et l'appeler, et son esprit est envahi par une lumière glorieuse, alors qu'il ouvre en grand les portes d'une nouvelle liaison, sa propre mélodie rejoint l'autre et toutes deux rient et forment un duo.
OoOoOoOo
Qui-Gon se met à haleter comme une torche est lancée dans son esprit, illuminant ses nerfs en feu et aspirant la douleur de ses muscles ankylosés. Son regard, embrouillé par la Force, descend vers sa poitrine, et sa respiration manque de s'arrêter. Une lien incandescent part de son cœur et dérive vers la Force, une attache astrale vers le ciel, attachée à une ancre solide et inconnue. Il invoque ses dernières forces et tire faiblement sur cette ligne de vie brillante, ignorant la douleur qui transperce son cœur en même temps. L'attente est une agonie silencieuse, les ombres fourmillant sur la connexion comme de l'acide sur un réseau. Mais une réponse pulse vers lui à nouveau, et une conscience effleure son esprit.
Qui-Gon se cramponne à ce lien comme un homme qui se noie à une corde, plaidant la Force de le soutenir.
OoOoOoOo
Obi-Wan vient de terminer son dernier saut de Force lorsque la voix résonne dans son esprit, une demi-image, un demi-son. Est-ce toi, mon Padawan ? La voix est lasse, ternie, mais apporte avec elle l'étrange image d'un sourire dans l'obscurité, à quelques mètres de lui.
L'urgence donne à ses mouvements une grâce sans effort. Le sabre d'Obi-Wan tourne dans un cercle de lumière bleue irisée avant de s'enfoncer dans la glace, des étincelles s'échappent et de la vapeur sort des débris tandis que le plasma rencontre le froid et la pierre. Ses mains deviennent moites, et il remarque à peine le désert aride qui meurtrit sa gorge, la rigidité de ses doigts et les marques rouges sur ses pieds nus comment ils pivotent sur la surface déchiquetée.
C'est seulement quand la voix parle à nouveau qu'Obi-Wan se rend compte qui est l'orateur et la portée de ses paroles. La voix de Qui-Gon est entravée par la fatigue. Padawan, est-ce toi ?
Le titre tant attendu est prononcé de façon à la fois formelle et affectueuse. Obi-Wan voudrait tellement répondre- il peut sentir les mots sur ses lèvres, martelant contre cette barrière invisible mais son sabre-laser projette des étincelles aux trois-quart du chemin à travers un cercle, la Force chuchotant à nouveau. Sans réfléchir, Obi-Wan rassemble tous ses désirs, ses douleurs, ses pertes et ses joies et les envoient dans le lien.
Ses lèvres bougent mais il ignore s'il parle à haute voix ou s'il crie son allégresse dans la Force elle-même.
Mais les mots sonnent juste et résonnent néanmoins dans la Force : Oui, Maître ! C'est moi !
Comme son sabre achève sa rotation dans la glace, Obi-Wan tend une main gercée et lève le cercle de glace dans les airs, le projetant contre la falaise. Une forme recroquevillée réside dans l'ouverture.
Des yeux céruléen rencontrent des yeux gris-bleu un bref instant, et les lèvres de Qui-Gon Jinn laissent échapper un rire léger et reconnaissant.
Et puis, le sabre d'Obi-Wan siffle à nouveau dans sa poignée comme la glace dévale sur lui, même si Garen crie quelque chose d'inintelligible derrière lui et des exclamations fusent à travers les échos de la falaise en ruine.
Comme la conscience se replie dans son esprit, il entend son maître murmurer, pleine de surprise : Bien sûr, padawan . C'est toi.
Les traits d'Obi-Wan devraient être gelés, mais ils se fendent d'un sourire alors que le garçon s'effondre et que la Force le berce dans l'oubli.
OoOoOoOo
Qui-Gon flotte sur un nuage confortable, léthargique et enduit de médicaments, bloquant toute perturbation aussi facilement que s'il se trouvait face au Conseil, murant son esprit contre leurs bavardages incessants. Mais apparemment, ses boucliers se sont quelque peu dégradés. S'il pouvait se débarrasser de ce bip agaçant...
Attendez. Bip ?
Qui-Gon ouvre brusquement des yeux bleu céruléen et se retrouve face au sourire numérisé du droïde médical qui s'avance vers lui. « Et comment allons-nous, mon cher ? » chantonne-t-il dans un mélange assez terrifiant de connotations maternelles et robotiques.
Une pause.
Avec le recul, peut-être qu'il n'aurait pas dû utiliser une poussée de Force aussi puissante, parce que maintenant Vokara Che allait faire une drôle de tête en voyant qu'il ne restait plus du droïde médical qu'un tas de circuits grillés et de morceaux de métal disloqués. L'aile des guérisseurs du Temple Jedi est par ailleurs silencieuse. Ses souvenirs sont confus.
Une chance pour lui- ou peut-être que la Force a eu pitié de lui- ce n'est pas maître Che, mais quelqu'un d'autre qui apparaît en premier.
« Avarin ! » lance-t-il en adressant un large sourire au grand guérisseur. « Je pensais que tu étais en congé prolongé ! »
La crinière de cheveux noir-argent se balance alors qu'il hausse les épaules. « J'ai décidé de revenir plus tôt » répond-t-il avec bonhomie, ses yeux bleu mer scintillant joyeusement. « La maison ne change jamais vraiment. Ce n'est pas...ennuyeux, exactement, mais je préfère mes fonctions ici »
« Je ne sais pas comment tu te débrouilles pour le voyage » fit Qui-Gon, clignant des yeux comme Avarin appuyait légèrement sur chacun de ses yeux. « Ta planète se trouve dans un espace sauvage et inexploré, si je me souviens bien. »
« Hmmm, oui » murmure Avarin dans un souffle, les yeux fixés sur un écran. « Asgard. C'est très beau, et il faut le temps nécessaire pour s'y rendre. Bien que si tu te décides un jour à la visiter, je crains que ton voyage ne soit beaucoup plus long que le mien »
Sa réponse attira l'attention de Qui-Gon. « Quoi ? Une voie d'hyperespace privée ? » demande-t-il. « Ce serait illégal selon les normes galactiques- »
« Je suis immunisé diplomatiquement » coupe Avarin en arquant un sourcil alors qu'il termine son examen médical. La manche de sa tunique verte glisse sur le panneau de commande comme il tape quelques boutons. « Et en parlant de légalité, tu sais que tu pourrais être légalement tenu de payer pour ce tas de ferraille disloqué là-bas ? Est-ce qu'il t'a sorti d'un rêve agréable ? » Une main calleuse se lève en direction des restes du droide-médical, et les débris se rangent en une pile soignée, comme par magie.
Qui-Gon est imperturbable en ce qui concerne ses utilisations de Force inappropriées. « Il m'a agacé.»
« C'était son travail »
Le plus malicieux des sourires passe sur le visage de Qui-Gon. « Tu l'es aussi, apparemment. Je suis très irritable. »
« C'est tout l'intérêt d'être ici »
Qui-Gon secoue la tête en riant. « Pourquoi n'es-tu pas un Jedi ? »
Avarin lui lance un regard encore plus dur. « Tu sais bien pourquoi. Je n'ai pas été trouvé suffisamment tôt. » Maître Avarin, en dépit d'être le second de Vokara Che, et contrairement à son titre, n'est pas un Jedi. Il a cependant singulièrement prouvé qu'il méritait d'en être un, même s'il n'en portait pas le nom. Lorsque Avarin se présenta au Conseil des Jedi une décennie auparavant, il n'avait jamais entendu parler de la Force, en soi. Et pourtant, le rival en terme de manipulation de Force de Maître Even Piell's avait gagné le respect de Vokara Che, son utilisation de la Force de guérison était impressionnante. Interrogé sur la philosophie et les idéaux, il avait mené avec Yoda un débat sur les différentes valeurs du Code Jedi et qui avait duré plus d'une heure, avant que Mace Windu ne pique une de ses rares crise d'impatience et lui attribue rapidement la seconde place du guérisseur le plus ancien du Temple Jedi.
Il ne porte pas de sabre-laser. Mais de toute façon, les deux lames en argent qu'il porte toujours dans des fourreaux cachés dans sa ceinture éclipsent largement la présence d'un sabre.
Et ainsi, tous les Jedi, du plus jeune de la crèche au maître le plus élevé – sauf Vokara Che- l'appellent Maitre Avarin. Cela n'a pas d'importance qu'il n'ait pas de nom, ou que sa maison soit une planète perdue dans un espace sauvage, ou que son immunité diplomatique soit douteuse, ou que la Force scintille autour de lui avec un amusement sans fin. Il est un maître dans son art, et reçoit le respect qui lui est dû.
Quand il travaille en tandem avec Vokara Che, Avarin est impeccable dans sa rhétorique et a tout d'un gentleman dans ses manières. En fait, pour un Obi-Wan Kenobi, il est très proche de faire l'objet d'un culte des héros. Sauf que Kenobi n'a jamais été en bon terme avec tout ce qui à trait au domaine médical et c'est suffisant pour que le garçon fasse preuve de retenue.
« Bien » commente sèchement Avarin. « Tu es mieux maintenant, sauf pour ce qui est des orteils gelés »
Maintenant ? Qui-Gon fronce les sourcils. « Avarin, depuis combien de temps... »
Le guérisseur s'interrompt, un éclair de compréhension traversant ses yeux. « Quatre jours. Tu es resté inconscient durant quatre jours. « Ses yeux aigue-marine brillent avec amusement. « Ces enfants que tu gardais ont été assez ingénieux. En particulier un certain Obi-Wan Kenobi... »
Une déglutition sèche. « Oui. Et- »
Avarin n'en rate pas une miette. « Tu trouveras ton padawan dans le couloir. J'ai dû menacer de supprimer son droit de te rendre visite avant qu'il ne consente à être admis. Il avait toute une gamme impressionnante de blessures, même pour un retour d'Ilum. Ses côtes blessées, entre autre. »
« Je te remercie » réplique Qui-Gon d'un ton significatif.
Le sourire d'Avarin se transforme en un sourire de pure délice et sans la moindre retenue. «Ainsi, tu as pris un autre padawan ! Tahl me l'a dit quand elle est venue il y a quelques heures. Je ne me ferais pas de soucis quand viendra le moment de présenter Obi-Wan, au fait. Je pense qu'elle est déjà amoureuse... »
Qui-Gon le regarde, restant sans voix. Puis quelque chose de beaucoup plus pressant capte tout à coup son attention. « Avarin » commence-t-il, très sérieux.
Une tête aux cheveux noirs se tourne vers la porte. Évidemment, Avarin sait le moment où il faut battre en retraite. « Oui, Maître Jinn ? » répond-t-il d'un ton léger.
La main de Qui-Gon frotte son menton. « Qu'est-il arrivé à ma barbe ? »
« Ah ça » La bouche d'Avarin se tord en un sourire étrange.
« Vous avez au moins une dizaine années de moins que moi, Maître Avarin » grogne Qui-Gon. « Tu as peut-être décidé d'être rasé de près, mais ce n'est pas mon cas »
Avarin baisse son regard vers sa tunique verte parfaitement adaptée, sa ceinture mince en cuir, et ses bottes de cuir sombre. « Je suis plus vieux que j'en ai l'air. Crois-moi sur ce point. C'est juste que j'ai l'avantage d'avoir de meilleurs goûts- »
« Avarin » Un sourire à peine contenu. « Les enfants étaient en charge de ton bien-être jusqu'à ce que votre vaisseau arrive sur Coruscant, où nous attendions de prendre le relais. Naturellement, il y a eu quelques...complications à bord. Ils ont eu du mal à mettre un masque à oxygène sur ton visage, ils ont donc réglé le problème à la source.»
Le regard perçant de Qui-Gon plonge dans les yeux nonchalants de l'autre homme. « Et qui, je te prie, a proposé de régler ce problème d'une telle manière ? »
Le visage d'Avarin devient malheureux. « Hélas. J'ai juré de garder le secret » déclare-t-il.
Un grognement. « C'était Obi-Wan, pas vrai ? »
Le guérisseur s'effondre contre le chambranle. « Mon honneur serait terni si je devais le révéler »
« Je me moque de ton honneur de bantha écervelé. Je prends ça pour un oui » marmonne Qui-Gon. « Je vais le voir. Il semblerait que notre première séance de reproche soit arrivée plus tôt que je le pensais »
Avarin s'incline, d'une façon à la fois élégante et moqueuse. « Je vais informer Maître Uvain, dans ce cas ? Elle voulait savoir quand tu serais réveillé. » Sa voix disparaît dans le couloir. « Et je vais prévenir Maître Yoda ! »
Avarin ne laisse jamais quelqu'un avoir le dernier mot. Maugréant, Qui-Gon se redresse sur son lit, gémissant lorsqu'une centaine de douleurs annoncent joyeusement leur présence. Il attrape un droïde auxiliaire avec une vrille de la Force, puis l'intimide pour avoir des vêtements propres. La Force est bafouée- mais il ne peut pas faire sa première rencontre avec son padawan vêtu d'une robe médicale.
Mettant son embarras de côté, Qui-Gon doit aussi à Obi-Wan une bonne dose de gratitude. Et des excuses.
Bien, à partir du prochain chapitre, la relation entre Obi-Wan est Qui-Gon va enfin changer !
A bientôt pour la suite :)
