Hello tout le monde !
Je post enfin le fameux chapitre 6 qui a été fraîchement corrigé (pour ne pas dire hier ^^). Du coup, j'en profite pour m'excuser, puisqu'au final je n'avais pas d'avance. Pour le reste, le chapitre suivant est en cours d'écriture (je suis en période de révision, comme beaucoup je suppose, du coup je suis sûre de ne pas avoir d'avance cette fois mais je vais tenter de ne pas être en retard surtout :)), mais je prends autant de plaisir à l'écrire malgré l'emploi du temps serré. Comme toujours je suis ravie (plus précisément aux anges ^^) de voir que mon histoire plaît et je vous remercie chacun pour votre soutien et/ou suivi :D ! Je vous souhaite une bonne lecture et comme d'ab n'hésitez pas à me donner vos avis !
Chapitre 6 :
Les deux jours se déroulèrent sans encombre, bien que trop chronophage à la convenance du cadet des Senju. Malgré les visites de Sakura, relatives à son état de santé, et d'Hashirama pour discuter des affaires du clan, les heures semblaient interminables. Puis finalement, le soleil pointa à l'horizon une troisième fois, délivrant de ce fait, le jeune homme à la peau nacrée de sa prison thérapeutique. Après avoir respecté scrupuleusement les consignes de la jeune fille, Tobirama était sur ses deux jambes aux aurores. Il sortit de l'infirmerie, et prit une profonde inspiration. L'air frais automnal lui remplit les poumons. Ça et là, les arbres verdoyants se paraient de ramages écarlates. Un coup de vent aurait suffit, pour qu'une multitude de feuilles cramoisies ne jonchent le sol. C'était dans l'air du temps : le carmin s'invitait en tout lieu.
Tobirama aperçut les veilleurs de nuit, encore en poste, qu'il salua d'un signe bref de la tête. Ceux là se figèrent en apercevant leur chef, avant de se relaxer, après une révérence dans les usages. « Qu'est ce qu'ils ont bien pu faire ? » Se questionna intérieurement le jeune homme aux cheveux argentés.
En temps normal, Tobirama, suspicieux, serait directement allé voir ce qui se passait, pour comprendre en quoi sa vue provoquait un tel crispement chez ses hommes. Toutefois, il opta d'abord pour un itinéraire autour du campement, avant de s'arrêter à côté d'un ruisseau bordant l'extrémité sud de celui-ci. C'était un endroit que le jeune homme appréciait particulièrement depuis qu'ils avaient changé de lieu de vie, il y'a déjà quelques années de cela. Tobirama contemplait l'écoulement calme et régulier de l'eau, l'ambiance sereine du site, propices à la méditation. En revanche, l'esprit du stratège, lui, était tumultueux, focalisé sur la nuit de l'assaut et les doutes qui l'accaparaient au sujet de son frère. Cette sensation ne l'avait pas quitté. Même si son aîné agissait toujours de la même façon, quelque chose clochait. Toutefois, il ne parvenait pas à en comprendre la raison, ce qui le déstabilisait profondément. Il n'avait jamais eu à se méfier d'Hashirama et cette nouvelle situation ne lui convenait absolument pas. Cela revenait à remettre en question la seule personne en qui, il avait une confiance absolue.
Tobirama saisit un galet au sol, qu'il balança au loin, dans le ruisseau. Ce simple geste le propulsa des années en arrière, lui rappelant les confrontations amicales que le brun avait entretenues avec Madara. A cette époque, Butsuma, lui avait confié la tâche ingrate d'espionner son frère, quand ses absences répétées se firent manifestement remarquer par le commanditaire. Il est vrai, que le stratège avait également notifié cet éloignement, mais se disait que son frère avait besoin d'espace, les conflits familiaux se faisant de plus en plus fréquents avec leur père. Jamais, il n'aurait pu imaginer qu'Hashirama passait ses journées avec un inconnu, qui plus est, un Uchiwa.
Tobirama se souvint du jour où il avait ressenti une mystérieuse signature énergétique, près de celle de son aîné. Il avait volé jusqu'à la rivière, en prenant garde à ne pas éveiller les soupçons de l'étranger, prêt à intervenir pour soutenir Hashirama. Toutefois, tout ce qu'il lui était parvenu en arrivant, c'était le rire des deux jeunes gens s'élevant dans les airs. Curieux, le cadet était resté un moment à les observer. Bien loin de déplorer la situation actuelle ou la mort d'Itama, Hashirama s'entraînait au tajtusu avec son vis à vis (qui se débrouillait même assez bien). En fait, c'est surtout le moment qu'ils partageaient, qui heurta profondément le plus jeune : un échange fraternel. Sa présence ne lui suffisait donc pas ? Avait-il besoin d'un étranger pour combler le vide laissé par leurs frères ? A moins, que le brun n'ait tout simplement jamais trouvé son compte auprès de lui.
Tobirama se laissa glisser au sol, dissimulé par les bosquets. Ses frères lui manquaient, et le seul autre rescapé de leur fratrie préférait s'évader du camp, pour trouver la compagnie d'un tiers. Tiraillé entre la réalité de la guerre, le secret de son frère et les attentes de son père : Que faire ? Le garçon enfouit sa tête entre ses bras, une larme brûlante roulant sur sa joue rougie.
Quelques temps plus tard, Tobirama avait découvert que l'inconnu appartenait au clan des porteurs de Sharigans, ne faisant que renforcer sa haine vis à vis des Uchiwa. C'était d'ailleurs, la raison officielle qui l'avait entraînée à révéler ces informations à leur géniteur. Officieusement, le jeune homme enviait ardemment Madara d'avoir ce lien, profondément authentique, d'égal à égal. Non celui, d'un petit garçon à protéger et de son grand frère, comme Hashirama le lui faisait souvent ressentir. Tout comme aux yeux de leur père, être le cadet semblait l'enfermer dans un rôle d'éternel suiveur. Même lorsque le plus jeune survivant de la fratrie s'opposait à Butsuma, celui-ci le toisait avant d'arrêter l'altercation, blâmant son aîné de le monter contre lui. Voilà les faits, on ne lui accordait pas de libre-arbitre, pas de volonté propre : il était indigne de prendre part aux décisions ou même aux confrontations.
Le cadet des Senju passa la main sur son visage, reprenant sa place dans le présent. « Est-ce ce que tu as ressenti quand j'ai exposé ta fréquentation à père, Hashirama ? ». Comme à l'époque, il s'assit contre l'étendue verdâtre, le camouflage naturel en moins, les bras reposant sur ses genoux, servant de support à son menton.
- Je pensais bien vous trouver en dehors de votre lit, mais sûrement pas dans un tel endroit, retentit une voix féminine.
Plongé dans ses pensées, le stratège n'avait pas ressenti la présence de la jeune fille. Heureusement pour son ego, il avait retenu de justesse un soubresaut, en entendant le timbre de la voix de Sakura se répandre dans les airs.
Tobirama inclina légèrement la tête sur le côté pour observer la guérisseuse le rejoindre, avant qu'elle ne s'asseye à quelques centimètres de lui, souriante. « En voilà une de bien bonne humeur » Soupira-t'-il intérieurement.
- Finalement je n'ai pas eu besoin de vous attacher. Il semble que vous puissiez être coopératif, j'en prends bonne note, ajouta-t'-elle d'un regard entendu.
Tobirama se contenta d'observer son rictus moqueur et la lueur de joie qui habitait ses yeux, mutique. Éclat, qui fut rapidement terni par de l'appréhension :
- Apparemment, profitez de nouveau de votre liberté retrouvée, ne semble pas vous apporter une grande satisfaction.
- Si, si, répondit le jeune homme, le regard lointain.
- Vous pouvez me parler, vous savez.
Devant l'absence de réaction de son interlocuteur, Sakura continua :
- Vous évoquiez les fantômes du passé ... Je ne sais pas quelle forme revêt le vôtre en ce moment, ni à quel souvenir il est rattaché, mais il a l'air de vous tracasser, déduisit la shinobi.
- Vous aborder le sujet de vous-même, alors qu'il y'a peu vous craigniez que je ne vous en reparle, vous êtes difficile à suivre Sakura, releva Tobirama.
- C'est vrai souffla-t'-elle. Et je ne veux pas vous mentir, c'est pour ça que je préfère ne rien vous dire, ajouta-t'-elle dans un murmure presque inaudible
- Qu'avez-vous pu faire de si horrible, pour penser que cela m'affecterait de la sorte ? Questionna le stratège, sincèrement curieux de la réponse.
- A vrai dire, je ne sais pas si cela vous affecterait directement, mais … cela risque d'atteindre des personnes auxquelles je tiens. Je ne peux pas me permettre de mettre leurs vies en péril avant d'avoir atteint le but précis que je me suis fixée, confessa la guérisseuse déterminée, le poing serré.
- D'accord, je vois.
- Vraiment ? Demanda-t'-elle suspicieuse, probablement dû au fait qu'il ne s'entête pas dans son investigation.
Le cadet des Senju la fixa du coin de l'œil, pour lui faire comprendre qu'il ne s'acharnerait pas, au moins dans l'immédiat. La jeune fille le gratifia d'une risette sincère, avant d'admirer le paysage s'offrant à sa vue. De son côté, il reprit pareillement, sa contemplation de la zone. Le calme fut de courte durée. Il perçut l'agitation manifeste de la jeune fille, qui n'avait pas l'air de savoir si elle pouvait ou non, briser le silence ambiant.
- Qu'est ce qu'il y'a ? S'impatienta le jeune homme à la peau nacrée
- Comment pouviez-vous être sûr qu'il ne mettrait pas le feu directement ? Répondit-elle hésitante.
« C'est donc cette nuit qui était à l'origine de toute cette effervescence ? ». Le stratège la considéra un moment, réalisant l'unicité du sujet de leurs inquiétudes. Même si elle avait eu un aperçu de ses compétences, ce n'était justement qu'une fraction de ses capacités. Lui révéler de plus amples informations pourraient s'avérer désavantageux pour le futur combat planifié dans l'esprit du shinobi. Toutefois, aiguisé sa soif de compétition, et lui montrer une réelle considération en partageant ce genre d'éléments, pourrait l'inciter à se livrer d'autant plus d'elle même, sans passer par un interrogatoire. Par ailleurs, évoquer certains de ses talents pourrait la motiver à gagner son estime, qu'elle semblait déjà rechercher. Il se remémora à nouveau de sa réaction, lorsqu'il lui avait demandé, si elle se sentait capable de changer les choses, seule.
Pour être précis, le cadet des Senju pressentait qu'il s'agissait en réalité, davantage de la considération pour sa personne dans sa globalité, ce qui passait de ce fait en partie, par ses aptitudes de combattante. Encore une fois, Tobirama se demandait qui avait bien pu brimer sa confiance en elle. Sans doute, projetait-t-'il son propre vécu sur la jeune fille, mais il souhaitait tout de même lui offrir cette chance.
De part mes compétences, ils m'auraient fourni une opportunité de diversion, qui aurait été plus dangereuse qu'avantageuse pour eux.
- En créant un brouillard, à l'aide de votre Suiton ?
Il acquiesça
- De plus, en allumant un tel incendie, ils m'auraient prévenu de leurs présences, sans avoir d'informations sur mon état, en me permettant de me dissimuler dans mon élément. Et mes hommes auraient été pareillement alertés par le feu.
Elle le regarda, les lèvres légèrement entre-ouvertes, admirative.
- Votre maîtrise du Suiton est impressionnante. Exécuter ce genre de technique avec aussi peu d'eau aux alentours est … stupéfiant. Je conçois mieux la raison de la méfiance de vos adversaires, conclut-t'-elle.
- Nos, la corrigea-t-'il, appuyé de son regard perçant. Je n'ai pas oublié votre participation lors de cette attaque.
- Ah, ah, c'est vrai, reconnut Sakura, brisant leur contact visuel, visiblement embarrassée.
Décidément, sa réaction ne fit qu'abonder dans le sens des spéculations de Tobirama. Quelque part, le jeune homme aux cheveux argentés avait hâte qu'elle lui montre ses capacités, qu'il puisse enfin avoir des éléments tangibles. En premier lieu, pour la sécurité de leur camp, si un affrontement s'avérait nécessaire. Mais d'autre part, le stratège devait reconnaître, de plus en plus, que ce n'était plus l'unique raison : il voulait réellement l'aider à réaliser son potentiel.
- Enfin, votre plan était ingénieux, je comprends pourquoi votre frère se réfère toujours à votre avis.
Ne s'attendant pas à une telle sortie, ce fut lui, qui détourna la tête, cette fois-ci. A son sens, il avait toujours conseillé son frère parce que c'était son rôle, et certes, il n'allait pas se mentir : le benjamin se savait doué de capacités d'analyse et de tacticien. Toutefois, bien que probantes, ses facultés étaient rarement reconnues, aussi frontalement, par quelqu'un d'autre qu'Hashirama (qui cela dit en passant, pouvait aussi les lui reprocher de temps en temps). Or, la voix de Sakura ne résonnait pas comme une réprimande mais bien comme un compliment honnête.
La jeune fille se redressa, le fixant patiemment, semblant attendre quelque chose, avant de rajouter :
- Vous venez ? A moins que vous ne vouliez que nous expérimentions de nouveaux endroits pour votre suivi médical ? Ironisa la guérisseuse, le ton enjoué.
Il se leva à son tour, sans un mot, toujours perplexe de l'avancement de leur conversation. Elle s'éloigna en premier, avant de s'arrêter subitement quelques mètres plus loin :
- Sasuke. C'est le prénom du cadet, ajouta-t'-elle quelques secondes après, mélancolique.
Puis, elle reprit sa marche comme si de rien n'était, en direction de l'infirmerie. Elle n'avait pourtant que prononcé son prénom, mais Tobirama avait senti toute l'implication et l'émotion qui était attaché à cet enchaînement de son. De nouveau, la furie rose se montrait imprévisible, mais cette fois la surprise fut de bons augures. C'est à ce moment, que le jeune homme remarqua qu'il jugeait ce trait moins dérangeant qu'à l'accoutumée, voire même plaisant, un peu comme le timbre de voix qui lui était associé.
Le binôme continua sa marche en silence, soupesant les informations partagées par l'autre. Lorsqu'ils repassèrent devant les sentinelles, de nouveaux visages avaient succédés à ceux des veilleurs. « Il est pourtant tôt pour qu'ils soient déjà remplacés ». Tobirama s'était immobilisé, les bras croisés, son regard carmin immergé dans ses réflexions.
- Tobirama, commença doucement Sakura. Que se passe-t'-il ?
- Rien, un pressentiment, dit laconiquement le jeune homme, comme déconnecté de la réalité.
- A propos d'Hashirama ?
La prononciation de son prénom raccrocha Tobirama au monde réel. Interloqué, il accorda un regard soupçonneux à la jeune fille, s'interrogeant sur les raisons qui l'avaient conduit effectivement à ce raisonnement véridique. « En même temps, depuis notre rencontre, je passe mon temps à m'inquiéter pour lui... Ce n'est pas étonnant qu'elle parvienne à déduire ce genre d'éléments ».
Comme si la shinobi lisait dans ses pensées, elle justifia son raisonnement :
- Vous avez une expression particulière, quand vous songez à lui.
- Je serai curieux de savoir ce que vos talents d'observatrice, peuvent m'apprendre, lança -t'-il de mauvaise grâce, particulièrement irrité que quelqu'un l'analyse dans ce genre de moment.
- Je dirai que votre expression faciale se situe entre l'inquiétude et l'agacement. Vous froncez discrètement les sourcils, la tête légèrement inclinée sur la droite, les lèvres pincées, votre souffle se ralentit. On dirait que le monde autour de vous n'existe plus, comme si le destin de votre frère était suspendu au fil de votre introspection, décrivit la jeune fille, ignorant la pique que son interlocuteur lui avait lancée.
- Sakura, pouvez-vous m'attendre à l'infirmerie quelques instants ? Répondit-ce dernier.
La jeune fille n'eut le temps de protester, que le dit Tobirama s'était déjà éloigné vers un bâtiment austère, leur servant de centre de commandement temporaire.
« Agacé et inquiet ? » La shinobi n'avait pas tord. Cela, lui démontrait également, qu'il avait laissé libre court à ses émotions beaucoup trop souvent et de façon réitérée, devant une inconnue. Ceci dit, il avait préféré couper court à leur tête-à-tête et s'éloigner, avant de prononcer des mots qu'il pourrait regretter par la suite. Ce serait vraiment dommage de ruiner maintenant, tous ses efforts pour gagner la confiance de Sakura. « Gagner sa confiance ... » C'est vrai que jusque là, le stratège n'avait pas voulu s'aventurer sur ce domaine. Néanmoins, d'après ses dernières observations, et celles lors de la nuit de l'attaque, la jeune fille semblait davantage sensible à ce genre de relation. Si ce type d'approche fonctionnait avec la guérisseuse, alors, pourquoi ne pas s'en servir, après tout ? Il connaissait les risques de cette tactique, mais les limites étaient clairement établies dans son esprit. « Si cela était aussi clair, tu ne souhaiterais pas l'aider … Tu t'investis trop Tobirama ! » Résonna intérieurement sa voix, lourde d'auto-accusation. Il allait vraiment falloir que le tacticien se penche sérieusement sur le sujet, pour comprendre les raisons de son intérêt subjectif pour la jeune fille. Toutefois, pour le moment, il devait concentrer son attention sur son frère. « Ils finiront par m'avoir à l'usure ... »
Le jeune homme à la peau nacrée pénétra dans le bâtiment, mais il ne vit aucun signe de son aîné. Dans la pièce principale trônait une table, ensevelit sous toutes sortes de documents. Une pile de papiers était éparpillée circulairement par terre, laissant un espace vide en son centre, comme pour dévoiler la place de prédilection, choisie par le lecteur. Connaissant la préférence du brun pour le contact avec le sol, le cadet ne fut guère étonné de retrouver la salle dans un tel état. « Je ne suis pas là pendant plus d'une semaine et on ne reconnaît plus rien ... ». Il s'avança et prit place à l'endroit inoccupé par les documents, examinant les derniers parchemins hypothétiquement consultés par son frère. Parmi eux, la missive du chef des Aburame y figurait. Saisissant le texte, Tobirama l'inspecta : tout était conforme aux informations données par Hashirama, du lieu jusqu'à l'heure. Il continua son investigation, remettant en place au fur et à mesure qu'il dérangeait les divers éléments. Un document similaire dissimulé entre deux manuscrits attira l'attention du jeune homme. Un autre message des Aburame, demandant une explication sur l'absence du chef de clan au rendez-vous. Cette information plongea le benjamin dans un abîme de réflexion. « Ou étais-tu Hashirama ? ». Son cerveau fonctionnait à plein régime, mais aucun syllogisme abouti ne naissait de son esprit hyperactif. Seule, la confirmation que son aîné lui cachait quelque chose, semblait se répéter en boucle dans sa tête.
Pendant un bref instant, il voulut faire disparaître cette preuve évidente de la culpabilité de son frère, comme si cela pouvait également l'effacer de sa mémoire. Uniquement pour lui permettre d'être à nouveau dans le doute et l'incertitude, de ne pas se sentir trahit par l'être qui comptait le plus pour lui. Malheureusement, il était trop tard : les faits étaient là et la souffrance lui labourait le cœur. Le souffle court, il déposa le document à sa place initiale et se redressa, tel un automate. Il s'éloigna de cet autel de la désillusion.
En ouvrant la porte, il tomba nez à nez avec Hashirama, ses cheveux longs légèrement décoiffés, comme s'il avait couru. Sa surprise se dépeignit sur son visage hâlé, rapidement effacée par son habituel sourire.
- Tobirama, tu es déjà debout ? Constata ce dernier, sa stupéfaction cachant une imperceptible nervosité. Laissons cela, je suis content de te voir, je prévoyais de passer dans le milieu de la matinée ! Lança-t'-il joyeux Je … Tu es sûr que ça va Tobirama ? Tu fais une drôle de tête, qu'est …
- Ça va, ne t'en fais pas, trancha le plus jeune, tentant de tempérer ses impulsions. J'ai dû me lever trop vite, je vais aller voir Sakura, pour qu'elle vérifie si tout évolue favorablement.
Hashirama le fixa quelques secondes, avant de poser une main sur l'épaule de son cadet. Celui-ci se retint de repousser ce contact physique, ne voulant pas éveiller les soupçons du plus vieux.
- Très bien, tiens-moi au courant. J'ai hâte que tu sois de nouveau à mes côtés, je me sentais vraiment seul ici, se plaigna-t-il. Enfin, pas spécialement qu'ici, avoua le brun.
- Si tu le dis, soupira son homologue voulant finir au plus vite cette conversation hypocrite.
- Évidemment Tobirama ! Le reprit sérieusement ce dernier. D'ailleurs, tu es venu ici parce que tu voulais me demander quelque chose ?
- Rien d'important, ne t'en fais pas.
- Te connaissant, cela à toujours son importance, sinon tu ne serai pas venu aussi tôt, protesta l'aîné raffermissant sa prise sur son vis-à-vis.
- Je … Grand frère, est-ce que tu m'en veux pour Madara ? Demanda-t'-il hésitant.
Le jeune homme aux prunelles carmin aurait sincèrement voulu l'interroger sur ce point à un autre moment. A vrai dire, c'était une question qui l'obnubilait depuis ce fameux jour, mais il n'avait jamais trouvé le courage de lui demander directement, préférant les spéculations plutôt que de prendre le risque d'apprendre la déception de son homologue. Visiblement pris de court, Hashirama ouvrit puis ferma la bouche à plusieurs reprises.
- Je ne t'en veux pas, Tobirama. Père l'aurait appris d'une manière ou d'une autre, et puis du côté de Madara, son père l'avait aussi fait surveiller. Au final, tu m'as sans doute sauvé la vie, finit-il par dire , posant son autre main sur la joue du plus jeune. Ne t'en fais pas, petit frère. Allez maintenant que tu as eu ta réponse, va voir ta jolie guérisseuse, avant de tomber dans mes bras à moi, le taquina-t-il.
- Tss tu ne veux pas arrêter avec ça, se renfrogna Tobirama.
Il se détacha de la contiguïté de son frère, le pas mal assuré.
- Tu veux que je t'accompagne ? Proposa plus sérieusement Hashirama.
- Non grand frère, je vais y arriver seul., dit-il fermement.
- Très bien, très bien. Je n'insiste pas. Dans ce cas, je passerai te voir tout à l'heure Tobirama !
Le benjamin inclina la tête, puis sortit hâtivement du bâtiment, en direction de l'infirmerie. Le pas pressé, il était urgent qu'il quitte ce lieu.
Pour la seconde fois de sa vie, la présence de son grand frère était insoutenable.
Le jeune homme arriva brusquement dans l'aile médicale, avant de se figer devant l'embarrure de la pièce où l'attendait Sakura. Assise sur une chaise, elle observait sagement les premiers rayons du soleil réchauffer sa peau si opaline. Son souffle était régulier, jusqu'à ce qu' un soupir de bien-être lui échappe, alors qu'elle s'étirait. Le calme de la jeune fille tempéra les battements de son myocarde, agités par les nouvelles concernant Hashirama. Le stratège s'approcha lentement d'elle, ne souhaitant pas briser les derniers instants de paix régnant dans la pièce.
- Sakura ? Prononça ce dernier à voix basse.
Malgré ces précautions, la jeune fille sursauta et fit volte-face dans la lancée, paraissant désagréablement surprise.
- Ah … Vous ne pouviez pas vous annoncer plus bruyamment ? Cria cette dernière.
Elle reprit un peu contenance, les joues rougies :
- Si votre but était de tester vos compétences d'infiltration et bien c'est réussi, lui lança-t'-elle taquine.
- Pouvez-vous effectuer votre contrôle ? Que je retourne rapidement m'occuper des affaires de mon clan, répondit le jeune homme, sans expression apparente, s'installant sur le lit médical.
Préoccupée, la shinobi s'installa à côté de son patient. Ses mains s'illuminèrent de ce chakra trouvant sa résonance émeraude dans les prunelles de la jeune fille, qu'elle approcha doucement de l'abdomen du blessé :
- Il s'est passé quelque chose ? Interrogea-t'-elle, l'air grave.
- Non, rien de spécial, soupira-t'il. Je n'ai juste pas de temps à perdre et beaucoup de choses à faire.
- D'accord. Du coup, c'est sans doute pour rien que votre flux chakraïque est totalement perturbé, ironisa la guérisseuse. Tobirama ! Je croyais qu'on avait dépassé ce stade là, s'insurgea-t'-elle
- Il ne me semble pas que cela concerne mon état de santé, donc je ne vois pas pour quelles raison vous vous emportez, répliqua-t'il sur le même ton.
- Premièrement, le mental est tout aussi important pour la guérison. Et vous voir ruminez vos problèmes avec Hashirama ne me plaît pas ! Alors, crachez le morceau une bonne fois pour toutes ! Vociféra la shinobi, ayant arrêté l'auscultation du jeune homme.
- Je vais guérir d'une façon ou d'une autre, donc si ce n'est que ça laissez-moi à mes états d'âmes et aller sauver le monde ! Rugit le jeune homme, en se redressant prestement.
Sakura posa une main sur son avant-bras pour le stopper. Instinctivement, il tenta de se dégager de l'emprise de son adversaire. En réponse, celle-ci renforça sa prise avec du chakra. Profitant de l'attention focalisée de la jeune fille sur son bras, il la bouscula de tout son poids contre le mur. Rapide, Tobirama avait saisi un kunai de sa main libre, qui était venu se loger sous la gorge de la jeune fille. Leurs souffles se mêlèrent. Tout deux savaient que l'autre n'était pas réellement le problème, mais le duo s'observait en chien de faïence.
Sakura adoucit son regard, puis brisa le silence :
- Je m'inquiète juste pour vous.
- Ce n'est pas nécessaire.
- Vous commencez à me connaître, je ne cède pas facilement, lâcha-t'-elle un sourire en coin. Je refuse que vous et votre frère vous déchiriez, dit-t'-elle de nouveau sérieuse, presque sinistre.
- En quoi cela vous concerne ? Rétorqua-t'il, acide.
- J'ai déjà assisté aux ravages d'une relation fraternelle brisée. Je ne veux pas revoir de nouveau cela, impuissante, riposta Sakura.
- Et que ferait votre Sasuke (il sentit sa crispation quand il prononça son prénom) s'il apprenait que son frère lui cachait quelque chose d'important ?
- Vous n'avez pas idée, murmura-t'-elle -plus pour elle, que véritablement pour lui répondre-. Justement, vous devriez parler à Hashirama, il y'a peut être une explication logique, le conjura-t'-elle un espoir d'outre-tombe animant sa voix. Je vous en prie, ne laissez pas la haine vous dictez votre conduite !
Son regard implorant troubla son interlocuteur. Jamais, il ne l'avait vu si … fragile. C'est comme si la jeune fille avait cessé de respirer, suspendu à ces prochains mots, comme si l'avenir du monde en dépendait. Tobirama soupira longuement, avant de reprendre plus calmement :
- Et selon vous, que dois-je faire ? Je ne pense pas que lui parler directement du problème, soit la solution. Je le connais. Hashirama préférera dissimuler la vérité, s'il sait qu'il n'a aucune chance de ma convaincre. Et il ne vous parlera pas davantage.
- Oui, c'est ce que j'ai cru comprendre.
- Comment ça ?
- Et bien, j'ai vu votre frère revenir après votre départ pour le bâtiment de commandement. Il avait l'air préoccupé. J'ai supposé que vous apprécieriez d'avoir plus de temps seul dans le bâtiment, alors j'ai évoqué avec lui votre état de santé.
- Qu'est ce que vous lui avez dit ? Demanda précipitamment Tobirama
- Que j'étais en chemin pour aller vérifier votre état, mais que tout évoluait favorablement, pour le moment.
- Vous avez menti … pour me couvrir ? Interrogea le jeune homme, comme si la phrase qu'il venait de prononcer était une aberration.
- Étant donné que je ne vous voyais pas revenir, c'est ce qui m'a semblé être le plus appropriée. J'ai bien vu ce matin, que quelque chose vous tracassait à son sujet. Si je peux vous aider de quelque manière que ce soit, je le ferai, ajouta t-elle, la détermination brûlant dans son regard.
Réalisant pleinement leur proximité depuis bientôt quelques minutes, Tobirama s'éloigna légèrement. Dans le même temps, la jeune fille relâcha sa prise sur lui, détournant le regard, les joues teintées de rose. La tension était redescendue dans la pièce, le calme de nouveau roi. Les prunelles de la jeune fille parcoururent la pièce, en évitant soigneusement de croiser leurs homologues carmins. Ils s'arrêtèrent subitement sur un flacon posé sur une des tables. Son regard aigue-marine s'illumina et elle s'écria :
- J'ai une idée !
Perplexe, Tobirama la fixa patiemment pour l'inciter à continuer.
- Votre frère ne se livrera peut-être pas de son plein gré, du moins dans son état de conscience habituel.
- Attendez … vous voulez le droguer ?! S'exclama-t'-il, le ton ouvertement menaçant.
- Non … enfin, si on veut. Votre frère tient bien l'alcool ? Demanda-t'-elle candidement, comme s'il s'agissait d'une banalité.
Surpris, il resta interdit pendant quelques secondes. « Ne me dites pas que son idée c'est de saouler Hashirama ... »
- Vous voulez saoulez mon frère ?
- Oui, ça pourrait fonctionner ! Surtout si vous trinquez pour votre rémission. La joie et l'éthanol font un puissant cocktail de vérité, croyez-moi, insista cette dernière confiante.
Tobirama ne savait pas s'il devait s'inquiéter de l'idée d'utiliser ce genre de stratagème pour obtenir la vérité ou du fait que Sakura avait l'air un peu trop sûre d'elle, en ce qui concernait son plan. Quand bien même sa tactique pourrait être une option, il y'a avait un souci de taille.
- Même si j'étais bien disposé, Hashirama a un niveau que je n'égale pas dans ce domaine, objectiva le jeune homme
- Vous voulez dire qu'il a une meilleure descente que vous, lança la jeune fille en rigolant.
- Il faut bien que l'un de nous soit sobre pour menez la politique du clan, se défendit le jeune homme, la moue boudeuse.
- Et bien, dans ce cas, je pourrai concourir à votre place !
- Euh … Pardon ?
- Mon maître avait la main bien portée sur ce genre de boisson. J'ai acquis une certaine résistance à l'alcool grâce à cela.
Bouche bée, le jeune homme ne savait que répondre face à une telle remarque.
- Je crois que c'est la première fois, que je vous vois aussi abasourdi, s'exclama la shinobi, deux jolies fossettes apparaissant sur ses joues.
- … En général, on ne fait pas boire les femmes. Votre maître avait de drôle de pratique, quand je vois les répercussions sur son élève, je me demande où est ce qu'elle a bien pu être élevé, se défendit-il.
La réaction de Sakura ne se fut pas attendre, son rire retentit dans toute la pièce.
- Si vous saviez, réussit à articuler Sakura entre deux crise de rire.
- Je la connais ? Demanda le stratège, suspicieux
- En quelque sorte. Tout ce que je peux vous dire, c'est que c'est une grande shinobi. Elle m'a énormément appris et je n'hésiterai pas une seconde à mettre ma vie en jeu pour elle. Je n'en serai pas là sans elle -la jeune fille serra son poing devant elle, les yeux brillants de souvenir heureux, avant de regarder de nouveau son vis-à-vis- Alors ?
« Hashirama sera certainement plus enclin à aborder le sujet avec moi après quelques verres. » Mais cela reviendrait à le droguer à l'insu de son véritable objectif, pour obtenir la vérité. Toutefois, aux vues du dernier message des Aburame, le stratège n'avait pas le luxe de s'offrir des alternatives hypothétiques. Surtout qu'à l'heure actuelle, aucunes ne germaient dans son esprit. D'autant plus que, quand cela concernait l'avenir du clan, aussi infime que puisse être la probabilité de la menace, il fallait l'écarter. Peu importe d'où celle-ci surgissait, ou quelle forme elle pouvait endosser. Cela revenait à poser le problème autrement : Est-il prêt à trahir la confiance que son frère lui octroyait pour sauver leur clan, en se servant de Sakura ?
- D'accord, déclara-t'il fermement.
Tobirama voulait néanmoins continuer de garder l'espoir que ses spéculations avaient une explication rationnelle, comme l'avait supposée la guérisseuse plus tôt dans leur échange. En revanche, il ne s'était pas trompé en imaginant Sakura perturbant ses plans. Paradoxalement, jamais le tacticien n'aurait envisagé qu'elle serait son instrument pour mener, à bien, son rôle de défenseur du clan des Senju.
Merci d'avoir lu :) A bientôt !
Réponses aux reviews :
- Fanny Hoebrien : Coucou ! J'espère que la suite sera à la hauteur de tes espérances, et je te laisse deviner le moment où j'ai rigolé un peu toute seule à l'écriture ^^ En tout cas, j'ai hâte d'avoir ton avis :) A bientôt :)
- Sln : Hello ! Ah, ah, oui je m'amuse bien avec nos deux petits ! Moi aussi, j'aime bien quand ils ont ce genre d'interaction (je visualise parfaitement la gêne de l'un comme de l'autre :D). Ah oui une sacrée paire ;) (voire en prendre un pour taper l'autre éventuellement ^^). Ah c'est vrai qu'on pourrait voir Kakashi, mais je suis plus partie sur notre Sasuke national (ça me semblait plus logique de le comparer à lui, si jamais il devait se passer quelque chose, même si je te l'accorde que dans le manga ce n'est pas mon personnage préféré ^^). Et arg, je vois bien que l'idée te tient à cœur x) Et bien ... disons qu'il n'est pas impossible, éventuellement, d'envisager sur un malentendu, qu'elle ne soit peut être, je dis bien peut être, pas seule ;) En tout cas merci pour tes retours toujours aussi constructifs et que j'attends (moi aussi ^^) avec impatience ;) ! A bientôt :)
- Lumati : Hey ! Ravie de voir que tu suis toujours l'histoire et qu'elle te plaise autant :) Ne t'en fais pas, j'écris toujours, disons juste que c'est assez difficile de faire plus vite qu'1 mois entre chaque chapitre au final (le 7 aura peut être du retard à cause de mes exams) mais je ferai au mieux ! :) En tout cas je te remercie pour tes petits mots qui me font toujours autant plaisir :D A bientôt, j'espère !
- Yui Hattake : Coucou ! Du coup, comme promis voilà la suite :) J'espère que tu apprécieras la tournure des événements ^^ En tout cas, je te remercie encore pour ton commentaire qui m'a fait extrêmement plaisir :)
A tous les followers : Merci de continuer ou de commencer d'ailleurs, à me suivre, je suis ravie de voir que vous êtes de plus en plus nombreux ! En espérant que ce chapitre ait su vous plaire ! A bientôt :)
