Acte II
Scène première
La nuit semblait d'autant plus noire que les lueurs à l'intérieur de la maison étaient très faibles. Vacillantes, elles permirent toutefois aux trois amis de sortir sans encombre, voyant où ils allaient. Dehors l'air était froid, et vivifiant, contrastant durement avec la chaleur presque étouffante qui régnait dans la salle de fête ; ils s'en rendirent compte justement en sortant.
Hugues et Jean, ivres d'avoir dansé autant, marchaient lentement, à pas incertains ; Roy, plus sobre, se contentait de les guider, perdu dans ses pensées.
Arrivés dans les rues partiellement éclairées de la ville, les deux amis regardèrent leur compagnon un peu plus attentivement, avant d'échanger un regard complice ; Roy était dans la lune, c'était évident. Une rencontre ?
"Dis-nous tout, Roy. Qu'as-tu pensé de cette fête ? Est-elle digne de la réputation des Elrics ?"
"... oui."
"Oui ? C'est tout ? Pas de grand discours ? Pas de commentaire désobligeant ? Pas de remarque acerbe ? Est-ce vraiment tout ce que tu en penses ?"
"Oui."
Hugues prit la relève :
"Y aurait-il eu une personne digne d'intérêt ? Ce jeune blondinet, par exemple ?"
"Tu ne devrais pas te moquer..."
"Alors ? Réponds-nous, et nous n'insisterons pas... !"
Un silence pesant s'installa. Finalement, n'y tenant plus, Jean demanda :
"Serait-ce encore Riza ?"
La réponse les surprit tous deux :
"Non. À dire vrai, je ne pensais pas vraiment à elle."
"Oh ? Et qui donc a pris sa place ?"
"Je ne suis pas sûr que vous appréciiez son nom..."
"Présente-le nous, alors, sans dire son nom."
"... le ?"
Hugues répondit par un grand sourire.
"C'est bien le beau blond avec lequel tu discutais lorsque je vous ai inopportunément interrompus pour cause d'arrestation imminente ?"
"... En effet."
"Votre discussion a-t-elle été divertissante ?"
"Plutôt..."
Roy s'interrompit et s'arrêta dans la rue ; il se tourna à nouveau vers la maison des Elrics, semblant réfléchir.
"... Et j'ai bien envie de la prolonger." finit-il en faisant demi-tour, avançant d'un pas décidé vers le jardin.
Hugues et Jean se regardèrent un instant, stupéfait, puis paniquèrent en même temps.
"Roy ! Par le ciel, es-tu devenu fou ?!"
"Si tu y vas maintenant, c'est la mort assurée !"
"La nuit me protégera."
"Il est devenu fou !"
"Prends garde à toi Roy ; si j'étais à ta place, je ne lui ferais pas aussi vite confiance !"
"Mais grâce au ciel, tu n'y es pas."
Sourd aux arguments de ses amis, Roy franchit aisément le muret et sauta dans le jardin ombragé de la demeure des Elrics.
Après avoir marché un petit moment, inspectant chaque fenêtre, il finit par découvrir ce qu'il cherchait : sur la façade la plus reculée de la maison, un petit balcon donnait sur l'immense domaine de la famille ; derrière lui la fenêtre était ouverte, et laissait deviner une chambre.
Alors qu'il commençait à se demander s'il venait d'avoir une bonne idée, la lumière brilla soudain, et dans l'obscurité de la nuit, une silhouette déjà familière vint s'accouder au balcon...
Quand je disais plus long... enfin, oubliez ce que je disais TT
