Yo !
Dieu que ce chapitre est court. Ö
Je voulais qu'il soit plus long mais j'en sais rien… Ca coupait bien ici. La suite n'allait pas assez bien avec le reste... Du coup ce sera pour le prochain. :)
Passons aux choses sérieuses… Bonne lecture ! :D
- Merci à tous vos commentaires du fond de mon petit cœur.
CHAPITRE 6 : Aïe.
« Au fait, Elodie m'a appelé hier.
- Elle voulait quoi ?
- Savoir pourquoi tu répondais pas.
- Tu lui as dit quoi ?
- Que c'était pas ton numéro.
- Elle me blase déjà.
- Moi aussi, ça va pas le faire. »
« Putain !
- Quoi ?
- Elles sont passées où encore les clefs ?!
- Ca va calme, tu vas les trouver. Arrête de gueuler. Tu t'énèrves trop Gringe, c'est pas bon pour les nerfs.
- Non mais ça, ça fait clairement partie des trucs de merde qui prennent une ampleur gigantesque dans ma tête.
- Ouais, non mais tu te rends compte que tu gueules quand y a des pubs pendant les films, quand tes lacets sont défaits, quand y a plus de papier dans les chiottes, quand une musique que t'aimes pas passe à la radio, quand une musique que t'aimes bien passe à la radio, mais que t'aimes pas la radio, quand il te reste plus que 5 clopes, quand il pleut, et quand il pleut et que tu dois faire tes lacets, là c'est l'apothéose totale. Les gens normaux tu vois, ils ferment leur gueule et ils font un effort pour ne pas gueuler tout le temps, encore plus quand y a leur pote qui dort à côté t'as vu.
- J'suis les gens normaux moi ? »
« Bon, on fait quoi ? J'en ai marre de galérer.
- Bah j'sais pas, de toute manière on sait pas où sont les clefs.
- Pas faux.
- Hey c'est qui le type qui guette par la fenêtre dehors ?
- Oh putain, c'est Pierre Roncelin.
- Ah ouais ? Je le voyais moins grand…
- Bon bah le problème est réglé, on peut pas sortir.
- Pourquoi ?
- Il veut me casser la gueule.
- Ah ouais c'est vrai, à cause des messages avec Cynthia…
- Non en fait faut que je te dise la vérité Orel. J'ai baisé sa sœur.
- T'en a baisé plein des sœurs, d'habitude ça pose pas problème.
- Ouais mais là il m'a cramé en plein dedans tout ça. Et puis en plus elle a 16 ans.
- T'es sérieux ?
- Hey j'savais pas, elle avait l'air plus vieille que les trois quarts des meufs avec qui je couche, avec son rouge à lèvres et ses petit talons. C'est pas de ma faute, c'est la faute à c'te génération de merde, c'est tous des imposteurs. »
« Putain, je devais voir Elodie aujourd'hui en plus.
- Tu la verras demain.
- Ouais..."
" Hey mais je raconte quoi moi, c'est toi qui est coincé ici, moi j'peux sortir, j'ai rien à voir avec tes histoires.
- Bah essaies de descendre hein, mais c'est à tes risques et périls. »
« Putain, et il t'a mis qu'une seule tarte, t'es sûr ? On dirait que t'es passé sous un train.
- Il m'a dit « Remonte et dis à ton pote de descendre, j'ai des comptes à régler avec lui ». Il était énervé.
- Et tu lui as dit quoi ?
- Que t'étais pas là.
- Et il t'a dit quoi ?
- Qu'il t'avait vu guetter pendant que je descendais. Et bam, impact.
- Ah meerde… »
« Putain, faut vraiment que les gens arrête de m'associer à toi tout le temps. »
« Il est parti ?
- Non.
- Il est parti ?
- Non.
- Il est parti ?
- Non.
- Il est parti ?
- Ouais c'est bon, tu peux descendre.
- Vraiment ?
- Non. Mais si tu continues tu vas te prendre une tarte dans tous les cas, que tu descendes ou pas. »
Etape numéro 1 : Ouvrir les yeux. Trop de lumière. Beaucoup, beaucoup trop de lumière…
Aurélien lâcha un long râle. Le monde tournait dangereusement vite autour de lui. Ça n'allait pas du tout. Il était sur le point de vomir, il le sentait. Fallait qu'il se lève. Maintenant. Autrement ce serait trop tard. Putain, il avait vraiment pas envie de se gerber dessus.
Etape numéro 2 : Rouvrir les yeux. Et les garder ouverts cette fois. Lutter malgré cette lampe de merde postée juste en face de sa gueule. Il était dans la chambre de Gringe, et visiblement il faisait encore nuit. Orel tenta vainement de se redresser : son corps tout entier refusait de bouger. Il avait dû s'endormir involontairement. Sans même prendre le temps d'éteindre le plafonnier, ou d'enlever ses chaussures. Il s'était simplement étendu sur le dos et avait sombré sans crier gare.
Haut le cœur.
Ne vomis pas, ne vomis pas, ne vomis pas.
Se lever, esquiver le mur, tirer la porte des chiottes, ah non, pousser et… Se libérer.
Wouah. Ca faisait bien longtemps qu'il n'avait pas été aussi imbibé par l'alcool. Il le sentait dans chacun de ses gestes, dans chacun de ses regards. Ils avaient fait quoi hier soir, déjà ?
- Gringe ?
Pas de réponse. Le cadet se dirigea laborieusement vers le salon en enlevant ses baskets.
Les lampadaires de la rue éclairaient distraitement la pièce, autrement plongée dans la pénombre. Deux bouteilles vides trônaient sur la table, à côté du cendrier et des figurines Naruto. L'aîné n'était pas là. Quelle heure était-il ? Ou était passé son portable ? Fallait qu'il pense à acheter une horloge, un réveil, ou un truc qui leur indiquerait l'heure autre que leurs téléphones... Les trois quarts du temps, Orel n'avait aucune idée du lieu où se trouvait le sien, et au dernier quart, ce dernier n'avait plus de batterie. Il s'assit par automatisme sur le canapé en jetant un regard aux bouteilles. Ca y est, ça lui revenait. Enfermés comme des cons dans l'appartement ils n'avaient rien trouvé de mieux à faire que se mettre la grosse, grosse, grosse murge. Ils leur restaient deux litres de Jack Da', qui avaient visiblement été lapidés dans la journée. Ou la soirée. Aurélien ne se souvenait plus de rien. Un calvaire. Le vide absolu. Le trou noir. Raah, ça faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé.
Comment ça avait pu arriver ?
Gringe était haletant. Il avait couru sur plus de 100 mètres en sortant de l'appartement. Dans un premier temps pour fuir Pierre, qui n'était pas là, et dans un second parce que… parce que… Putain mais comment ça avait pu arriver bordel de merde…?
Regard à droite, regard à gauche. Les quais n'étaient plus très loin, il allait s'asseoir là-bas, au bord de l'eau. Puis il se roulerait un terh. Puis deux. Puis trois. Puis quatre. Il fumerait jusqu'à ne plus avoir de quoi. Dans le calme, pour mieux réfléchir. Et ensuite peut-être qu'il rentrerait.
Non. Impossible. Jamais.
Guillaume était ivre. Guillaume était perdu. Guillaume était seul. Guillaume était paniqué. Totalement paniqué. Boum boum boum. Son cœur battait beaucoup trop vite dans sa poitrine, il le sentait frapper de toute ses forces contre sa cage thoracique, comme s'il tentait de défoncer une porte que Gringe lui aurait bien ouverte, s'il avait pu. Totalement essoufflé, son pouls était aussi rapide que le flot de pensées qui s'écoulait dans son esprit.
Tout s'était déroulé tellement vite, il s'était approché de lui, tout près et… et…
L'aîné se pris la tête dans les mains. Pas le temps d'aller jusqu'aux quais finalement, ce banc ferait largement l'affaire. Il avait besoin de s'asseoir. Il aurait tellement aimé pouvoir dessaouler sur le champ. C'est à cause de ces bouteilles de merde que tout ça était arrivé. Et c'est à cause d'elles qu'il n'arrivait pas à gérer la situation.
C'est rien, c'est rien, respire. Rien. Rien. Rien.
Mais il revoyait encore son binôme entrer dans la pièce en souriant, pendant que lui s'allongeait correctement, le bédodo fraîchement roulé et ancré entre ses lèvres. Il le revoyait se casser la gueule en voulant le rejoindre sur le lit, à côté de lui, et rire. Rire en le regardant. Il le revoyait si bien… Mais qu'est-ce qu'il avait bien pu se passer dans sa tête à ce moment là ? Pourquoi tout à coup l'ambiance était devenue lourde comme ça ? Pourquoi Aurélien avait tendu le bras ? Une fois, juste une fois il aurait voulu comprendre le raisonnement d'Orel. Boum boum boum.
Avec une délicatesse que Guillaume ne lui connaissait pas, il avait posé, calé sa main contre sa joue. Ses doigts avaient glissé sur sa peau tout doucement et il avait entamé, avec son pouce, de faire quelques aller-retours. Boum boum boum. Pourquoi il n'avait pas rejeté cette main intrusive ? Pourquoi il n'avait rien dit à Aurélien ? Le contact était agréable, c'est pour ça. Et bourré comme il était, il ne lui semblait même pas hors de propos.
Mais soudainement il l'avait senti. Une chaleur légère, douce, totalement délicieuse qui s'attaquait au bas de son ventre. Boum boum boum. Et il s'était tout à coup réveillé, comme sorti de transe. Il avait réalisé que depuis ces longues minutes, ils se regardaient silencieusement droit dans les yeux, la main de son meilleur ami sur la joue. Et lui qui commençait à… Arrête d'y penser connard. C'est rien. C'est rien. C'est rien. C'est rien.
Mais non bordel, ce n'était pas rien. Il avait suffi qu'Aurélien lui caresse la joue pour qu'il se mette à… Nan, fermes ta gueule on a dit. Boum boum boum.
Clairement il avait bandé sur son pote. Sur son meilleur-ami. Sur son frère. Boum.
Mais pourquoi ce fils de pute avait fait ça aussi ?
La révélation, l'instant où il avait réalisé ce qu'il se passait dans son coprs avait été talonné par nausée sournoise, et il avait quitté la pièce pour aller vomir ses tripes dans les toilettes, sans demander son reste. Puis il était parti. En courant. Le plus loin possible. Le plus vite possible.
Il devait… Il fallait qu'il… Il n'en avait aucune idée. Absolument aucune idée.
« Gringe ?
- Nope, c'est Deuklo. Ca raconte quoi mon gars ?
- Rien, je décuve en regardant Dragon Ball.
- Ouais, je vois ce que tu veux dire. Ca fait du bien de retourner aux fondamentaux de temps en temps. »
Aurélien hocha plus la tête par habitude que parce qu'il avait vraiment écouté ce que venait de lui dire Claude. Ce n'était pas dans ses habitudes de s'inquiéter, mais vu comme il était mort, il ne doutait pas de l'état dans lequel Gringe devait être lorsqu'ils s'étaient séparés, la veille, et l'aîné ne répondait pas au téléphone en plus. Tout doucement ça commençait à le préoccuper. Et cette fatigue monstrueuse qui l'accablait... Il s'était résigné à essayer de dormir vers 10 heures, quand sa voisine du dessus et ses putains de gosses de merde avaient commencé à crier dans tous les sens. Il s'était redressé, assit sur son canapé, allumé la télé, et n'avait plus bougé.
« Il est où Gringo ?
- J'sais pas justement, on a bien bu hier et il est pas rentré.
- Mais moi je l'ai vu hier soir. 'Fin ce matin plutôt, en rentrant de soirée.
- Ah ouais, vers où ?
- Pas loin des quais à côté de chez la meuf à Momo, il m'a dit qu'il allait pas tarder à rentrer.
- Il foutait quoi ?
- Bah j'sais pas.
- Il était quelle heure ?
- 4:30 j'crois. Tu veux qu'on aille voir ?
- Pourquoi faire ?
- Bah j'sais pas, on sait jamais. Il s'est peut-être endormi sur son banc. En plus il avait pas l'air bien, c'est pour ça que je passais d'ailleurs.
- Ah ouais ? Bah c'est parti... »
« C'était là, t'es sûr ?
- Bah ouais…
- Bon bah il y est plus en tout cas.
- Il doit pas être bien loin…
- Ouais. Peut-être.
- J'commence à avoir faim moi. Y pas un Subway pas loin ?
- Si je crois. Il y est peut-être allé, tu veux qu'on aille voir ?
- Ouais bonne idée, en plus on aura une bonne vision périphérique du boulevard.
- Par contre tu me le paies.
- Ca marche. »
« Bon, bah il est pas là non plus hein.
- Ouais, il est peut-être juste chez un de ses potes.
- Sûrement. Bon, en attendant tu veux qu'on fasse quoi ?
- Bah j'sais pas, moi j'crois que je vais pas trop trop tarder à rentrer.
- Pourquoi faire ?
- Rien. Comme d'hab'. »
« Je suis tellement fatigué.
- Ouais, ça se voit à ta tête.
- Putain, Gringe casse quand même bien les couilles.
- Ouais. »
« Bon, on rentre ?
- Vas-y je te dépose après je vais aller voir Sylvain j'pense.
- Ah ouais ?
- Ouais. Tu veux venir ?
- Vasy. »
« A bientôt gros !
- Vasy les gars, on s'pet ! »
Même s'il avait un peu fini par l'oublier durant son escapade avec Claude, Sylvain et Ballantine's, Orel, en montant les escaliers avait éspéré de tout son coeur que Guillaume serait là. Et en entrant, il avait laissé s'échapper un léger soupir de soulagement. Gringe était là. Assit sur son fauteuil. Et alors qu'Aurel s'apprêtait à ouvrir la bouche pour lui demander où est-ce qu'il avait passé les dernières 24 heures, l'aîné tourna la tête vers lui pour planter ses yeux dans les siens. Et Aurélien ne se sentit pas de parler. Guillaume avait l'air de le jauger. Il n'était visiblement pas dans son assiette.
« Qu'est ce qui a ?
- De quoi qu'est-ce qui a ?
- T'as vu comment tu me regardes ? T'étais où ?
- Avec un pote.
- Ah ouais… Et ça va ?
- Ouais. »
Bien. Le cadet hocha la tête en s'installant sur le canapé. Le regard posé sur son partenaire, il pinça les lèvres. Gringe ne faisait plus attention à lui. Il avait la tête baissé sur la petite table.
« T'es sûr que ça va ?
- Ouais.
- On a fait quoi hier ? »
Boum boum boum.
Les iris de Gringe se verrouillèrent soudainement dans celles d'Orel, et le cadet su qu'il avait dit quelque chose qu'il n'aurait pas du dire. Et Guillaume avait de jolis yeux quand même.
« Comment ça, on a fait quoi hier ?
- Je me souviens de rien du tout. Black out total.
- Vraiment ou alors..?
- Ou alors quoi ?
- Non rien.
- Du coup..?
- Rien. On a rien fait du tout.
- Ok… »
MON DIEU, T'AS VU CE QU'IL VIENT DE SE PASSER ? Ö
