Les personnages et l'univers si particulier d'Harry Potter appartiennent à J.K Rowling.


Hello !

Vous êtes toujours aussi nombreux(ses) à suivre cette histoire et je remercie vivement Lyanna Erren, Guest (anonyme), Luna Black1, Elodie29, Mayoune, Shana, 17 . Harry, DetectiveRan008, Melusine, Orpheana, Lunastic, Malicia Malfoy et Sabrina.

Et vous présente toutes mes excuses pour ne rien avoir publié le week-end dernier (personne n'a bronché, alors si ça se trouve personne n'a rien vu ! xd). Malgré un mois de décembre assez chargé, je ne le referai plus, c'est promis !

Bonne lecture…


Chapitre 6

Il lui restait encore du temps avant que les autres élèves ne reviennent de Pré-au-Lard. Oserait-il se faufiler dans le bureau de Dumbledore pour interroger les portraits des anciens directeurs ? Ils pourraient savoir quelque chose, peut-être même que le Choixpeau avait été ensorcelé en leur présence. Mais quand Harry approcha de la gargouille, il entendit des pas et des voix à l'intérieur, et il recula précipitamment. Apparemment, le directeur était dans son bureau, discutant avec un visiteur. Harry perçut la voix du professeur McGonagall, curieusement stridente, comme en signe de protestation.

Harry sentit ses pensées se bousculer dans sa tête. Son esprit rationnel ne trouvait aucune réponse aux questions qui le hantaient, il commença même à douter que les fragments de souvenirs qu'il avait de Sally-Anne ne se soient jamais révélés être très clairs. Il trouva refuge dans les toilettes de Mimi Geignarde. Après tout, Mimi était aussi un écho du passé, un spectre presque aussi insaisissable que Sally-Anne.

Il trouva Mimi planant vaporeusement dans l'une des cabines.

- Toi aussi tu viens pleurer ? demanda t'elle avec espoir. Les salles de bain sont l'endroit idéal pour cela, tu sais.

Harry secoua simplement la tête et s'assit à côté d'elle.

- Peux-tu m'aider sur un point précis, Mimi ?

Sa forme immatérielle flottait à côté de lui.

- Bien sûr. As-tu perdu quelque chose ?

- Je suppose que ce serait préférable, soupira Harry. Je me souviens d'une fille mais elle semble s'être volatilisée dans les airs, perdue dans un royaume où les choses n'ont pas de noms. Je ne sais même pas si elle est vraiment réelle...

- Oh Harry, s'attendrit lentement Mimi. Tu es tombé amoureux d'un fantôme ?

Il y avait une note expectative dans sa voix, et Harry se hâta de répondre :

- Non, je ne parle pas d'un fantôme, je ne sais pas ce qu'elle est. Une mémoire, peut-être... Dis-moi, Mimi, tu te souviens peut-être d'elle. Elle a été placée à Poufsouffle il y a deux ans, puis elle a disparu. Son nom était Sally-Anne Perks.

L'ombre d'un sourire fantomatique apparut sur le visage triste de Mimi.

- Sally-Anne... Oui, j'ai connu Sally-Anne. Elle avait l'habitude de venir ici pour discuter.

Harry sentit son cœur battre dans sa poitrine.

- Elle venait ici pour te parler ? Des questions affluaient soudain dans son esprit. Comment était-elle ? Qu'est-ce qu'elle te disait ? Etait-elle un fantôme ou une fille ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ?

Mimi pencha sa tête de côté et réfléchit un moment. Puis elle dit doucement :

- Elle était comme moi, elle était malheureuse. Voilà pourquoi elle venait ici, je suppose. Lorsque vous hantez une salle de bains, vous pouvez voir plus de larmes que personne ne pourrait jamais l'imaginer. Les gens aiment se cacher pour pleurer et cet endroit offre la discrétion qu'ils recherchent. Au début, elle ne me parlait pas, elle se contentait de rester assise, perdue dans les pensées sombres de sa propre existence. Mais elle m'a remarquée et, après quelques jours, elle a commencé à me parler. Elle ne semblait pas s'intéresser à ma condition de fantôme. Enfin, tu sais... comme pourraient le faire d'autres personnes. Elle venait me parler comme à une amie.

- Et que disait-elle ? fit Harry dans un murmure.

Mimi soupira.

- Oh, elle parlait de tout et de rien, et certains sujets n'avaient pas de sens. Ses paroles étaient décousues, au début, comme si elle avait oublié comment parler. Mais elle a évolué et est devenue plus cohérente. Finalement, elle ne comprenait pas ce qu'elle faisait à Poudlard, et ne cessait de le répéter. « Comment cela peut-il être ? », s'étonnait-elle. Elle m'a parlé ensuite de Susan Bones avec qui elle s'était liée d'amitié, une fille de sa classe. Et du professeur Chourave. Pendant un temps, elle semblait très heureuse d'être à Poudlard. Elle disait qu'elle adorait Susan, bien plus qu'Amaryllis. Je ne sais pas qui est Amaryllis, toi si ?

Harry fut incapable de répondre. Selon le Choixpeau, Amaryllis Zeller était l'une des quatre filles placées à Poufsouffle en 1896.

- Une de ses amies, je suppose, déclara Mimi avec un haussement d'épaules. Comme je le disais, Sally-Anne semblait assez heureuse au début, mais ensuite, cela s'est dégradé. Une tristesse a commencé à grandir en elle, et elle passait de plus en plus de temps dans la salle de bain à pleurer. Et puis un jour, elle a disparu, et elle n'est jamais revenue. Je ne sais pas où elle est passée.

- Moi non plus, murmura Harry. Oh, Mimi, penses-tu qu'elle était réelle ? Était-elle humaine ?

- Humaine ? s'étonna Mimi. Oh, ça oui, elle était humaine ! C'était peut-être ça le problème.

- Comment ça ? Harry regarda l'apparition à ses côtés. Que veux-tu dire ?

- Elle était humaine, dit-elle calmement. Mais elle ne souhaitait pas l'être.

-.-.-.-.-.-.-

Ron et Hermione étaient de retour de Pré-au-Lard, leurs poches pleines de bonbons et de bouteilles de Bièraubeurre. Ron semblait avoir retrouvé une certaine joie de vivre et il y avait de la compassion dans son regard lorsqu'il dit à Harry :

- C'est pas de chance d'avoir été coincé ici toute la journée. Je t'ai rapporté des chocogrenouilles et des fizwizbiz pétillants.

Harry accepta volontiers, plus reconnaissant pour les Bièreaubeurres que pour les confiseries.

- Qu'as-tu fait, finalement ? demanda Ron, la bouche pleine de nids de cafards.

- Oh, répondit Harry en souriant. Je bavardé un peu avec Mimi. Je commence à l'apprécier, en fait.

- Cette peste ? fit Ron sans chercher à être sympathique.

Hermione se leva subitement. Harry se doutait qu'elle était impatiente de connaître le sujet de la conversation qu'il avait eue avec le fantôme. Ron lui lança une autre chocogrenouille.

- Tu l'as bien mérité, Harry. Je n'arrive pas à imaginer quel genre de discussion tu as pu avoir avec Mimi Geignarde, ajouta t'il en frissonnant.

- Nous avons parlé de Sally-Anne Perks, avoua Harry avec prudence.

Il souhaitait désespérément pouvoir parler de Sally-Anne avec son ami. Peut-être que Ron serait plus disposé maintenant que Pré-au-Lard et ses merveilleuses boutiques lui avait rendu sa bonne humeur.

- Qui ? Ah..., se souvint Ron en fronçant les sourcils. Tu penses encore à elle ? Ca devient bizarre. Tu es conscient qu'elle n'a jamais existé, non ? Je sais que tu as vécu beaucoup de choses étranges dans ta vie, et c'est bien normal que tu perçoives les choses différemment, mais sérieusement, tu ne peux pas essayer de te détacher de cette obsession malsaine ? Peut-être que tu devrais demander l'aide d'un médecin de Sainte-Mangouste. Ma mère l'a fait pour Percy quand il faisait une fixation sur nos nains de jardin, il y a quelques années. Ca te ferait du bien d'en voir un.

Ron se tut en voyant l'expression meurtrière sur le visage d'Hermione.

- Ben quoi, j'essayais juste d'être utile, se défendit-il.

Harry soupira et déchira violemment l'emballage de sa chocogrenouille. La carte à l'intérieur tomba au sol.

- Qui c'est ? demanda Ron en se pétrifiant, soudain. Son visage devint d'une pâleur inquiétante.

Harry l'observa avec curiosité.

- Que se passe t'il, Ron ? Tu vas bien ?

- Tu as le Seigneur d'Aratta ! s'extasia son ami.

Harry ramassa la carte. Oui, en effet c'était le Seigneur d'Aratta.

- C'est carte la plus rare de toute la collection, lui apprit Ron d'une voix tremblante. Il y avait des rumeurs sur son existence mais personne ne l'a réellement vue. Et tu la tiens dans ta main... !

Harry regarda le Seigneur d'Aratta qui lui souriait sereinement.

- Je suppose que je suis chanceux. Est-ce que tu la veux ?

Ron regarda Harry comme s'il avait perdu l'esprit.

- Si je la veux ? D'aussi loin que je me souvienne, les gens ont toujours cru que cette carte n'existait pas, que c'était juste un mythe pour vendre plus de chocogrenouilles. Et pourtant, chaque enfant s'obstine à déchirer l'emballage le cœur battant d'excitation, persuadé qu'il découvrira peut-être un jour la carte du Seigneur d'Aratta. Aucun ne l'a jamais eue, mais ils retiennent encore leur respiration en espérant tomber dessus. Quand j'étais petit, j'étais persuadé que je l'aurais, un jour. Puis en grandissant, j'ai compris que les chances étaient quasiment inexistantes. Mais j'ai toujours un espoir chaque fois que j'ouvre un paquet. Il sourit légèrement. Si Dumbledore savait combien de fois j'ai pu le maudire avant même d'arriver à Poudlard ! Je te jure, il me semblait que chaque fois que je déchirais un emballage, il y avait un portrait de ce satané directeur à l'intérieur, au lieu du légendaire Seigneur d'Aratta... !

Harry l'observa un long moment. Puis il se leva et tendit la carte à Ron, sans un mot.

- Qu'est-ce tu fais ? demanda Ron, la voix tremblante.

- Je te la donne, Ron, dit doucement Harry. Tu peux avoir le Seigneur d'Aratta si tu le souhaites. Je ne collectionne pas les cartes de chocogrenouilles, de toute façon.

- Tu ne les collectionnes pas ? Harry, je ne peux pas l'accepter. As-tu une idée de ce que vaut cette carte ?

- Non. Ecoute Ron, je n'en ai vraiment pas l'utilité. Je voudrais te l'offrir.

Ron regarda la carte, une expression ahurie sur son visage piqueté de taches de rousseur.

- Oh merci, Harry ! Wahoo, je ne sais pas quoi dire... Un instant après il ajouta. Harry, je suis désolé pour ce que je t'ai dit tout à l'heure, au sujet de cette fille. Peut-être qu'elle a réellement existé. Après tout, le Seigneur d'Aratta existe bien lui, n'est-ce pas ?

Harry sourit.

- Ne t'inquiète pas, Ron.

- Attends un peu que Fred et George voient ça ! s'exclama Ron encore abasourdi, partant à la recherche d'autres collectionneurs pour exhiber la carte miraculeuse.

Il se doutait, et à juste titre, qu'Hermione était bien peu intéressée par le Seigneur d'Aratta. Dès que Ron fut hors de portée de voix, Hermione sortit une lettre de sa poche.

- Elle vient de mes parents, annonça t'elle à Harry. Je viens de la recevoir, ils sont allés à Somerset House ce matin.

- Et ?

Hermione secoua la tête.

- Rien. Il n'y a aucune trace dans les archives moldues d'une Sally-Anne Perks née en 1980 ou en 1885. Peut-être que Perks n'est pas son vrai nom...

Harry lui relata les conversations qu'il avait eues avec le Moine Gras, la Grosse Dame, et Mimi Geignarde.

- Je ne sais pas quoi faire de plus, dit-il d'une voix faible. Si Sally-Anne a évoqué Amaryllis, je suppose que ce doit être la même fille qui a été répartie en 1896. Mais comment cela est-il possible ? Aurait-elle pu avoir un Retourneur de Temps ?

Hermione fronça les sourcils.

- Je ne pense pas que ce soit possible, Harry. Personne ne peut remonter aussi loin dans le temps. Elle doit être quelque chose comme... un fantôme.

- Le Moine Gras et Mimi disent qu'elle n'en était pas un, et elle m'a semblée humaine les rares fois où je l'ai vue.

Hermione était pâle.

- Eh bien, une autre sorte d'entité, alors. Comme un fantôme mais sans l'être. Peut-être que ceux de Poudlard pourront nous en dire plus, ce soir.

-.-.-.-.-.-.-

A minuit, Harry, Hermione et Dobby grimpèrent les escaliers de la tour d'astronomie pour leur rendez-vous avec les ombres du passé. Harry avait brièvement envisagé de demander à Ron de les accompagner, mais Hermione avait refusé.

- Il a eu sa dose de surnaturel, aujourd'hui, avait-elle argumenté avec froideur.

Le spectacle qui les attendait au sommet de la tour leur coupa le souffle. Environ deux douzaines de formes incorporelles planaient dans la nuit étoilée, figures indistinctes d'une étrangeté envoûtante. Harry reconnut immédiatement Nick-Quasi-Sans-Tête, étrangement vêtu d'un pourpoint chatoyant surmonté d'une fraise enserrant son cou bancal, ainsi que le Baron Sanglant, une figure grotesque et lugubre dont l'apparence blanc nacré était couverte de taches sombres.

Le spectre de la Dame Grise lévitait à côté du baron, sa beauté éthérée paraissait encore plus pâle en comparaison de son voisin. Harry reconnut le sombre aristocrate Sir Patrick Delaney-Podmore, qui semblait prendre un grand plaisir à décoller la tête de son cou flasque, par intermittence. Mimi Geignarde, forme indistincte parmi les fantômes présents, mais l'ombre d'un sourire immatériel apparut sur son visage lorsqu'elle vit Harry. Beaucoup d'autres fantômes qu'il ne connaissait pas étaient venus se réunir sous la voûte étoilée éclairée par la lune, mais il y avait également la petite silhouette fragile du professeur Binns parmi eux.

Harry avait toujours considéré le professeur fantomatique comme n'importe quel autre enseignant, et d'un ennui particulièrement mortel, mais il observa le petit spectre ratatiné du professeur Binns avec une crainte soudaine. Maintenant qu'il le voyait scintiller sous les étoiles, parmi les autres formes incorporelles, il réalisa avec une sorte de malaise que l'apparition de l'enseignant était loin de personnifier l'ennui. Il venait d'un autre monde, le domaine du surnaturel, un royaume fait de mystère et de déraison.

La forme indistincte du Moine Gras flottait devant eux.

- Bienvenue, regrettés Seigneurs et Dames, commença t'il chaleureusement. Et bienvenue à nos amis du domaine du réel. J'ai convoqué ce Conseil des fantômes parce qu'une question d'importance a été portée à mon attention. Une question de souvenir et d'oubli.

Un frémissement parcourut l'assemblée des fantômes, comme une ondulation sur une eau argentée. Harry pouvait sentir Hermione trembler à ses côtés et sa main se glissa dans la sienne.

- Dites-nous, Harry Potter, reprit le moine, sa voix étrangement lointaine, comme sortie d'un rêve. A propos de ce dont vous vous souvenez, il semblerait que vous soyez le seul à avoir remarqué cette curieuse absence.

Harry prit une longue inspiration. Pas encore tout à fait certain d'être éveillé ou en train de rêver. Il raconta l'histoire de Sally-Anne à l'ensemble à des fantômes. Hermione, pâle, et Dobby les yeux écarquillés complétèrent les détails qu'il avait omis. Dobby détailla ses «statistiques», et le professeur Binns murmura :

- Ah, oui en effet. Ce dont nous avions besoin, c'est d'avoir toutes ces informations. Sa voix, pourtant agréable, était sèche comme le froissement d'un parchemin.

Harry sourit et se demanda, tout à coup, si le spectre du professeur Binns était cantonné à Poudlard simplement parce qu'il ne pouvait pas supporter d'être séparé de ses leçons d'histoire.

- La question, reprit le Moine Gras. Est de savoir comment cette petite fille a pu disparaître aussi soudainement. Sa présence ici a été extrêmement brève, mais malgré ça, elle aurait dû être évoquée. Si les mémoires ont été effacées et les dossiers falsifiés par magie, il semble que quelqu'un ait mis un point d'honneur à faire en sorte que cette petite fille tombe dans l'oubli. Normalement, nous n'interférons pas dans la vie du collège, mais là il s'agit d'une disparition qui nous concerne tous. La mémoire est la seule chose que nous pouvons encore chérir, il serait vraiment horrible si nous-mêmes soyons oubliés de tout le monde. Il observa les formes flottant sous la toiture. Nous ne permettrons pas qu'elle soit oubliée. Mes amis regrettés, qui parmi vous se souviens de Sally-Anne ?

La Dame Grise fut la première à parler.

- Je crois que je l'ai vu une ou deux fois, marchant avec son amie de Poufsouffle. En principe, je ne l'aurais pas remarquée mais quelque chose à son sujet a capté mon attention. Elle était une nouvelle élève, timide, et pourtant elle était parmi celles qui m'ont paru les plus audacieuses. Susan lui a expliqué comment trouver son chemin à travers le labyrinthe des couloirs et malgré sa timidité, elle parcourait Poudlard avec une confiance tranquille, comme si elle était déjà familiarisée avec le Château.

- Vous rappelez-vous l'avoir vue avant ? fit Hermione d'une petite voix.

La Dame Grise secoua la tête.

- Je ne saurais le dire. Tant d'enfants sont passés par ce château. On ne se souvient, après un certain temps, que de ceux qui ont été les plus marquants.

- Je crains qu'elle était destinée à connaître une mort violente, s'interposa la voix du Baron Sanglant, faisant penser à Harry à un sombre vent d'hiver, et il se sentit frissonner. Peut-être que son meurtrier a ensorcelé les esprits de ceux qui l'ont connue pour faire oublier son existence dans le seul but de dissimuler son crime.

- Mais si elle a été assassinée, ne serait-elle pas devenue un fantôme ? suggéra Nick-Quasi-Sans-Tête.

- Ah, grinça faiblement la voix du professeur Binns dans la nuit. Toutes les victimes de meurtre ne deviennent pas des fantômes et tous les fantômes ne sont les victimes d'un meurtre. Par contre, si elle a subi un double crime, comme le suggère le baron, sa mort et sa mémoire hanterait certainement ce château jusqu'à ce que son meurtrier soit traduit en justice.

Le Moine Gras hocha la tête.

- Je crois que vous avez raison, elle ne peut pas avoir été assassinée mais alors où est-elle ?

- Je ne me souviens l'avoir eue dans mes cours, déclara le professeur Binns en réajustant ses lunettes spectrales. Et une fois, elle m'a posé une question. Cela arrive très rarement, donc je m'en souviens bien. La plupart du temps, les élèves se contentent de fermer les yeux et écouter en silence. Mais Sally-Anne Perks a posé une question. Maintenant, vous allez me demander : mais que voulait-elle savoir ? C'était quelque chose au sujet de l'histoire de Poudlard, si je me souviens bien. Ah, oui. Elle m'a demandé si les portraits avaient des âmes. Je lui ai assuré qu'ils n'en avaient pas, qu'ils ne sont que la simple représentation d'une personne. Peeves m'a dit une fois qu'une carte magique de l'école, fabriquée par un groupe d'étudiants il y a longtemps, pouvait montrer les noms de tous les résidents du collège avec leur localisation précise dans tout le château. Elle semble avoir été égarée, depuis. Ce qui est probablement la meilleure chose qui pouvait arriver. On peut facilement imaginer qu'une telle carte puisse être utilisée pour accomplir toutes sortes de méfaits et qu'il serait possible de les voir. Je pense que tous les humains devaient apparaître sur cette carte, mais pas les fantômes puisque nos âmes ne sont plus réellement ici. Ni les portraits, d'ailleurs, pas plus que les animaux.

- Les animaux n'ont d'âmes ? murmura Dobby. Pas même Hedwige, la chouette de Monsieur Potter ?

Professeur Binns cligna des yeux vers la créature.

- Evidemment que les animaux ont une âme mais ils ne peuvent pas apparaître sur la carte puisque leurs véritables noms ne sont pas connus. Les sorciers nomment leurs animaux par caprices, bien sûr, mais les créatures magiques n'héritent pas de ceux de leurs parents à la naissance, ils sont inconnus pour l'homme.

- Qu'en est-il des elfes de maison, Monsieur ? insista Dobby d'une voix tremblante.

Un sourire immatériel se dessina sur les traits fantomatiques du professeur Binns.

- Bien sûr, les elfes de maison ont des âmes. J'ose dire que vous pourriez voir des centaines d'elfes de maison sur la carte légendaire de Poudlard.

- Quoi ? Il y a des elfes de maison à Poudlard ?! s'exclama Hermione.

Dobby se tourna vers elle avec surprise.

- Oui, Miss. Dobby vous a dit que les repas étaient préparés dans les cuisines par les elfes de maison.

- Ce sont eux qui font les repas ? Je pensais que la cuisine avait tout simplement une magie qui lui est propre.

Harry constata qu'Hermione était bouleversée.

- Et bien sûr, il y a des zones de l'école qui ne peuvent pas apparaître sur une carte, continua le professeur Binns. Une pièce particulière peut être incartable pour une raison quelconque, comme la Chambre des Secrets tant redoutée...

- Qu'en est-il des gens, Monsieur ? demanda Harry. Si une pièce peut être invisible sur la carte, une personne peut-elle être incartable également ?

- Bien sûr, mon garçon, répondit le Moine Gras à sa place. Vous êtes entouré par des gens incartables à cet instant.

Harry regarda autour de lui les visages éphémères des fantômes.

- Dites-moi, poursuivit-il. Une personne peut-elle être vivante et incartable à la fois ?

Le moine secoua la tête.

- Non. Pas même en ayant recours à une cape d'invisibilité puisque vous auriez encore une âme et un nom, voyez-vous, bien que personne ne puisse vous voir.

- A moins, bien sûr, que vous n'ayez volé son âme et son nom..., observa sombrement le Baron Sanglant.

Harry sentit trembler la main d'Hermione dans la sienne, de même que Dobby à ses côtés. Les spectres chatoyants les cernaient. Pendant un moment, Harry imagina une carte perdue quelque part montrant uniquement trois points au sommet de la tour, entourés de... rien du tout.


Pas d'indications sur le contenu du prochain chapitre, cette fois. Je ne veux pas en dévoiler trop à chaque fois et préfère vous laisser découvrir la suite (et avoir votre avis, bien sur -_-).

Bises à tous

Volderine