Avec le plus de délicatesse possible, Harry essaya de se dégager de la poigne de Malefoy. Il prit doucement son bras et le remis sur le corps dénudé à ses côtés. Malheureusement pour lui, le bras revint instantanément sur son corps, l'agrippant fermement.

Soupirant, Harry recommença l'action, avec toujours autant de délicatesse, toujours terrifié de devoir affronter Malefoy avant le réveil et, par fierté, de retourner sur cet horrible canapé.

Profitant du fait que le bras envahisseur de Malefoy ne revienne cette fois-ci pas à la charge, Harry se cala plus confortablement sous la couverture, et ferma doucement les yeux…

Drago était bien. Il faisait chaud, son corps était parfaitement reposé, engourdi dans les draps moelleux, sa main doucement posée sur une hanche délicate. Ses yeux papillonnèrent lentement, découvrant peu à peu la douce luminosité du jour qui traversait les épais rideaux de sa chambre.

En avisant la forme étendue à ses côtés, Drago ne put s'empêcher de sourire doucement. Sa main était posée, non pas doucement comme il l'avait cru mais de façon possessive sur la hanche du beau jeune homme à ses côté. En fait, sa main semblait être la seule chose qui empêchait le beau Potter de tomber dans le vide. Harry semblait avoir tellement voulu échapper à sa présence qu'il était à l'extrême bord du lit.

Devant l'incongruité de la situation, Drago ne put s'empêcher de rire. Lui qui essayait à tout prix de faire tomber ce jeune homme dans son lit, le voilà qui prenait tous les risques pour échapper à sa présence. Et il ne croyait pas si bien dire. Son rire réveilla Harry en sursaut, qui tomba du lit en criant.

Drago ne pouvait pas s'arrêter de rire, devant la tête de Potter, les cheveux hirsutes et l'air complètement hagard.

Harry, énervé, se releva difficilement et fusilla Malefoy du regard.

- Ça te fait rire, Malefoy ? Tu veux peut-être tester la moquette toi aussi ?

Et, sans attendre, Harry se jeta sur lui. Les rires de Malefoy ne tarissaient pas, alors que la colère d'Harry augmentait. Toute la gêne qu'il avait ressentie durant la nuit, l'humiliation de la veille à cause de Romilda, puis à cause de Malefoy était oubliée, il ne lui restait plus que la rage, et l'envie de lui faire du mal.

Les rires de Malefoy se taisaient peu à peu, alors qu'Harry prenait le dessus dans leur lutte. Satisfait, Harry l'immobilisa de tout son poids, les poignets maintenus fermement au-dessus de sa tête.

- Alors, tu fais moins le malin maintenant, hein, Malefoy ?

Drago, la respiration erratique, n'osait plus bouger. Il gardait les yeux fermement ancrés dans ceux, furieux, d'Harry, en priant pour que celui-ci ne remarque pas son trouble. Harry semblait penser que Malefoy avait peur, mais en vérité, Malefoy essayait juste du cacher du mieux qu'il pouvait son érection proéminente. Voir Harry jouer les mâles dominateur l'avait excité plus qu'il ne l'aurait cru possible, et il se retint avec peine de bouger lascivement ses haches contre les siennes.

Surtout qu'Harry, inconscient de la lutte intérieure de Malefoy, se pencha doucement vers son oreille et chuchota d'une voix rendue rauque par le sommeil.

- Je t'informe que c'est la dernière nuit que je passe ici, Malefoy. Il est hors de question que je subisse encore une fois une nuit comme celle-ci, avec toi qui bouge comme une anguille et qui me pousse au bord du lit.

Harry reprenait doucement son souffle, fixant Malefoy, qui ne faisait aucun geste pour se libérer. C'était louche. Il était trop calme. Et ses yeux ne montraient aucune trace de révolte, ni de colère. Juste une certaine…gêne. Et c'est là qu'il la sentie. Là, tout contre sa hanche. Malefoy avait bougé contre lui. En poussant un petit soupir. Comme s'il s'était retenu.

- Ahh ! C'est quoi ça, Malefoy ?

Soupirant, Drago encra ses yeux dans ceux, grands ouverts, d'Harry.

- ça, très cher, est la réaction normale de tout être humain normalement constitué quand un beau spécimen vient se frotter à lui.

Harry se leva d'un bond et s'éloigna du lit.

- Je ne peux pas croire que tu viens juste de dire ça. Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?

- Oh, arrête un peu de réagir comme une pucelle !

Drago se leva lui aussi, avançant vers Harry, son érection pleinement visible sans qu'il n'en paraisse gêné.

- Toi, arrête d'agir comme un obsédé sexuel ! Range moi ça !

Drago lui lança un sourire narquois, et passa doucement sa main sur son boxer, frôlant indécemment la bosse proéminente.

-Tu veux dire, ça ? Tu es sur de ne pas vouloir jouer avec un peu, Harry ?

Harry, les joues très rouges, lui tourna brusquement le dos.

- Ok, ça suffit, je sors d'ici.

Il se dirigea d'un pas vif vers la sortie, puis brusquement se retourna et fit fasse à Malefoy, les joues encore très rouges.

- Franchement, Malefoy, c'est quoi ton problème ? Tu espères sincèrement me séduire en agissant comme tu le fais ?

Surprit, Drago perdit son petit air provocateur. Harry s'avança lentement vers lui, l'air de plus en plus énervé.

- Tu crois que c'est comme ça que tu vas me plaire ? En te comportant comme un connard, en m'humiliant, en embrassant ma meilleure amie ?

Drago haussa les épaules, l'air absolument pas gêné et se laissa tomber sur le lit.

- Oh non, Malefoy, tu vas me faire le plaisir de répondre ! Tu me cours après, et quand il faut fournir des explications, tu te comportes comme un lâche !

Drago se redressa d'un bond et le fusilla du regard.

- Eh ! C'est toi qui m'as embrassé ! Tout ce que je voulais, c'est…

- Quoi ? Un petite partie de jambe en l'air et c'est tout ? Désolé Malefoy, je ne suis pas intéressé. Il va falloir que tu te bouges un peu plus que ça pour me donner envie…

Il regarda Malefoy de haut en bas, comme pour l'évaluer, s'attardant sur son nombril et les fins poils blonds qui finissaient sous son caleçon.

- …de toi.

Et, sans un regard en arrière, Harry claqua la porte et sorti de l'appartement. Soupirant, Drago, fini par se lever, et, alors que l'eau chaude de la douche lui tombait sur ses épaules, il mit son plan en place.

-oo-

C'était un plan stupide. Stupide, mais extrêmement efficace. Enfin, en théorie.

'Ok, Drago, c'est pas le moment d'avoir des doutes.'

Drago se secoua énergiquement la tête, essayant par-là de chasser la petite voix dans sa tête qui lui disait que ça allait certainement très mal se passer. Mais s'il réussissait… Drago sourit, et d'un pas conquérant, continua sa route à travers les dédales de couloirs de l'école.

-oo-

Harry, sa tête entre ses mains, regrettait sérieusement d'avoir raconté son cauchemar à Ron, qui, depuis un quart d'heure, tournait le sujet en boucle, avec un TROP grand sourire aux lèvres. Tous les deux affalés dans les gros fauteuils près du feu de leur salle commune. Une pile de parchemins, de plumes et de livres s'étalait sur les tables à leurs côtés, abandonnés par des étudiants trop pressés de profiter des beaux jours au bord du lac.

- Franchement, Harry, depuis le temps, tu avais enfin l'occasion d'essayer, et tu es parti ! Et on sait tous les deux que les femmes, ça n'a jamais trop été ton truc…

- Est-ce que tu viens sérieusement de me balancer en pleine tête que tu penses que je suis plus attiré par les hommes que par les femmes ?

- Vois le bon côté des choses, il vaut mieux ça que d'être attiré par les pitiponks.

- Comme si c'était possible.

- Attends, ne dit pas ça, Charlie m'a raconté une fois qu'un collège à lui aurait, avec une chèvre…

- Ahh Ron, c'est dégueulasse, arrête !

Harry frissonna et s'enfonça plus confortablement dans le fauteuil de leur salle commune. Ron soupira, un sourire absent aux lèvres.

- Quand je pense que tu as repoussé la femme que n'importe quel mec aimerait se taper au détour d'un couloir.

- Quoi ?

- Romilda !

Harry se redressa brusquement, le fusillant du regard, une grimace de dégout déformant son visage.

- Eh bien quoi ! Le fait que tu ne remarques même pas à quel point elle est attirante prouve bien que…

- Cette folle m'a sauté dessus, Ron.

- Et si elle m'avait sauté dessus, je l'aurais laissé faire avec plaisir ! Et ensuite tu es allé dormir avec Malefoy ! Que tu as sans doute laissé fourrer sa langue dans ta bouche. Si ce n'est que là, d'ailleurs.

Harry lui jeta un livre à la tête, que Ron évita sans mal.

- Eh mon pote, c'est toi qui l'as embrassé la première fois ! Pourquoi ça te gêne maintenant ? Il embrasse si mal que ça ? Eh reviens, où tu vas ? Harry !

-o

Harry ne se retourna pas et franchit à grand pas la sortie de la salle commune, puis se mit à marcher au hasard dans les couloirs, souhaitant mettre le plus de distance entre cette conversation absurde et lui. D'accord, c'est lui qui avait embrassé Malefoy la première fois ! Et oui, ça avait été bien plus plaisant que de voir la bouche molle de celle folle de Romilda tenter de conquérir la sienne. Harry frissonna de dégout en y repensant. Et c'est lui qui avait initié le pas avec Malefoy ! C'est lui qui avait le contrôle ! Enfin, jusqu'à ce que les hormones de Malefoy prennent le dessus…et qu'il essaye de le faire chanter.

Mais ce baiser… Harry se senti rougir en y repensant. Il avait été bien trop rapide pour qu'il puisse se faire une idée précise. Rapide et un peu trop intense. Les hanches de Malefoy sur les siennes… Oui, au final, Malefoy n'avait pas besoin tant besoin de lui donner envie d'un peu...plus. Après tout, pourquoi ne pas tenter de nouvelles expériences ? Oui, mais en même temps, Malefoy avait vraiment une manière bien particulière de séduire. Puis peut être qu'il n'était pas attiré par les hommes, mais juste par Malefoy. Parce que Malefoy lui ouvrait la porte de possibilités qu'il n'avait jusque-là jamais envisagées. Un torse musclé, une barbe frottant sa joue, un corps plus dur …

Harry ne pouvait plus se cacher de sa propre fébrilité fasse à la cour que Malefoy n'allait sans doute pas tarder à lui faire, et enfin se laisser porter. Et cette fois, peut-être de façon un peu plus respectueuse... Ne plus jamais avoir à inviter de fille à danser. Des états d'âmes moins difficiles à comprendre.

Tout à ses pensées, Harry accéléra le pas, traversa le couloir puis bifurqua sur le troisième étage. Et s'arrêta net. Il senti un poids lui tomber sur l'estomac alors que ses yeux s'écarquillèrent sous le choc. Devant lui, Malefoy était collé au mur par un garçon de Serdaigle qu'Harry connaissait vaguement de vue. Le garçon, sans pudeur, frottait lascivement ses hanches contre celles de Malefoy, tout en lui dévorant la bouche, tel un rapace affamé alors que Malefoy tentait vainement de se libérer.

Le sang d'Harry ne fit qu'un tour. Sans réfléchir, il agrippa les épaules du Serdaigle et le tira en arrière. Celui-ci n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il se passait que déjà il se prenait une droite magistrale qui lui fit craquer les os du nez.

- Dégage, siffla Harry, les poings serrés à s'en faire mal, et le dominant de toute sa hauteur.

Le Serdaigle se tient le nez, gémissant de douleur, et fila sans demander son reste.

Harry, le cerveau englué par la colère et sans qu'il n'en cherche la cause, se tourna vers Malefoy, qui, choqué et excité malgré lui par la démonstration de force d'Harry, tentait de reprendre son souffle. Il attendait anxieusement sa réaction, et n'osait pas bouger un seul muscle, de peur de faire éclater la colère d'Harry. Son plan était, à la base, de seulement rendre Harry un peu jaloux en draguant d'autres élèves afin qu'il soit désirable à ses yeux. Et il était tombé sur un Serdaigle un peu trop enthousiaste. Totalement incontrôlable. Certes, il avait envie de le voir s'énerver, mais cet Harry-là lui faisait un peu peur.

- Harry…, fit Drago à voix basse.

Harry s'avança vers lui, et, rageur, le plaqua à son tour contre le mur, lui agrippant la robe. Drago poussa un halètement surpris.

- Qu'est-ce qui te prend bordel Malefoy? Tu essayes de te faire violer dans les couloirs ?

Devant l'air apeuré de Drago, Harry relâcha sa prise sur sa robe et se recula. Il passa une main sur son visage, l'air excédé.

- Peu importe. Tu fais ce que tu veux.

Harry fit mine de s'en aller, mais revint sur ses pas et se planta une nouvelle fois devant Malefoy.

- T'en a pas marre d'embrasser chaque personne à ta portée ? Tu ne sais pas contrôler tes hormones ? Bordel, Malefoy, c'est quoi ton problème ?

Harry secoua la tête, et planta son regard noir de colère dans ceux de Malefoy, qui n'osait plus faire un geste.

- Je ne comprends pas. Je ne te comprends pas. Qu'est-ce que tu cherches à la fin ? Mon attention ? Ne t'inquiète pas que tu l'as, je passe des heures à me demander ce que tu vas inventer pour me pourrir l'existence !

Drago eut l'impression de se prendre une claque en pleine tête, et remit son masque d'arrogance sur son visage.

- Qu'est-ce que ça peut te faire, Potter ? Je pense que tu t'es bien fais comprendre. Tu préfères les femmes, et tu ne me regarderas jamais, malgré tous mes efforts. Alors c'est bon, ne te préoccupe pas de moi, vas t'en.

Harry ne bougea pas, et continua de le fixer sans ciller.

- DÉGAGE!

Harry, surpris, ne fit aucun geste pour retenir Malefoy, qui le poussa violemment hors de son chemin. Il le regarda disparaître au détour du couloir, puis, sa colère soudainement envolée, il reprit son chemin.

-oo-

- Il a fait quoi ?

Drago et Hermione, tous les deux abasourdi, se relevèrent d'un bon des confortables fauteuils de leur appartement commun. Ron, le sourire encore plus élargis, passait son regard de l'un à l'autre.

- Et en plus il n'avait même pas l'air embarrassé que je le surprenne avec ces livres ! En fait, je crois bien qu'il voulait me faire passer un message…En même temps, ça commençait à faire plusieurs jours qu'il ne me parlait presque pas. Je pensais qu'il m'en voulait de cette discussion sur l'attaque de Romilda la semaine dernière, mais…

- Weasley, le coupa Drago, impatient, est-ce que j'ai bien compris ce que tu as dit ?

Ron ricana doucement.

- Je crois que oui, Malefoy. Vu ta tête, tu as parfaitement compris.

- Ok, Ron, juste pour être sûr, répète nous ça, fit Hermione, qui, ne tenant plus en place, se mit à faire les cents pas dans le salon.

Ron soupira, faussement ennuyé, puis, ne pouvant cacher son air extatique plus longtemps, répéta :

- Harry vient de recevoir une commande de tous les livres de Say Odomi, de son premier, De la honte à l'acceptation, l'homosexualité des sorciers du 16e siècle à nos jours, à son dernier, Les bienfaits de la Sodomie, une nouvelle découverte de la prostate. Je suis même étonné de ne pas encore avoir vu un plug anal ou quelque chose de ce genre. Enfin, tant qu'il n'utilise pas son balai…j'aimerais encore pouvoir l'emprunter sans penser à ce à quoi il a bien pu servir.

Il se laissa tomber dans le canapé à son tour, ne se lassant pas d'observer l'ai abasourdi de Drago et d'Hermione, se réjouissant de l'effet de sa petite bombe.

Et voilà pour ce chapitre! Merci d'avoir lu!

La suite fin septembre j'en ai peur, je risque d'être un peu prise ces prochains week-end et je n'aurais pas le temps d'avancer comme je le voudrais.

J'espère que ce chapitre vous à plu, n'hésitez pas à me faire des retours, bonnes ou mauvaises, toutes les critiques sont utiles !