Encore une fois, un gros MERCI à Grazie, erika shoval, Maryfanfictions, birginie, kinoum, Annetoutsimplement et Anayata pour leur review dans le précédent chapitre et je salue tous les lecteurs qui s'arrêtent sur cette histoire !
Bonne lecture !
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Point de vue de Bella :
Je roulais sans même savoir où j'allais.
J'étais là, je faisais attention à la route que j'empruntais, mais mes pensées étaient à mille lieux d'ici.
Toutes mes convictions au sujet d'Edward étaient erronées :
Edward était pédiatre alors qu'au lycée, il jurait devenir chirurgien comme son père.
Edward vivait à Forks alors qu'il avait toujours voulu vivre dans une grande ville.
Selon Charlie, il s'en voulait pour ce que j'avais vécu pendant et après ma grossesse non voulu, et travaillait d'arrache-pied à l'hôpital pour combler sa culpabilité.
Edward qui avait été maladroit pendant notre petite conversation alors qu'il avait toujours été un jeune homme à l'aise dans ses baskets me revint en tête et je pus voir que malgré ses phrases désinvoltes et son air nonchalant, il avait été nerveux.
Pire, j'avais pus voir sa peine, sa souffrance dans ses yeux émeraudes, surtout aux travers de ses larmes après que je lui avais donné l'échographie de notre enfant.
Alors comment ne m'étais-je pas rendu compte plus tôt qu'Edward avait changé ?
Qu'il n'était plus le même homme qu'au lycée ?
Qu'il s'en mordait les doigts pour ses actions d'antan ?
La réponse me sauta aux yeux d'un seul coup, comme si j'avais enfin enlevé le voile qui obscurcissait ma vue :
Parce que j'étais trop focalisée sur mes propres regrets et culpabilité.
Depuis quand le monde ne tournait qu'autour de moi ?
Depuis quand ne me souciais-je pas de mes amis, mes proches ?
Moi qui avais toujours aimé aider autrui, qui recevais toujours des remarques de mes parents sur le fait que je ne m'occupais que très rarement de moi-même…
Depuis quand étais-je devenue si égoïste ?
Ma gorge me faisait mal tellement elle était serrée et je dus me mordre fortement la lèvre inférieure pour m'empêcher de pleurer.
Je ne remarquais même pas que j'étais arrêtée avant que je n'entende quelqu'un toquer contre la vitre de ma fenêtre, me faisant sursauter :
-Ca va, Bella ? entendis-je.
Je tournais la tête et vis avec stupeur que la personne qui avait interrompu mes pensées était Esmé.
Pire, je remarquais que je m'étais arrêtée juste devant la villa blanche des Cullen.
A croire que mon inconscient m'avait précédé, moi qui venait juste de prendre conscience que j'avais besoin de parler à Edward.
Je détachai ma ceinture de sécurité après avoir coupé le moteur puis sortis du véhicule :
-Bonjour, Esmé.
Je n'eus pas le temps d'être gênée de ma visite surprise que la matriarche me prit dans ses bras, me serrant fortement contre elle :
-Oh, Bella ! Je suis si contente de te revoir ! Ça fait si longtemps.
Bientôt dix ans.
-Comment allez-vous, Esmé ?
-Oh, mon Dieu, tu n'as pas changé : Tu continues de me vouvoyer ! rit-elle avant d'encadrer mon visage de ses douces mains. Tu es devenue une très belle femme, tout comme je te l'avais dis !
Je rougis, ne pouvant m'en empêcher avant d'admirer à mon tour ses traits.
Elle n'avait pas beaucoup changé, elle était toujours cette douce et magnifique mère qui faisait jaser les mégères de Forks. Seuls quelques rides et ses beaux cheveux cuivrés quelque peu poivrés montraient qu'une décennie venait tout de même de s'écouler.
En voyant celle qui avait été mon modèle, je devins nostalgique et ne pus empêcher mon cœur de se serrer.
Si Edward et moi avions suivis nos projets à la lettre, elle aurait été ma belle-mère.
Je mordis ma lèvre inférieure afin de contenir un sanglot et pris une profonde respiration avant de parler :
-Je suis contente de vous revoir.
-Moi aussi, si tu savais !
Nous nous étreignîmes à nouveau et je sentis ses larmes couler en même temps que les miennes, mais je m'en moquais.
J'étais vraiment heureuse de renouer avec cette femme qui avait comblé l'absence de ma mère dès mon arrivée à Forks, au temps du lycée. Elle m'avait vraiment manqué.
Tellement que je me demandai pourquoi je ne lui avais pas rendu visite plus tôt.
Puis je me souvins comment j'étais ces dernières années et à quel point je m'étais énormément renfermée sur moi-même et ma culpabilité revint au galop.
C'est fou comme on pouvait s'apercevoir des conséquences de nos actes une fois qu'on avait ouvert les yeux !
-Viens, entre, Bella ! Je vais nous faire une tasse de thé !
Comme au bon vieux temps.
Je la suivis et entrai assez craintivement dans la maison et dès le premier pas, je reconnus cette demeure qui avait été comme mon deuxième foyer, des années plus tôt.
Rien n'avait changé.
Tout était à la même place.
Seules quelques nouvelles photos ornaient le vestibule puis le dessus de la cheminée du salon.
-Assieds-toi, souffla Esmé en me poussant gentiment vers un des canapés secondaire qui délimitaient le salon du coin « salon de thé », avant qu'elle n'aille dans la cuisine, que je voyais parfaitement d'ici, et ne lance sa bouilloire.
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« J'adore ces moments, s'extasia Alice alors qu'elle s'installait confortablement dans le canapé sur lequel on était.
-C'est vrai que c'est agréable ! souris-je, malgré la gêne qui me tenaillait.
C'était la première fois que je mettais les pieds chez les Cullen.
C'était même la première fois que je mettais les pieds chez une… Amie ?
Bon sang, je n'étais arrivée à Forks qu'une semaine auparavant et ne suivais les cours au lycée que depuis la veille et j'étais déjà invitée à prendre le goûter chez une fille de mon âge !
Une vraie première !
-Et voilà notre thé, Bella ! nous servit la mère d'Alice.
-Merci madame !
-Tu peux m'appeler Esmé, ma chère ! Ça ne me dérange pas du tout.
-Je vais essayer mais ne m'en voulez pas si je continue à vous appeler madame, rougis-je, mal à l'aise.
-D'accord, répondit-elle, maternelle.
-Alors, pépia Alice, comment c'est Phoenix ?
-Chaud ?
Elles rirent toutes deux de ma réponse avant que la mère de ma camarade ne reprenne la parole :
-On ne veut pas te mettre mal à l'aise, Bella. Mais il se trouve que le canapé sur lequel on est assise et celui d'en face forment ce que j'appelle le coin « salon de thé ». Et comme dans un salon de thé, nous papotons de tout et de rien autour d'une bonne boisson chaude.
Alice acquiesça vivement avant de se pencher vers moi, complice :
-C'est ici que j'ai avoué à ma mère que j'avais eu ma première fois avec Riley !
-Et c'est ici, que j'ai raconté à ma fille toute mon aventure en solitaire en Europe, ajouta Esmé.
-Vous êtes allé en Europe ? m'exclamai-je, soudainement intéressée.
-Et oui ! se réjouit Esmé. Mes parents étaient contre ce voyage, surtout que je voulais y aller seule, mais j'étais majeure, alors ils n'avaient rien à dire. J'en ai vu de belles choses !
-C'est même en Angleterre que maman à rencontrer papa ! ajouta Alice, malicieuse.
Mes yeux s'écarquillèrent, et je tournai la tête vers cette femme qui me semblait être la parfaite mère au foyer qu'une aventureuse qui trouvait l'amour au détour d'une rue touristique.
-Boire du thé au coin du feu, me vient de Carlisle. C'est une véritable tradition chez sa famille ! Tous les jours, à cinq heures précise, ils boivent tous une tasse de thé.
-Papa en a même un thermo remplis pour quand il est au travail !
Nous rîmes toutes avant que nous n'entendions la porte d'entrée s'ouvrir.
-Quand on parle du loup, souffla Esmé, malicieuse.
-Salut papa ! s'écria Alice alors qu'un grand homme blond pénétra dans le salon, accompagné de près par Edward qui avait été chargé de me guider dans le lycée ce matin et qui avait été témoin de ma monstrueuse maladresse.
Je rougis de honte.
-Bonjour Alice ! Oh, je vois que tu as amené une amie à toi ?
Je me levai alors que le patriarche de la famille s'approchait de nous, tout en essuyant mes mains devenus moites sur mon jean.
-C'est Bella Swan, papa. La fille de Charlie !
-Ah, oui ! J'avais oublié ces bonnes nouvelles ! Bon retour à Forks, Bella ! Je suis Carlisle, le père de cet énergumène, dit-il en caressant affectueusement les cheveux d'Alice.
-Hey ! s'insurgea-t-elle, me faisant sourire même si je l'enviais d'avoir un père aussi démonstratif de son amour pour elle.
Ce n'était pas Charlie qui allait réagir comme lui. Il n'avait même pas osé me prendre dans ses bras lorsqu'il était venu me chercher à l'aéroport.
J'étais tellement prise dans mes pensées que je ne remarquais même pas que quelqu'un s'était posté devant moi avant que je ne vois ses pieds dans mon champ de vision :
-Alors tu as passé une bonne première journée ? me demanda un doux ténor.
Et alors que je relevais la tête pour croiser les yeux d'Edward, je fus statufiée sur place par ses prunelles.
Vertes.
Non, émeraudes.
De vraies pierres scintillantes qui me donnèrent des frissons dans tout le corps et rougir.
Pouvait-on tomber amoureuse d'un simple regard ?
En plongeant dans celui d'Edward, j'aurais pu jurer que oui. »
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-Et voilà, c'est prêt ! s'exclama Esmé en posant son plateau chargé sur la table basse.
Je revins sur terre et regardai son contenu, avant d'étrangler un rire : Rien n'avait changé. Ni les deux mugs remplis de thé à la menthe, ni les petits gâteaux faits maison qui attendaient d'être mangés.
-On ne change pas une équipe qui gagne ! dit-elle d'une voix enjouée, en voyant ma réaction. Alors, continua-t-elle après s'être installée près de moi, qu'est-ce que tu deviens depuis le temps ?
-J'enseigne la littérature anglaise à l'université de Phoenix, annonçai-je. Ou plutôt, j'enseignais.
-Tu as arrêté ? interrogea Esmé, curieuse, tout en mélangeant sa boisson avec une cuillère à café.
-Non, non, rassurai-je. Je change juste d'établissement, c'est tout.
-Tu reviens dans notre Etat ? se réjouit-elle, sautillant presque sur place.
-Non, contrai-je, soudainement gênée. Je prends l'avion le sept janvier pour me rendre à Florence. En Italie, précisai-je en voyant son air incompréhensif.
Ses yeux s'écarquillèrent mais très vite elle se reprit et adopta un comportement plus détendue :
-Wow, c'est une sacrée opportunité.
-Oui, mon oncle, Aro Volturi, m'a proposé un poste au sein de son établissement que je ne pouvais pas refuser, expliquai-je, joyeusement.
-Aro est ton oncle ?
-Vous le connaissez ? m'exclamai-je, ahurie.
-Rappelles-toi, Bella : J'ai parcouru près de la moitié de l'Europe et je suis passée par l'Italie. Bien sûre que je connais les Volturi ! Aro et Carlisle sont comme cul et chemise ! J'ai même cru que mon mari allait emménager à Volterra tellement il adorait cette ville médiévale ! Aro avait aussi proposé à Carlisle d'enseigner à Florence à la sortie de la fac mais il a refusé : Il voulait exercer son métier sur le terrain. Puis, je suis tombée enceinte et nous avons décidés de rester aux Etats-Unis. Mais on s'appelle encore souvent !
-Le monde est petit ! soufflai-je, toujours surprise.
-Tu l'as dis ! Carlisle et moi avons déjà envisagés de passer notre retraite en Italie, alors on se verra probablement souvent dans quelques années !
-Ce sera avec plaisir, Esmé !
Nous bûmes tranquillement notre thé, en parlant de tout et de rien avant que je n'aborde le pourquoi de ma visite :
-Je n'ai pas osé le demandé à mon père, mais… hésitai-je. Pouvez-vous me donner l'adresse d'Edward ? Je souhaiterais lui parler.
Je ne savais pas pourquoi j'avais éprouvé le besoin de lui révéler la raison pour laquelle je voulais ces coordonnées, mais elle me les donnait, sans se poser de questions ou sans montrer de signe de joie ou de contrariété.
-Où est-ce que ça se trouve ? demandai-je, ne connaissant pas du tout cette adresse.
-Tu continues plus loin sur notre route en direction du Nord, à deux kilomètres, mais si tu veux y aller à pied –c'est plus rapide- tu y es en dix minutes. C'est l'ancienne maison abandonnée, non loin de la clairière que vous aimiez fréquenter, Edward et toi.
-Oui, je m'en souviens, balbutiai-je.
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« Tu vois cette maison, me souffla Edward à l'oreille alors que j'admirais ce petit cottage en ruine. Un jour se sera la notre ! »
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Je n'eus pas le temps de replonger dans mes souvenirs ou qu'Esmé ne me pose des questions quant à mon changement d'attitude qu'on entendit la porte d'entrée s'ouvrir et des rires s'élever.
Je reconnus sans peine la voix d'Alice et me figeai quand j'entendis son halètement de stupeur lorsqu'elle arriva dans le salon et m'aperçut.
