Note de l'auteuse : ami(e)s du soir, bonsoir ! Je poste encore une fois en retard, plus par flemme que par manque de temps... Pas bien, je sais ! Merci pour vous reviews, continuez (et de rien Abelforth=] ) ! Une petite note sur ce chapitre, à l'origine il était découpé en deux mais je l'ai finalement ramené à un chapitre... Le début m'est venu suite à un mot trouvé y'a quelques mois en salle de travail dans mon ancien lycée, et en me souvenant de ça j'ai eu envie de l'inclure. Le contexte n'est pas du tout le même, sur le mot il s'agissait plutôt d'une déconnade lol...

Nikita : en ce qui concerne les parents de Jane, ils étaient Aurors eux aussi. Il s'agissait d'une couverture, en réalité ils n'ont aucun lien de parenté, c'était juste pour la mission !

Et vous remarquerez que j'ai subtilement introduit Peter dans ce chapitre... Hahaha le sale traître !!

Annonce solennelle : pas d'annonce pour ce chapitre ! enjoy this story !


« Est-ce que tu m'aimes ? »

Cette question était de celles où la réponse était à la fois simple et compliquée. Simple, car elle ne nécessitait qu'un seul mot, et compliquée car ce mot pouvait tout changer. En bien comme en mal, d'où la difficulté d'y répondre sincèrement. Il y a tout d'abord la peur de l'inconnu d'une relation amoureuse, ou la peur de passer à côté de quelque chose de merveilleux. La peur de perdre un ami ou son âme sœur. La peur de se montrer réellement, de dévoiler nos faiblesses. Mais il y a aussi la joie, la joie d'avoir rencontré celui ou celle qui puisse être et rester à nos côtés quoi qu'il arrive, qui nous aime comme on est et auprès de qui on est heureux. Deux possibilités s'offrent à nous, dans ces cas-là : laisser passer sa chance, ou faire un mauvais choix ?

- Miss Evans, j'attends votre réponse.

Lily fut brutalement interrompue dans sa rêverie par la voix de McGonagall et elle regarda un dixième de seconde le tableau noir pour avoir une idée de la question de son professeur.

- Une fois le sort maîtrisé, la métamorphose en un objet inanimé est relativement facile à réaliser, il faut juste ajouter le nom de l'objet en question, le plus dur est de garder une immobilité parfaite, car le moindre mouvement, aussi petit soit-il, nous redonne partiellement notre apparence humaine. Par exemple, si on bouge notre main, celle-ci retrouvera son apparence normale.

- C'est exact, miss Evans. Donc, une fois la formule maîtrisée, la seule limite à cette métamorphose est…

La jeune fille retourna à la contemplation de cette phrase gravée dans la table, phrase qu'elle n'avait jamais remarquée auparavant. Ces simples mots l'avaient plongée dans une intense réflexion sur les réponses envisageables, et un bref instant, elle fut totalement déconnectée du cours. Un étrange sentiment l'envahit, comme si cette phrase lui était personnellement adressée. Elle passa le reste du cours à imaginer toutes les hypothèses possibles et lorsque la sonnerie retentit, elle suivit machinalement Alice sans savoir précisément où elle allait, toujours plongée dans ses pensées. Elle se retrouva rapidement à la bibliothèque, où Alice s'entoura d'un tas de bouquins sur la préparation d'un véritasérum, ses différents composants et les conséquences en cas d'erreur de dosage.

- Lily ! Tu m'écoutes ? demanda Alice d'un ton énervé en regardant son amie.

- Hein ? Oh euh pas vraiment… J'ai la tête un peu ailleurs.

- Je vois ça ! J'ai besoin de toi, dans ce livre-là ils disent qu'il faut écraser les crochets de serpents en une fine poudre, et ici ils disent qu'il faut simplement les couper en quelques morceaux…

Lily fit un effort et prit les deux livres de son amie pour vérifier. Elle lut attentivement les deux listes d'ingrédients et les compara, puis referma l'un des livres.

- Il faut les couper en petits morceaux, ce livre-là raconte des conneries, si on en fait une fine poudre les crochets seront inefficaces, le venin se disperserait trop.

Les deux filles travaillèrent ensemble encore une petite heure sur ce fameux devoir de potions avant de rejoindre leur salle commune. Kaitlynn discutait avec Gabrielle dans un coin de la pièce et un groupe de troisième année avait réquisitionné le meilleur canapé, face à la cheminée, au grand désespoir de Lily.

- James n'est pas là ? demanda Lily avec le plus grand détachement possible.

- Non, lui répondit Gabrielle avec un sourire suspicieux. Il est parti jouer au Quidditch avec d'autres Gryffondor et quelques Serdaigle je crois.

- Ah bien, dit-elle en s'asseyant. Oui, c'est bien de jouer avec d'autres maisons, pour l'entente c'est… D'ailleurs, on dit souvent que rien ne vaut un bon balai et un souaffle pour…

- Qu'est-ce que tu racontes, Lily ? Tu vas bien ?

Lily hocha la tête, sourit et s'assit en silence. Alice se joignit à la conversation et encore une fois, la rouquine replongea dans ses pensées, toutes la renvoyant vers cette petite phrase gravée dans le bois. Le sort e lui-même devant être assez puissant pour avoir marqué le bois, car les tables étaient normalement ensorcelées pour qu'aucune inscription ne reste, notamment pour éviter les tricheries. Pourquoi cet élève avait-il marqué ça ? Etait-ce une fille ou un garçon ? Pendant un instant de folie, Lily avait imaginé que ce soit James qui l'ait écrit, mais l'écriture n'était pas la même. Les différentes voix autour d'elle la ramenèrent trop vite à la réalité, et elle préféra s'éclipser dans son dortoir pour pouvoir penser tranquillement. Elle prétendit une envie de s'allonger auprès des filles et monta lentement les escaliers, puis ouvrit la porte. Lily s'affala ensuite de tout son long sur son matelas, ne prenant même pas la peine d'ôter ses chaussures et resta des minutes, des heures peut-être, sans bouger. Au moment où elle crut s'endormir, la porte s'ouvrit doucement, et le grincement la tira de son presque sommeil.

- Je ne te dérange pas, j'espère. Je suis venue flâner…

- Non non pas du tout ! s'écria Lily.

Alice résista à l'envie de lui demander ce qui n'allait pas, et elle se contenta de s'asseoir sur son propre lit en gardant les yeux fixés sur son amie. Lily sentait bien le regard pesant de la jeune fille et même en se tournant de l'autre côté, elle avait la désagréable impression d'être sondée.

- Bon d'accord, capitula la rouquine. Qu'est-ce que tu me veux ?

- Tu es bizarre depuis ce matin, tout le temps ailleurs. Ca te ressemble pas. Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Je sais pas vraiment, Lice… Je ne sais même pas du tout. J'ai lu une toute petite phrase, et elle me perturbe.

- Tu veux parler de ce mot-là ? Mais non ne t'inquiètes pas, je suis sûre que Slughorn n'a pas la dragoncelle, on raconte qu'il a juste essayé une nouvelle potion contre les insomnies, et le teint verdâtre n'est qu'un effet secondaire !

- Ce que tu peux être lourde des fois… Non, j'ai vu une phrase gravée dans une table en métamorphose. Et ça peut paraître bête mais…

Lily marqua une pause puis décida de tout raconter à Alice, qui après tout était digne de confiance même si pas très futée par moments.

- S'il te plaît, aucune remarque sarcastiques. C'était écrit « est-ce que tu m'aimes ? ».

- Tu ne vas pas me dire que…

- Je n'en sais rien ! C'est bien ça le problème. Ca m'est tombé dessus comme ça, à cause d'une petite phrase. Et c'est ça qui me perturbe. Ca fait 7 ans que… et d'un coup, tout ça changerait ?

- Pas d'un coup, Lily. Je n'ai rien dit parce que tu m'aurais transformé en trollesse, mais je vois bien que depuis quelques mois, tu te rapproches de plus en plus de lui, alors que tu prétendais le détester. Et même malgré ton mauvais caractère, tu acceptais toujours de passer du temps seule avec lui. Je pense que ça n'est qu'une prise de conscience un peu tardive…

Lily releva la tête vers Alice et sourit. Alice avait toujours eu un certain don pour prendre les choses avec un certain détachement.

- Je… J'ai peur, Alice… De tout gâcher, notre amitié…

- Lilou, une fois ma meilleure amie m'a dit quelque chose qui ressemblait à ça : soit tu tentes ta chance et tu prends le risque d'être heureuse des mois, des années ou toute la vie, soit tu ne fais rien et tu le regretteras toujours.

Cela faisait un sacré bout de temps qu'Alice n'avait pas appelé Lily par ce surnom, et cela lui rappelait les premières années de leur amitié. La rouquine ne put répondre à son amie, mais elle lui lança un regard reconnaissant et elles partagèrent les deux derniers chocogrenouilles de Gabrielle.

- Je te l'ai jamais vraiment demandé, Lice, mais comment tu as su que tu étais amoureuse de Frank ?

- Je ne saurais pas vraiment te le dire, j'ai l'impression que c'est depuis toujours… Ca s'est imposé comme une évidence. Enfin, j'ai failli tout foutre en l'air quand mes parents sont…

La jeune fille ne put finir sa phrase.

- Tout ce que je peux te conseiller, conclut Alice, c'est d'essayer ! Vaut mieux avoir des remords que des regrets, non ? Ou alors c'est l'inverse…

- Paysanne ! plaisanta Lily en la voyant sortir.

Lily resta encore un moment seule sur son lit, puis voyant que le soleil briller encore un peu, décida d'aller voir cette fameuse partie. Gabrielle se joignit à elle et les deux filles descendirent lentement (flemme oblige) et arrivèrent dehors quelques minutes plus tard. Lily regretta aussitôt de ne pas avoir pris son écharpe, mais elle n'avait pas du tout le courage de remonter. Elle se réchauffa un peu à l'aide de sa baguette et suivit son amie vers les gradins. Plusieurs élèves y étaient déjà assis et regardaient la partie en cours, qui tournait plus à la rigolade. Une vingtaine de joueurs étaient présents sur le terrain et il ne semblait pas y avoir d'attrapeur.

- Ils ont l'air de bien s'amuser au moins ! s'exclama Lily.

- Mouais… Sirius joue un peu comme un pied… Regard, Andrews vient de lui prendre le souaffle, dit Gabrielle en pointant du doigt un élève de deuxième année de Serdaigle.

- En même temps, Andrews est capable de prendre le souaffle à James, il est vraiment très doué ce petit… Presque autant que James en fait !

- Frank est assez bon gardien, en tout cas. Mais il a l'air amoché, tu ne trouves pas ?

Lily acquiesça en voyant le mince filet de sang qui coulait du nez de Frank et les deux filles rejoignirent un groupe d'élèves de 6ème année de leur maison pour discuter de Quidditch. Malgré les nettes préférences envers les joueurs de Gryffondor, tous s'accordaient à dire qu'Andrews était indéniablement doué souaffle en main.

- Tiens, ça fait plaisir de te voir Lily !

Lily tourna la tête et sourit en voyant James s'approcher d'elle en volant. Ses cheveux étaient encore plus décoiffés qu'à l'ordinaire, résultat de plusieurs heures de vol.

- Tu as l'air de t'amuser, dis-moi ! lança Lily, se détournant de la conversation d'avec ses camarades de Gryffondor.

- Oui, presque autant que pendant un match ! Bon c'est un peu du n'importe quoi, mais on s'amuse bien…

- Je vois ça, s'amusa-t-elle en voyant une robe rouge prendre feu suite aux assauts d'un bleu.

- Tu veux venir ? Il reste des balais et tu peux en emprunter à d'autres élèves.

- Non merci, voler c'est pas trop mon truc… Encore moins le Quidditch, concéda-t-elle.

- Lily, juste une fois, tu pourrais faire un effort… En plus, t'es pas obligée de jouer au Quidditch !

Lily refusa une nouvelle fois, et James abdiqua, sachant qu'il n'arriverait pas à la faire changer d'avis. Le garçon se contenta donc de s'asseoir à côté d'elle dans les gradins et participa avec animation à la discussion des filles de Gryffondor. Gabrielle ne cessait de jeter des coups d'œil furtifs à Sirius qui ne daignait la regardait, trop occupé à s'emparer à tout prix du souaffle. Puis, la rouquine se souvenant d'un détail qui l'avait interpellé la veille, décida d'en parler à James.

- Au fait, James… Hier, j'ai vu Peter parler avec Mucilber…

- Quoi ? Tu rigoles ? s'exclama le garçon.

- Non… Il avait l'air assez effrayé, et je me doutais qu'il n'allait pas oser vous en parler, poursuivit Lily en baissant la voix.

- …

- Je ne veux pas me lancer dans des conclusions hâtives, mais ça m'étonnerait à moitié que ce serpent fasse du chantage à Peter.

- Le sale…

- James, la coupa-t-elle. On en reparlera après si tu veux.

Lily avait préféré mettre un terme à la conversation, remarquant que certaines filles avaient tourné la tête vers eux. La jeune fille essaya de faire rire James en lui racontant des blagues Alicienne, qui ne font pas rire, pour le calmer un peu et l'accompagna aux vestiaires. La pièce en question était ovale, aux couleurs chaleureuses et à la décoration évoquant plus que largement le Quidditch. Un pan de mur était réservé aux vainqueurs de la coupe à Poudlard et parmi les photos récentes se trouvait celle de James et son équipe, l'air plus heureux que jamais. La personne la plus rayonnante n'était même pas l'un des joueurs mais le professeur McGonagall, qui tenait la coupe et souriait à tout le monde.

- Tu vois cette photo, lança subitement James en pointant l'image de leur victoire.

- Oui…

- C'est l'un des plus beaux jours de ma vie. Pas parce que j'ai gagné, parce qu'on s'est tous donnés à fond pour le dernier match de Liz et David, dit-il en pointant le doigt sur 2 anciens élèves. On n'était pas une équipe qui voulait gagner, juste une bande d'amis qui voulait rendre ce match inoubliable.

- Pourquoi tu…

- Et Liz m'a donné le vif d'or qu'elle avait attrapé, en me disant qu'elle espérait que je succède à David en tant que capitaine.

Sur ces mots, James sortit le vif d'or qu'il traînait souvent avec lui, notamment lors de cette fameuse journée près du lac lors de leur cinquième année.

- Ca m'est revenu en tête en voyant cette photo, je sais pas pourquoi je t'en parle.

Lily garda le silence, attendrie par cette anecdote. Puis, elle s'approcha du cadre et effleura l'image du bout des doigts. Peter leur était sorti de la tête momentanément.

- Ce jour-là, continua James voyant que Lily ne parlait pas, j'aurais bien…j'aurais bien aimé te prendre dans mes bras, hésita-t-il, surpris de sa propre audace.

- A l'époque, je t'aurais certainement tué, rigola la rouquine.

- Oui sans doute, et même encore maintenant, je n'avouerais jamais qu'en plus d'avoir eu envie de t'enlacer, j'avais aussi eu envie de t'embrasser, se risqua-t-il.

- Je t'aurais certainement repoussé, répondit-elle d'un ton plus sérieux. Certainement…

Lily était persuadée de ne pas avoir bougé d'un pouce, pourtant elle se trouvait maintenant près de James, face à lui. Lui par contre était toujours au même endroit.

- Tu as bougé, Lily.

- Non, c'est la pièce qui tourne…

- Non, tu as bougé.

Lily était troublée par la proximité. Elle levait légèrement les yeux pour contempler ceux de James et les lointains éclats de voix provenant du terrain disparurent complètement. Elle se sentait totalement déconnectée de la réalité. James, quant à lui, n'écouta que son inconscient qui lui criait de faire ce qu'il aurait dû faire le jour du match. Il ferma les yeux et rapprocha son visage jusqu'à sentir les lèvres de Lily contre les siennes et sentit son cœur s'emballer. La jeune fille fut un peu surprise de l'audace du garçon même si elle n'attendait que ça au fond d'elle, et se surprit à enlacer les mains de James et de se coller un peu plus à lui. Puis ils approfondirent ce baiser, et leurs mains se détachèrent pour s'enlacer et tenter de se rapprocher davantage Lily fit parcourir sa main droit dans la chevelure ébouriffée du garçon et lui-même joua avec quelques mèches de son amie. Cela ne dura que quelques secondes et fut très bref, mais les deux Gryffondor se sentaient flotter, et ils se souriaient à présent timidement. James avait eu l'impression de voler, et n'avait plus envie de redescendre de son petit nuage.

- Désolé, s'excusa-t-il en souriant bêtement, c'était…

- C'était bien, James. Enfin je veux dire c'était rien…

- Si, je n'aurais pas dû, c'était pas très…

- Romantique ? dit-elle en baissant les yeux, rouge de honte.

- Oui…

- Je m'en fiche, pour moi ça l'était.

James reprit son souffle et plongea la main dans sa poche pour y serrer nerveusement le vif d'or.

- Je n'aime pas trop cette phrase, mais… Enfin tu as tellement hurlé quand je te l'ai demandé que…

- Oui, James.

- Oui quoi ? Oui à quelle question ? Oui à ce que je pense ? demanda-t-il sans vraiment comprendre.

- Oui, j'aimerais bien… Mais je n'ai pas l'habitude de… Enfin d'être…

- Tu bégayes, se moqua-t-il gentiment.

- Si tu rigoles encore une fois, je te tue…

- Essaye pour voir ! Alors, est-ce que tu…

Lily paniqua intérieurement, se posant mille et une questions. Elle n'avait jamais eu de relation sérieuse si l'on excepte Théo, son premier petit copain avec qui elle était restée 3 ans, de sa première année de maternelle jusqu'à son entrée au CP. Cependant, une partie d'elle répondit à sa place, comme un automatisme.

- Oui, James, je veux bien…avec toi. Je veux bien être avec toi…