Chapitre 6 :
Famille
Harry sentit les différents sorts qui l'emprisonnaient lâcher un à un sous le pouvoir de Nikolaï. Et à chaque fois que l'un d'entre eux cédait, il sentait un poids s'envoler, une chaîne se briser et s'évaporer. Il se sentait plus léger, mieux, plus calme et plus serein. Lorsque le dernier disparût et que sa magie déferla en lui comme si l'on venait de démolir un barrage retenant des tonnes d'eau, il se sentit bien, merveilleusement bien. Un sentiment de joie pure l'envahit et il eut l'impression de retrouver une amie depuis trop longtemps éloignée. Elle glissa dans chaque parcelle de son corps, l'inondant d'une énergie à la fois douce et sauvage. Il sentit la liberté revenir au galop avec un sentiment d'euphorie bienfaitrice. Enfin en paix et libéré, il s'endormit, bercé par la pulsion régulière de sa magie ranimée.
Étrangement, il se surprit à se retrouver dans la Chambre des Secrets à Poudlard. Il était debout et faisait face à l'ouverture par laquelle était arrivé le basilic la première fois qu'il était venu. Il regarda autour de lui avec curiosité. Bizarrement, il n'avait pas peur et il n'était pas confus. Il savait qu'il n'était pas physiquement présent à Poudlard, il savait que ce n'était pas un rêve et il n'était même pas étonné d'être là sans savoir pourquoi. Le basilic n'était plus là et il était seul. Il fit un tour sur lui-même pour regarder derrière lui et lorsqu'il reprit sa position initiale, un homme était apparu devant lui. Il eut un sursaut de surprise et recula d'un pas. L'homme en face de lui souriait doucement. Son visage était amical et empli de sagesse. Grand, il avait des cheveux d'argents tombant raides jusque sous ses omoplates. Il avait des yeux d'un magnifique vert. Carré d'épaule, sa silhouette était pourtant cachée par les longues robes de sorciers vertes et argents qu'il portait. Les vêtements étaient luxueux mais pas extravagants. L'adolescent avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part.
- Je suis heureux de pouvoir enfin vous parler mon prince, annonça l'homme de sa voix grave et calme.
- Prince ? Interrogea Harry perplexe et confus.
L'étranger acquiesça d'un signe de tête et d'un sourire.
- Qui êtes-vous ? Demanda l'enfant.
- Je suis Salazar Serpentard mon prince, se présenta-t-il en s'inclinant.
- L'un des quatre Fondateur de Poudlard ?! S'étonna-t-il.
- Exact, mais j'ai aussi été l'un des apprentis de Merlin, précisa-t-il.
- Mais comment vous... ? Bégaya le jeune homme de plus en plus perdu.
- Comment se fait-il que je puisse vous parler ? Et bien, premièrement, vous êtes en train de dormir mais ceci n'est pas un rêve pour autant. Je me sers du brassard que je vous avais donné pour vous parler.
- Le brassard ?
L'homme pointa son bras gauche et l'adolescent y baissa les yeux pour voir le serpent d'argent aux yeux d'émeraudes qu'il portait. Et là Harry se souvint : C'était juste après qu'il ait vaincu le basilic et détruit le journal à la fin de l'année précédente. Fumseck venait de soigner son bras et il était agenouillé non loin d'Abel et Ginny, tout deux inconscients. Son frère s'était évanoui à peine une seconde après que Tom Jedusor se soit révélé comme étant Voldemort. Il était fatigué à ce moment. Il avait regardé autour de lui et avait vu cet homme aux cheveux d'argents qui lui souriait. Celui-ci avait pris la parole :
- Mon prince, cela faisait longtemps que nous vous attendions.
Épuisé, Harry n'avait pu que le regarder bêtement, sans comprendre. L'homme s'était mis alors à rayonner et il s'était transformé en serpent d'argent, ses yeux d'émeraudes brillaient. Il avait rampé jusqu'au brun et il s'était glissé autour de son bras, s'immobilisant en prenant la consistance du métal.
- Je ne peux vous parler plus longtemps mon prince, avait dit la voix de l'homme, mais je viendrais de nouveau vers vous lorsque cela sera possible.
Les yeux d'émeraudes s'étaient alors éteint et le bijoux avait disparu. Harry s'était évanouis et depuis il avait cru avoir rêvé ce moment.
- Je me souviens maintenant, dit-il en reportant son regard sur Salazar.
- Je n'ai pas pu vous parler depuis mais maintenant que votre magie a été libérée, j'ai une ouverture, expliqua l'homme.
- Pourquoi voulez vous me parler ?
- J'ai des choses à vous révéler. Savez vous ce que vous êtes ?
- Un sorciers et un Myrdiaël, dit-il avec une hésitation.
- Oui. Les Myrdiaël sont un très ancien peuple issus de la magie elle-même. Et nous en sommes très proche. J'en suis un moi aussi. Notre peuple est une communauté soudée mais sans chef précis, les décisions se prennent avec l'avis de tous. Cependant, il y a de nombreuses années de cela, dans une époque de trouble, la magie a désigné un chef pour nous, un prince. À mon époque, il s'agissait de Merlin, grand mage et premier de nos princes. Il a dirigé notre peuple et a combattu les catastrophes qui s'abattaient sur le monde à cette époque. Moi et les trois autres Fondateurs, sommes devenus ses apprentis afin de l'aider et plus tard, nous avons fondé Poudlard pour enseigner aux jeunes sorciers. Le calme était revenu alors. Godric, Rowena, Helga et moi avons toutefois décidé de faire en sorte de rester en ce monde dans le but d'aider le prochain de nos princes et notre peuple si le besoin s'en faisait sentir. Depuis Merlin, il n'y a plus eu de chef pour nous, jusqu'à aujourd'hui, dit-il avec un sourire.
- Je ne comprend pas, répondit Harry perdu.
- Vous êtes le descendant de Merlin et le Prince des Myrdiaël, annonça-t-il. Vous êtes le second à apparaître depuis mon maître.
- Vous devez vous tromper, protesta l'adolescent.
- Je ne me trompe pas. Vous avez ouvert ma chambre et vous m'avez réveillé, vous étiez le seul à pouvoir le faire. Et cela se sent dans votre magie, expliqua-t-il patiemment.
- Mais...
- Ne vous en faîtes pas, dit-il en s'approchant doucement.
Salazard s'abaissa devant lui pour être à sa hauteur et lui adressa un sourire rassurant.
- Qu'est-ce que ça veut dire pour moi ? Demanda-t-il un peu inquiet.
- Ça veut dire que vous êtes très puissant et que vous pouvez réclamer les commandes du peuple le plus proche de la magie. Si vous êtes apparu, c'est parce que le monde est en proie au mal. La magie vous a appelé en tant que représentant pour elle.
- Qu'est-ce que ça veux dire ?
- Ça veut dire que la magie elle même veut intervenir dans les événements présents et qu'elle vous a mis au monde pour cela.
- Mis au monde !?
- Oui. Même si vous êtes né d'une sorcière normale vous ne possédez rien d'elle. Elle n'a été qu'un intermédiaire. La magie est votre véritable mère. Elle vous a transmis sa force, mais aussi celle de Merlin et celles des Quatre Fondateurs dont vous possédez quelques gênes, expliqua l'homme.
Il garda ensuite le silence un moment, le temps que l'adolescent assimile ce qu'il venait de lui dire, puis il reprit :
- Vous êtes le prince des Myrdiaël et par ce titre vous êtes le dirigeant de notre peuple mais les anciennes lois magiques disent aussi que vous avez du poids dans la politique du monde magique encore aujourd'hui. Et ce, même si nous avons dû nous faire oublier des autres ces derniers siècles. Vous êtes quelqu'un d'important et de très puissant, dit-il.
- Mais je ne suis pas un dirigeant ! Je n'y connais rien et je ne suis même pas un sorcier correct, dit-il très rapidement.
- Calmez-vous, rassura doucement le Fondateur. On ne vous demande pas d'être parfait et personne ne vous forcera à accepter ce rôle si vous n'en voulez pas. Si vous ne voulez pas de votre couronne vous n'avez qu'à la laisser, l'abandonner. On ne peut obliger quelqu'un à endosser un tel poids. En tout cas, c'est ainsi que notre peuple voit les choses. Et puis, on ne vous demande pas non plus d'être parfait en une seconde. Vous êtes encore jeune et vous avez encore le temps d'apprendre, c'est pour cette raison que je suis là.
L'adolescent le regarda d'un air interrogatif et il poursuivit :
- Il existe quatre reliques comme mon brassard que vous portez. Une par fondateur. Et comme j'ai la Chambre des Secrets, les autres ont aussi une pièce chacun, cachée dans le château. Dans chacune d'entre elle, vous pourrez rencontrer son bâtisseur et acquérir sa relique. Nous sommes tous restés pour pouvoir vous soutenir et vous enseigner si vous en aviez besoin. Et tout les Myrdiaël seront également là pour vous apprendre ce que vous ne savez pas. Ils seront une famille pour vous, ils vous soutiendront, vous conseilleront, vous protégeront. Si vous acceptez le rôle que la magie veut vous confier, vous ne serez pas tout seul. L'unité est la force de notre race.
- Mais je ne serais jamais capable de tenir un tel poste, remarqua l'enfant.
- Vous en serez capable si vous le décidez. Personne d'autre que vous ne peut tracer votre chemin. La magie ne vous a pas confié ce pouvoir au hasard. Et personnellement, je suis tout à fait sûr que vous serez un bon prince pour nous. J'ai vu votre vie à travers le brassard et je suis sûr que vous en êtes tout à fait capable.
- Vraiment ?
- Vous êtes bien plus fort que ce que vous ne le pensez. Apprenez à connaître votre peuple, apprenez à vous connaître et à connaître votre force. Vous prendrez une décision ensuite. Et si vous voulez, lorsque vous reviendrez à Poudlard, moi et mes trois quo-disciples, nous vous enseignerons tout ce qui vous fait défaut.
- Je ne peux pas le faire en dehors de Poudlard ? Demanda-t-il.
- C'est impossible. Si je peux vous parler en ce moment c'est grâce à la libération de votre magie. Une fois cette discussion terminée, il faudra que vous reveniez dans la Chambre des Secrets pour me voir. Je sais que vous ne voulez pas revenir au château tout de suite, dit-il en lui prenant délicatement la main. Je le comprend et je l'approuve. Vous devez d'abord vous reconstruire et goûter à la vie heureuse qui vous a fait cruellement défaut jusqu'ici. Vous le méritez. Mais lorsque vous serez prêt, revenez ici. Ce château est le vôtre. Il appartenait à Merlin en son temps et aujourd'hui vous en êtes le maître légitime et personne ne peut vous contester ce droit. Si vous revenez maintenant que vous êtes débarrassé de vos chaînes, l'âme du château se réveillera. Même si les directeurs de l'école ont un pacte magique avec Poudlard, afin de protéger les élèves, il s'annule en votre présence, vous êtes le véritable maître de cet endroit. C'est votre château, pas celui de Dumbledore quoi qu'il en dise. D'ailleurs, dés qu'un Myrdiaël met les pieds ici, les oreilles de notre peuple peuvent entendre le chant de bienvenu de Poudlard qui sent leur présence.
Il garda le silence un moment, attendant patiemment que le jeune homme enregistre ce qu'il venait d'apprendre et réfléchisse un peu. Finalement, l'enfant reprit la parole :
- Je vais y réfléchir, dit-il. J'ai un peu de mal à penser correctement pour le moment.
- Je comprend et c'est très bien ainsi. Prenez votre temps. Vous êtes en sécurité dans la famille où vous vous trouvez en ce moment. Tout le peuple prendra soin de vous quoi que vous décidiez, cela n'aura pas d'incidence sur leur façon de vous voir. Je peux vous l'assurer. J'espère juste vous revoir le plus rapidement possible, souhaita Salazar. Et n'oubliez pas que vous n'êtes plus seul désormais, dit-il en se relevant. Je vais devoir m'en aller à présent. Sachez que ceux qui étaient présents lors de la levée des sorts ont du comprendre qui vous étiez, votre couronne est apparue quelque secondes.
- Je reviendrais vous voir un jour même si je ne sais pas quand, promit l'adolescent. Merci de m'avoir expliqué tout cela.
- Ce n'est rien mon prince. J'ai dormi entre ses pierres dans l'attente de vous voir et je suis très heureux que cela eut été possible. Au revoir, termina-t-il alors qu'il commençait à s'effacer avec le décor autour de lui.
- Au revoir, salua le jeune garçon.
Une fois les sorts retirés et alors que tous se remettaient du choc provoqué par ce qu'ils venaient de voir, Katia s'activa. Faisant fit des mines ébahies, elle demanda à tout le monde de sortir pour qu'elle puisse travailler en paix. Personne ne protesta et la chambre fut rapidement vidée. Elle se mit alors au travail, un immense sourire aux lèvres. Elle constata rapidement que le niveau de magie de l'adolescent était remonté en flèche et elle en sautilla presque de joie. Elle sortit sa baguette et amena les potions dont elle aurait besoin.
Elle était vraiment soulagée de pouvoir enfin soigner son jeune patient correctement. Elle s'était attachée à lui. Elle commença par ressouder ses os sous le regard attentif des deux familiers assis de l'autre côté du lit. Elle s'appliqua ensuite à soigner son épaule luxée, puis les lésions musculaires et internes. Elle s'occupa ensuite de toutes les petites écorchures, hématomes et brûlures dont certaines laissèrent quelques petites cicatrices parsemant le corps à la peau pâle. Une fois tout cela fait, elle s'attaqua aux blessures de ses avants bras, de son dos et de son visage mais elle ne put effacer les longues cicatrices qui l'écorchaient. Elle soigna aussi sa voix. Elle décida ensuite de le laver avec l'aide de sa magie.
Après une hésitation, elle remit des bandages sur ses avant bras et son visage. Cela n'était plus utile mais elle savait que le jeune homme n'aimait pas voir ses blessures et encore moins les montrer, donc elle les dissimula. Elle lui fit ensuite avaler plusieurs potions destinées à l'aider à se remettre plus vite, renforcer son corps, réduire ses carences... Elle en profita aussi pour vérifier sa vue et fut surprise de constater que sa vision était désormais parfaite pour l'oeil qui lui restait. Lorsqu'elle eut terminé, elle lui mit un pyjama de soie noir, le couvrit, ferma les rideaux et quitta la pièce, le laissant aux bons soins de ses familiers. Méli s'était blotti dans son cou qui était devenu sa cachette préférée. Feiwan était enroulée sur les oreillers, sa tête posée sur celle de son maître. Naël était allongé le long du lit et avait posé son immense tête sur le matelas, son nez effleurant la main de l'adolescent.
Une fois sortis de la chambre, les Malfoy, Nikolaï et les deux professeurs étaient descendus s'installer au salon dans un silence étonné. Le russe avait un sourire au visage et les yeux qui pétillaient. Narcissa souriait aussi et Draco semblait perdu dans ses réflexions. Quelques minutes passèrent et finalement, n'y tenant plus Minerva se redressa, s'assit sur le bord de son fauteuil et posant ses mains sur ses genoux elle se tourna vers Lucius :
- Qu'avez vous voulu dire par « prince » Lucius ? Demanda-t-elle.
Le blond se redressa à son tour, semblant sortir de ses pensées. Il la regarda, reconstituant un visage neutre, commençant ensuite :
- Les Myrdiaël sont un peuple né de la magie elle-même. C'est elle qui désigne qui fera parti du peuple. C'est pour cela que ce n'est pas un héritage de sang et que des membres de notre race peuvent naître de n'importe qu'elle famille. Nous sommes plus liés à la magie que n'importe qui d'autre, c'est aussi pour ça que notre magie est différente de celle des autres. Tous ça pour dire que nous n'avons pas vraiment de chef, dans notre communauté, tout le monde a son mot à dire et c'est un conseil commun qui prend les décisions pour notre peuple en prenant en compte l'avis de tous. Cependant, il arrive que la magie elle-même désigne un chef pour nous, un prince, expliqua-t-il.
- Et aujourd'hui, un nouveau prince est né pour nous, continua Nikolaï. La couronne qu'il portait en est la preuve formelle. Ma magie a fait un bond lorsque je l'ai vu. Ce n'était pas arrivé depuis des siècles, à tel point que nous ne pensions pas avoir de nouveau un prince un jour.
- Il y en a eu beaucoup ? Demanda Snape visiblement intéressé.
- Non, il n'y en a eu qu'un seul avant lui, renseigna Narcissa.
- Et ce prince n'était autre que Merlin lui même, annonça Lucius provoquant un bug des deux professeurs.
- Il y en a pas eu d'autre depuis, reprit le russe. C'est un véritable miracle pour nous. Et dire qu'on a failli le perdre avant même de l'avoir trouvé.
- Qu'est-ce que ça veut dire pour Harry ? Demanda Minerva.
- Il faut savoir qu'un prince Myrdiaël est un représentant de la magie elle-même, commença Nikolaï. S'il est apparu, c'est parce qu'elle n'est pas contente, si on peut dire ça comme ça. Elle envoie un ambassadeur pour rétablir les choses.
- Elle ? La magie ? Demanda Severus.
- Oui, répondit Lucius. Il faut savoir que contrairement à ce que tout le monde pense, la magie a un esprit, une conscience. Elle s'abstient juste de nous le faire savoir et reste neutre. Mais elle a tout de même donné naissance aux Myrdiaël et nous nous sommes toujours efforcés de garder un œil sur le monde magique en restant cependant neutre nous aussi. Mais si un prince est apparu c'est à cause des troubles qui pèsent sur nous en ce moment.
- Le Seigneur des Ténèbres ? Demanda Minerva.
- Oui, mais c'est trop peu pour faire apparaître un prince Myrdiaël, répondit le russe, il doit y avoir autre chose. Et la magie nous envoie son fils pour faire entendre sa voix, dit-il d'un air rêveur visiblement ravi.
- Trop peu ! S'écria Minerva.
- Oui, trop peu, confirma Nikolaï. En son temps, Merlin a affronté bien pire.
- Bref, cet enfant est notre prince et donc notre chef s'il le désire, dit Lucius.
- S'il le désire ? Demanda Severus intrigué.
- Personne ne l'obligera à devenir notre prince s'il ne le veut pas. Même si c'est le but de sa naissance, ce n'est pas une chose que l'on peut imposer à quelqu'un, expliqua Lucius.
C'est alors que Katia pénétra la pièce. Tout le monde se tourna vers elle et elle prit la parole :
- J'ai pu terminer de le guérir, il dort à présent. Je ne pense pas qu'il se réveille avant demain.
- Vous avez pu le guérir entièrement ? Demanda Minerva.
- Il gardera des cicatrices et même si j'ai fait tout ce que j'ai pu, son œil droit et définitivement perdu. Et je n'ai rien pu faire non plus pour améliorer l'état de ses jambes, expliqua-t-elle. Il va mettre du temps à pouvoir de nouveau marcher correctement.
- Je m'occupe de cela, intervint Nikolaï. Peu importe le temps que cela prendra.
- Il va vraiment avoir des problèmes pour marcher ? Demanda la professeur de métamorphose inquiète qui n'était pas encore au courant des séquelles de l'adolescent.
- Il va sûrement avoir besoin de plusieurs semaines juste pour remarcher, il va ensuite falloir qu'il renforce ses jambes. Il boitera peut-être mais ce n'est pas sûr. Ce qui l'est en revanche c'est qu'il va avoir besoin d'un appui, une canne pour s'aider sinon il ne pourra pas tenir debout pour une journée entière sans s'épuiser totalement. Et ça, ce sera certainement pour toute sa vie. Il avait de multiples fractures à chaque jambe et sa colonne vertébrale a été sévèrement touchée. Pour être honnête, la nuit de son arrivée, j'ai cru qu'il ne remarcherait pas.
- Par Merlin, comment les choses ont-elles pu aller si loin ? Murmura Minerva.
- Il y aura d'autres conséquences ? Demanda Severus avec une légère inquiétude que personne ne remarqua.
- À part son œil droit définitivement perdu, il restera toujours plus petit et frêle qu'il ne devrait l'être à cause du retard de croissance et de nombreuses cicatrices, répondit la médicomage. En tout cas, son niveau de magie est remonté en flèche, ça l'aidera à se remettre plus vite. Il devra encore se reposer demain et ensuite il pourra commencer la rééducation mais il faudra y aller en douceur.
- C'est compris, répondit Nikolaï.
- Lorsqu'il sera de nouveau en pleine forme je regarderais ses niveaux de magie normaux, comme ça si je dois de nouveau le soigner, je saurais à quoi m'en tenir, annonça Katia.
- Merci pour votre travail Katia, remercia Narcissa.
Celle-ci s'inclina légèrement avant de reprendre :
- Si vous n'avez plus besoin de moi, je vais y aller, dit-elle doucement. Je le laisse entre vos mains monsieur Kitaëv. Je reviendrais dans un semaine pour voir si tout va bien mais s'il y a la moindre chose appelez moi.
Lucius lui adressa un signe de tête et elle quitta le manoir. Draco se leva et se dirigea vers la porte, s'excusant auprès des adultes. Rapidement, il regagna la chambre de son ami. Entrant silencieusement, il soupira de soulagement et sourit en le trouvant enfin libre des attelles qui l'avaient immobilisé plusieurs semaines. Il s'approcha sous les regards de Naël et Feiwan et il remarqua aussi qu'il avait meilleure mine. Il l'observa un moment, s'attardant sur les désormais longs cheveux ébènes qui s'éparpillaient autour de lui. Il détailla sa nouvelle apparence, ses traits délicats qu'il pouvait deviner même à travers le bandage de son visage. Il le trouvait irrésistiblement beau. Il caressa sa joue d'un geste tendre. Après quelques minutes, il s'installa dans le fauteuil à côté du lit, bien décidé à veiller sur lui comme il le faisait depuis son arrivée. Il descendit cependant manger avec ses parents, le russe et les deux professeurs restés pour la soirée, puis il vint s'installer au côté de son ami pour la nuit.
Lorsqu'il ouvrit les yeux le lendemain, Harry dormait toujours à côté de lui. Il n'avait pas bougé. Draco constata alors que pour une fois, il n'avait pas eu de cauchemar pendant son sommeil. Étrangement, depuis qu'il dormait avec lui, sa vigilance était en éveil même lorsqu'il était endormi et il devait cela à sa préoccupation récurrente à calmer chaque mauvais rêve. Dés qu'Harry s'agitait un peu, il se réveillait, prêt à le rassurer si nécessaire. Il sortit doucement du lit et alla ouvrir les rideaux de l'une des fenêtres. Il l'ouvrit, jugeant que la pièce avait besoin d'air frais. Il s'accouda au rebord, regardant vers l'extérieur. Le soleil était déjà levé mais il n'était pas très tard. Il observa un moment les riches jardins autour du manoir, se réveillant tranquillement.
Il soupira en constatant qu'il s'agissait de son avant dernier jour de vacance. Lui qui d'habitude, était pressé de retourner à Poudlard pour revoir ses amis, avait maintenant envie de rester au manoir avec Harry qui lui n'en sortirait pas avant un moment. Ils avaient déjà convenu de s'écrire chaque semaine et Fennesis, l'aigle de Draco, leur servirait d'intermédiaire. Le blond s'inquiétait pour lui mais il savait que ses parents et Nikolaï veilleraient sur lui. C'était un sentiment étrange pour lui, l'inquiétude pour une personne autre que soi. Jamais il ne l'avait ressenti jusqu'ici. Entendant un petit gémissement, il retourna vers le lit et s'y assit. Harry papillonnait des yeux et semblait avoir du mal à se réveiller. Il attendit patiemment.
- Salut, dit-il lorsqu'il fut sûr qui avait repris ses esprits.
- Salut, répondit Harry en tournant la tête vers lui sa voix désormais redevenue normale et plus douce et chantante qu'auparavant, même ensorcelante.
- Comme te sens-tu ? Demanda ensuite le blond.
Après une courte réflexion, il répondit :
- Beaucoup mieux, dit-il. Je n'ai plus mal nul part, je me sens juste encore un peu engourdi.
- C'est bien.
Harry, leva doucement une main et la plaça devant son visage, semblant la trouver soudainement très intéressante. La reposant, il soupira bruyamment :
- Je peux enfin bouger. Ça fait du bien.
Draco se mit à sourire. Lui aurait eu bien du mal à rester immobile si longtemps. Harry s'appuya sur ses bras cotonneux pour se redresser et le blond s'empressa de l'aider un peu :
- Katia a dit que tu devais te reposer encore aujourd'hui au moins.
- Je me sens lourd.
- C'est normal. Ça ira mieux une fois que tu pourras te dégourdir un peu.
Harry leva une fois de plus ses mains devant lui et bougea un peu les bras. Les étirant devant lui, il fit apparaître les fins bandages qui les couvraient. Ramenant ses membres vers lui, il les découvrit un peu plus et passa ses doigts sur le tissus blanc. Il pouvait sentir les irrégularités des cicatrices qu'il cachait. Draco le regardait avec tristesse mais il ne fit aucune remarque. L'adolescent porta ensuite une main à son visage et effleura là aussi les bandes s'y trouvaient. Soudain, ses doigts se trouvèrent emmêlés dans ce qui se trouva être de long cheveux noirs. Il les regarda, surprit, puis il leva le regard vers son ami, l'interrogeant silencieusement.
- Il y a eu quelques changements. Nikolaï t'avait dit que ça pouvait arriver non ?
- Je ressemble à quoi maintenant ?
- Attend, je reviens.
Le blond se leva et quitta la pièce un instant pour revenir avec un miroir d'argent qu'il plaça devant Harry qui s'observa, étonné. Sur son visage, seul la couleur de son iris n'avait pas changé bien que maintenant, en regardant de très près, on pouvait voir de petites paillettes plus foncées s'y déplacer lentement, dansant. Il analysa ses nouveaux traits et resta très surpris devant la longueur de sa chevelure. Cependant, en regardant le miroir, son attention revenait immanquablement sur la partie droite de son visage. Katia lui avait déjà décrit les blessures qui s'y trouvaient mais il ne les avait pas encore vu. Il voulait savoir même s'il avait peur de ce qu'il verrait. Il chercha donc à enlever le pansement mais Draco l'arrêta :
- Tu veux vraiment voir tout de suite ? Demanda-t-il un peu anxieux.
- Oui Dray. Ça ne sert à rien d'attendre. Au moins je saurais à quoi m'en tenir.
- Bon, je vais t'aider, dit-il en détachant la bande.
Il l'enleva doucement, redoutant la réaction du garçon en face de lui. Il recula ses mains une fois sa tâche accomplie laissant Harry s'observer dans le miroir. Les blessures étaient maintenant cicatrisées et dessinaient quatre épaisses lignes blanches est irrégulières. Elles étaient assez larges et déchiraient complètement la moitié de son visage. Il passa ses doigts devenus tremblants sur les traces boursouflées. Il regarda ses cils et ses sourcils coupés par les balafres qui les traversaient. Il déglutit bruyamment et ouvrit doucement son œil encore clos. Il s'arrêta de respirer. Le globe oculaire était toujours là intact mais son iris et sa pupille étaient désormais blancs, vitreux, et dans le noir total. Il posa l'objet sur ses genoux, tremblant, et il baissa le visage, ses cheveux tombant devant lui et cachant son expression. Draco vit ses épaules tressauter très légèrement. Sans même réfléchir, il s'approcha et l'attira dans ses bras. Il se mit à caresser ses cheveux dans un geste instinctif alors que le visage de son vis-à-vis était enfoui contre sa poitrine. Il sentit bientôt deux mains s'accrocher à ses vêtements et il resserra son étreinte.
- Je suis un monstre, lâcha le jeune homme la voix brisée par un sanglot.
- Non, non, réfuta le blond en le serrant encore plus si c'était possible.
La détresse qu'il sentait dans sa voix lui brisait le cœur.
- Tu n'es pas un monstre. Sûrement pas.
- Si. Ils n'arrêtaient pas de me le dire et maintenant c'est écrit sur mon visage.
- Qui ça « ils » ? Demanda le blond.
- Abel, Lily et James. Toi aussi tu vas me trouver affreux maintenant, dit-il en pleurant alors que Draco commençait à sentir ses larmes percer le tissus sur sa poitrine.
- Ce n'est pas vrai, dit-il.
- Si. Ils l'ont toujours dit, que j'étais un monstre, un anormal, que je n'aurais jamais dû naître, que je ne devrais pas exister, que ce serait mieux pour tout le monde, expliqua-t-il très vite alors qu'il craquait totalement.
- Écoute-moi, calme-toi, je t'en prie, demanda Draco désemparé par les larmes brûlantes et le désespoir de sa voix. Tu n'es pas un monstre. Je t'interdis de penser une telle chose. Les monstres ce sont ceux qui t'ont fait ça. Ceux qui ont osé briser ta vie. Ceux qui t'ont pris ta liberté. Ce sont eux les monstres que l'on devrait enchaîner et abandonner dans le noir. Toi tu n'es pas un monstre, tu es un ange à qui on a arraché les ailes mais tu restes un ange. Ne penses pas une telle chose et peu importe les marques sur ton visage tu restes le même. Ça ne change pas ce que tu es et ça ne change pas mon opinion sur toi. Je ne te trouve pas affreux, jamais, dit-il avec conviction.
Harry ne répondit pas mais il se blottit un peu plus dans l'étreinte protectrice et douce du blond. Et il pleura, laissant sortir tout ce qu'il gardait sur le cœur dans ses larmes. Draco continua à caresser ses cheveux et se mit à murmurer de rassurantes paroles à son oreille. Naël, Feiwan et Méli observaient la scène. Lorsqu'il fut calmé, Draco l'éloigna un peu de lui en saisissant ses épaules. D'une main délicate, il lui releva le visage pour le regarder dans les yeux :
- Ne pense plus une telle chose. Nous tous ici, nous sommes très heureux de t'avoir avec nous et jamais nous ne penserons que tu es un monstre. Au contraire. Et ce ne sont pas ces cicatrices qui nous ferons changer d'avis, dit-il en passant la main sur les lignes blanches pour essuyer ses larmes sans aucune trace de dégoût dans le regard. Et je ne sais pas si tu le sais mais tu es un prince.
- Je sais. J'ai eu une sorte de vision quand je dormais, informa-t-il doucement. Est-ce que ça change quelque chose pour toi Dray ? Demanda l'adolescent anxieux.
- Ça ne change rien. Je te l'ai dit ce ne sont ni les apparences, ni les noms, ni les titres qui font de toi ce que tu es. Et moi, il n'y a que ça qui m'intéresse. Tu aurais pu être le dernier des inconnus de ce monde ou l'empereur de l'univers, c'est pareil pour moi et aussi pour mes parents et Nikolaï, Severus, Minerva et Katia aussi. Et ce sera pareil pour tout les Myrdiaël, nous sommes comme ça.
- Je n'aurais jamais cru entendre ça de toi avant d'arriver ici tu sais, remarqua Harry avec un petit sourire.
- Je sais. En dehors d'ici, j'aime bien tenir le rôle de l'aristocrate arrogant. Ça m'amuse beaucoup, rigola-t-il.
- Merci Dray, répondit-il avec un sourire sincère.
- De rien. Et si tu as envie de parler de quoi que ce soit, la porte est grande ouverte.
Il acquiesça en réponse et Draco remit en place le bandage sur son visage, faisant disparaître au passage les dernières traces de larmes de ses doigts frais.
- Bon, père et mère doivent être dans le jardin pour le petit déjeuner. Que dirais-tu de sortir un peu d'ici et d'aller les rejoindre ?
- Je ne sais pas si je vais pouvoir marcher, je sens à peine mes jambes, dit-il tristement.
Un grognement attira alors leur attention et ils tournèrent le regard vers Naël debout à côté du lit. Le félin désigna son dos où se trouvait Feiwan d'un signe de tête.
« Naël va vous porter jeune maître » Annonça le reptile de sa voix sifflante.
Harry sourit et tourna le visage vers Drago qui avait compris :
- Je vais te chercher des vêtements, dit-il en quittant la pièce rapidement.
- Il revint quelques minutes plus tard lui même déjà vêtus d'un jean bleu et d'une chemise grise.
- Ça va peut-être être un peu grand pour toi mais ne t'inquiètes pas, on t'achètera vite des vêtements à ta taille, expliqua le blond. Mais en attendant, ça devrait suffire.
Draco l'aida à s'asseoir au bord du lit et le laissa s'habiller tranquillement. Rapidement, le jeune homme se retrouva avec un jean noir à la coupe droite et une chemise blanche dont il laissa les premiers boutons ouverts sur son torse pâle. Les habits étaient en effet un peu grand mais cela allait encore. Lorsqu'il eut terminé, il appela Draco qui s'était accoudé à la fenêtre pour lui laisser un peu d'intimité. Celui-ci entreprit alors de lui brosser les cheveux qu'il tressa ensuite lâchement et attacha d'un lacet argenté. Harry l'en remercia, doutant qu'il y serait arrivé tout seul. Le blond l'aida ensuite à enfiler une paire de baskets sombres.
- On y va ? Demanda-t-il ensuite.
- On y va, répondit-il tout sourire heureux de pouvoir quitter un peu cette pièce.
Draco attrapa l'un de ses bras et le passa au dessus de ses épaules saisissant ensuite sa taille pour le soutenir. D'abord gêné, Harry fut ensuite très heureux que son ami l'aide. S'il n'avait pas été là, il se serait écroulé au sol. Ses jambes n'avaient plus aucune force et refusaient de le porter, il arrivait à peine à les bouger. Mais le blond le soutint fermement et il resta serré contre lui. Naël s'allongea près d'eux et Draco installa son ami sur l'énorme lion. Debout, le félin noir aux yeux verts devait faire un bon mètre trente. Il se releva et Harry sentit sa puissance. Étonnamment, c'était très confortable et le jeune homme se pencha un peu en avant, perdant ses mains dans l'abondante et longue crinière ébène, se mettant à grattouiller derrière les oreilles du lion qui ronronna bientôt de plaisir.
- Merci mon grand, dit-il à son attention.
Feiwan s'enroula lâchement autour du cou de Naël, disparaissant presque entièrement dans la toison et ne laissant visible que sa tête qui descendait sur le front du félin. Méli vint prendre sa place dans le cou de son maître qui le gratifia d'une caresse. Une fois bien installés, ils se mirent en route. Draco ne put s'empêcher de constater qu'Harry avait fier allure perché ainsi sur son lion qui avançait d'une démarche lente et élégante. Ils descendirent au rez de chaussé et l'adolescent aux cheveux sombres admira avec plaisir la magnifique décoration du manoir Malfoy, ayant bien du mal à croire qu'il allait vivre là. C'était bien plus majestueux et raffiné que le manoir des Potter. Draco l'emmena vers la terrasse où ses parents prenaient leur petit déjeuner les jours de beau temps comme aujourd'hui. Harry découvrit alors un jardin couvert de fleurs en tout genre, plein de couleurs et tous simplement magnifique. Lucius et Narcissa étaient là, assis à une petite table ronde, leur tournant le dos.
- Bonjour, salua Draco attirant leur attention.
Ils se tournèrent et sourirent en voyant Harry sur le dos de son lion. Il fallait aussi remarquer que le tableau était des plus élégant.
- Bonjour les garçons, répondit Narcissa en se levant.
Elle vint embrasser son fils et en fit de même avec Harry. Il adorait cette femme et les attentions qu'elle lui prodiguait sans cesse lui réchauffaient le cœur. Il commençait enfin à comprendre ce que c'était d'avoir une mère. La blonde regagna sa place au côté de son mari et porta délicatement une tasse de thé à ses fines lèvres.
- Bonjour, salua ensuite Lucius.
- Bonjour, répondit timidement l'adolescent.
- Est-ce que tu te sens mieux ? Demanda le chef de famille.
- Bien mieux merci. Je suis juste encore un peu engourdi.
- Tant mieux.
L'homme sortit sa baguette et fit apparaître un fauteuil supplémentaire près de la table autour de laquelle seul trois chaises étaient déjà présentes. Naël vint s'allonger à côté du siège et Draco aida Harry à s'y installer avant de s'asseoir sur la dernière chaise. La table en face des deux adolescents était garnie de divers aliments et boissons. Draco se servit copieusement, emplissant une tasse de café noir.
- Tu peux prendre ce que tu veux Harry, sers toi, le pria Narcissa avec un sourire.
Timidement, le jeune homme se servit alors une tasse d'un thé léger et attrapa un toast qu'il couvrit d'une fine couche de confiture. Tout au long de l'opération, il jeta de furtifs coup d'oeil vers les deux adultes attendant anxieusement une réprimande qui ne vint jamais. Il se détendit un peu et grignota lentement ce qu'il avait pris. Comme chaque jour, il n'avait pas vraiment faim, mais il savait que s'il ne mangeait rien Draco s'inquiéterait. Et le gêner était la dernière chose qu'il voulait alors il avala son toast, ressentant tout de même encore le profond inconfort de son corps qui lui donnait des nausées lorsqu'il se nourrissait.
Il observa discrètement la famille Malfoy. Ils mangeaient tranquillement, dans une ambiance calme, discutant joyeusement de leurs journées passées ou à venir. Le jeune homme aux cheveux sombres sourit doucement. C'était agréable et chaleureux de se retrouver là, assis autour d'une table, mangeant tous ensemble en profitant du soleil matinal. Il se sentait bien ici, au milieu d'un jardin paisible. Son attention fut attirée par quelque chose qui poussait doucement son bras. Il tourna le visage et vit Naël qui avait posé son imposante tête sur l'accoudoir de son fauteuil et qui le regardait. Avec un sourire, il se mit à lui caresser le museau aussi large que la longueur de sa main, provoquant un ronronnement puissant. La fourrure du lion noir était incroyablement douce et soyeuse. Le félin ferma les yeux, appréciant le câlin.
- Heureux de pouvoir enfin prendre l'air ? Demanda Lucius.
- Oui, ça fait du bien. Et vos jardins sont magnifiques, dit-il en jetant un regard autour de lui.
- C'est Narcissa qui les a entièrement conçu, informa le blond.
- C'est splendide, complimenta-t-il en regardant la femme.
- Merci, répondit-elle avec un sourire. J'adore les plantes et les fleurs.
- Harry, j'ai quelque chose à te dire, commença Lucius.
L'adolescent se tendit immédiatement, soudain anxieux.
- Hier, quand ta magie a été libérée. Nous avons découvert quelque chose sur toi, dit-il.
- Il sait père, renseigna Draco en comprenant de quoi il voulait parler. Il sait qu'il est notre prince.
Lucius tourna un regard étonné et interrogatif vers le jeune homme aux cheveux noirs qui expliqua :
- Quand je me suis endormi, j'ai eu une sorte de vision. On m'a expliqué rapidement, dit-il.
- C'est bien, répondit Lucius avec un sourire. T'a-t-on dit que tu avais le choix de prendre ce rôle ou non ?
- Oui, j'ai dit que je réfléchirais, annonça-t-il d'une petite voix mal à l'aise.
- On ne t'en demande pas plus, rassura l'homme. Continue juste à vivre comme tu en as envie.
Harry le releva le regard vers lui, rassuré et lui offrit un sourire.
- Si tu as des questions, n'hésite pas à les poser, reprit le chef de la famille Malfoy. Maintenant, que tu peux sortir de ton lit, je te montrerais la bibliothèque. Il y a de nombreux ouvrages qui devraient t'intéresser. Tu aimes lire si j'ai bien compris.
Cette fois ce fut un immense sourire qui traversa son visage, il était ravi :
- Oui beaucoup, merci. J'ai toujours voulu entrer dans une bibliothèque, s'extasia-t-il.
- Tu n'as jamais été dans une bibliothèque ? S'étonna Narcissa. Et à Poudlard ?
- Et bien..., commença l'adolescent hésitant.
Il baissa les yeux et se mordit la lèvre. Il avait envi de leur dire, il avait envi de déballer tout ce qu'il avait voulu crier sans jamais pouvoir le faire. Il avait l'impression que s'il le faisait, ça irait mieux et maintenant, il pouvait. Il n'y avait plus de sorts pour l'en empêcher mais il ne voulait pas embêter les Malfoy avec cela et...
- Tu sais, dit doucement Narcissa qui avait compris ses pensées, tu peux nous parler. Saches que nous sommes tous là pour t'écouter si tu as envie de nous raconter quoi que ce soit. N'hésites pas à nous dire ce que tu as envi.
Encouragé, Harry reprit alors bien qu'un peu hésitant :
- En fait, j'ai toujours aimer lire et apprendre mais Lily, James et Dumbledore avaient peur que je puisse apprendre la moindre chose qui pourrait nuire à Abel ou à eux même. Alors je n'ai que très rarement eu un livre entre les mains. Dans le contrat de promesses forcées, il y avait une règle qui m'interdisait de toucher à un livre qu'ils ne m'auraient pas eux-même donné et l'accès à la bibliothèque du manoir et de l'école m'étaient interdits, expliqua-t-il d'une petite voix sans oser lever les yeux.
- Ces gens sont vraiment des barbares, s'énerva Narcissa en colère.
- Je pense que notre bibliothèque te plaira, annonça Lucius. Elle est bien fournie et tu pourras y prendre n'importe quel livre.
- Merci beaucoup, répondit l'adolescent en leur adressant un regard empli de reconnaissance.
Tous lui sourirent en réponse, heureux de lui faire plaisir.
- Ne répond pas si tu n'en n'as pas envi, reprit Lucius, mais j'aimerais savoir : il y a beaucoup d'endroits où tu n'avais pas le droit d'aller à Poudlard ?
- Mes mouvements étaient limités à la grande salle, aux dortoirs des Gryffondor, les salles de cours et les bureaux des professeurs. Je n'avais pas le droit de sortir sauf sur ordre de James, Lily, Abel ou Albus. C'est pour ça que je n'ai jamais assisté aux cours de vols, les cours en extérieur ou les cours de soins aux créatures magiques, dit-il en regardant Draco. Je n'avais pas accès aux jardins non plus, expliqua-t-il avec un sourire triste.
- Je vois, murmura l'homme qui bouillait intérieurement en réalisant qu'au final il n'y avait pas beaucoup d'endroits auxquels il avait eu accès.
Méli se mit à gigoter un peu dans le cou du jeune homme, le chatouillant et lui tirant un sourire. Il le caressa rapidement et le petit animal se rendormit. Il posa ensuite sa main sur la tête de Naël restée sur l'accoudoir. Réfléchissant, il réalisa alors qu'il venait de parler librement pour la première fois de sa vie. Une immense bouffée de joie le parcourut. Alors c'était vraiment réel. Pas de douleur à l'horizon, rien. Juste la liberté. Se rendant compte enfin de ce que ça signifiait pour lui, il releva le visage et plongea son regard sur Lucius. Se sentant observé, celui-ci sortit de ses réflexions et dirigea ses yeux vers l'enfant. L'immense reconnaissance qu'il y trouva le surprit sur le moment. Mais il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que l'adolescent le fit :
- Merci, dit-il doucement. Merci de m'avoir sauvé. Sans vous je serais mort au fond de ces cachots. Merci de m'avoir rendu m'a liberté, continua-t-il avec une émotion palpable. C'est bien la première fois de ma vie que je parle librement. Merci de prendre soin de moi et...
Il continua ainsi alors que l'homme se levait avec un sourire. Il vint s'agenouiller devant lui pour être à sa hauteur et posa une main sur son épaule, la serrant doucement. Harry se tut et regarda celui qui l'avait sorti de son enfer. Lucius était devenu une image sécurisante pour lui, rassurante.
- Si j'avais su, je serais venu plus tôt. Je suis désolé que tu aies eu à subir tout cela. Personne ne devrait vivre ça, dit le blond.
- Mais vous êtes venus alors que je n'attendais plus que la mort, merci. J'ai une énorme dette envers vous.
- Si tu veux effacer cette dette, accepte juste d'entrer dans notre famille. Tu n'as pas besoin de nous remercier constamment. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à nous le demander. Et n'oublie pas que désormais, tu vas pouvoir faire ce que tu veux de ta vie alors si tu as envi de faire quelque chose, fais le, et demande notre aide si tu en as besoin. Profite de ta vie et de ta liberté, c'est le plus important. Et nous, dit-il en regardant sa femme et son fils, nous aimerions te montrer ce qu'est une véritable famille.
- Vous êtes déjà la seule et unique famille que j'ai jamais eu, avoua-t-il avec un splendide sourire reconnaissant.
Les trois Malfoy se sentirent tristes à ces mots et en même temps plus heureux que jamais en constatant qu'Harry les avaient déjà accepté et reconnu comme une famille pour lui.
À suivre...
Audragon
