DISCLAIMER :The Walking Dead, Daryl Dixon et les personnages (…) appartiendront toujours à leurs créateurs. « DAMAGED HEROES » appartiendra toujours à MonDieu666, (qui m'a donné son autorisation pour traduire sa fanfiction) ainsi que son scénario et la moindre des lignes qui vont suivre. Je ne suis qu'une humble traductrice.

NOTE DE TRADUCTRICE : Je n'ai pas eu le temps de répondre à toutes les reviews et je m'en excuse platement. Mais sachez que je vous remercie d'avoir pris le temps de poster une review et que j'ai pris grand plaisir à vous lire. You are amazing guys !

Trêve de bavardage, je vous laisse découvrir le chapitre 6, que j'aime beaucoup, personnellement.

BONNE LECTURE !


CHAPITRE 6

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Daryl était assis sur le bus retourné, observant la route terreuse devant lui. Il savait que fixer ce point ne forcerait pas Maggie, Glenn et Beth à rentrer plus vite, mais il restait sur ses gardes depuis près d'une heure.

Il se leva au bruit d'un moteur. Même de la prison, il pouvait voir la poussière s'élever dans leur sillage. Ils roulaient vite.

Daryl vit enfin apparaître la voiture dans le virage, et les roues arrière dérapèrent sur la terre à cause de la vitesse. Il sauta de l'autobus et courut à leur rencontre. Michonne décrochait déjà la chaîne.

La première personne qui sortit de la voiture était Maggie et elle avait l'air paniquée. Ses cheveux étaient emmêlés et ses yeux avaient une lueur un peu folle. Le cœur de Daryl s'arrêta.

— Beth… commença Maggie.

— Elle est vivante ?

Il se sentait vraiment mal en posant cette question.

— Il y avait trop de rôdeurs, commença Glenn.

— On a été séparés et elle a couru dans la forêt. J'ai besoin de ton aide, Daryl, plaida Maggie, il faut que tu retrouves ma petite sœur.

— Dis-moi exactement où tu l'as perdue de vue, cria-t-il en se dirigeant déjà vers sa moto.

— Je viens avec toi, répondit Maggie.

— Non !

Daryl avait paru agressif. En voyant le visage dévasté de Maggie, il ajouta avec un peu plus de douceur.

— Je vais plus vite tout seul. En plus, t'es trop bouleversée, tu seras pas efficace.

Daryl regarda Glenn et le jeune homme commença à débiter des instructions détaillées sur l'endroit où il l'avait vue pour la dernière fois. Ce n'était pas la première fois que Daryl était impressionné que Glenn garde autant son calme en cas d'urgence. Il était capable de se souvenir du moindre détail, de chaque détour qu'ils avaient pris.

— Si j'suis pas de retour demain après-midi, venez nous chercher !

Daryl avait crié, pour couvrir le bruit du moteur puissant de la moto.

— Demain après-midi ?

Maggie paraissait consternée. Il refusait de perdre du temps à bavarder. Si Beth était morte, il aurait son sang sur ses mains. Il l'avait encouragée à partir. Daryl poussa sa moto jusqu'à ses limites, traversant toutes les routes désertes.

Il trouva facilement l'hôpital et s'arrêta dans une rue tranquille, juste à côté. L'hôpital était cerné par les rôdeurs et il sentit son estomac se soulever. Il ne voulait pas commencer à déterminer les chances que Beth avait, seule dans la forêt.

Passant rapidement et discrètement, il longea le bois jusqu'à ce qu'il se trouve à l'arrière de l'hôpital. Beth était entrée par ici, donc il n'avait plus qu'à retrouver sa trace et la suivre.

Daryl remarqua de faibles empreintes. L'une d'elles étaient toujours plus profonde que l'autre. Beth favorisait son pied droit, ce qui voulait dire qu'elle était sans doute blessée. Daryl plissa les yeux. Il pouvait voir toutes les autres traces autour de Beth. Les rôdeurs la suivaient.

Il remonta rapidement la piste, mais avec une grande prudence. Daryl tomba ensuite sur le corps d'un rôdeur. Il sentit une vague de fierté l'envahir. Son crâne avait failli être coupé en deux. Beth n'était donc pas blessée au point de ne plus pouvoir se défendre.

Daryl trouva ensuite une piste plus facile et il se rendit compte qu'elle avait été faite délibérément. Il y avait des branches soigneusement cassées, des troncs qui portaient des sillons faite de la pointe d'un couteau, et bien sûr, des cadavres de rôdeurs qu'elle semblait laisser derrière elle comme des miettes de pain.

Plutôt malin, songea-t-il. Elle avait créé un chemin tout tracé pour qu'il puisse la suivre.

Encore quatre cadavres de rôdeurs et Daryl commença à s'inquiéter. Sa course devenait visiblement plus laborieuse à ses yeux. Il ne savait pas pendant combien de temps elle avait réussi à continuer.

Le soleil de l'après-midi devenait plus faible dans le ciel et bientôt, il ferait trop sombre pour qu'il puisse suivre sa trace. Daryl accéléra. Il ne voulait pas être dehors après le coucher du soleil. A ce rythme-là, il devrait trouver un endroit où passer la nuit.

Daryl entendit un gémissement et il commença à courir. Quand il la vit, il cria presque son nom, mais il ne savait pas combien de rôdeurs avaient envahi les bois. Il se contenta de murmurer, ne voulant pas la surprendre. Si Beth était encore pleine d'adrénaline, elle serait capable de lui planter un couteau dans le crâne avant même de comprendre ce qu'elle avait fait.

Elle se retourna lentement et Daryl resta un moment sans voix. Ses cheveux blonds avaient pris une teinte orange et sanglante. Ses bras étaient recouverts de sang jusqu'aux coudes, mais elle tenait encore son couteau dans la main droite.

Daryl s'approcha lentement, ne voulant pas l'effrayer. Les yeux de Beth étaient s'écarquillèrent en le voyant s'approcher d'elle.

— Maggie ? Glenn ?

— Ils vont bien. Ils m'ont dit où te trouver.

Dès qu'il fut assez proche, il tendit la main pour prendre son couteau. Il la parcourut entièrement du regard, à la recherche d'une seule trace de morsure qui aurait pu abîmer sa peau parfaite.

Daryl laissa tomber le couteau au sol et revint à son évaluation des dommages potentiels quand elle se jeta subitement sur lui. Pendant une seconde, Daryl pensa qu'elle avait perdu la tête et qu'elle l'attaquait.

Mais ses bras s'enroulèrent autour de son cou et elle pressa son corps contre le sien. Daryl réalisa que Beth l'étreignait très fort, avec un soulagement infini.

Ses mains cherchèrent maladroitement près de ses côtes, puis Daryl se décida à enrouler doucement ses bras autour de sa taille. Beth paraissait minuscule contre lui, son cœur battant sauvagement dans sa poitrine était même perceptible.

— Tu es venu, murmura Beth.

Son ton déclarait qu'elle n'avait pas douté de lui une seule seconde. Cette confiance en lui était si pure qu'il douta sérieusement qu'il ne la mérite, mais face à ses mots, il l'écrasa contre lui. Daryl prit conscience que son cœur battait plus vite que le sien. Il ne s'était pas laissé le temps de sentir pleinement la peur depuis que Maggie lui avait dit qu'ils avaient perdu Beth.

— Bien sûr que oui. Tu pouvais pas mourir et m'descendre en tant qu'enseignant, murmura-t-il contre son cou.

Beth grogna et s'éloigna :

— Oh, je t'ai mis du sang partout. Désolée.

Maintenant, Daryl secouait la tête. Après tout ce qu'elle avait vécu aujourd'hui, Beth ne s'inquiétait que du sang ?

— T'es dans un état merdique.

Daryl eut envie de retirer ce qu'il avait dit à la seconde où les mots étaient sortis de sa bouche. Il ne voulait pas que ça sonne de cette façon et cela lui donnait l'impression d'être un salaud lorsqu'il avait vu la lueur de mal être dans les yeux de Beth.

— On va trouver un endroit pour te remettre sur pieds.

— On ne rentre pas à la prison ?

— J'prendrai pas la route la nuit. J'suis garé près de quelques maisons. On peut trouver un endroit où passer la nuit.

Beth le regarda avec des yeux brillants.

— On rentrera en moto ?

— Bah… ouais.

Daryl était confus. Mais Beth lui répondit avec un sourire béat.

— Super ! Papa ne me laisserait jamais monter dessus normalement.

Daryl la dévisagea. Peut-être qu'elle s'était cogné la tête durant sa fuite.

— Content que ça t'plaise. Maintenant, faudrait qu'on bouge avant qu'on serve de dîner.

Il se baissa pour ramasser le couteau ensanglanté qu'il avait laissé tomber sur le sol.

— Tiens.

Il le nicha dans l'étui attaché à la ceinture de Beth. Ses doigts frôlèrent la peau de sa hanche quand il le remit à sa place. Beth laissa échapper un souffle et Daryl rougit. C'était une caresse des plus innocentes, mais Daryl sentait la honte et la nostalgie se battre à l'intérieur de lui.

Daryl repoussa toutes les pensées au sujet de la peau nue de Beth Greene. Il devait se concentrer sur les véritables problèmes et même s'il n'y aurait eu aucun problème à résoudre, il n'avait pas le droit de penser pouvoir toucher un seul endroit du corps de Beth.

Cela devint vite évident qu'il n'aurait bientôt plus le choix. Maintenant que toute l'adrénaline avait disparue, Beth pouvait à peine marcher. Daryl la regarda lutter pendant environ une demi-heure, non pas parce qu'il souhaitait être cruel, mais parce qu'il voulait retarder l'échéance.

Finalement, il ne parvint plus à supporter cette lenteur plus longtemps.

— Viens, lança-t-il d'un ton bourru.

Il la prit dans ses bras et Beth laissa échapper un petit soupir de surprise.

— Merci, osa-t-elle timidement.

— A ce rythme-là, on en aurait pour une année, grommela Daryl en essayer d'effacer toute émotion de son visage.

Il avait toujours su qu'elle était une fille vraiment menue, mais Beth paraissait encore bien plus légère dans ses bras. En la tenant aujourd'hui, Daryl songea qu'elle paraissait si fragile et que c'était vraiment stupide parce qu'elle venait de prouver à tous qu'elle pouvait gérer une situation dangereuse.

Ils trouvèrent une maison qui leur parut correcte et entrèrent par la porte arrière. Daryl fit une visite rapide de l'endroit pour s'assurer qu'il n'y avait rien de dangereux. Il laissa Beth seule pendant une minute pour aller chercher le kit de premiers secours qu'il gardait toujours dans un sac sur sa moto.

C'était une modeste maison de deux étages et au second pallier, il y avait une salle de bain et une chambre. Daryl poussa la porte de la chambre et essaya d'empêcher Beth d'entrer. La propriétaire de la maison était couchée là, morte. La décomposition avait commencé il y a bien longtemps et l'odeur était à peine supportable.

Daryl regarda Beth, mais elle ne semblait pas réagir autrement qu'en essayant de s'habituer à l'odeur. Gardant son arbalète à la main, il s'approcha du corps. Beth avait besoin de repos et d'éviter que sa cheville ne touche le sol et Daryl voulait éviter de lui dire de dormir dans la baignoire.

Quand il fut certain que ce n'était plus qu'un cadavre desséché qui s'était visiblement mis une balle dans la tête avant que le monde ne parte en couille, Daryl remis son arbalète en bandoulière sur son épaule. La femme ne paraissait pas si vieille et Daryl pouvait dire, grâce aux photos de mariage à côté du lit, qu'elle avait dû être jolie auparavant. Il épargna une pensée pour l'homme qu'elle avait épousé.

Daryl vit qu'elle s'était enroulé du papier autour des poignets et, curieux, il les déroula. Il se rendit compte qu'elle avait d'abord essayé de s'ouvrir les veines, avant de paniquer et d'arrêter l'hémorragie pour choisir une solution plus radicale. Le papier craquait sous ses doigts et avait pris une couleur brune.

Beth laissa alors échapper un son et Daryl se tourna vers elle. Elle s'était détournée du cadavre. Il se souvint alors de Beth lorsqu'ils étaient à la ferme et ce qu'elle avait tenté de faire. Il pouvait d'ailleurs la voir caresser du pouce la cicatrice sur son poignet.

Daryl reporta son attention sur le corps pour laisser Beth à sa vie privée. Elle ne voulait pas en parler et il ne la forcerait pas. Ses poumons étaient compressés à l'idée que Beth avait tenté de se tuer, maintenant qu'il la connaissait bien mieux.

Essayant d'être gentil, Daryl dépouilla rapidement le lit de tous les draps ainsi que du cadavre et déposa le tout dans le couloir. Il se sentait un peu coupable de se débarrasser de son corps de cette manière, mais l'odeur dissuaderait les rôdeurs de venir chercher quelque chose de vivant à l'étage.

Il referma la porte doucement et tourna son attention vers Beth.

— Assis-toi.

Il désigna sèchement le lit. Il avait un chiffon qui servait pour sa moto, qui était plus sale que propre, mais il le mouilla tout de même avec un peu d'eau et quand Beth fut assise, il s'agenouilla à côté d'elle pour nettoyer un peu le sang qui barbouillait ses bras. Beth sursauta quand le chiffon froid toucha sa peau.

— Désolé, murmura Daryl sans relever les yeux de son bras.

Il alla plus doucement, comme si ce qu'il faisait avec une incidence sur la température. Le sang avait déjà commencé à sécher et s'écaillait. Daryl ne pouvait pas nettoyer correctement ses bras, sa peau gardait une teinte rougeâtre, mais au moins il était certain que le sang ne provenait pas de Beth. Les yeux de Beth se fermaient elle était en train de s'endormir.

— J'vais juste jeter un œil à ta cheville.

Beth hocha la tête, ensommeillée. Avec des doigts habiles, Daryl retira sa botte et sa chaussette pour révéler un petit pied qui était, si possible, encore plus pâle que le reste de son corps. Il pressa légèrement sa cheville et la fit pivoter.

— Merde, siffla Beth.

Daryl la regarda avec amusement :

— Tu viens de jurer ?

Beth ne tarda pas à répliquer, mais la rougeur sur ses joues signifiait qu'elle mentait :

— Non !

— Si, t'as juré, se moqua-t-il.

— C'est de ta faute. Tu jures tout le temps et tu as une mauvaise influence.

Daryl ignora la façon dont son sang sembla se glacer à ses paroles. Elle n'avait aucune idée d'à quel point il pouvait être mauvais pour elle. Si elle savait le genre de pensées qui traversaient sa tête, elle se serait sauvée en hurlant. Daryl songea à quel point elle était minuscule et qu'il pouvait faire ce qu'il voulait d'elle sans qu'elle soit en mesure de l'arrêter.

Mais la simple idée de lui faire mal le rendait malade. Et laisser ses pensées s'évader vers cette voie aussi.

— C'est juste une entorse. Force pas trop et ça ira mieux dans un jour ou deux, déclara-t-il sans oser croiser son regard.

Il se concentrait uniquement sur le bandage qu'il serrait autour de sa cheville.

— Tu peux dormir.

— Merci pour ta permission, marmonna-t-elle sarcastiquement, mais en s'allongeant sur le matelas.

Daryl en profita pour pousser une commode contre la porte. Elle était lourde et il savait que cela empêcherait les rôdeurs d'entrer. Les stores étaient fermés, mais la fenêtre donnait directement sur la rue. Avec l'absence de lampadaires, il ne voyait rien, mais il pensait qu'en cas de danger, ils pourraient se sauver par là.

Daryl s'assit sur le rebord et aurait voulu fumer. Mais la chambre puait déjà et il n'avait pas besoin d'empirer les choses.

Beth lui tournait le dos, mais il voyait ses épaules bouger. Daryl avait attendu et redouté ce moment où l'adrénaline disparaîtrait et que les événements d'aujourd'hui la rattrape. Il ne savait pas comment réconforter une adolescente qui pleurait… en fait, il ne réconfortait jamais personne.

— Beth, demanda-t-il avec une voix plus douce que d'habitude, tu vas bien ?

Beth roula pour lui faire face et dans l'obscurité grandissante, il put voir que ses joues étaient sèches et ses yeux parfaitement clairs.

— Très bien.

— Pourquoi tu fais ça avec tes épaules alors ? demanda-t-il avec confusion.

— Faire quoi ?

— Tu sais…

Daryl essaya de l'imiter. Il s'arrêta brusquement, se sentant stupide.

— Oh. J'ai froid, répondit-elle comme s c'était la chose la plus évidente au monde.

Daryl s'admonesta. Elle frissonnait, elle ne pleurait pas. Il se tourna vers le placard, prêt à lui trouver quelque chose, mais Beth lui lança un « non » retentissant. Il la regarda avec curiosité. Son visage était déterminé.

— Je ne porterais pas ses vêtements.

Daryl était complètement perdu. Parfois, il ne comprenait pas les femmes. Ce n'était pas une question de manque de respect, mais une question de survie. Mais l'expression sur le visage de Beth ne changeait pas. Elle préférait geler que de toucher quelque chose qui appartenait à la défunte, même si elle gisait sur son lit.

Daryl hésita avec une certaine maladresse. Il savait ce qu'il pourrait faire pour l'aider. Il en savait suffisamment sur la survie pour savoir quel était le meilleur plan d'action et pourquoi il était légitime. Il ne voulait tout simplement pas s'y risquer. Entendre les dents de Beth claquer suffit à lui faire changer d'avis.

— Pousse-toi, ordonna-t-il d'un ton bourru.

Si elle n'était pas assez raisonnable pour prendre ces vêtements, il ne restait plus que la chaleur corporelle. Les yeux de Beth s'écarquillèrent. Il aimerait qu'elle arrête de le regarder comme ça, comme si elle était une proie et qu'il était le grand méchant loup. Daryl se sentait déjà suffisamment mal. Il voulut lui dire que c'était pratique, mais la voix traître et nasillarde en lui qui ressemblait à celle de Merle se moqua de lui. Beth se déplaça légèrement.

Posant l'arbalète à proximité, il se coucha à côté de Beth. Le fait d'être simplement à côté d'elle n'allait pas suffire, mais il retardait l'échéance. Daryl soupira et tira Beth vers lui afin que son dos soit plaqué contre son torse. Il passa un bras sur elle et emmêla leurs jambes, essayant de la réchauffer du mieux qu'il le pouvait.

Beth s'adaptait parfaitement contre son corps. Daryl pouvait sentir son cœur battre et pouvait même dire qu'elle n'était pas calme. Sa réaction était la même que la sienne et il se battit pour garder une respiration lente. Finalement, le cœur de Beth ralentit et son corps se détendit quand le sommeil s'en empara. Il pouvait sentir ses membres se réchauffer, lui dictant qu'il avait bien agi. Tant qu'il ne commençait pas à penser un peu trop que c'était vraiment bon de l'avoir contre lui.

Dans son sommeil, elle enroula ses doigts autour de sa main, la tirant contre elle. Son mouvement força ses doigts à frôler son sein.

Ouais, j'vais aller en enfer, songea-t-il.

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Beth n'avait pas rêvé cette nuit-là. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait reposée. Quand elle se réveilla, elle était encore enveloppée dans les bras de Daryl. Elle garda les yeux clos, ne souhaitant pas interrompre ce moment.

Beth savait qu'elle ne devrait pas ressentir ce genre de choses pour Daryl, mais en sentant sa chaleur dans son dos, elle était emplie d'un sentiment de paix et de sécurité.

Elle aurait dû savoir qu'elle ne pourrait pas faire semblant de dormir pendant très longtemps. Sa respiration avait changé quand elle s'était réveillée. Très subtilement, mais juste assez pour que Daryl l'entende.

En un instant, il s'éloigna d'elle et Beth se retrouva seule dans le lit. Feignant de ne pas remarquer son attitude brutale, même si elle avait senti son cœur se serrer, Beth s'étira et bailla.

La douleur lancinante dans sa cheville avait presque disparue et mis à part le sang écaillé qui recouvrait ses bras, elle n'avait pas l'air en si mauvais état.

Daryl se racla la gorge :

— Tu t'sens mieux ?

— Beaucoup mieux, répondit-elle avec gratitude.

Elle savait que si elle se sentait reposée, ce n'était pas le cas de Daryl. Ses yeux étaient injectés de sang et il semblait dormir debout.

— Est-ce que t'as fermé l'œil ?

Daryl la regarda comme si elle était devenue folle.

— 'Fallait bien que quelqu'un garde un œil sur toi pour pas qu'on termine bouffés.

— Merci de me sauver la vie, dit-elle sincèrement.

Daryl ignora sa gratitude, mettant déjà ses chaussures. Beth se demanda ce qu'il avait. Elle avait l'impression de ne pas pouvoir ouvrir la bouche sans l'agacer au plus haut point.

— On doit repartir avant que ta sœur ne meure d'une crise cardiaque et devienne complètement folle.

— Tu crois qu'elle ferait ça ? demanda-t-elle avant de mieux y réfléchir. Oublie.

Daryl ouvrit la porte et vérifia le couloir tandis que Beth laçait ses propres chaussures. Elle aperçut le cadavre de la propriétaire gisant sur le sol et son estomac se retourna. Elle était contente de ne rien avoir avalé depuis la veille.

Beth savait qu'elle était stupide, mais le suicide de cette femme avait un certain impact sur elle. Elle ressentait de l'empathie pour cette défunte et avait honte de ses actions passées. Cette femme était morte seule, mais lorsqu'elle avait tenté de se tuer, Beth était entourée de gens qui l'aimait.

Elle suivit Daryl dans les escaliers, évitant précautionneusement le cadavre. Sa cheville bandée paraissait raide, mais Beth était contente de ne plus ressentir de douleur.

Quelques rôdeurs déambulaient autour de la moto, mais Daryl les descendit sans ménagement avant d'enfourcher son bolide.

— Dépêche-toi.

Sa voix était plus sévère que d'habitude et Beth se précipita pour grimper derrière lui. Elle glissa automatiquement ses bras autour de sa taille et elle sentit Daryl se crisper. Beth ressentit de la colère et eut envie de fondre en larmes. Elle n'y avait pas songé la veille, mais elle se demandait maintenant s'il regrettait de l'avoir sauvée. Peut-être même à tel point que son simple contact lui donnait envie de vomir.

Beth se mordit la lèvre et écouta le moteur rugir. Elle refusait de pleurer devant Daryl.

Le trajet de retour à la prison était atrocement long. Beth ne voulait pas le toucher plus que nécessaire, mais elle n'avait pas tellement le choix. Chaque fois qu'il accélérait, Beth s'accrochait à lui.

En dépit de son orgueil blessé, elle ne pouvait pas nier ne pas prendre un certain plaisir à faire de la moto. C'était un engin puissant et Daryl le maniait avec habilité. Ils évitèrent un rôdeur qui traînait sur la route, et même s'ils étaient en vérité très exposés, Beth se sentit intouchable.

Elle imagina la tête de son père s'il l'avait vue sur une moto lorsqu'ils vivaient encore à la ferme, derrière un homme comme Daryl. Il aurait sans doute sorti son fusil. Beth eut un petit rire et elle crut voir une lueur d'amusement sur le visage de Daryl.

— Accroche-toi.

Il accéléra. Beth poussa un petit cri de joie quand la moto atteignit sa vitesse de pointe. Il semblait aussi que Daryl n'était plus en colère contre elle.

Lorsque Beth aperçut le grillage de la prison, son cœur bondit dans sa poitrine. Michonne ouvrit la porte et Maggie traversait la cour au pas de course, suivi du pas plus lent, mais tout aussi pressé, de Hershel.

Maggie se jeta sur elle alors qu'ils étaient encore sur la moto. Daryl se retrouva en quelque sorte empêtré dans cette étreinte.

— Je suis tellement heureuse que tu n'aies rien !

— T'as remarqué que j'étais là ? demanda Daryl.

L'avant-bras de Maggie était sur sa gorge et l'intensité de son étreinte l'étranglait un peu.

— Ouais, j'ai remarqué. Je vous fais un câlin à tous les deux. Alors la ferme.

Les bras de Beth étaient toujours enroulés autour de lui, bloqués par l'étreinte de Maggie. Lorsque sa sœur la libéra, elle sauta de la moto pour aller à la rencontre de son père. Elle se jeta dans ses bras, tout comme elle le faisait lorsqu'elle était enfant.

Hershel semblait trop heureux pour réussi à mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Il passa une main tremblante dans ses cheveux, soulagés qu'elle ne soit pas blessée.

Il regarda Daryl, la main toujours posée sur la tête de sa petite fille.

— Merci d'avoir sauvé ma fille.

Beth se tourna vers lui. Il rougissait et paraissait vraiment mal à l'aise. Il n'avait jamais aimé être le centre de toute l'attention, mais Beth se foutait de ses excentricités en ce moment. Daryl l'avait retrouvée dans les bois, l'avait sauvée et ramené vers sa famille. Il était son héros.

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Daryl détestait rester là, à écouter Hershel le remercier. Il se demandait si le cher papa penserait toujours la même chose s'il les avait vus tous les deux, la nuit dernière, alors que la main de Daryl avait frôlé le sein de sa petite fille.

Quand il songeait à quel point il aimait que Beth soit pressée contre lui, Daryl ressentait un dégoût profond de lui-même.

Pour une raison quelconque, il avait l'impression d'être en quelque sorte lié à Beth. Il l'avait dans la peau. Maintenant qu'elle était de retour à la prison et en sécurité, c'était peut-être le moment pour lui de réfléchir à tout ça et de s'éloigner d'elle. Daryl n'arrivait pas à penser quand il était près d'elle et il ne pouvait qu'espérer qu'un peu de distance allait guérir cette maladie qui s'était emparé de son corps et de son esprit.


Merci pour la lecture,

A bientôt pour la suite !

Votre Humble Traductrice.