"Nous vous informons que Diego de la Vega, le fils unique d'Alexandre de la Vega, PDG de la Vega Store, a quitté l'Hopital St-Bart's, hier soir. D'après un communiqué, il semblerait que le jeune et futur héritier de la Vega Store ait décidé de résider dans un lieu inconnu de tout le monde afin de se protéger contre tout autre tentative d'enlèvements ou d'agression. Selon son avocat, maître Galindo, il aurait subi un traumatisme psychologique qui doit nécessiter un repos de longues durées..."

"- Il n'en sait rien du tout, lança Diego.

Sherlock se tourna vers le jeune homme qui était debout fixant l'écran de la télévision. Il était vêtu d'une chemise blanche et d'un pantalon noir qui saillait bien à sa silhouette de mannequin.

"- Mais où avez-vous trouvé ces vêtements ? S'interrogea Sherlock ne se souvenant pas que Diego avait apporté une valise ou de quoi se changer.

- Bernado a pensé à faire du shopping pendant que j'étais encore à l'hôpital, répondit Diego.

- Ah, d'accord. Dîtes-moi, vous n'allez tout de même pas résider en permanence à Baker Street, les gens vont se douter de quelque chose.

- Non, bien sur que non. Je compte d'abord rendre visite à une ancienne amie à ma mère qui vit en Angleterre dans le Sussex et ensuite, j'irai rejoindre les Etats-Unis.

- J'ai pourtant entendu dire que votre père viendra ici.

- Je ne pense pas. On m'a averti qu'il n'avait pas l'autorisation des médecins pour quitter le continent américain. Mon kidnapping l'a rendu malade."

Alors qu'ils regardèrent les infos qui parlaient toujours de Diego, Sherlock entendit de nouveau la Berling noire de Mycroft Holmes. Il n'alla pas vérifier comme à son habitude si c'était son frère. Quelques secondes plus tard, le politicien fit brusquement son entrée avec un air légèrement fatigué.

"- Dis donc, ça va devenir une habitude ! Lâcha Sherlock pour simple bonjour.

- Cela va en devenir une, si tu ne cesses aussi de me créer des souçis, que fais Diego de la Vega chez toi ?

- Hé ! je n'y suis pour rien !

- Pardonnez-moi, intervint le concerné avec un sourire qui déstabilisa pendant un moment le frère ainé des Holmes, mais ce n'est pas de sa faute, c'est moi qui est quitté l'hôpital.

- Après ce qui vous est arrivé, vous déguerpissez comme si de rien n'était ? S'exclama Mycroft en maintenant sa colère, vous vous rendez compte que tout le monde vous cherchait ? Imaginez le scandale que pourrait faire votre père ?

- Ecoutez, se leva Diego pour lui faire face, vos hommes, je ne les connais pas. Je suis dans un endroit que je connais pas, dans une ville que je ne connais pas, autant vous dire que je préfère me retrouver dans un lieu où je connais quelqu'un.

- Vous connaissez mon frère ? S'étonna cyniquement Mycroft.

- Non, mais Bernado réside chez lui."

Sherlock étouffa un rire devant la réplique. Les traits de Mycroft se détendirent tandis que Diego s'apprêta à quitter le salon

"- Mycroft Holmes, je vous prie de ne pas vous faire du souçis pour moi, ça risquerait d'ajouter un poids en plus avec ce que vous portez, termina le jeune homme avant de disparaître, et ne suis-je pas dans la ville la plus surveillée du monde ?"

L'homme du gouvernement soupira, décidément, il avait l'impression de se trouver face à un deuxième Sherlock sauf que celui là était beaucoup moins cassant.

"- Pourquoi viens-tu encore et toujours ? Ce n'est certainement pas pour rouspéter sur monsieur de la Vega, tout de même ? S'enquit le détective.

- Non, évidemment...La brèche a été refermé, annonça-t-il.

Sherlock se redressa, plus attentif.

"- que veux-tu dire ?

- Tu avais dit que nos réseaux informatiques ont été détruits, c'est vrai. Cette nuit, nous avons eu la pire nuit que les services secrets et les forces de l'ordre pouvaient avoir. Tous nos dossiers informatiques classés défenses auraient pu tomber entre les mains de n'importe qui, de n'importe quels journalistes, de n'importes quels autres gouvernements étrangers.

- Mais...que s'est-il passé ?

- Quelqu'un a tout remis dans l'ordre. Vers minuit et une heure du matin, la faille n'existait plus. Les réseaux continuaient de fonctionner comme avant. On a essayé de savoir qui avait bien pu réussir cette exploit et...voici ce qu'on a eu."

Il tendit son portable à Sherlock qui montrait un écran noir avec un Z d'un épais.

"- C'est le message que votre "sauveur virtuel" vous a laissé ? S'amusa Sherlock en lui rendant son engin.

- Ce "sauveur" comme tu l'appelles est un danger.

- Pardon ? Mais il vient de sauver un pays rien qu'en vous aidant à garder vos réseaux intacts.

- Je sais, mais...les supérieurs pensent que nous devons le retrouver le plus rapidement possible. On le considère comme potentiellement dangereux.

- Pourquoi ?

- Un homme ou une machine qui a réussi à faire ce que des dizaines d'informaticiens et d'ordinateurs ultra-modernes n'ont pu faire, est pour..nous..pour eux dangereux.

- Je n'ai pas la même vision des choses que toi, je ne comprends toujours pas pourquoi.

- Parce qu'il a accès à tous les codes virtuels qui puissent exister en ce monde, déclara Mycroft avec un sourire nerveux.

- S'il est aussi dangereux, mon frère, je pense qu'il l'aurait fait depuis longtemps, rétorqua Sherlock.

- Pourquoi le défends-tu ?

- Je ne le défends pas, je te dis juste que c'est complètement stupide d'en vouloir à quelqu'un simplement parce qu'il vous surpassait sur ce coups-là et que l'orgueil de tes chers agents de l'élite se sont faits passer pour des enfants face à cet individu surdoué, soit-il.

- Cette personne peut sur un coup de tête ou pour un simple plaisir détruire toutes les économies européennes, s'énerva Mycroft, je te ferais dire que même moi, je n'ai pas la prétention, ni le talent de le faire.

- Tu es juste venu pour te plaindre ?

- Retrouve le."

Sherlock se figea, sous le choc. Le ton pris par son frère était froid et menaçant.

"- Je ne suis pas très fort en informatique, protesta-t-il cependant.

- Retrouve le, Sherlock. C'est tout. Il n'y a pas besoin d'être un pirate virtuel pour le retrouver.

- Mais comment veux-tu ? Tu as son code PIN ou IP ? Tu peux sans doute le retracer.

- Nous avons essayer, cela n'a rien abouti. Cela ne nous a amené qu'à un...

- Un quoi ?

- Une plateforme fantôme complètement inexistante.

- Ce qui veut dire ?

- C'est comme si tu te retrouvais dans un désert, mon frère. Maintenant, je dois te laisser, je t'envois quelques fichiers à propos de cette nouvelle affaire. Et concernant; Diego de la Vega, puisqu'il réside chez toi, je te préviens qu'il doit rester sur le territoire anglais pendant environ deux semaines.

- Pourquoi ça ?

- Afin qu'on écarte tout danger. Les Etats-Unis refusent de le rapatrier tant qu'ils ne sont pas sur qu'il ne risque rien et l'Espagne, quant à elle, préfère pour l'instant garder le silence, déjà qu'elle a laissé filé les ravisseurs sans qu'elle le sache, donc à redemander que Diego de la Vega revienne à L'université, ce sera peine perdu."


Alors que le Mycroft parlait avec son cadet, Diego était sorti discrètement de la chambre de Sherlock pour descendre au rez de chaussée. Il avait revêtu un manteau noir et pris son ordinateur portable. Bernado l'avait suivi et s'arrêta quand il se dirigea vers la porte.

"- Sabes que debes hacer, dit Diego avant de sortir, adios, amigo mio."

Bernado lui fit un signe de la main et lui adressa un sourire sincère avant de remonter.

Diego se dirigea vers la voiture de Mycroft qui attendait vraisemblablement ce dernier. Il frappa la vitre qui s'abaissa.

"- Bonjour, salua Diego aimablement au chauffeur.

- Mais vous êtes Diego de la Vega ?

- Lui-même, écoutez, monsieur Holmes a décidé de me ramener chez lui mais j'ai mes valises à l'étage, pouvez-vous aller me les chercher ? Je vais rester ici.

- Très bien, monsieur, obéit le chauffeur qui sortit de la voiture.

Diego prit ensuite la place du conducteur et fort heureusement la clé de voiture s'y trouvait. Il démarra rapidement avant que l'on ne remarque sa disparition. Il s'éloigna de Baker Street.


La chauffeur monta à l'étage et fut surpris de voir son patron qui s'apprêtait à partir.

"- Mais enfin qu'est ce que vous faîtes là ? S'étonna Mycroft, vous devez garder la voiture.

- Je suis venu chercher les affaires de monsieur de la Vega, monsieur.

- Pardon ? Mais pourquoi cela ?

- Mais vous avez demandé à ce que monsieur de la Vega soit ramené chez vous.

- Je n'ai rien dit de telles..."

De son coté, Sherlock avait jeté un oeil dans la rue et se tourna vers son frère pour lui lancer :

"- Je pense que tu devras rentrer de nouveau à pied, Mycroft. Diego a pris la voiture."