Chapitre 6 : Enfance

Le chaudron explosa, et recouvrit Harry d'une substance visqueuse de couleur verdâtre.

- Non, Harry, il faut rester calme ! Je sais que tu as du mal, mais les potions sont un art subtil.

- Je sais, fit le jeune garçon au bord des larmes.

- Allez, ce n'est pas grave. On va recommencer, d'accord ? De toute façon, il me semble que j'étais plus que mauvais quand j'ai commencé les potions.

- Vrai, onc' Sev ? Tu as vraiment été mauvais ? On dirait pas, vu comme tu les fais maintenant.

- Question de persévérance, Harry. Ou plutôt d'acharnement, dans mon cas. Alors il n'y a aucune raison que tu n'y arrives pas.

Cette scène aurait pu paraître irréelle à qui connaissait Severus Rogue. Un maître de potions avouait qu'il s'en tirait très mal étant jeune ! Et Severus Rogue en plus. Il soupira profondément, puis prit d'une inspiration subite, il rouvrit la bouche.

- Ecoute, tu vas t'entraîner après, non ? Donc tu n'as qu'à penser à emmagasiner ton énergie tout au fond de toi, pour l'économiser pour plus tard. Comme ça tu seras plus calme, et tu auras encore plus d'énergie tout à l'heure. Vas-y, réessaie.

Harry réfléchit. L'idée lui paraissait bonne. Mentalement, il s'exhorta à conserver son pouvoir pour plus tard. Il se calma et recommença sa potion, mesurant chacun de ses gestes.

- C'est beaucoup mieux ! Vois-tu, Harry, il faut savoir rester calme en toutes circonstances, même quand tu es plein de vie et que tu ne penses qu'à t'extérioriser. Les potions ne sont qu'un exemple de l'application que tu peux faire d'une bonne maîtrise de toi-même.

Lorsqu'il commençait à parler sur un sujet qui lui tenait à cœur, Severus s'enflammait très vite et se mettait à utiliser de grandes phrases alambiquées.

- Imagine que tu sois face à quelqu'un qui ne t'aime pas, et que tu doives absolument dissimuler tes sentiments pour ne pas qu'il s'en serve contre toi. Si tu es calme au fond de toi, ce sera bien plus facile de ne rien montrer. C'est la base de l'occlumantie.

- L'occlu-quoi ? demanda Harry sans cesser de surveiller sa potion.

- L'occlumantie. C'est l'art de dissimuler ses pensées et ses sentiments. C'est ta mère qui me l'a appris, quand j'ai commencé à espionner et que cela devenait dangereux pour moi. J'ai mis beaucoup de temps à comprendre pourquoi elle avait accepté de me l'apprendre.

- S'il te plaît, Sev, parle-moi de maman. Elle ne veut jamais qu'on parle d'elle et elle détourne toujours la conversation.

- Effectivement, je connais peu de personnes aussi douées que Sythelia Morienval pour mener les conversations là où elle le souhaite. Et après elle prétend ne pas connaître la diplomatie ! Voyons, qu'est-ce que je peux te dire que tu ne saches pas encore…

Je l'ai rencontrée lorsque j'ai décidé de devenir un espion pour Dumbledore. J'étais Mangemort avant. J'avais été assez fou pour suivre les conseils de personnes déjà Mangemortes, qui m'ont entraîné avec elles. Mais ça m'a très vite dégoûté. Leur attitude est vraiment… malsaine, si tu vois ce que je veux dire. En fait, non, tu ne vois sûrement pas, mais ce n'est pas grave, tu comprendras très vite. La torture n'est qu'un passe-temps pour eux, ils ne se gênent pas pour tuer, et d'autres choses du même genre. Donc, j'ai décidé de devenir espion. Le seul problème, c'est que Voldemort avait l'habitude de lire dans les pensées de ses Mangemorts pour s'assurer de leur fidélité. Il fallait donc que j'apprenne l'occlumantie. Je ne pouvais pas aller voir Dumbledore, il ne m'aurait pas cru, et puis ç'aurait été trop dangereux.

Une fois que j'eu pris la décision de le trahir, le Seigneur des Ténèbres n'aurait pas tarder à le découvrir et à me tuer. C'est là que j'ai pris une décision. Il n'y avait qu'une personne qui pouvait m'apprendre l'occlumantie. Si elle refusait, elle me tuait. Mais si je n'y allais pas, c'était Voldemort qui me tuait. Je savais comment la joindre, et je lui ai donc envoyé un message. Cette personne, tu l'as deviné, c'était ta mère. Elle a accepté de me rencontrer et m'a conduit ici. Elle m'a regardé droit dans les yeux, et j'ai eu l'impression que ces yeux gris glacés me fouillaient, examinaient les moindres de mes intentions. Elle m'a demandé de lui raconter tout ce que je savais des activités du Lord Noir, et je me suis exécuté. Après, elle a accepté de m'entraîner.

Ca n'a pas été facile, mais on a fini par se lier un peu. Elle savait tout de moi, je voulais en apprendre plus sur elle. Dans l'entourage du Lord Noir, elle était maudite, parce que elle combattait tellement contre les alliés non humains de Voldemort que beaucoup de créatures avaient eu peur et avaient refusé de se joindre aux Ténèbres. Etrangement, elle n'aimait pas se battre contre d'autres êtres humains. Du côté de la lumière, on ne l'aimait pas beaucoup parce qu'elle refusait d'obéir aux ordres de Dumbledore, et surtout elle pratiquait la magie mentale et l'ancienne magie. Ils l'appelaient la "guerrière insensible", parce que sur un champ de bataille elle faisait peur à voir, son visage dur et fermé, sans pitié pour ses ennemis.

Lorsque j'ai fini mon entraînement, elle m'a fait passer un dernier test, dans la pièce derrière sa chambre, où tu n'es jamais allé. C'était une des choses les plus belles et les plus terrifiantes que j'ai jamais vues. Je n'ai d'ailleurs pas compris tout ce qu'il y avait. En fait, je n'ai rien compris et même aujourd'hui je n'ai aucune idée de ce qu'il y avait. Enfin bon, j'ai réussi mon test et je suis reparti de chez elle. La suite, tu la connais, conclut maladroitement Severus.

Il n'avait pas l'habitude de parler autant. Harry, sa potion terminée, les yeux fixés sur son chaudron, hocha la tête. Il n'y avait pas beaucoup de choses qu'il ne sache pas dans le récit de Severus, mais il lui était reconnaissant de lui avoir parlé de choses visiblement encore très dures pour lui.

- Tu n'as jamais vu ta mère se battre, n'est-ce pas ? reprit Severus.

- Bah si, pendant les entraînements.

- Mais jamais pendant une vraie bataille, où la seule loi qui règne est Ta vie ou celle de ton adversaire ?

- Non, jamais. Je crois que je préfèrerais ne jamais le voir, ajouta-t-il avec un frisson.

- Elle est incroyable. Parfois, je me demande comment elle a fait pour survivre entièrement seule, détestée par pratiquement tous les sorciers.

- Maman n'est plus toute seule ! On est là, non ?

- Et je vous en suis très reconnaissante, intervint Sythelia.

Elle était debout en face d'eux, quelques mètres plus loin.

- Je me demandais pourquoi mon fils était en retard à son entraînement.

Les deux hommes ne répondirent pas, trop stupéfaits. Elle avait un réel don pour se déplacer sans être entendue et surgir quand on ne l'attendait pas.

- Tu es là depuis quand ?

- Je viens d'arriver. Je venais vous dire que j'avais reçu un message. Je pars pour la France, je ne sais pas quand je rentrerai.

Harry pâlit. Les voyages de sa mère étaient dangereux, et même si elle revenait toujours, elle était parfois blessée.

- Ne t'inquiète pas, Harry, c'est juste que les sphinx ont formé une réunion mondiale et ont émit le désir de me parler.

Harry semblait penser que c'était précisément une raison de s'inquiéter, et Severus paraissait être d'accord avec lui.

- Ce n'est pas un peu…inconsidéré d'y aller toute seule ?

- J'y vais toujours seule, Severus, merci de t'inquiéter. Si j'arrivais avec du monde, cela les alarmerait plus qu'autre chose. Ne vous en faites donc pas ! Les sphinx sont loyaux. Quand ils promettent quelque chose, ils tiennent leur promesse. Tant qu'on est doué en énigmes, ils restent calmes. A plus tard !

Et elle partit avant qu'ils n'aient pu ajouter un mot, après une tape affectueuse sur l'épaule de Harry et un signe de main à Severus.

- Je déteste quand elle part comme ça ! Elle risque sa peau à chaque voyage et elle paraît tellement insouciante !

- Pour ne pas nous inquiéter, Harry. Donc je propose que l'on tente de se changer les idées.

- Tu connais un moyen de te changer les idées quand ta mère risque sa vie ?

- Hmm. (Severus eu soudain une illumination. Le père de Harry adorait le Quidditch.) Tu es déjà monté sur un balai ?

- Non, répondit Harry, pas enthousiasmé le moins du monde.

- Attends une minute, je vais en chercher. Je doute que Sythelia en ait, elle n'en a pas besoin pour voler.

Un quart d'heure plus tard, il revenait avec deux balais et enseignait à Harry le maniement du manche. Ce dernier était très doué, et dépassa bientôt Severus, qui dut repartir pour Poudlard à la fin de la journée. Il lui laissa le balai.

Les jours suivants, Harry passa plus de temps dans les airs que sur terre, essayant d'oublier que sa mère était à une assemblée de sphinx, jusqu'au retour de celle-ci. Il poussa jusqu'au cratère des dragons, pour s'apercevoir qu'ils avaient disparu. Sans doute en mission. Mais quoi comme mission ? Elle revint enfin, intacte, mais l'air sombre et inquiet.

Puis la vie reprit normalement, entre les entraînements, les livres et les jeux. Bientôt, Harry fêta ses dix ans. L'année suivante passa à la vitesse de l'éclair.

Bon, personnellement je n'aime pas trop ce chapitre, c'est possible que je le réécrive plus tard. Sinon, je remercie mes reviewers, ça fait très plaisir de recevoir des messages comme ceux que vous m'envoyez !

A demain (si j'ai le temps) pour le chapitre suivant ! (et après je vais devoir ralentir le rythme de parution... je nen suis plus au niveau écriture !)