Hello amis lecteurs!

Merci pour ceux/celles qui ont pris le temps de me laisser une petite review sur le chapitre précédent! J'ai un petit moment de libre donc je profite pour faire un update rapide. Je suis désolée, pour cette fois, je n'ai pas eu le temps de vous répondre individuellement avant de poster (en gros, soit je postais, soit je répondais... J'ai pensé que vous préféreriez le chapitre! ;-))

Ça bouge toujours pour Duo! Et pensez à l'auteur, qui apprécie grandement les encouragements, même succincts!

Bonne lecture! :-)


Chapitre 5

Duo tenta une nouvelle fois d'effacer la buée qui obstruait la vitre du revers de la main. C'était peine perdue, l'atmosphère encore humide de la pièce ne permettait pas d'en venir à bout.

Armé d'un sèche-cheveux et d'un peigne, il effectuait un vigoureux séchage/brossage depuis une dizaine de minutes et commençait à trouver le temps long. Comme toujours.

Ses cheveux, c'était cinq minutes de lavage, dix de rinçage et au bas mot trente de séchage. Encore heureux qu'il se coiffait en moins de deux minutes !

Une vraie galère au quotidien d'avoir une telle crinière. A chaque fois, il se demandait pourquoi diable il ne coupait pas ça une bonne fois pour toutes. Mais non. Ses cheveux, c'était un peu sa marque de fabrique. Un élément immuable, comme la couleur de ses yeux ou celle de sa peau. Il y tenait stupidement, qu'importe les embêtements que cela lui apportait !

Quelques minutes plus tard, sa chevelure était sèche (enfin, plus ou moins) et il put se coiffer, entrelaçant les mèches d'un châtain brillant les unes après les autres, jusqu'à obtention d'une longue tresse adroitement serrée.

Puis, il attrapa son costume, qu'il enfila pensivement, repensant à son entrevue avec Quatre.


Flashback

En sortant de chez Heero, il avait filé droit à son hôtel. Juste le temps de se changer intégralement, chaussures inclues – les puces GPS sont si facilement dissimulables de nos jours ! Une doublure suffisait – et il repartait pour l'aéroport. Voyage retour, toujours en First. Et toujours aussi mal. Voire plus.

Il avait à peine le temps de faire un saut chez Quatre, avant de poursuivre le cours de sa mission. Juste le temps nécessaire pour une entrevue rapide.

Il n'était pas d'un naturel inquiet, et pourtant. Il appréhendait cette discussion avec son ami, pressentant que cela n'allait pas être simple.

Avec Quatre, c'était plutôt rare de toute manière.

Il lui envoya une brève pour l'informer de son passage, un laconique message 'je passe te voir dans 8 heures' qui ne manquerait pas d'aiguiser la curiosité du blond. Il se rendrait disponible, il en était sûr.

C'est plutôt méfiant qu'il franchit les portes de la villa Winner, saluant plus sèchement qu'à l'accoutumée le majordome, bien surpris de ne pas avoir droit au jeté olympique de clés de voiture. Limite déçu….

Quatre l'attendait sur la terrasse, un thé à la menthe servi devant lui, l'ordinateur portable et quelques dossiers à ses côtés.

S'il fit mine de se lever, Duo le stoppa d'un geste de la main et préféra attaquer de front.

« J'ai besoin d'avoir des infos sur ton petit ami. »

Pas la meilleure approche qu'il eut pu tenter mais assurément la plus directe.

Il n'avait pas de temps à perdre, fallait pas l'oublier !

« Bonjour Duo. Content de te revoir, en plein forme ou presque. J'en conclue que si l'autre ne t'a pas tué, c'est toi qui as gagné. » Rétorqua Quatre, qui goûtait fort peu cette introduction un peu brutale, quoiqu'intérieurement soulagé de ne pas voir le natté revenir les pieds devant.

Duo secoua la tête à la négative.

« Pas franchement. Je dirais plutôt qu'on a fait match nul. » Avoua-t-il sans fioriture.

Quatre fut ouvertement surpris.

« Pas dans tes habitudes ça… C'est de cela que tu veux qu'on discute ? » Marmonna-t-il.

Duo s'impatienta.

« Ecoute Quatre, ça urge. Faut que je sois à Dubaï sous peu, tu le sais bien. Si je suis là, c'est que j'ai de bonnes raisons de penser que ton nouveau mec est potentiellement impliqué dans les attaques qu'ont subies… les filles. »

Les derniers mots sortirent péniblement.

Il en fallait plus pour émouvoir l'héritier Winner qui parvenait à se mettre en système zéro dès que les circonstances l'exigeaient.

Et il lui semblait que c'était le cas.

« Et ton ruskov ? Je croyais que c'était lui, la source du problème. » Questionna-t-il.

« Mis hors de cause. »

Les yeux azurs le dévisagèrent, sceptiques. La clémence ne faisait pas partie de ses attributions.

« Ah oui ? »

« Oui. »

Quatre prit un moment avant de reprendre, pesant ses mots. Il aurait bien aimé avoir plus de détails mais le natté n'était pas d'humeur bavarde.

Mieux valait aller à l'essentiel.

Et couper court au plus vite.

« Duo, je ne sais pas ce qui te fait penser que mon petit ami a quelque chose à voir avec tout ça. Mais ! » Précisa-t-il en voyant que le natté ouvrait la bouche pour protester. « Je vais te répondre puisque tu insistes. Et preuve à l'appui.»

Le blond lui lança un mince dossier que Duo parcourut avec avidité.

Trowa Barton. 28 ans. Nationalité polonaise. Orphelin depuis une dizaine d'années. 1 mètre 87, environ 80 kilos. Artiste de profession. A fait ses classes dans un célèbre cirque chinois, comme acrobate. Installé depuis cinq ans comme peintre à son compte. Expose dans toutes les grandes capitales. Pas d'antécédent judiciaire. Deux PV pour excès de vitesse et un pour stationnement sur une voie de bus. Pas de problème de santé connu, pas d'antécédents familiaux remarquables.

Un dossier parfait…

« Alors, content ? Je peux te confirmer qu'il a bien des talents artistiques. J'ai vu ses œuvres. » Quatre avait suivi l'examen du dossier avec attention, réprimant mal son agacement.

« C'est louche. » Commenta Duo.

Ce qui fit bondir Quatre.

« Quoi ? Ce que tu peux être de mauvaise foi parfois ! »

Duo pris une photo et détailla l'individu. Plutôt beau gosse, fallait le reconnaitre.

« Il est peut-être canon, ça n'empêche pas qu'il est suspect.»

« Tu deviens parano mon pauvre Duo ! » S'énerva Quatre.

« Attends, son dossier est parfait ! Juste les bonnes références, les bonnes adresses, pile les petites incartades sans gravité qui vont bien ! »

« Et quoi ? » L'agressivité du blond montait en flèche. « De toute façon, quoi qu'il ait fait ou aurait pu faire, tu aurais trouvé son dossier suspect. Non ?»

Il n'avait pas tout à fait tort. Mais cependant….

« Quatre, ma main à couper que ce mec n'est pas clean. » Affirma le natté.

« Va te faire foutre Duo. »

Le ton était sec et sans appel. La blague avait assez duré et l'héritier Winner assez usé de sa patience.

« Ce type est surement dangereux, même pour toi ! Laisse-moi le filer et je t'apporterai… » Insista Duo.

« C'est hors de question ! »

Quatre se leva vivement et le saisit par le col, furieux.

« Ne l'approche pas. » Siffla-t-il.

C'était plus qu'un ordre.

La menace était limpide pour celui qui le connaissait si bien. Duo se dégagea en reculant d'un pas. Son visage exprimait l'incompréhension et la tristesse.

« Quatre… » Le natté n'en revenait pas. Ce n'était pas possible qu'ils en soient arrivés là. « Je t'en prie. Juste une petite filature. Il ne se rendra compte de rien. Ca enlèvera tous les doutes…» Supplia-t-il.

Mais le blond resta insensible à la prière des yeux mauves.

« J'ai dit non. Je n'ai pas de doutes. Et je refuse que tu te mêles de ma vie privée. Oui, je suis amoureux, et je ne ferai rien qui puisse me faire perdre celui que j'aime. J'ai confiance en lui, comme j'ai confiance en toi. »

« Mais tu as tort… »

La colère revient dans les yeux bleus.

« C'est toi qui as tort. » Répliqua Quatre avec force. « Ce n'est pas parce que tu es incapable d'aimer quelqu'un que je dois en faire autant. Si tu as envie de vivre seul, sans amour, c'est ton problème Duo, pas le mien. Je ne vois pas à quoi cela sert de protéger si habilement sa vie si c'est pour la passer ainsi, solitaire et malheureux. »

Duo resta abasourdi, choqué par ces paroles. Le blond le regarda sans faiblir.

« Faut savoir prendre des risques. Et je ne parle pas seulement d'infiltrer des bases militaires, je te parle de cœur. »

Duo secoua la tête, incrédule et horrifié par ce qu'il venait d'entendre.

« Il les a peut-être tuées… Nous sommes en danger, tous les deux… » Sa voix n'était à cet instant qu'un murmure.

« Il n'y a que toi pour le croire Duo. Sache qu'il a un excellent alibi. Il était avec moi ce jour là.» Répliqua Quatre, glacial.

Duo se passa la main dans les cheveux. Il avait envie de hurler comme un damné, de se briser la tête contre un mur. Ne plus penser, jamais. Ne plus avoir à faire face à cette situation qui lui écartelait le cœur. Quatre, son ami de toujours, son associé, celui sur lequel il pouvait toujours compter.

Il avait du mal à croire ce qu'il allait faire. Mais son intuition ne pouvait pas le tromper.

« Je suis désolé Quatre. Ca ne va pas être possible. » Annonça-t-il, avec un sourire vaguement halluciné.

« Quoi donc ? »

Si Quatre avait cru le ramener à la raison avec ce discours, il en serait pour ses frais.

« Tu lui fais confiance, tu joues ta vie et je ne peux hélas pas t'en empêcher, à mon grand regret. Mais en ce qui concerne la mission, il est hors de question que je prenne un risque. C'est tout ce qu'il me reste. Ce pour quoi elles sont mortes. Je dois aller jusqu'au bout, quoi qu'il m'en coûte. Même si c'est toi.»

Il se frotta les yeux de ses mains, essuyant rageusement ses larmes.

« Alors… j'irai seul Quatre. Tu comprends ? »

Le blond semblait comme statufié, figé sur place par la vision de son ami, tremblant de la tête aux pieds, le regard brouillé, qui lui annonçait que c'était fini.

Fini.

Leur collaboration. Qui durait depuis des années. Qui leur avait apporté tant de succès, parfois chèrement monnayés mais succès quand même. Qui les avait enrichis, à la limite de l'indécence. Qui les avait fait rire, pleurer et même danser. Une fois.

Duo, qui lui annonçait qu'il allait faire cavalier seul.

Et tout ça pour quoi ?

Parce qu'il refusait de le laisser enquêter sur son petit ami ?

Parce qu'il refusait de céder à sa parano ?

Un 'non', un seul et voilà le résultat ?

Il se sentait incroyablement trahi. Déçu au-delà de tout ce qu'il aurait pu imaginer.

« Comment peux-tu me faire ça, Duo ? Et sous un prétexte aussi fallacieux ! Je n'y crois pas ? »

L'héritier Winner semblait prêt à s'arracher les cheveux.

« Pourquoi ne pas dire la vérité hein ? Tu es jaloux, jaloux oui, parfaitement ! Mais si s'est ainsi aujourd'hui, si je suis avec quelqu'un d'autre, tu n'as qu'à t'en prendre qu'à toi-même ! C'est toi l'unique responsable de cette situation !

Pendant des années, nous avons passé des moments ensemble, couché ensemble, pris du plaisir ensemble ! Ah ça, oui, ton corps, je l'ai eu, et souvent même. Et je reconnais que cela ne m'a pas déplu, loin de là. Mais tu ne m'as pas laissé approcher ton cœur Duo. Jamais. »

Alors maintenant, ne viens pas me reprocher d'avoir donné à un autre ce dont tu ne voulais pas. » La voix de Quatre tremblait d'émotion, tout comme lui.

Duo secoua la tête, consterné de découvrir une blessure dans l'âme de son ami. Une blessure qu'il avait faite.

Quel gâchis.

« Je suis si désolé, si désolé… »

Il ne retenait plus les larmes qui dévalaient sur ses joues.

Ils se regardèrent un instant, sans rien dire, contemplant le désastre de leur relation, atterrés.

« Il faut que j'y aille. » Murmura Duo.

Quatre ne répliqua pas, tout était dit et même au-delà, et le regarda s'en aller.

Avant qu'il ne franchisse la porte de la villa, Duo s'arrêta et, sans se retourna, déclara :

« Sache juste que, s'il devait t'arriver quelque chose, je le traquerai jusqu'au bout du monde. Et je n'aurais pas de repos avant qu'il ne soit mort. Sois en sûr.»

Fin du flashback


C'était vraiment la merde. Au-delà de tout ce qu'il aurait pu imaginer. Il se retrouvait seul, sans son associé – autant dire sans son cerveau droit – dans une des misions les plus périlleuses jamais accomplies, avec un mystérieux ennemi prêt à tout. Et seul atout, c'était l'autre playboy brun qui, s'il n'était pas son allié, était ce qui s'en rapprochait le plus désormais.

Bonjour la galère. En fait, c'était même mission impossible.

Et pourtant, il allait bien falloir s'en sortir. Ou y rester. Seul l'avenir le dirait.

Intérieurement, il priait pour qu'il n'arrive rien à Quatre. Mais quelle tête de mule tout de même!

Il ajusta le nœud papillon. Un classique indémodable certes mais pas spécialement à son goût.

Le smoking, il le trouvait classe uniquement avec une fine cravate noire. Là, on atteignait le summum de l'élégance.

Autrement, c'était plutôt le mode pingouin. Comme ce soir.

Il aurait cru que les boutiques des hôtels de Dubaï auraient été mieux achalandées…

Enfin, peu importait ! Il portait l'uniforme de rigueur pour la soirée prévue ce soir, et s'il ne lui seyait pas à la perfection, hé bien, il ne s'en fonderait que plus facilement dans la masse !

Il rangea Deathscythe dans sa mallette, soigneusement verrouillée. Pas d'arme pour ce soir. Il pressentait la fouille au corps systématique à l'entrée. Il eut été stupide de ne pas la faire vu le gratin qui serait présent.

A priori une vente de charité.

En réalité, une vente certes, mais de pièces d'armures mobiles sous la forme d'enchères. Il y avait fort à parier que les listes reçues par les différents hôtes ne devaient pas toutes avoir le même format !

Le principe était simple : les trafiquants recevaient un listing détaillé des pièces proposées, avec un numéro de passage. Lors des enchères, des objets fictifs étaient présentés au public. Le système était évidemment fait de telle façon que seuls les truands pouvaient enchérir sur les pièces illégales.

Si un acheteur extérieur à l'affaire avait des velléités sur un de ces objets, il était immédiatement découragé.
Les techniques étaient diverses. La plus simple consistait en l'arrivée d'une hôtesse, fort bien mise en avant bien sur par une garde-robe avantageuse et manifestant de l'intérêt pour ledit monsieur (et oui, dans ce monde sexiste, il était mal vu que les femmes enchérissent. Manipuler de l'argent, c'est si peu féminin n'est-ce pas ?). Le cher homme, ayant en général allégrement dépassé la soixantaine, se laissait facilement distraire. On pouvait aussi prétexter de faux messages téléphoniques, plus ou moins graves en fonction de l'enchère.

Mais bon, l'argument dissuasif le plus redoutable restait le prix, en général exorbitant.

Duo prit une bouché de son club sandwich. Le champagne allait couler à flot ce soir, mieux avalait anticiper !


Hôtel 'la Grande Galaxie'

Evidemment, comme tout à Dubaï, l'hôtel était démesuré. Près de 2 000 chambres, réparties sur une quarantaine d'étages, une dizaine de salles de conférence, trois SPA, également trois salons de massage et un casino.

Tout incitait à la débauche (financière) la plus absolue. Et ce n'était pas le plus grand hôtel de la ville !

Duo tendit son carton d'invitation à l'hôtesse d'accueil en lui adressant un sourire ravageur. Qui fit rougir cette dernière jusqu'aux oreilles.

Le pingouin ne lui allait finalement pas si mal.

« Bonsoir Monsieur Quake et bienvenue dans l'espace Galatée de notre hôtel. Je vous souhaite une très agréable soirée. » Murmura-t-elle d'une voix suave en lui donnant une boutonnière aux couleurs de la soirée.

Cette voix… Surement un critère de recrutement. En plus d'une paire de gambettes à rouler par terre.

Comme il s'y attendait, un vigile l'arrêta avant d'entrer dans le salon.

« Contrôle de routine monsieur, pour assurer votre sécurité. Veuillez nous excusez pour le désagrément. »

Mais fais mon petit, fais…

Duo se laissa nonchalamment palper des chevilles jusqu'au cou en passant par les cuisses. L'autre pouvait toujours chercher, ce soir, il ne trouverait rien.

Que mes poings. Largement suffisant dans 90% des cas…

Restait à espérer qu'il ne tombe pas dans les 10% restant.

Vu l'ambiance, c'était néanmoins peu probable.

Duo ne put retenir un sifflement d'admiration quand il pénétra dans le 'salon'. Il s'agissait en fait du dernier étage de l'hôtel, une immense pièce avec estrade pour les enchères, fosse pour les musiciens, une zone réservée aux expositions artistiques, des ilots dédiés à la restauration et aux rafraichissements. Et même des stands de massages, pour enchérisseurs stressés.

Mais le plus spectaculaire était au dessus de leurs têtes. Fidele à son nom, l'hôtel s'était doté d'un dôme en verre, qui ouvrait une large perspective sur le ciel étoilé.

Simplement magnifique.

Le natté se dirigea vers l'espace dédié spécifiquement aux enchères. La foule était déjà dense, pas facile de se repérer dans tout ce beau monde, occupant déjà presque tous les fauteuils de velours rouge. Flûte de champagne à la main, picorant au vol sur les plateaux garnis de mignardises, il déambula, scrutant attentivement les personnes présentes.

Un peu plus loin, en retrait, Heero l'avait déjà remarqué. Son smoking lui allait plutôt pas mal constata-t-il et il avait à peine à léger hématome sur le nez. Le natté se déplaçait avec aisance, et discrétion entre les diverses personnalités présentes. Il n'émanait de lui aucun signe de nervosité ou d'empressement. Il paraissait décontracté, tout bonnement.
Le brun ne le quittait pas des yeux, un instant hypnotisé par l'ondulation de la longue tresse, qui lui battait le dos à chacun de ses mouvements, avant de secouer la tête et de reprendre sa surveillance.

Ce mec était en fait plus dangereux qu'il ne l'aurait cru…

De son côté, Duo faisait des merveilles. En papotant avec l'assistant du Vice -président, il obtint de précieuses informations, notamment le nombre de pièces présentées, les montants estimés et quelques noms prestigieux. Des têtes couronnées, ou presque, un ou deux dictateurs et, plus surprenant, le conseiller personnel du premier ministre britannique ainsi que d'influents importateurs et négociants arabes.

Sans compter les midinettes, les vieilles fortunes et autres people mondains. Qui n'intéressaient Duo que pour le faire rire.

La vente n'allait pas tarder à commencer et la foule s'était agglutinée autour de l'estrade. Duo se plaça dans le fond de la salle. Après tout, il n'était pas là pour acheter mais pour trouver celui ou ceux qui avaient des intérêts dans cette affaire.

Du coin de l'œil, il repéra Heero. Qui le distrait une seconde de son objectif. Playboy était en beauté ce soir. Il avait même la grande classe. Surement parce que lui avait réussi à trouver un smoking à fine cravate noire. What else ?

Il reporta son attention sur sa montre. Minuit passé. Demain, le cargo arriverait à destination et déchargerai son contenu, qui partirait ensuite vers l'étape ultime. Très certainement le lieu de l'assemblage final. Mais ce soir, l'enjeu était plus gros encore : définir les clients. Ces nations qui cherchaient à s'armer en secret, préparant sournoisement la guerre au détriment de ses voisines.

Une information qui valait son pesant d'or.

Le natté n'était pas fou, rien de ce qui se passerait ce soir n'aurait valeur de preuve. Il faudrait des documents officiels, tangibles –accord de secret, relevés d'opérations bancaires ou autre, toujours la même rengaine - pour pouvoir attester de ces liens illégaux. Néanmoins, pour trouver, il était crucial de savoir où chercher.

La vente débuta enfin. Par expérience, il savait que les premières pièces présentées ne seraient pas de celles susceptibles de l'intéresser. Il fallait laisser la foule s'échauffer, ne pas attaquer par des montants trop hauts ou des luttes ardues dès les premières secondes, afin de ne pas attirer l'attention.

Une demi-heure plus tard, il étouffa un bâillement. Ces objets d'art étaient plus laids les uns que les autres. Son sens de l'artistique devait encore s'affiner visiblement.

Heureusement que c'est pour la bonne cause… Enfin, je pourrais peut-être demander des tuyaux à ce cher Trowa si jamais… Pensa-t-il, sarcastique.

Lequel n'était pas présent. Il l'aurait remarqué immédiatement. Grand, cheveux auburn et yeux menthe à l'eau, pas le genre à passer inaperçu. Dommage, cela aurait simplifié les choses avec Quatre… Mieux valait ne pas tabler la dessus. Il supposait que Barton était du genre à agir dans l'ombre plutôt qu'en pleine lumière. Autrement, l'héritier Winner l'aurait percé à jour depuis belle lurette…

Alors qu'il se concentrait sur les nouveaux objets présentés, il remarqua une ombre familière dans son champ de vision.

Il jeta un coup d'œil discret. C'était encore ce parlementaire chinois. Il l'avait remarqué peu après son arrivée. L'homme ne présentait aucun comportement anormal mais l'instinct mettait les sens de Duo en alerte. Il avait constaté que ce type restait dans un périmètre constant autour de lui.

Alors, coïncidence ou indice ?

Duo nota dans un coin de sa tête les caractéristiques physiques du suspect, histoire de pouvoir le reconnaitre sans ambigüité. Pas très grand, plutôt mince. Type asiatique : peau mate, yeux légèrement bridés, noirs. Cheveux mi-long, noués en une petite queue de cheval à la base de la nuque. Costard impeccable mais de qualité moyenne. Lunettes à monture d'écailles. Mocassins vernis, bien entretenus mais pas neufs.

Le stéréotype parfait de l'acheteur moyen pouvant être présent à ce type de vente.

Il détestait les stéréotypes parfaits !

Ma main à couper que ce mec est louche…

La vente s'accéléra d'un coup pour Duo, l'obligeant à se focaliser de nouveau sur les premiers rangs.

Le climat avait subtilement changé. Ce n'était plus les mêmes acheteurs et ces derniers se battaient férocement. Les enchères grimpaient plus vite, avec plus de tension. Les visages étaient fermés.

Duo nota les acteurs : le président intérimaire du Rouanda, l'un des chefs de guerre syriens, quelques autres types inconnus au bataillon, visiblement d'origine sud américaine. Que des pays en voie de développement.

Merveilleux… On est en train de mettre des engins de mort entre les mains d'extrémistes suicidaires.

Il remarqua qu'Heero avait quitté son poste d'observation.

Il est où ce con ? Il loupe le principal !

Peu importait. Duo nota mentalement encore cinq noms. Ca sentait clairement le roussi.

Si jamais ils obtiennent ces armes, on court à la catastrophe…

Qui pouvait bien être à l'origine d'un tel projet ? Impliquant à la fois le Vietnam, la Russie et le Moyen Orient ? Qui était assez fou pour cela ?

Le savoir, ça aurait été la cerise sur le gâteau, le 'plus' que son client aurait apprécié (et payé au prix fort, cela allait sans dire !). En attendant, les ordres avaient changé, non seulement il fallait découvrir la nature du trafic et ses bénéficiaires mais aussi et surtout empêcher la délivrance des armures mobiles (dont l'existence devait encore être validée). C'était devenu sa priorité number one.

Près d'une dizaine d'articles furent débattus par ce groupe d'hommes puis la vente retrouva sa sérénité initiale. Certains de ces acheteurs suspects quittèrent immédiatement la salle, d'autres restèrent encore un peu.

Son ami chinois avait lui aussi disparu.

Constatant que la soirée n'avait plus rien d'intéressant à lui offrir, Duo reprit le chemin de son hôtel, mois luxueux que la Grande Galaxie.

« Bonsoir. »

Moins sécurisé aussi. Duo recula d'un bond et alluma la lumière, découvrant Heero assis dans un fauteuil, à quelques mètres de son lit.

Le con ! Il lui avait flanqué une sacré pétoche !

L'autre eut un sourire en coin.

« C'est flippant n'est-ce pas ? » Ironisa le brun, savourant son effet. Il n'avait apparemment pas oublié la 'petite' intrusion de Duo dans son appartement new-yorkais.

« Ca va, t'es content ? On est quitte maintenant ? » Râla Duo, agacé de s'être fait prendre. Le natté claqua la porte avec énervement sans un regard pour son visiteur.

Heero leva les sourcils.

« Pour cela, il faudrait que je te mette une balle dans la cuisse, non ? » Répliqua-t-il insolemment.

Je vais le buter….

La tête de Duo le fit soupirer doucement.

« Je constate que tu n'as pas beaucoup d'humour. »

« Pas aujourd'hui, non. »

« Mauvaise journée ? »

« Mauvaise semaine. Voire pire. »

« C'est-à-dire ? »

« Vie de merde. »

« C'est un site internet si je ne me trompe pas. »

« Ben file-moi le lien, je posterai ma biographie. »

L'autre se mit à rire franchement.

« Pas mal. T'as le sens de l'autodérision au moins. »

« Tu tiens un journal ou on peut passer aux choses sérieuses ? »

« Ne me tente pas. » Répliqua Heero s'en pouvoir s'en empêcher, amenant un regard narquois sur le visage de Duo.

« Quoi ? »

Non, vraiment, il n'avait pas d'humour ce soir.

« Non, laisse tomber. »

« Bon sérieusement, qu'est-ce que tu fous là ? » Son quota de patience venait de tomber dans le négatif. Il était tard, il en avait plein le dos, pour ne pas dire autre chose et demain ne s'annonçait pas mieux qu'hier, il était donc à la limite de l'implosion.

Un petit besoin de vacances peut-être…

« Tu m'offres un café ? »

« Mais tu bois du thé ! » Beugla Duo, exaspéré. Il sentait ses nerfs le lâcher devant ce flegme insupportable. Et pour une durée indéterminée.

Iron-man. Il allait se le faire. Encore.

« Arrête de te foutre de ma gueule, ou je te jure, je te cartonne ! J'ai eu une journée, non, rectification, une semaine de merde, mais horrible, comme tu ne peux pas l'imaginer ! Ou p'têtre que si, j'm'en fous ! Je suis sur les dents, quelque chose de bien, tu piges ? Parce franchement, te dégommer la gueule, ça faisait pas partie de mes plans mais je suis prêt à faire un effort si t'insistes ! Alors, tu vas être mignon, tu vas arrêter de me faire chier et tu vas me dire ce que tu fous là, c'est clair ?»

« Translucide. »

Duo eut un temps d'arrêt avant d'hurler.

« On dit 'limpide', pauvre inculte ! »

Sa voix s'enroua avant qu'il puisse finir d'articuler la dernière syllabe, le privant momentanément de la parole.

« Ça va mieux ? » S'enquit le brun tandis que le natté crachait ses poumons.

Curieusement… oui.

« Bien. Alors, parlons boulot, puisque tu insistes.» Reprit Heero, qui en profita pour se caler encore plus confortablement dans le siège en cuir. « J'ai repéré une dizaine de clients. Zones géographiques variées, ethnies variées, religions variées également. Notre vendeur ne fait pas la fine bouche visiblement. Je le crois même capable d'approvisionner deux opposants, ça ne le gênerait pas. »

« T'as remarqué le chinois ? » La voix de Duo était rocailleuse après sa quinte de toux.

« Un chinois ? Non, j'ai rien vu de spécial. T'as vu quelque chose de particulier ? » Heero fronça les sourcils mais Duo haussa les épaules.

« Rien de concret, juste un intuition. » Marmonna ce dernier.

« Mais juste au cas où, méfie-toi d'un petit asiatique avec une queue de cheval. » Ajouta néanmoins le natté.

Heero approuva d'un signe de tête.

« On se retrouve donc sur le quai ? » Ironisa le brun.

« Faut croire. » Rétorqua nonchalamment Duo. « Juste une question : pourquoi tu fais tout ça ? »

« Tout ça quoi ? »

« Me donner des infos. Ne pas me tuer aussi. »

Heero soupira.

« Nos intérêts sont communs dans cette affaire. Il est donc préférable que nous unissions nos efforts, le contexte étant suffisamment délicat pour ne pas se rajouter inutilement des adversaires. Mais il me semble te l'avoir déjà dit, non ? »

« Et si nos intérêts venaient à diverger ? » Questionna Duo, poursuivant son idée.

Les yeux bleus ne cillèrent pas.

« En ce cas, il faudra reconsidérer la question. »

Duo eut un rire sarcastique.

« Quoi ? Pas de grande promesse, du genre 'ne t'inquiète pas, je ne te tirerai jamais dessus, on sera toujours potes' ? » Ironisa-t-il.

Le brun se leva et le dévisagea calmement.

« On n'est pas potes. On n'est juste pas des ennemis. C'est tout. » Précisa-t-il avant de quitter la chambre.

Juste pas des ennemis…

C'était à l'heure actuelle ce qui ressemblait le plus à un ami dans la vie de Duo.

Presque une déclaration d'amour… Pensa-t-il, sarcastique.


Non loin des quais, le lendemain

La chaleur se faisait écrasante. Duo essuya le filet de sueur qui troublait sa vue et reprit ses jumelles.

Le trajet jusqu'à Marsa Alam (Egypte) avait pris plusieurs heures et maintenant, ce soleil de plomb finissait de consumer ses dernières forces. Il devait pourtant tenir. Le cargo n'était plus loin et le déchargement aurait lieu dans peu de temps. Il allait devoir agir.

Dans l'intérêt de ses clients et des nations, il lui fallait empêcher que les armes soient délivrées aux clients.

Le plus prudent était de détruire les pièces avant qu'elles ne soient assemblées. Cela rendait l'identification des 'consommateurs' plus difficiles mais c'était un point sur lequel son boss paraissait d'accord pour transiger.

Qu'à cela ne tienne ! Il ne laisserait pas ces pièces atteindre l'usine d'assemblage.

Son objectif était de couler le cargo, tout simplement. Ce n'était pas un plan des plus stratégiques mais une bonne bombe avant l'entrée au port et hop, c'était fait !

Evidemment, ce n'était le plus facile à réaliser non plus. Infiltration en mer et évacuation, l'approche d'un bâtiment par voie maritime n'était jamais aisée.

Un simulacre de contrôle des douanes ferait l'affaire pour l'infiltration. Les bombes étaient petites et se dissimuleraient à merveille dans une sacoche.

Restait l'évacuation, plus délicate. Heureusement qu'un ou deux kilomètres à la nage ne l'effrayaient pas ! Un micro tuba doté d'une bouteille d'oxygène, permettant une autonomie de quinze minutes en apnée et le tour serait joué.

Les abords du port étaient calmes pour le moment. Il vérifia la position du signal GPS. Le cargo était en approche, à quelques miles à peine, il allait pouvoir passer à l'action.

Il s'apprêtait à monter sur le hors bord des gardes cotes lorsqu'une agitation soudaine près des entrepôts attira son attention.

Des coups de feu retentirent, plusieurs hommes investirent le hangar tandis que deux véhicules tout terrain, d'un vert rutilant, arrivèrent en trombe.

Qu'est-ce…

Duo s'approcha tant qu'il le put avant de se dissimuler près d'un conteneur et détailla la scène avec attention.

Un homme sauta du véhicule, le flingue à la main.

C'était un asiatique avec une queue de cheval.

J'en étais sûr ! Qu'est- ce qu'il fait là celui-ci?

Duo serra les poings. Il devait se décider. Plus le cargo approchait du port, plus il était risqué de le faire exploser.

Des cris fusèrent à l'intérieur du hangar et les coups de feu reprirent de plus belle.

Dans cet imbroglio, il lui avait semblé reconnaitre une voix…

C'est mauvais…

Son instinct ne lui avait pas fait défaut. Un instant plus tard, il vit l'asiatique ressortir en trainant derrière lui un brun aux poings liés et à la tête ensanglantée. Qui fut jeté sans ménagement à l'arrière du véhicule.

Heero.

Duo se mordit les lèvres jusqu'au sang.

C'était la merde.

Le bip du GPS le lui confirmait avec insistance.

C'était vraiment la merde.

A s'arracher les cheveux.

Il avait un cargo à atomiser, là, maintenant, tout de suite, et cet abruti se faisait capturer.

Bordel de bordel !

Il fallait qu'il y aille immédiatement et ce demeuré tombait aux mains de l'ennemi à ce moment précis !

Il était maudit ou quoi ?

Le natté se tordit rageusement les mains, évaluant mentalement les chances de demande de rançon, autrement dit de survie, du brun.

Elles lui semblaient plutôt minces.

S'il n'y avait pas eu ce chinois… Duo le sentait mal.

Il n'était pas un grand sentimental mais s'il ne le tirait pas de là, l'autre idiot ne s'en sortirait probablement pas vivant.

Les sommes en jeu étaient trop énormes pour que la valeur d'une quelconque rançon entre dans l'équation.

D'ailleurs, ces sommes étaient si colossales qu'il n'aurait jamais dû se poser la moindre question. Il aurait dû tourner le dos et aller poser ses putains de bombes. Il aurait dû empêcher le navire d'appareiller. Que ces fichues pièces ne touchent jamais le sol africain.

Tu vas regretter ce que tu vas faire… Ce n'est pas une bonne idée ! Sermonna sa voix intérieure.

Trop tard.

Rageusement, il se lança à la poursuite du véhicule vert, écrasant le GPS dans la paume de sa main, histoire de faire enfin taire ce fichu bip.


Quelque part dans le désert

Deux jours. Il ne lui en fallut pas moins pour retrouver la trace du chinois et atteindre sa planque, recueillir les informations auprès des locaux, déterminer la topographie des lieux ainsi que le nombre approximatif de trafiquants.

Deux jours.

Un exploit de rapidité mais qui représentait néanmoins 2880 minutes.

Soit une éternité pour celui qui est pris en otage et autant de possibilité qu'il soit mort.

Duo s'était d'abord demandé pourquoi il se donnait tant de mal.

Ce mec, il ne lui devait rien. Il n'en attendait rien. Ils s'étaient frittés la tête et s'en étaient sortis quittes. Voilà, ils auraient dû en rester là.

Il n'avait pas intérêt à être ici, alors que les pièces d'armures mobiles se rapprochaient de plus en plus du lieu d'assemblage final, près de Sabha, en Libye. Il ne gagnerait rien à risquer sa peau pour sauver la sienne.

Sans compter qu'il était peut-être déjà mort.

Et cependant… Un élan irrépressible l'obligeait à agir. Un besoin impérieux. Vital.

Comme si c'était l'ultime chance pour lui de garder son humanité. De garder sa raison.

Duo, c'était un homme de peu de foi. Il ne croyait pas en Dieu. Il ne croyait pas au Destin, ni aux forces surnaturelles. La spiritualité, ça ne lui parlait pas spécialement. Il était trop terre à terre.

Trop pragmatique. Et un peu désabusé aussi. Il avait trop vu les préoccupations pécuniaires passer avant les intérêts humains pour croire que le salut des âmes était la priorité mondiale.

Les questionnements philosophiques, il ne s'en souciait pas. Il tuait des hommes parce qu'il le fallait. C'était son métier. Il se battait, parfois il gagnait, parfois il perdait. C'était ainsi. Il ne se sentait ni bon, ni mauvais. Simplement lui-même.

Jusqu'à cet instant.

Jusqu'à ce moment où un instinct primaire l'avait empêché de poursuivre sa route, lui imposant de venir secourir cet homme.

Il n'avait pas pu détourner les yeux, passer outre et continuer. Pas cette fois.

Les dommages collatéraux. C'est comme ça qu'il les appelait, ceux qui tombaient au cours de ses missions. D'habitude, il ne les regardait pas. C'était le jeu. Triste mais réaliste.

Aujourd'hui, il ne pouvait s'y résoudre. C'était simplement impossible.

Il savait qu'il allait tenter quelque chose de fou, limite de suicidaire.

Et pourtant, à quelques secondes de passer à l'action, accroupi dans la remorque d'un camion, il se sentait étrangement calme. Serein. Il avait choisi. D'être ici. De tenter de sauver une vie plutôt que de finir son travail, que de décrocher un énorme pactole, que d'anéantir des armes qui seraient très certainement ensuite revendues par ceux même qui avaient demandé leur destruction.

Il chargea Deathscythe, vérifia minutieusement qu'il avait d'autres munitions dans ses poches, que le mécanisme n'était pas enrayé par le sable. Le chinois avait quitté le camp quelques minutes plus tôt, emmenant avec lui quelques hommes. Ca serait toujours ça de moins à abattre.

Le claquement sec du pistolet qui s'arme. Le frottement du tissu lorsqu'il noue le chèche sur sa tête. Le sable qui crisse sous ses rangers.

Il était prêt.

Il se leva et pénétra sur le camp d'un pas assuré, vif mais sans précipitation.

Bouge pas Heero. J'arrive.


Alors, vous avez la pétoche pour Heero un ti peu, non? A bientôt!

;-)