Du côté de Naozumi.
CHAPITRE 6 : Un bonheur introuvable
Naozumi se réveilla dans la chambre de son orphelinat, se remémorant l'étrange rêve qu'il avait fait cette nuit-là… Avec la mystérieuse fille aux cheveux longs blonds dedans. Le jeune homme ne se souvenait pas trop des détails, mais il ne voulait pas se creuser la tête pour ça. Tout ce qu'il souhaitait à présent, c'était de voir le visage de cette fille. Mais ce qui l'avait le plus marqué chez elle, c'étaient ses yeux. Ses yeux d'un bleu azur si rayonnants… Rien que de se souvenir de ce regard si intriguant le faisait avoir des pensées rêveuses et tout à fait insouciantes.
Pourquoi je pense toujours à toi…
Il n'était plus capable de patienter plus longtemps. Il se prépara vite fait… pas si bien fait que ça, mais aujourd'hui il s'était fait plus beau qu'à son habitude. Puis, il était tellement pressé qu'il glissa sur le paillasson avant de franchir la porte et tomba violemment la tête la première sur le sol. Ah, ça l'apprendra de vouloir à tout prix aller vite !
Naozumi ne pensait plus à rien, le néant total. Il se précipitait vers le lieu où il avait rencontré la belle et mystérieuse demoiselle.
Arrivé à destination, le voilà qui se mettait à se titiller les doigts en signe de timidité, et à avaler grandement sa salive. Qu'est-ce qu'il pouvait bien lui dire pour lancer une conversation ? Il était finalement prêt à s'enfuir, mais trop tard, la jeune fille l'avait déjà aperçu.
« Qui es-tu ?, commença-t-elle.
MOI ? Euh, euh…Je suis là absolument par hasard !
Menteur. Tu voulais me voir, n'est-ce pas ? »
On pouvait en conclure que cette fille était vraiment perspicace. Elle n'était pas comme toutes ces filles naïves qui essayaient toujours de croire à autre chose plutôt qu'à la réalité…
« Moi, c'est Reira.
- Euh et moi, Naozumi. Je vois que tu te trouves toujours au même endroit. Ce lieu serait-il ton préféré ?
- A vrai dire oui. C'est ici que je me calme et me détends. J'y trouve également mon inspiration. J'écris une histoire en ce moment…
- C'est vrai ? Et ça raconte quoi ?
- Ça parle d'un monde irréel, imaginaire. Un peu comme celui d'Alice au Pays des Merveilles. J'avais besoin de me plonger dans un tel paradis. Parce que ma réalité, je ne peux pas l'accepter.
- … »
La réalité…En fait c'est un tissu de mensonges pour moi…
Naozumi ravala sa salive. Quel genre de vie Reira possédait donc pour écrire une histoire avec un tel synopsis ? Le jeune homme ne pouvait s'empêcher d'approfondir sa curiosité à son sujet. Il tapota sur l'épaule de Reira, il ne voulait pas lui en demander plus pour le moment, il souhaitait qu'elle se sente « en sécurité », peu importe la vie qu'elle menait.
« Tu m'as l'air d'un garçon très gentil, peut-être pourrais-je te raconter… Mon histoire…
- Si tu n'en as pas envie, ne te sens pas obligée.
- Si, si. En fait, disons que je cherchais désespérément quelqu'un d'assez fiable afin de lui dire tout ce que j'ai sur le cœur. Et il se trouve que tu es ce « quelqu'un ».
- Heureux de l'apprendre. Je t'écoute attentivement.
- Ne t'attends pas à une histoire qui dure 20 minutes, car elle ne va durer 2 secondes.
- HEIN ? »
Naozumi faisait une drôle de tête à ce moment précis. Mais quel genre de fille avait une vie qui ne pouvait se raconter en 2 secondes ? Il était fin prêt à s'évanouir en beauté.
« Mon père est alcoolique… et ma mère se drogue. Ils ne font jamais attention à moi, donc moi, je les ignore aussi. »
Ayant pitié de sa situation familiale, Naozumi s'assit aux côtés de Reira, comme si il voulait se mettre à sa place.
« Moi non plus je n'ai pas eu une belle vie tu sais… On est un peu semblables.
- Ah bon ? Qu'est-ce qui t'es arrivé ?
- Mes parents m'ont abandonné étant petit…Je les ai retrouvés en Angleterre par hasard quand j'avais l'âge d'être au collège.
- C'est horrible… Pourquoi des parents ne prennent pas soin de leurs enfants ? Pourquoi ils en font si ils ne sont même pas capables de subvenir à leurs besoins ?
- Oui quelque part, c'est vrai… Mais on n'y peut rien. »
Naozumi se mit à fixer le roman que lisait Reira. Il parlait d'un sujet très complexe, que le jeune homme lui-même ne parvenait pas à déchiffrer. Trop complexe pour lui.
Un peu plus tard, le jeune homme se rendit compte qu'il était presque midi, il devait rentrer à l'orphelinat et rejoindre ses « petits frères et sœurs ».
Reira avait un air mélancolique en le regardant s'en aller. Plus il s'éloignait, plus la vue de celle-ci devenait floue.
Reviendra-t-il tout à l'heure ? Ou que demain ? Ou alors… ne reviendra-t-il plus jamais ?
Rien que cette seule et unique pensée faisait sentir la jeune fille au bout du rouleau, complètement désespérée. Se pouvait-il… qu'elle l'aimait ? Bien que ce sentiment ne lui venait jamais à l'esprit. Dans le but de tenter d'avoir autre chose en tête, Reira sortit une petite sucette de sa poche droite et voulut sentir son délicieux petit goût sucré dans sa bouche. Mais cet instant ne dura que quelques minutes. Peu après, elle repensa encore à Naozumi. Elle en avait marre de ce sentiment. L'oublier serait-il la meilleure chose à faire ?
L'oublier… en serais-je capable ?
Elle ferma tout d'un coup son livre. Elle venait de prendre une grande décision. Mais était-ce la bonne à prendre ? Elle ne le savait pas, mais il fallait qu'elle suive son instinct, et qu'elle écoute son cœur.
Je ne sais pas, je ne sais plus… Oh et puis, peu importe, à présent…
Elle écrivit sur un petit bout de papier avec comme support le fameux cerisier où elle se trouvait toujours. Du coup, l'écriture de Reira était quelque peu illisible, mais elle faisait de son mieux pour qu'on comprenne bien le message qu'elle voulait faire passer à Naozumi. Qu'est-ce qui était donc écrit dessus ? Un grand mystère pour le moment…
Trouveras-tu ce message ? Ou alors s'envolera-t-il jusqu'au septième ciel ?
Après une profonde pensée, Reira s'en alla. Mais où ? Elle ne pouvait pas rentrer à la maison, à cause de ses parents qui la faisaient souffrir à longueur de journée, et ce, depuis toute petite.
Du côté de Naozumi, ayant terminé son repas quotidien avec sa « grande famille », avait maintenant pour objectif de revoir celle qui avait tant fait vibrer son cœur et son corps. Il courait, courait… Il ne vit personne à son arrivée. Au départ, le jeune homme se disait qu'il se trompait peut-être d'endroit, elle était sans doute derrière lui ou à proximité, toujours en train de bouquiner. Non, personne. Un grand vide s'imposa. Où était-elle ? N'était-ce qu'une blague de mauvais goût, comme une partie de cache-cache que Reira avait décidé toute seule ? Non, Naozumi ne l'imaginait pas faire ce genre de choses, impossible.
Ce fut à ce moment qu'il aperçut un étrange morceau de papier coincé dans les branches d'un des cerisiers se trouvant dans l'allée. Il eut un mauvais pressentiment. Il le lut. Ses sourcils froncèrent légèrement et les larmes se mirent à couler toutes seules. Il relut, cette fois à voix haute :
« Naozumi, si tu lis ce petit mot, ça veut dire qu'à partir de cet instant, je ne serai plus là. Demain, je prendrai le premier vol à l'aube en direction de l'Amérique, afin d'y rejoindre mes grands-parents et de vivre avec eux. Je n'ai guère le choix, si ce n'est que de supporter encore et toujours ces maudits parents qui m'ont donné la vie sans y avoir réfléchi avant. Peut-être que tu seras triste, peut-être que dans le fond tu n'en as rien à faire, mais je m'en fiche. Je voulais absolument te faire part de ma décision. Je crois bien que…je ressens un étrange sentiment pour toi, même si je ne sais pas encore de quoi il s'agit exactement… Peut-être que toi, tu pourrais me le dire ? Ah mais non suis-je bête, c'est trop tard. Quoiqu'il en soit, j'ai été heureuse de faire ta connaissance, même si ce n'était que pendant un bref instant…Voilà, tu sais tout à présent. Je te dis : « Adieu ».
Prend soin de toi.
Reira. »
« Ce mot est… vraiment illisible... », dit Naozumi, ne pouvant cesser de pleurer.
Il rentra à l'orphelinat, en marchant de travers, tel un petit garçon qui ne retrouvait plus ses parents, et qui errait, dans la rue. Il pleurait toujours. Mais il ne voulait pas laisser partir Reira de cette manière idiote. Il voulait au moins lui dire… « Au revoir », et non « adieu ».
Tout le monde s'inquiétait à propos de Naozumi. Celui-ci, à peine rentré, se dirigea, toujours en marchant d'une drôle de manière, vers sa chambre. Il ouvra sa fenêtre, histoire de se remettre de ses émotions. Il se mit soudain à crier de toutes ses forces, tout le monde l'entendait et pensait qu'il était devenu dingue. Le jeune homme n'en avait rien à faire de ce que les autres pouvaient dire de lui.
Naozumi avait mit son réveil à sonner très tôt de manière à pouvoir rattraper Reira le lendemain.
Le moment venu, Naozumi se prépara aussi vite que l'éclair et accourut vers sa destination : l'aéroport.
Arrivé, il regarda partout autour de lui, étant sacrément paniqué. Il espérait que l'avion de Reira ne s'était pas encore envolé. Il pria même en public, ce qui le faisait devenir quelque peu ridicule.
Soudain, un troupeau de groupies se jeta à son cou, lui demandant un autographe pour chacune d'entre elles. Le pauvre était envahi par les caprices de ces filles de tout âge. Etre acteur était difficile, surtout dans des moments comme celui-ci.
Un miracle se produisit, Naozumi reconnut le doux visage de celle qu'il aimait secrètement. Mais seulement pendant un court instant.
Faîtes que je ne la perde pas aussi vite…
Il repoussa subitement le groupe qui l'entourait et courut de toutes ses forces, afin d'atteindre celle qui comptait le plus pour lui et lui dire ce qu'il ressent.
Ça y est, il était enfin parvenu à la rattraper, celle-ci étant étonnamment surprise. Pourquoi était-il là ? Elle pensait vraiment qu'il la laisserait tomber, elle qui était si ennuyante…
« Ne pars pas comme ça ! Tu ne t'imagines pas à quel point ça me fait souffrir de savoir que je ne vais plus te revoir ! Parce que, je… JE… !
Je sais, ne dis plus rien. Mais je reviendrais. Donc… ne m'oublie pas, s'il te plaît.
Tu plaisantes… Jamais je n'aimerai une fille comme je t'ai aimée, toi !
Ça me fait vraiment plaisir que tu me dises ça, Naozumi. Adi…
AU REVOIR ! »
Reira se mit à sourire d'un air triste, mais faisait tout pour ne pas que les larmes sortent, elle voulait garder le sourire jusqu'au bout. Afin de ne pas partir avec des regrets, et des confusions. Elle tint la main de Naozumi pendant un court instant, puis l'embrassa tendrement sur le front. Le jeune homme essayait de sourire comme il pouvait avant que celle qu'il aimait parte. C'était dur pour lui, et aussi pour elle. Mais il le fallait. Pour son bonheur à elle.
Reira partit enfin, toujours avec un faux sourire aux lèvres. Naozumi resta à contempler le ciel en pensant à ces brefs moments passés ensemble… des heureux moments…
Ne m'oublie pas…
Je reviendrai…
THE END OF THE STORY OF NAOZUMI AND REIRA ( attention, là non plus ce n'est pas encore la vrai fin, il reste à trouver une fin pour Akito et Sana ! )
