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Yo ! Je suis désolée de poster ce samedi, je devais poster jeudi mais j'ai complètement zappé parce qu'une affaire au boulot vient de se complexifier et je me suis retrouvée à arrondir les angles d'un conflit familial qui dure depuis vingt ans, donc hum. Voilà.
Enfin bref ! Voilà la suite ! J'espère que ça va vous plaire. Ca fait bizarre de poster le début de la guerre dans ce chapitre, vu que là, aujourd'hui, je suis en train d'écrire la bataille finale. Je tue plein de gens. je me fait pleurer toute seule. Ou je ricane d'un air sadique. Bref, j'y mets toutes mes tripes ! J'espère que vous allez aimer...
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Mais passons aux réponses aux reviews !
Yo Aomine ! Ah, oui, Rogue, on l'aime ou on ne l'aime pas. Il a une personnalité difficile, je sais x) Et j'accepte totalement que son caractère merdique ne soit pas au goût de tout le monde ! Je ne me rebiffe que quand le sgens crachent sur mes persos préférés et leurs inventent des torts impossibles (allant de "il voulait juste baiser Lily !" à "il savait que Sirius était innocent depuis le début") pour justifier leur haine. Enfi, bref, oui, c'ets bie Bill le prof ! Et pour ce qui ets de la malédictio... Ca va venir. Je ne gâche pas le mystère x) Le plan de Dudu n'est pas de demander à Elisa d'approcher Dudu, non. Déjà car il sait qu'Elisa ne prend pas Alchimie, et ensuite parce qu'elle n'a pas le côté manipulateur nécessaire. Non, dans cet univers, Dudu va travailler lui-même sur Slughorn. Il n'est pas mourant, il est incroyablement puissant politiquement, et c'est lui qui possède les deux "joyaux" convoités par Sluggy (Harry et Elisa) : il a donc bien des moyens de faire subtilement pression sur lui... Ah ah ah. Bref ! Cela dit, comme ça va être Dudu qui va travailler Slughorn, on n'aura pas beaucoup de passages avec lui et Elisa. Désolée !
Ah ah BlancheEner ton commentaire m'a bien fait rire ! Oui, courage à Jojo pour que le dragon ne mange pas Nutella le hamster x) Je m'y suis attaché à ce hamster (qui n'apparait jamais visuellement dans la fic en plus, il est juste mentionné xDDD). Bref ! Contente que ça t'ai plu =) Je note le vote pour Willemus !
Yo Titietrominet27 ! Pauvre SLug', tu l'avais oublié x) Et tu vas être déçue : Elisa va garder ses distances avec lui... Enfin bref. Oui, tu peux rêver pour Remus et Tonks XD Mais bon, peut-être qu'après la guerre, ils pourraient se rencontrer, sympathiser... M'enfin, il faut voir comment ça se passe. Pour ce qui est de Dudu : ooooh, j'aime quand les gens s'interrogent sur ses motivations ! Alors, pour les livres : tu n'as pas tort. Pour la pierre : tu as tort xD Il s'en sépare car il l' a utilisé une fois, ça l'a étranglé de regrets et de remords, et ensuite Elisa lui a passé son coup de miroir lui rappelant de ne pas toucher au caillou qui pousse au suicide, et ça l'a secoué. Il s'en débarrasse donc pour ne pas re-succomber à la tentation... Mais il a aussi une autre motivation, que je vais expliquer dans le Bonus Spécial, parce que c'est assez compliqué x)
Hello Manifestement-Malefoy ! Tu m'as fait mourir de rire avec ton commentaire "Dumbledore et Voldmeort ont tous les deux perdus une main quand Elisa était dans le coin", c'est tellement vrai xDDD Et oui, Elisa a la trouille de Rogue. Qui ne l'a pas ? Mais même si elle n'arrive pas à prédire Rogue, à discuter avec lui, ou juste à interragir avce lui sans flipper... J'aime écrire les scènes où il apparait xD C'est quand même mon perso préféré ! Sinon, hum... Oui, Elisa se met beaucoup la pression. Sauver Cédric est, pour elle, le "minimum acceptable" et donc elle ne réalise pas l'énormité de ce qu'elle a fait en le sauvant xD
Salut Redheadead ! Quelqu'un qui est exaspérée et enragée par Captain America, comme moi, excellent. J'approuve. Bref ! Pour en revenir au chapitre ! Fudge va rester Ministre. Il a le poste, il a réagit promptement après le retour de Voldy, il n'a pas de grosse conneries dans son passé pouvant tourner l'électorat contre lui (puisqu'il n'a pas nié le retour de Voldy, et qu'il obéit à Dudu), donc... Oui, il va rester Ministre x) Scrimgeour va rester chef des Aurors, et Amélia Bones directrice du Département de la Justice Magique. Ca leur laisse plus de champ d'action x) Pour ce qui est de Tracey : c'est tout à fait in character pour elle. Elle est sympa, elle est gentille, mais elle est aussi impitoyable et une survivante. Je l'imagine un peu comme j'imagine Lily Evans, en fait : populaire, douée, brillante, mais pas aveuglée par la romance. Parce que confrontée à un choix entre deux garçons, Tracey comme Lily sont le genre de filles qui se choisiront toujours elles-mêmes. Lily s'est retrouvée piégée : par sa grossesse, la guerre, la prophétie, le Fidélitas, son mariage... Tracey ne fera pas la même erreur. ENFIN BREF ! Nope, pas de Fleur dans cette fic x) Dommage ! Mais ça n'aurait pas été canon. Fleur n'a pas les mêmes raisons de s'investir en Grande-Bretagne : pas de mort brutale au Tournoi (qui attiserai sa culpabilité et sa fougue) et pas d'amitié avec Bill (puisque qu'elle ne l'a jamais rencontré)...
Dame Aureline ! Que j'aime tes longues reviews qui me font réfléchir x) Oui, Dumbledore donne la pierre à Elisa parce qu'il est las de ses regrets. Il a utilisé la pierre et a revu sa soeur : mais ça a failli le briser. D'une certaine façon, si Elisa ne l'avait pas appelé pour lui dire "rappelez-vous que la pierre pousse au suicide !", il aurait gardé la bague et continué à l'utiliser : mais grâce à ce rappel de la dangerosité de la pierre, grâce à ce rappel que quelqu'un sait ce qu'il ets en train de faire, il n'a pas cédé à la tentation à nouveau... Et il se sépare de la pierre pour que cela n'arrive pas. Mais il a aussi d'autres motivations, un peu moins honorables (notamment : filer la pierre à Elis apour voir si elle va y céder). Je vais développer tout ça dans le Bonus Spécial, je pense, parce que ça demande une longue explication. Pour ce qui est du phénix, Fumseck... Je ne suis pas encore fixé sur son rôle. D'une certaine façon je pense que pour "perpétuer" l'image de Dudu, prendre sa suite, Elisa devrait tisser un lien avec lui. Mais ce n'est pas vraiment son style. Je pense que Fumseck restera donc uniquement lié à Dumbledore... Enfin bref. Pour ce qui est de Bill : ravie que son apparition te plaise ! Oui, il était temps de filer un prof compétent à Poudlard x) Très intéressante, cette histoire d'Iris-Persephone... C'est le genre de choses qui me fascinent à propos de la mythologie. Enfin, pour achever cette réponse sà ta superbe review, parlons de la Mort en tant qu'entité ! Non, je ne comte pas la faire apparaître en tant qu'entité, en tant qu'être qui discuterait avec Elisa (ou Harry, d'ailleurs, ou quiconque). Pour moi, ça reste un concept. Il n'y a pas d'Être qui tisse la trame du récit, pas de Puissance Suprême avec qui discuter. L'univers n'en a pas besoin. Il est vaste, grand, chaotique, merveilleux. Oui, le Destin est parfois lié à des points fixes grâce à des prophéties, et parfois la chance ou la malchance bouleverse les choses avec une telle précisio qu'on se dit que quelqu'un doit l'avoir fait exprès, et oui Elisa est une anomalie de l'univers... Mais tout ça, ce sont des évènements spontanés. Personne ne tire les ficelles. Chacun est responsable de ses propres choix, et chacun doit en supporter les conséquences. C'est un des thèmes récurents de la saga EB : le pouvoir du libre-arbitre. D'une certaine façon, je trouve ça à la fois plus beau et plus effrayant encore que l'idée qu'il existe une Entité veillant sur le déroulement des évènements.
Coucou DreamerInTheSky. Mwahahaha. Ouiiii je sais exactement ce que tu en penses. ET JE NE REGRETTE RIEN MWAHAHAHAHA. Les dés sont jetés !
Yup IceQueen, Voldy a eu la main lourde sur les Horcruxes xD Heureusement qu'il n'en a pas fait neuf ! Euh, non, Dudu ne va pas enseigner la Légilimancie à Elisa, même si elle est très inquiète que ça soit le cas xD C'est Flitwick qui va s'en charger, le rôle de Dudus sera très périphérique dans cette affaire. Après tout, il a des préoccupations un peu plus urgentes...
Salut LuunaCrazy ! Ah, Elisa n'y peut rien si elle se sent coupable. Elle a beaucoup d'empathie, elle ne peut pas s'empêcher de se sentir associée à la souffrance des gens. Bref ! Ouiii, tous les élèves ont pas mal évolué. Cédric, plus mature : Trisha, qui s'investi dans l'avenir et ses inventions : Helen, moins enflammée : Heather, plus mesurée : Adrian et Terence, plus instruits... Tout le monde a évolué au cours de ces cinq tomes. Ooooooh, participeras-tu à Kandorya 2019 alors ? Ca serai cool !
Yo Lassa ! Tu as raison sur un point : le fait que Dudu renonce ainsi à la pierre est... suspect. ET en effet, il a une motivation cachée ! Cela dit, elle ne sera pas révélée avant le chapitre 16 au moins xD Donc tu as du temps devant toi pour découvrir la vérité ! Pour ce qui est du fonctionnement de la pierre (pour ramener des gens qu'on ne connais pas par exemple), j'avoue que c'ets un truc qui me travaille. Je pense que je vais réussir à caser on headcanon sur ça quelque part dans la fic. Mais en attendant, c'est un spoiler ! =)
Hello Streema ! Oui, Elisa commence à apprécier Dumbledore x) C'est dur d'être "proche" de quelqu'un (même si c'est purement question de stratégie) sans finir par connaître cette personne... Et c'est dur de comprendre quelqu'un, d'empathir avec lui, et de ne pas l'apprécier. BREF ! Pour ce qui est d'Harry et Tracey : je ne suis pas fixée, j'avoue. C'est une idée à creuser !
Yo Lucie ! Aaah, merci beaucoup =) Contente que ça te plaise ! J'ai du mal à croire que ce tome est le dernier de la saga EB, je me suis vraiment beaucoup investie dans cette fic. Enfin, bon, je vais quand même essayer de faire de cette histoire une réussite jusqu'à la fin !
Salut Gladoo89 ! Yep, tu avais vu juste pour Bill x) Et toc ! Contente que ça t'ai plu... Et que la mention de Slughorn t'ai plu aussi, ah ah x) Pour ce qui est de la Pierre, Dudu a plusieurs motivation. Oui, c'est partiellement un "Galadriel" : il renonc eà la tentation du pouvoir. Mais il y a aussi le fait que 1) il a utilisé la pierre avant d'y renoncer, il sait donc ce qu'il perd et peut le rationaliser et 2) Elisa sait parfaitement ce qu'est la Pierre, ce qu'il veut en faire, et Dumbledore a horreur d'avoir quelqu'un qui le tient responsable de ses actions (oui, c'est un facteur). Et la troisième raison est... Plus compliquée. Je pense la détailler dans le Bonus Spécial. Bref ! Ah ah, ouiii, ROGUE MWAHAHAHA ! Faut vraiment lire entre les lignes avec lui. Le souvenir ne doit pas être compromettant si jamais Voldy le regarde, mais en même temps Rogue veut protéger les élèves... Mwahaha. Il marche sur le fil du rasoir quand même. Et en prime, il n'arrive à rien avec Elisa xD Voilà. Et oui, Elisa a non seulement eu "ma vie" (son incarnation précédente) pour découvrir le concept d'AroAce mais aussi s'y identifier, mais en plus elle a eu une deuxième vie, où ses parents ne lui ont pas mis la pression du "trouve-toi un homme ou quelque chose cloche chez toi". Donc ouais, elle le vit bien x) Puet-être qu'elle aura un coup de cœur pour un de ses ami(e)s, hein. Elle pourrait être demi-romantique, ce n'est pas exclu. Mais voilà, j'en doute x) C'ets à voir !
Coucou Letilableue ! Ravie que ça te plaise x) J'aiiime les conversations entre Elisa et Dumbledore. Et entre Rogue et Elisa, c'est toujours épique. Il y en aura une autre qui sera particulièrement épique vers la fin du tome, tu vas voir !
Yep Wrapochou, ce tome va faire dans les 500 pages. Sans doute même plus... JE SAIS PLUS M'ARRÊTER, AAAAAH ! Ahem. Bref. Oui, Dudu renonce à la Pierre ! Et ça n'a pas été une décision facile. Mais il a plusieurs motivations, certaines honorables et nobles... Et d'autres froides et calculatrices. Tu verras !
Ooooh AnjoBaanWeiss ça faisiat un bail ! Oh mon dieu t'avais tout deviné ? Lupin, Bill, les fausses dents ? Trop fort xD Et oui, je me suis éclatée à écrire Elisa qui désarme Dudu, baguette sous la gorge, et qui après réalise en mode "oh fuck" qu'elle est devenue maîtresse de la Baguette de Sureau xDDD ENFIN BREF ! Sinon, pour tes questions... Nan, Percy et Rogue ne vont pas se rencontrer, et encore moins dans leurs rôles d'espions. Dommage, cela dit, ça aurait été intéressant. Sev va bien observer Elisa d eplus prêt (et il connait l'existence de l'Alliance dans une certaine mesure) mais il ne va s'y impliquer, il ne réalise pas encore qu'elle est un joueur sur le plateau d'échecs, pas juste une pièce importante. L'idée des elfes espions pourrait être bien, mais je headcanon les elfes comme ayant des facultés intellectuelles très avancées pour ce qui est du rationnel (maths, magie, visualistaion en 3D, etc.) mais épouvatables en ce qui concerne l'émotionnel (ils ne savent pas mentir du tout). Donc... Non pour les elfes espions ! Dommage. Pour ce qui est du fait qu'Elisa se batte sur le terrain... SPOILER ! Sinon, tu as vu juste pour un des couples. Mais Lupin/Cécile ?! C'est tiré par les cheveux ! Ils ont des caractères incompatibles ! Sinon ouais Saul Funestar est un clin d'oeil à la fic de Dreamer (tu as lu notre fic commune ?). Pour ce qui est de la survie de Rogue... Je ne sais pas encore. Pareil pour Percy, Ollivander, bref, tout un tas de gens. Yep, le Cracmol de la famille Selwyn qui est à Tourmaline a un lien avec Myriam : ils sont lointains cousins. Nope, Hécate Nightingale n'a pas de lien avec la fic "Zoé Nightingale", je ne la connaissais même pas. Et Elisa s'entraîne à dévier les sorts qu'elle lance, pas ceux qu'elle reçoit en pleine poire ! Donc non, elle ne pourras pas dévier un Avada qu'on lui jette. Bien tenté, cela dit x)
Coucou Kuro No Kage ! Te revoilà x) Contente que ça te plaise ! Je m'efforce toujours de rester dans le réalisme. Pourc e qui est du scénario, des idées qu'ont les différents persos... Mais aussi des perso eux-mêmes. Et pour ça, Dumbledore et Rogue sont parmi le splus difficiles à écrire ! xD Je ne sais pas si j'écrirai une uatre scène avec Rogue avant le dernier tiers de la fic, d'ailleurs...
Bienvenue dans l'aventure PinkCassy ! Ooooh, contente que ça te plaise ! Cette longue review était un pur bonheur à lire. Yep, Elisa est un perso assez travaillé, avec des qualités mais ausi des défauts, qui dépendnet souvent les uns des autres. Travailleuse, mais trop exigente : concentrée sur son but, mais arrogante : douée dans certains domaines de la magie, mais au détriment d'autres... Etc. Bref ! OOOOH, une fan de Rogue ! Comme moi ! Oui, c'est dur de trouver des fics où il a le bon niveau de profondeur et de complexité. J'essaie d'êre à la hauteur. Et comme toi j'ai été choquée dans le canon par la façon dont Dudu recrute Rogue, en jouant sur son désespoir, en lui laissant entendre qu'il ne sauvera les Potter que si Rogue lui donne quelque chose en échange. Ok la guerre était dure, Rogue était un Mangemort, Dudu menait une lutte désespérée, le contexte justifie ce choix, mais... C'est froid. C'est cruel. Bref, ça me fait un poids sur l'estomac, d'y repenser. BREF ! Yep Elisa recadre les profs bien pensants et sûrs d'eux lorsqu'un élève est en danger xD Dudu et McGo, ce sont eux qui m'ont le plus choqué (quoi que, Hgarid et les retenues dans la Forêt Interdite...). Il fallait que ça sorte ! Et en effet, Tom Jedusor a bien laissé un emarque sur la personnalité d'Elisa ! Je me suis bien étendue là-dessus dans le bonus du tome 2 x) Voilà voilà ! ET je suis ravie que tu approuves Tourmaline, je suis assez fière de cette idée. Surtout qu'elle n'a pas fait l'unanimité chez les lecteurs ! Bref, j'espère que la suite va te plaire tout autant. A plus !
Hello DawnEcho ! Ah ah, contente que tu approuve. Rogue est affreusement difficile à écrire, donc je le fait peu apparaitre... Mais j'essaie de lui rendre justice à chaque fois. Bref ! Yep, on va ENFIN avoir un prof de Défense compétent grâce à Bill. Mwahahaha. Et oui, il y aura toujours des accrochages entre Dumbledore et Elisa, ils ont des différences trop fondamentalement incompatibles. Mais oui, ils vont faire une ffort pour mieux collaborer, à présent x)
Ah ah, Atsugi, le tome 6 de Renouveau VA ÊTRE PUBLIE ! Mais... Ca ne sera pas moi qui vait l'écrire. J'ai confié l'histoire à Zeidra Senester, l'auteur de la saga Entre Les Mondes (qui est un spin-off de Renouveau, d'ailleurs). Va sur son profil et surveille-le ! Ca devrait arriver courant décembre.
Yo BountyReverse ! Contente que ça t'ai plu x) Le fait qu'elle recrute des "lieutenant" t'as fait penser à Dudu ? C'est étonnant, parce que c'est l'inverse ! Au lieu de garder la mainmise sur tout (la coordination, les secrets, l'agissement...), elle va partager l'affaire entre plusieurs personnes pour que l'Alliance puisse complètement fonctionner sans elle. Pas comme Dumbledore, sans qui l'Ordre du Phénix s'écroule. Justement, le but c'est qu'elle ne soit pas indispensable... x)
Hello Drastoria ! Pour répondre à ta question : oui, Fleur est bien en Grande-Bretagne ! Elle travaille avec Gringotts, et elle est en contact avec l'Ordre du Phénix (Tonks et Charlie ont été chargés de devenir ses amis : Tonks s'en fout, mais Charlie l'aime bien). Cependant, comme Fleur n'a jamais eu de raison de contacter l'Alliace ou même d'apprendre son existence, et qu'Elisa n'a pas cherché à la recruter... EH bien Elisa ignore tout de la présnece de Fleur xD Sinon, nope, Elisa n'a pas commercialisé la vidéo sorcière ! Elle a commercialisé les miroirs. La vidéo reste pour l'instant un projet perso. Pour ce qui est de Trisha : elle pourrait totalement épouser un des jumeaux, je ne sais pas encore lequel x) Sans doute Goerge, le plus posé !
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Beaucoup de reviews, dis donc ! Je suis fière x)
Vous savez que ce tome cinq va être énoooorme ?! Je vais bientôt dépasser les 500 pages. CINQ CENT PAGES TOUT LE MONDE. C'est incroyable. Et dire que le tome 1 faisait à peine 222 pages ! Moins de la moitié du tome 5 ! Que de chemin parcouru... Et bon sang, j'ai des idées de suite, de bonus, de spin-off... Argh. Ca va être dur d'écrire l'épilogue !
Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, hein. On en est au chapitre 5 seulement !
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Passons à la fiche du personnage du jour ! Vous l'avez beaucoup réclamé... Alors voici la fiche de Raphael Willemus, le concierge/espion/ex-Auror/mercenaire qui patrouille désormais Poudlard !
La fiche de sa collègue Leopolda Ecclestone est en exclusivité sur la Salle sur Demande, sur fb. Lisez-là, vous allez être choqués par son lien avec Maugrey...
Bref !
Raphael Alphonse Willemus est un Né-Moldu et un ancien Serdaigle, âgé de quarante-cinq ans. Grand, mince, le visage impassible, il des yeux gris perçant et les cheveux noirs coupés ras. Il porte quasiment toujours sa capuche rabattue sur la tête, ce qui est assez impoli, mais lui permet de cultiver une aura de mystère. Avec sa réputation, personne ne va essayer de le forcer à être aimable…
Le père de Raphael, Alphonse Willemus, était militaire : c'était un pilote membre de la Royal Air Force. Il est décédé dans un accident d'entraînement quand son fils était adolescent. Son épouse et la mère de son fils, Laura Willemus, était femme au foyer : après son décès, elle s'est repliée sur elle-même, et a dépérit assez vite. Son fils a fini par la placer dans une maison de soins après sa sortie de Poudlard.
Raphael Willemus a eu un parcours éclectique. Il a d'abord voulu être Auror, suivant les traces de son père et devenant militaire à sa façon. Il y est parvenu, et il est demeuré le seul Né-Moldu des troupes du Ministère durant huit ans. C'est là qu'il a rencontré Rufus Scrimgeour, qui a été son partenaire et son meilleur ami.
Cependant, face au racisme de ses pairs, Willemus a finalement décidé qu'il avait mieux à faire de sa vie que d'être constamment rabaissé par des gens qui n'appréciait pas ses compétences. Il a quitté le Ministère (mais a gardé contact avec Scrimgeour) et est devenu Briseur de Sorts pour Gringotts. Il a gardé ce travail durant environ dix ans, voyageant en Inde, en Egypte, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis. En plus de son job pour les gobelins, il lui arrivait de plus en plus souvent de faire passer de la contrebande entre deux pays, de seconder des amis durant des duels, voire de voler quelques bricoles. Bref, c'est là qu'a commencé sa carrière de mercenaire.
Au bout d'un certain temps, il y est devenu tellement bon qu'il a démissionné de son poste de Briseurs de Sorts et a simplement offert ses services au plus offrant, que ce soit en tant que Briseur de Sorts ou tout autre boulot lucratif. Ayant conservé de bonnes relations avec Scrimgeour, il lui a servi d'espion partout où il allait. La seule exception notable à cela a été les six ans qu'il a passé dans l'emploi de la famille Giovanni aux Etats-Unis.
Il a commencé par être garde-du-corps du père, puis est devenu son ami, puis est devenu garde du corps de ses enfants. Il se plaisait dans cette vie. Puis son boss a découvert que son fils aîné était Cracmol, et a essayé de le faire disparaître. Willemus en avait vu de belle, mais c'était au-dessus de ses forces. Il a pris le gosse (alors âgé de dix ans), a démissionné, et a reprit son travail de mercenaire.
Durant deux ans, il a erré de boulots en boulots en Europe. Puis Scrimgeour lui a envoyé une coupure de la Gazette au sujet de Tourmaline (ou plutôt, du recrutement de professeurs), et Willemus est retourné en Grande-Bretagne. Lorsque Tourmaline a ouvert ses portes huit mois plus tard, il y a inscrit l'enfant sous son vrai nom, Milo Giovanni. Il ne voulait pas vraiment s'en débarrasser, mais… Il ne savait pas trop quoi faire d'un gosse, alors ça lui ôtait un poids des épaules.
Depuis son arrivée en Grande-Bretagne, Willemus travaille pour Scrimgeour, comme informateur anonyme dans diverses affaires sensibles. Après le retour de Voldemort, Scrimgeour lui a demandé d'aller à Poudlard pour espionner les enfants de Mangemorts, car il pensait (à juste titre) que Dumbledore s'efforcerait de les protéger et de leur donner une seconde chance, au lieu de se servir d'eux comme pistes, ou comme appât. Willemus a comprend le raisonnement de Scrimgeour, mais il a cependant certaines limites concernant l'utilisation des enfants, et il a accepté ce job pour s'assurer que ce ne soit pas un Auror avec une moralité plus flexible qui se retrouve en charge des gamins de Mangemorts.
Raphael Willemus est quelqu'un de silencieux, posé, et observateur. Contrairement à sa collègue Leopolda Ecclestone, dont le quasi-mutisme dégage une impression de froideur et presque d'hostilité, Willemus semble plus approchable. Il est mystérieux, mais pas louche, ou menaçant. Impressionnant, peut-être, avec son aura de secrets et ses sourires en coin dénués de joie, mais pas effrayant. Du moins, pas si on n'a rien fait pour l'agacer.
Car Raphael est du genre neutre et calme, difficile à déchiffrer mais relativement serein… Mais il ne faut pas le fâcher. Sa colère est une explosion glaciale et implacable. Sans être délibérément cruel, il n'a pas vraiment de limites quand il est furieux. Il est calculateur, intense, impitoyable, avec une froideur méthodique qui donne la chair de poule.
Ce côté intense et féroce de lui-même ressort surtout lorsqu'on menace ce qui lui est cher. Et il y a très peu de chose auxquelles il tient à ce point… Son fils adoptif Milo, le sort des enfants en général, les actes de barbarie les plus monstrueux… Et c'est à peu près tout. Eh oui, Willemus a une tolérance vraiment très élevée. Il reste quasiment toujours froid et tranquille.
Il n'a pas du tout un naturel impulsif, c'est vrai, et ça aide. Mais il a aussi une grande maîtrise de lui-même et il est donc difficile de le faire craquer. C'est un excellent Occlumens (peut-être même du niveau de Rogue), particulièrement doué pour la compartimentation mentale. Il semble toujours un peu détaché, d'ailleurs. Attentif, mais pas vraiment impliqué émotionnellement. Et il est très dur de percer ce vernis d'indifférence soigneusement cultivé…
C'est un sorcier très compétent, et pas seulement un Occlumancie. Il est aussi Légilimens (mais ses capacités sont brutales, pas du tout subtiles : et certainement pas aussi puissantes que celles de Voldemort). Il est bien sûr très doué en Défense, en Runes, en Charmes Gardiens, en Créatures Magiques, et tout ce qui relève des Briseurs de Sorts en général. Ce n'est pas pour rien qu'il a exercé ce métier durant des années. Il est aussi un duelliste vif et efficace, même si ce n'est pas son talent principal. Oui, il a été Auror, mais à présent il a davantage développé son style vers l'attaque sournoise (tendre des pièges, tirer dans le dos, etc.), ou la protection d'autrui (faire des diversions, gagner du temps, créer de la confusion, séparer des combattantes, etc.). Il est largement assez doué en combat direct pour écraser quelques adolescents, mais il aurait beaucoup plus de mal à faire face à plusieurs Mangemorts. Dans ce genre de situation, son plan consiste à se cacher derrière Leopolda Ecclestone, de toute façon.
Willemus n'a pas beaucoup d'amis, mis à part Scrimgeour. Il s'entend bien avec Ecclestone, dont il apprécie l'efficacité (et le silence, lui-même n'étant guère bavard). Il n'est pas très proche de Milo, son fils adoptif, mais il tient beaucoup à lui. Quant au reste du monde… Il s'en moque un peu.
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Voilà ! J'espère que Mr Willemus vous intrigue x)
C'est bête, il n'a pas un rôle très important dans l'histoire. Enfin, si, mais pas pour Elisa. Ou pour Harry. Bref, il ne va pas vraiment apparaitre beaucoup. Ce qui est dommage car il a pas mal de potentiel !
Anyway, vous en avez sans doute marre que je fasse traîner les choses. Promis je vous donne le chap' ! Mais avant, il faut une piqûre de rappel, non ?
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Dans les épisodes précédents...
Elisa est revenues à Poudlard. Il y a deux concierges, Mrs Ecclestone (une Auror), et Mr Willemus (mercenaire, au service de Scrimgeour). Ils sont un poil sinistres mais au moins ils sont compétents, et Rusard ne manque à personne !
La guerre augmente d'intensité, dehors. Pour la première fois depuis son retour, Voldemort s'attaque au civils, cherchant à instaurer un climat de terreur. Heureusement, grâce au travail de l'Alliance Rebelle durant l'été, de nombreuses maisons sont protégées. Mais pas toutes... Et des innocents comment à mourir.
Elisa réfléchit désespérément à ce qu'elle peut faire pour se débarrasser de la Baguette de Sureau, sachant que sur le long terme, elle veut la transmettre à à Harry. En faire le Maître de la Mort est le seul moyen qu'elle connaît pour le sauver de l'Horcruxe qu'il y a dans sa cicatrice... Et, sachant qu'Harry possède déjà la cape et qu'Elisa est à présent en possession de la Pierre (que Dumbledore lui a donné, dans un geste complètement inattendu), elle n'a pas perdu espoir d'y parvenir.
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Ok, c'est tout. Vous avez tout lu ? Tout absorbé ? Vous êtes prêts ?
Alors go !
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La première frappe
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Elisa cacha la pierre dans un médaillon creux ayant appartenu à sa mère (celui qu'elle avait porté au Bal de Noël, l'année dernière), qu'elle enfouit ensuite au fond de son coffre. Elle ne savait pas trop quoi en faire. Elle attendit l'inspiration, mais en vain.
Les jours passèrent et, au plus grand étonnement d'Elisa, la routine s'installa à Poudlard.
Il y avait les cours, les devoirs, les recherches à la bibliothèque, les leçons à préparer pour le CEM ou le club de Sortilèges. Le professeur Flitwick relança l'activité dudit club à la mi-septembre et, comme toujours, il y avait beaucoup d'intéressés. On y apprenait de nouveaux sorts, on s'entraidait, et parfois Flitwick prenait certains élèves à part (dont les septièmes années) pour leur faire travailler un Charme en particulier. Elisa s'y sentait comme un poisson dans l'eau. Elle et Terence faisaient bande à part, laissant Miles Bletchley et Adélaïde Murton se débrouiller seuls, et ils se défiaient mutuellement pour savoir qui se montrerait le plus créatif, et qui réussirait le mieux à impressionner Flitwick.
Les leçons particulières d'Elisa avec le petit professeur de Sortilège avançaient bien. Pour l'instant, ils ne voyaient rien de très avancé. L'essentiel des leçons étaient théoriques : sur la source de la magie, sa nature, les différentes branches. Sur la méditation, la magie intérieure d'une personne et la magie extérieure qui circulait dans l'univers, sur le rôle de la baguette comme catalyseur de magie. Sur l'utilité du latin dans les incantations, sur l'équilibre entre la volonté et la visualisation lorsqu'on lançait un sort. Sur les différentes composantes d'un sort, qui étaient en fait un amalgame d'idées auquel l'imagination du sorcier donnait corps. On ne pouvait pas diviser la magie en morceaux, comme des molécules chimiques qui se décomposeraient en atomes. Un sort était une idée, qu'on pouvait diviser en plus petites idées, et chacune était alimentée par l'intention du sorcier, la conception qu'il se faisait de cette idée, et la forme qu'il donnait à cette idée par magie.
Inventer un sort, c'était davantage comme d'écrire un roman (avec des idées, des métaphores, de la réflexion, des comparaisons, de l'imagination) que d'assembler une machine.
Mais ils faisaient aussi des exercices pratiques. Flitwick testait les limites de son contrôle sur les sorts faisant appel aux éléments. Ainsi, Elisa devait déployer des trésors d'inventivité pour voir à quel point elle savait manipuler les flammes d'un Incendio, ou à quel degré elle pouvait diriger la brise créée par le Sortilège Ventus. Elle ne connaissait aucun sortilège permettant de maîtriser la terre, et Flitwick lui enseigna donc une poignée de sorts permettant de fracasser le sol ou d'en faire surgir des murs. Elle dut passer des heures à apprendre à les maîtriser mais, au moins, elle ne s'ennuyait pas.
Mrs Ecclestone et Mr Willemus étaient discrets, au point qu'on ne les remarquait quasiment pas. Ils ne parlaient quasiment pas, ni aux profs ni aux élèves. Ils patrouillaient, retiraient négligemment des points à tout chahuteur, et assignaient des heures de colle en quantité suffisante pour que les élèves apprennent à se tenir tranquille. Apparemment, ils se partageaient les tâches de concierge et de vigile. C'était toujours l'un d'eux qui supervisait les retenus, tandis que l'autre continuait à surveiller le château.
– Au moins ils ne sont pas sadiques comme Rusard, lâcha Trisha.
– Et ils ne me filent pas les jetons comme Gamp, approuva Elisa.
– Vous pensez que ce sont d'anciens Aurors ? réfléchit Cédric.
– Mrs Ecclestone l'est, leur révéla Elisa. C'est une ancienne élève de Maugrey. Mais pour Mr Willemus… Aucune idée.
Elle ne pouvait quand même pas avouer que c'était un espion ! Du coup, elle laissa les autres élèves faire leurs recherches. Leurs amis qui avaient de la famille chez les Aurors interrogèrent discrètement leurs proches. Il s'avéra que Leopolda Ecclestone, Sang-Pure et ex-Serpentard, avait été la toute première apprentie de Maugrey et lui était même peut-être apparentée. Raphael Willemus, cependant, demeurait un mystère. Dommage. Elisa aurait bien aimé que cette histoire d'espionnage éclate au grand jour.
– Il n'y a qu'à espérer qu'aucun d'eux n'est secrètement à la solde des Mangemorts, marmonna Cédric.
Du coup Elisa lui flanqua un coup de coude :
– Arrête ! Ne parle pas de malheur !
Mais bon, s'ils comptaient tous les tuer, Ecclestone et Willemus ne semblaient pas pressés. Ils étaient silencieux, stoïques, et compétents. Ils se souciaient assez de garder les couloirs propres pour faire illusion, mais on voyait bien que leur préoccupation principale était celles d'Aurors. Ils surveillaient ce qui se passait, empêchaient les bagarres, interrogeaient quiconque était soupçonné de magie noire, confisquaient tout objet louche, vérifiaient que l'école était sûre… Et ils gardaient un œil sur les élèves suspect. A chaque fois que Théodore Nott avait un cours avec Harry Potter, et à chaque fois qu'Adélaïde Murton avait un cours avec Elisa, l'un des concierges semblait mystérieusement apparaître dans les environs.
Ce n'était pas désagréable. En tous les cas, on s'y habituait vite.
Elisa s'installait dans la routine. Elle prit des nouvelles de B&B, qui fonctionnait comme d'habitude, et de Tourmaline. Quasiment tous les élèves Cracmols étaient revenus. Certains parents avaient préféré garder leurs enfants avec eux. En tous les cas, aucune famille n'avait fait disparaîre leurs enfants Cracmols, ce qui était un soulagement. Il y avait également des nouveaux élèves, âgés de onze ans. C'était par exemple le cas du petit frère de Marietta Edgecombe, un dénommé Ryan Edgecombe. Bref, la vie continuait.
Les élèves continuaient à chuchoter sur le passage d'Elisa mais, comme ils chuchotaient aussi sur le passage d'Harry, la jeune fille se sentait moins seule dans cette épreuve. Et puis, Trisha et Cédric étaient toujours avec elle, jetant des regards mauvais à ceux qui se montraient trop indiscrets. Comme eux, Hermione et Ron flanquaient le Survivant tels deux gardes du corps peu avenants. Sue Li et Mandy Brocklehurst, qui pourtant n'avaient pas lâchées le jeune Gryffondor d'un pouce l'année dernière, avaient quant à elles pris leurs distances. Un peu comme Tracey, elles avaient peur d'être prises pour cible. Les partisans de Voldemort n'étaient pas nombreux, surtout depuis que certains Puristes les avaient lâchés. Mais il y avait toujours quelques personnes mal intentionnées. Et le fait que Theodore Nott, fils de Mangemort, se trouve dans la même promotion qu'eux… cela semblait effrayer bon nombre des camarades d'Harry.
Tracey Davis, elle, se remettait bien de sa rupture avec Harry Potter. Elle était un peu déprimée, mais elle était passée à autre chose. Elle s'efforçait de cultiver des alliances avec le plus de gens possibles : Pansy Parkinson et Millicent Bulstrode (évidemment) mais aussi Drago Malefoy, Daphnée Greengrass, Blaise Zabini, Logan Warren dans l'année au-dessus de la sienne… Bref : des parties neutres.
Elle participait toujours au CEM, cela dit. Tracey ne comptait pas abandonner leur groupe. L'atmosphère était cependant un peu tendue durant les cours, car Harry et Tracey évitaient soigneusement de s'asseoir à la même table, de s'adresser la parole, ou même de se croiser du regard.
Elisa était donc assez occupée. Heureusement qu'elle n'avait aucune invention pressante sur le feu. Quand elle avait du temps libre, elle s'entraînait avec Trisha et Cédric, aidait les élèves plus jeunes à faire leur devoir ou à apprendre de nouveaux sorts, ou bien s'exerçait avec la Force ou le lancer de couteau. Et puis, bien sûr, durant les week-ends, elle allait dans le bureau de Dumbledore pour lire les livres sur les Horcruxe. Le bouquin par lequel elle avait commencé, Biographie de Harpo l'Infâme, parlait en détail de la vie et des créations du sorcier qui avait inventé les Horcruxes. C'était un bon début. Cela dit, certains jours, le directeur était absent, et Elisa se retrouvait bloquée devant la gargouille qui gardait la porte.
Ce fut durant la troisième semaine de septembre que, finalement, la guerre se rappela à eux.
C'était un jeudi soir lorsque l'Alliance Rebelle entra dans le grand jeu. Ou, plus précisément, son action fut enfin révélée dans le jeu. Elisa reçut un coup de miroir tard dans la nuit de la part de Remus Lupin, et les premiers mots à sortir de la bouche du loup-garou furent :
– Il y a eu une attaque.
Elisa se redressa comme un ressort dans son lit, désertée par le sommeil.
– Qu'est-ce qui s'est passé ? fit-elle avec inquiétude.
– Ce sera dans la presse dès demain, grimaça l'ex-Maraudeur. Quatre attaques simultanées de Mangemorts. Les cibles étaient apparemment choisies au hasard, mais trois d'entre elles faisaient partie de notre liste de maisons protégées.
Elisa eut l'impression qu'une grande main glacée se refermait sur ses entrailles.
– Lesquelles ?
Lupin lui récita les adresses, mais ça ne lui disait rien, alors il élabora :
– La maison des Dayne, des Dobbs, et des Abbott. Des familles sans aucun pouvoir politique, aucune image. Je ne vois pas pourquoi elles ont été attaquées.
– Il y a une fille du CEM qui s'appelle Emma Dobbs, murmura Elisa. Une Serdaigle je pense. Et Abbott… C'est le nom d'Hannah. Les Dayne ont contacté Cédric cet été, ils vivent du côté Moldu… Est-ce qu'ils vivaient tous dans des lieux Moldus ?
Remus fronça les sourcils, réfléchissant :
– Oui…
– Ils ont été attaqués parce que Jedusor pensait qu'ils seraient sans défense, réalisa la jeune fille. Il n'est pas encore assez fort pour s'attaquer aux Bones, aux Diggory, ou aux Londubat…
Ou bien à Narcissa Malefoy, lui souffla une petite voix dans un coin de sa tête. Depuis le début de la guerre, Narcissa se faisait discrète, mais le fait qu'elle ait coupé les ponts avec les amis pro-Voldemort de son ex-mari, et qu'elle ait renoué avec sa sœur Andromeda… Cela ne laissait aucun doute sur le camp qu'elle avait choisi.
– Mais il est assez fort pour attaquer des sorciers de façon ouverte désormais, la coupa Lupin. Ce n'était pas comme les attaques précédentes, où il ciblait des déserteurs, où il essayait d'être discret. Les Mangemorts ont lancés de puissants maléfices. Lorsque les maisons ont tenu bon, ils se sont tournés contre les habitations voisines, et elles ont été… complètement rasées.
Elisa mit plusieurs secondes à comprendre ce que cela signifiait, exactement. Sa main se crispa sur le miroir. Lorsqu'elle parla, sa voix lui sembla bizarrement lointaine :
– Il y a des morts ?
Lupin hésita une fraction de seconde. Puis, avec douceur, il tenta :
– Les familles qui avaient protégées leurs maisons ont toutes eut le temps de fuir, grâce aux Charmes Gardiens et à leurs Portoloins d'urgence. Les Dayne sont allés chez leur fils, et les Dobbs sont chez des amis qui ont également protégé leur maison. Cécile a emmené les Abbott dans un refuge…
– Il y a des morts ? répéta Elisa.
Les mots lui semblaient à la fois complètement irréels, et affreusement concrets. Des morts. Elle n'avait jamais été confrontée à la mort d'autrui. Il y avait eu quelques disparition durant l'été, mais ça avait semblait lointain, incertain. Pas ici, pas maintenant. Soudain, elle fut terrifiée par ce que Lupin allait dire.
– Leurs voisins moldus ont été tués, finit par dire le loup-garou à voix basse. Onze personnes en tout, dont quatre enfants. Et…
– Et ? répéta la Poufsouffle d'une voix atone.
Elle avait l'impression qu'un gigantesque gouffre s'était ouvert dans sa poitrine. Onze personnes. Onze personnes étaient mortes. Aurait-elle pu les sauver, si elle avait pensé à protéger les maisons voisines de celles des gens ciblés ? Aurait-elle pu faire une différence ?
– Et la quatrième attaque a tué une famille de sorciers, acheva Lupin avec hésitation. Les Rebman. Un couple et leur fille de neuf ans. Eux aussi habitaient du côté Moldu. Mais ils n'avaient pas de Charmes Gardiens sur leur maison. Ils n'étaient pas préparés… Le bâtiment s'est effondré sur eux.
– Rebman, répéta Elisa.
C'était un nom qu'elle connaissait. Il y avait des jumeaux Rebman à Poudlard : Samuel et Tobias, un Serdaigle et un Serpentard, qui étaient en troisième année. Ils avaient suivi le CEM durant quelque mois lors de leur première année, avant de le quitter pour se consacrer à des activités plus intéressantes. Elle se souvenait à peine de leurs visages. Ils ne faisaient pas partie de ceux qui lui avaient demandé de l'aide pour protéger leur foyer cet été.
Elle déglutit, la gorge sèche, sentant subitement les larmes lui brûler les yeux. Un couple et leur fille de neuf ans. Qui allait annoncer à Tobias et Samuel Rebman que leur famille avait été assassinée ? Etait-ce à elle de le faire ? Elle était au courant avant tout le monde. Mais, à l'idée de devoir regarder ces gamins dans les yeux et de leur annoncer la nouvelle, elle sentit ses entrailles se tordre comme des serpents, et elle ne put s'empêcher d'imaginer si c'était à elle qu'on annonçait une chose pareille. Le choc, l'horreur, le déni, le désespoir, la douleur qu'elle ressentirait si on lui annonçait que ses parents avaient été tués.
Elle déglutit, et dit lâchement :
– Les autres vont bien ? Ils ont contacté leurs familles pour les prévenir ?
– Oui, la rassura Lupin. Tu n'as rien à faire. Tout est fini. Je voulais juste te prévenir.
– D'accord. Je… Merci.
Elle failli lui demander de trouver les noms des victimes moldues, pour faire une donation à leurs familles, pour s'assurer que leurs proches s'en sortaient, ou pour savoir, tout simplement. Puis, dans un éclair de lucidité, elle réalisa à quel point ça serait destructeur pour elle. Elle avait toute l'Alliance Rebelle à gérer. Elle ne pouvait pas se permettre de se laisser bouffer par la culpabilité vis-à-vis de ces Moldus inconnus. Elle en mourrait, si elle essayait de porter le poids de chaque mort causée par cette guerre.
Elle referma la bouche. Les onze Moldus et la famille Rebman rejoignirent Saul Funestar sur la liste des gens dont elle n'avait pas le temps de faire le deuil.
– Transmet mon bonjour à Matt, se contenta-t-elle de dire.
– Pas de problème. Ne t'inquiète pas, d'accord ? On s'en sort bien.
Le regard de la Poufsouffle se durcit. Ce n'était pas ce que diraient les gens qui étaient morts ce soir, ou leurs proches. Le loup-garou dut deviner ce qu'elle pensait, car son sourire encourageant se fana, et il se racla la gorge d'un air embarrassé. Il y eut un silence pesant.
Elisa n'était pas une gamine qu'il pouvait consoler ou rassurer d'un air bienveillant. Elle était chef d'une organisation illégale, et elle était aussi littéralement sa patronne.
– Je parlerai aux enfants des Dobbs et des Abbott demain, lâcha la jeune fille. S'il y a du nouveau, je veux être mise au courant.
– Bien sûr. Bonne nuit, Miss Bishop.
Le miroir s'éteignit. Une fois la communication coupée, Elisa resta immobile quelques secondes, fixant son reflet dans la glace. Les rideaux étaient tirés autour de son lit. Il faisait nuit. Elle entendait la respiration régulière de ses camarades, qui n'avaient pas été dérangés par sa conversation grâce aux Sorts de Silence posés autour de son lit. Tout semblait tellement paisible. Il n'était sans doute pas encore trois heures du matin. Et pourtant… Elle ferma les yeux, et déglutit pour faire passer la boule qui lui nouait la gorge.
Des gens étaient morts cette nuit. Des gens étaient morts cet été, et pourtant elle n'avait jamais été choquée comme elle l'était à présent. Mais c'était différent lorsque c'était des gens qu'elle connaissait. Lorsque c'était des gens proches de ceux qu'elle connaissait. Bon sang, elle avait jeté les sorts de protection elle-même sur la maison des Abbott, elle avait salué d'un hochement de tête la voisine en la croisant… Oh, Merlin…
C'est de ta faute, souffla la voix malveillante de Jedusor dans sa tête.
Elle posa sa tête sur ses genoux et inspira un grand coup. Non. Elle n'allait pas laisser Tom Jedusor ou son complexe héroïque lui monter à la tête. Ce qui s'était passé était terrible, mais ce n'était pas de sa faute. Elle n'aurait rien pu faire. Elle n'aurait rien pu prévoir. Elle ne pouvait pas endosser la responsabilité de tout ce qui se passait dans l'univers. La mort de ces gens n'avait rien à voir avec elle. Ce n'était pas de sa faute. Et elle le savait.
Alors pourquoi se sentait-elle aussi mal ?
Parce que c'est humain, se dit-elle fermement. Parce que personne ne peut rester insensible quand un drame arrive. C'est de la compassion. Ce n'est pas une faiblesse. Ressaisis-toi, ma vieille. Les morts sont partis. Les vivants ont encore besoin de toi.
Mais elle eut beau faire ses exercices d'Occlumancie et calmer son esprit… Elle ne dormit guère, cette nuit-là. Elle n'arrêtait pas de penser aux Rebman, et aux Moldus qui étaient morts comme eux. Elle ne pouvait pas s'empêcher de se demander s'ils avaient souffert, s'ils avaient eu peur. Elle ne pouvait pas fermer les yeux sans imaginer l'attaque. Elle préféra passer la nuit à regarder son ciel de lit.
Le lendemain, elle informa Trisha et Cédric avant même de quitter la salle commune. Ses deux amis étaient aussi ses lieutenants, même s'ils étaient aussi limités qu'elle dans leurs moyens d'action à présent qu'ils étaient de retour à Poudlard. Ils prirent la nouvelle avec la gravité qui convenait, et tous les deux l'assurèrent immédiatement qu'elle n'aurait rien pu faire pour éviter la catastrophe. Elisa sentit une partie de son fardeau s'alléger. Durant des années, elle avait toujours toute fait toute seule. A présent, c'était un soulagement de pouvoir partager ce qui la rongeait avec des gens. Lorsqu'ils quittèrent la salle commune tous les trois, la jeune fille était moins tendue, et son pas était plus sûr. Elle se sentait plus forte, avec Trisha et Cédric à ses côtés.
La nouvelle des attaques arriva durant le petit-déjeuner, causant un certain émoi. Mais ensuite, une atmosphère sinistre gagna Poudlard. Cette quadruple attaque était la première offensive visible et violente de la part des Mangemorts qui, jusqu'ici, n'avait opéré que des frappes furtives qui échouaient une fois sur deux. Cela voulait dire que ceux qui avaient été blessés à Little Hangleton étaient suffisamment remis. Cela voulait aussi dire que la période d'attente était terminée. A présent, ils étaient en guerre ouverte. Une vague d'angoisse se propageait aux élèves.
Samuel et Tobias Rebman furent retirés de Poudlard. On ne savait pas quand ils reviendraient. Hannah Abbott et Emma Dobbs, dont les familles avaient été attaquées mais s'en étaient sorties indemnes, quittèrent elles aussi l'école, mais seulement pour la journée. Et avant de partir, elles cherchèrent Elisa, la coincèrent dans un couloir (avec Trisha et Cédric, évidemment), et la remercièrent tous les deux profusément pour le travail de l'Alliance. La jeune fille ne savait plus où se mettre, très gênée.
– Tu ne devrais pas être aussi mal à l'aise, lui reprocha Cédric après qu'Hannah et Emma furent partie. Tu devrais accepter dignement leurs remerciements, faire preuve d'assurance. Ça les rassurerait.
Trisha, qui se tenait à l'angle du couloir pour s'assurer que personne ne les interrompait (l'Alliance n'était pas quelque chose d'officiel, et tout ce qui y était lié devait donc rester discret), les rejoignit en hochant la tête :
– Cédric a raison, Magister. T'as sauvée leurs familles, agis comme tel !
– C'est bizarre, c'est tout, protesta Elisa. Je ne suis pas une héroïne. Je ne vais pas agir comme si j'avais repoussé les Mangemorts à moi toute seule, c'est débile.
Et puis, elle se sentait comme un imposteur quand les gens la félicitaient. Elle n'était pas supposée faire partie des héros de l'histoire, comme Harry, Hermione, Ron, Neville, Dumbledore, Rogue, Fred et George. Elle n'était qu'une fouineuse arrogante qui avait voulu jouer à Dieu, et qui se démenait à présent avec affolement pour éviter que l'univers ne s'écroule autour d'elle.
Être ballottée par le destin comme un radeau à la dérive dans une tempête… C'était vraiment terrifiant. Au moins la plupart des gens n'avaient pas conscience de l'ampleur de la tempête. Elisa, elle, en savait beaucoup plus que la personne lambda, et en conséquence, elle était beaucoup plus épouvantée.
– Est-ce que vous avez avancé avec l'Occlumancie ? fit-elle pour changer de sujet.
Il y avait peu de chance pour que ses amis se retrouvent face à un Légilimens qui utiliserait une attaque mentale pour fouiller dans leurs cerveaux. Mais la probabilité n'était pas complètement nulle. Après tout, Voldemort était dans la nature… Et Dumbledore, même s'il travaillait à présent avec Elisa, était toujours un incorrigible fouineur. Mieux valait ne pas prendre de risques.
La conversation s'orienta donc vers l'Occlumancie, puis vers les différentes façons dont ils feraient hypothétiquement face à des Mangemorts en cas d'attaque… Et, comme toujours, Elisa finit par traîner ses deux amis dans le parc pour s'entraîner dans un coin où ils ne risquaient pas d'être interrompus par Willemus ou Eclestone.
Trisha, Cédric et Elisa étaient de plus en plus doués. Oh, ils ne respectaient absolument pas les règles du duel, et Helen Dawlish ferait une crise cardiaque s'ils essayaient de se battre de cette façon lors du Challenge. Mais tout de même, on ne pouvait pas nier qu'ils étaient efficaces. Cédric était le plus sportif d'entre eux, et il le mettait à profit. Il courait, bondissait, esquivait… Mais il avait aussi appris à tacler l'ennemi par terre, ce qui marchait très bien. Il s'excusait immédiatement après, mais le résultat était le même : quand elle était clouée au sol par soixante-dix kilos de Poufsouffle qui lui faisait une clef de bras pour lui arracher sa baguette, Elisa admettait généralement sa défaite assez vite.
Trisha, elle, réussissait à éviter ce sort grâce à ses amulettes. La première fois que Cédric avait essayé de l'agripper, un choc brûlant l'avait fait reculer de trois mètres. L'amulette Vaudou que Trisha portait au poignet ne laissait personne la toucher avec des intentions belliqueuses. Pour ce qui était de l'offensive, par contre, la jeune Buttermere n'était pas la plus douée de la bande. Elle tendait à rester en retrait. Elle savait parfaitement esquiver, faire diversion, ou prendre la fuite… Mais l'attaque frontale, ce n'était définitivement pas son truc. Trisha était la seule personne à balancer des fioles de potions pour pimenter le jeu, cela dit : c'était déjà assez impressionnant.
Ils connaissaient un large panel de sorts, désormais. Bill Weasley était un bon prof, mais il ne semblait pas s'intéresser au duel. Il demandait aux élèves de lui faire la démonstration de tel ou tel sort, parfois : mais c'était tout. Oui, ses cours étaient intéressants (passionnants même), mais ils ne le préparaient pas vraiment les élèves à ce qui les attendait à l'extérieur ! Du coup, Elisa redoublait d'énergie dans ses entraînements avec ses amis. Grâce à Maugrey, ils avaient appris à utiliser le terrain à leur avantage. Cela leur permettait de s'exercer quasiment n'importe où. Dans le parc, au bord du lac, mais également en lisière de la Forêt Interdite, ou bien dans des ailes vides du château. Poudlard était vaste, et l'école n'était pas à sa capacité maximale. Il y avait beaucoup de couloirs entièrement désertés. Cela pouvait donner lieu à des courses-poursuites exaltantes. Et le fait de tomber sur des élèves stupéfaits, qui avaient autant de chance de hurler de frayeur que de vous balancer un mauvais sort… C'était un bonus qui ajoutait au réalisme de la chasse, non ?
Elisa était très attentive lors de ces exercices. Même si elle se faisait souvent emporter par l'ivresse de la bataille et l'euphorie de la poursuite… Elle tentait de garder le compte de qui gagnait, qui perdait, qui désarmait qui, à quelle vitesse. Elle voulait savoir s'ils faisaient des progrès, quelles étaient leurs forces et leurs faiblesses respectives…
… Mais elle essayait aussi de savoir qui allait devenir maître de la Baguette de Sureau.
A son grand étonnement, ni Trisha ni Cédric ne l'avait encore désarmée. Oh, bien sûrs, ils l'avaient vaincue de façon diverse et variée : en l'écrasant au sol, en lui jetant le Maléfice du Saucisson, en la suspendant par un pied, en la faisant déraper dans un couloir pour qu'elle s'écrase contre un mur, en la Stupéfixiant, en l'aspergeant d'Elixir d'Engorgement (ça n'avait pas été une expérience agréable), ou même tout simplement en l'obligeant à se rendre parce qu'ils lui avaient mis une baguette sous la gorge. Mais à aucun moment ils ne l'avaient désarmée. Ils ne lui avaient jamais arraché sa baguette des mains. Elle se rendait toujours avant que Cédric ne la désarme physiquement, essentiellement parce qu'il l'écrabouillait et qu'elle voulait qu'il descende de son dos. Et aucun de ses amis n'était très porté sur l'Expelliarmus. Leurs sorts favoris étaient le Stupéfix, le Petrificus Totalus, ou bien le Lévicorpus.
Sans doute parce qu'ils savaient qu'Elisa pouvait utiliser la Force pour rattraper sa baguette si jamais elle lui échappait. Ils préféraient l'assommer ou l'obliger à se rendre. C'était plus sûr.
Zut.
Elisa considéra sérieusement l'idée d'aller défier Harry en duel pour qu'il la désarme. Mais est-ce que la propriété de la Baguette de Sureau serait transmise si elle la cédait volontairement ? C'était une question à laquelle seul un expert pouvait répondre, et Elisa n'y connaissait rien, dans ce domaine.
Et puis, Bill enseignait le duel à la classe d'Harry. Ils apprenaient divers maléfices et contre-sorts… Mais Sortilège d'Expelliarmus restait très populaire dans cette classe. Le Survivant passait donc constamment son temps à se faire désarmer ou à désarmer autrui. Lui donner la Baguette de Sureau pour qu'il la perde aussitôt, ce n'était peut-être pas une bonne idée.
Son inquiétude à ce sujet ne fit que croître avec le temps. Le Challenge approchait. Lors d'un tournoi de matchs de duel, les chances de se faire désarmer augmentaient drastiquement. Contrairement à Trisha et Cédric, les membres du Challenge ne savaient pas qu'Elisa utilisait la Force, et rien ne les empêchait donc d'utiliser l'Expelliarmus.
D'un côté, peut-être que ça vaudrait mieux pour tout le monde, si elle laissait la propriété de la baguette lui échapper. C'était une Relique de la Mort. Son passage à travers l'Histoire était éclaboussé de sang. C'était un objet dangereux. En perdre la trace, la faire disparaître dans la foule… Ce serait sans doute une bonne chose. Au moins, les chances que Voldemort s'en empare allaient bien diminuer. Mais… D'un autre côté… Si la baguette disparaissait, alors il devenait impossible de la transmettre à Harry. Et Elisa n'avait pas renoncé à son idée de faire du Survivant le Maître de la Mort. Tant qu'elle n'aurait pas de meilleure idée pour le débarrasser de son Horcruxe, elle devait garder en réserve le plan du canon, même si ça incluait le fait qu'Harry se fasse tuer.
La disparition d'une Relique maudite, ou la survie d'Harry ? Le choix n'en était pas vraiment un. Elle décida d'arrêter d'aller au Challenge. Comme ça, la question était réglée.
– Tu n'essaie pas de t'isoler avec tes problèmes, hein ? s'inquiéta Cédric.
Une sortie à Pré-au-Lard était prévue aujourd'hui, mais Elisa avait décidé de ne pas y aller. On était samedi et Dumbledore était à Poudlard : elle comptait passer la journée à compulser ses grimoires sur les Horcruxes. Elle avait pratiquement fini la biographie de Harpo l'Infâme, et elle comptait ensuite passer à un ouvrage nommé Les tabous de l'immortalité.
– Bien sûr que non ! protesta-t-elle. C'est juste que… je dois vraiment me concentrer sur ça, en ce moment.
Trisha lui posa une main réconfortante sur l'épaule :
– Tu sais qu'on est là, si tu as besoin de nous. Tu es sûre que tu ne veux pas venir ? Tu pourrais te défouler.
Elisa hésita brièvement, puis admit une demi-vérité :
– Je n'ai pas envie que les gens me traitent différemment au Challenge. Mais après ce qui s'est passé dans le cimetière… Bref. Voilà.
Les gens allaient soit fuir l'affrontement, soit croire qu'elle ne donnait pas son maximum. Et puis, ils allaient tous être curieux, lui poser des questions sur les sorts qu'elle avait utilisés. Des questions auxquelles elle n'avait absolument pas envie de répondre, déjà parce que les runes explosives étaient son arme secrète… Et ensuite, parce qu'elle n'avait pas du tout envie de parler du cimetière.
Trisha sembla deviner ses pensées, et lui tapota maladroitement l'épaule. Ni elle ni Cédric n'insistèrent.
oOoOoOo
La décision d'Elisa de quitter le Challenge n'eut pas d'impact majeur, mis à part qu'Helen sembla le prendre comme un affront personnel et se montra beaucoup plus froide envers elle. Cela dit, comme elles ne se parlaient quasiment plus… Cela ne faisait pas une grande différence.
Elisa essayait de ne pas s'éloigner de ses amis, mais c'était dur. Elle avait l'impression qu'il y avait tellement de choses à faire, entre les cours, les devoirs, l'entraînement, ses rendez-vous avec Dumbledore, l'aide aux plus jeunes, le CEM, le club de Sortilèges, et ses appels réguliers à ses lieutenants et à ses parents. Depuis la rentrée, quatre personnes avaient contacté l'Alliance pour être exfiltrés : Michael et Isabelle tenait leur fille au courant, mais ils étaient assez occupés.
Elisa aimait ses amis, vraiment, mais il y avait certains trucs qu'elle ne pouvait simplement pas leur dire. Ça créait une distance. Elle n'avait pas de problème pour ce qui était de parler et passer du temps avec Trisha et Cédric, mais c'était en partie grâce à leurs entraînements. Pour ses autres amis… C'était moins facile. Le Challenge lui avait aussi servi à ça : rester proche de tout le monde. C'était un évènement social autant qu'un exercice de Défense.
Du coup Elisa se mit à faire ses devoirs en groupe, constamment. Partager notes et manuels lui servait de prétexte pour passer du temps avec tous les gens de sa promo, bavarder, grignoter quelques bonbons en s'échangeant des potins, demander un coup de main en Métamorphose, se plaindre des profs. Et puis, si la conversation dérivait sur un terrain dangereux (comme ses visites à Dumbledore, ou ce qu'elle avait fait durant l'été), il était facile de revenir sur un sujet plus neutre, comme les devoirs qu'ils étaient supposés faire.
– J'avais oublié que tu étais aussi douée en Sortilège, soupira Adrian avec envie en regardant la dissertation que Flitwick venait de rendre à Elisa (elle avait eu un Optimal). Mais pourquoi tu fais autant de métaphores et de comparaison dans tes copies ?
Ce jour-là, elle révisait à la bibliothèque avec les Serpentard : Heather, Tabitha, Adrian, et Terence. Cédric et Trisha étaient avec elle, mais Cho Chang et son amie Marietta les avaient également rejoints, même si elles n'avaient évidemment pas les mêmes devoirs.
– Parce que les Sortilèges se basent sur la visualisation, expliqua Elisa en récupérant sa copie. Les comparaisons sont un très bon moyen de peindre une image dans la tête de quelqu'un.
– C'est quand même trop verbeux à mon goût.
– On en reparlera quand tu auras un Optimal en Sortilèges, se moqua Terence en ouvrant un gros grimoire.
Adrian haussa les épaules. Il avait à peine eu un Acceptable à leur dernier contrôle, mais il prenait la chose avec une étonnante bonne humeur. Probablement parce qu'il savait l'avoir mérité : il avait séché le dernier cours avec une des Boîte à Flemme des jumeaux Weasley. Ces sucreries faisaient un tabac à l'école….
– Et si on passait à l'Alchimie ? proposa-t-il en repoussant sa dissertation.
Terence et Trisha, qui avaient également pris cette option, fouillèrent dans leurs sacs respectifs avec un profond soupir. Heather, Tabitha et Cédric restèrent concentrés sur leurs devoirs. Elisa posa son coude sur la table et son menton dans sa main, et demanda avec curiosité :
– C'est bien, comme matière ? Tout ce que je sais de Slughorn est qu'il adore les soirées.
Les trois autres élèves hésitèrent, échangeant un bref regard. Puis, à la surprise générale, ce fut Cho Chang qui prit la parole, fonçant les sourcils :
– Il sait de quoi il parle, mais il ne s'occupe pas de tous les élèves. Dans notre classe, il n'en a que pour Logan Warren et Cormac McLaggen. Il leur donne de meilleures notes même quand leur travail n'est pas aussi bon que le nôtre !
Marietta hocha vivement la tête. Elisa interrogea du regard les trois autres, et, avec une certaine réticence, Trisha admit :
– Il fait aussi ça dans notre classe, c'est vrai.
– Un collectionneur d'héritier de familles influentes, soupira Elisa. J'ai bien fait d'éviter ses invitations au "club de Slug". Enfin, je veux dire, oui, ça aurait été utile pour se faire des contacts, mais je préfère que les profs me jugent sur mon travail avant tout !
Heather et Terence, qui avaient déjà été invitée à une soirée du club de Slug à la fin de septembre, échangèrent un bref regard. La soirée n'avait pas dû être si mauvaise. Après tout, dans le canon, Slughorn savait très bien organiser une fête. Cela dit, la conversation repassa rapidement à autre chose. Les cours, les profs. Est-ce que Bill Weasley était célibataire. Est-ce qu'Helen continuait ses leçons de défense avec Rhonda. Est-ce que tout se passait bien au CEM…
– Au fait, qu'est-ce que tu pense du petit Daniel Melville ? fit innocemment Tabitha.
Elisa mit plusieurs secondes à placer le nom. Ce fut Trisha qui vola à son secours :
– Serpentard, première année, nouvel inscrit au CEM. Je n'ai rien vu de spécial… Il est du genre réservé. Pourquoi ?
Tabitha se pencha en avant, et murmura :
– Je suis à peu près sûre qu'il est Né-Moldu.
L'information ne sembla pas surprendre ses trois amis Serpentard (elle avait sans doute déjà partagé sa théorie) avec eux, mais les Poufsouffle et les Serdaigle réagirent avec divers degrés d'ahurissement. Elisa haussa très haut les sourcils. Un second Né-Moldu à Serpentard, rien que ça ! Et dans le climat actuel… il n'était pas étonnant que le petit Daniel cherche à garder ça pour lui.
– Qu'est-ce que tu comptes faire ? fit-elle avec curiosité.
Tabitha haussa les épaules, se ré-appuyant contre son dossier :
– Rien, bien sûr. La dernière chose dont il a besoin, c'est l'attention des Puristes. Mais c'est sympa, de savoir qu'il y en a un autre.
Elle jeta un regard menaçant en direction de Cho et Marietta, et cette dernière s'empressa de dire :
– On ne dira rien. Ce n'est pas nos oignons.
– On peut leur faire confiance, rajouta aussitôt Cédric avec conviction.
Avoir l'approbation de Cédric Diggory était un sceau de confiance assez solide, et personne n'insista. La conversation revint à leur travail scolaire. Après les Sortilèges, ils passèrent à la Métamorphose, et très vite cette histoire leur sortit de l'esprit. McGonagall était en train de leur apprendre comment donner l'illusion de la vie à un objet : le faire agir de manière indépendante, lui donner un réflexe face au danger, le faire grogner, tinter, s'exprimer. Elisa avait fait un devoir là-dessus durant l'été, mais la pratique était très différente de la théorie. Cela dit, c'était un sujet qu'elle avait vraiment envie de maîtriser.
Après tout, ça recoupait les enchantements, en cela qu'il fallait visualiser ce qu'on voulait, imaginer avec préciser l'instinct qu'aurait l'objet enchanté. Ce n'était pas aussi rigoureux et précis que le reste de la Métamorphose. Après tout, la vie, l'inconscient, l'instinct, l'émotion… Cela ne pouvait pas être fabriqué de façon objective, comme on assemble les rouages d'une machine. Il fallait une pincée de subjectivité, il fallait se projeter dans la chose qu'on voulait enchanter. Il fallait de la créativité.
Et puis… Les possibilités étaient quasiment infinies.
Enchanter une armée de chaises ou de bureaux pour qu'ils chargent l'ennemi comme une cavalerie de bois ? Fastoche. Il suffirait d'influer en eux la rage de vaincre, l'instinct de courir, d'imaginer des cheveux sauvages à la place des meubles. Ensorceler ses Glisseurs pour leur donner un attachement réel à leurs propriétaires, au lieu d'utiliser une rune de loyauté pour qu'il se contente de revenir à son maître ? Totalement réalisable !
Et le mieux ? Elisa pourrait enchanter ses sculptures d'eau. Jusqu'ici, le Menti Effinxi avait été essentiellement esthétique, décoratif, ornemental. C'était bien joli de créer des marionnettes d'eau, mais elles n'étaient que ça, des marionnettes. Alors que si elle apprenait le Sort de l'Illusion de la Vie (qui était en fait une gamme de quarante-neuf sorts et charmes qui se combinaient de façons différentes, d'après leur cours de Métamorphose)… Elle pourrait insuffler à ses pantins une certaine autonomie. Une danseuse pourrait esquisser toute seule ses pas, sans qu'Elisa ait à manipuler le moindre de ses gestes, pourvu qu'elle sache les visualiser. Un chat pourrait se balader à travers la pièce sans que la jeune fille n'ait à utiliser le sort pour rendre sa démarche naturelle, pour équilibrer le mouvement de balancier de sa queue, pour faire bouger ses oreilles et ses moustaches. Elle pourrait créer un vol d'oiseaux et imaginer leur groupe en train de voler, au lieu de se contenter de créer un seul volatile dont elle devait contrôler le moindre battement d'aile.
Et imaginer ce qu'elle pourrait faire avec son T-Rex d'eau… Cela suffisait à lui donner envie de ricaner d'un air machiavélique en se frottant les mains.
Les jours passèrent. Elisa continua à éviter Slughorn, au grand désespoir de celui-ci. Elisa, elle, ne ressentait aucune honte à se planquer dans une alcôve sombre quand le prof d'Alchimie approchait. Elle n'avait pas de temps à perdre avec le Club de Slug !
En Métamorphose, ils avançaient à une allure d'escargot, mais Elisa absorbait la moindre miette de savoir. Elle avait l'impression d'être une éponge, ces temps-ci. Elle essayait de tout mémoriser : les remarques de Flitwick (qui lui promettait de bientôt passer à la magie élémentaire pure), celles de Trelawney qui critiquait son jeu de runes Futhark, celles de McGonagall qui ne cessait d'insister sur la complexité de la leçon… Mais elle devait aussi retenir ce qu'elle lisait des affreux livres dans le bureau de Dumbledore, un truc dont elle se serait bien passée.
Et n'oublions pas qu'avec le CEM, le club de Sortilège, et l'aide aux devoirs qui se créait naturellement dans la salle commune, Elisa devait constamment retenir les noms et les problèmes respectifs des élèves plus jeunes qu'elle. Hannah Abbot dormait mal, Rose Zeller avait des problèmes énormes en orthographe, Zacharias Smith s'était encore disputé avec quelqu'un, Eleanor Branstone avait le cafard, les triplés Murray avaient copié leurs devoir de Potions les uns sur les autres et avaient eu une retenue, Astoria Greengrass et Ambre Kwebena avaient tenté d'aider Matthew Debbs à réviser ses potions et leur chaudron avait explosé…. Bref. Et ça, ce n'était qu'en ce qui concernait les Poufsouffle ! Elisa ne s'occupait pas d'eux plus de six heures par semaine (ou sept… ou dix… dépendant du week-end et de la gravité du drama adolescent qui avait lieu !), mais elle n'osait même pas imaginer le calvaire des gens qui étaient parents, qui devaient s'occuper d'enfants vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Franchement, son respect pour Molly Weasley montait en flèche à chaque fois qu'elle devait arbitrer une engueulade entre deux jeunes élèves.
Au CEM, elle observa Daniel Melville avec attention, mais rien chez lui ne criait Né-Moldu. Ses vêtements étaient normaux, sans doute achetés sur le Chemin de Traverse. Il utilisait des stylo-billes et du papier, mais ça se vendait même dans les boutiques magiques, à présent. Quand une question était posée sur le monde magique (car le CEM servait également aux Nés-Moldus à poser les questions qui les tourmentaient, sans risque d'être dénigré par des Sang-Purs condescendants), Daniel semblait attentif à la réponse… mais ça n'était pas une preuve. Et puis, il ne posait pas de questions, lui. Est-ce qu'il savait naviguer dans le monde magique ? Ou bien est-ce qu'il essayait juste de ne pas attirer l'attention sur lui ? C'était probable, ça aussi…
Elisa essayait aussi de passer du temps avec le Trio d'Or, mais c'était plus délicat. Harry et Hermione avaient moins de temps libre avec l'Alchimie. Le Survivant avait d'ailleurs été invitée à plusieurs soirées de Slughorn, à son grand désespoir : et comme il l'avait comme prof, il ne pouvait pas l'éviter, comme le faisait Elisa ! Et puis, Harry devait aussi tenir compte de son entraînement au Quidditch… Tout comme Ron, d'ailleurs, qui avait été sélectionné pour être le nouveau Gardien.
– Hâte d'être à ton premier match ? lui demanda joyeusement Elisa lorsqu'elle les croisa en train de revenir de l'entraînement.
Ron était un peu pâle, et son sourire semblait un peu forcé :
– Impatient.
Il y avait peu de chance pour que, dans cet univers, Drago Malefoy invente la chanson de Weasley est notre roi. Cela dit, Ron avait un gros problème d'anxiété, et ça n'allait certainement pas disparaître parce que les circonstances étaient moins pires que dans le canon. Elisa lui tapota l'épaule d'un geste réconfortant (et réalisa avec une certaine surprise que Ron était désormais plus grand qu'elle) :
– Bon courage.
Elle n'avait pas vraiment de conseil à lui donner. Elle-même était toujours pétrifiée quand il fallait parler devant un public.
Slughorn essayait toujours de l'inviter à ses petites soirées, mais Elisa continuait à décliner, prétextant qu'elle était surchargée de travail (ce qui n'était pas complètement faux). Cela dit, elle avait bien conscience que Slughorn était quelqu'un qu'il valait mieux ne pas se mettre à dos. Il avait de bonnes connexions, il pourrait être un allié utile. Alors elle cessa de l'éviter comme s'il avait la peste, et essaya d'être toujours polie avec lui, ou de prendre parfois le temps de discuter avec lui dans les couloirs. Et bien sûr, elle prenait bonne note des noms que le professeur grassouillet lâchait ici et là.
– Mrs Ysandra Mason du Département des Mystère sera présent à ma prochaine soirée, et je suis sûr qu'elle sera enchantée de rencontrer une élève aussi prometteuse ! Avant de diriger les Langue-de-Plombs, Ysandra était une experte en Sortilèges, voyez-vous.
– Je regrette, s'excusait Elisa. Mais cette année, ma vie sociale est vraiment inexistante, je suis complètement débordée…
Slughorn, l'air jovial, agitait un index gras et faussement réprobateur sous son nez :
– Ah, tant de dévouement est admirable, mais laisser passer trop d'opportunités risque de vous fermer certaines portes à jamais !
– Je me rattraperai après les ASPICS, promettait la jeune fille.
Si elle survivait jusque là. Certains jours, quand l'atmosphère du château était particulièrement morose, elle avait des doutes.
Il y avait cependant de bonnes nouvelles. Les Mangemorts n'avaient pas lancé de nouvelle attaque, ce dont le Ministère prenait tout le crédit (alors qu'ils n'avaient absolument rien fait). Et le réseau d'espions d'Elisa marchait bien. Ils informèrent Neal, qui l'informa à son tour, qu'un dénommé Yaxley avait été promu au Ministère, dans le service des communications. Il avait désormais le contrôle sur les registres sorciers, et donc sur tout un tas d'adresses de potentielles cibles. Ce qui n'aurait pas été si grave… S'il n'avait pas fait partie de la liste des possibles Mangemorts que Trisha et Cédric l'avaient aidé à établir l'année dernière. De plus, dans le canon (ce qui était bien sûr un truc qu'Elisa ne pouvait pas révéler), il était effectivement un Mangemort. Autant dire qu'elle ne pouvait pas le laisser avoir accès à la liste des Nés-Moldus et leurs adresses.
La Poufsouffle envoya une lettre à Rita Skeeter lui disant que Yaxley était sans doute un sbire de Tom Jedusor et qu'elle adorerait le voir plonger, même pour un motif pas tout à fait véridique. La journaliste lui envoya une réponse aimable l'informant que c'était dans ses cordes. Très rapidement, un article scandaleux et anonyme parut dans la Gazette, accusant Yaxley d'adultère, de corruption, de recel, d'escroquerie… Bref, tout un tas de trucs joyeux. Il perdit son poste et fut mis en examen.
Il avait une fille à Poudlard, Fortuna Yaxley. Une première année, timide et discrète. Elisa demanda discrètement aux jumelles Carrow de garder un œil sur elle. Pour éviter qu'elle ne rejoigne le côté obscur, mais aussi pour éviter qu'elle ne soit ostracisée : comme Adélaïde Murton, Theodore Nott, ou Kevin Whitby.
Et finalement, une autre bonne nouvelle, à la mi-octobre, fut le début des leçons de magie élémentaire d'Elisa.
– Nous allons commencer par déterminer votre affinité élémentaire, annonça Flitwick de sa voix flûtée tandis que la jeune fille se retenait de sautiller sur place comme une gamine de cinq ans. Mais grâce à tous les sorts liés aux éléments que je vous ai fait lancer ces dernières semaines, vous devez vous douter de ce que c'est…
– L'eau, répondit Elisa sans hésitation. Et l'air, peut-être ?
– Exact ! applaudit Flitwick avec tant d'enthousiasme qu'il faillit dégringoler de sa chaise surélevée. Mais je pense que votre affinité avec l'air est plus profonde, même si celle avec l'eau semble plus puissante, ce qui signifie que sans votre baguette, c'est avec l'air que vous aurez le plus de talent.
Elisa posa un regard pensif sur sa de l'Examen des Baguettes, juste avant le Tournoi, Ollivander avait dit quelque chose comme ça. Il avait précisé que le nerf de dragon de cette baguette provenait d'un Opalœil des Antipodes. Et il avait ajouté que ce type de baguette avait souvent une affinité pour la magie de l'eau…
Hum. Effectivement. C'était peut-être la baguette qui renforçait son affinité avec la magie de l'eau, ce n'était pas sa magie à elle.
– Comment pouvez-vous savoir ça ? ne put-elle s'empêcher de demander.
– Simple observation ! pépia Flitwick. Lorsque vous utilisez des sorts jouant avec l'air et avec l'eau, votre temps de réponse et votre concentration est exactement la même. Mais je sais que vous avez appris des sorts de magie de l'eau des années avant la magie de l'air. Votre lien avec cet élément a une force qui vient de l'habitude, tandis que l'air est un élément plus fluide, plus intuitif.
C'était un peu fumeux comme explication… mais pas totalement insensé. Elisa revint au cœur du sujet :
– Et comment ça s'apprend, la magie élémentaire ?
– Très bonne question ! s'enthousiasma le professeur de Sortilèges. La magie élémentaire, tout comme la Chronomancie ou la Psychomancie, est une magie qui se pratique normalement sans baguette. En réalité, c'est une forme de magie qui se pratique naturellement, sans qu'on ait besoin d'un catalyseur comme pour la magie ordinaire : ni incantation, ni baguette ! Mais bien sûr, ce n'est pas aussi simple. Nous sommes tous conditionnés à utiliser un catalyseur et la magie naturelle ne nous vient donc plus très facilement. Ainsi, les débutants utilisent leur baguette, au début, afin de se donner une base solide. Mais c'est une béquille, une aide, comme les Charmes de sécurité-enfant sur les balais ! La baguette est mise de côté très vite.
Elisa songea soudain à Hermione, qui utilisait la Légilimancie de façon régulière pour vérifier les progrès d'Occlumens de ses amis. La jeune Gryffondor n'aurait pas l'idée de faire ça sans baguette : pour elle, aucun sort ne se faisait ainsi, et elle pensait que seuls les maîtres pouvaient utiliser la Légilimancie d'un regard. Mais… Depuis le temps qu'elle pratiquait cet exercice… Hermione pouvait sans doute se passer de sa baguette pour lancer une attaque mentale. Ce n'était pas une pensée rassurante.
– Il y a donc une incantation et une utilisation de la baguette pour débuter dans la magie élémentaire, raisonna-t-elle.
– En effet, approuva Flitwick. Et il s'agit de sorts que vous connaissez. Incendio est le premier pas vers la Pyromancie, et Ventus est le premier pas vers l'Aeromancie. La maîtrise de la terre débute avec Petram, le sortilège de fracture du sol que nous avons appris il y a peu de temps. Quant à la maîtrise de l'eau, ironiquement, le Menti Effinxi que vous avez inventé en est une variante très élaborée. Il s'agit du Sortilège du Ruissellement, qui consiste à rediriger les mouvements de l'eau. L'incantation est Fluendi. C'est le sort que nous allons étudier aujourd'hui. Une fois l'Aguamancie maîtrisée, il vous sera beaucoup plus facile d'éveiller votre talent latent pour l'Aeromancie.
Il agita sa baguette et fit apparaître une grande vasque de cristal d'apparence délicate, qu'il remplit d'un rapide Aguamenti. D'un mouvement de baguette, il mit l'eau en mouvement, la faisant paresseusement tourner dans la vasque comme si elle était agitée par une cuillère invisible. Puis il pointa sa baguette sur l'eau, et incanta :
– Fluenti !
L'eau suivit son geste et se mit à tourner dans le sens contraire. Comparé à ce que le Menti Effinxi pouvait accomplir, ce n'était rien du tout. Mais Elisa imagina faire ça sans baguette, et elle ne put s'empêcher de sourire comme une idiote.
– C'est un sort très simple, pépia Flitwick en reportant son attention sur son élève. Essayez donc.
– Fluenti ! tenta la jeune fille.
Docilement, l'eau changea son sens de rotation. Le professeur de Sortilège sourit jusqu'aux oreilles :
– Superbe ! Maintenant, sans baguette.
– Sans baguette ?! glapit la Poufsouffle.
Mais Flitwick se montra inflexible. Elisa rangea donc son arme dans l'étui qu'elle portait toujours à la ceinture, esquissant une légère grimace. C'était l'échec garanti. Cependant, elle tendit quand même la main vers la vasque, et répéta :
– Fluenti.
Que dalle.
– Encore une fois, insista Flitwick. Avec plus de conviction, Miss Bishop.
– Fluenti ! ordonna-t-elle.
– Plus de force ! couina le petit professeur en haussant la voix. Canaliser toute votre magie dans votre main !
– Fluenti !
– Vous vous heurtez à un blocage, fracassez-le ! Vous pouvez le faire ! Plus de force, plus de férocité ! Vous êtes plus puissante qu'un courant dans l'eau, n'est-ce pas ?!
– FLUENTI !
SPATCH ! Il y eut une explosion dans l'eau, comme si quelqu'un y avait jeté un gigantesque caillou, et la pièce fut éclaboussée jusqu'au plafond.
L'instant d'après, c'était fini. Trempés de la tête aux pieds, Flitwick et Elisa regardèrent tous les deux la vasque. Le fond était fissuré. La Poufsouffle ramena lentement sa main contre elle, mortifiée. Ce n'était pas du tout de la magie de l'eau, ça. C'était la Force qui lui avait échappé.
– Ce n'était pas ce qui était supposé se passer, lâcha Flitwick d'un air interloqué.
Elisa se racla la gorge, penaude :
– Euh, il est possible que j'utilise une forme de magie sans baguette pour frapper les choses. Hypothétiquement parlant, est-ce que c'est possible que ça interfère avec l'apprentissage de l'Aguamancie ?
Flitwick la regarda fixement. Puis il sourit jusqu'aux oreilles, toujours complètement trempé, ses yeux brillants d'un air ravi.
– Oh, ça va être passionnant.
oOoOoOo
Il s'avéra que oui, utiliser la Force depuis une décennie (au point que ça en soit devenu presque un réflexe) pouvait affecter l'apprentissage d'autres formes de magie sans baguette. Et il s'avéra aussi que la Force était en réalité une forme de magie naturelle assez méconnue, car considérée comme très basique : la Vehomancie. Du latin veho signifiant transporter, diriger. Il s'agissait simplement d'influer la direction de l'énergie latente : attirer, repousser, impacter, frapper. La manipulation d'énergie à son état le moins sophistiqué. Et Elisa n'en avait même pas une maîtrise très puissante. La Vehomancie était utilisée uniquement par des elfes de maison et quelques rares clans de gobelins, et tous pouvaient frapper un trou dans un mur comme un boulet de canon avec cette forme de magie. Elisa, elle, avait de la chance si elle parvenait à casser une carafe d'eau.
Mouais. N'empêche que la Vehomancie, c'était nul comme nom. Elle allait continuait à l'appeler la Force.
Flitwick mit donc des exercices en place pour que, au lieu d'utiliser la Force dès qu'elle se retrouvait privée de baguette, Elisa apprenne à utiliser d'autres facettes de sa magie. Mais c'était comme d'essayer de se défaire d'un tic, d'une mauvaise habitude. C'était difficile. Tous les matins, Elisa avait pour consigne de s'exercer à faire tourner l'eau contenue dans un verre, sans magie.
Elisa se retrouvait donc à fixer un verre d'eau tous les jours, le visage rouge de concentration, le front plissé, les poings serrés. Plus d'une fois, elle avait accidentellement puisé dans la Force : et le verre avait été catapulté à l'autre bout de la pièce.
Cédric trouvait ça très marrant. Il pensait que ce n'était que justice : si Elisa n'avait pas persisté à utiliser bêtement la Force, au lieu d'user de sa baguette comme une personne normale, elle ne serait pas dans ce pétrin. Trisha, elle, n'avait pas d'opinion particulière, mis à part qu'Elisa avait intérêt à ramasser les bouts de verre qui jonchaient le sol après l'un de ses échecs. Le reste des Poufsouffle, qui assistaient à cette comédie tous les matins, avaient adopté ce cinéma avec une rapidité ahurissante. Certains l'ignoraient complètement, d'autres étaient d'avis que Flitwick testait une toute nouvelle punition. Quasiment aucun n'avait remarqué qu'il s'agissait de magie sans baguette.
Bref. L'éclate totale. Ah ah.
Puis le 20 octobre arriva, et comme d'habitude, Elisa et Cédric fêtèrent leur anniversaire ensemble à la table des Poufsouffle, se servant de ce prétexte pour que les elfes cuisinent d'énormes gâteaux et que tous les élèves se rassemblent. Cette année, sans surprise, Elisa reçut essentiellement des livres sur la Défense. Elle n'était pas sûre d'aimer la réputation que ça lui donnait, mais elle n'allait certainement pas renoncer aux bouquins pour autant.
Bon sang, elle avait dix-huit ans. Elle avait du mal à le réaliser. Dix-huit ans, et plongée en pleine guerre. Elle était supposée éviter ça, par Merlin.
Mais bon. La vie continuait. Peu de temps après, les jumeaux Weasley lui tombèrent dessus avec un large sourire carnassier, pour lui annoncer avec allégresse qu'ils avaient enfin achevé le projet kamikaze. Comme Elisa sortait du CEM à ce moment, tous les gens vaguement familiers avec ce terme lui jetèrent un regard acéré. Elisa traîna les jumeaux dans une pièce voisine, refermant sèchement la porte derrière eux, puis jeta quelques sorts pour s'assurer qu'ils ne puissent pas être écoutés par des fouineurs. Puis elle se tourna vers Fred et George :
– Alors, montrez-moi la merveille !
Avec un geste digne d'un prestidigitateur, George (ou Fred ?) fit apparaître trois molaires entre ses doigts, avant de les poser sur la table :
– Tadam ! Admire l'œuvre !
Elisa se pencha et les observa de près, vaguement incrédule. C'était de vraies dents, avec une racine, des marques d'usure, une teinte ivoire mais un peu jaunie à la base. Lorsqu'elle en toucha une du bout de l'ongle, la dent émit un tintement léger. C'était bien de l'émail !
– Il y a une petite dose de Goutte de Mort-Vivant à l'intérieur, fit fièrement Fred (ou George) en tapotant son œuvre. Assez pour donner l'apparence de la mort pendant une à six heures…
– … dépendant du poids et de l'âge de la personne, acheva son frère. Et lorsque la dent se brise, la métamorphose se brise aussi et elle se retransforme entièrement en une sorte de poudre…
– … qui est entièrement de notre invention, et qui est donc géniale, parce qu'elle a d'intéressantes propriété…
– …parce qu'elle réagit avec la salive ! Elle se met à mousser à fond, assez pour en avoir la bouche presque pleine, et donc baver…
– … même si on est déjà inconscient. La poudre a une apparence un peu jaune, à cause de la teinte artificielle donnée à la dent, mais ça tombe bien…
– … Parce qu'elle sent aussi très fort la citronnelle ! Et qu'est-ce qui sent la citronnelle et qui fait baver lors de l'agonie ?
Elisa secoua la tête avec ignorance, et les jumeaux levèrent les yeux au ciel d'un air exaspéré :
– Le Philtre Etrangleur ! On l'a vu l'année dernière !
– Les gars, je vous rappelle que je ne fait plus Potions, pointa la jeune fille. J'ai raté ma BUSE.
– Ah oui. Enfin bref, l'Etrangleur est l'une des potions mortelles les plus faciles à trouver dans le commerce, ou à fabriquer chez soi, parce qu'il est efficace même s'il est mal préparé. Il tue lentement, en temps normal. Mais, s'il est mélangé à du sang…
– … Tu t'étouffes en trois secondes au lieu de trois heures ! Donc il suffirait qu'une personne prenne de l'Etrangleur et se morde la joue pour en mourir. Et bam, on a la couverture parfaite !
Elisa devait l'admettre, c'était du pur génie. Et ils avaient littéralement inventé la poudre qui réagissait avec la salive ! Et ils l'avaient métamorphosée pour qu'elle se transforme en fausse dent contenant une potion, sans que la potion ne réagisse ni avec la poudre ni avec la métamorphose ! C'était incroyable.
– Génial, finit-elle par lâcher avec un grand sourire.
– On a été inspirés, rigolé Fred (ou George ?). S'évader de la captivité des Mangemorts en faussant sa mort sous leur nez, ça c'est un pari de dingue. Evidemment qu'on allait le relever.
– C'est pas le genre d'idée que tu as habituellement, Elisa ! renchérit Fred (ou George). C'est un truc de fou. Comment tu as pensé à ça ?
La Poufsouffle haussa les épaules, un peu mal à l'aise, avant de rassembler son courage. Au risque de casser l'ambiance, il fallait les ramener sur Terre… Et leur rappeler que ce n'était pas un jouet.
– Chez les Moldus, certains espions ou soldats ont une dose de cyanure dans une fausse dent. S'ils sont capturés, ils savent qu'ils vont être torturés jusqu'à leur mort. Ils savent qu'ils n'ont aucun espoir de s'échapper, et qu'éventuellement l'ennemi finira par les briser. Alors, plutôt que de prendre le risque de craquer… Ils croquent leur fausse dent, et ils se suicident.
Fred et George eurent l'air complètement horrifiés. Le suicide était un acte extrêmement tabou chez les sorciers.
– Je préfère ta version, finit par dire Fred. Elle est moins radicale.
– C'est l'idée, renifla la jeune fille avec amusement. Le principe est que les Mangemorts vont préférer abandonner le corps. Ils ne vont surtout pas l'amocher : ils vont le mettre bien en évidence, avec une Marque des Ténèbres qui flotte au-dessus… Et ils vont s'en aller. Du coup, six heures plus tard, notre victime se réveille sans une égratignure.
– Malin, admira George. C'est pour ça que tu voulais l'apparence d'un empoisonnement… Mais il y a toujours un risque de surdose, tu sais.
Elisa haussa les épaules, pas troublée pour autant. Elle préférait avoir un risque de surdose que de faire face à ce qui l'attendait si jamais elle était capturée par les Mangemorts.
Mais passons.
La fin d'octobre arriva. Elisa avait contacté Remus, Neal et Cécile, et leur avait parlé du concept de la fausse dent. Une fois qu'elle leur eu expliqué le principe, ils acceptèrent tous l'idée avec empressement. Bon, il fallait extraire une molaire pour implanter la fausse à la place, mais sinon, la procédure n'avait rien de compliqué. La jeune fille offrit également une fausse dent à Trisha, Cédric, Hermione, Ron, et Harry. Et, bien sûr, à ses deux parents. Tous acceptèrent son offre, même si Ron et Cédric se montrèrent un peu réticents (l'idée de mettre en scène un suicide les mettait mal à l'aise).
Mais au moins, ils avaient une porte de sortie si jamais le pire arrivait et que les Mangemorts mettaient la main sur eux.
Elisa était cependant loin d'en avoir fini avec la guerre, qui continuait constamment à se mêler à son quotidien. Ainsi, le dernier vendredi du mois, elle eu une surprise en se rendant à la séance habituelle du CEM. Ambre Kwebena l'attendait de pied ferme devant la salle dédiée au club, ne tenant pas en place et jetant autour d'elle des regards neveux. La troisième année lui sauta pratiquement dessus dès qu'elle passa à sa portée, agrippant sa manche des deux mains comme si elle avait peur que la jeune Bishop n'essaie de s'enfuir.
– Elisa, je peux te parler ?! s'écria la petite métisse avec un enthousiasme forcé.
Trisha s'était arrêtée, comme un garde du corps prêt à bondir. Terence et Heather, qui avait cheminé avec elles, échangèrent un regard incertain. Elisa leur fit signe de ne pas l'attendre. Elle doutait qu'Ambre ait la moindre intention malveillante à son égard. Cela dit, son état de nervosité et sa présence ici (surtout toute seule) étaient étonnants.
– Tu veux t'inscrire au CEM ? essaya-t-elle de deviner.
– C'est ça, lâcha Ambre avec un sourire pas du tout convaincant. On peut en parler un peu plus loin deux minutes ? Je ne suis pas sûre encore…
Docilement, Elisa suivit Ambre au bout du couloir, jusqu'à une alcôve à demi-cachée derrière une tapisserie, et qui donnait sur un des nombreux passages secrets connus des Poufsouffle. A sa grande surprise, Astoria Greengrass se tenait là, les yeux rouges et l'air terrifiée. Alarmée, Elisa jeta un bref regard à Ambre qui tirait la tapisserie derrière elles pour dissimuler leur cachette :
– Qu'est-ce qui se passe ?
Ambre, la métisse Née-Moldue au caractère enflammé, et Astoria, la petite Sang-Pure aristocrate aux airs de poupée délicate, étaient inséparables depuis leur toute première rencontre dans le Poudlard Express. Elles passaient aussi pas mal de temps avec les amis d'enfance d'Astoria (Matthew Debbs qui adorait les explosions, Sarah Carter la lectrice avide, et Amélia Selwyn qui adorait le vol sur MagicoGlisseur), mais ils appartenaient tous à d'autres Maisons. Ambre et Astoria, toutes deux Poufsouffle, étaient aussi soudées que des jumelles : elles étaient constamment ensemble, elles ne se disputaient jamais, et elles étaient toujours d'accord sur tout.
– Dis-lui, fit fermement Ambre Kwebena à l'adresse de sa meilleure amie.
– J'ai promis de garder le secret ! protesta Astoria d'une voix tremblante.
Ce n'était jamais bon signe.
– A qui tu as promis ça ? demanda Elisa avec prudence.
Astoria secoua farouchement la tête, muette. Elle avait l'air au bord des larmes. Ambre émit un grondement de rage et la secoua légèrement par l'épaule :
– Des gens pourraient mourir ! Regarde ce qui est arrivé aux parents de Sam et Tobias Rebman !
– Mais c'est mon amie, gémit Astoria.
– Elisa aussi est notre amie, contra Ambre dont les yeux étincelaient. Et elle s'arrangera pour que rien n'arrive à aucun élève de Poudlard, pas vrai ? Ni à leurs parents. Tu ne lui fais pas confiance ?
C'était une promesse qu'Elisa n'aurait pas faite, parce que qui pouvait promettre un happy end dans ce monde de fou ? Mais elle se contenta de hocher la tête, sentant que ce n'était pas le moment de se montrer trop réaliste. Astoria avait besoin d'être rassurée, pas qu'on lui rappelle le danger. L'adolescente blonde hésita un instant… Puis elle craqua.
– C'est Amélia, avoua-t-elle précipitamment. Amélia Selwyn, tu sais, elle est à Serdaigle…
– Je vois, lâcha calmement Elisa. Qu'est-ce qui se passe ?
– Elle pleurait hier ! interrompit Ambre qui n'en pouvait plus. Il y a un Mangemort chez elle !
Elisa sentit son estomac dégringoler, et écarquilla les yeux.
– Ce n'est pas ça ! protesta Astoria avec colère malgré ses larmes.
Elle renifla et s'essuya les yeux, tandis qu'Ambre se dandinait d'un pied sur l'autre d'un air embarrassé. Elisa se rappela un peu tard qu'elles n'étaient qu'à quelques mètres du couloir, et jeta un rapide Muffliato pour éviter que leur conversation soit surprise. Puis elle inspira un grand coup et fixa la jeune Greengrass dans les yeux :
– Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
Astoria lui raconta alors, d'une voix hachée, que les parents d'Amélia Selwyn avaient accueillis chez eux cet été un cousin qui était blessé. Amélia avait été tenue à distance par ses parents, mais elle avait vu à plusieurs reprise ce type chez eux, la brûlure dans son dos comme s'il avait été frappé par la foudre, et les robes noires cachées à la cave. Elle l'avait même entendu se disputer plusieurs fois avec son père, le pressant de choisir "le bon côté", de se rendre à la raison, de se joindre à une grande cause qui n'était jamais définie. Amélia avait promis à ses parents de ne rien dire, mais le secret l'étouffait. Elle était terrifiée. Ses parents n'étaient pas des extrémistes, mais ils étaient incontestablement Puristes, et elle avait peur que son lointain cousin ne réussisse à les embarquer dans cette guerre. Elle avait fini par craquer et fondre en larmes, et s'était confiée à Astoria.
Elisa se mordit la lèvre. De ce qu'elle avait appris en compilant une liste des possibles Mangemorts l'année dernière, les Selwyn étaient relativement nombreux. Il y avait plusieurs branches dans la famille, ce qui faisait entre vingt et trente personnes au total. Les parents d'Amélia venaient de la branche la plus modeste, mais ils étaient en bons termes avec tous les autres Selwyn. De plus, sa mère était Médicomage. N'importe lequel de ces cousins avait pu se rendre chez eux.
– Tu sais son nom ? demanda-t-elle à Astoria.
La jeune Greengrass secoua la tête :
– Elle n'a pas voulu me le donner…
– Je me débrouillerai, décida Elisa. Merci de me l'avoir dit. Je vais arranger ça, ne t'inquiète pas. Tout ira bien.
Elle prévint le CEM qu'elle allait sécher cette séance, puis raccompagna les deux filles dans la salle commune de Poufsouffle. Une fois seule, elle s'enferma dans une salle de classe vide, jeta plusieurs sorts sur la porte pour éviter d'être espionnée, et sorti son miroir communicant.
– Matt ?
– Elisa, la salua l'ex-Serpentard en haussant un sourcil. Ne devrais-tu pas être en cours ?
Il n'était pas à Tourmaline : elle voyait derrière lui une fenêtre donnant sur la lande. Il était sans doute chez lui. En bruit de fond, venant sans doute d'une pièce voisine, on entendait la voix de Remus Lupin, qui semblait lire à voix haute une liste de contre-maléfices ainsi que leur théorie.
– Je sèche, fit la jeune fille avec désinvolture. Ecoute, j'ai besoin d'un coup de main. Tu connais toute l'aristocratie Sang-Pure, n'est-ce pas ? Un des Selwyn est un Mangemort. Je sais que ce n'est pas le père de la petite Amélia qui est à Poudlard, mais sinon, ça peut être n'importe qui. Au moins trois types nommés Selwyn ont été accusés d'être des Mangemorts durant dernière guerre.
Matt fronça les sourcils :
– Que veux-tu que je fasse ? Je ne peux pas exactement faire du porte à porte pour leur demander ce qu'ils font de leurs week-ends et si les Impardonnables font partie de leurs hobbys.
L'image arracha un reniflement amusé à la Poufsouffle. Elle secoua la tête :
– Non. Mais tu connais l'identité de tous les Selwyn, non ? Riches, Sang-Purs, tout ça. C'est sans doute une personne isolée, sinon il aurait demandé de l'aide à ses proches, pas des cousins assez éloignés. Une idée ?
Matt plissa le front :
– Une minute. Je dois vérifier quelques infos avec Remus.
Il laissa le miroir sur son bureau, laissant Elisa poireauter en observant sa fenêtre. Elle pouvait vaguement entendre le murmure de la conversation des deux hommes. Ils semblaient comparer des noms. Finalement, Matt revint, suivit par Lupin, et reprit le miroir en l'orientant de façon à ce que Remus soit lui aussi inclus dans la conversation.
– C'est probablement Edmund Selwyn. C'est le seul des Selwyn accusés lors de la dernière guerre qui n'a aucun proche vers qui se tourner. Les deux autres sont mariés, et très riches. Ils n'auraient pas eu besoin d'aller chercher l'aide d'un cousin neutre.
– Il était à Poudlard en même temps que moi, révéla Remus. C'était un Serdaigle, il était Préfet-en-Chef quand j'étais en quatrième année. Il était très proche de Barty Croupton. Il a été innocenté lors de la dernière guerre, mais on sait tous que ça ne veut rien dire.
– Edmund Selwyn, répéta Elisa. Vous êtes sûrs ?
– C'est le seul homme Selwyn qui n'a pas de famille proche, se contenta de dire Matt. Que comptes-tu faire ?
Elisa ouvrit la bouche, puis la referma. Bonne question. Elle ne pouvait pas s'en charger elle-même. Elle ne pouvait pas non plus envoyer quelqu'un (qui, d'ailleurs ?) défoncer la porte de ce type pour l'assommer. Pour quel motif ? Elle n'avait pas de preuve. Edmund cachait sans doute son attirail de Mangemort avec beaucoup de soin, et ce n'était pas exactement comme si elle pouvait le prendre en filature pour assister à une réunion de Mangemorts. Le risque était trop grand. Si jamais elle (ou son espion) était repéré, elle se ferait tuer.
Mais… Oh. Elle plissa les yeux. Elle avait justement quelqu'un qui pouvait prendre les gens en filature sans être repéré…. C'était une occasion en or.
– J'ai un plan, se contenta-t-elle de dire. Merci de votre aide, je vous revaudrai ça.
Elle fit mine de ne pas voir le regard vaguement concerné qu'échangeaient les deux loups-garous. Elle raccrocha, l'esprit déjà focalisé sur sa nouvelle idée, puis renforça les sorts protégeant la pièce. Il ne fallait absolument pas que quiconque entente ce qu'elle allait dire… et à qui elle allait le dire.
Elle reprit son miroir, et passa un nouvel appel.
– C'est moi. Vous vous souvenez de notre accord ? J'ai un petit service à vous demander…
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Et voilà ! Uh uh uh, un cookie métaphorique pour qui devine qui elle a appelé...
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Ahem. Bref ! J'espère que ça vous a plus. A dans deux semaines pour la suite !
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