Ceci est une traduction d'une fic de Ceredwen. Vous trouverez tous les liens sur mon profil.

Cette semaine les choses se rééquilibrent, et ce sacré Vif d'Or m'a presque tiré une larme...

Bonne lecture !


~oOo~

« Je voudrais que tu voies celui-ci maintenant, ma mignonne, » dit-il, mettant sa cousine de côté pour le moment. « J'étais déjà fou de toi mais je ne le savais pas. C'est pour cela que je me comportais comme un parfait imbécile. »

Il peut voir le sourire qu'elle essaye de cacher. Bien sûr qu'elle le sait. Aujourd'hui, du moins.

« Tu as tenu ta promesse, tu sais, » dit-elle. « On a été très heureux, non ? »

« Les plus heureux du monde, » confirme-t-il. « En voici plusieurs, et ils sont tous connectés à ce sac de boules de Bulgare. »

« Tu apprécies Viktor, mon chéri. »

Il grogne.

Elle rit.

~oOo~

Sirius fut surpris de se retrouver à tenir les mêmes propos que Dumbledore lui avait tenus autrefois. Il ne voulait pas que Harry quitte le Square Grimmauld. Deux Horcruxes restaient encore à trouver et Voldemort avait pris le contrôle du Ministère. Quelque chose tracassait Harry mais il ne voulait pas en parler. C'était bien pratique de croire que c'était à cause de sa cicatrice, qui lui faisait mal à nouveau. Déjà au mariage il avait compris que quelque chose n'allait pas, mais il était trop préoccupé par sa propre infortune pour y faire attention.

Et malheureusement, il n'avait toujours pas trouvé le temps de s'occuper de Harry, à cause d'un problème plus immédiat qui s'était imposé à eux. Le Ministère avait rendu obligatoire la fréquentation de Poudlard. Et seulement les élèves qui pouvaient justifier de leur Statut du Sang seraient admis à l'école. Il était peu probable que la nouvelle récole de première année Nés-Moldus puisse avoir accès à cette information. La question était : qu'allait-il arriver à ces enfants ?

La réponse était évidente et horrible.

L'Ordre n'avait pas pu se réunir en entier ; c'était trop risqué. Seuls étaient présents ceux qui participaient à la mission Poudlard, et cela incluait Krum. Sirius l'observait discrètement en sirotant son Pur-Feu. Le célèbre attrapeur était assis à côté de Hermione et ils parlaient à voix basse. De temps à autre il la faisait rire, ou rougir, ce qui donnait à Sirius des crampes acides à l'estomac.

Il éprouvait pour le jeune homme une antipathie qu'il ne pouvait ni comprendre ni s'expliquer à lui-même. Il ne l'aimait pas, c'était tout. Comme Ron partageait son sentiment Sirius le trouvait justifié, quelque part.

Rémus semblait amusé par la situation, et cela l'énervait. Harry adoptait une expression neutre lorsqu'il se trouvait dans la même pièce que Ron et Krum. Sirius ne comprenait pas. Le fait que Krum ait fréquenté Karkaroff, un Mangemort, ne préoccupait pas Harry plus que ça ?

On ne pouvait nier que Krum était un homme qui savait ce qu'il voulait et qui se donnait les moyens de l'obtenir. Sirius détestait ce trait de son caractère. Il avala une gorgée de son Whisky Pur-Feu et croisa le regard sarcastique de Rémus.

« Bon, vous trois, » dit Sirius d'un ton bourru à Ron, Hermione et Harry. « Vous faites une liste de tous les Nés-Moldus dont vous vous souvenez et qui retournent à Poudlard cette année. »

« Je les connais tous, » dit Hermione. Elle commença à gribouiller sur une feuille de parchemin.

« Mais non, tu ne peux pas tous les connaître, » dit Sirius, incrédule. Harry et Ron se contentèrent de ricaner doucement. Krum avait pris un air suffisant.

« En tant que Préfète, c'était mon devoir de connaître le nom de l'ensemble des élèves, » répondit-elle d'un air affairé. « J'aurai fini la liste dans une minute. »

Rémus pouffa discrètement et échangea un regard amusé avec sa femme.

« Oui, euh... Bien, » grogna Sirius. « Dressez un plan pour les contacter et assurez-vous qu'ils ne retournent pas à Poudlard. »

« Et les première année ? » demanda Rémus d'une voix grave.

« Eux, on va devoir aller les secourir » répondit Sirius fermement.

~O~

Dissimulé par la végétation, Sirius regardait les barques remplies de première année effrayés traverser le lac en direction du château. Une poignée de membres de l'Ordre était cachée avec lui. Comme ils devaient attendre, il en profita pour faire le point dans sa tête. Il était toujours en colère après Dumbledore pour avoir embarqué Harry dans une mission complètement inutile pendant qu'il était en Amérique. Lorsque Rogue l'a tué, Harry a tout vu. Mais Sirius savait que Dumbledore était déjà mourant, et il suspectait ce meurtre de n'être une mise en scène pour épargner Drago.

Les autres membres de l'Ordre s'étaient montrés un peu sceptiques face à son plan, mais c'est de cette conviction qu'il a tiré la confiance nécessaire pour monter cette mission, surtout après avoir appris que Rogue dirigeait l'école. Peut-être que Rogue avait deviné qu'ils allaient tenter de secourir les première année, mais Sirius était persuadé qu'il n'allait pas donner l'alerte.

Les barques accostèrent sans souci et les première année furent accueillis par une sorcière et un sorcier que Sirius ne reconnut pas. Ils ordonnèrent aux enfants de former une ligne.

« Tu affais rraison, » chuchota Krum comme ils observaient la scène.

« Ouais, sur toute la ligne, » dit Charlie à voix basse.

Sirius ne répondit pas et leur intima le silence d'un geste de la main. La dernière chose dont ils avaient besoin, c'était d'être entendus. Ça le rendait malade de voir les enfants être répartis en deux groupes. Certains allaient être envoyés vers de nouvelles aventures, les autres...

« Ce n'était pas plus difficile que de cueillir des pommes, » dit l'homme une fois que les élèves jugés dignes eurent disparu avec Hagrid.

« Dans tes rêves, » dit Sirius en surgissant de l'ombre du feuillage. L'élément de surprise était de son côté, et il put immobiliser rapidement les deux sorciers grâce à un Petrificus Totalus. Ils tombèrent au sol raides comme des piquets, d'abord l'un, puis l'autre.

Rémus, Krum et Charlie sortirent à leur tour du sous-bois et entreprirent de rassurer les première année terrorisés. Sirius guettait les gestes de Krum, essayant de détecter quelque chose qui n'irait pas dans son comportement avec les petits, mais le Bulgare avait adouci sa voix et leur parlait gentiment. N'ayant trouvé rien d'autre à critiquer, il se lança dans une cruelle comparaison entre le nez de Krum et celui de Rogue. Le célèbre sorcier continuait à parler doucement, ignorant l'analyse dont il était l'objet. Les enfants avaient commencé à se calmer, on n'entendait plus de temps à autre que de petits reniflements, voire quelques hoquets.

« Hagrid a bien laissé les barques ? » demanda Sirius. Il décida que l'accent de Krum était vraiment laid, également.

« Tout à fait, » répondit Rémus. « Patmol, tu es sûr que tu veux rester seul ici ? »

« Allez-y ! » les pressa Sirius. « Et dépêchez-vous ! Si Snape vient voir ce qu'il se passe, je préfère vous savoir déjà loin. »

« Prends garde à toi, Sirius ! » dit Rémus avant de partir avec les autres.

Le son des murmures des enfants s'éloigna et il commença à monter la garde. Le sorcier et la sorcière qu'il avait maîtrisés étaient silencieux mais ils le foudroyaient du regard. Ils se ressemblaient un peu, tous les deux, avec leurs épaules tombantes et leurs yeux minuscules.

« Je ne me souviens pas vous avoir déjà rencontrés, » marmonna-t-il. Il remonta les manches de leurs robes, ce qui lui confirma qu'il avait affaire à des Mangemorts. « On dirait que votre chef se fait de moins en moins exigeant sur les gars qu'il embauche. »

Un signal de lumière partit de l'autre rive du lac pour rebondir brièvement sur le mur du château. Ils avaient atteint l'autre côté sans problème. Il attendit encore une dizaine de minutes pour s'assurer que Rogue ne viendrait pas les poursuivre, et il laissa les deux Mangemorts en l'état, immobilisés jusqu'à ce que quelqu'un les trouve.

Un Sombral était attaché non loin de là, pour lui permettre de regagner Pré-au-Lard. L'Ordre y utilisait une maison, et ils prenaient le risque de rapatrier les enfants au Quartier Général par le réseau de cheminées car ils étaient trop nombreux pour s'arranger autrement. Une longue tâche les attendait pour les remettre un par un à leurs familles et leur trouver à chacune un nouvel endroit où habiter.

En arrivant à Pré-au-Lard, il dut redoubler d'attention, car les Mangemorts avaient disposé des gardes à différents emplacements de la petite ville. Le temps qu'il rejoigne la maison, le dernier des enfants avait disparu par la cheminée.

« Rogue n'est pas venu voir ce qui retenait les deux autres ? » demanda Rémus. Krum se tenait à côté de lui.

« Non, » répondit Sirius. « Retournons au Quartier Général ; il y a quelque chose que je dois vous dire à propos de Rogue. Je ne suis pas convaincu que tout soit vraiment ce qu'il semble être. »

Le salon était empli du bruit des reniflements et des sanglots étouffés des enfants bouleversés. Ça lui portait sur les nerfs et il n'était pas loin de craquer. Il serait retourné pour treize ans à Askaban si cela pouvait lui éviter ces petites choses perdues qui remplissaient sa maison, de la confiance plein leurs yeux humides. Et si cela signifiait qu'eux non plus n'auraient pas eu à endurer ce qu'ils ont vécu, alors il était décidément prêt à le refaire.

Il échangea un regard avec Rémus. Ils n'avaient pas le temps de parler. Il s'accroupit devant un groupe d'enfants, seuls et qui se serraient les uns contre les autres. Bientôt il était parvenu à les faire rire timidement, à l'aide de tours de magie moldus, comme faire sortir des foulards de leurs oreilles, des choses comme ça. Hermione assistait à son petit succès et elle sourit. Il se retourna rapidement vers la petite fille blonde qui lui disait enfin le nom de ses parents, incapable de s'expliquer pourquoi il se sentait soudainement si enthousiaste.

~O~

Un soir, quelques jours après le sauvetage et le déménagement des première année Nés-Moldus et de leurs familles, Sirius se préparait à entrer dans le cabinet de travail. Hermione était revenue pour continuer à fouiller dans ses livres et elle avait enjôlé Harry et Ron pour qu'ils viennent l'aider. Les trois jeunes gens étaient en train de se disputer assez sérieusement, et c'était plutôt inhabituel. Harry était en désaccord avec Hermione, ce qui semblait la mettre hors d'elle. Sirius resta à la porte du cabinet de travail et tendit l'oreille.

« Sirius ne va pas du tout aimer cela ! » dit Harry. Il y avait dans son ton quelque chose qui ne lui plaisait pas. Il ne voulait pas passer pour Dumbledore. Il voulait que Harry fasse ses propres expériences et décide par lui-même.

« Je suis sûre que si on lui explique - »

« Tu n'as pas vu la trace de brûlure que le sort lui a laissée en travers de la poitrine, » l'interrompit Harry. « Tu as peut-être raison, Dumbledore voulait peut-être que nous nous chargions de cela, mais Sirius ne me laissera pas quitter la maison. »

Là-dessus, Harry marquait un point.

« Ce symbole signifie quelque chose, Harry, quelque chose d'important, » insista-t-elle.

« As-tu vu ces enfants, Hermione ? » Harry avait haussé la voix. « Tu souviens de cette petite blonde ? »

Sirius ne savait pas exactement quelle aurait pu être la réponse d'Hermione, mais il comprenait où Harry voulait en venir.

« Bien, parce qu'elle est morte, ainsi que le reste de sa famille ! Et ce n'est que de justesse que Sirius est parvenu à s'échapper, nous a dit Tonks, alors laisse tomber ! On ne partira pas dans je ne sais quelle stupide chasse ! »

« Ce symbole est un lien entre Dumbledore, Grindelwald et Godric's Hollow. Trois choses autour desquelles tu tournes depuis que tout a commencé, » dit gravement Hermione.

Grindelwald ? Apparemment, on l'avait laissé à l'écart de pas mal de discussions importantes. Il tourna la poignée de la porte et entra dans le cabinet de travail.

« Tout va bien ? Je pouvais vous entendre vous disputer depuis le couloir, vous deux, » dit doucement Sirius, du seuil de la porte. Il fit un pas en avant et referma la porte derrière lui.

Les trois autres le regardaient et se jetaient des coups d'œil entre eux, comme s'ils ne savaient pas vraiment par quoi commencer.

« Il y a ce symbole, sur lequel on tombe tout le temps, » dit Hermione, « et je pense que c'est quelque chose d'important. »

« Montre-moi, » dit Sirius. Il s'assit sur une chaise vide.

Hermione lui apporta un livre et l'ouvrit à un passage spécifique. Sirius eut immédiatement un grand sourire. « C'est un livre pour enfants. Les Contes de Beedle le Barde. Cet exemplaire a l'air très ancien. »

« Oui, bien sûr, nous savons déjà tout ça, » le coupa Hermione, impatiemment. Il leva un sourcil dans sa direction. Elle rougit, mais continua : « C'est une première édition ; Dumbledore me l'a léguée. On a pas eu le temps de t'en parler, avec cette histoire... » Elle ne précisa pas. Il ne lui en voulait pas de ne pas pouvoir parler de ce qui s'était passé avec les première année. « Tu vois ce petit symbole, » elle montrait du doigt un petit triangle, « Xenophilius Lovegood le portait sur lui au mariage, et il est ici également. » Elle lui fourra un autre livre dans les mains : Vie et Mensonges d'Albus Dumbledore. Elle l'avait ouvert à une page où était reproduite une lettre de Dumbledore à Grindelwald. Sirius n'avait jamais vu Dumbledore remplacer le A de son prénom avec ce symbole, mais là il l'avait sous les yeux.

Sirius écarta la prose racoleuse de Rita Skeeter et feuilleta le vieil exemplaire des Contes de Beedle le Barde. Il savait qu'il y trouverait l'histoire à laquelle se référait le symbole. Une rumeur voulait que quelques sorciers dans la famille Black avaient possédé la baguette de sureau et sa chère mère adorait s'en vanter. Il tourna les pages du livre jusqu'à trouver celle qu'il cherchait.

« C'est une référence à cette histoire, » dit Sirius. « Le Conte des Trois Frères. »

« Oui, mais Viktor nous a dit que c'était le signe de Grindelwald, » insista Hermione. « Il était même furieux à ce propos. » Sirius soupira, irrité d'entendre à nouveau le nom du Bulgare. « Mais je trouve ça étrange qu'un sorcier comme Xenophilius Lovegood se rallie à quelqu'un comme Grindelwald. Il a toujours supporté Harry. »

« Ouais, mais c'est un doux-dingue, » dit Sirius avec ironie. « En fait, je connais bien Xeno. Un œil qui passe son temps à loucher du côté de son nez, prêt à croire tout ce qui est indémontrable. »

« Au moins on sait de qui tient Luna, » dit Ron.

« La blonde, c'est ça ? » demanda Sirius. Il se souvenait d'elle à l'infirmerie de Poudlard. « Ouais, sa mère était un peu différente, j'ai entendu la nouvelle de sa mort quand j'étais à Askaban. »

« Donc, ce que tu dis c'est que c'est réellement le signe de Grindelwald et que Mr Lovegood se trompe en lui attribuant une autre signification, quelle qu'elle soit ? » demanda Harry.

« Eh bien, je n'en suis pas sûr, » répondit Sirius.

« Est-ce que tu penses que Dumbledore croyait à l'existence de ces choses ? » l'interrogea Harry. « Ce que je veux dire c'est que s'il utilisait ce symbole, et que ce symbole représente bien ce qu'il représente, alors peut-être que Dumbledore voulait que je trouve cette baguette, pour m'aider à gagner la bataille. »

Sirius eut soudainement un grand sourire. « Tu sais, il n'arrêtait pas répéter qu'il était sur le point de trouver un moyen pour t'aider à t'en sortir victorieux. Peut-être que tu as raison. » Il eut brusquement une pensée à propos de James et Lily, du moyen de les revoir encore une fois.

« Je suis d'accord que la cape remplit apparemment tous les critères, » dit Hermione, sceptique. « En ce qui concerne la baguette, eh bien, on en parlera à Rémus lorsqu'il sera de retour, mais une pierre qui fait revenir les morts ? Dumbledore disait toujours que rien ne pouvait faire revenir les morts alors même qu'il était parfaitement au courant pour la pierre. »

« Mais il faut commencer par le début, non ? » dit Ron. « Avant de monter des plans pour vaincre Tu-Sais-Qui, il faut avant tout s'assurer qu'il est possible de le tuer. On doit trouver les Horcruxes d'abord. »

« Ron a raison, Harry, » dit Hermione. « Dumbledore ne t'a jamais parlé d'une baguette spéciale, si ? »

Harry secoua la tête.

« Et toi Sirius, tu disais qu'il essayait de trouver un moyen d'aider Harry à gagner. A-t-il spécifiquement mentionné une baguette ? »

« Eh bien non, mais - »

« Donc, le débat est clos, » conclut Hermione fermement. « Où en sommes-nous avec les deux derniers Horcruxes ? »

« Bill et moi on bosse encore dessus, » dit Sirius. Elle avait raison, il le savait bien, mais il ne l'avait jamais vue prendre les commandes de cette manière. Il comprenait alors mieux certaines choses que Harry avait pu lui dire à propos d'elle. Elle les gardait concentrés, organisés, décidés à atteindre l'objectif qui en valait la peine. Pendant un moment, elle lui fit penser à Lily.

« Oui, mais juste sur la coupe, » dit-elle. « Et pour Nagini ? »

« Rémus s'en occupe, avec Kingsley et Fol Oeil, » répondit Sirius.

« Donc, je suis d'avis que l'on continue à fouiller ces livres pour en trouver d'autres qui parlent des Horcruxes, » dit Hermione. Elle reprit immédiatement ses deux livres des mains de Sirius et les posa sur une table basse. Un moment plus tard, elle disparut vers le fond du cabinet de travail, où restaient encore quelques livres qui n'avaient pas été éparpillés sur le sol. Elle revint, une pile dans les bras. Après l'avoir posée, elle se tourna vers Ron et Harry et les regarda d'un air impérieux : « Alors ? Qu'est-ce que vous attendez ? Vous connaissez le sort qui permet de trouver un mot précis dans un livre ; allez vous en chercher une pile. » Les deux garçons s'étaient dressés sur leurs pieds dès qu'elle leur avait adressé la parole. Elle eut un petit sourire furtif.

« Vous n'êtes pas totalement ce que vous semblez être, n'est-ce pas, Miss Granger ? » dit Sirius à mi-voix. Lorsqu'elle tourna la tête vers lui, leurs yeux se croisèrent et ils se regardèrent quelques minutes. Mais alors Sirius réalisa qu'il voyait en elle plus que ce qu'il ne devrait, et les doigts glacés de la culpabilité lui enserrèrent la gorge. Son sourire disparut aussitôt et il détourna les yeux. « Je vais vous laisser bosser. » Il quitta la pièce rapidement, son coeur pleurant ses excuses à James et Lily.

~O~

Quelques semaines plus tard, Sirius était en train de monter dans sa chambre lorsqu'il entendit un cri qui provenait du cabinet de travail. Il fit demi-tour et redescendit les escaliers à toute allure et ouvrit la porte, essoufflé. Ron et Harry étaient en train de regarder Hermione, leurs bouches grandes ouvertes.

« C'est une clé de Gringotts, non ? » coassa-t-elle. « Et regardez où je l'ai trouvée – dans ce livre, » son nez se tordait légèrement de dégoût, « et il est rempli d'informations sur les Horcruxes. Comment les fabriquer, quels réceptacles choisir, et comment les détruire. »

« Tu crois que les Lestrange avaient fait faire un double de leur clé pour Voldemort ? » demanda Harry, très excité. Il lui prit la clé des mains et se mit à l'examiner.

« Ca serait logique, » dit Sirius. « Mais ce n'est peut-être qu'une clé pour l'ancien coffre de la famille Black. »

« Ancien ? » demanda Harry.

« Ouaip, après ma disculpation j'ai fait faire un transfert, » répondit Sirius. « En nettoyant cette maison j'ai réalisé qu'il y avait probablement des artefacts encore plus dangereux planqués là-dessous. »

« Oh et je parie qu'il y en avait des tas, non ? » demanda Ron, mi-fasciné, mi-horrifié.

« Plutôt, » répondit Sirius. Mais il souriait également.

« Est-ce que tu en as une aussi ? Peut-on les comparer ? »

Sirius se dirigea vers le bureau de son père et ouvrit un tiroir. Il en sortit deux longues chaînes qui portaient chacune une clé. Elles brillaient d'un éclat sombre dans le peu de lumière de la pièce, se balançant doucement avant qu'il ne les pose sur le bureau. Il tendit la main pour réclamer la clé que Hermione avait trouvée et la posa juste à côté des deux autres. Un petit geste de sa baguette ne révéla rien.

« Ce n'est pas la même que ces deux-là, » dit Sirius. Il attrapa les trois clés et les fourra dans sa poche.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda Harry.

« Je vais à Gringotts, » dit Sirius sur un ton d'évidence.

« Non ! » dit Hermione. « Attends, réfléchissons d'abord cinq minutes. »

« Réfléchir à quoi ? » demanda Sirius. « Ce n'est pas comme si je ne me rendais jamais là-bas. J'admets éviter le public autant que possible, mais en ce moment les gens ont d'autres chats à fouetter. »

« N'y va pas seul, » dit Harry. « Attends que Rémus soit de retour. »

« Viktor ne devrait pas tarder, » proposa Hermione. Ron et Sirius tournèrent tous les deux la tête vers elle.

« Pourquoi est-ce qu'il vient ? » dit Ron. « Il n'a rien à faire ici. »

« En fait, il vient pour me voir, » répliqua Hermione. Ses joues étaient d'un rouge très vif.

« Pour quoi faire ? Qu'est-ce qu'il te veut ? » demanda Ron d'un ton agressif. Sirius était déjà en train de s'éloigner. Il avait compris depuis longtemps et comme il ne pouvait, ni ne voulait, rien y faire, il était préférable qu'il ne reste pas à écouter.

Une main à la peau douce agrippa fermement son bras. « S'il-te-plaît, n'y va pas seul, » dit Hermione, sincère.

Sirius baissa les yeux sur sa main sur son biceps, puis les releva vers son visage. « Lâche-moi. Tout ira bien. » Mais elle ne fit que resserrer son étreinte. Il secoua violemment son bras et cela la fit ouvrir légèrement les doigts. Il se dégagea alors. « Je t'ai demandé de me lâcher, » murmura-t-il d'un ton sombre.

Il claqua très fort la porte d'entrée derrière lui, et ça lui fit du bien.

~O~

Un glaçon craqua au fond du verre de Pur-Feu de Rémus. Sirius et lui se relaxaient, devant un bon feu de cheminée qui réchauffait la pièce en cette froide soirée de décembre. Ils venaient d'installer le beau-père de Rémus, Ted Tonks, dans une des chambres à coucher. L'Ordre l'avait fait venir pour le protéger.

Sirius s'étira légèrement sur sa chaise.

« Au fait, où est Hermione ? » demanda Rémus sur le ton de la conversation. « Je ne l'ai pas vue tout à l'heure, dans le cabinet de travail avec les garçons. »

« Elle est avec le Bulgare dans la cuisine, » dit Sirius. Il essayait de toutes ses forces de ne pas avoir l'air d'un adolescent jaloux. Mais le regard amusé de Rémus était assez clair.

« Eh bien, il ne perd pas de temps ! » continua Rémus, toujours sur le ton de la conversation. Son sourire ironique n'était qu'à moitié dissimulé par son verre lorsqu'il but une gorgée.

Sirius choisit d'ignorer délibérément l'appât. C'était déjà difficile pour lui d'admettre qu'il était attiré par une femme, une jeune fille deux fois moins âgée que lui, mais en plus il était torturé par la culpabilité. Chaque fois qu'il se surprenait à la regarder lire, faire du thé, réprimander les garçons, ou une demi-douzaine d'autres petites choses de tous les jours, il était assailli par l'impression prégnante et intense qu'il trahissait les deux seules personnes qui avaient droit à son cœur, pour toujours.

« Sirius, Rémus, vous avez une minute ? » Harry était dans le couloir à la porte du salon.

« Bien sûr, » dit Sirius. « On ne parlait de rien d'important. »

Lorsque Harry rentra dans la pièce, Sirius fit apparaître un autre verre rempli de glaçons et d'un liquide ambré qu'il tendit à Harry avec un grand sourire. Le jeune homme ne pouvait pas mieux tomber.

« Sirius m'a dit que tu connaissais un peu l'histoire des artefacts magiques, » dit Harry à Rémus. « Et je crois que c'est important, car ma cicatrice me fait mal à nouveau. » Sirius et Rémus se penchèrent en avant, le pressant silencieusement de continuer. « La connexion. Elle est toujours là et je recommence à voir des trucs. Il est obsédé par les baguettes, et je pense que ça a un rapport avec la Baguette de Sureau dont il est question dans Les Contes de Beedle le Barde. Je l'ai vu torturer Ollivander, et tuer un autre fabriquant de baguette appelé Gregorovitch. C'est lui qui a fait la baguette de Krum. »

Un muscle de la mâchoire de Sirius tressaillit à la mention de ce nom. Et il se sentit aussitôt honteux, en premier lieu parce que Harry venait de leur parler de ce qui avait été certainement une expérience douloureuse et horrible. Merlin, il n'était vraiment qu'un sale con égoïste.

« Il a fait tout cela parce qu'il est à la recherche de quelque chose, et je pense que ce quelque chose c'est la Baguette de Sureau. Au début, je pensais qu'il voulait qu'ils lui fabriquent une autre baguette, une nouvelle et plus puissante, mais ce n'était pas ça. » Harry baissa les yeux, regardant ses mains. « Ne me demandez pas comment je le sais. Je le sais, c'est tout. Il est à la recherche de quelque chose. C'est un fait. »

Harry farfouilla dans les poches de sa robe et en sortit un petit objet doré. Quoi que cela puisse être, il le porta à la bouche et ensuite le tendit à Sirius.

« Lis ce qu'il y a d'écrit derrière. »

« Je m'ouvre au terme, » dit Sirius. « C'est une tournure de phrase pas commune. » Il passa le Vif d'Or à Rémus.

« Au terme de quoi, exactement ? » fit Rémus pensivement. « Et tu voulais un cours d'histoire sur quels artefacts ? »

« Eh bien, ceux du Conte des Trois Frères, » répliqua Harry.

« Oh, les reliques de la mort, » dit Rémus.

« Les quoi ? » demandèrent ensemble Sirius et Harry.

« Dans l'histoire, c'est la Mort qui leur donne les reliques » expliqua Rémus. « D'où : les reliques de la mort. Selon la légende, il s'agirait des frères Peverell : Antioch, Cadmus et Ignotus. La Baguette de Sureau, ou Bâton de la mort, a laissé pas mal de traces à travers les pages de l'histoire du monde magique. »

« Et la plupart de ces pages sont collées entre elles par du sang et des viscères, » plaisanta Sirius. Harry n'eut qu'un petit sourire. Rémus sourit plus franchement et continua. « Il est vrai que son histoire est tâchée de sang. Je ne le parierais pas sur ma baguette, mais je suppose que pour récupérer la Baguette de Sureau de son précédent propriétaire, il faut la lui arracher de force. Ce qui explique le sang. Mais qu'est-ce que ça, » Rémus agita le Vif d'Or qu'il avait toujours dans la main, « a à voir avec la Baguette de Sureau ? »

« J'sais pas, » répondit Harry. « Mais Hermione a le livre qui parle du conte. En revanche, on a pas réussi à comprendre non plus pourquoi Ron avait l'Eteignoir. »

« Tu sais, c'est bien plus facile pour nous de t'aider si tu nous en parles, et le plus tôt aurait été le mieux, » fit patiemment remarquer Sirius.

« Vous aviez déjà tellement de choses à régler, » répliqua Harry. « Ca n'avait pas l'air si important que cela. Mais maintenant, je suis presque certain qu'il recherche la Baguette de Sureau, et si on ne trouve pas plus d'indices- »

« Non, je voulais parler de tes cauchemars, de ta cicatrice qui te fait mal à nouveau, » l'interrompit Sirius. « Tout le reste, on peut s'en charger, avec l'Ordre. Mais je tiens vraiment à ce que tu me parles de ces choses lorsqu'elles t'arrivent. Même si je ne peux pas t'aider, au moins je peux t'écouter. »

Rémus rendit le Vif d'Or à Harry. « Nous savons que vous êtes capables et doués, tous les trois, mais nous le sommes également. Vous avez pris l'habitude de gérer ce genre de choses entre vous pendant que les adultes s'occupaient d'autres problèmes. Mais la situation a changé, maintenant, et ce parce que vous êtes des adultes aussi à présent. Nous ne sommes pas ici en permanence, mais nous y passons tout de même pas mal de temps, surtout Sirius. »

« Peut-être bien que je viendrais vous tenir compagnie plus souvent, alors, » dit Harry d'un ton sombre. Mais il y avait l'ombre d'un sourire sur son visage.

« Oh ? C'était quoi, ça ? Tu es le bienvenu, bien sûr, mais qu'est-ce qui se passe ? » Rémus avait l'air amusé.

« Ron et Hermione me rendent dingue, » dit Harry. « Je n'ai aucun problème avec Krum- »

Rémus l'interrompit d'un éclat de rire et jeta un regard plein de malice à Sirius.

« Quoi ? » demanda Harry, souriant mais confus.

« La ferme, toi, » grogna Sirius à voix basse. Il regarda Harry. « Ignore-le. »

Harry leva un sourcil. « Qu'est-ce qui se passe ? Et moi qui suis supposé tout vous dire... »

« Il n'y a rien à dire, » dit Sirius fermement en fronçant les sourcils en direction de Rémus.

« Tu disais quelque chose à propos de Krum... » continua Rémus d'un ton léger. Il se baissa lorsque Sirius lui envoya une boulette de parchemin à la figure.

« Juste que Krum semble vraiment sérieux à propos de Hermione, et puisque Ron ne peut pas s'empêcher d'agir comme un abruti à ce sujet, c'est assez difficile de rester avec eux en ce moment, » dit Harry. Il prit une gorgée de whisky, mais il ne quittait pas Sirius des yeux, de la curiosité dans le regard.

« Il se comporte comme un abruti tu as dit ? » reprit Rémus d'un ton dégagé. « Je me demande bien à quoi ça peut ressembler. »

« Subtil », remarqua Sirius, sarcastique.

« Ok, vous allez finir par me dire ce qui se passe ? » dit Harry. « Parfois, c'est impossible de saisir ce que vous vous dites à demi-mots, tous les deux ! »

« Ai-je déjà pris le temps de mentionner à quel point je te hais ? » dit Sirius à Rémus, mais sans réelle méchanceté.

« A peu près deux fois par jour depuis nos onze ans, » répliqua Rémus, franchement amusé. « Donc, oui. »

« Toi non plus tu n'aimes pas Krum ? » demanda Harry. « C'est ça ? Parce que c'est l'impression que j'avais mais je ne comprenais pas pourquoi, étant donné que tu le connais à peine. »

Rémus eut un sourire moqueur en buvant une gorgée.

« Tu prends trop de plaisir à cette conversation, Rémus. Beaucoup trop, » menaça Sirius.

« Oh, je ne sais pas, » dit Rémus. « Dois-je aller chercher ce damné chapeau ? Pour rééquilibrer un peu les choses... »

« Le chapeau ? » demanda Harry, qui semblait avoir reçu un sortilège de confusion. « Quel chapeau ? Il y avait bien ce chapeau, à Noël, lorsque tu as embr- » Harry s'arrêta soudainement. « Je ne sais pas de quoi vous parlez, j'en ai vraiment aucune idée, mais ne recommencez pas avec le chapeau. En plus d'être bizarre, c'était aussi particulièrement dur pour Hermione. »

« Je suis sûr que c'était embarrassant pour elle, » dit Rémus. « C'était juste une plaisanterie, je me moquais un peu de Sirius. »

« Selon Ginny, c'était un peu plus qu'embarrassant » précisa Harry. « Je pense bien que vous aviez vos raisons, mais elle en est sortie complètement ravagée. »

« Ravagée à cause de quoi ? » demanda Rémus, se redressant sur sa chaise. « Je voulais juste dire que c'était une surprise d'apprendre qu'elle avait développé des sentiments si intenses pour Sirius, et je suis sûr qu'elle ne voulait pas les exposer devant tout le monde. »

« Il m'a fallu être clair avec elle, » expliqua Sirius, espérant qu'il existait un moyen pour sortir de cette conversation sans y laisser des plumes. « Je ne pouvais pas me permettre d'être gentil avec elle. Elle avait besoin de comprendre qu'elle ne ressentait pas ce qu'elle pensait ressentir. »

Le silence s'installa, exceptés les craquements du bois dans la cheminée et de temps à autre, un glaçon qui tintait dans un verre. Rémus avait plutôt l'air mal à l'aise avec le tour que prenait la conversation, mais en revanche Harry réfléchissait visiblement à ce qu'il allait dire ensuite.

« Mais c'est quoi le problème, si elle a des sentiments ? » demanda Harry. « Et même si c'était le cas, en quoi lui affirmer comme ça qu'elle ne ressent rien changera quelque chose ? »

« Elle est proche de toi, Harry, » dit Sirius doucement. « Imagine combien ce serait inconfortable pour toi. »

« Tu sais, étonnamment, j'assume plutôt bien les choses qui me sont inconfortables, » dit Harry. Son ton était un peu amer. « Je n'étais pas particulièrement fou de joie d'apprendre que ma mère et mon père étaient dans une relation non-conventionnelle avec toi, mais vous étiez heureux ensemble, et au fond c'est tout ce qui importe. Est-ce que, au moins, tu t'es excusé pour cette blague qui a mal tourné ? »

« Excusé ? » dit Sirius.

« Oui ! » reprit Harry. « Car s'il-te-plaît, dis-moi que Ginny a exagéré. Tu n'as quand même pas engueulé Hermione juste parce qu'elle avait des sentiments pour toi ? Parce que tout ce que ces sentiments ont fait c'était de ruiner une de tes blagues. Je connais assez Hermione pour dire qu'elle n'est pas le genre à faire du rentre-dedans pour créer des problèmes. »

« Ne sois pas si sûr de cela, Harry, » dit Sirius. Il commençait à se sentir légèrement acculé. Son filleul était en train d'agir en adulte et c'était très bien, c'était ce qu'il voulait, mais là ce n'était pas à Ron qu'il en avait, ni même aux jumeaux. C'était à lui. « L'été d'avant celui-ci, quand elle est venue m'aider au cabinet de travail la première fois, elle avait fait quelques changements pour attirer mon attention. »

« Et tu es absolument certain que c'était pour toi ? » demanda Harry, qui n'attendit pas la réponse de Sirius. « Quels changements ? »

« Les cheveux, du maquillage, habillée joliment, rougissant beaucoup, et plus généralement tout un tas de choses étranges, » répondit Sirius. « Elle avait flashé sur moi, Harry, c'est clair, et il n'y a rien de mal à ça. »

« Donc, ce n'était absolument pas parce qu'elle avait seize ans, et qu'elle est une fille. Ça n'avait rien à voir avec le fait qu'elle étudiait pour trois et qu'elle m'aidait à sauver le monde ? Tu n'as même pas envisagé ça, si ? » Les articulations de Harry étaient devenues blanches autour de son verre.

« Eh bien je suppose que la réponse la plus logique est non, » rétorqua Sirius. « Etant donné qu'elle s'abusait elle-même sur ces sentiments, assez en tout cas pour déclencher un sort conçu pour une femme amoureuse ! »

« Mais ça c'est arrivé plusieurs mois après ! » dit Harry qui avait légèrement haussé le ton. « Pourquoi est-ce impossible qu'elle soit tombée amoureuse de toi plus tard, après avoir appris à te connaître mieux ? »

« Elle n'était pas amoureuse de moi, Harry ! » dit Sirius. Il avait presque crié.

« Et ça, ce n'est pas à toi de le dire ! » affirma Harry, un peu plus fort.

« Elle ne sait pas ce qu'elle ressent, » gronda Sirius.

« Non, bien sûr que non, » dit Harry, sarcastique. « Sans même le savoir, elle a activé TON sort parce que ses sentiments sont strictement platoniques. »

« Et putain elle a intérêt qu'ils le soient ! » s'écria Sirius, essayant désespérément de ne pas se mettre à hurler. « Et qu'est-ce que tu fous à la défendre, toi d'ailleurs ? »

« C'est parce que c'est mon AMIE ! » rugit Harry. « Et de ce que je peux voir, Ginny avait complètement raison ! Ce que tu as fait était cruel ! »

« Je n'ai pas- je ne voulais pas être cruel. Je ne voulais pas- il fallait bien faire quelque chose, merde ! » Sirius reposa violemment son verre sur la table basse. Il s'en renversa sur les doigts. « Sa petite fixation était allée trop loin. »

« Et donc, toute l'affaire avec Krum, c'était quoi ? » demanda Harry. « Parce que si tu as changé d'avis à propos d'elle- »

« Bien sûr qu'il a changé d'avis, » dit Rémus à mi-voix. Son expression de surprise ensuite était claire, il n'avait pas voulu parler tout haut.

« La vache j'espère que c'est une putain de plaisanterie, » dit Harry. « Tu plaisantes, hein ? »

« J'ai dit qu'il n'y avait rien à discuter, Harry, » dit Sirius. Il s'était rencogné dans son siège avec un air défait sur le visage.

« Oh par la couille gauche de Merlin ! » dit Harry. « Vous vous foutez de moi ? »

« Mais bien sûr, » répondit sombrement Sirius. « Hilarant, non ? Ah ah ah. »

« Je crois qu'il s'est reçu un cognard de trop dans la tête, à Poudlard, » dit Rémus. Son amusement était revenu.

Harry quitta Sirius du regard pour fixer Rémus, puis il revint sur Sirius. « Et maintenant ? »

Sirius soupira. C'était Harry, celui qu'il aimait par-dessus tout. Le fils de deux personnes qui lui manquaient à l'en faire pleurer, et qui lui manqueront toujours aussi fort. Cette conversation avait complètement échappé à son contrôle.

« Laisse tomber, Harry, » dit Sirius, plus bas. « S'il-te-plaît. »

Harry regarda son verre pendant un moment puis le vida d'une seule gorgée. « Hermione est mon amie, » répéta-t-il. « Tu lui dois des excuses, Sirius. Je ne comprends pas pourquoi tu l'as pas déjà fait. »

La glace tinta dans son verre quand il le posa sur la table basse. Sans rien ajouter il se leva. Remus croisa le regard de Sirius lorsque Harry quitta la pièce. Il posa le Vif d'or à côté du verre vide et se leva également.

« Je lui parlerai, » dit Remus en se dirigeant vers la porte. Un moment plus tard, Sirius était seul.

~oOo~

« Harry m'en a vraiment fait voir, ce soir-là, » rouspète-t-il.

Hermione se contente d'émettre un petit reniflement.

~oOo~

Le Vif d'Or brillait légèrement dans la faible lumière, posé innocemment sur la table juste devant Sirius. Se penchant sur sa chaise, Sirius l'attrapa et se rassit avec une petite plainte. Les mots étaient encore un peu visibles sur la surface du Vif d'Or, mais il ne pensait pas vraiment à eux. Des images de James lançant une balle similaire en l'air pour pouvoir la rattraper juste avant qu'elle ne prenne son envol défilaient dans sa tête. James le regarderait certainement avec déception s'il ne trouvait pas le courage d'aller s'excuser. Ce n'était pas de sa faute à elle s'il s'était mis autant en colère ce jour-là, cela n'avait même rien à voir avec elle, en réalité. Il avait brisé sa promesse et avait passé sa rage sur elle. Harry avait raison.

La situation était encore pire pour lui à présent, à cause des sentiments qu'il avait développés. Elle n'était plus l'adolescente qui était venue le voir cet été-là. C'était une jeune femme magnifique dont la beauté lui avait sauté aux yeux avant même qu'il ne réalise qui exactement il était en train de regarder, avant qu'il ne sache que c'était elle. Il aurait aimé trouver une solution, un moyen de revenir en arrière, à ses dispositions précédentes envers elle. Il en était littéralement bouffé par la culpabilité ; il se sentait trahir à chaque fois qu'il se demandait si un second baiser serait aussi merveilleux que le premier. Mais il n'aura jamais cette opportunité. Krum ne laissait pas passer une chance de lui rendre visite, de se rapprocher d'elle, de gagner son cœur.

« Oh ! J'ai vraiment l'impression d'être en train de mourir... » dit Sirius, un peu mélodramatique.

La coque de métal du Vif d'Or s'ouvrit alors et Sirius faillit laisser échapper un cri de surprise. Comment avait-il bien pu l'ouvrir ? Il repensa aux mots qu'il venait de prononcer, puis à ceux que Harry seul pouvait faire apparaître. Les enchantements sur le Vif d'Or s'étaient déclenchés apparemment un peu comme ceux du chapeau. Harry était le déclencheur, mais les mots pouvaient être dits par n'importe qui. Il retourna la petite balle dorée dans sa main et examina la pierre noire fendue qui lui était tombée sur la paume. Pouvait-elle réellement faire revenir les morts ? Il referma le poing autour de la pierre et le tourna trois fois, espérant de tout son cœur que ça puisse marcher.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, il laissa échapper un petit sanglot en se retrouvant face aux visages souriants de James et Lily. Lily était juste aussi jolie que dans son souvenir, James était beau, jeune et fort.

« Je suis tellement désolé, » murmura-t-il, soudain honteux et incapable de les regarder dans les yeux. Il ne pouvait pas complètement détacher son regard alors il le posa sur les mains de James. Ces mains qui l'ont aidé à réaliser tant de farces, à réparer sa moto, à...

« Non, » dit James. « Nous ne voulons pas de ça. Nous ne l'avons jamais voulu. Il ne s'est rien passé qui appelle des excuses. »

« Mais je- » dit Sirius. Il ne put pas évoquer ses péchés ; il ne s'en sentait pas la force.

« Tu te souviens comment tout a commencé ? » demanda Lily.

« Bien sûr, » répondit Sirius. « Comment pourrais-je oublier ? »

« J'avais cette impression que James et toi étiez plus que ce que vous laissiez voir aux autres. Tu étais si heureux pour lui, mais tu semblais également un peu triste. J'en ai parlé à James, une nuit- »

James l'interrompit avec un petit rire. « Ce qu'elle veut dire par là, Patmol, c'est qu'une nuit en haut de la tour d'astronomie, elle m'a dit qu'elle aimerait nous voir tous les deux, ensemble. »

Lily lui fit un grand sourire. « Oh très bien. C'était plus qu'une simple impression. En vérité, je vous avais déjà vus, tous les deux, en sixième année. »

« Où ça ? » demandèrent James et Sirius en même temps.

Lily eut un petit sourire malicieux. « Dans la salle de bains des préfets. Je m'étais jeté un sort de Désillusion. J'avais réussi à entendre le mot de passe pour celle des garçons et décidé d'en faire bon usage. Que vous puissiez me surprendre m'inquiétait un peu, mais j'étais prête à courir le risque. En réalité, je n'avais vraiment pas à m'en faire, vous étiez tous les deux bien trop occupés à ce que vous étiez venus faire dans cette salle de bains pour prêter attention à quoi que ce soit d'autre... Ça m'a pris un moment pour réaliser que ce que vous faisiez ensemble, vous ne le faisiez pas avec d'autres garçons. Vous continuiez à sortir avec des filles, à Pré-au-Lard et - »

« Et toute l'école était témoin de la passion que James développait pour toi, » dit Sirius en envoyant un sourire complice à James, qui lui répondit en fronçant ses sourcils de manière suggestive.

« Après notre premier rendez-vous, j'avais remarqué que tu t'étais un peu éloigné de James, » continua Lily, « alors j'ai réalisé que tu avais arrêté ce que vous faisiez, quoi que cela ait pu être. Etre avec James me semblait tellement naturel et juste, mais en lui aussi quelque chose s'était arrêté. Toi et moi étions déjà si proches, Sirius, et, même si cela m'a pris des mois à accepter la seule solution, une fois que c'était fait, j'ai complètement cessé de m'inquiéter à propos du regard des autres. »

« Toujours est-il que je n'aurais jamais dû- »

« Avec toi aussi je me sentais bien, Sirius, » dit Lily. « Mais depuis le début James et moi on savait que tu aurais d'autres aventures dans ta vie. Il y avait une différence d'avec la manière dont James et moi envisagions notre relation. Avec toi- » Elle hésita. « C'était un peu comme si tu ne pouvais pas être aussi proche de nous que tu l'étais sans l'exprimer physiquement. Ça ne diminue en rien ce que l'on a partagé les uns avec les autres. Je regrette juste que nous ne l'ayons pas formulé plus tôt. »

« Tu as passé trop de temps à te punir pour rien, » dit James. « Il est vraiment temps que tu passes à autre chose. »

« Et tu nous manques, » dit Lily. « Mais ton temps n'est pas encore venu. Tu dois rester ici, pour prendre soin de Harry, pour retrouver goût à l'amour. Pas de la manière dont tu nous aimais, mais de la manière dont nous nous aimions, James et moi. C'est ton tour, Sirius, et pourtant tu repousses ta chance. »

« Il n'est pas trop tard, » dit James. « Ce ne sera pas facile. Tu as bien merdé, mais si tu es patient et que tu persistes, tu auras ta chance. »

« Tu nous garderas toujours dans ton cœur, mon amour, » dit Lily. « Mais tu ne peux pas continuer comme ça, ce n'est pas sain et ce n'est pas la bonne chose à faire. Garde-nous en ton cœur, mais avance dans la vie. »

« Vous me manquez aussi, » dit Sirius. Il n'en avait rien à faire, de ces larmes qui lui coulaient librement sur les joues. « Je vous aime, tous les deux. »

« Nous t'aimons aussi, Sirius, » dit James.

« Et nous t'aimerons toujours, » finit Lily. « Maintenant, repose la pierre et laisse-nous repartir. »

~O~

Pendant un long moment, Sirius ne put rien faire d'autre que pleurer, la tête dans ses mains. Il ne s'autorisait jamais un tel comportement, mais après la disparition des silhouettes de James et Lily c'était vraiment la seule chose qu'il parvint à faire. Il repensait en même temps à tout ce qu'ils lui avaient dit, qu'il n'avait rien fait de mal, qu'il était normal de les garder au fond son cœur mais qu'il devait aller de l'avant.

Il décida que la meilleure chose à faire pour le moment, c'était d'aller dormir. La nuit portait conseil. Lorsqu'il sortit du salon, la pierre et le Vif en sûreté au fond de sa poche, ses yeux étaient secs et son cœur un peu plus léger. Les escaliers craquèrent sous son poids lorsqu'il se dirigea vers les hauteurs de la maison ; mais au lieu d'aller dans sa chambre à lui, il se retrouva sur le pas de celle de Hermione. Il n'avait pas voulu venir ici, cela lui semblait trop tôt pour lui, mais ses pieds avaient décidé à sa place. Il repensa à ce que James avait dit, à propos d'être patient et de persister. Harry lui avait demandé s'il s'était excusé. Il ne lui avait pas interdit de courir après Hermione. Il lui avait demandé 'et maintenant ?', ce qui revenait à remettre complètement le problème entre les mains de Sirius.

Sirius frappa doucement à la porte. « Hermione ? »

Krum ouvrit la porte. Derrière lui il y avait la sorcière qu'il cherchait, reboutonnant son chemisier, légèrement ébouriffée. Ce qui était en train de se passer n'était pas bien difficile à deviner. Sirius sentit sa jalousie se transformer en rage l'espace d'une courte respiration.

Sirius jeta un regard froid à l'Attrapeur. Ses yeux lançaient des couteaux. « On a besoin de toi à la cuisine, Krum, » mentit-il. Sa voix était uniforme, mais basse et dangereuse.

L'expression supérieure de Krum lorsqu'il quitta la chambre de Hermione donna à Sirius l'envie de le frapper. Il s'avança dans la pièce et referma la porte derrière lui. Elle essayait de fermer les boutons de son chemisier le plus vite possible, horrifiée d'avoir été surprise.

« Merde, t'es complètement frappée ou quoi ? » grogna Sirius, lui empoignant soudainement les poignets. Il les serrait assez fort pour y laisser des marques.

« Je te demande pardon ? » Le ton de Hermione était incrédule alors qu'elle dégageait ses mains des siennes.

« Coucher avec l'ennemi ! » lâcha Sirius, hargneux. « Tu sais parfaitement qui il est, un homme de Karkaroff, et pourtant tu baises avec lui ! »

Raidissant ses épaules, elle concentra son regard sur lui et répondit d'une voix calme. « C'est un membre de l'Ordre, Sirius, et la dernière fois que j'ai vérifié, tu n'avais pas droit de regard sur mon choix de partenaire. »

Sirius fit un geste impatient de la main, mais sa voix était toujours emplie de colère. « Oh je t'en prie ne me- »

« Tu m'as très bien spécifié que je n'étais pas autorisée à développer des sentiments pour toi, Sirius. » Hermione fit une courte pause, sa voix était forte et froide. « Maintenant tu vas me dire que je n'ai pas le droit d'en avoir pour qui que ce soit ? »

« Donc, tu as des sentiments pour lui ? » demanda Sirius.

« Je n'ai pas dit ça, » répondit aussitôt Hermione, même si elle semblait regretter ces mots.

« Donc, tu te contentes de niquer avec lui, c'est ça ? C'est du joli, bravo ! » aboya-t-il méchamment, un air de mépris détestable sur le visage.

La main qu'il reçut en plein sur la joue ne le surprit pas vraiment.

« Sors d'ici, » ordonna Hermione d'un ton glacé.

Sirius ne bougea pas, sincèrement perplexe. James n'avait-il pas dit qu'il n'était pas encore trop tard ? Il ne comprenait plus rien. Mais apparemment, rester planter là n'était pas la meilleure chose à faire. Avant qu'il ne réalise ce qui lui arrivait, son corps avait volé par la porte ouverte soudainement pour s'écraser sur le mur du couloir. Avait-elle fait de la magie sans baguette ? se demandait-il vaguement en essayant de recouvrer ses esprits.

« SORS D'ICI ! » cria-t-elle, la voix rauque. Son crâne lui faisait mal là où il avait heurté le mur et il ne put que hocher stupidement la tête et déglutir.

« Ne me reparle jamais de cette manière. Jamais. » On entendait des vagues de colère dans sa voix. « Encore mieux, ne me reparles jamais. Point ! »

Elle claqua la porte si fort que toute la maison trembla. Sirius regarda dans le vide pendant un moment, se demandant comment cette fois il allait bien pouvoir rattraper le coup.

~O~

Au pied de l'escalier, Sirius aperçut Krum, Rémus, et Harry, la bouche ouverte devant le violent échange dont ils venaient d'être témoins.

Ce fut Krum qui prit la parole, les yeux plissés. Il y avait dans sa voix un ton protecteur qu'il n'avait pas le droit d'exprimer. Hermione n'était pas à lui.

« Que lui as-tu dit ? » interrogea-t-il.

Quelque chose craqua à l'intérieur de Sirius et il vola pratiquement au bas des marches, plantant son poing dans la figure du Bulgare avant que Rémus et Harry ne parviennent à les séparer.

« Si tu lèves encore un putain de doigt sur elle, je te refais ta sale gueule au carré ! » hurla Sirius, montrant les dents comme un chien enragé.

« ARRETE, Pats ! » lui cria Rémus dans l'oreille, sa poigne serrant agressivement l'épaule de Sirius dans une rare démonstration d'autorité. « Dégage. Pars MAINTENANT. » Il balança son ami à travers le hall, vers la porte d'entrée. « Va boire... ce que tu veux » ordonna-t-il, la voix lourde de déception.

~O~

Le whisky moldu n'était pas aussi fort que celui qu'on pouvait trouver chez les sorciers, mais il y avait moins de chances que quelqu'un ne le reconnaisse ici. Il pouvait certes se montrer dans le monde sorcier sans provoquer une émeute, mais s'il se saoulait la gueule, ce qui était son intention, il était préférable de le faire dans un endroit où un Mangemort ne risquait pas de se pointer.

La barmaid le draguait ouvertement en lui demandant s'il en voulait encore un autre. Il le remarqua mais ne rentra pas dans son jeu. C'eût été un autre soir, n'importe quel autre soir, il aurait fleureté en retour. Rien d'habitude ne pouvait l'empêcher d'essayer de séduire une jolie fille, mais ce soir il n'avait juste pas la tête à ça.

« Je ffoudrrais tellement te casser la figurre, ici et maintenant, » commença Krum sombrement.

Super. Maintenant sa soirée était vraiment parfaite.

Sirius renifla ostensiblement en entendant cet accent ridicule. « Une putain de bonne idée, » murmura-t-il dans son whisky.

« Mais je suis trop attaché à Herm - »

« Hermione, » le provoqua Sirius, articulant exagérément pour être désagréable les syllabes sur lesquelles Krum butait si souvent.

Krum serra les dents et inspira calmement avant de poursuivre. « Je t'obserrffe depuis un certain temps, je ffois comment tu la rregarrdes, » continua-t-il patiemment. « Mais je ne comprrends pas pourrquoi tu ne te déclarres pas. »

« Ecoute, tu as gagné, d'accord ? Ne devrais-tu pas, je ne sais pas... fêter ça en la sautant plutôt que de venir me poser des questions là-dessus ? » Sirius fit un geste impatient de la main.

« Non. » Krum fronça les sourcils. « Pas gagné, pas la 'sauter'. Son coeurr apparrtient à quelqu'un d'autrre, quelqu'un qui l'a blessée. Je ne comprrends pas ça non plus – mais c'est la fférrité. » Il regarda pensivement le fond de son verre. « Quelqu'un d'assez affeugle pourr ne pas la ffoirr, mais qui lui fait du mal également, est soit un fou soit une perrsonne ffraiment mauffaise. » Il jeta un regard accusateur à Sirius. « Quelqu'un qui ne la mérrite pas. »

« Attends – 'pas la sauter' ? » demanda abruptement Sirius, ignorant les autres remarques du sorcier.

Krum plissa les yeux. « Ce ne sont pas tes affairres, » grogna-t-il d'un air dégoûté. Mais il ajouta, un moment plus tard : « mais non. » Il redressa ses épaules de la manière la plus digne possible. « Je suis 'trrop spécial' à ses yeux pour 'juste niquer', » dit-il, appuyant sur le mot vulgaire que Sirius avait hurlé un peu plus tôt et que toute la maison avait entendu.

Sirius lança un regard suave à Krum, mais il continuait à écouter. L'autre poursuivit. « Je ne pense pas que tu sois une perrsonne mauffaise, Sirius Black. Tu es apprrécié parr ceux que j'appelle 'mes amis'. Tu m'as laissé combattrre à tes côtés même si j'ai été l'élèffe d'un Mangemorrt. Et tu as aidé beaucoup de gens. » Soudain, Krum sortit sa baguette et l'appuya douloureusement sous le menton de Sirius, son autre main ayant saisi fermement ses cheveux pour le maintenir en place. Krum rapprocha son visage de celui de l'autre sorcier, s'assurant que les yeux gris le voyaient bien, et se mit à parler d'un ton bas, mais dangereux. « Mais si jamais tu la blesses à nouffeau, je te prromets, je te ferrais mal. Trrès mal, plus que ce que tu peux imaginer. Est-ce que tu me comprrends bien, Sirius Black ? » demanda-t-il tranquillement.

Avant que Sirius ne puisse attraper sa propre baguette ou répliquer quelque chose, Krum s'écarta et le morceau de bois était de retour dans son étui.

« Il y a une autrre rraison que je suis venu te ffoirr, bien sûrr. Il y a un dîner ce soirr. Il est temps qu'on parrle du serrpent. »

« Le serpent, » répéta Sirius. Le retournement de situation était abrupt. Il y a quelques secondes il avait une baguette sous le menton, et le moment suivant Krum était tranquillement en train de discuter animal de compagnie. « Quel serpent ? »

« Celui qu'on doit tuer, » dit Krum. « Même si perrsonne encorre m'a dit pourrquoi. »

« Oh, » dit Sirius, un peu stupidement. « Ce serpent-là. Bon, d'accord. » Il descendit le reste de son verre et suivit Krum hors du bar.

~O~


La traductrice raconte sa vie :

Premièrement, merci Jukava : J'ai changé ma traduction... Un caveau de famille c'est dans les cimetières, les coffres dans les banques...

N'hésitez pas à me dire si vous trouvez des fautes dans mes textes.

Deuxièmement : il n'y aura pas de mise à jour la semaine prochaine ('ooohh...'). Comme pour tous les enfants des familles décomposées/recomposées/éclatées, les fêtes de fin d'année sont toujours chargées, et pour ma part en une semaine je vais devoir fêter cinq -5 !- fois Noël. Et c'est moi qui fait la cuisine la plupart du temps...

Quand j'aurais digéré et dessaoulé (burp) je vous posterai les deux (à vue de nez) parties restantes.

joyeux noël à tous.