Mot de l'auteuse : Merci à tous pour vos reviews ! Ils m'ont fait très plaisir, comme toujours XO ! Voici un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira !


Chapitre 6 : N'ai pas peur de moi

Harry poussa un profond soupir. Il se frotta les yeux, fatigué, puis replongea sa tête dans sa malle. Derrière lui Ron, assis sur son lit, le regardait balancer ses affaires dans tout le dortoir.

-Harry ? Tu sais, ça me dérange pas que tu t'énerves comme ça sur tes fringues mais j'aimerais que tu les range après parce que je ne veux pas avoir à expliquer aux autres ce qui s'est passé. Je me souviens très bien que la dernière fois Seamus a insinué que j'avais fait monter Hermione dans notre dortoir et que...

Le rouquin fit une grimace. Mais Harry ne l'écoutait pas. Il avait reporté son attention sur un bout de tissu sur son lit. De sa baguette magique il l'attira à lui et... soupira une nouvelle fois en reconnaissant une de ses chaussettes.

-Mais où est-ce que j'ai bien pu le mettre ? Se demanda-t-il à voix basse.

-Harry, Ron, qu'est-ce que vous... faites ?

Hermione venait de pénétrer dans le dortoir, Pattenrond dans ses bras. Elle poussa un petit cri de surprise en se rendant compte du bazar qu'avait provoqué son ami.

-Harry fait un peu de rangement, répondit calmement Ron.

-Non, je cherche mon pantalon.

-Mais il est là Harry, fit son amie, de plus en plus étonnée, en lui montrant le dessus de son lit.

Le jeune homme brun allait répliquer mais il se retint. Il ne voulait pas avouer à Hermione que ce n'était pas le pantalon qu'elle lui avait offert qu'il voulait mais un autre, plus large, qu'il avait gardé en cachette. Pourquoi voulait-il le porter ? C'était simple, il n'avait pas dormi de la nuit à cause de cela : vraisemblablement Malfoy était attiré par lui mais il avait mis les choses au clair en lui disant qu'ils ne seraient que des amis. Il ne voulait pas provoquer le diable en continuant à porter des pantalons aussi serrés que ceux qui lui avait acheté Hermione.

-Ah. Merci, finit-il par répondre, sobrement.

Hermione leva ses yeux au ciel et leur demanda:

-Vous venez manger ?

Lorsque Harry fut enfin habillé, ils sortirent tous du dortoir et prirent le chemin de la Grande salle. Bien qu'Harry était sûr que Draco le chercherait dès le matin, et qu'il le verrait certainement dans la Grande salle à prendre son petit déjeuner, il priait tout ce qu'il pouvait pour ne pas le croiser. Bien sûr, il le verrait forcément l'après-midi lors de leur cours en commun de botanique, mais d'ici là il ne voulait pas le voir. Que lui dirait-il ? Que dirait-il ? Et surtout, quel mensonge Harry pourrait-il bien inventer pour ses amis quand il devra les quitter pour lui parler ? Car Harry ne voulait pas leur avouer que lui et Malfoy étaient devenus amis. Surtout que le terme d'amis ne correspondait pas trop à leur relation. A bien y réfléchir, aucun mot ne correspondait à leur relation !

Les craintes d'Harry s'appaisèrent quand ils eurent finit de manger: Malfoy n'était pas venu au petit déjeuner. Le survivant ne le verrait donc pas pendant les autres heures de la matinée.


Tête baissée entre ses bras croisés ("Votre position préférée", avait déclaré son professeur d'astrologie) Harry sommeillait. Il avait déjà finit son exercice, avant même Hermione, et s'ennuyait ferme.

Peut-être que si Malfoy était là je m'amuserais un peu plus, pensa-t-il.

Malfoy ?

Harry releva sa tête brusquement. Venait-il réellement de penser que le serpentard lui manquait ? Non, non... il avait dû s'endormir.

-Hey, psit ! Harry !

Le gryffondor dévisagea le poufsouffle qui l'appelait. Celui-ci sourit quand il vit qu'il avait attiré son attention. Jetant un regard furtif à leur professeur tourné vers le tableau, il lui envoya un petit avion en papier.

Harry leva sa main et l'attrapa. Puis il le déplia et découvrit un mot à son attention :

Pour Harry Potter.

Prends garde Potter, Malfoy est un être vil, mesquin et pervers ! Presque tout Poudlard est passé dans son lit. Alors si tu ne veux pas te faire avoir, prends tes distances avec lui ! J'ai entendu dire qu'il t'avait dans son collimateur...

Le mot n'était pas signé. Harry déchira le coin d'un de ses parchemins et prit sa plume. Il y coucha ces mots : "Sais-tu qui m'envoie cette note ?" et le fit ensuite voleter jusqu'au poufsouffle. Le garçon chopa le mot, le lut, et répondit négativement de la tête.

Harry fronça les sourcils. Qui avait bien pu lui envoyer cette note ? Et surtout, comment cette personne était-elle au courant que lui et Malfoy se parlaient ?

Le survivant devint soudainement rouge. Les aurait-on surpris hier soir ?

-Harry, ça ne va pas ? Tu es tout rouge !

-C'est... c'est rien, j'ai chaud.

Ron et Hermione se regardèrent, inquiets.

-Heu... Harry, on est en hiver ! Il fait froid ! S'exclama Ron.

Le brun ne prit pas la peine de lui répondre et commença à ranger ses affaires: la cloche venait de sonner.

-Tu sais, on s'inquiète beaucoup pour toi Hermione et moi. Tu agis bizarrement ces derniers temps... et on se disait que...

-Non Ron, partez en vacances. Je ne veux pas vous gâcher votre noël. Et je vais très bien, le coupa Harry.

-Mais tu sais, ca ne nous dérange pas de...

-Merci Hermione, c'est très gentil de votre part mais j'aimerais rester seul, pour une fois.

Ron et Hermione découragés et pas rassurés le moins du monde ne dirent plus rien pendant l'heure de cours qui leur restait.

Au déjeuner, leur moral remonta un peu quand ils virent Harry rire à une blague de Seamus.

Puis ils eurent leur cours de botanique et là, sur le chemin des serres, le silence revint. Mais seul Harry savait qu'il n'allait pas bien. Il allait voir Malfoy et il ne savait toujours pas comment agir et quoi dire si celui-ci lui adressait la parole. Il se demandait même si il devait écouter les conseils de son correspondant anonyme et ignorer totalement Malfoy ou prendre ses jambes à son cou !

Dès qu'ils entrèrent dans la salle de botanique, il le vit. Tous les serpentards étaient déjà là, debout sur l'un des flans de la grande table couvertes de plantes. Les gryffondors durent se mettrent face à eux, et Harry s'arrangea pour être le plus loin possible du blond. Mais aussi loin qu'il fût, il ne pût, durant tout le cours, éviter son regard. Malgré cela, l'expression qu'affichait Draco était tout ce qu'il y avait de plus neutre. Aucune flamme, aucun clin d'oeil, aucun pétillement n'animait ses yeux. Harry se sentit un peu rassuré et se dit qu'à la pause, à la fin du cours, il devrait peut-être aller lui parler.

Il allait donc prendre les devants malgré les avertissements qu'on lui avait donnés.

Lorsque tous les élèves eurent nourrit, étudiés et arrosés leur Potenhorus, le professeur Chourave les laissa partir. Harry, qui avait fait exprès de ralentir son rythme au point d'être traité de tortue par à peu près tous les serpentards et gryffondors de son entourage, dit à ses amis de ne pas les attendre et de sortir prendre l'air. Hermione et Ron obéirent et, sans inquiétude à présent, sortir de la serre.

-Monsieur Potter, dépêchez-vous un peu, voyons !

-Au revoir Professeur.

-Au revoir, Mr Malfoy. Allez Potter !

Harry enroula ses parchemins, ferma son sac, et courut apporter sa plante à Mme Chourave. Elle la prit avec un sourire compatissant (Il en avait marre de leur stupide compassion !) et le laissa sortir.

Harry avait à peine mis un pied dehors, qu'il fut stoppé par une main qui agrippa son bras. En se retournant il vit Malfoy. Il n'aurait pas besoin de lui courir après, en fin de compte.

-Salut, fit ce dernier.

Harry ne répondit pas, étonné. Il avait voulu faire le premier pas et finalement c'était Malfoy qui l'avait fait ! Tout son courage retombait.

-Ah euh... salut.

-On va marcher ?

-Ou... ouais.

Draco le lâcha et ils se mirent tous deux à marcher vers le Lac et la forêt interdite, là où personne ne pourrait les voir.

-Pourquoi venir par ici? Je croyais que tu voulais te vanter de me draguer ? Dit Harry, au bout d'un moment.

Cette phrase était sortit toute seule de sa bouche. Il l'attaquait purement et simplement alors que ce n'était pas son intention mais, cette question, il se la posait vraiment.

Le serpentard ouvrit de grands yeux étonnés et répondit :

-Me vanter de te draguer ? Où est-ce que tu es allé chercher ça Potter ?

-Oh, euh... nul part.

Peu convaincu, Draco le dévisagea un instant. Puis, voyant qu'il n'aurait aucun aveu de la part du Gryffondor, il répondit :

-Non, mon intention n'est pas de me vanter de te draguer. Et je n'ai pas non plus l'intention de te draguer. On est ami, et ça peut me suffire pour le moment.

-Ca peut ? Demanda Harry.

Il savait que le sujet des sentiments de Draco était une pente glissante, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Sa curiosité était plus forte que lui.

Draco releva une de ses mèches blondes qui lui tombait dans les yeux et dit:

-Je crois qu'il est préférable que je ne te reparle pas de mes sentiments à ton égard. Pour ton bien, je veux dire. Ne va pas croire que ça me dérange, j'ai juste peur de te choquer ou de te déranger quoique...

-Pour ce qui s'est passé hier, je m'excuse encore une fois. J'étais fatigué et je me suis laissé emporter, le coupa Harry, vivement.

Encore une fois, Draco eu du mal à le croire, mais ne dit rien.

Ils atteignirent la lisière de la forêt. Il leur restait encore cinq minutes avant de retourner en cours. Ils longèrent donc la forêt pendant une minute, puis reprirent le chemin de l'école, sans se presser.

-Bien, si nous devons être amis nous devons parler ! fit le serpentard alors qu'ils atteignaient la cours de l'école.

Gêné, Harry s'écarta un peu de lui et répondit :

-Oui, mais je préfère que notre... "amitié" reste secrète.

-Bien sûr, répondit calmement le serpentard.

-On pourrait se voir ce soir et faire une partie de Quidditch ?

-Non ce soir je...

Draco stoppa. Ce soir il avait prévu autre chose. Pourtant, voir Potter le soir et pouvoir jouer au Quidditch avec lui ferait avancer un peu les choses entre eux. De plus il avait la désagréable impression que le gryffondor avait en quelque sorte peur de lui.

-Je proposais ça juste comme ça. C'est pas grave. Bon je vais en cours.

-Non attends ! Que penses-tu de demain soir ? Pour la partie de Quidditch.

Harry réfléchit quelques instants et acquiesça.

-A neuf heures, sur le terrain, ok ? Proposa Draco.

-Très bien. A demain.

Et Harry partit rejoindre ses amis pour leur cours d'histoire de la magie.

Draco le regarda partir et, quand il disparut à l'angle d'un couloir, il soupira profondément. Il avait tenu le coup. Il était resté calme aux côtés du gryffondor. Pourtant, il avait faillit mourir d'envie de lui sauter dessus plus d'une fois ! Heureusement que son père lui avait appris à garder son sang froid. C'était d'ailleurs la seule chose pour laquelle il pouvait le remercier.

Sortant de ses pensées et enlevant son masque d'impassibilité, Draco prit la direction des cachots. Là, il croisa un serpentard de sa classe et le stoppa :

-Toi, dans mon lit, tout de suite.

-Hein ? Mais Draco j'ai cours là !

-Tu sèches.


-Tiens, tiens, tu sors ce soir Drake ?

Draco enfila sa cape et prit son balai.

-Oui.

-Oh, les choses avec Potter avancent bien alors ? Que comptes-tu faire avec ce balai ?

-Jouer au Quidditch. C'est lui qui l'a proposé.

Blaise perdit un peu de son sourire et réajusta son peignoir.

-Ah, alors si c'est lui qui l'a proposé. Tu sais, je crois que je vais finir par t'imposer un délai pour notre pari.

-Quoi ?

-Oui, ça va faire bientôt deux semaines que tu lui cours après et je ne vois pas venir le moment fatidique, se moqua le brun. Aurait-on des problèmes ? Je ne vais pas t'attendre toute l'année.

Draco, qui avait posé sa main sur la poignée de la porte, se retourna vers lui, intrigué :

-Ah parce que maintenant tu penses veux bien de moi ? Je croyais que ça t'arrangeait si je perdais le pari.

-J'ai changé d'avis.

-Eh bien, mon chou, tu vas devoir patienter. Potter est une proie délicate... mais je l'aurais, tu peux compter sur moi.

Il lui fit un clin d'oeil et passa sa langue sur les lèvres inférieures avant de sortir du dortoir.

-Connard, fit Blaise, son regard noir fixé sur la porte fermée.


Le gryffondor l'attendait déjà sur le terrain quand Draco arriva. Il avait, tout comme lui, revêtu sa tenue d'attrapeur, et tenait son balai debout, à ses côtés.

-Tu es en retard, dit-il lorsque Draco fut assez près de lui pour l'entendre.

-Je sais. Problème avec un imbécile de ma classe.

-Oh ?

Draco dévisagea Harry. Il attendait une réponse. Bien, autant ne pas commencer par une dispute et lui répondre.

-Il m'accusait de l'avoir fait sécher le cours d'Arithmancie, hier.

-Et c'est vrai ?

Tout en posant sa question, Harry avait enfourché son balai. Draco l'imita.

-Bien sûr que non ! Pour qui tu me prends, Harry ?

L'attrapeur brun ne lui répondit pas et décolla à une vitesse fulgurante. Draco soupira et le suivit.

Ils firent quelques courses et quelques figures, assez dangereuses pour celles d'Harry, et s'arrêtèrent au-dessus du terrain de Quidditch pour reprendre leur souffle dix minutes plus tard.

-On croirait que tu n'as pas fait de Quidditch depuis une éternité ! Fit remarquer Draco, étonné par la joie que prenait le gryffondor à voler.

-C'est ce que je ressens. Tu sais, cet été, je ne pensais pas retoucher un jour à un balai. Alors maintenant..., répondit pensivement le survivant, la tête penchée en arrière.

Il inspira profondément l'air frais de la nuit et sourit un peu. Voler lui faisait tellement de bien ! Bien sûr, avant ce soir-là, il était déjà revenu voler ici. En fait, le premier soir de son retour à Poudlard il avait pris son balai et avait volé toute la nuit. Au-dessus du terrain, de la forêt, du Lac, du châteaux. Mais à chaque fois qu'il reprenait son balai, cette sensation de liberté, ce soulagement revenait en lui.

Draco le regarda faire et sourit. Le gryffondor était vraiment quelqu'un d'exceptionnel.

-Au fait, tu n'as toujours pas répondu à ma question.

Harry se redressa le regarda d'un air interrogatif.

-Pourquoi crois-tu que j'ai pu empêcher ce serpentard d'aller en cours ?

-Oh... c'est parce que... j'ai reçu un mot hier, en cours d'astronomie. C'était quelqu'un qui me mettait en garde contre toi. Cette personne disait en gros que tu n'étais qu'un pervers et que tu voulais juste coucher avec moi.

Le serpentard s'arrêta de respirer à ces mots. Il pâlit. Heureusement il faisait noir et le gryffondor nota juste le manque de remarque de sa part.

-Draco ? Ce n'est pas vrai, n'est-ce pas ?

-Bien sûr que non ! Je t'aime et tu le sais ! Répondit-il aussitôt.

Il commençait à paniquer. Qui avait bien pu lui raconter tout ça ? Si Harry commençait à recevoir des lettres comme celle-là, avec preuve à l'appuie que Draco n'était qu'un pervers, il croirait cette personne et il le perdrait !

-Qui t'as écrit cette imbécillité ?

-Je ne sais pas, mais je m'en fiche. J'ai décidé de te faire confiance. Si tu me dis que ce n'est pas vrai, je te crois, répondit simplement Harry.

Et il plongea ses yeux verts intenses dans ceux de Draco.

Panique pas Drake, panique pas, ça va aller, sourit et tout ira bien, il ne sait rien...

Draco lui sourit. Harry lui répondit par le même sourire et repartit faire quelques acrobaties.

-Si je chope celui qui lui a envoyé ce mot, je le tue.

A suivre...


Mot de l'auteur : j'ai pas été trop sadique là ? Je vous ai pas trop laissé sur votre faim ! Si ? Je peux avoir un review quand même siouplait ç.ç ? Bises à tous ! Et merci d'avoir lu ce chapitre !