Hey lecteur ! Comment vas-tu ?

Je sais ça fait plus d'un mois que je n'ai pas posté mais, comprend-moi, j'ai eu des moments de gros doute, j'avais bien souvent le syndrome de la page blanche et j'ai même failli abandonner ma fiction. Mais je suis là, de retour et pleine d'idées, j'en avais déjà avant mais je n'arrivais pas à les coucher sur papier. Merci à tous les reviewers, merci à The Hind in the Forest pour les conseils et le remontage de moral et les conversations semi-téléphoniques ! Merci donc à tous le groupe des Pipelettes, toujours là, elles aussi.

Edit : Le chapitre présent est long, un brin traînant, il est néanmoins important dans la continuité de l'histoire.


Unsaid

I'm on fire - Bruce Springsteen


C'est ainsi qu'une femme bedonnante, ses cheveux longs tirant sur le gris et ses yeux noirs et rieurs, m'avait accueillit chaleureusement. Elle demanda si la plonge était ce que je voulais faire. Pour sûre, servir des gens qui pouvaient te regarder des pieds à la tête pendant que l'on prenait leur commande, très peu pour moi.

_ Et puis les rondeurs, y a qu'ça d'vrai. Regarde-moi comme tu es belle, ma chérie, s'était-elle exclamée en me faisant tourner sur moi-même.

Avant de prendre congé d'elle, Fran me fit promettre de revenir le lendemain, qui était un dimanche, pour me « familiariser avec l'équipe ».

Charlie fut enchanté de mon nouveau job et me pria de lui transmettre ses salutations.

Je retournai donc au « Dreamcatcher » avec appréhension. Que penseraient-ils de moi ? Et parviendrai-je à nettoyer une vingtaine d'assiettes à la suite sans en briser une ?

Il faisait bon, ce jour-là. Les vitres de la Chevrolet, fermées depuis des lustres, je dû recourir à l'huile de coude pour pouvoir les baisser aux deux tiers. La douce brise et l'odeur des sapins m'apaisèrent.

_ Bella ! Nous n'attendions plus que toi.

Fran me poussa vers le bar et un air rétro s'échappait du poste de radio.

_ Voici Louis, notre cuistot, Sam le barman, Quil…

_ J'suis l'aide cuisinier !

_ C'est ça, mec. Dis plutôt que t'es le commis aux poubelles !

Le dénommé Quil mit un coup de coude dans les côtes d'un garçon à côté de lui qui riait aux éclats.

_ ...et Jacob qui effectue le service en salle. Ces deux- là sont les zigs de la bande, dit Fran en soupirant. Elle leva les yeux au ciel, exténuée, puis continua :

_ Delia, ma mère, s'occupe du ménage et des comptes avec moi, Louis fait aussi appel à elle pour les quelques délicieuses recettes dont elle seule à le secret.

_ Ce sont de vieilles recettes Quileute… Et je tire aussi les cartes !

_ Maman, ton vieux tarot va finir par partir en poussière.

Tous rirent de bon cœur. Même moi. Finalement je me sentais bien, ici. J'étais la seule « visage pâle », tous avaient la leur d'une belle couleur brune et leurs cheveux d'un noir de jais, sauf ceux de Fran, grisonnants, et ceux de sa mère, d'une blancheur qui détonnait avec sa peau.

Les jeunes garçons, Jacob et Quil, devaient avoir entre quinze et seize ans et avaient de longs cheveux noirs corbeau. Au contraire de ceux de Sam, le barman, qui les avait courts. Celui-ci était très grand et bien bâti, sans doute 25 ans. Louis avait, quant à lui, à peu près le même âge que Fran et ses cheveux d'ébène lui arrivaient en dessous du menton. Cet homme était énorme, je passais presque pour fluette à côté de lui. Ca me faisait du bien. Son air jovial accentuait davantage ses pommettes initialement hautes pour un indien.

_ Bon. Trêve de plaisanteries, nous avons du pain sur la planche : cinq tables de dix personnes sont réservées. Aujourd'hui, c'est mariage.

_ On co…commence maintenant ? bégayai-je. Comment allais-je m'en sortir avec toute cette vaisselle d'un seul coup ? Je ne connaissais même pas les cuisines…

_ Ne panique pas, Bella. Ca va bien se passer. Quil, tu vas aider Louis aux cuisines. Delia, tu n'auras pas besoin d'être aux fourneaux aujourd'hui. Les invités sont étrangers, ils veulent un repas typiquement quileute. Mais on sait bien que les palais américains n'apprécieraient pas à leur juste valeur les vrais platsd'ici. Alors niveau épices, on atténue Louis, s'il te plait. Jacob servira, comme d'habitude. Sam, je pense que tu ne seras pas de trop au service. Et tu prendras les commandes.

_ Mais le bar…

_ Je m'occuperai du bar, ne t'en fais pas pour ça, rétorqua-t-elle.

J'étais impressionnée par tout ce remue-ménage. Fran continua ses directives et milles recommandations sortaient de sa bouche à toute vitesse. Chacun obéirent et se mirent à leur poste.

_ Bell's –je peux t'appeler Bell's ?- tu crois pouvoir t'en sortir à la plonge ?

_ Hé bien…je ne sais pas vraim…

_ Génial, alors.

Et comme en réponse à cette effervescence, les enceintes du poste de radio chantèrent « Baba'O'Riley », des Who.

_ S'il te plait ?

Fran me pressa la main droite et me sourit chaleureusement. Des pattes d'oie creusaient le coin de ses yeux noirs et des fossettes se dessinèrent sur ses joues. Elle avait l'air d'avoir déjà totalement confiance en moi. Je compris alors pourquoi tout le monde lui obéissait sans broncher. Pourquoi elle mettait tout le monde dans sa poche, aussi.

_ C'est d'accord.

_ Parfait !

_ Mais il manquera sûrement la moitié de la vaisselle car elle sera éparpillée sur le sol, la prévins-je.

_ Oh, j'ai l'habitude, avec Jake, tu sais…

Elle jeta un regard peu amène à l'interessé, mais avec quelque chose de maternelle, néanmoins. Jacob fit un petit « hé hé » avant de regarder piteusement ses chaussures.

Après avoir mis le couvert et réglé quelques détails, les convives arrivèrent et bavardaient joyeusement. Jacob passait la tête par l'ouverture du mur, près des fourneaux, et criait tantôt « deux Sagamites ! » tantôt « Quatre salades Huronnes ! ». Sam demandait cinq soupes aux baies et même un hamburger jardinier*. Des spécialités amérindiennes apparemment. Sauf l'hamburger, évidemment. Je ne savais même pas que ça existait et le nom paraissait lui-même peu ragoûtant.

Deux verres cassés et une assiette ébrechée plus tard (le savon, ça glisse), Jacob, épuisé, me proposa de faire un tour sur la plage à deux pas. M'accompagnant pendant que je prenais mon imperméable dans ma voiture, il engagea la conversation :

_ Alors euh…le lycée, ça roule ?

_ On fait aller, dis-je timidement.

_ Cool. Hey, tu n'as cassé que trois verres, ce n'est pas si terrible comme score pour quelqu'un qui se revendique affreusement maladroite !

Mon rire me surprit.

_ Vrai. A croire qu'aujourd'hui je me suis retenue !

Le vent se leva et le bruit des vagues roulant sur les galets se fit plus fort.

C'était agréable de parler avec Jacob. J'avais l'impression de ne pas avoir à me cacher, réajuster mon sweat constamment ou de rentrer mon ventre. Je pouvais être Bella.


« BIP BIIIIP ! BIP BIIIIP ! »

_ Tais-toi, bordel de réveil ! Je faisais un beau rêve…

Je fermai les yeux, les ouvrit, les refermai pour m'habituer à la lumière. Qu'avais-je fait hier ? Quel jour étions-nous ? J'avais pour habitude d'être légèrement égarée au réveil.

Je me levai péniblement, me frottai les yeux et entrepris de me vêtir.

Devant Mr Banner, j'avais l'impression de n'être sortie de mon il n'y a qu'un instant. Mes paupières se fermèrent, je posai ma joue contre la table de verre froid.

Edward ne s'était pas présenté au cours, aujourd'hui. « Il doit peut-être sécher », me dis-je, bien que cette hypothèse me sembla peu probable.

Edward Cullen, sans doute –et de loin- le meilleur des élèves de la classe, sécher ? Sûrement pas.

_ Bien. Observez la boîte que je vous ai apportée. Elle comporte un…

Le professeur commençait son cours.

_ Mais si ! Nelly, du cours d'espagnol. On a mangé avec elle hier à la cafèt. Cheveux blonds, yeux marrons. Elle avait…

Pourquoi tout le monde était-il si bavard, aujourd'hui ?

_ Une interrogation surprise en maths. J'en suis sûr.

_ …ne me suis pas lissé les cheveux, aujourd'hui. L'humidité va les…

Les voix autour de moi se mélangeaient.

Je me mis à trembler.

La voix du professeur se fit plus audible, il se rapprochait.

_ Isabella ? Ca ne va pas ?

Je me sentais loin. Comme dans un endroit cotonneux où l'on ne parlait pas.

_ Quelqu'un voudrait-il emmener Isabella à l'infirmerie ?

Je n'eus pas besoin d'ouvrir les yeux pour deviner que Mike se portait volontaire. Décidément trop serviable…

Il me proposa de m'appuyer sur son épaule et m'aida à marcher. Je l'écrasais sûrement. Nous traversâmes le couloir puis le campus, jusqu'à être hors de vue de Mr Banner.

_ Stop ! Accorde-moi une seconde de répit, Mike. S'il te plait.

Il m'aida à m'asseoir au bord de l'allée.

_ Et ôte tes mains de ma taille, ajoutai-je, peu amène.

Je me couchai sur le flanc, la joue collée au ciment humide et gelé, et fermai les yeux.

_ La vache, tu es blanche comme un linge, Swan ! Et tu tremble !

_ Bella ? appela quelqu'un, non loin de là.

Non ! Pas cette voix si familière ! Pourvu que je nage en plein délire !

_ Que se passe-t-il ? Elle est blessée ?

Il s'était rapproché, et il semblait inquiet. Malheureusement je ne délirais pas. Je serrai encore plus fort les paupières et priai pour mourir ou disparaitre dans un trou. Enfin, j'aurais aimé mourir belle et puis avoir fait un régime. Et puis…

_ Je crois qu'elle a perdu connaissance, bégaya Mike. Je ne sais pas pourquoi, elle n'a même pas eu le temps de se piquer le doigt.

Se piquer le doigt ? Ainsi c'était de ça dont le prof parlait ? Je n'en savais rien, j'avais été absente, je n'étais pas là. Tant mieux, qui dit piqûre dit sang, et le sang me rendait malade.

_ Bella, tu m'entends ? reprit Edward.

_ Non, gémis-je. Fiche le camp.

Il rit.

_ Je l'emmenais à l'infirmerie, se justifia Mike, mais elle n'a pas réussi à aller plus loin.

_ Je m'en occupe. Toi, retourne en cours.

_ Non ! On me l'a confiée.

Soudain, le goudron s'éloigna. J'ouvris les yeux, Edward m'avait soulevée aussi facilement qu'une fillette de cinq ans. J'étais terriblement gênée par cette proximité. D'autant plus que mes tremblements redoublèrent.

_ Repose-moi !

Il était déjà en chemin.

_ Hé ! protesta Mike, déjà loin derrière.

Edward l'ignora.

_ Tu tremble si fort…

Il fronça les sourcils.

J'avais espéré qu'il ne remarquerait pas mes tremblements, avec toutes les forces que je déployais pour les empêcher.

J'ignore comment il franchit la porte avec moi dans les pattes mais une vague de chaleur m'enveloppa et je devinai que j'étais à l'intérieur.

_ Mon dieu ! s'écria une voix féminine.

_ Elle est tombée dans les pommes pendant le cours de biologie.

Edward longeait à grand pas le bureau de l'accueil et Mme Cope tenait les battants de l'infirmerie. La vieille infirmière, arrachée à son roman, se précipita à moi lorsqu'il me déposa sur un des lits recouverts de papier craquant.

_ Il lui faut des sucres rapides, ordonna Edward.

_ Fait-elle de l'hypoglycémie ?

_ Je pense, oui.

Cette façon de parler de moi comme si je n'étais pas là m'agaçait.

On me donna des fruits secs et un soda, puis l'infirmière s'adressa à Edward :

_ Tu peux retourner en cours.

_ Je suis censé rester avec elle, répliqua-t-il, sévère.

Edward me scrutait, et l'inquiétude marquait un pli sur son front de marbre.

_ As-tu avalé quelque chose, ce matin ?

_ Non, fis-je en baissant honteusement.

Il me lança un regard de reproches.

L'infirmière revint près de moi et, cette fois-ci, armée de mon dossier médical.

_ Il serait important de prendre un déjeuner le matin, jeune fille. De plus, ne manquez surtout pas vos doses d'insuline, les conséquences pourraient être très graves.

Réalisant, Edward écarquilla les yeux.


Et continue de cliquer sur REVIEW, lecteur, sinon sans tes reviews je ne peux pas continuer, et si je ne continue pas j'arrête d'écrire, et si j'arrête d'écrire je ne pourrai plus lire non plus, et comme je ne pourrai plus lire non plus je m'ennuyerai, je ne ferai plus rien, et je serai très malheureuuuuse ! Et ce sera de ta faute si je serai malheureuse. C'est donc ça, que tu veux ? Que je sois malheureuse ? *Helvin ou comment faire culpabiliser les gens en 5 secondes*

PS: ...Et pour ceux qui me demandaient à quoi ressemblait Miss Swan : go to my profile !