Pairing – Drago Malefoy / Hermione Granger. _ Et oui, enfin... :P _ et y'a toujours quelques couples qui tentent de passer faire coucou d'temps en temps.
Genre – Romance/Famille.
Rating – T. -non, mais je vous jure, rien ne va plus... D'accord, je l'admets, ça finira par se changer en M.
Disclaimer – Le monde & les personnages adultes appartiennent à J.K. Rowling. Je ne prends pas en compte l'épilogue du Tome 7.
Note de l'auteure – Tadam ! Excusez-moi pour le retard -bêta en période d'examens puis moi hier soir en période cinéma (xD)- J'espère que vous avez tenu le coup malgré l'insoutenable suspens de la fin du dernier chapitre...
Bref, en tout cas, merci énormément à vous tous qui prenez le temps de lire & de reviewer (Et à tous ceux qui mettent en Fav sans laisser un petit mot, si vous entendez vos oreilles siffler, ne vous étonnez surtout pas, ce n'est que moi ! Vous avez tous vos petits surnoms très grossiers :P On s'défoule comme on peut !) & merci à Loufoca toujours de me corriger & de me faire rigoler. (Je sais, Drago t'exaspère, c'est fou ce qu'il se prend pour un mec génial... u_u' Mais... Mais attends voir, c'est un mec génial ! :P)
Et j'en profite pour remercier ceux qui reviewent, mais ne sont pas inscrits sur feufeu : Manon.L. (Non, je ne réponds à aucune question, nanère :P) ; au Guest inconnu qui doit être quelqu'un ayant oublié de se connecter ( ? xD Mais qui es-tu donc ?!) ; Katie ; Choco-Jo ; LolaA ; ma Lenou ; Mama ; Chupa98 ; L ; Lale ; Cecile ; Maeva Jouan ; Juls ; Capuche & tous les autres... :)
Bonne lecture de ce chapitre qui se sera fait attendre, mais qui, je l'espère, vous plaira !
Un Air de Famille
Chapitre 6
Drago ne parvenait simplement pas à y croire, ou même à réfléchir correctement puisque toute son attention était concentrée sur un point de son anatomie très particulier. La douleur était telle qu'elle lui avait fait monter les larmes aux yeux, et il ne parvenait même pas à les chasser. Ses mains formant un cocon autour de son entre-jambe, il tâchait de penser à autre chose… En vain. Il aurait voulu se déshabiller, là, maintenant, juste pour voir si elle ne lui avait pas cassé quelque chose, cette idiote. N'aurait-elle pas pu se détacher de lui, comme n'importe quelle femme normale au lieu d'agir comme s'il était en train de l'agresser ?
Hermione le scrutait, presque nerveuse. Ses larmes s'étaient taries durant leur étrange étreinte, congédiées par d'autres sentiments que la peine : un mélange de peur et de satisfaction. Cette seconde émotion, pourtant, disparut dès que Drago ouvrit la bouche, la voix rendue rauque par la douleur, comme s'il était en pleine mutation :
« Par Merlin, Granger, qu'est-ce qu'il t'es passé par la tête ?
-Je… A moi ? Qu'est-ce qu'il m'est passé par la tête à moi ? Tu m'as embrassée ! C'est toi qui a un problème !
-Nom de… Qu'est-ce que ça fait mal ! »
Il enrobait toujours son entre-jambe comme s'il allait tomber et Hermione fut prise d'une furieuse envie de rire. Depuis la gifle qu'elle lui avait si chaleureusement offerte en Troisième Année, elle n'avait plus du tout employé la violence pour se défendre… L'état dans lequel ça la plongeait était proche de l'euphorie. Mais bientôt, elle se sentit un peu coupable à le voir se tortiller comme un beau diable, le visage décharné par la douleur. Elle savait qu'un homme atteint dans son orgueil –et l'orgueil des hommes se situait très exactement là où elle l'avait frappé– éprouvait une réelle douleur, autant mentale que physique, et s'en voulut d'avoir été si impulsive. Elle aurait pu le repousser avec davantage de douceur, mais son cerveau protecteur en avait décidé autrement puisqu'elle semblait incapable de prendre des mesures pour l'éloigner.
Avec un petit soupir, elle extirpa sa baguette magique de son fourreau, coincé sous la ceinture de son jean. Drago fit un bond en arrière dès qu'elle la pointa sur lui et plus principalement sur une partie très précise de son corps. Elle pouffa discrètement avant de chuchoter, avec un accent moqueur :
« Je vais juste apaiser ta douleur grâce au froid, Malefoy, pas t'émasculer.
-Tu viens pourtant de le faire… »
Elle secoua la tête en s'avançant vers lui, un peu soucieuse de son état malgré tout. Avec une attention presque chirurgicale, elle saisit ses mains dans les siennes en prenant garde à ne pas le toucher plus que nécessaire. Elle l'incita à lâcher son entre-jambe et à cesser de gigoter. Drago lui jeta un regard si noir qu'elle faillit abandonner et le laisser se débrouiller tout seul, mais sa conscience l'en empêcha, lui rappelant que c'était de sa faute si elle devait en arriver là.
« Laisse-moi faire d'accord ? Fais-moi confiance, murmura-t-elle d'une voix presque tendre.
-Je ne fais confiance à personne au sujet de cette partie de mon corps, Granger. J'y tiens.
-Je n'en doute pas. »
Il la laissa faire après s'être adossé à l'un des tabourets encore debout et elle lui lança un sortilège qui engourdi sa douleur. Un soupir de plaisir s'échappa des lèvres entrouvertes de Drago et elle comprit qu'elle avait réussi à le soulager. Sa baguette toujours pointée sur sa braguette, elle se concentra davantage sur son sort afin de parvenir à le paralyser presque entièrement. Il ne devait pas bouger, au moins le temps que le sort fasse totalement effet. Fermant les yeux, elle se laissa aller un peu en avant, jusqu'à sentir l'haleine fraiche de Drago contre sa joue.
Au bout de quelques minutes, elle sentit qu'il se détendait totalement et ouvrit les yeux pour s'en assurer. Drago Malefoy la soupesait du regard, presque songeur, se posant des questions auxquelles il espérait trouver des réponses sur son visage apparemment. Elle baissa les yeux et faillit hurler en remarquant que sa main avait trouvé un appui sur la cuisse de l'homme qui l'avait embrassée avec tant d'ardeur.
Il le remarqua et un sourire taquina les coins de ses lèvres. Ses yeux pétillèrent un peu plus, mais plus sous l'effet des larmes qu'il avait courageusement retenues, et il plaisanta :
« Tu rougis. A croire que tu n'as jamais touché un homme de ta vie… Enfin, puisque je ne considère pas Weasmoche comme un homme, c'est le cas.
-Ron n'est pas le seul à… commença-t-elle avant de s'interrompre en remarquant qu'il souriait. Peu importe. Pourquoi est-ce que tu m'as embrassée ?! Tu l'as bien mérité cette castration forcée ! »
Drago faillit lui dire la vérité, à savoir qu'il voulait juste qu'elle ferme sa bouche, quitte à la bloquer à l'aide de la sienne. Mais une idée bien plus enivrante s'imposa à lui à mesure qu'il l'observait. Il aurait pu lui en coller une, la rendre muette d'un sortilège, ou agir de bien d'autres façons encore, mais il avait choisi de l'embrasser. Et finalement, son choix n'était peut-être pas si involontaire que cela.
« J'ai juste été… séduit.
-Séduit ? répéta Hermione, à bout de nerfs. J'étais en train de t'insulter, sombre idiot ! Aurais-tu des tendances sadomasochistes ?
-Tu viens de le refaire.
-Quoi ?
-M'insulter. » sourit-il, narquois, comme pour sous-entendre qu'elle faisait exprès d'attiser son désir.
Il remarqua avec bonheur qu'elle s'empourprait encore plus et faillit lever la main pour toucher sa joue afin de s'assurer que sa température n'augmentait pas trop. Il s'en serait voulu de la mettre dans un état proche de l'évanouissement quand même… Hermione Granger était bien plus séduisante en étant éveillée. Séduisante… Il se morigéna un instant, sans trop d'élan, avant de se trouver une excuse : c'était ce foutu jean qui lui faisait un corps de déesse, pas de doute.
Puis la déesse ouvrit à nouveau la bouche pour briser le charme et il se demanda si lui trancher la langue serait une solution à tous ses problèmes. La petite voix salace s'éveilla dans un coin de son esprit, comme après un long sommeil, et refusa cette idée en prétextant qu'une langue pouvait être bien utile dans d'autres situations. Il se rangea à son avis en laissant Hermione soupirer, indignée.
« Tu… Je laisse tomber ! »
Elle s'éloigna alors de lui aussi vite que possible. Pas suffisamment vite hélas pour ne pas entendre Drago, qui répondit enfin à sa première question.
« Tu es juste incroyablement sexy quand tu m'engueules, Granger. Encore plus dans ce jean, d'ailleurs. Je ne suis pas certain que ce soit du masochisme. Peut-être suis-je simplement un homme qui ne peut résister lorsqu'il voit une femme pleurer… »
Elle s'arrêta face à la porte, hésita une seconde, puis se retourna pour lui face.
« Alors tu es un sadique. Ce n'est pas beaucoup mieux.
-Par Merlin, Granger ! Je viens d'admettre que tu puisses êtres sexy, après que tu m'ais balancé un baratin sur mes remarques désobligeantes et tout ce que tu retiens c'est que j'ai aimé te voir pleurer ? »
Elle croisa ses bras sur sa poitrine et le toisa de son regard marron et doré – un vrai brasier à lui tout seul. Drago eut l'impression d'être un moins que rien, à mesure qu'elle le déshabillait de ses yeux, comme pour fouiller à l'intérieur de lui et en sortir tout ce qui n'allait pas. Beaucoup de choses. Des milliers de choses. Il resta figé, alors que la douleur affluait à nouveau, le sortilège commençait à ne plus faire effet, et se laissa observer, en l'attente d'un verdict qui se révéla presque aussi brutal que son genou :
« Tu vois, Malefoy, c'est ça la différence entre toi et moi. Je me moque d'être sexy, surtout à tes yeux, je me fiche de ton approbation ou de tes compliments. Je n'ai pas besoin de l'assentiment de tous pour me sentir exister. Alors, certes, Malefoy, tu es beau et bien habillé et tout ce que tu veux, mais tu es aussi seul que moi. Alors peut-être pourrais-tu réaliser que quelque chose cloche chez toi aussi… Parce que oui, ce qui compte, c'est que tu ais aimé me faire de la peine, et non que tu ais aimé m'embrasser. Les sentiments, eux, restent… Les baisers s'oublient.
-Pas les miens ! ironisa-t-il minablement en se sentant comme écrasé par la puissance de ses réflexions.
-Oh si, même les tiens. Très franchement, Malefoy, j'ai connu plus inoubliable. »
Sans lui laisser l'occasion de se défendre, ou de lui prouver le contraire –car oui, ses baisers avaient une renommée presque internationale, ou du moins il aimait le croire ; Hermione quitta les lieux. Elle s'effaça derrière la porte de la cuisine, le laissant là, comme un idiot, encore plus perdu qu'avant.
Puis, avec un grognement rauque, il reporta ses mains à son entre-jambe avec la sensation d'être coupé en deux, juste à l'endroit où elle l'avait frappé. Et malgré sa douleur, il se remémora ce qui l'avait causée et se surprit à sourire. De toute sa vie, il n'avait été attaqué que deux fois par une fille. Par la même fille. Sa fierté était remise en cause, mais peu lui importait… Deux maux pour un petit bien. Un petit bien qu'il comptait bien rendre meilleur. Bon, d'accord, là, c'était sa fierté qui parlait.
Ky retrouva son père assis sur le plan de travail de la cuisine, un sachet de petits pois congelés figé entre ses cuisses puisqu'il n'arrivait pas à savoir où se trouvait sa baguette magique. Il l'avait probablement laissée dans le salon, mais attendait d'être certain qu'Hermione soit partie pour aller la chercher.
Ky s'arrêta de marcher en remarquant l'état de son père et ouvrit les yeux en grand, tels des soucoupes. Drago lui adressa un petit soupir piteux auquel son fils ne répondit pas, abasourdi.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
-Elles sont parties ? »
Il préférait éviter de répondre aux questions de son fils avant de s'assurer de ne pas voir apparaître l'une ou l'autre des Granger –il se rappela « Weasley » et se sentit encore plus mal. Ky acquiesça avec prudence. En effet, elles étaient parties après qu'Hermione Granger, en mode furie, ait hurlé le prénom de sa fille depuis le bas de l'escalier. Ky et Anaïa s'amusaient pourtant bien, ayant engagé une reproduction de la bataille finale de Poudlard avec ses figurines après qu'elle lui ait raconté les frasques de son père. Une heure de pur délice. Il aurait voulu que cela ne s'arrête jamais. Mais les parents gâchaient toujours tout, c'était bien connu.
En découvrant le visage ravagé de sa mère, Anaïa avait eu l'air ébahie et soucieuse, et s'était empressée d'obéir à l'ordre de départ express. Elle avait déposé un petit baiser timide sur sa joue avant de filer. Hermione lui avait à peine adressé un « au revoir » puis s'était éclipsée à son tour. Ky devait admettre avoir cru à une banale dispute, mais apparemment, ils en étaient arrivés à la violence… Ou du moins, Hermione Granger en était venue à frapper son père, à un endroit très particulier. Il grimaça.
« Papa, qu'est-ce qu'il s'est passé avec la mère d'Ana ?
-Rien.
-Elle t'a fait mal ?
-Juste un peu… » grimaça Drago en déplaçant le sachet pour avoir à nouveau droit au côté bien glacé.
Plus qu'un peu en fait. Son orgueil mettrait du temps à s'en remettre. Comme son pauvre pénis maltraité. Il craignait presque de juger les dégâts désormais, même si rien n'était irréparable… N'est-ce pas ?
« Tu l'avais mérité ? s'enquit curieusement Ky, sourcils froncés.
-Peut-être un peu. Mais pas au moment où le coup est arrivé.
-Alors… Tu as encore fait un truc totalement idiot ? »
Drago leva les yeux et croisa son regard emplis de déception. Comme s'il avait besoin de ça… Il poussa un bref soupir, espérant ainsi évacuer un peu de sa douleur qui s'étendait dans tout son corps depuis son caleçon, et marmonna :
« Oui, Ky. J'ai encore agit comme un imbécile.
-Pourquoi ? demanda l'enfant d'une petite voix.
-Parce que je n'ai pas pu m'en empêcher, sans doute. »
Il aurait plutôt dû dire « voulu m'en empêcher », mais il s'était déjà mis assez de monde à dos depuis sa naissance pour ajouter son fils à cette longue liste. Ky avala difficilement sa salive et Drago se demanda s'il allait se mettre à pleurer, mais l'enfant se rattrapa, aussi vite que possible. Il planta son regard dans celui de son père, le poignardant presque, et Drago attendit le couperet.
« Tu vas réparer ça, pas vrai ?
-Réparer ?
-Oui, avec Hermione Granger. Tu vas… tu vas faire quelque chose ? Pour que ça aille mieux ?
-Ky… soupira Drago en s'apprêtant à secouer la tête pour dire non.
-Tu avais promis d'être gentil ! Et un Malefoy ne rompt jamais ses promesses !
-Ce n'est pas ça, Ky, corrigea Drago avec douceur. C'est « Un Malefoy ne fait jamais une promesse qu'il ne puisse tenir. »
-C'est la même chose. C'est juste sous-entendu. »
Drago hocha la tête, regrettant que son rejeton soit aussi intelligent alors que lui s'accommodait très bien du premier sens des règles chez les Malefoy. « Ne fais pas ci » signifiait « Ne te fais pas prendre en train de le faire »… Il arrangeait toujours tout afin que cela lui soit profitable, mais cette fois, il ne pouvait pas.
Il avait en effet promis et se devrait de régler la situation avec Hermione Granger, au moins pour Ky qui s'était fait une amie –qu'il n'approuvait certes pas, mais que pouvait-il y faire ? De plus, il se remémora ce qu'elle avait dit au sujet de son baiser. Il n'était pas question qu'il laisse passer ça. Il détestait que les femmes aient une mauvaise image de ses qualités d'amant –baisers ou davantage d'ailleurs. Il ne s'estimait satisfait qu'après avoir récolté au moins trois compliments. Hermione Granger ne faisait pas exception à la règle.
« Très bien, Ky. Je peux toujours essayer. »
La porta claqua, heurtant le silence pesant, interrompant les ronronnements réguliers de deux chats qui –d'un bout à l'autre du canapé– dormaient. Ce bruit explosa dans la tête d'Anaïa. Sa mère ne claquait habituellement jamais les portes, comme elle ne faisait jamais la tête, et ne semblait jamais furieuse… Jusqu'à ce jour où elle avait revu Drago sur le chemin de traverse. Mais maintenant, sa colère était plus effrayante encore car mêlée à autre chose qu'Anaïa, du haut de ses onze années de vie, ne pouvait analyser.
Elle alla s'installer à petits pas sur le canapé, entre les deux chats assoupis, et caressa distraitement les poils soyeux de Shadow. Sa mère s'agitait dans la cuisine, préparant le repas comme si les carottes étaient responsables de tous les malheurs de l'univers, les éminçant avec une violence effarante. Anaïa jeta un coup d'œil à la télécommande de la télévision. Elle aurait pu se plonger dans le fictif pour éviter sa mère –qui n'avait pas ouvert la bouche depuis un bon quart d'heure– mais se refusa à être aussi lâche.
Elle attendit quelques instants, que sa mère pose le couteau, puis revint vers la cuisine avec l'intention de comprendre ce qu'il s'était passé. Ils avaient déjà prévu un débriefing au téléphone avec Ky. Il sortirait à nouveau de chez lui en douce pour rejoindre la cabine téléphonique, à dix-sept heures précise. Il lui restait donc largement assez de temps pour tirer les vers du nez à sa mère. Elle espérait que Ky fasse de même de son côté. Ensemble, ils pourraient reprendre tous les événements, du point de vue de l'un comme de l'autre, et auraient ainsi l'occasion de rectifier le tir. Il y avait toujours un moyen d'arranger les choses. Toujours.
En voyant le visage encore fermé de sa mère, elle sentit ses espoirs faiblir, mais tâcha de les ranimer comme elle pouvait.
« Maman ? chuchota-t-elle, craignant un peu que la fureur de sa mère ne finisse par la brûler.
-Oui, Anaïa ? »
Un soupir, dépité, comme si la seule énonciation du prénom de sa fille la mettait dans un état impossible à gérer. Après tout, toute cette histoire, cette journée, résultait de ce que sa fille avait voulu faire. Mais qu'avait-elle voulu faire, au juste ? Le cerveau d'Hermione lui imposa cette question, et elle posa brusquement la casserole sur les plaques chaudes avant de porter toute son attention sur Anaïa qui baissa les yeux, gênée, avant d'oser bredouiller :
« Qu'est-ce qu'il s'est passé avec le père de Ky ?
-Rien d'important. Nous avons juste… Nous n'avons rien en commun lui et moi, et cela s'est ressenti, tout simplement.
-Mais il faut que ça colle ! »
Hermione haussa un sourcil interrogateur et Anaïa se figea, éberluée par sa propre sottise. Elle s'était attendue à ce que la fuite vienne de Ky, avait prévu d'être bien assez forte, et voilà qu'elle crachait le morceau sans réfléchir. Hermione appuya ses mains contre l'évier derrière elle et tâcha de comprendre ce que cachaient cette simple phrase et la rougeur des joues de sa fille. Elle ne prit guère de temps à associer chaque élément de cette drôle de journée : l'insistance d'Anaïa pour qu'elle s'habille bien, la facilité avec laquelle les enfants les avaient laissés seuls tous les deux…
« Dis-moi que c'est une blague… Vous… »
Elle avala une goulée d'air frais en tâchant de ne pas perdre la tête. Comment Anaïa avait-elle pu imaginer une seule seconde qu'elle et Drago Malefoy puissent… Elle ferma les yeux. Non, jamais. Elle repensa au baiser qu'elle avait dû subir contre son gré et son bas-ventre fut envahi d'une douce chaleur qu'elle s'obligea à arrêter. Pas question qu'elle se laisse guider par son manque, surtout si son manque la poussait à côtoyer cette saleté de fouine. Il y avait des milliers d'autres hommes sur Terre et elle pouvait très bien en trouver un bien plus à son goût, un qui ne passait pas son temps à lui rappeler ses origines moldues –dont elle n'avait pourtant pas honte- ou à lui dire qu'elle était hideuse.
Elle se devait d'expliquer cela à sa fille, de lui dire aussi pourquoi elle ne pourrait plus voir Kylian ou même lui écrire. Il fallait qu'elle soit ferme, pour leur bien à toutes les deux. Et pas question de la laisser contourner les règles cette fois, elle serait intraitable et la pisterait s'il le fallait.
Anaïa observa le changement qui s'opérait chez sa mère avec la sensation d'y perdre au change. La Hermione Granger organisée et décidée n'allait probablement pas beaucoup lui plaire. Son sentiment fut rapidement vérifié.
« Anaïa, ma chérie… Monsieur Malefoy et moi, nous ne pourrons jamais être amis ou plus –si c'est bien cela que vous espériez avec Kylian. Nous ne nous supportons pas et cela ne changera pas, quels que soient vos efforts. Alors, il va falloir que tu comprennes que tu ne peux plus me remettre dans une situation comme celle d'aujourd'hui, est-ce clair ? »
Anaïa acquiesça lentement, le cœur au bord des lèvres. Elle ne pouvait accepter d'y croire, refuserait de baisser les bras malgré l'ampleur du travail à effectuer. Sa mère apprécierait Drago Malefoy, même si elle devait pour cela les enfermer dans une petite pièce durant des années afin de les forcer à se parler. Cette idée lui parut lumineuse, mais posait bien des problèmes de logistique, ainsi elle la refoula, assez rapidement pour entendre la voix de sa mère.
« De plus, pour simplifier un peu les choses, je crois que tu devrais arrêter de parler à Kylian.
-Quoi ?! Mais, maman…
-Je ne pense pas qu'il soit bon pour toi de traîner avec cette famille, Anaïa. Il est peut-être gentil, mais tu te feras d'autres amis à Poudlard, et tu l'oublieras bien vite…
-Mais non ! Tu ne comprends rien ! hurla Anaïa, si soudainement qu'Hermione eut un mouvement de recul face à cette puissance, cette violence. C'est différent avec Ky ! Lui, il comprend vraiment ! »
Hermione resta coite. Comprendre quoi ? Qu'est-ce que cet enfant en particulier pouvait comprendre de plus que les autres ? Plus qu'elle ? Elle dévisagea longuement sa fille, remarquant enfin sa lèvre inférieure qui tremblait, signe qu'elle était à deux doigts de pleurer. Elle faillit flancher, lui dire qu'elle avait changé d'avis, juste pour ne pas lui briser le cœur, mais Anaïa ne laissait jamais tomber… Et laisser la porte ouverte à Kylian laisserait aussi un passage à Drago, et elle n'était simplement pas capable d'accepter un tel fardeau dans sa vie déjà bien compliquée.
« Anaïa, tu ne connais Kylian que depuis une semaine. Ne sois pas ridicule, vous avez à peine eu le temps de…
-Bien sûr que je le connais ! On s'est écrit des lettres, maman, et… Il… »
Les larmes débordèrent de ses yeux et les mots semblèrent s'y noyer. Hermione fit un pas vers elle, prête à la réconforter comme elle le faisait depuis sa venue au monde, mais Anaïa recula en effaçant rageusement ses larmes d'un revers de la main. Elle n'était plus un bébé désormais, elle pouvait prendre seule certaines décisions, surtout lorsque sa mère se montrait si décidée alors qu'elle ne savait pas de quoi elle parlait.
« Je ne vais pas arrêter de lui parler juste parce que tu le demandes ! Jamais !
-Anaïa…
-Non ! »
Son cri réveilla Pattenrond qui bondit sur ses pattes avant de s'approcher de la scène avec curiosité, les poils hérissés. Hermione n'eut pas le temps de gronder Anaïa pour son manque cuisant de respect –elle n'avait jamais apprécié les cris et n'allait pas laisser passer cela à sa fille de onze ans seulement. Elle aurait tout le loisir d'hurler lors de sa crise d'adolescence, mais il était encore un peu tôt pour se le permettre.
Anaïa ne lui en laissa pas le temps et tourna les talons en courant avant de se réfugier à l'étage. Hermione entendit la porte de sa chambre claquer et elle poussa un long soupir. Elle aurait pu monter voir sa fille immédiatement pour mettre les points sur les I, mais savait qu'il valait mieux lui laisser un peu de temps pour se calmer et retrouver ses esprits.
Elle se laissa tomber sur une chaise, découragée par ce qui l'attendait, et tenta de faire le vide dans sa tête, de se débarrasser de toutes les pensées néfastes qui lui tordaient le ventre. La dureté des lèvres de Drago contre les siennes lui revint soudainement alors qu'elle se concentrait justement pour l'oublier et elle posa son front contre la table en s'insultant mentalement. Il fallait vraiment qu'elle trouve quelqu'un pour lui faire oublier ce baiser si dégoûtant. Et rapidement.
Drago laissait courir sa bouche contre le cou de sa jolie ex et future amante –à la fois– jusqu'à l'échancrure de son chemisier, découvrant du bout des lèvres une peau douce et parfumée. Peut-être un peu trop. Il sentait déjà sa tête lui tourner. Ses doigts taquins vinrent rapidement trouver un bouton, puis un autre, puis un autre encore, laissant apercevoir ainsi un affriolant soutien-gorge qui attisa son désir.
Louise lâcha un petit gloussement lorsqu'il posa ses lèvres sur ses seins érigés par dessus le tissu de sa lingerie et il frémit imperceptiblement. Elle glissa ses doigts dans ses cheveux, l'attirant un peu plus contre elle, en l'attente d'une caresse plus approfondie encore et il obéit.
Avant de se détacher d'elle, si violemment que la jeune femme, perchée sur son bureau, la jupe remontée jusqu'aux cuisses, faillit perdre l'équilibre. Elle lui adressa une moue boudeuse, comme une enfant à qui l'on viendrait d'arracher son jouet préféré et il secoua la tête en de vagues excuses.
Une idée lui était venue brusquement à l'esprit –alors que généralement, son cerveau était aux abonnés absents lors de ce genre de situations– et il se devait de la mettre en place immédiatement. Lorsque, trois jours plus tôt, Ky lui avait fait promettre –en prenant Aristote le crapaud pour témoin, symbole même du sérieux de la situation– d'arranger les choses avec Hermione Granger, il s'était demandé comment s'y prendre.
Et voilà qu'il se retrouvait, dans l'un des bureaux du Ministère, en compagnie d'une charmante demoiselle, et qu'enfin, une idée lui venait. Apparemment, son esprit se plaisait à le frustrer. Mais il avait promis. Et une promesse d'un Malefoy se devait d'être respectée.
Il s'éloigna un peu plus de Louise en reboutonnant le col de sa chemise où une marque de rouge à lèvres s'exposait fièrement. Elle glapit de frustration avant de se lever à son tour en se rajustant.
« Qu'est-ce qu'il te prend ? Pour une fois qu'il n'y a personne pour nous embêter, ni ton gamin, ni ce fichu elfe de maison !
-Mon gamin s'appelle Ky, rappela Drago en un soupir exaspéré, conscient que la présence de son fils changeait tout. Et j'ai à faire, on se voit plus tard. »
Il ne prit même pas le temps de l'embrasser pour dire au revoir et quitta les lieux à grands pas, comme pour mettre le plus de distance entre elle et lui. Elle aurait pu s'en offenser, mais le regarda partir en le reluquant. Drago sentit son regard et esquissa un sourire fier en songeant à ce qu'elle avait dit quelques secondes plus tôt. Lorsque Ky était un bébé, les femmes se précipitaient vers lui, avides de rencontrer un charmant père célibataire. Mais plus Ky grandissait, moins les femmes s'intéressaient à cette partie de sa vie. Celles qui avaient la trentaine, célibataires et sans enfants, s'attendaient à former une famille, leur propre famille, sans une pièce rapportée. Il réalisa qu'il ne referait probablement jamais sa vie à moins de devoir se coltiner une mère célibataire et donc des enfants en plus.
Il se glissa dans l'ascenseur en songeant qu'Hermione Granger était l'une de ces mères et qu'il ne serait probablement jamais capable de supporter la situation. Elles se traînaient toutes le fardeau d'un divorce ou d'un décès et il avait du mal à s'imaginer en train de prêter attention à ce genre de choses… Parce qu'il se fichait éperdument des sentiments des autres la plupart du temps. Il n'évoquait jamais Pansy et s'attendait à ce que ses conquêtes oublient leur passé entre ses bras.
L'ascenseur le conduisit du niveau sept –celui du département des jeux et des sports magiques où travaillait Louise– au niveau deux. Département de la Justice Magique. Un vrai petit paradis pour les costards-cravates coincés et les femmes au teint terne. Lorsqu'il sortit de l'ascenseur, il remarqua immédiatement que tous ces gens passaient probablement tout leur temps derrière leurs bureaux et que certains n'avaient pas vu la lumière du jour depuis des heures –Ou des décennies, songea-t-il en voyant un homme au regard injecté de sang qui parcourait deux parchemins du regard en même temps.
Il s'avança nonchalamment en priant pour que personne ne l'arrête et s'approcha d'un bureau où une jeune femme, sans doute secrétaire, prenait des notes avec assiduité.
« Excusez-moi, mademoiselle, l'apostropha-t-il de sa voix la plus sensuelle. Je cherche le bureau d'Hermione Granger, pourriez-vous me l'indiquer ?
-Quartier de l'Application des Lois Magiques, au fond du couloir à gauche, répondit la jeune femme sans lever les yeux vers lui, d'une voix si monotone qu'il faillit la pincer pour voir si elle réagirait.
-Merci. », dit-il à la place.
Il suivit ses indications, avança longuement dans un couloir interminable où quelques travailleurs bien vêtus lui jetèrent des regards suspicieux. Ils ne devaient avoir que la visite de criminels dans ce coin là, après tout, et peut-être que son visage était accroché dans un coin avec la mention « Ancien Mangemort à éliminer de toute urgence ». Paranoïaque.
Il finit par atteindre la dernière porte à gauche, l'ouvrit, et se retrouva dans un autre monde. Beaucoup plus chaleureux. Ils n'étaient qu'une quinzaine tout au plus, répartis sur des grands bureaux, entourés de piles de dossiers à trier ou à boucler. Drago chercha Hermione du regard un instant, avant que quelqu'un ne lui bloque la vue. Un homme de sa taille –quoi qu'un peu plus grand, mais Drago haïssait les hommes plus grands– au sourire à la fois courtois et légèrement méfiant.
« Puis-je vous aider ? s'enquit-il avec une politesse presque trop exquise.
-Je cherche Hermione Granger.
-Vous avez rendez-vous ?
-Pas vraiment, non. Mais je suis persuadé qu'elle sera ravie de me voir. Peut-être pourriez-vous m'indiquer où elle se trouve afin que…
-Je vais vous conduire. »
L'homme lui désigna une porte vitrée à l'autre bout de la pièce et se mit à avancer avec une maitrise parfaite, se faufilant entre ses collègues qui lui adressaient des petits sourires amicaux avant de dévisager Drago et de froncer les sourcils. Drago comprit qu'ils l'avaient reconnu et tâcha de contrôler son désir de fuite : il ne s'agissait que de bureaucrates, mais des bureaucrates armés de baguettes magiques qui avaient peut-être perdu de la famille durant la guerre. Des gens dangereux pour lui en somme.
Celui qui l'accompagnait frappa deux petits coups secs à la porte du bureau et une voix lui proposa d'entrer. Drago le suivit sans demander la permission, impatient de fuir les regards assassins des gens qui lui vrillaient le dos. Il remarqua rapidement Hermione qui –les yeux baissées sur un parchemin– paraissait totalement prise par ce qu'elle faisait. L'homme à ses côtés se gratta timidement la gorge, s'en voulant apparemment de l'interrompre, et elle finit par lever la tête… Elle blêmit ostensiblement et l'homme fit un pas en avant avec un sourire crispé.
« Je peux le reconduire à la porte, Hermione. Il suffit de demander. »
Drago eut envie de lui envoyer son poing en plein visage, mais se contenta de les serrer avant de les terrer dans les poches de sa cape avec humeur. Il croisa le regard de son ancienne condisciple et lui accorda un petit sourire, presque d'excuses –ou du moins, c'était ce qui s'en rapprochait le plus parmi toute sa gamme de sourires. Elle se leva sans le lâcher des yeux et secoua la tête en direction de son collègue.
« Merci, Jack, ça va aller. Tu peux fermer la porte en sortant. »
L'homme –qui s'appelait donc Jack, un prénom banal selon Drago, pour un type banal, toujours selon Drago– hésita une seconde avant d'obéir, puisqu'elle était tout de même sa supérieure. Drago remarqua qu'il avait laissé la porte légèrement entrebâillée et la ferma du pied sans se soucier de ce que cela pourrait provoquer. Puis, il se tourna vers Hermione qui, les bras croisés sur sa poitrine, le fusillait du regard.
« Qu'est-ce que tu fiches ici, Malefoy ? Tu me harcèles, maintenant ? Dans un bureau plein d'avocats en plus ? Tu imagines bien que la plupart des gens présents dans la pièce d'à-côté rêvent de te tuer, n'est-ce pas ?
- A quelle question dois-je répondre en premier ? railla Drago en s'installant sur une chaise sans attendre qu'elle le propose.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je passais dans le coin et j'ai eu envie de te rendre une petite visite. »
Elle pencha la tête sur le côté, une moue curieuse aux lèvres, comme si elle ne parvenait pas à comprendre ce qu'il se produisait là. Personne ne venait jamais la voir dans ce bureau, à l'exception de sa fille qui avait passé presque toutes ses journées assise dans un coin, avec des jouets ou des livres. Et voilà que Drago Malefoy pénétrait cette bulle de concentration. Elle le scruta longuement, jusqu'à remarquer la trace de rouge à lèvres sur sa chemise anthracite et mordilla l'intérieur de sa joue pour ne pas éclater de rire.
« Tu… passais dans le coin ? répéta-t-elle, légèrement narquoise.
-Oui.
-Et tu t'es heurté à une bouche en chemin ? »
Elle désigna son col en plissant le nez et il toucha la marque de rouge à lèvres avec la sensation d'être le plus idiot des hommes. Il devait avoir les cheveux légèrement ébouriffés, les lèvres encore rougies par les baisers –même s'il s'était essuyé la bouche dans l'ascenseur– et dégageait un parfum de femme. Bien joué, Drago, continue comme ça, et tu pourras dire adieu au respect de ton fils, se morigéna-t-il en ayant la courtoisie de rougir. Courtoisie qui disparut bien vite pour laisser place à l'impertinence.
« Ne sois pas jalouse, Granger. Tu sais très bien que ce qu'il y a entre nous est unique.
-En parlant d'unique, ton testicule restant se porte bien ? »
Il devint brusquement très pâle et sa main se porta mécaniquement à sa braguette, comme si elle venait de le menacer. Entendre Hermione Granger prononcer le mot « testicule » était aussi particulièrement traumatisant : dans sa bouche si chaste, cela apparaissait presque comme une insulte. Il gesticula un peu, mal à l'aise sur son siège, et elle se réinstalla sur le sien avec un soupir d'orgueil : se moquer de Drago Malefoy était l'un de ces rares plaisirs que la vie lui offrait parfois et elle tenait bien à en profiter. Mais avant cela, elle se devait de mettre les choses au clair.
« J'espère que tu ne fais pas ce genre de remarques devant ton fils.
-Pourquoi cela, tu as peur que je l'effraie et qu'il cauchemarde à ton sujet ? D'ailleurs, en parlant de mon fils, pourquoi ta fille ne répond pas à ses lettres ?
-Parce que je lui ai interdit de le faire. »
Un éclat mauvais anima les iris du Serpentard, mais il contint aisément sa rancœur. Comment pouvait-elle oser s'interposer entre leurs enfants et rendre Ky si triste ? Il aurait voulu attraper ce lourd bibelot en forme de plume qui ornait son bureau et lui balancer entre les deux yeux. Il crispa ses poings.
« Et pourquoi cela ?
-Ils ont une imagination débordante tous les deux, tu le savais ? répliqua-t-elle sans répondre à sa question. Les laisser se côtoyer leur mets apparemment de drôles d'idées en tête, et ces idées ne me plaisant pas du tout… Je préfère mettre un terme immédiatement à leur relation.
-Quel genre d'idées ? »
Elle s'empourpra légèrement, consciente que lui dire la vérité les plongerait tous les deux dans une toute autre sorte de malaise. Et elle savait parfaitement qu'il s'amuserait de la situation, en profiterait pour faire plus de remarques désobligeantes à son sujet ou la taquinerait jusqu'à ce qu'elle le frappe encore. Mais elle devait lui expliquer, afin qu'il comprenne à quel point la relation qu'Anaïa et Kylian entretenaient pourrait leur porter à tous préjudice. Elle avait intercepté toutes les lettres de Ky à Anaïa jusque là, mais redoutait que sa fille ne finisse par communiquer avec le garçon d'une manière ou d'une autre... Mieux valait donc que Malefoy interdise à son fils la moindre lettre de son côté également.
« Ils espéraient nous pousser dans les bras l'un de l'autre. »
Drago arrêta même de respirer et se figea dans une expression de stupeur presque comique. Puis, au bout de huit secondes exactement, il éclata de rire. Un réel éclat qui enfla dans le bureau et attira un léger sourire à Hermione. Elle ne l'avait jamais vu rire en vérité, sauf pour se moquer, et son rire réel était bien différent. Elle le trouva presque attendrissant. Puis le nom « Drago Malefoy » s'associa au mot « Attendrissant » et elle se flagella mentalement. Drago passa nerveusement ses longs doigts dans ses cheveux qu'il repoussa vers l'arrière avant de mordiller sa lèvre inférieure.
« Toi et moi ? Nous deux ? Ensemble ?
-Oui, acquiesça-t-elle en levant les yeux au ciel pour prouver qu'elle aussi trouvait cela parfaitement ridicule.
-Nous deux en couple ?
-Toujours oui.
-Par le caleçon de Merlin, ce n'est même plus avoir de l'imagination à ce rythme là. Ils ont dû se prendre un sacré coup sur la tête ! Je ne pourrais jamais… »
Il s'interrompit avant de dire une bêtise, mais elle conclut mentalement sa phrase de plusieurs manières différentes : « jamais coucher avec une Sang-de-Bourbe », « jamais aimer une femme aussi moche »… Il allait forcément dire quelque chose de cruel, mais elle s'en moquait, puisqu'elle n'aurait « jamais pu sortir avec un arrogant serpent ».
Elle baissa les yeux vers la paperasse qui s'accumulait sur son bureau et il eut l'impression qu'elle s'attendait à ce qu'il parte désormais, comme si cette explication était suffisante. Il trouvait bien évidemment l'idée de Ky et Anaïa totalement surréaliste, mais se doutait qu'ils puissent s'en rendre compte par eux-mêmes. Il ne voyait pas l'intérêt de leur interdire le moindre contact juste pour cette raison.
« Granger, tu sais qu'ils finiront nécessairement par se revoir, pas vrai ?
-Tu as dit toi-même qu'ils cesseraient de se parler à leur entrée à Poudlard.
-En effet. Dans deux semaines. Pas maintenant. Peut-être pourrions-nous les laisser profiter de…
-Non. La dernière fois qu'on les a laissé profiter, j'ai fini avec ta langue dans ma bouche et toi avec mon genou sur tes parties génitales. Un résultat guère apprécié, ni par moi, ni par toi me semble-t-il. »
Il s'adossa plus confortablement à son fauteuil et pressa soigneusement ses lèvres, exactement comme –elle s'en souvenait brusquement– lorsqu'il s'était séparé d'elle après leur baiser. Comme s'il éprouvait ainsi à nouveau cette sensation. Les battements de son cœur s'accélérèrent dans sa poitrine, mais elle évita d'y penser. Hélas, une légère rougeur la trahie et il étouffa un rire.
« Granger, mon prochain baiser sera si mémorable qu'on évitera la seconde partie, tu sais ?
-Il n'y aura pas de prochain baiser.
-Je peux te jurer que si. »
Elle réalisa qu'il ne plaisantait pas et jeta un rapide coup d'œil à sa baguette dont la présence la rassurait énormément. Elle n'hésiterait pas une seule seconde à lui jeter un sort horrible si elle pouvait l'empêcher de poser à nouveau la main –enfin, la bouche– sur elle. Mais elle n'eut pas le temps d'imaginer ce qu'elle pourrait faire qu'il se levait déjà, un immense sourire plein de promesses collé au visage. Il se dirigea sans attendre vers la porte et posa la main sur la poignée. Elle était soulagée de comprendre qu'il s'en allait –enfin !– mais il se retourna pour lui lancer un dernier vœu :
« Je suis certain qu'on se reverra, Granger. Bien plus vite que tu ne l'imagines. »
Menace. Menace qu'Hermione prit très au sérieux alors que Drago quittait les lieux, d'une démarche bien plus sûre que lorsqu'il y était entré. Elle avait eu raison de craindre de lui dire la vérité. Il trouvait la situation qui l'oppressait particulièrement amusante, comme une sorte de jeu. Un jeu auquel –elle se le promit– il jouerait seul.
Anaïa était installée dans la cuisine du Terrier, lieu qu'elle considérait depuis longtemps comme sa seconde maison. Elle y avait passé tant de journées dans sa vie qu'elle en connaissait chaque recoin poussiéreux, chaque chambre qui –figée dans le temps– exposait encore les affaires d'enfants partis depuis longtemps.
Assise sur l'une des nombreuses chaises, elle écoutait distraitement la radio magique qui diffusait de vieilles chansons que sa grand-mère Molly connaissait par cœur. Cette dernière chantonnait sans s'en rendre compte tout en préparant le repas du soir. Il n'était encore que quinze heures, mais Molly avait l'habitude de s'y prendre à l'avance et de cuisiner assez de nourriture pour un régiment.
Anaïa l'observait de temps en temps et proposait son aide, mais sa grand-mère aimait s'occuper de ces choses là toute seule, sauf lorsqu'il y avait quelque chose à mélanger à la main. La fillette adorait mettre les mains dans la pâte de certains gâteaux et Molly n'aurait jamais osé la priver de ce plaisir. Ainsi, lorsque vint le moment de préparer le dessert, Anaïa se hissa sur ses jambes et saisit l'un des tabliers de cuisine qui lui arrivait aux genoux pour mettre la main à la pâte.
Tout en malaxant les nombreux ingrédients, les bras plongés dans un énorme plat, l'enfant pensait à sa mère, qu'elle avait une fois de plus quitté sans un baiser le matin même. Elle lui en voulait toujours, aussi fort que possible, mais son cœur de petite fille aurait voulu pouvoir lui faire la tête et avoir des câlins quand même.
Elle y réfléchissait encore quand la porte d'entrée fut violemment rabattue contre le mur. Elle sursauta et sa grand-mère rouspéta, mais les trois enfants bruyants qui venaient d'apparaître s'en moquaient cruellement. Leurs vêtements étaient marqués de tâches de boue et d'herbe, et leurs tâches de rousseur étaient presque entièrement dissimulées derrière un masque de terre, malgré la pluie battante qui aurait pu les rendre un peu plus propres.
Molly fit disparaître les traces qu'ils laissaient sur leur passage alors que les trois garnements s'asseyaient à leur tour autour de la table en parlant à haute voix, évoquant leur « super partie de Quidditch » à laquelle ils n'avaient évidemment pas convié leur cousine. Anaïa les observa longuement en continuant à pétrir la pâte, constatant pour la millième fois au moins à quel point ils se ressemblaient.
Freddie, le plus grand, avait deux années de plus qu'elle, et se plaisait depuis toujours à l'embêter, parfois trop brutal dans ses jeux. Fils de George et d'Angelina Johnson, il adorait le Quidditch et était déjà dans l'équipe de Gryffondor en tant que batteur –il avait d'ailleurs la carrure parfaite pour ça.
Les faux jumeaux de Bill et Fleur Delacour, Charlotte et Chase, avaient dix ans et n'entreraient à Poudlard que l'année suivante, même s'il ne faisait aucun doute qu'ils seraient tous les deux à Gryffondor. Comme tous les Weasley…
Anaïa sentit brusquement les mains de sa grand-mère se poser sur les siennes et elle leva les yeux pour croiser son sourire, celui qu'elle ne réservait qu'à elle. Molly avait beau aimer tous ses petits-enfants, il était plutôt clair qu'elle avait sa petite protégée –la seule qui, alors que tous mettaient le bazar dans la maison, restait tranquillement assise et lui tenait compagnie.
« Tu vas finir par faire de la pâte à crêpe si tu continues comme ça. Je crois que c'est bon, tu peux aller te laver les mains. »
Anaïa acquiesça en s'éloignant du bol. Et allait s'approcher de l'évier quand un pied apparut devant le sien. Elle s'étala de tout son long, amortissant heureusement sa chute en appuyant ses mains couvertes de farine et d'œufs sur le sol. Elle entendit Molly crier avant de rouvrir les yeux –qu'elle avait instinctivement fermés en voyant le sol s'approcher. Un peu tremblante, ses genoux douloureux, Anaïa se redressa, les joues brûlantes de honte. Elle aurait voulu aller chercher sa baguette dans son sac à dos –elle ne la quittait plus depuis qu'elle l'avait achetée– et lancer un sort à sa maudite cousine qui avait au moins la courtoisie de paraître gênée. Mais Anaïa ne connaissait aucun sortilège, et utiliser la magie lui était encore interdit : elle prendrait son mal en patience, mais sa vengeance serait terrible.
« Charlotte Lys Weasley ! Tu n'as pas honte ? Qu'est-ce qu'Anaïa a bien pu te faire pour mériter ça ? »
Anaïa connaissait la réponse à cette question. Elle ne leur ressemblait pas. Elle aimait peut-être grimper aux arbres, jouer au Quidditch avec Cameron ou Logan –quand celui-ci se sentait d'humeur à s'amuser avec les plus petits– et même faire des farces aux plus jeunes de la famille… Mais elle n'appréciait pas de rentrer couverte de boue, de manger comme un ogre, ou de se prendre des coups juste pour rire.
Plus petite, elle s'était mise à se défendre, à griffer, pincer, tirer les cheveux ou même mordre. Elle se rappelait encore d'avoir craché au visage de Charlotte lorsque cette dernière lui avait mis « accidentellement » une boulette de purée dans la capuche de sa cape. Elle avait été privée de sucrerie pendant près d'un mois après ça, mais elle ne le regrettait pas. Vilain petit canard, elle avait dû apprendre à attaquer avant de l'être. Elle savait pertinemment qu'elle n'arrangeait rien, que les petites blagues sans conséquences auraient pu être oubliées avec le temps si elle n'avait pas commencé à répliquer, mais désormais, il n'y avait plus de retour en arrière possible.
Leurs parents avaient bien tenté de réparer la situation, de gronder leurs enfants lorsqu'ils agissaient mal, mais plus rien ne fonctionnait désormais. Ils étaient en guerre. Une guerre dans laquelle Anaïa se retrouvait un peu seule sans la présence réconfortante de Cameron. Mais une guerre qu'elle comptait bien emporter.
Alors, avec la ferme intention de faire punir sa cousine, elle se mit à pleurer –des sanglots sans larmes néanmoins. Elle dissimula son visage entre ses paumes et secoua les épaules pour faire plus vrai, alors que les cris de sa grand-mère contre Charlotte redoublaient de volume.
« Mais elle n'a même pas mal ! s'écria Freddie en bousculant sa chaise, parfaitement conscient qu'Anaïa n'avait rien. Elle fait semblant, grand-mère ! »
Molly n'en crut apparemment pas un mot et leur ordonna d'aller se changer en attendant que leurs parents rentrent. Elle les gronda jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans la salle de bain en rouspétant et accusant Anaïa de tous les maux du monde. Puis, elle se tourna vers la dernière et poussa un soupir, ne pouvant retenir un sourire.
« Cesse de jouer la comédie, Ana. J'ai élevé des enfants bien avant que tu viennes au monde et je sais très bien faire la différence entre de vrais pleurs et des faux. »
Anaïa enleva ses mains de son visage en mordillant sa lèvre inférieure, craignant de devenir la nouvelle cible de sa grand-mère qui détestait les mensonges et les faux-semblants. Étonnamment, la vieille dame n'était pas en colère, juste vaguement amusée par cette capacité qu'avait sa petite-fille à tourner chaque événement à son avantage.
« Et si tu allais te laver les mains avant de m'aider à faire la vaisselle ?
-Tu ne vas pas me crier dessus ? s'étonna Anaïa.
-Bien sûr que non. File avant que je change d'avis. »
Ana,
C'est la troisième lettre que je t'envoie vu que tu ne me réponds pas… Je ne sais pas si tu as lu les deux autres. Mais tant pis, je me répète. Je suis allé jusqu'à la cabine de téléphone dimanche, et tu n'as pas répondu à mes appels. Ta mère a intercepté le téléphone ? J'ai attendu pendant au moins une heure…
Je ne sais pas ce que mon père a fait à ta mère exactement, mais il va essayer d'arranger les choses, il l'a promis ! J'espère que ce n'est pas pour ça que tu m'en veux, et que tu voudras bien au moins me répondre pour expliquer ce qu'il se passe ? On pourra rester amis, tu sais, même si nos parents ne s'aiment pas… Enfin, moi, je pense comme ça.
Je vais à la librairie aujourd'hui, et je tenterais de t'appeler en rentrant –la cabine est sur ma route. Alors réponds-moi !
Ky.
Anaïa séchait la dernière assiette à la manière moldue lorsque la cheminée crépita dans le salon. Elle tendit le cou pour voir qui arrivait par le réseau, mais déjà ses cousins quittaient la salle de bain en riant et se poussant, avant de se ruer vers la pièce d'à-côté pour accueillir le nouvel arrivé. Anaïa rangea soigneusement l'assiette avant de les suivre –à quelques mètres par mesure de sécurité.
Son cœur se serra lorsqu'elle croisa le regard qu'elle connaissait et craignait à la fois. Son père. Ron se figea une seconde en la voyant, avant de reposer sur ses lèvres un sourire de circonstance. Gabrielle apparut brusquement derrière lui, Ashton dans les bras, et Anaïa fut prise d'une envie de filer le plus loin possible. Elle se retint en sentant les mains de sa grand-mère se poser sur ses épaules.
« Ron, que se passe-t-il ?
-Rien, maman, s'esclaffa Ron, agité depuis l'apparition d'Anaïa. Je ne savais pas que j'avais besoin de raison pour venir te voir… »
Molly secoua la tête en rétorquant qu'il n'en avait évidemment pas besoin avant d'aller l'embrasser chaleureusement. Elle enlaça également Gabrielle comme si elle ne l'avait pas vue depuis des siècles, avant d'offrir toute son attention à son dernier petit-enfant. Anaïa baissa les yeux vers le sol pour ne pas la voir chouchouter ce maudit bébé, verte de jalousie, et elle entendit Freddie rire à côté d'elle, comme s'il lisait dans ses pensées.
Elle lui jeta un coup d'œil et aperçu son sourire des mauvais jours, celui qu'il n'accordait qu'à elle –et à Cameron quand celui-ci la défendait. Elle sut qu'il allait dire quelque chose de méchant avant même qu'il n'ouvre la bouche. Elle le pressentait toujours, quand les choses horribles lui tombaient dessus –ce qui rendait la situation encore pire, puisqu'elle l'appréhendait.
« Tu vois, Ana… Ashton, lui, c'est vraiment un Weasley. Comme nous. Et pas comme toi. On s'en est tous rendu compte. Mamie Molly aussi y viendra. »
Cruauté.
Anaïa entendit son cœur battre contre ses tempes, résonnant dans tout son corps. Le bruit de sa respiration envahie sa tête. Ses mains se mirent à trembler. Elle sentait qu'elle allait pleurer, et pas question d'accorder assez d'importance à ce crétin pour lui offrir la moindre larme.
Elle reporta son attention vers son père, concentrant tous ses efforts pour ne pas fondre en larmes, mais elle tomba sur Molly qui embrassait tendrement Ashton. Alors, un doute s'infiltra dans son esprit. Et si Freddie avait raison ? Et si Molly ne l'aimait plus en découvrant à quel point Ashton ressemblait plus à ce qu'elle devait attendre de ses petits-enfants ? Et si…
Une larme dévala sur sa joue. Charlotte pouffa.
Trop.
Anaïa n'eut pas le temps de réfléchir. Elle se rua sur son sac à dos qu'elle hissa sur ses épaules et se précipita vers la cheminée, échappant à la poigne de son père, n'écoutant pas le cri de sa grand-mère qui lui ordonna de rester. La poudre de cheminette tournoyait toujours dans l'âtre, vestiges du voyage effectué quelques minutes plus tôt, et elle sut que cela suffirait.
Elle pouvait aller n'importe où. Mais savait déjà où ses pas la conduiraient. Vers le seul endroit où personne, hormis sa mère, n'aurait jamais l'idée de la chercher.
Note _ Non, Anaïa ne veut pas tuer sa mère, je vous le jure... (Quoi que.)
Petites questions _ 1. Mais où va donc Ana ? -suspens... OuPas. ; 2. Que pensez-vous donc de Jack ? (Habituez-vous à le voir dans le coin mesd'moiselles) ; 3. Pensez-vous que Drago va perdre la boule tellement il n'en revient pas qu'Hermione ne se prosterne pas à ses pieds pour le vénérer après le baiser ? (Nan, mais ce type est barge hein xD) ; 4. Que pensez-vous des mioches Weasley (l'emploi du terme "Mioche" devrait vous suffire à comprendre ce que moi j'en pense !) ? ; 5. Puisque Loufoca a lancé le concept en me commentant mon chapitre, qui mérite le titre du Parent de l'année selon vous ? (Elle vote Drago, ouais ouais :P) & 6. Ce chapitre vous a-t-il plu ?
Dans le prochain épisode _ Hermione qui pense de plus en plus sérieusement à envoyer sa fille dans un couvent -mais non, je déconne :P ; Drago qui retire son caleçon (XD nan, mais nan, rOh ! bande d'obsédées !) ; du Drago-Anaïa -certains l'attendaient ! ; et... quelque chose qui commence par un I. :D
Petite annonce _ Je vends une... Nan, je plaisante. xD En fait, je vous ai dis la semaine dernière que j'avais attaqué une nouvelle Dramione. Et bien, je l'avance bien... Très bien même. Pour tout vous dire, je suis en plein chapitre 9 -j'ai déjà dit que j'étais une tarée, bah là vous voyez à quel point. Du coup, puisque je ne peux consciemment par torturer Loufoca davantage (xD Tu m'dis si je me trompe Loufoca, mais te faire corriger 2 fics à la fois, tu vas finir par me détester...) je rechercherai donc une bêta-reader pour cette histoire là exclusivement. Quelqu'un de super méga doué en correction de fautes idiotes & qui a l'oeil donc. En clair, je cherche une Loufoca-Bis :P Si vous êtes intéressé, vous pouvez me le dire dans un review ou par MP. ^^
Bisous bisous, Review Review
Bewitch_Tales
