NdlA : Bonjour ! Tout d'abord les remerciements :
Shini Jez : Comme toujours, je peux toujours compter sur toi pour me débloquer, XD !
Chloe : Merci beaucoup pour ton gentil commentaire ! Voilà la suite.
Yamamura : OMG, toutes ses reviews, XD ! Merci merci
Et enfin Arkaline : Tu sais déjà combien tes commentaires m'ont fait plaisirs ! Merci beaucoup et voilà la suite.
Ensuite, le chapitre. Il ne faisait qu'un avec le suivant qui est en cours et que vous devriez avoir sous les quatre jours (peut-être moins) qui suivent. Hélas, il est trop long et je ne veux surtout pas bâcler le prochain chapitre, d'où la coupure. Sur ce, je vous laisse en vous souhaitant une bonne lecture.
Chapitre 6 : Discussion nocturne et percée.
Il était 21 heures et Shimotsuki Mika traversait d'un pas lent le jardin qui se trouvait devant les bureaux de la DCPJ.
Après avoir quittés ses collègues, la jeune femme avait décidé sur un coup de tête d'accepter la proposition à dîner de son nouvel ami l'aubergiste. Côtoyer de nouvelles personnes lui changerait les idées et elle en avait grand besoin. Ce nouveau travail était certes, une aubaine pour la jeune campagnarde et elle voulait faire ses preuves, mais il c'était aussi, un dur labeur.
Dur dans le sens physique, puisqu'elle n'avait à proprement parler pas d'horaires fixes et pouvait être appelée à tout moment, mais surtout dur d'un point de vue psychologique, étant donné la société dans laquelle ils vivaient. Lors des présentations avec ses collègues, ainsi que durant sa brève discussion avec Tsunemori-san, Mika avait senti que l'inspectrice en chef prêtait attention à la moindre de ses réactions. Commençant à cerner sa sempai, la brune supposait que Tsunemori-san avait dû craindre que le passé de Ginoza ne vienne altérer l'opinion que Mika se ferait de son nouveau partenaire, ce qui n'avait pas été le cas.
La nouvelle inspectrice de l'unité une était quelqu'un d'avenant et souriante, mais qui aimait aussi s'enfermer parfois dans sa tête, pour réfléchir à des sujets sur lesquels la majeure partie des gens ne se posaient pas de question. Son intégration à la DCPJ n'y avait pas fait exception, ce qui était tout de même compréhensible, lorsqu'on connaissait bien Mika. Curieuse de nature, la jeune diplômée s'était, sitôt son assignation confirmée, plongée dans des recherches sur le département : Le rôle du département dans la société, la composition de sa hiérarchie, les infrastructures qui leur étaient dédiées, ainsi que tous les moyens qui leur étaient alloués pour faire régner le calme et la justice dans ce monde aux apparences parfaites.
Parfait en apparence, car un monde sans inégalités était une utopie, et que si leur société était devenue un modèle mondial, il n'en restait pas moins que la médaille avait un revers bien sombre, d'après la jeune femme, qui prenait l'ascenseur pour retourner voir si Karanomori-san et Kunizuka-san étaient disponibles pour quelques recherches auxquelles elle avait pensé pendant le dîner. Avoir vécu à l'étranger durant sa prime jeunesse avec ses parents lui avait permit de découvrir d'autres cultures, différente de ce qu'elle avait connut à la suite du décès de son père, et si ces cultures étaient différentes, il y avait du bon et du mauvais dans chacune d'elle.
Ce que Mika n'aimait pas dans celle-ci, c'était la tendance générale des habitants de ce pays à porter des œillères pour ne voir que ce qu'elles voulaient bien voir et surtout ne pas assombrir leur sacro-saint psycho-pass. Mais après tout, qu'est-ce que le psycho-pass ? Est-ce le véritable état d'esprit de la personne qui le possédait ? Est-ce que la nature, la détermination d'une personne ne comptait pas plus dans la définition de l'individu que cette lecture numérique de données par des machines sans âmes ? En quoi le fait d'envoyer des jeunes filles dans des écoles isolées du reste du monde pourrait les protéger du monde extérieur ? De la peine ? De la peur ? De tous ces sentiments négatifs, mais ô combien humains qui poussait fatalement un psycho-pas robuste à verser dans les ténèbres ?
La jeune femme avait longuement réfléchit à la question durant ses longs après-midi solitaires passés à l'académie Ôsô après le meurtre de ses deux amies. Isoler les gens en les entourant d'ouate ne les protégeait pas, au contraire. Pour preuve, la théorie de l'évolution. Les humains étaient devenus l'espèce dominante sur Terre grâce à leur incroyable capacités d'évoluer en fonction de leur environnement, cela avait été la loi du plus fort et les humains étaient sortis victorieux de la bataille grâce à leur instincts de survie et les restes des instincts de chasseurs qu'ils avaient hérités de leurs ancêtres. Mika était sure que si ceux qui les avaient précédés pouvaient cohabiter dans la même ère qu'elle, ceux-ci seraient déjà tous sous les barreaux ou six pieds sous terre.
C'est pourquoi, lorsqu'elle avait vu le pourcentage d'inspecteurs de la DCPJ qui sombraient pour devenir Exécuteurs, elle n'en avait pas été étonnée outre mesure. A trop pourchasser la folie, il vient un moment où fatalement, le chasseur devient gibier, c'était inéluctable. De ce fait, pour Shimotsuki-san, devenir exécuteur était la suite logique de tout policier ayant un minimum de conscience professionnelle, le temps que la personne mettait à couler dépendait entièrement de la nature de la personne ainsi que sa force de caractère. Ginoza-san s'était battu farouchement, mais la noirceur de ses proies avaient finit par imprégner son cœur et la mort de son père sous ses yeux n'avait fait que lui donner le coup de grâce.
Non, elle ne lui cherchait pas des excuses, car il n'était pas obligé d'être aussi condescendant avec elle, se disait la jeune femme qui était à présent assise à son bureau et regardait son écran, le regard vide. En jouant avec un stylo, la jeune femme se demandait vaguement pourquoi elle s'énervait bêtement à penser à son collègue de travail si horripilant au lieu de travailler sur l'affaire qui les occupait. Malgré l'envie de penser à autre chose, la jeune femme rendit les armes et décida d'analyser les raisons qui faisaient qu'il l'énervait afin de savoir comment réagir la prochaine fois.
Déjà son air de Monsieur-Je-Sais-Tout.
D'après Karanomori-san et Will-san, il avait toujours été ainsi, alors comment Tsunemori-san avait-elle réussi à le supporter et à s'en faire accepter et respecter ? Mika était douée pour jauger les gens et elle sentait que sous son doux sourire et son caractère calme et conciliant, son aînée cachait un tempérament de feu, ce qui avait du aider pour dompter l'animal qui lui servait de coéquipier. Question caractère, la brune n'était pas en reste, donc elle se faisait confiance pour ne pas se laisser marcher sur les pieds par l'ex-inspecteur.
Ensuite, sa manière de la regarder par dessous ses cils, comme s'il observait un insecte sous un microscope pour voir si elle s'avérerait intéressante ou non.
C'est vrai, quoi ! Elle n'était pas une bête de foire... Mika soupira.
Pour dire la vérité, elle trouvait qu'il avait de beaux yeux et sa façon de la détailler la déstabilisait, c'était pour cela que ça l'énervait. Elle avait laissé échapper cette confession embarrassante durant le dîner avec Toshi-san et Harold-san, qui avaient éclatés de rire après avoir échangé un regard entendu. La mine bon enfant, Toshi-san lui avait sourit de toutes ses dents avant de lui dire que si ça l'embarrassait à ce point, le sieur en question devait sûrement s'en être déjà rendu compte et devait en jouer à outrance pour avoir le dessus, ce qui avait outré la jeune femme sous l'œil hilare du nouveau cuisinier de Toshi-san.
Celui-ci lui avait ensuite proposé à la jeune femme de lui rendre son regard, mais Mika avait refusé tout net : Il n'en était pas question. On pourrait se méprendre sur ses intentions et elle ne voulait pas prêter le flan aux ragots. Toshi-san avait alors dit que la meilleure façon de le pousser à perdre cette habitude, était de le défier et de le battre, ce qui signifiait pour Mika, un duel de regard qu'elle avait bien l'intention de gagner coûte que coûte, se disait-elle en serrant le poing d'un air déterminé.
« Si tu veux vraiment casser ce crayon en deux, je t'assure que tu es sur la bonne voie, l'informa Kunizuka-san laconiquement, ce qui fit sauter Mika au plafond.
— Kunizuka-san ! s'exclama la jeune femme prise sur le fait, en replaçant le crayon dans sa boite avec empressement qui fit hausser le sourcil à son interlocutrice. Qu'est-ce que vous faites ici si tard ? demanda encore Mika avant de se mordre la langue pour sa curiosité.
— Je revenais de la cafeteria quand j'ai senti une aura meurtrière émaner de notre bureau par la porte entrouverte, répondit Yayoi, pince-sans-rire. Et laisses tomber le -san.
— Ah... Désolée, s'excusa Mika qui se demandait si Kunizuka était sérieuse, en parlant de sentir son aura meurtrière. Mais elle préféra ne pas demander, car elle n'était pas vraiment sure de vouloir connaître la réponse.
— Et toi, qu'est-ce que tu fais là? Je pensais que tu étais rentrée, ou encore à ton rendez-vous ?
— Et bien, ce n'était pas vraiment un rendez-vous, c'était seulement un dîner avec des amis, expliqua Mika en mentant à moitié. Et puis... je ne suis pas fatiguée, donc je pensais revenir et travailler un peu, poursuivit-elle en baissant les yeux.
— Dis plutôt que tu ne veux pas aller te coucher de peur de voir les corps de ces pauvres femmes en rêves, hein ? corrigea Yayoi que le visage de Mika n'avait pas convaincue et qui était maintenant rose de honte. Tu n'as pas à avoir honte, on est tous passés par-là, la réconforta Yayoi placidement.
— Tsh, même monsieur Parfait ? laissât échapper la jeune brune avant de faire une grimace comique. Oubliez, je suis un peu perturbée, s'excusa encore Mika en maudissant intérieurement sa manie de parler à tort et à travers lorsqu'elle était préoccupée.
— Monsieur Parfait a réussi à les exorciser... Un temps, lui répondit Yayoi sans tenir compte de ses dernières paroles. Moi pas, mais Akane pourrait peut-être te dire comment elle fait, l'informa Yayoi qui se mit à la dévisager un long moment avant de reprendre. Puisque tu ne veux pas dormir, que dirais-tu de te faire une soupe aussi et de te joindre à Shion et moi pour manger et travailler un peu, proposa-t-elle.
— Merci, j'ai déjà mangé, mais je veux bien me joindre à vous pour travailler. Enfin, seulement si je ne dérange pas... bredouilla Mika avant de se mordre la langue.
— Ne t'inquiètes pas, ironisa Yayoi en lui tournant le dos avant de terminer. Shion et moi savons nous tenir devant les invités »
Une fois de plus Mika se traita de tous les noms in petto, avant d'emboîter le pas à l'exécutrice.
_T_T_
Quelques minutes plus tard, Mika s'était retrouvée assise sur le canapé du bureau de Karanomori-san armée d'un pot de glace à la vanille King size, par elle ne savait quel maléfice. Enfin, si, elle le savait. A peine avait-elle passée le seuil du bureau que l'analyste l'avait accueillit avec bonne humeur et l'avait invité à se joindre à leur repas avant que Kunizuka ne l'informe qu'elle avait déjà dîné. La blonde ne s'était pas laissée démonter et était allée chercher un pot de glace dans son frigo avant de le lui planter dans les mains avec l'assurance que Mika en mangerait au moins un peu. Mika, quant à elle, en était encore à regarder le pot de glace d'un air interdit, quand Shion, impatiente, la tira de ses pensées.
« Tu n'aimes pas la vanille ?
— Euh, non ce n'est pas ça, c'est que...
— Tu n'aimes pas la glace ? Demanda Kunizuka.
— Si, mais pas à 22 heures, c'est tout, s'expliqua la brunette.
— Allons, ne dis pas de bêtises, se moqua la blonde. Tout le monde aime la glace, peu importe l'heure. C'est le meilleur remède contre les soirées maussades, termina la compagne de Kunizuka alors que Mika renonçait officiellement à essayer de comprendre cette femme. Tu es venues pour travailler, c'est ça ? demanda-t-elle encore à l'inspectrice, mais ce fut sa moitié qui répondit.
— Je l'ai trouvé en train d'essayer d'étrangler un crayon au bureau, alors je me suis dit qu'elle pouvait aussi bien venir nous donner un coup de main, raconta Kunizuka avant de se concentrer sur sa soupe aux fruits de mers.
— Quelle bonne idée, s'exclama Shion. Bien ! Commençons !
— Vous aviez vraiment l'intention de travailler tard, ce soir, Karanomori-san ? La coupa Mika qui ne voulait pas déranger et prit une cuillère de glace sous le regard menaçant de la blonde, pour faire preuve de bonne foi.
— Et bien, je vis quasiment ici, et Yayoi habite dans cet immeuble, donc oui, on pensait faire quelques recherches. On ne sait jamais, on pourrait tomber sur quelque chose... expliqua Shion qui se renfonça dans son siège en soupirant avant de faire un sourire en coin en voyant que l'inspectrice replongeait sa cuillère dans le pot de glace, l'air pensif.
— Comment aviez-vous l'intention de procéder, Karanomori-san ? demanda Mika, avec curiosité.
— Et bien j'ai déjà lancé quelques recherches générales avec ce que vous m'avez demandé tout à l'heure. A savoir, un duo Jeune homme – Homme d'âge mur qui auraient fréquentés en même temps, ou à intervalle réduits les même centres, mais le nombre de personnes qui correspondent à ces critères est extrêmement élevé, se désespéra la blonde.
— Dans ce cas, il faut réduire le rayon des recherches, annonça Mika.
— Comment tu fais ? Lui demanda Yayoi qui avait fini sa soupe, réellement curieuse.
— J'ai lu pas mal de livres qui sont maintenant interdit à la vente et qui ont été retirés des librairies, commençât Mika avant de se faire interrompre.
— Quels genres de livres ? Demanda avidement Shion.
— Profilage, indiqua Yayoi. Lors de l'avènement du système Sybille et des lecteurs de psycho-pass, ils ont fait retirer tous les livres traitant du sujet de la vente, possession et des locations. Maintenant, les seuls autorisés à en lire sont les exécuteurs et on y a pas accès tant que l'on est pas passé au-delà du grade deux, récita Yayoi à l'intention de Shion avant de s'adresser à Mika. J'ai reconnu quelques théories de profilage dans ton hypothèse de tout à l'heure.
— Grade deux ? Releva Mika. Je n'ai rien lu sur cette histoire de grades. Les exécuteurs ont donc des grades entre eux, alors ?
— Bien sur, expliqua Yayoi calmement. Même dans une meute, il y a une hiérarchie : Tu as les chiens qui ont un bon odorat et les loups, qui ont en plus, l'instinct de la chasse, si je puis dire.
— Vous êtes à quel grade, Kunizuka-san ? Demanda curieusement Mika, qui était captivée par ce qu'elle venait d'entendre.
— Grade deux, dit simplement Yayoi.
— Wow...murmura Mika, impressionnée.
— Tu as ensuite les grades trois et quatre, l'informa Shion avec un sourire.
— Trois et quatre? S'étonna la brune.
— Oui, approuva Yayoi. Grade trois, ce sont les loups qui doivent être fermement tenus en laisse et toujours sous surveillance.
— Et le quatre ?
— Ceux-là... Ils sont enfermés dans la prison d'état avec criminels les plus dangereux. La plupart d'entre eux sont des personnes qui ont développés un besoin viscéral de vengeance et qui ont une vision personnelle de ce que devrait être la justice. Ce sont des justiciers qui n'ont ni foi, ni loi, poursuivait Yayoi, en tapotant son communicateur. En d'autres temps, ils étaient des héros, mais dans notre époques, ils sont traités comme des criminels de guerre, termina-t-elle en se mettant à l'aise dans le canapé pendant que Shion regardait toujours Mika.
— Tous les exécuteurs finissent un jour par devenir des grades deux, l'expérience et la pratique les font évoluer naturellement, expliqua Shion, qui pris le relais. Par contre, pour être un grade trois, il faut avoir du nez et savoir s'y fier. Quand au grade quatre, il n'y en a pas beaucoup, car d'après les dernières études, il faut avoir une prédisposition psychologique spéciale et très rare pour réussir à créer un exécuteur de ce grade.
Mika buvait les paroles de ses collègues, fascinée. Et évidement, elle se demandait quel aurait été son grade à elle, lorsque Shion la devança encore une fois.
— Yayoi est grade deux parce qu'elle est devenue criminelle latente à cause de sa passion pour la musique et le message qu'elle voulait apporter au monde qui n'était pas au goût de la Sybille, l'informa la blonde. Ginoza, lui, est encore un grade un qui ne le restera pas longtemps car il est très intelligent et est un excellent stratège, soupira-t-elle en inspirant une bouffée de fumée d'une cigarette que Mika ne l'avait même pas vue allumer, tellement absorbée par le sujet de leur conversation. Avant que tu n'arrives, nous avions trois autres exécuteurs dans notre unité : Kôgami, le partenaire d'Akane-chan, Masaoka, le père de Ginoza et un petit jeune, Kagari.
— Kagari et moi étions de grades deux, à ce moment-là et Masaoka, lui était de grade trois... racontait Yayoi, le regard perdu. Lorsque Kôgami, le partenaire d'Akane, a perdu son statut d'inspecteur et est devenu exécuteur, il est passé presque instantanément en grade trois, indiqua Yayoi avant de se tourner vers elle pour la regarder droit dans les yeux. Comme tu le feras un jour ou l'autre, affirma Kunizuka-san d'une voix qui donna des frissons à Mika.
— Allons, allons, Yayoi. Pas la peine de lui faire peur comme ça, gronda Shion. Ceci dit, Mika-chan, ils te disaient quoi, ces livres ?
Mika était reconnaissante envers Shion-san de tenter de détendre l'atmosphère de la pièce, mais la jeune femme tenait à éclaircir un certain point avant de poursuivre.
— Je n'ai pas peur de devenir criminelle latente et pour dire la vérité, je suis surprise de ne pas déjà l'être, annonça Mika en souriant. Lors du deuxième incident de l'académie Ôsô, où l'on s'est rencontrées vous et moi Kunizuka, mon psycho-pas avait déjà été gravement affecté, mais je m'en suis remise et ai décidé d'utiliser mon sursis pour me trouver une place d'où je pourrais éviter à d'autres jeunes filles ce que l'on a vécut, mes amies et moi, jura la jeune femme. Je vous épargnerais ma philosophie, mais franchement, peu m'importe de devenir criminelle latente si je peux empêcher un autre taré de trucider des gens sous les yeux d'autres qui resteront marqués à jamais, asséna fermement Mika en espérant s'être bien fait comprendre.
Shion et Yayoi se regardaient, un air entendu sur le visage. Mika allait leur en demander la raison lorsqu'une voix grave lui parvint de l'entrée.
— Décidément...Le bureau embauche vraiment n'importe qui, ces temps-ci, regretta une voix que Mika espérait ne plus entendre de la journée. Cela dit... la première personne à m'avoir dit ça est maintenant inspectrice en chef alors que je suis devenu un simple exécuteur de grade un, ironisa Ginoza avant de prendre place aux côtés de Yayoi pour croiser jambes et bras avant d'adresser un demi sourire moqueur à Mika qui eût immédiatement envie de l'étrangler. Mais bon, il faut croire que ça marche, termina-t-il.
— Tu en as mit du temps, pour nous rejoindre, bougonna Shion en se tournant vers ses écrans. J'ai cru que tu allais prendre racine à la porte.
— Je ne voulais pas interrompre Shimotsuki Mika-san, rétorqua Ginoza en riant intérieurement devant le visage furibond de la demoiselle. Vous avez de la glace sur le nez, Miss, indiqua le brun en reportant son attention sur l'écran. Vous parliez de profilage et ça m'intéresse. Poursuivez, je vous en prie.
Mika respira profondément afin de retenir la réplique bien sentie qu'elle avait sur le bout de la langue. Il avait l'air de ne pas vouloir partir, elle devrait donc faire avec. S'il ne voulait pas partir, il avait intérêt de coopérer, car il était de loin en infériorité numérique. Elle sourit à Shion avec confiance et celle-ci reprit le récit de ses recherches pour le bénéfice du brun.
— Lorsque vous êtes partis, j'ai commencé mes recherches, mais comme je le disais à Mika, le nombre des suspects potentiels est vraiment trop élevé pour que mes recherches soient utiles à quoi que ce soit. C'est pourquoi Mika se proposait d'affiner les critères de recherches en utilisant ses connaissances en psychologie criminelle. Elle sera aidée par Yayoi et toi, puisque tu es là.
— D'accord, assimila Ginoza en hochant la tête. Mika-san, un jour il faudra que...
— Ce n'est pas l'affaire qui nous occupe, tranchât Mika qui se tourna vers Shion qui affichait une mine rieuse. Donc, nous avions dit des duos d'hommes avec une différence d'âge prononcée qui fréquenteraient les même centres de soins psychologiques, récapitula-t-elle.
— Oui, mais les résultats sont trop nombreux et je n'ai aucun moyen d'affirmer que ces hommes se connaissent en dehors du centre, rageât Shion.
— Alors, il ne faut pas chercher dans ce sens, affirma Mika. Nous cherchons dans le mauvais sens en cherchant un duo, expliqua-t-elle en voyant que Shion ne la suivait pas du tout. Ce qui faut chercher, c'est la moitié du duo qui sera le plus facile à trouver.
— Le jeune, dit seulement Yayoi, approuvée par Ginoza.
— C'est lui qui a perpétré le premier meurtre et d'après la scène de crime, nous savons qu'il était inexpérimenté. Le mentor l'a pris en main après cela, donc il devait être au courant de ce qu'il avait fait, appuya Ginoza, sous l'œil rond de Mika. Moi aussi, j'ai lu des manuels de psychologie, argua-t-il à son intention. Shion, Shimotsuki a raison, le plus visible des deux sera sûrement le tueur le plus jeune. Le plus âgé l'a remarqué parce qu'il recherchait des critères précis, il faut qu'on les trouve sinon, on ne sera jamais capable de les arrêter.
— Il est jeune et a des problèmes de gestion de la colère, vu les marques trouvées sur le premier corps, repris Yayoi. Il doit par conséquent avoir un psycho-pass assez fluctuant, du fait de ses sautes d'humeurs et son âge ne doit pas dépasser les vingt-cinq ans. Les radars de rues auront sûrement enregistrés quelques chose de ce genre, termina Yayoi pendant que Shion se mettait à tapoter ses touches frénétiquement. Recherche les personnes dont le psycho-pass a joué au yoyo durant les six derniers mois, Shion. Concentres-toi sur les jeunes hommes.
Mika était d'accord avec le raisonnement de Yayoi et elle sentait qu'elles étaient sur la bonne piste. Avec Ginoza et son esprit cartésien, ce serait bien le diable, s'ils ne réussissaient pas à réduire la liste de manière satisfaisante, de manière à ce qu'ils puissent interroger un à un les suspects. Mika se concentra sur le sujet de leur conversation.
— C'est un début, même si les fluctuations de psycho-pass ne peuvent pas, à elles seules, expliquer un tel niveau de violence. Je pense que le suspect doit vouloir combler un manque dans sa vie, donc Karanomori-san, excluez les jeune hommes qui viennent de familles unie. Je mettrais ma main à couper que ce jeune homme vient d'une famille monoparentale, insista Mika sous l'air dubitatif de Ginoza, qui réfléchissait lui aussi.
— On peut aussi exclure ceux qui ont le permis, et ceux qui vivent et travaillent à plus de cinq kilomètres des lieux où les animaux ont été tués.
— Doucement, doucement, marmonna Shion qui avait du mal à suivre l'avalanche de directives dont l'abreuvaient les détectives.
Mika était excitée. Pour la première fois, elle pouvait utiliser ses connaissances sur une matière dont plus personne ne voulait parler et pouvoir le faire avec des personnes douées était euphorisant. Ginoza, à son corps défendant, se débrouillait très bien, même s'il était évident qu'il n'aimait pas l'exercice, quant à Yayoi, elle scrutait la liste de suspects qui diminuait à vue d'œil comme si elle pouvait la réduire par la seule force de sa pensée. Mais malgré cela, Mika trouvait qu'il en restait trop pour deux équipes de deux personnes.
— Karanomori-san, si vous enlevez tous ceux qui ont un poste à responsabilité, combien restent-ils? demanda-t-elle
— Cinq, répondit avec ravissement l'analyste qui se mit à applaudir. C'est dommage qu'Akane ne soit pas là, elle aurait adoré, se désola-t-elle.
— Tiens ? Releva Ginoza, étonné. C'est vrai qu'elle n'est pas là, comment ça se fait ?
— Elle avait mal à la tête et elle a toussé tout le long du trajet depuis la scène de crime, révéla Yayoi. Je crois qu'elle a du chopper quelque chose...
— Quelle poisse, cette pauvre chérie n'a vraiment pas de chance, commenta Shion.
— Pourquoi ? Demanda Mika. On a bien avancé et elle sera contente, demain, quand elle le saura ! Supposa-t-elle.
— Oh, bien sûr que oui, qu'elle sera contente. Seulement aujourd'hui, c'est aussi son anniversaire, alors attraper un rhume, c'est ballot, expliqua Shion en se retournant vers son écran pour faire appraître cinq fenêtre présentant leurs différents suspects restants.
— La poisse, oui, commenta à son tour Ginoza sans une once de pitié. Ce sont eux ?
— Oui, répondit la blonde en lui lançant un regard mauvais par-dessus ses lunettes. Le premier, commença la blonde en mettant à l'écran une photo, s'appelle Kutama Mochi, vingt-deux ans. Il a eu son diplôme de justesse et a fait plusieurs petits boulots avant de commencer à la Sode SA depuis trois mois. Élevé par son père depuis la mort de sa mère il y a douze ans, il n'a pas le permis mais il est en train de le passer.
— Non, pas le bon, dit Mika d'une voix ferme. S'il avait encore son père à la maison, le jeune homme que nous recherchons ne se serait pas laissé approché par un autre mâle dominant, expliqua l'inspectrice.
— Mâle dominant ? répéta Ginoza, que la formulation de Shimotsuki intriguait.
— Oui, répondit Mika en cachant un sourire, l'homme fort de base, vous voyez le genre, termina-t-elle en agitant ses mains pour les inciter à passer à autre chose. Suivant ?
— Shitasia Takeyone, lut Yayoi. Vingt-trois ans, il habite chez sa mère et travaille dans une épicerie dont la propriétaire s'est déjà plaint de son comportement colérique.
— D'accord, on ira le voir demain ? Demanda Mika en consultant Ginoza du regard. On ira le voir demain, confirma Mika. Ensuite ?
— Ushito Haya, énonça Karanomori. Mais celui-là, vous pouvez le rayer de votre liste : Il s'est suicidé il y a quelques jours, les informa la blonde en ignorant les soupires qui se faisaient entendre dans la pièce. Le suivant est Kukanya...Sane et je crois que vous allez le rayer vous même de la liste.
— Pourquoi ? demanda Gino en relevant la tête de ses notes.
— Il est devenu père avant-hier, raillât Yayoi d'une voix morne.
— Zut ! s'agaça Mika sous l'œil amusé de Gino. Je veux dire, tant mieux pour lui, bredouilla la jeune femme. Mais je n'aime pas quand ma liste de suspect se réduit comme peau de chagrin, expliqua-t-elle dépitée.
— Mais j'en ai un autre qui devrait vous plaire : Osahiromo Shima, vingt ans. Elevé par sa mère depuis que son père les as quitté, il a fait plusieurs séjour en centre psychiatrique pour des stages de gestions de la colère. Tous les mois, il doit se présenter au centre de Yoshimoi pour un examen de psycho-pass, qui varie entre le jaune et le vert depuis maintenant deux ans.
— C'est un bon client, admit Gino. On peut donc commencer avec ces deux-là. Si celui qu'on recherche est l'un d'eux, le plus âgé ne devrait pas mettre longtemps à sortir du bois pour protéger son petit.
— Et si on s'est trompé quelque part ? Demanda Mika.
— Alors nous auront une nouvelle victime à déplorer bientôt et nous devront tout reprendre à zéro, l'avertit Gino sans prendre de gants. Mais Shimotsuki-san, nous avons des pistes sérieuses, et il me semble que ce n'est pas votre genre de déclarer forfait avant d'avoir vraiment commencé, je me trompe ?
— Non, vous avez raison, Ginoza-san.
— Gino, merci. Je ne suis pas encore un vieux croulant, que je sache, se moqua Gino avant de se lever pour s'étirer. Mesdames, j'ai ma à ma jambe et je suis fatigué. Je vais donc rentrer dans mes pénates et vous devriez en faire autant.
— Gino-san a raison. Je pense que l'on a bien avancés, dit Mika d'une voix fatiguée. Est-ce que je dois apeller Tsunemori-san pour lui dire ce que nous pensons faire demain ?
— Je m'en occupe. Je voulais l'apeller de toute manière, pour prendre de ses nouvelles et Mika-chan ?
— Oui ?
— J'espère que tu as conscience que si notre chef est clouée au lit, c'est toi qui sera en charge de l'enquête ? Dit-elle avec sérieux avant qu'un sourire n'adoucisse son expression devant la mine paniquée de la jeune femme.
— Je vous aiderais du mieux que je pourrais, dit Gino en souriant fugacement à Mika avant de prendre congés.
— Eh bien, eh bien... déclara pensivement Shion. Il semblerait qu'il commence à t'apprécier...
— Qui moi ? s' étrangla Mika en se pointant du doigt ahurie.
— Bien sûr que non, rétorqua Yayoi en ôtant sa cravate. Il commence à apprécier la porte de ce bureau-ci » raillât-elle.
Mika observa longuement la porte par laquelle le brun venait de sortir. Puis elle se secoua et appela un taxi avant de, elle aussi, prendre congés du couple qui commençait à s'enlacer dans son dos.
Karanomori Shion sourit avec malice à Yayoi en lui montrant d'un signe de tête le pot de glace à la vanille qui se trouvait à présent dans la poubelle.
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Le livreur frappa une nouvelle fois à la porte de l'appartement et la porte s'ouvrit enfin sur une jeune femme en peignoir à l'allure fatiguée.
« Bonsoir. Désolé de vous avoir dérangé mais nous avons reçu un colis pour vous et il était expressément demandé dans la commande de vous remettre ce paquet aujourd'hui alors je fais des heures sups, déclara le jeune homme en tendant à la jeune femme ledit paquet. Pouvez-vous signer mon registre, s'il vous plaît ? Ici...parfait ! Je vous souhaite une bonne soirée ! »
Akane referma sa porte avec lassitude et s'effondra dans son canapé avec le paquet qu'elle se mit en devoir d'examiner sous toutes les coutures avant de se décider à l'ouvrir. A l'envers.
Ce qui expliquait pourquoi elle était à présent couverte d'un petit livre noir, une carte et de grosses fleurs oranges aux longues tiges, dont le pollen la fit immédiatement éternuer. Elle les posa sur la table avant de lire le simple message écrit sur la carte qui les accompagnait.
Bon anniversaire. PS : Ce sont des zinnias
Interdite, Akane se demanda qui pouvait bien lui avoir envoyé des fleurs ? Sûrement pas quelqu'un de l'équipe, car ils savaient qu'elle était enrhumée, alors qui d'autre ?
Ses yeux se posèrent alors sur le petit livre noir qui était en fait un petit recueil qui proposait un rapide cours sur le langage des fleurs. Tout en se traitant d'idiote, Akane parcourut rapidement la table des matières pour trouver la page qui l'intéressait et s'y ruer.
Elle lut la précieuse page et sourit pensivement avant d'éternuer une fois de plus, le tout, sans aucune élégance. Tsunemori Akane se leva péniblement et allât mettre les fleurs dans un vase avant de retourner se coucher, le sourire aux lèvres.
Le petit livre noir, lui était toujours ouvert à la page qu'elle avait lu...
Zinnia : Je pense à vous
NdlA : Voilà, il est passé. Pas beaucoup d'action dans ce chapitre, mais le suivant devrait satisfaire les amateurs/amatrices. J'espère que ça vous a plut. Si oui, laissez moi un message ça fait toujours plaisir et surtout ça dit à l'auteur s'il y a des choses à revoir. Sur ce, je vous dis à très bientôt pour le chapitre 7 !
