Coucouuu !

Tout d'abord: MERCIIII toujours autant de message et d'encouragement! c'est mon essence pour écrire! :D

et ensuite: navrée du retard accumulé, mais ces derniers jours j'ai eu le plaisir de mettre au monde mon petit bonhomme et je n'ai pas vu le temps filer depuis que l'on ets rentré ensemble à la maison.

Je vous ai préparé un chapitre en conséquence et j'espère que vous allez le savourer ! :D

Bonne lecture !


Charles avait tout entendu, prétendre le contraire aurait été stupide. Il n'avait rien dit, il n'avait pas participé à l'échange, pourquoi ? Par habitude, il savait où était sa place : dans les ténèbres, dans le silence. Il n'avait jamais eu à émettre une opinion… mais ce soir, elle se formait : le plan d'Erik et de Logan était mortellement dangereux. S'ils échouaient – ce qui serait très probablement le cas- c'en était fini de tout… Charles n'aimait pas l'idée qui c'était implantée dans le crâne d'Erik : la liberté. Oui, évident, comme tout esclave Charles y avait aspiré un jour, mais… c'est comme un beau rêve, que l'on apprend à oublier ou que l'on fait taire. Qu'est-ce qui avait poussé Erik à vouloir cette liberté ? Est-ce sa faute ? La faute de Charles ? Avec leur rencontre inopiné, avec leurs soupirs, avec leur bonheur ? Comment préserver Erik de cette mort vers laquelle il allait se jeter sans hésiter la moindre seconde ?

Voilà le tourbillon de questions qui encerclait le crâne du jeune esclave alors qu'il raccompagnait Logan vers son maître. Tandis qu'ils gravissaient les marches, menant à la villa, Charles pivota et fit barrage à Logan. Sans pour autant planter ses yeux dans le regard sombre du vieux gladiateur Charles chuchota avec détermination :

- Vous ne pouvez pas faire ça.

- Faire quoi ? s'étonna Logan avec humeur.

- Ce que vous avez promis à Erik… Vous ne pouvez pas.

- C'est pour toi qu'il le fait !

- Je ne le veux pas.

- Ah ?! Et pourquoi ?

- Je ne veux pas qu'il meurt.

- C'est un gladiateur et toi un esclave, penses-tu vraiment que vous alliez vivre éternellement ? D'ici peu lui ou toi serez revendu et vous serez séparés, ou tué…

- Je ne veux pas qu'il risque sa vie pour moi.

Logan saisit Charles par les épaules.

- Il va le faire et moi aussi et pas uniquement pour toi, mais parce qu'il y a d'autres esclave comme toi, qui subissent le joug de leur maître sans rechigner. Ne penses-tu qu'à toi ? Qu'à lui ?

- Non, mais je…

- Il est temps de montrer aux romains ce que nous sommes capable de faire.

- En mourant ?

- Non, en se battant… et si la peur de mourir te cloue le cul au sol, alors tu n'es pas digne d'Erik.

Un coup de poing dans le cœur ne lui aurait pas fait moins mal.

- Ton homme est courageux, la mort n'est qu'une étape, il ne craint pas le monde des hommes, il est fier, tu devrais te ranger avec lui, sinon tu le perdras.

- … Je n'ai pas peur de mourir. Pas pour moi.

- Ah… Voilà le problème : tu as peur pour lui. Chasse cette ennemie de ton cœur, elle t'obscurcit l'âme. Et pense un peu par toi-même : demandes-toi : n'en ai-je pas assez de n'être pas mieux traité qu'une vache ? Ne mérite-t-on, pas du respect ? D'avoir des logements ? D'être maître de nos corps, de nos choix ?

- Ces mots sont faciles à dire ici, répliqua Charles en se dégageant de la poigne de Logan. Mais lorsqu'il s'agira de mener au combat des esclaves domestiques, qui comme moi, n'ont jamais tenu d'épée, que diras-tu en voyant le sol jonché de leur cadavre et le sol de Rome imbibé de leur sang ?

- Je dirais qu'ils seront morts libres, en se battant pour la première fois pour leurs convictions.

Charles frémit.

- Tu sais que j'ai raison petit, chuchota Logan en se penchant vers lui.

- Je n'approuve pas.

- Tu commences à penser en homme libre alors ! sourit le vieux gladiateur. Allez remonte-moi vers cette ordure de Shaw !


Erik était comme un lion en cage, un félin féroce qui a gouté à la liberté et aux sangs des hommes. Ce genre de créature qui n'aspire qu'à retrouver ses espaces et la chair tendre d'une proie stupide. Après cette entrevue inespérée, il sentait que les choses allaient enfin se débloquer ! Enfin, il allait pouvoir accéder à ses rêves : quitter ce taudis avec Charles. Vivre loin de cette folie ! Regagner son foyer, et vieillir avec l'homme qu'il aimait. Il savait que c'était risqué, il savait aussi que rien ne le ferait changer d'avis et lorsque son regard se porta vers sa couche de paille, il se surprit à espérer retrouver le corps tendre et chaud de Charles.


Shaw avait attendu que l'indésirable invité se soit éclipsé en bas, pour aller rendre une visite matinale à sa précieuse petite fille. Certes il eut espéré avoir un garçon en premier né, surtout que concevoir sa fille, lui avait déjà demandé beaucoup, mais finalement il était heureux que les Dieux lui aient envoyés cette poupée. Elle était à lui. Elle lui appartiendrait toujours. Il n'avait pas l'ambition de la marier et sa fille resterait toujours à ses côté et au moment de sa mort, elle serait une citoyenne libre… mais la mort pouvait attendre encore bien des dizaines d'année.

Shaw entra dans la chambre de l'enfant, elle sommeillait, le corps chaud, allongé sous une couverture de gaze, une main serrant naïvement une poupée de laine et l'autre tenant celle de sa nouvelle esclave : Raven, qui dormait au sol le bras en l'air. Shaw regarda l'esclave, il avait bien fait d'en changer, l'autre avait été désobéissante et laide, deux critères qui l'indisposaient au plus haut point. Celle-ci était belle, des courbes généreuses, une forme de visage charmante… il devrait la faire se reproduire, ainsi ses enfants seraient aussi beaux qu'elles et ils pourraient remplir sa demeure de beaux esclaves. Il en avait assez de la laideur et de la crasse. Mais qui serait aussi beau pour lui engendrer des enfants réussit ? Evidement Charles s'imposa à son esprit. Il considéra l'affaire une seconde, puis la rejeta : Charles était à lui, à lui seul ! Personne ne le toucherait à part lui ! Non, il faudrait accoupler cette esclave avec un autre beau jeune homme… il en parlerait aux vendeurs d'esclave, il lui faudrait un beau mâle… Ou alors… Shaw se détourna de sa fillette et s'approcha de l'ouverture qui donnait sur un des angles de la maison, il tourna son visage vers la droite la cours carrée et sablée: ses gladiateurs. Mais oui ! Beaucoup de femmes bien nées payaient pour passer des nuits échevelées avec ses combattants. Alors pourquoi ne pas accoupler cette esclave avec un de ses gladiateurs… Plus il y pensait plus cette solution économique et pratique l'enchantait ! Il reporta son attention sur Raven et se pencha sur elle. La jolie blonde en sentant une présence obscure au-dessus d'elle ouvrit les yeux. Elle fut effrayé de trouver son maître à quelques centimètres de son visage avec une expression de satisfaction malsaine tracée sur ses lèvres.

- Dominus ? murmura-t-elle sans lâcher un instant la main de sa petite maîtresse.

Shaw ne répondit rien et quitta la chambre. Il était heureux d'avoir trouvé une solution et il savait exactement avec qui cette petite perle allait ouvrir les cuisses ! En parlant d'ouvrir les cuisses, il aperçut l'ombre de Charles qui venait de raccompagner Logan vers la sortie. Oui, hier soir, il n'avait pas eu le temps de profiter de son esclave fétiche…

- Charles.

- Dominus, répondit le jeune homme en apparaissait à sa gauche comme par enchantement.

- N'es-tu pas heureux de la réussite de ton Maître ? questionna Shaw en passant une main dans les boucles brune de l'esclave.

- Si, infiniment.

Shaw agrippa une touffe de cheveux et inclina la tête de Charles vers l'arrière. Il aimait le sentir soumis à lui, il aimait le voir se plier sans geindre sans un mot à ses envies. Charles dévoilait sa gorge, sa pomme d'Adam tressauta alors que les dents de son maître grattaient la longueur de sa peau mise en évidence. Il le voulait, là tout de suite et cette idée, de le posséder au milieu d'un couloir, devant la chambre de sa fille, alors que tous commençaient à s'éveiller accentua son appétit.

- A genoux, ordonna Shaw avant de lécher les lèvres de Charles.

Le brun se laissa tomber à genoux. Sa respiration était courte, nerveuse, il ne laissa rien paraître. Faire ça, ici ?! Shaw devait avoir perdu la raison ! Mais Charles n'eut pas le temps de réfléchir que déjà son maître lui enfouissait de force le visage sous sa tunique. Le goût du sexe de Shaw était rebutant pour l'esclave, il ne dit rien, mais tandis qu'il œuvrait le haut du corps caché par les voile, coincé entre les jambes de son Dominus, Charles se sentait si vulnérable, si humilié. Il savait ce qu'il devait faire et il savait que même si Shaw allait jouir rapidement, il ne se contenterait pas de cette simple gâterie, la journée serait longue en sollicitation, car la veille avait été un grand moment de gloire pour lui. Tandis que la semence âcre et salée de Shaw emplissait sa bouche accompagnée d'un râle sourd, il sût que Logan avait raison : depuis trop longtemps il vivait ainsi et il valait mieux perdre la vie en essayant de tout changer que de poursuivre à jamais de la sorte !

Shaw l'attrapa et l'extirpa de sous sa tunique, il le mit sur ses jambes et lui adressa un sourire satisfait. Charles la bouche encore remplit de cette souillure immonde, aperçu le regard de Raven posée sur lui. Il se sentit si honteux, si misérable, qu'il avala le tout sans même ressentir le parfum du sperme.

- J'ai faim ! décréta Shaw en se détournant.

Charles flancha une seconde sur ses jambes, jeta un regard en coin à Raven. C'était indéchiffrable. Puis il s'engouffra à la suite de son maître.


Des larmes de rages lavaient son visage. La nuit était sa complice, elle le cachait des autres. Il était seul, recroquevillé dans son espace fétiche à l'abri des hommes. Comme il l'avait imaginé la journée n'avait été qu'une succession d'humiliation sexuelle. Il se sentait sale, il se sentait impur… Shaw l'avait tant et tant sollicité, qu'il était collant, qu'il puait et pire que tout, son maître lui avait interdit de se laver. Alors Charles sentait entre ses fesses, ses cuisses le liquide qui avait coagulé, sur son torse, il y avait la bave de cet homme, des coups de dents sur ses épaules, un suçon sur sa hanche droite et encore d'autres marques « d'affections »… Il pleurait parce qu'il n'avait pas d'autre moyens d'exprimer ce qu'il ressentait. La dernière fois que Shaw l'avait autant « honoré » c'était le jour où il avait décidé qu'il deviendrait son objet sexuel. Charles haïssait ce souvenir. Il n'avait pas plus de douze ans alors… la douleur l'avait presque tué sur le coup, maintenant, il n'avait plus mal physiquement lors de ses pénétrations, non, c'était psychologique… les sévices qu'il lui imposait, il pouvait le supporter et Charles préférait que ce fusse lui que n'importe qui d'autre sous ce toit, pourtant… pourtant cette nuit, il n'en pouvait plus.

- Charles ?

Le brun sursauta dans son recoin, d'habitude, il ne se laissait pas surprendre. Il essuya rapidement les traces de larmes de son visage et sortit de sa cachette. Raven était là, elle se tenait dans sa tenue bien trop peu habillée, baignée par la lueur de la lune. Elle était superbe.

- Oui ?

- Je… je suis désolée, dit-elle en s'approchant.

Charles su qu'elle était sincère et pire encore, qu'elle souffrait pour lui, alors lorsqu'elle lui ouvrit ses bras, il ne résista pas. Il colla son front contre le cou de la jeune femme et se laissa bercer quelques secondes.

- Je pue, dit-il avant de s'écarter à nouveau sentant d'autres larmes arriver.

C'était si bon d'avoir finalement une épaule amie. Charles regrettait la manière dont il lui avait parlé la dernière fois.

- Je ne sens rien de tel, affirma Raven. Tu ne dors pas.

- Toi non plus.

- Je ne dors jamais vraiment, pas depuis que j'ai été enlevé à ma famille.

- J'en suis désolé.

- Ce n'est pas toi qui es responsable, tout comme ce qui t'arrives ici...

Charles repensa à la fellation qu'il avait donnée à Shaw et qui avait été surprise par Raven.

- Ne t'inquiètes pas, il ne le fait qu'à moi, tenta de rassurer le jeune esclave.

- C'est moi qui suis inquiète mais pour toi.

- J'y suis habitué.

- C'est pour ça que tu es ici au beau milieu de la nuit ?

- … je ne veux pas te mentir.

- Alors ne le fait pas.

- Je ne peux pas te dire la vérité non plus.

- Je l'ai deviné.

Ils se regardèrent la lune fut cachée une seconde par une voile de nuage.

- Erik ? chuchota encore plus bas la jolie blonde.

Charles se contenta se secouer la tête par l'affirmative.

- Le sait-il ?

- Que Shaw m'utilise ? Oui.

- Et Shaw sait-il pour toi et Erik ?

- Non ! Et il ne doit pas l'apprendre ! Nous y laisserions nos vies.

- Je ne dirais rien.

- Tu détiens sur moi désormais le plus grand des pouvoir…

- Je ne veux pas l'utiliser pour te nuire, laisse-moi t'aider.

- Pourquoi ?

- Parce que… je… je veux encore croire à la beauté des choses simples en ce monde et parce que tu es bon avec moi.

Charles regarda cette esclave, non, cette jeune femme, oui il la regarda et son cœur se gonfla de gratitude et de bien-être. Oui, c'est vrai, c'est bon d'avoir une amie.

- Je ferais tout pour t'aider également, promis Charles en offrant son amitié à cette presque inconnue.

- C'est toi et moi contre le reste du monde alors ? s'amusa Raven heureuse d'avoir gagné enfin la confiance de Charles.

Charles lui sourit et déjà c'est comme si un énorme poids se retirait de ses épaules. Maintenant il fallait attendre que les angoisses de la nuit se nuent avec l'arrivée du soleil. Charles devait garder confiance en l'avenir : Logan le lui avait promis, Raven l'y encourageait et Erik était sa lumière… il devait garder confiance, il ne devait pas perdre de vue son nouvel objectif : espérer la liberté.


Erik tournait encore et toujours comme un fauve dans sa cage, il avait gagné le combat depuis quelques jours et son statut dans la villa avait beaucoup évolué. Il avait le droit à des entraînements privés, il pouvait prétendre aux meilleurs soins, meilleurs repas, meilleures couches, sa cellule avait été aménagée et il avait le droit désormais à plus de confort. Shaw voulait que son champion soit au mieux de sa forme et il n'hésitait pas à envoyer Charles s'assurer de son bien être deux fois par jours. Les deux amants en profitaient alors pour s'aimer en silence et rapidement, échangeant des mots entre deux soupires, mais aujourd'hui, Charles n'arrivait pas !

Erik tournait dans cette cage les nerfs en pelotes, il n'était pas d'humeur, pourtant rien n'était différent des jours précédents, alors pourquoi Charles n'était-il pas venu de la journée ? Une angoisse sourde commençait à poindre en lui : et si Shaw savait ? Charles serait-il en train de subir ses foudres ?!

Dans le couloir il entendit approcher, il sut que ce n'était pas Charles, quand son amant arrivait, il ne faisait aucun bruit, il semblait surgir du mur, il n'était que silence et ombre. C'est une jolie blonde, plantureuse avec de beaux yeux doux qui s'approcha timidement en compagnie d'un garde et de Shaw. Erik s'immobilisa, il regarda alternativement la jeune esclave blonde et Shaw. La jeune femme avait le regard fuyant et le maître un sourire rempli de d'espoir malsain.

- Dominus, dit Erik sans bouger.

- Bonsoir Erik ! Comment s'est passé ta journée ?

- Bien, merci Dominus.

- Fantastique ! Car ta nuit, promet d'être encore plus belle !

- Ma nuit, Dominus ?

- Voilà, mon nouveau projet : que tu engrosse cette jeune beauté.

Il faisait chaud dans la cellule, pourtant, il y eut comme un courant d'air glacé qui circula brutalement.

- Alors nous allons vous laisser votre intimité pour la nuit.

Le garde ouvrit la grille et poussa Raven dans la cellule, sans douceur, ni compassion. La jeune femme trébucha mais se rattrapa à l'épaule d'Erik.

- Mettez-y du votre ! exigea Shaw en s'éloignant suivit par le garde une fois qu'il eut correctement verrouillé la cellule.

Erik repoussa la jeune femme et s'approcha des grilles, il regarda son abominable maître tourner à l'angle et disparaître. Erik serra les grilles entre ses poings. La rage montait en lui. Il jeta ensuite un regard à la jeune blonde.

- Je ne suis pas un taureau que l'on peut dresser à la reproduction, dit-il avec une certaine amertume.

- Ni moi une gémisse ! répliqua Raven dans un regard noir. Penses-tu que je sois d'accord ? Que j'apprécie l'idée ?

- … Pourquoi ce projet ?

- Il a parlé à Charles de sa volonté d'obtenir un enfant esclave à la fois beau et fort... le parfait mélange de toi et moi.

- Tu connais Charles ? demanda Erik avec un soudain intérêt.

- Qui ne le connait pas ici ? C'est lui qui régit tous les esclaves de cette maison.

- Tu le connais oui ou non ?

- Tu veux dire plus intimement ? s'amusa presque Raven.

- Oui, s'impatienta Erik.

- …Je le connais.

Erik l'empoigna par les épaules et l'attira plus au fond de la cellule avant de chuchoter rapidement :

- Sais-tu pourquoi il n'est pas venu aujourd'hui ?

- Il a…

Raven hésita.

- Quoi ?!

- Il a gardé la chambre aujourd'hui.

- Est-il malade ?

- Non…

- Alors ?!

- C'est Dominus qui l'y a contraint.

La pression sur les épaules de Raven devint si forte, qu'elle fut presque insupportable tant Erik les serrait.

- Je ne sais pas si c'est le bon moment pour te dire que Charles est mon ami, enchaîna Raven tout en essayant de parler calmement.

La colère d'Erik risquait de devenir incontrôlable, rapidement la jeune blonde, tenta de le calmer en apposant ses mains sur son torse. Jamais elle ne c'était retrouvée aussi proche d'un gladiateur et encore moins d'un champion. Evidemment, elle était effrayée par l'attitude d'Erik, mais également fascinée…

- Je sais, dit-elle tout bas. Je sais pour vous deux.

Le regard d'Erik la transperça. Elle déglutit. Avait-elle bien fait de lui dire cela ?

- Il a confiance en moi et il m'a raconté pour vous et il…

- Comment va-t-il ? coupa Erik d'une voix rude.

- Il n'est pas blessé, si c'est ce que tu demandes, mais Dominus a voulu que Charles reste alité dans sa chambre, car aujourd'hui ni sa femme, ni sa fille ne sont présente, il en profite pour assouvir ses… heu… pulsions…

- Tais-toi… pas un mot de plus.

- Pardon, je ne voulais pas te tourmenter.

Erik la relâcha, il recula et retourna sa colère contre un plat en cuivre rempli de figue et de pommes. Le plat sauta au sol rependant ses victuailles dans la poussière de la cellule. Raven sursauta et ferma les yeux, elle s'attendait à être la prochaine à recevoir un coup. Erik respirait fort, il aurait voulu avoir la force de cent hommes pour briser les barreaux de cette grille et courir arracher Charles des mains de Shaw. Erik contempla ses mains, comme elles lui semblaient vaines, comme il se sentait impuissant, comme il avait soif de vengeance et de mort.

- Charles, il… il tient beaucoup à toi, continua Raven en espérant calmer Erik.

- Je t'ai demandé de te taire.

Raven regardait Erik. Il était beau, vraiment beau. Une beauté brute, pure, des traits nets, virils, une odeur corporel envoûtante, une peau rude, des muscles puissants, une bouche attirante, des yeux perçant, une chevelure trempée d'eau et de sueur… oui, Raven commençait à comprendre pourquoi Charles tenait tant à lui.

- Charles m'a demandé de te parler, continua obstinément Raven sans bouger pour autant.

Les yeux d'Erik la sondèrent.

- Il… il me fait te dire que Logan est passé hier soir.

- Et ?

- Et il en a réunis presque trente.

La tension d'Erik ne retomba pas, car là, dans cette villa, son Charles subissait les assauts répugnant de Shaw, pourtant la nouvelle de Logan était bonne. Il avait réunis trente hommes prêts à se battre pour la liberté. Maintenant il lui fallait revoir son complice pour mettre au point leur attaque conjointe de la villa et fuir cet endroit maudis.

- Bien, répondit Erik après quelques secondes de réflexions.

- Allons-nous… faire ce que demande Dominus ? questionna Raven une avec pointe d'envie.

- Evidemment que non !

Raven acquiesça, ravala un peu sa déception. Oui, elle était amie avec Charles, mais Erik… Erik donnerait à n'importe quelle vierge l'envie de jeter aux orties son hymen.

- Tu vas faire quelque chose pour moi, continua Erik en se penchant pour ramasser une pomme qu'il nettoya négligemment avec sa main.

- Ah ?

- Tu vas transmettre un message à Charles, qui devra le délivrer à Logan.

- Promis.

- … Tu n'es pas une espionne de Dominus ?

- Non !

- Sinon, je jure de te retrouver et de t'égorger à mains nues.

Même avec des menaces de morts, plus que convaincantes, Raven, ne pouvait s'empêcher de trouver Erik fabuleusement érotique.

- Alors, qu'est-ce que je dois dire à Charles ?


D'habitude, la lune était l'amie de Charles, elle recueillait ses peines, ses angoisses, ses pensées vagabondes… ce soir elle était témoin. Elle regardait silencieusement Shaw se repaître de sa chair, encore et encore, jusqu'à l'épuisement, jusqu'à la nausée. Charles avait le corps en morceaux, il était vide, il n'éprouvait rien, si ce n'est de la honte. Shaw donnait les derniers coups avant de pousser un râle bien trop prévisible. Charles, allongé sur le ventre, les yeux fermés, mordait le tissu de ses dents blanches pour faire taire les cris de rages qu'il retenait avec peine. Plus Shaw labourait son être, plus il forgeait la détermination de Charles. Chaque mouvement qu'il imprimait à son corps était une arme qu'il donnait à son jeune esclave pour se rebeller contre lui. Le discours d'Erik et de Logan avait fait son chemin dans son esprit. Il avait les yeux ouverts sur le monde : il voulait cette liberté, il voulait cet espoir d'un jour meilleur.

Shaw se libéra entre ses cuisses et retomba sur son dos, mordant sa nuque, marquant sa proie un peu plus.

- Ah… Charles ! s'exclama Shaw en roulant sur le côté pour mieux respirer.

A leur droite, posé sur un plateau, du fromage de brebis et de pain de seigle, il y avait un couteau, couvert de crème tendre. Charles regardait cette arme. Il s'imagina un instant l'empoigner et planter la lame dans la gorge de Shaw…

- Je devrais envoyer plus souvent ma femme chez sa sœur !

- Oui, Dominus.

Charles se redressa et réajusta sa tunique tombée au sol. La lune, pudiquement se voila d'un nuage le temps que Charles masque sa nudité. Shaw but une gorgée de vin sirupeux et s'étira, dans ses draps sales et puants.

- Charles… Es-tu heureux ?

La question était si inconcevable pour Charles, qu'elle le prit de court. Il respira, bloqua l'air dans ses poumons et se tourna vers cet homme qui l'écœurait au plus haut point.

- Oui, Dominus.

Etrangement lui mentir ne couta rien à Charles. Il n'était plus à un mensonge près.

- Un jour, toi et moi, on sera les maîtres de cette belle Rome, un jour, on aura tous ces putains de grands à nos genoux et toi et moi on mènera tout le monde à la baguette.

Le jeune esclave se demanda si son maitre pensait vraiment ce qu'il disait ? Sa mégalomanie était-elle à ce point énorme qu'elle l'aveuglait ?

- Mais en attendant, toi et moi, on va faire gagner à notre Champion encore plus de notoriété et de victoire et on sera riche ! RICHE comme si les dieux nous pissait de l'or sur la tête !

Que répondre ?

- Charles…

Shaw allongé, le verre de vin posé sur sa poitrine, les yeux plongé dans ceux de son esclave, il souriait doucement.

- … Charles, même avec tout l'or du monde, je ne pourrais m'offrir un bien aussi grand que ta personne. Je le dis peu, mais c'est vrai : tu es mon bien le plus précieux.

- C'est réciproque Dominus.

- Evidemment que pour toi ça l'est ! Je suis le meilleur des maîtres pour toi !

Shaw éclata d'un rire aigre, puis il se releva, termina son vin et s'étira pour aller ensuite uriner par le balcon de sa chambre. Charles leva les yeux vers le ciel, au loin, bien plus loin que la lune, bien plus loin que l'étendue du soleil, Charles vit briller et disparaître une étoile filante. Oui… Il pensait à Erik et oui : il y avait de l'espoir.


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A très vite !