Disclaimer: Je ne suis pas Écossaise, ça me pèse, ça me pèse... *point bonus à qui aura la référence*

Sombraline: Mmh y'a encore quelqu'un dans la pièce? Kwelz! Bon, à la surprise générale: d'solée pour le retard, on a fait c'qu'on a pu, hein. J'donne du sirop d'érab' virtuel gratis à tout ceux qui nous pardonneront =) Blague à part, on va essayer d'faire plus vite pour le prochain. Si si, pour vrai.

Tireli: Pour ma part, je vais jouer les oiseaux de mauvais augure: mes études me prennent tellement de temps que je n'arrive pas à avancer/clôturer mes histoires en cours. Patience jusqu'en été, je pense.

Au tour de Lily et James de découvrir leurs nouveaux parents!

-Bon, euh, on se voit bientôt, S-Severus !

-C'est ça, répondit Sirius dans un grognement, reniflant avec dégoût avant de descendre de la voiture, l'air si amer et de mauvais poil qu'on aurait dit le véritable Snape.

-Pauv' gamin, renifla le père de Lily en remettant la voiture sur le chemin, faisant lever les yeux à James. Rentrer à pied depuis la gare, non mais quelle idée…

-Il n'avait pas l'air de très bien aller, constata Mrs Evans avec une bouille pensive, se tournant vers ce qu'elle croyait être sa fille avec un air interrogateur. Il lui est arrivé quelque chose récemment ?

-Allons, c'est Snape, il n'a pas besoin que quelque chose lui arrive pour avoir l'air d'un déterré, s'esclaffa par réflexe le Gryffondor avant de se figer devant les yeux ronds de sa « mère ». Euh, j'veux dire… non, il va bien, m'man.

-…Tu te sens bien, ma puce ?

Ma puce. Une partie du cerveau de James frétilla en entendant le surnom. Depuis qu'il occupait, bien malgré lui mais sans se plaindre néanmoins, le corps de la fille de ses rêves, il avait vu, entendu et subi des trucs qui dépassaient ses capacités. Il avait été épaté en réalisant par les yeux de Lily tout ce dont sa chère et tendre était capable. Admiratif, apeuré, déprimé, et aussi –il devait l'avouer- fasciné par la beauté de Lily –qui l'aurait écorché sur place si elle avait su combien de temps James avait passé devant des miroirs à la sortie de la douche-, encore plus que d'ordinaire dans la mesure où il pouvait observer tant qu'il voulait sans se prendre de claque. Mais pour le coup, le « ma puce» avait quelque chose de surréaliste. Lily avait un comportement de garçon manqué à longueur de temps à Poudlard, recevoir un pareil surnom ne lui allait définitivement pas.

-…Le voyage a été long, j'avoue, déclara-t-il sur un ton neutre avec un sourire (si éblouissant sourire). J'ai hâte d'être à la maison.

-…Tunie t'attend, tu sais. Elle est rentrée pour les vacances, elle aussi…

-Génial ! Répondit à tout hasard le Gryffondor, ne sachant pas du tout qui était « Tunie ».

Ça n'était apparemment pas ce qu'aurait dit Lily, vu le regard confus que Mr et Mrs Evans échangèrent. Il força un rire embarrassé –caramba, encore raté- et répéta en se passant la main dans les cheveux :

-Désolée, je suis un peu fatiguée… en tant que préfète, j'ai passé le trajet à surveiller, vous savez… je… j'ai besoin d'un peu de repos, c'est tout.

Ça n'était pas tout à fait un mensonge : depuis qu'il s'était levé, des crampes atroces lui avaient tordu le ventre par intermittences, et il se sentait bizarre depuis qu'il s'était assis sur le siège de la voiture des Evans. Un virus, peut-être…

-...Oui, une bonne nuit de sommeil. Tu nous raconteras demain matin, d'accord, ma puce ?

Ma puce.

-Je… raconter quoi ?

-…Lily, il t'es arrivé quelque chose ?

-…Je ? Euh… eh bien je… bredouilla James, une idée germant dans son esprit mais hésitant à la mettre en application.

-…Tu ?

-…Je suis tombée amoureuse, lâcha-t-il finalement, notant le regard ahuri que sa « mère » tourna vers elle et la soudaine quinte de toux de Mr Evans.

-Am… Il est... sorcier, bien sûr… ? Demanda-t-il une fois remis, les sourcils froncés et l'air contrarié. C'est… Lily, ma princesse –Merlin !-, tu sais que je ne veux que ton bonheur, mais… si c'est le fils de Snape, tu sais bien que je… que…

-Snape ? Non ! Berk ! S'insurgea le Gryffondor avec une mine dégoûtée qui sembla à nouveau dérouter les parents Evans. Non, il… c'est un… un magnifique sorcier d'une très longue lignée… Un joueur de Quidditch et un duelliste très doué, et Gryffondor, Sang-Pur, gentil et drôle comme tout-

-...Et il a un nom ? Demanda prudemment Mrs Evans avec un air de plus en plus perdu.

-James Potter.

Lily va me tuer. Mais mes beaux-parents seront déjà conquis.

-…C'est… très bien, chérie. Tu nous en parleras demain. Et tu... nous raconteras ton trimestre chez les sorciers. Voilà.

Ils m'adorent déjà. C'est juste qu'ils ne le savent pas.

-Pétunia ! Nous sommes rentrés !

Celle qui devait être Pétunia passa la tête par l'entrebâillement de la porte du salon (à vue de nez). Son regard passa sur ses parents pour s'arrêter sur sa « sœur » et rester un instant immobile, la lèvre retroussée dans une expression hautaine et dégoûtée.

-Euh… salut ? Tenta James, un sourcil levé.

-Pourquoi t'es pas restée chez tes monstres de sorciers cette année, hein ? Lança sèchement Pétunia, le coupant presque.

-Tunie ! Gronda Mrs Evans en rangeant son manteau sur un support.

-Je ?... t'es… qu'est-ce que je t'ai fait ? Bredouilla un James perplexe, n'ayant aucune idée de qui cela pouvait être ou pourquoi elle semblait tant le haïr.

-Mais oui, fais l'imbécile, en plus ! Siffla avec rage la jeune fille avant de secouer ses boucles brunes avec colère. T'es toujours là avec tes… tes trucs pas naturels, et tes… rien que ta cape de… c'est si anormal

-Pétunia, ça suffit ! Coupa Mrs Evans avec plus de fermeté. Lily, tu me donnes ta cape, que je la range ?

Les yeux toujours fixés sur la fille –sa sœur ?-, les sourcils froncés, James hocha la tête et défit la boucle de sa cape, qu'il tendit à Mrs Evans sans la regarder. Celle-ci eut un petit toussotement surpris puis gêné, faisant se retourner « Lily ».

-…Ma puce, va donc faire un tour à la salle de bain, chérie, lança-t-elle sur un ton doux avec un haussement de sourcil qui devait manifestement vouloir dire quelque chose.

Fronçant davantage les sourcils, confus, James suivit la direction du regard insistant de Mrs Evans (et de Pétunia à présent, qui fut prise de gloussements incontrôlables) et ouvrit des yeux ronds en remarquant une tâche sur le jean moldu bleu clair qu'il avait mis ce matin là. Bredouillant une excuse, il chercha des yeux la salle de bain (juste à sa gauche, parfait) et s'y engouffra avec sa valise en fermant la porte, le cœur battant soudainement très vite. Très.

Il se débarrassa de ses pantalons rapidement, anxieux au possible en constatant que la tâche n'était nulle autre que du sang frais. Paniqué à présent –qu'avait-il fait ? Lily allait le tuer !-, il acheva de se déshabiller en prenant garde à ne pas tâcher le sol d'un blanc éclatant de la salle de bain des Evans, restant confus et perdu comme jamais en trouvant l'origine du sang –mais pas de blessure, quelle qu'elle soit ! Il passa quelques secondes à paniquer, se demandant ce qu'il avait bien pu faire –ça ne pouvait tout de même pas être simplement parce qu'il avait vérifié comment c'était fait là en bas !- avant d'avoir un éclair de génie et d'ouvrir sa malle, fouillant dedans jusqu'à trouver un petit miroir de pierre ouvragé et richement décoré. Bénissant Merlin pour ses idées de génie, il sortit sa baguette et tapota la tête d'un dragon, sur le sommet du miroir.

L'image d'une Lily Evans confuse et mordant ses lèvres se brouilla et, quelques minutes plus tard, apparut son propre visage –enfin, celui de James Potter. Il… elle ne paraissait pas de très bonne humeur.

-Qu'est-ce que tu veux, toi ?
-Lily, mon amour, ma belle, la fleur de lys adorée-
-Potter…

Comment elle pouvait mettre tant de hargne dans un seul mot était presque fascinant. Ses cheveux en bataille semblaient crépiter.

-…J'ai abîmé ton corps. Mais j'ai pas fait exprès !
-…Abîmé…
-Je… je… je sais pas ce que… Ma belle…
-…Tu as douze secondes pour m'expliquer.
-Je… j'ai… euh…
-Onze…
-…Ça saigne…
-Dix… qu'est-ce qui saigne ?
-…Ben… ça…
-... Ça...
-…J'ai rien fait, Lily, j't'assure, j'ai pas-
-… T'es vraiment un con quand tu t'y mets, toi… Bon sang, j'y crois pas…
-J-je suis désolé, je-
-T'es où ?
-Je ?...Chez toi ? D-dans la salle de bain ?

Son interlocutrice soupira avec un désespoir visible et bien ressenti, se passant une main dans les cheveux. James était confus au possible.

-Il y a une armoire blanche à ta gauche. Ouvre… Tu vois un paquet en plastique mauve. Tu en prends un dans le paquet et-
-Un… c'est quoi, ça ? Tam…pons… hy-gié-ni-ques… Hein ? C'est pour se démaquiller ? Lily, ma belle, c'est pas le moment de-
-…Potter, ferme là. Pitié, ferme-la. Tu en prends un et tu le mets.
-Je le ? …Mais… ou ça ?
-…Ça.
-…Hein ?
-... Là. En bas.
-Je… là ? Mais pourquoi je-
-…Tes parents ont une grave lacune en matière d'éducation sexuelle, Potter.
-D'éducation sexuelle ? Hein ?
-…*soupir* Bon… Et c'est quoi cette histoire de « petite rouquine trop adorable » qui est censé être tombé à tes pieds récemment ?
-…Hiiiiin ? Je… ? Lily, voyons, tu sais bien que-
-…Qu'est-ce que tu leur a raconté ?

-Lily, ma puce ! Avec qui est-ce que tu parles ? Appela soudainement Mrs Evans de l'autre côté de la porte, faisant sursauter James qui manqua en échapper le miroir. Il bénit plus ou moins pour le coup sa future belle-mère et se tourna vers le miroir avec un sourire angélique.

-J'dois te laisser, ma chérie, ma belle-mère m'appelle. Je t'aime tout plein.
-Quoi ? Attends attends, ne-

Toc.

Le miroir refléta à nouveau l'image d'une rouquine à l'air déboussolée et troublée. James se passa la main dans les cheveux et assura à sa « mère » que tout allait bien. Resté seul avec le silence –et le tampon dans les mains-, il se surprit à supplier mentalement Snape de le sortir de cette situation. Vite. Très vite.


-Quelque chose ne va pas, mon canard ?

Canard…

Lily détourna les yeux de la vitre de la voiture qui s'éloignait de la gare pour apercevoir le visage inquiet de Mme Potter, penchée sur son siège. Les traits fins et aristocratiques de la mère de James, quasi calques de ceux de son fils, étaient assombris par le souci qu'elle se faisait pour son poussin, et Lily se sentit l'obligation de ne pas plus affoler sa « génitrice » :

-Non non, mère, tout va bien. Je… ça va…

Lily se rassit un peu plus « à la James », nonchalante dans l'attitude mais crispée au possible à l'intérieur, et afficha un sourire dont Mrs Potter n'était pas dupe, du moins le croyait-elle.

-Si c'est pour Sirius que tu t'inquiètes, mon poussin- encore ?- je te rappelle qu'il est cordialement invité à passer les vacances chez nous et qu'il est le bienvenu n'importe quand. Contacte-le en rentrant et on s'arrangera avec ton père pour qu'il s'installe quelque temps.

-Euh… d'accord, merci mère, bafouilla Lily en essayant de garder son sourire tant que la femme était tournée vers elle.

Une fois hors de vue des parents Potter qui reprirent leur babillage, la jeune fille soupira discrètement. Est-ce que Potter se tiendrait correctement ? Et Petunia, comment allait-elle accueillir sa « sœur » ? Bien qu'elle s'efforçât de la comprendre, elle ne parvenait pas à supporter très longtemps l'agressivité et la jalousie de sa sœur, alors qu'allait en faire ce m'as-tu-vu de James ? Et ses parents qui lui manquaient déjà, ses parents qu'elle trouvait un peu trop amateurs de surnoms affectueux avant de rencontrer ceux de James… Elle n'avait plus à chercher où l'autre puisait son assurance et cette arrogance qu'il qualifiait de confiance en lui. Un fils à sa maman, unique, pourri gâté, adulé par ses géniteurs… Il collait décidément bien avec Sirius Black qui avait visiblement plus de mal à ouvrir sa grande bouche de bellâtre chez lui et… Mais qu'est-ce qu'elle en avait à faire pour le moment de Sirius Black et de ses malheurs de pauvre petit garçon riche, d'abord… même si en l'occurrence la perspective de revoir un peu Severus au cours des vacances ne lui déplaisaient pas. Si ça se trouvait, le Serpentard, doué comme il l'était, aurait enfin mis au point une potion lui permettant de retrouver son corps et…

-…Lily Evans ?

La nommée sursauta et sentit une brusque montée de panique lui enserrer l'estomac. Le cœur battant à la chamade, elle resta sans voix tandis que Mrs Potter la fixait à nouveau, une mine surprise au visage.

-Hé bien ? Qu'est-ce qui t'arrive, James ?

-Euh… que… quoi, Lily Evans ? Bredouilla la jeune fille en essayant de calmer la tension qui lui palpitait dans les oreilles.

-Lily Evans, reprit Mrs Potter d'un ton entendu. Cette petite rouquine si adorable dont tu nous as parlé tout l'été et qui avait visiblement compris à quel point tu étais un garçon formidable.

Lily ne sut quoi répondre sur le coup, estomaquée par l'audace et l'arrogance de celui dont elle habitait le corps. Qu'est-ce que cette petite punaise à lunettes avait bien pu sortir à son sujet… ?

-Oui… Fit-elle du ton le plus calme dont elle était capable, serrant les poings de rage malgré tout. Lily Evans, oui…

-Hé bien ? Reprit sa « mère ». Vous êtes ensemble, finalement ? Tu comptes nous la présenter bientôt ?

-Je ne pense pas, fit Lily entre ses dents, ignorant l'expression un peu déçue de sa mère. Lily a bien mieux à faire cet été, elle m'a dit.

-Ah ? Comme ?

Se laver les cheveux…

-Réviser ses examens en avance…

-Ah une fille sérieuse, s'exclama Mr Potter tandis qu'il faisait entrer leur voiture dans une sorte d'immense propriété un peu à l'extérieur de la ville un peu trop rapidement pour ne pas sentir la magie de transport. Tu t'es décidé à enfin te tourner vers des jeunes filles qui en valent la peine.

La remarque dégoûta et flatta à la fois Lily qui se contenta de hausser les épaules en rougissant. Cet imbécile de Potter était connu pour fricoter avec les pires dindes de l'école, ce qui contribuait à la sensation d'insulte de sa part à chaque marque d'intérêt qu'il avait porté jusqu'à présent, mais le fait qu'elle fût qualifiée inintentionnellement de « fille sérieuse qui en valait la peine » lui faisait irrémédiablement plaisir. Ce fut donc avec un sentiment mitigé qu'elle découvrit, à la descente de la voiture, la grande bâtisse qui avait abrité les Potter depuis quelques générations à présent. Rien à voir avec la petite maison toute simple d'un quartier populaire où elle avait vécu… Se reprenant plus ou moins- ils sont riiiiches!- elle fit le tour de la voiture sans trop réfléchir pour aller chercher ses valises dans le coffre sous le regard ahuri de ses parents.

-Euh… un problème ?

-Mais, mon pigeon- argh- que veux-tu faire avec le coffre de la voiture ? Demanda Mrs Potter.

-Euh l'ouvrir, répondit Lily en mimant les actes qu'elle nommait, prendre les bagages, les poser à côté de moi, refermer le coffre, reprendre mes bagages et les amener jusqu'à ma chambre ?

Le coup d'œil échangé par ses parents prévint Lily qu'elle venait de faire sa première vraie bourde depuis la gare.

-Mais, mon canari, tes bagages t'attendent déjà dans ta chambre depuis qu'on les a posés dans le coffre de la voiture… Tu sais, ce sort de transport instantané et temporaire… Chéri, je crois que notre fils n'est pas bien…

Le ton alarmé de Mrs Potter causa une nouvelle pointe de panique chez Lily qui protesta sans vraiment réfléchir :

-C'est… Lily ! J'pense à elle, et… C'est une née Moldue, alors je… j'voulais me mettre un peu dans sa peau pour… savoir ce que ça ferait de… d'être avec elle et… voilà… hum…

Elle se gifla mentalement avant de s'envoyer tout aussi mentalement dans le bassin en pierre glougloutant d'eau qui se trouvait à côté de l'entrée. Comment… pourquoi… ? Le corps de Potter l'avait poussée à sortir des inepties pareilles, sûr… Les inepties furent toutefois une excuse efficace qui fit passer Mr et Mrs Potter de fortement inquiet à irrémédiablement émus. Et une gifle de plus pour Lily Evans, l'andouille rousse. Forçant un sourire, elle se dépêcha de rentrer dans la demeure dont les dimensions intérieures lui donnèrent un instant le tournis. Mais… pourquoi avoir besoin de tant d'espace ? Une moue à moitié complexée, elle entreprit de monter à l'étage où devait se trouver la chambre que James lui avait décrite la veille à Poudlard.

-Paddy a préparé de la tarte à la mélasse exprès pour toi, fit Mrs Potter du bas des escaliers tout en se débarrassant de son manteau pour l'accrocher elle-même dans l'entrée avant de se recoiffer. Tu veux qu'on t'en amène dans ta chambre ?

-Euh… oui, s'il te plaît… Je… j'suis fatigué, Sirius et Remus ont chahuté et Peter en a rajouté une couche, j'ai…

-On comprend, dit Mr Potter d'un hochement de tête et un sourire fier vissé au bec. Nos hiboux sont prêts à envoyer toute lettre à une certaine petite rousse écrite à la va-vite entre deux piles de livres à ranger, hmmm ?

Au prix d'un effort surhumain pour ne pas rouler des yeux devant une remarque aussi niaise de la part d'un sorcier aussi doué et respectable que Mr Potter, énième du nom, Lily se remit à sourire et gravit les dernières marches pour se rendre dans sa chambre. Une main dans sa poche lui indiqua qu'elle pourrait demander des comptes à l'autre abruti via le miroir une fois ses affaires rangées… Et il allait entendre parler d'elle, de lui et de ses élucubrations niaiseuses…

/%/

Allez, Potter, t'as dit quoi à tes parents? Tu vas cracher le morceau, p'tit pourri ?

-J'dois te laisser, ma chérie, ma belle-mère m'appelle. Je t'aime tout plein.
-Quoi ? Attends attends, ne-

Elle assista, impuissante à la disparition du reflet de son visage rayonnant pour celui de James Potter, ahuri et crispé de rage. Le sale petit…

- Bon sang, tu ne perds rien pour attendre, Potter… Tu vas voir quand Severus aura trouvé la potion, il…

-Alors, tout se passe bien ? Fit la voix chantonnante de Mrs Potter qui venait de pointer le nez à la porte de son canari-chou de fils. Tu as pu écrire quelque chose à Sirius et à –huhu- Miss Evans ?

Lily força un sourire comme elle ne l'avait jamais fait encore, afin d'éviter de hurler à la femme qui s'avançait la stupidité crasse du rejeton Potter, sa nuisance pour le monde et son incapacité à comprendre les choses les plus élémentaires de la vie. Elle se laissa froisser les cheveux un peu plus dans un geste des plus affectueux et secoua la tête pour déclarer d'un ton mielleux :

-Point encore, mère. J'attends de… calmer les élans de mon cœur pour écrire un peu plus clairement…

J'veux m'pendre…

-Oh comme tu parles bien, mon chéri ! Cette jeune fille t'a fait changer en mieux, c'est incroyable !

-Gné ? Fit Lily sans trop comprendre de quoi parlait la mère du rat à lunettes. Euh, pardon mère ?

-Tu as rangé tes affaires en moins d'une heure, ton lit n'est pas encore en désordre, tu n'as pas encore exigé en criant tes kilos de bonbons préférés… Tu es d'une discrétion et d'un calme admirables. Je suis sure que cette Lily Evans y est pour quelque chose. Elle doit être une jeune fille exceptionnelle, n'est-ce pas ?

-Euh, je…euh, bafouilla la concernée, surprise par les propos de sa mère de substitution. C'est… oui. C'est une fille vraiment bien. –Ah ne te vends pas !- Mais, elle est née Moldue, hein… Je ne sais pas si…

Utiliser l'argument de la naissance… Elle se giflerait elle-même, mais elle savait également par triste expérience l'image des Moldus et Sangs-Mêlés auprès des Sangs-Purs, notamment aristocrates. Elle s'arrêta de parler néanmoins lorsqu'elle surprit le regard clignotant et perdue de Mrs Potter.

-Ma caille, pourquoi parles-tu de ça ? Tu sais très bien que nous n'avons aucun problème avec le fait d'accueillir chez nous des gens de toutes origines. J'avais même proposé qu'on invite ce jeune homme à la condition si misérable, euh… Snivellus Snape avant que tu refuses pour des raisons « éthiques et esthétiques » il y a un an.

-Hein ? S'exclama Lily. Snape devait venir ici ?

Le monde à l'envers…

-Mais bien sûr ! Ma caille, tu te sens bien ?

-Euh oui oui. J'ai oublié… Lily, encore et toujours elle, hum.

Je me giflerai après. Promis, juré.

-Tu ne veux pas l'inviter ici pour ces vacances ? Ton père et moi aimerions beaucoup la rencontrer. Et ne me reparle pas de ses origines, compris ? Tu as l'air tellement plus sérieux et mature depuis ces vacances, c'est un vrai plaisir de voir l'effet qu'elle a sur toi.

Le sourire ému de Mrs Potter la laissa tiraillée entre une envie de pouffer de rire : la mère de James Potter venait de lui dire qu'il n'était qu'un sale gamin insupportable même chez lui et en pleine face, et une gêne quant à l'image bien trop parfaite que la dame se faisait d'elle. Surtout avec son rejeton coincé dans son corps… Non. Ne pense pas à lui, ça va te déprimer, Lily…

-Poussin-c'est fini, oui ?- qu'est-ce qui ne va pas ? Demanda, inquiète, Mrs Potter en caressant la tignasse ébouriffée de son fils adoré dont l'expression était devenue moins enjouée. Tes amis te manquent déjà ?

-Euh… oui… Bredouilla Lily, contente de n'avoir même pas à chercher d'excuse plus ou moins bidon pour avoir la paix.

-Je vois. On écrit à Sirius et à Lily ?

Sirius… Severus, et Lil… argh… Non non… mais si je refuse, ça fera suspect… Et pitié plus de questions, de gloussements et de pigeounouchéri…

-Oui, mère. Hum… Si ça vous convient…

-Très bien, chantonna sa « mère » en se levant et en invoquant parchemin et plume. Je te laisse rédiger tes petits mots-huhu- et je vais chercher les hiboux. Je ne lirai pas celui pour Lily, promis. Je compte sur toi pour soigner ton écriture et ton orthographe.

Sur ces mots, elle sortit enfin de la chambre et laissa une Lily atterrée. Potter… Elle fut incapable de reprendre un fil de pensée cohérent face à la foule de questions et de remarques qui se bousculaient dans sa tête. La vue du parchemin et de la plume qui attendaient d'être utilisés lui permit de se concentrer sur une chose simple, basique, salvatrice : écrire. Et les ramener. Et demander des comptes…

Severus d'abord.

Sirius,

Mes parents t'inviteront cordialement au manoir Potter à la date qui t'arrangera. Viens sans chichi, j'ai déjà hâte de prendre des nouvelles de vive voix.

James.

Lily se relut, une moue au bec. Trop parfaitement écrit. Elle devrait laisser traîner çà et là un petit s à la place d'un t ou encore… Oh et puis zut, elle prétextera encore la « magie de l'amûr et son influence siii bénéfique » pour la énième fois. Potter à présent.

Toi, misérable toi…

Mère te convie à la maison. T'as intérêt à venir, j'ai quelques questions à te poser. Un refus équivaut à aucune aide vis-à-vis de ma sœur. Et je SAIS que tu en auras BESOIN !

Je ne te salue même pas. Mais sache que tes parents me préfèrent déjà à toi.

Niark.

C'était mesquin… mais ô combien défoulant. Restait à savoir qui inviter le premier… Potter. Qu'elle en soit débarrassée une bonne fois pour toute. Elle aurait bien assez de temps à passer avec Severus pour s'assurer que sa condition actuelle n'était aussi pénible que passagère.

-Mon coucouuuu, fit la voix de Mrs Potter à partir de l'escalier. Tu as terminééé ?

Lily roula des yeux- ces surnoms, mais… aaah- et passa en mode tout-sourire après avoir soigneusement plié ses invitations.

-Oui, mère adoréééée !

Courage Lily… quelques jours et tu seras fixée…

A suivre...

Sombraline se nourrit des oligo-éléments présents dans les reviews. Participez à son bien-être, l'bon Dieu vous l'rendra. Merci pour votre lecture!