Chapitre 6
Clair de Lune
Sentant sa magie s'échapper de son corps, la respiration de Malicia se coupa, comme si elle avait été stupéfixée.
Très vite, elle se retourna et quitta la Grande Salle sous les yeux éberlués des élèves mais aussi de l'ensemble du corps professoral.
Pendant ce temps, Harry n'avait pas quitté des yeux ses camarades, son regard envoyant des éclairs tandis que Snape quittait à son tour la Grande Salle, sans être remarqué. Seul un regard bleu, sans malice, le regarda tristement se diriger vers la sortie.
Au même moment, Malicia venait de rejoindre le Lac où le Calamar Géant montrait ses longs tentacules en signe de salut. Elle lui répondit d'un signe de main timide, se demandant s'il pouvait bien la voir. Puis, elle s'installa au bord du Lac, tout près du Calamar et se mit à penser à cette étrange soirée. Ses nerfs avaient étés mis à rude épreuve et elle avait craquée en un rien de temps...qu'allait dire Lucius Malfoy, l'homme qui lui avait appris le mensonge et l'impassibilité... « C'est très important, voire vital, que tu saches cela », lui avait-il dit un jour où elle n'avait que 7 ans. Elle avait faillit...qu'allait-il penser d'elle ? Et son père ? Un Snape ne montrait jamais ses sentiments et ne fuyait jamais...tout le contraire d'elle.
Elle soupira, empêchant cette fois-ci ses larmes de coulées...non, elle ne devait plus craquée mais être forte, comme le lui avait appris le meilleur ami de son père !
Puis, la question traditionnelle revint en sa mémoire...qui était-elle réellement ?
"Malicia... soupira une voix derrière elle."
Reconnaissant la voix de son père, elle ne se retourna pas.
"Il y a un problème, n'est-ce pas ? demanda t-il, doucement comme si il parlait à une petite fille."
Un nouveau silence lui répondit mais les larmes qui coulaient à présent sur les joues de sa fille l'inquiéta un peu plus...fichues larmes, elle n'avait pas réussi à les contenir plus longtemps ! Elle faisait une bien piètre Snape...
"Oui, je suppose qu'il y a un problème ! dit-il, pour lui-même, en s'installant derrière sa fille, l'attirant contre son torse pour ainsi calmer sa peine. Dis-moi...je t'en pris...que je comprenne ! murmura t-il à l'oreille de Malicia, tout en la serrant plus contre lui et en la berçant lentement.
-Le problème...je ne sais pas qui je suis, Père ! murmura t-elle.
-Je ne comprends pas, je t'ai pourtant tout expliqué et Albus aussi...
-Je ne sais pas qui je suis car je ne sais pas d'où je viens réellement ! Qui est mon second père, ma moitié...celle qui domine mon côté Snape ! Qui est-il, Père ?"
Severus ne répondit pas...il fixait le reflet de la lune sur le Lac...pourquoi devait-il en venir à cette discussion, c'était trop tôt, pour lui comme pour elle !
"Père...êtes-vous heureux ? demanda subitement Malicia, face au silence de son père."
Snape se retourna vivement vers sa fille et la dévisagea.
"Que dis-tu ?
-Etes-vous réellement heureux ? En ce moment ? Quand je suis avec vous ? énuméra t-elle.
-Bien sûr ! Pourquoi une telle question ?"
Un silence lui répondit.
"Réponds moi ! C'est encore une stupidité d'Albus ?
-Non !!! Grand-Père n'y est pour rien ! s'exclama t-elle.
-Alors quoi ? Qu'est-ce qui te fais penser que je ne suis pas heureux ? Je le suis, tu n'as pas à en douter !
-Vous mentez, je le sais ! l'attaqua t-elle. Pourquoi ? murmura t-elle, le regard dans le vide.
-Mais je...attends une seconde ! C'est le Choixpeau qui t'a dit que je n'étais pas heureux ?
-Je...
-Réponds par oui ou par non ! ordonna t-il d'une voix glacial que Malicia ne lui connaissait pas.
-Oui... souffla t-elle, espérant ainsi qu'il ne l'entende pas.
-Malicia, le Choixpeau a la langue trop pendue et je tâcherai de lui clouer le bec la prochaine fois que je le verrai dans le bureau d'Albus ! Mais sache qu'il dit n'importe quoi quand il ne s'agit pas de Répartition...
-Cela faisait partir de ma répartition ! Il m'a dit que je devais être à Serpentard pour que vous soyez enfin fier de moi et que vous soyez heureux. Il m'a aussi dit que si vous étiez malheureux, c'était simplement de ma faute...car je vous rappelais trop l'homme que vous aviez tant aimé !"
Tout au long du discours de Malicia, Snape avait fermé ses points, les serrant si fort sous la fureur qui montait en lui que ses ongles se plantèrent dans ses paumes, versant du sang sur son pantalon noir.
"Père ! Vos mains ! s'écria t-elle, sortant un mouchoir de sa poche.
-Ce n'est pas grave...que t'a-t-il dit d'autre ? rugit-il, alors qu'elle tentait d'éponger le sang sur les mains de Snape.
-Rien ! répondit-elle précipitamment.
-Et après, c'est moi qui mens ? dit-il en souriant tandis que les joues de Malicia s'empourprèrent.
-Père, est-ce qu'un jour vous me parlerez de Lui ? demanda t-elle.
-Un jour, oui... répondit-il en la serrant un peu plus contre lui. Malicia...je suis heureux, très heureux d'être ton père ! Tu es ma fierté et même si tu es à Gryffondor, je serais toujours fier de toi ! Un père ne peut détester son enfant...regarde Lucius, lui qui semble être une personne froide...as-tu vue comment il serre Draco dans ses bras quand nous sommes seuls avec eux ?
-Je comprends...mais alors, pourquoi le Choixpeau a-t-il dit toutes ses méchancetés ?
-Je ne sais pas mais j'aurai une petite discussion avec Albus, ne t'en fais pas !
-Je suis fatiguée...cette journée est la pire que j'ai vécu ! souffla t-elle en baillant.
-Je comprends mieux pourquoi tu n'allais pas bien au dîner...et les réflexions de tes camarades n'ont pas dû être facile à entendre...je suis désolé de te faire subir tout ça !
-C'est plutôt à moi d'être désolé ! Je me suis donnée en spectacle devant toute l'école ! Qu'est-ce que Lucius va penser de moi ?
-Il se moquera de toi, sûrement ! Ça fait longtemps qu'il attendait que tu craques...il ne savait pas ce qu'il se passerait si jamais tu perdais le contrôle de ta magie et il voulait en avoir un petit aperçut...finalement tu as pris la bonne décision en quittant la Grande Salle ! Qui sait ce qui aurait pu arriver ?"
A ce moment précis, une détonation retentit à l'intérieur du château, suivi d'une lumière rouge. Tous deux sursautèrent.
"Qu'est ce qu'il se passe ? demanda Malicia en observant le château plongé dans un halo rouge.
-Un duel magique...allons voir, on ne sait jamais ! répondit Snape, entraînant sa fille jusqu'au château."
Une fois arrivés dans le Grand Hall, Severus et Malicia se figèrent sur place. Devant eux se tenait Harry Potter, prit d'une grande fureur, baguette pointée vers un corps effondré sur le sol.
Après une brève observation, Malicia reconnue Seamus Finnigan. Mais cela n'expliquait pas pourquoi celui-ci était inconscient tandis qu'Harry se tenait encore en position de combat, la respiration haletante. Bizarrement, il semblait être stupéfixé.
"Ah ! Severus vous voilà enfin ! s'exclama Albus, qui se tenait non loin des deux élèves, baguette en main.
-Qu'est-ce qui s'est passé, Albus ? demanda Severus, fixant Harry puis Seamus.
-Il semblerait que Mr Finnigan ait été trop loin... murmura le directeur, d'un ton réprobateur.
-Oh, Harry... souffla Malicia, tournant la tête de droite à gauche.
-Et ? demanda Snape, attendant la suite.
-Et un duel a commencé entre eux ! On n'a pas pu les arrêter avant mais j'ai réussi à les faire sortir dans le hall et quand Harry a envoyé un Expelliarmus à Mr Finnigan, j'ai pu le stupéfixer avant qu'il ne commette l'irréparable ! Mr Finnigan était déjà évanouie lorsque j'ai réussi à contrôler Harry.
-Si Harry est stupéfixé, pourquoi a-t-il l'air si essoufflé ? demanda Malicia.
-Harry a une très grande capacité magique et il semblerait qu'il essaye de lutter contre mon sort !"
Ils furent coupés par l'arrivée des autres professeurs, ainsi que des préfets de chaque maison.
"Albus ! Voyons, que c'est-il passé ?
-Plus tard, Minerva ! En attendant, que les préfets raccompagnent les élèves dans leurs dortoirs, sans exception !
-Que fait-on de Finnigan ? demanda Snape d'une voix glaciale.
-Minerva, emmenez le à l'infirmerie, je vous prie !"
Cette dernière acquiesça et très vite, le couloir ainsi que la Grande Salle se vidèrent pour ne laisser qu'Albus, Snape, Malicia et Harry (toujours à moitié stupéfixé) dans le couloir, seuls. Lentement, Malicia s'approcha d'Harry sous les yeux du Directeur et de Snape. Une fois assez proche de lui, elle déposa une main sur son épaule en signe d'apaisement et sans que le Professeur Dumbledore ne puisse réagir, son sort de pétrification s'envola.
Petit à petit, Harry reprit ses esprits et se souvenant du duel entre Seamus et lui, son visage devint livide.
"Je...je suis désolé, Professeur ! dit-il en se tournant vers le Directeur. Mais je ne le regrette pas !
-Harry...mon garçon, que c'est-il passé pour que tu sois tombé sous une telle fureur ?
-Ils n'ont pas arrêtés d'insulter le Professeur Snape et sa fille...j'en ai eu assez et pour les faire taire, j'ai sortie ma baguette. Ils ne m'ont pas pris au sérieux...Seamus était le plus proche et le plus bavard, si vous voyez ce que je veux dire !
-Nous voyons, en effet Potter ! La suite ? grogna Severus, dont l'histoire ne lui plaisait guère.
-La suite est que je lui ai jeté un sort de Chauve Furie comme Ginny me l'avait appris et il a répliqué...le duel a prit une ampleur que je ne voulais pas mais, c'était pour te protéger ! dit-il en se tournant vers Malicia.
La réplique d'Harry fit froid dans le dos de Snape...Potter s'intéresserait-il lui aussi à sa fille ?
"Je te remercie Harry, mais tu n'aurais pas dû...que vont penser tes amis maintenant ? Et ce Finnigan, n'est-il pas dans ton dortoir ?
-Si mais...
-Potter se débrouillera avec ses propres problèmes ! Il se fait tard, Albus ! déclara Snape, pressé d'être dans ses calmes cachots.
-Effectivement, il est tard ! Mais vous conviendrez Severus, que Harry ne peut retourner dans son dortoir avec ce qui s'est passé ce soir...du moins, pas pour l'instant ! Je propose donc qu'il habite dans les appartements libres des cachots ! sourit le malicieux Directeur de Poudlard.
-Et pourquoi doit-il vivre dans MES cachots ?
-Severus... Albus le regardait à présent droit dans les yeux et Snape avait l'impression, dans ces moments là, que le Directeur l'observait aux rayons X. Souvenez-vous de ce que nous avions convenu, Malicia, vous et moi !
-Hum... grogna Snape tandis que Harry se tournait vers le Directeur et que Malicia se souvenait du pourquoi elle était présente en ces lieux.
-Que dites-vous, Professeur ? demanda Harry, soupçonneux.
-Tu en sauras plus demain, Harry ! En attendant, aller tous vous reposez...bonne nuit.
-Albus, j'ai l'étrange impression que vous aviez déjà tout prévu ! grogna Severus.
-Cela se pourrait bien ! sourit le Directeur avant de s'éloigner à grande enjambée en direction de son bureau.
-Vieux fou ! murmura Severus, avant de s'éloigner lui aussi vers ses cachots. Dépêchez-vous de me suivre ! Vous devriez déjà être en train de dormir !"
Sans un mot, Malicia et Harry suivirent Snape jusqu'à leurs appartements.
"Bien, vos appartements se trouvent ici, derrière ce portrait de Salazar Serpentard et le mot de passe est « Destinée » ! Bonne nuit, Potter !
-Euh...et où sont les votre ? demanda timidement Harry.
-Cela ne vous regarde pas, Potter ! Dépêchez-vous d'entrer dans vos appartements... murmura t-il, le regard froid.
Sans plus attendre mais la tête basse, Harry donna le mot de passe et entra dans ses appartements aux couleurs Vert et Argent, pour ensuite s'endormir totalement épuisé de cette soirée forte en émotion. De l'autre côté, Snape fit demi-tour, posa ses mains sur les épaules de Malicia et la guida à travers plusieurs couloirs.
"Il fait froid, ici... murmura Malicia, tout en claquant des dents.
-J'avoue que l'hiver n'est pas agréable à vivre dans les cachots mais si tu as froid en ce moment même, c'est simplement parce que tu es fatiguée ! Alors en route, plus vite on arrivera à nos appartements, plus vite on pourra se reposer...nous avons tous les deux eu une sale journée !
-Oui, rentrons vite... murmura t-elle.
-Es-tu sûre d'aller bien, Malicia ?
-Oui, pourquoi cette question ? dit-elle, tandis qu'ils s'arrêtèrent au milieu d'un nouveau couloir.
-Tu sembles...perdue ! avoua Severus, un peu inquiet.
-Une bonne nuit de repos me fera le plus grand bien, Père ! Ne vous inquiétez pas..."
Ils reprirent alors leur chemin, n'osant pas parler de ce qui c'était passer dans la Grande Salle. Puis, quelques secondes plus tard, Severus s'arrêta devant un immense portrait qui semblait dormir.
"Nous y voilà ! murmura Snape, sachant l'humeur des tableaux lorsqu'ils étaient réveillés en plein milieu de la nuit.
-Un véritable labyrinthe, ces cachots ! souffla Malicia, légèrement somnolente.
-Tu t'y feras, ne t'inquiètes pas !
-Le mot de passe ? demanda la jeune femme peinte sur le portrait qui leur faisait face, gardant la demeure de la "Terreur des Cachots" !
-Praesidium ! annonça Severus, poussant ensuite Malicia à l'intérieur de leurs appartements.
-C'est du latin ?
-En effet ! Les sorciers utilisent beaucoup cette ancienne langue...regardes, pratiquement tous les sortilèges sont en latin ! lui expliqua Snape.
-Qu'est-ce que ça signifie, exactement ?
-Praesidium ? Euh...protection...
-Vous avez peur, n'est-ce pas ?
-Je préfèrerai juste que tu sois autre part que Poudlard...tu n'es pas en total sécurité ici malgré ma présence et celle d'Albus !
-D'après ce que j'ai vu depuis mon arrivé, je peux vous dire que j'aime déjà beaucoup cette école...même si mes camarades Gryffondors ne m'ont pas acceptés, finalement, ça m'est égal ! Je suis avec vous, Père...avec ma Tante et Grand Père...je suis très heureuse ! De plus, j'ai Draco et de nouveaux amis : Hermione, Ron et Harry...
-En parlant de Potter, ne traîne pas trop avec lui...
-Père, vous exagérez ! Il est très gentil et...
-Et ? Non...ne me dis pas que tu t'intéresses à lui !!! dit-il, surprit de sa déduction.
-Mais non...Père, j'aime Draco et vous le savez !
-Oui... répondit-il, une moue d'enfant sur le visage. Bon, allons nous coucher...tu es totalement épuisée ! dit-il en l'observant."
Effectivement, Malicia avait les yeux clos, prête à s'endormir à n'importe quel moment. Quand il s'approcha d'elle, il entendit sa respiration devenir lente et en conclut qu'elle s'était endormie d'un seul coup. Il l'a prit dans ses bras et l'emmena dans sa chambre où il l'allongea sur le matelas. D'un sort rapide, elle fut en pyjama. Il s'installa à ses côtés, remonta la couverture sur eux et comme il y a plusieurs années de cela, il l'a prit dans ses bras et s'endormit ainsi, le baume au cœur, heureux de la savoir en vie et presque en sécurité...mais qu'adviendra t-il d'eux lorsque la guerre éclatera ???
