Titre : Le dernier Horcruxe

Résumé : 1992. Harry Potter meurt assassiné par Lucius Malfoy. 20 ans plus tard, des rumeurs courent : le Survivant aurait été aperçu dans les rues du quartier magique de Londres. Qui est cette personne ? Et quel est son lien avec les divers meurtres qui sévissent à Londres ?

Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient à JKR. Je ne prétends à rien en réutilisant ses personnages.

Nombre de chapitres : 9 - Terminée. (Plus divers OS à venir)

Nda (pour ceux/celles qui lisent les blabla d'auteur.e.s) :

Et nous revoilà pour le chapitre 6 de cette fic, j'espère qu'il vous plaira. Beaucoup, beaucoup d'informations sont données et j'ai fait au mieux pour "élaguer" et "aéreré un peu :)

Encore une fois, merci pour vos retours !

Vous pouvez remercier Epsilon, sans qui je crois, vous n'auriez pas eu de chapitre... Je suis tellement malade que j'ai oublié que je devais publier !

Bêta : Merci à Audesnape et Epsilon pour leur relecture :)

Bonne lecture à toutes et à tous :)

Chapitre 6

Deux jours plus tard

Toujours au Briquet

Harry, silencieux depuis plusieurs minutes, se pencha en avant dans son fauteuil. Il posa ses coudes sur ses genoux et ses mains s'entrelacèrent alors que son regard se fit particulièrement songeur. Ron et Hermione échangèrent un regard étonné et attendirent qu'il parle. Un court instant passa, puis le brun redressa la tête dans leur direction. Il s'éclaircit la gorge, hésita encore un peu, puis finit par parler.

- Je… Il y a quelque chose dont je ne vous ai pas encore parlé. Et… il y a quelqu'un que j'aimerais vous présenter. J'y songe depuis que j'ai vu Théophile, Hermione.

Le visage de la brune se fit légèrement intéressé. En quoi son fils avait pu inciter leur nouvel ami à leur dévoiler l'un de ses nombreux secrets ? Ce fut elle qui répondit à la question qu'Harry n'avait pas pris la peine de formuler.

- Bien sûr ! Nous serions ravis de rencontrer cette personne, n'est-ce-pas Ron ? Qui est-ce ?

Elle lui adressa un sourire engageant tandis que Ron corroborait les dires de son amie. Harry ne répondit pas. Il s'assura que Ron pensait bien comme Hermione, puis il se leva de son siège. Sous les regards curieux des deux anciens Gryffondors, il se dirigea vers la cheminée du Briquet. Arrivé juste devant l'âtre, il se tourna et demanda :

- Est-ce que je peux lier ta cheminée à un nouvel endroit Hermione ? C'est un lieu sécurisé et tout à fait légal et-

- Bien sur que tu peux, l'interrompit Hermione, confiante.

Il hocha la tête pour la remercier puis refit face à la cheminée. Il sortit sa baguette et la pointa devant lui. Il murmura un sort et d'immenses flammes vertes s'élevèrent. Il prit une poignée de Poudre de Cheminette et se plaça dans l'âtre. Avec un dernier regard pour les deux autres, il prononça clairement le nom suivant avant de disparaître :

- Le Cottage.

Hermione se tourna vers son meilleur ami.

- Eh bien… cette histoire est pour le moins surprenante.

Ils attendirent une dizaine de minutes, discutant de tout et de rien mais surtout de la preuve de confiance que venait de leur offrir Harry en reliant ce qu'ils supposaient être sa maison au Briquet. Ils furent interrompus par les flammes qui se réveillèrent. Rapidement leur ami réapparut dans le salon. Seul.

- Vous êtes sûrs que ça ne vous dérange pas que je vous présente quelqu'un ?

- Bien sur que non Harry ! Nous sommes ravis de faire un peu plus connaissance avec ton entourage.

Hermione et Ron le virent prendre une grande inspiration. Il jeta un nouveau sort sur la cheminée et les flammes devinrent cendres. Il s'accroupit devant l'âtre.

- Elyne ? Tu peux venir.

Il se recula et ils purent voir ses mains trembler. Le voir si fébrile attisa la curiosité des deux autres. Il était rare de le voir ainsi. Même pendant les quelques jours qu'avaient duré la chasse à l'Horcruxe, Ron l'avait toujours vu inébranlable. Quand il leur avait raconté son passé, enfin une partie de son passé, quelques jours auparavant, il n'avait jamais montré une telle faiblesse. De quoi avait-il bien peur ?

- Je… Si vous pouviez éviter de la dévisager, ça rendrait les choses plus faciles.

Ils n'eurent pas le temps de lui demander plus d'explications, une lueur verte brilla une troisième – et dernière – fois dans le salon. Puis une silhouette apparut. Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent et Ron ne dut qu'à l'habitude de son métier de ne pas frémir d'horreur.

En face d'eux, une petite fille à peine plus petite que Théophile venait d'apparaître. Ses cheveux, qu'elle portait extrêmement courts, étaient habillés d'un magnifique serre-tête. Celui-ci était intégralement vert, et un papillon en tissu, de cinq centimètres, prêt à s'envoler, y était attaché. Sa couleur n'était pas sans rappeler celle de ses yeux. Ses iris d'une profondeur indescriptible ressemblaient nuances pour nuances à ceux d'Harry. A ceux de Lily Potter. Ils ne doutèrent pas un instant du lien qui unissait l'enfant au brun. La robe qu'elle avait revêtue était en soi tout simple, digne d'un vêtement d'une enfant de son âge. Le col en U était orné de légères paillettes – vertes elles aussi – de même que le grand ruban à nœud qui ceinturait sa taille. En dehors de ces touches de couleurs, le reste du tissu était blanc nacré, sans fioritures ni dentelles. Le jupon s'arrêtait juste en dessous de ses genoux. Elle portait deux légères ballerines, vertes.

Mais ce qui avait attiré l'attention de Ron et Hermione, ce ne furent ni ses cheveux, ni sa robe. Non. Une cicatrice mangeait une grande partie du côté droit de son visage. De son œil jusqu'à la racine des cheveux, sa peau était boursouflée à plusieurs endroits et de longues stries blanches y lézardaient. Elles étaient particulièrement visibles du fait qu'à cet endroit seulement, la peau était légèrement rougie. On devinait aisément que ces stries ne s'arrêtaient pas à la naissance des cheveux, et qu'une certaine partie du cuir chevelu avait dû être atteinte aussi. D'ailleurs, si on faisait bien attention, on remarquait que proche de la cicatrice, les cheveux étaient moins nombreux.

- Elyne, je te présente Hermione et Ron. Deux anciens amis à moi. Hermione, Ron. Voici ma fille, Elyne.

La voix les sortit de leur contemplation et Hermione adressa un grand sourire à la petite fille. Elle avait honte de son comportement. Suffisamment de gens devaient déjà fixer sa cicatrice sans qu'elle le fasse elle aussi. Elle força son esprit à mettre de côté la marque qui déformait le visage de l'enfant.

- Bonjour Elyne.

Sa voix douce ne sembla pas rassurer la petite. Elle se réfugia dans les jambes d'Harry, cachant son visage dans la cape de l'homme. Celui-ci s'accroupit pour la regarder dans les yeux. Il lui offrit un sourire rassurant et passa une main dans ses cheveux. De l'autre il vint lui caresser la joue.

- Hé bien mon cœur. Tu ne veux pas dire bonjour ?

Il vit sa fille se mordiller la lèvre tandis qu'elle secouait négativement la tête. Harry fronça les sourcils et sa voix se fit un plus dure.

- Elyne. Qu'est-ce qu'on a dit à propos de ça ? Je ne te forcerai pas à leur faire un bisou, je veux juste que tu leur dises bonjour.

Les quatre pupilles vertes s'observèrent un moment, puis l'enfant fit deux pas sur le côté. Hermione la vit triturer le nœud de son ruban. Ses yeux regardaient ses pieds et sa voix fut extrêmement basse et timide quand elle parla.

- Bonjour…

La femme ne put s'empêcher de la trouver adorable. Elle oublia instantanément la cicatrice qui barrait le visage de l'enfant. Il n'y avait que ses magnifiques yeux verts, ce petit corps fragile rempli de timidité. Elle lança un regard à Harry, lui demandant silencieusement si elle pouvait s'approcher. Il cligna des yeux d'assentiment. Elle se leva doucement du canapé et vint à la rencontre de la jeune fille. Elyne fit un pas en arrière mais la main de son père l'arrêta avant qu'elle n'aille plus loin. Elle leva la tête vers lui et il l'encouragea d'un sourire. Hermione s'arrêta à un mètre de la jeune fille.

- Bonjour, répéta-t-elle. Comme ton papa l'a dit, je m'appelle Hermione. Et le monsieur qui n'a pas bougé d'un millimètre et qui n'a rien dit depuis tout à l'heure, c'est mon meilleur ami Ron. Et on est très content de te rencontrer.

Elyne regarda par dessus l'épaule d'Hermione pour observer Ron. Ce dernier se força à sourire à l'enfant.

- Dis-moi Elyne, tu as quel âge ?

Hermione la vit lever une main vers son visage. Elle écarta les doigts, paume en avant.

- Cinq ans, chuchota-t-elle.

- Alors tu es un tout petit peu plus jeune que mon fils. Il s'appelle Théophile et il a six ans.

Cette fois Elyne leva des yeux intéressés vers la sorcière.

- Tu veux le rencontrer ? Il est chez mes parents mais je suis sûre qu'ils seront ravis de t'accueillir.

A peine eut-elle fini sa phrase qu'Hermione se mordit la lèvre. Elle connaissait Harry depuis à peine quelques jours, et Elyne depuis quelques minutes seulement. Elle ne savait rien de leur passé à tous les deux, ni du lien qui les unissait. Comment avait-elle pu se permettre de proposer une telle chose sans en parler auparavant au père de la petite fille ? Cependant, Harry ne parut pas offensé, seul un léger pli soucieux barrait son front.

- Alors Ely' ? Qu'en dis-tu ?

- Je peux y aller ?

- Oui, si tu veux. Et s'il y a le moindre problème, tu pourras rentrer chez Grand'Ma d'accord ?

Elyne fit un grand sourire. Hermione fut soufflée par la beauté de la petite fille, elle renvoyait une image merveilleuse. Celle d'une enfant, inconditionnellement heureuse, à qui on venait de faire le plus beau des cadeaux. Hermione et Harry laissèrent donc Ron dans le salon, lui promettant de revenir dans une petite demi-heure et ils partirent avec la petite fille chez les parents d'Hermione.

Jean et Maria virent donc arriver dans leur salon les deux adultes et l'enfant. Ils ne marquèrent aucun étonnement devant la cicatrice d'Elyne, ils ne virent en elle qu'une petite fille timide mais pressée de rencontrer un nouvel ami. Trente minutes plus tard, plusieurs précautions données par Harry et les présentations faites avec Théophile, Hermione tira derrière elle un papa plus qu'inquiet pour rentrer au Briquet.

Quand ils apparurent dans le salon, Ron se leva d'un bond.

- Alors ? Ca s'est bien passé ?

Harry parut touché de l'inquiétude de Ron.

- Oui c'est gentil de demander. Je m'inquiète visiblement trop.

Ils se rassirent dans le salon sauf Hermione qui partit préparer des rafraîchissements. Quand elle revint avec les boissons, Harry s'expliqua.

- Elyne n'a pas eu l'occasion de rencontrer beaucoup d'enfants, depuis... (Il désigna d'une main son propre visage). Et je ne savais pas comment elle allait réagir en présence de Théo.

- Je suis désolée, dit soudainement Hermione.

Les deux sorciers levèrent un regard étonné vers elle. Ils la virent serrer fortement son verre de jus de pèche et se mordre la lèvre inférieure.

- J'aurais dû en parler avec toi avant de proposer ça. Je ne sais pas ce qui m'a prise. Tu es son père et j'ai dépassé mon droit.

Harry la laissa terminer mais balaya ses excuses d'une main.

- Tu as bien fait, la rassura-t-il. J'espérais que tu accepterais qu'ils passent une après-midi ensemble un de ces jours, ça c'est juste fait un peu plus rapidement que je ne le pensais.

Il lui adressa un sourire pour finir de la rassurer et but une gorgée du thé glacé qu'elle lui avait apporté. Ron, qui était resté silencieux depuis tout à l'heure, se racla la gorge, lança un regard hésitant au brun et finit par poser la question que lui et Hermione avait sur le bout des lèvres.

- Son visage… comment est-ce arrivé ?

Aucun des deux ne s'attendaient à la réaction du brun. Un éclat de culpabilité traversa ses iris avant qu'il ne détourne le regard et son visage refléta une tristesse infinie. Ses mains se croisèrent et ses doigts se crispèrent. Quand il répondit à la question, sa voix était brisée.

- Un Feudeymon.

11 ans plus tôt

Lyna regardait avec fierté son garçon. Tant de temps s'était écoulé depuis qu'ils avaient emménagé au Brésil. Sept ans exactement. Sept années qu'elle était devenue maman à plein temps, qu'elle voyait Harry grandir et évoluer à Castelbruxo. Le garçon frêle de douze ans avait laissé place à un grand et beau jeune homme de dix-neuf ans qui, elle en était sûre, devait faire tourner les têtes de nombreuses jeunes filles. Le garçon avait continué le Quidditch dans sa nouvelle école et son rôle d'attrapeur lui avait permis de se muscler légèrement. Il avait troqué ses lunettes rondes contre des carrées qui mettaient ses yeux plus en valeur et il portait, pour l'occasion, une robe de cérémonie bordeaux, comme tous les autres étudiants de son âge.

En ce jour, tous les élèves de neuvième année de Castelbruxo attendaient debout, patiemment mais fébrilement, sur une estrade installée dans le parc de l'école spécifiquement pour cette journée. Le directeur Castenbanõ s'avança sur le devant de la scène. Il regarda tous les parents présents pour la remise des diplômes puis lança un Sonorus.

- Mesdames, Messieurs, nous sommes réunis en cette journée pour couronner la fin des études des jeunes femmes et jeunes hommes ici présents. Depuis 9 ans, chacun d'entre eux s'est forgé une connaissance et une pratique de la magie, qui je l'espère, leur permettra d'exercer le métier qu'ils souhaitent.

Il se tourna vers les étudiants et leur adressa un sourire franc.

- Jeunes gens, vous avez donné le meilleur de vous-même pendant ces neuf années d'études. Depuis deux ans, vous avez décidé d'une voie dans laquelle vous spécialiser, et j'espère que vous pourrez continuer dans vos choix. Le corps enseignant vous a vus grandir, mûrir, faire vos propres erreurs et, comme chaque année, c'est avec fierté que je vais vous regarder quitter notre école. Je vais maintenant demander à notre meilleur élève de venir clôturer cette année. Mesdames, Messieurs, Monsieur Harry Milani.

Tandis que des applaudissements discrets se faisaient entendre, le jeune homme fit un pas en avant et vint se placer là où était le directeur quelques secondes auparavant. Lyna le regardait avec un mélange de fierté et d'étonnement. Elle savait bien qu'il avait travaillé dur depuis qu'il s'était spécialisé, deux ans plus tôt, et qu'il avait particulièrement bien réussi ses examens, mais elle ne s'était pas doutée un instant qu'il était major de promotion. Et il s'était bien gardé de lui dire. Elle comprenait maintenant pourquoi il était si stressé depuis plusieurs jours. Elle le vit pointer sa baguette sur sa gorge, puis il commença à parler.

- Bonjour à tous. Et rebonjour à mes camarades.

Quelques rires se firent entendre derrière lui.

- Je me suis longtemps demandé comment j'allais faire ce discours. Je suis même allé à la rencontre d'anciens majors pour discuter avec eux, et finalement je n'ai pas été plus avancé dans ma démarche et j'ai surtout fini par me dire : « Tu ne feras jamais aussi bien. »

Il fit une grimace et cette fois, les rires vinrent aussi du public.

- Je tiens évidemment à féliciter chacun des étudiants et à remercier les enseignants, en notre nom à tous, de nous avoir transmis leurs savoirs.

De nouveaux applaudissements, plus nombreux cette fois-ci, ponctuèrent sa déclaration. Harry attendit le retour du silence avant de continuer.

- Nombreux de mes collègues et amis le savent, je ne suis pas d'ici. En fait, je ne suis même pas d'Amérique du Sud.

Il fit une pause.

- Je suis arrivé dans cette école et ce pays il y a sept ans, accompagné de celle que je considère aujourd'hui comme ma mère. Elle a tant fait pour moi. Elle m'a tout donné, inconditionnellement et elle m'a permis de me construire une vie que je n'aurais jamais eue sans elle. Si mes débuts ont été particulièrement difficiles – et certains de mes amis peuvent en témoigner… J'ai mis longtemps à m'adapter à mon nouveau style de vie, à cette nouvelle culture. Mais si aujourd'hui je peux dire que je l'ai complètement adopté c'est grâce à Castelbrixo, à ses enseignants, à ses élèves mais surtout, grâce à Lyna Milani.

Il la chercha du regard et, quand il la trouva, plongea ses yeux dans ceux de sa mère.

- Tu ne peux imaginer combien je suis fier d'être ici et de dire que je suis ton fils. Tu ne peux imaginer la joie que j'ai de faire ce discours Lyn'. Parce qu'il me donne le sentiment de pouvoir te remercier comme il se doit. Devant tous ces gens. Merci Lyn' d'avoir tout abandonné pour moi. Tu ne m'as peut-être pas mis au monde, mais tu m'as permis de renaître.

Le silence qui suivit sa déclaration était rempli d'émotion. Harry sourit tendrement, les yeux légèrement brillants.

- Merci maman.

Plusieurs regards se tournèrent vers elle et Lyna sentit le rouge lui monter aux joues. Elle aurait voulu dire au garçon qu'elle aussi était fière d'être sa mère et qu'elle ne regrettait pas un seul instant son ancienne vie. Que si on lui demandait de le refaire, elle dirait oui mille fois. Leurs yeux se fixèrent un moment puis Harry finit par briser leur échange silencieux. Il regarda droit devant lui, un sourire radieux aux lèvres. La main qui tenait sa baguette se pointa vers le ciel et un feu d'artifice s'échappa du bout de bois. Au moment où il explosait dans le ciel, Harry prononça ses derniers mots.

- On l'a fait les gars !

Tous les autres étudiants levèrent leur baguette et ce fut un florilège de lumières et de sons qui rythma la fin de son discours. Harry descendit de l'estrade et il serpenta entre les différentes personnes pour retrouver Lyna. Celle-ci était restée assise à sa place, sa sœur à ses côtés. Quand elles aperçurent le garçon qui se dirigeait vers elles, elles se levèrent d'un seul mouvement. Harry n'eut pas le temps de dire un mot que deux bras l'enlaçaient furieusement. Il répondit à l'étreinte de sa mère et lui murmura un « Je t'aime » à l'oreille. La femme sentit couler les larmes qu'elle retenait depuis le discours du garçon. Elle se dégagea, essuya difficilement ses joues tout en arborant un grand sourire.

- Je sus si fière de toi.

Ils discutèrent un moment, Mireilla félicitant à son tour le garçon. Puis Harry repartit dans la foule, discuter avec ses amis. Il avait prévenu sa famille d'adoption qu'il rentrerait plus tard ce soir-là, comptant bien profiter de la fête qu'ils avaient organisée.

- Attends attends ! l'interrompit Ron. Tu as fini Major de promo ?

Son visage marquait un tel étonnement qu'Harry ne put s'empêcher de rire. Hermione, gênée de la remarque de son meilleur ami, lui donna un coup dans les côtes.

- Mais 'Mione ! Il était aussi nul que moi pour les études !

- Ce n'est pas une raison pour être aussi étonné Ron ! Harry était déjà très intelligent à l'époque !

- Parce que moi je l'étais pas peut-être ?

Le rire d'Harry devint encore plus fort et les deux amis arrêtèrent leur pseudo dispute pour se tourner vers lui. Quelques secondes plus tard, ils riaient tous les trois de la bêtise du roux.

- Tu n'as pas eu la mère que j'ai eue Ron, parvint à expliquer Harry une fois calmé. Je te promets que si je ramenais une mauvaise note, c'en était fini de moi. Alors à un moment je me suis dit que quitte à étudier, autant le faire un maximum. Et j'ai fini par devenir un rat de bibliothèque. Ce qui ne m'empêchait pas pour autant de savoir profiter de mes soirées…

Ce fut tard le soir, ou tôt le matin selon le point de vue, que Lyna fut réveillée par Harry qui rentrait à la maison. Elle ricana en l'entendant faire tomber quelques objets et jurer, il allait avoir un formidable mal de crâne le lendemain. Elle s'assura cependant qu'il avait bien trouvé le chemin de son lit avant de se recoucher. En entrant dans le salon, elle se rendit compte qu'à défaut du lit, son fils avait trouvé le canapé : bien moins confortable, mais bien moins loin. Elle le regarda tendrement quelques instants, puis au premier ronflement de son fils, elle repartit se coucher, non sans avoir préalablement déposé une couverture sur les épaules du garçon.

Quand Harry se réveilla le lendemain, ce fut à cause du bruit que firent Mireilla et Lyna en cuisinant. Il tâtonna à ses côtés, à la recherche de ses lunettes, qu'il avait visiblement eu l'intelligence d'enlever avant de s'endormir. Sa main rencontra le vide à la place où aurait dû se trouver sa table de chevet. Il grogna et cligna des yeux difficilement. La lumière de la pièce lui donnait envie de se cacher dans un trou de Véracrasse.

- Réveil difficile Harry ?

La voix de sa tante résonna dans sa tête, réveillant le mal de crâne que toute gueule de bois digne de ce nom provoquait. Il grogna une seconde fois et secoua le bras.

- Très classe Mr Potter.

Harry écarquilla les yeux soudainement, complètement réveillé. Il se redressa sur le canapé – Ah.. ça expliquait l'absence de table de chevet – et regarda l'homme qui venait de parler. Il voyait flou sans ses lunettes mais il n'en avait pas besoin pour savoir qui il était. Il n'y avait qu'une seule personne pour l'appeler ainsi.

- Bonjour Professeur Snape.

Une main vint déposer ses lunettes sur le bout de son nez et Harry retrouva la vue. Il remercia silencieusement Mireilla. Il jeta un regard rapide au Maître des Potions et se leva.

- Je suppose que vous ne m'en voudriez pas si j'allais prendre une douche avant que vous me parliez ?

- Il vaut peut-être mieux, en effet, que nous fassions ainsi.

Harry ne réagit pas à la pointe de raillerie qui perçait dans la voix de l'homme et il s'éloigna en direction de la salle de bain. Il fit venir à lui des vêtements propres avec un Accio puis s'enferma dans la pièce. Alors qu'il se dévêtait et qu'il entrait sous le filet d'eau chaude, il repensa à sa relation avec Severus Snape. Relation qui avait bien changé en sept ans.

Après son arrivée au Brésil, il ne l'avait pas revu pendants plusieurs mois. Jusqu'à ce qu'il sorte de la cheminée du salon un matin du mois de mars. Harry avait alors appris que Lyna faisait des rapports réguliers au professeur depuis les premiers jours. Le garçon s'était d'abord senti trahi par la femme puis il avait rapidement compris que, de toute façon, il n'y pouvait rien. Après une longue discussion avec Mireilla, il avait aussi consenti à faire des efforts en présence de l'homme. Il comprit bien des années plus tard que Lyna avait eu le même genre de discussion avec Snape, et que c'était pour ça que les remarques cassantes et rabaissantes s'étaient faites moins nombreuses. Harry n'avait jamais compris quel lien unissait ces deux-là à la base : si sa mère et le professeur étaient devenus amis avec le temps, ils ne l'avaient pas été dès le départ.

Aujourd'hui, Harry et Severus entretenaient des relations cordiales. Le jeune homme avait appris à respecter son aîné, et quand il lui avait dit qu'il avait été un ami de Lily, il avait décidé de s'en faire un allié – il refusait, encore maintenant, d'utiliser le terme d'ami. Le professeur avait été étonné de voir le jeune homme, âgé de quinze ans à l'époque, s'intéresser soudainement à son passé et à sa vie actuelle. Il l'avait rembarré les premières fois, pensant qu'il se moquait de lui mais devant l'insistance du garçon, il avait cédé. Harry avait alors appris de nombreuses choses concernant sa mère et il arrivait encore que l'homme lui raconte certaines histoires de Poudlard, ou d'avant.

Il sortit de la salle de bain une bonne demi-heure plus tard, son mal de tête toujours présent, quelque part dans les recoins de son crâne. Quand il vint s'asseoir à table, il vit une potion à côté de son verre.

- Ne pensez pas que j'ai pitié de vous Mr Potter, mais nous devons parler de choses sérieuses aujourd'hui. Et vous allez avoir besoin de toutes vos capacités mentales.

- Peu importe vos raisons, je ne suis pas assez stupide pour refuser ça.

Harry avala le contenu de la fiole et sentit rapidement la douleur refluer. Il ferma les yeux de soulagement.

- Vos potions sont vraiment les meilleures.

Un silence suivit sa déclaration. Il rouvrit les yeux pour voir sa mère qui souriait tendrement. Sa tante, elle, le regardait avec une pointe de moquerie dans le regard. Il ne prit conscience de ce qu'il venait de dire qu'en voyant le regard figé de Snape. Une légère rougeur monta à ses joues mais il ne chercha pas à la cacher.

- Il faut savoir reconnaître certaines choses, déclara-t-il en regardant par la fenêtre. Et vous êtes un très bon Maître des Potions.

Il attendit une remarque acerbe de la part dudit Maître des Potions mais rien ne vint. En fait, l'homme était bien trop étonné du compliment pour réagir. Et quand il ouvrit la bouche, ce fut pour remercier gauchement le garçon. Les femmes rirent devant leur gêne et Mireilla se moqua de ces hommes « qui ne savent pas se dire les choses en face », puis une discussion sur les résultats de Harry s'ensuivit. Lyna, fière de son fils, n'hésita pas à insister sur le fait qu'il était major de promotion. Elle avait beau apprécier Severus, elle savait pertinemment que celui-ci ne manquait pas une occasion de le critiquer, même si c'était devenu plus une habitude qu'une réelle envie. Pour une fois, il n'aurait rien à reprocher au garçon.

Ils se mirent à table et le repas se passa dans une cordiale entente. Harry interrogea le professeur sur l'avancement de sa potion Tue-Loup, Mireilla et Lyna évoquèrent leur envie de partir en voyage quelques semaines, pour fêter la fin de la scolarité du brun. Ce ne fut qu'au café qu'un changement d'ambiance se fit sentir. Harry comprit immédiatement que quelque chose n'allait pas, ou n'allait plus.

Le silence s'était fait pesant depuis plusieurs minutes quand Severus prit la parole.

- Mr Potter, Albus Dumbledore vous avait-il révélé la raison pour laquelle Voldemort n'avait pas réussi à vous tuer ?

Harry fut surpris de l'entrée en matière de son ancien professeur. Allait-il enfin lui révéler la raison de son exil en Amérique du Sud ?

- Plus ou moins. Il m'a dit que c'était en quelque sorte grâce à la magie de ma mère. Qu'elle m'avait protégé du sortilège de mort et qu'il avait rebondi sur lui ou quelque chose comme ça. J'étais à moitié dans les vapes quand il m'avait raconté ça, j'ai oublié.

- Et avez-vous une idée de pourquoi le sortilège de Lucius Malfoy ne vous a pas tué ?

Harry haussa les épaules. Il avait imaginé des tas de théories, mais aucune ne lui semblait crédible. Il avait fini par se dire qu'un peu de résidu de la magie de sa mère devait encore couler dans ses veines. A moins que ce soit le fait d'être à Poudlard.

- Il s'agit en réalité d'un mélange de différents éléments, commença à expliquer l'homme. Le premier, c'est que vous étiez dans l'enceinte du château. Le deuxième, que vous êtes un incorrigible chanceux. Le troisième, que vous aviez en vous un bout d'âme qui ne vous appartenait pas. Et c'est ce bout d'âme qui est mort à votre place.

Le jeune sorcier le regardait avec les yeux d'un hibou. Avait-il bien entendu ? Ou bien sa gueule de bois lui jouait-elle des tours ?

- Vous avez dit… un bout d'âme ?

- Celui de Voldemort, Mr Potter.

Harry ne douta pas instant de ce que le professeur venait de lui dire. Il prit conscience de la signification exacte de ce qu'il avait entendu. Il cligna des yeux une première fois. Une deuxième fois. A la troisième fois, il sentit son estomac remuer. A la quatrième, il était au-dessus de l'évier de la cuisine, en train de rendre le délicieux repas de sa tante. Lyna se leva immédiatement à sa suite. Elle lui caressa les cheveux doucement et jeta un regard mauvais à Severus.

- Je t'avais dit d'attendre un peu avant de lui annoncer ça.

Harry leva un bras pour l'interrompre. Il se rinça la bouche, avala le carré de sucre mentholé que lui tendait Mireilla et s'adossa à l'évier. Son visage était blanc.

- Non… Ça n'aurait rien changé. Enfin je ne crois pas. Continuez.

- Tu es sûr Harry ? s'enquit Lyna, inquiète.

- Oui.

Snape l'observa un instant, semblant chercher quelque chose dans son regard. Il dut le trouver car il reprit :

- Il y a dix-huit ans, la nuit du 31 octobre, non seulement le Mage Noir n'a pas réussi à vous tuer, mais il vous a aussi, probablement involontairement, fait cadeau d'un bout de son âme. Vous étiez, Monsieur Potter, ce qu'on appelle communément, un Horcruxe.

- Et qu'est-ce que c'est ?

- Un objet, intervint une voix féminine, enfin normalement, de magie noire.

Harry se tourna vers Mireilla, étonné. Il ne s'était pas attendu à ce que ce soit elle qui lui réponde. Son visage était extrêmement sérieux. Il l'écouta, attentif.

- Le premier Horcruxe a été créé par Herpo l'Infâme, enfin pour ce qu'on en sait. C'est un procédé de Magie Noire très puissant. Il s'agit de séparer son âme en deux et de cacher l'une des deux parties dans un objet. Il est alors nécessaire de tuer une âme innocente. En faisant cela, le sorcier corrompt sa magie, et pendant une fraction de seconde, il peut enfermer une partie de son âme dans un objet. Je ne connais pas le procédé précis.

- Mais quel est le but de tout ça ?

- L'immortalité, Mr Potter. En faisant cela, un sorcier s'assure que quand il mourra, un bout de son âme restera en vie. A partir du moment où l'objet est trouvé par une âme innocente, la partie d'âme peut prendre possession de la personne et revivre ainsi. C'est ce qu'il s'est passé avec Mlle Weasley.

- Donc si je comprends bien, le journal que Ginny possédait était un Horcruxe ?

- Oui.

- Et quand je l'ai détruit, j'ai détruit une partie de l'âme de Voldemort ?

- Vous avez compris.

- Donc Voldemort est définitivement mort.

- C'est là que la situation se complique. J'ai de fortes raisons de croire que le Seigneur des Ténèbres a créé cinq Horcruxes. Plus un.

Mireilla eut un hoquet d'horreur.

- Cinq Horcruxes ? Mais en créer un fragilise déjà tellement l'âme.

- Voldemort était fou. Plus fou que quiconque.

Harry fronça les sourcils.

- Qu'entendez-vous par « plus un » ?

- C'est là que vous intervenez Mr Potter. Il semble qu'en tuant votre mère, puis en essayant de vous tuer, il ait involontairement injecté un bout d'âme en vous. Probablement un résultat de la combinaison de la magie de protection de votre mère, de son meurtre et de votre magie incontrôlée. Personne ne saurait expliquer avec précision ce qui a transformé cet Avada Kedavra en création d'Horcruxe.

- Et vous avez dit que ce morceau d'âme a été détruit quand Lucius Malfoy a cherché à me tuer ?

- Encore une chose qu'on ne pourra jamais vraiment expliquer. Je suppose que la magie protectrice de Poudlard a suffisamment réduit la gravité du sort pour qu'il détruise seulement une des âmes en vous. Et par miracle, ou simplement par magie, c'est la vôtre qui a survécu.

- C'est pour ça que tu pouvais parler aux serpents, n'est-ce pas Harry ? demanda Hermione.

Le brun hocha la tête.

- Oui. D'après ma tante, le bout d'âme en moi me "prêtait" certaines de ses particularités. Tom Jedusor, en tant que descendant de Salazar Serpentard, avait la capacité de parler aux serpents. Et donc, tout le temps où j'ai été un Horcruxe, j'avais aussi cette capacité. Aujourd'hui, la seule chose que je sais encore dire c'est "Ouvre-toi"... et encore juste parce que je me souviens des sonorités.

- Et c'est pour ça, intervint Ron, que tu nous as dit l'autre jour que tu n'en étais plus capable. Parler aux serpents je veux dire. Parce que tu n'es plus un de ces.. trucs bizarres.

- Un Horcruxe Ron, soupira Hermione.

Le professeur se tut à la fin de son discours et laissa le temps au garçon de réfléchir à tout ce qu'il venait de lui dire. Le silence s'installa pour plusieurs minutes. Harry se rassit autour de la table et il sembla à Lyna qu'il se passait, dans la tête du garçon, bien plus de choses qu'ils ne l'imaginaient. Aucun des adultes ne parla. Ils attendaient, calmement, et peut-être un peu stressée pour Lyna.

- Il reste donc quatre Horcruxes en vie ?

- Oui.

Harry releva la tête. Son regard était terriblement sérieux quand il s'adressa à Severus.

- Comment détruit-on un Horcruxe ?

- Difficilement.

- Mais c'est possible. Je l'ai fait avec le journal de Malfoy, et lui l'a fait avec moi.

Le Maître des Potions hocha de la tête.

- Seul quelque chose de destructeur et qui ne peut être réversible le permet. Ce n'est pas la dent du Basilic qui a détruit le journal, mais le poison que contenait le crochet.

- Pourtant il existe un remède… le Phoenix de Dumbledore m'avait sauvé.

- Les Phoenix sont si rares, et leurs larmes le sont encore plus. Même la magie a ses exceptions.

Harry réfléchit encore plusieurs minutes. Il sortit sa baguette et commença à la tourner dans ses mains, comme s'il envisageait une possibilité.

- Un Feudeymon pourrait en détruire un…

- Certes. Mais endiguer un Feudeymon est une chose extrêmement dangereuse.

- Et avez-vous une idée de l'emplacement des autres Horcruxes ?

- Malheureusement non. Mais je sais de quels objets il s'est servi, et j'ai une idée concernant la cachette de deux d'entre eux.

La baguette arrêta de bouger.

- Vous voulez que je parte à leur recherche.

Il surprit les trois adultes autour de la table. Le professeur de potions l'observa un moment en silence. Il ne prit conscience qu'à ce moment du jeune adulte qu'était devenu Harry Potter. La façon dont il se tenait n'était pas celle d'un enfant ou même d'un adolescent. Le regard qu'il posa sur lui ne fut pas celui du gamin qu'il était il y a huit ans. Il avait en face de lui un homme qui, malgré les dernières années, avait déjà trop vu, et qui avait gagné en maturité, bien plus qu'il n'avait voulu le croire.

Comment avaient-ils osé imaginer que défier un mage noir à onze ans, ou encore que combattre un basilic à peine un an plus tard, pouvait ne pas marquer un enfant ? Comment avaient-ils osé imaginer que faire face au souvenir de Voldemort deux fois à un si jeune âge avait pu ne laisser aucune trace ? Comment avaient-ils osé imaginer qu'affronter la mort l'avait laissé indifférent ?

La réponse était simple : parce que le garçon qui leur faisait face avait toujours su leur faire croire que rien de tout ça ne l'avait jamais touché.

Severus ressentit un léger respect - il ne fallait pas non plus abuser - à l'égard du fils de son ancien ennemi. Et c'est pour ça qu'il lui répondit sincèrement, évinçant l'envie d'être sarcastique comme à son habitude.

- C'est exact.

Il fit une courte pause avant de continuer.

- Cependant, je vous demande d'y réfléchir sérieusement. Prenez votre temps. Profitez de votre fin d'études. Si vous acceptez, vous devez comprendre que ce sera une tâche sans répit, extrêmement difficile.

Severus se leva de sa chaise et se dirigea vers la cheminée, les autres sur ses talons.

- Je reviendrai le 28 août. Vous me donnerez votre réponse à ce moment.

Harry acquiesça. Il regarda son ancien professeur partir mais une dernière question lui traversa l'esprit.

- Attendez ! Une dernière chose… Comment pouvez-vous savoir tout ça ?

Severus se retourna pour plonger son regard dans les yeux émeraudes.

- Je n'ai pas toujours fait les bons choix Mr Potter. J'ai été, à une époque lointaine, sensible aux idéaux de Voldemort. Et si je le regrette aujourd'hui, cela m'aura au moins permis d'apprendre quelques uns de ses secrets.

Sur ces mots, il tourna les talons et disparut dans la cheminée.

Voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous aura plu,

N'hésitez pas à laisser une review pour donner votre avis,

Au passage, certains d'entre vous l'auront déjà noté, mais AudeSnape, EpsilonSnape et moi avons ouvert une chaine en commun : Aupaupsi.

Nous avons déjà commencé à publier une histoire : Les Papillons, un Bill/Harry.

N'hésitez pas y jeter un coup d'œil ! :)

A bientôt,

Pauu_Aya