Disclaimer : tous ce qui à l'air d'être à Lucasfilm lui appartient effectivement
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Chapitre 6 : Une convalescence agitée
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Quand Tanios s'éveilla, il était seul et le jour touchait à sa fin. Il avait dû dormir quelques heures. La douleur diffuse qu'il ressentait dans tout son corps s'était sensiblement atténuée. S'il passait la nuit dans la même transe, pourrai peut-être tenir plus facilement. Durant tout l'entretien avec son frère, il avait lutté contre la torpeur qui l'envahissait. Maintenant encore, il n'avait qu'une envie : fermer les yeux et dormir. Mais il était un Jedi et il ne cédait pas à toutes ses envies. Il se concentra sur son environnement pour trouver ce qui l'avait réveillé. Il n'eut pas à chercher longtemps. Les éclats de voix qui venait de la pièce voisine. Il reconnu la voix de son maître. Il se concentra utilisa la Force pour comprendre ce qui se disait. Il entendit prononcer son nom et redoubla d'attention. C'était son maître qui parlait.
« - Je vous répète que c'est hors de question ! Mon Padawan n'est pas en état de subir un interrogatoire, Général ! »
Si la voix de son Maître restait assez calme, celle du général T'an en revanche était plus un hurlement plein de colère qu'autre chose.
« - Vous faîtes obstacle à la justice ! Je suis chargé de l'enquête, j'exige de parler à ce garçon ! Il est un témoin essentiel !
- Son Excellence vous a déjà rapporté ce que Tanios lui a dit. Que voulez-vous de plus ?
- Lui parler, lui poser des questions. Il ne se rend sûrement pas compte de l'importance de certains détails qu'il aura vu et qu'il aura négligés. » Cette troisième voix était calme, apaisante. Il émanait d'elle une puissance souterraine. Tanios connaissait le phénomène : le troisième interlocuteur était un Maître Jedi. Et un maître puissant, à en juger par le respect de Yeva lorsqu'il répondit.
« - Je suis désolé, Maître Va'on, mais Tanios n'est pas en état de subir un interrogatoire. Il a été profondément blessé moralement et physiquement. Je crains qu'un surcroît d'émotion ne soit trop dangereux pour lui. »
Tanios se sentait plein d'admiration et de gratitude pour son Maître. Il était en train de défier – pour lui, Tanios – Maître Va'on, dont les exploits fascinaient tous les apprentis et le Général T'an, représentant du roi de San Ta. Un combat qu'il ne pouvait gagner.
« - Je ne parle pas forcément de l'interroger de façon traditionnelle. » Repris Maître Va'on. « Si vous craignez de le fatiguer, je peux, avec l'aide de la Force, analyser ses souvenirs.
- Non. Il n'a pas encore assimilé les événements des derniers jours. Les lui faire revivre serai cruel.
- En ce cas, je vous consigne sur cette planète jusqu'à ce qu'il soit assez rétablit pour pouvoir se mettre à notre disposition. » S'emporta le général. Tanios sentait les efforts de son maître pour rester calme.
« - Ce serai le mettre en danger. Cette planète n'a pas l'équipement nécessaire à son rétablissement. En ce cas, mon devoir envers mon Padawan passerait avant mon devoir envers Sa Majesté, et je serai contraint de prendre la fuite.
- Mais nous n'en arriverons pas là, j'espère. » Intervint Maître Va'on.
- Ah non ? » Reprit T'an. Son ton devint officiel. « Maître Yeva, si vous vous obstinez à faire obstacle à la justice de sa Majesté, je me verrai contraint de vous arrêter. »
Tanios sentit une fureur glaciale s'emparer de son Maître. Il tenta de le joindre par la Force, mais il était trop faible. Cependant, il lui fallait intervenir. Il sentait que dans un instant, son Maître mettrait le général au défi de l'arrêter, et que le général furieux n'hésiterait pas. Mais il ne pouvait rien faire. Son impuissance lui arracha un gémissement. Bien qu'involontaire, il eut l'effet souhaité. Son maître laissa en plan la discussion et vint à son chevet.
« - Padawan ? » Appela-t-il d'une voie douce. Il s'approcha de lui et posa sa main sur son front. « La fièvre est presque tombée. Tu as mal quelque part ? Tu as fait un cauchemar ?
- Maître. Je ne veux pas qu'ils vous arrêtent. Laissez-les entrer, s'il vous plait. » Supplia le garçon. Il parlait, comme son maître, à mi-voix.
- Non, Padawan. Tu es trop fatigué.
- S'il vous plait, Maître. Juste Maître Va'on. Il dit que ça ne me fatiguera pas. » Yeva eut un sourire en fronçant les sourcils.
« Mais dis-moi ! Depuis combien de temps nous espionnes-tu ? »
Tanios essaya de calculer, sans y arriver.
« - Je ne sais pas très bien. » répondit-il. Les yeux de son Maître se remplirent d'inquiétude et il porta de nouveau sa main sur son front.
« - Tu es sûr de ce que tu veux, Padawan ? Tu sais ce que Maître Va'on veut te faire ?
- Oui. » Répondit Tanios dans un souffle.
Yeva l'étudia un moment, puis il se leva et retourna à la porte où ses deux interlocuteurs attendaient.
« - Vous pouvez entrer, Maître Va'on. » Yeva paru faire un effort sur lui-même et ajouta. « Je vous attends ici.
- Et moi ? » Demanda le général T'an
- Je vous montrerai le souvenir. » Promit Va'on.
Il rentra dans la chambre de Tanios. Celui-ci avait fermé les yeux pour apaiser un peu le picotement qu'il ressentait en les gardant ouvert. Cela ne l'empêcha pas de le sentir entrer. Il émanait de lui une sorte de puissance tranquille qui impressionna Tanios. Il n'était pas un simple Chevalier, mais un Maître.
Il vint s'assoire sur la chaise à côté du lit, faisant face au garçon.
« - Tanios ? » appela-t-il doucement « Je sais que tu m'entend. Essais d'ouvrir les yeux, s'il te plait. » Tanios y parvint au pris d'un léger effort. « Bien. Ecoute-moi. Je vais entrer dans tes souvenirs. J'ai besoin de savoir précisément ce qui s'est passé. Es-tu d'accord ? » Tanios le regarda droit dans les yeux.
« - Oui ! » Le Jedi lui sourit.
« - Bien. Ferme les yeux et concentre-toi. » Il se leva et s'agenouilla tout près de Tanios. Impressionné, le garçon le regardait. Grand ouverts, ses yeux luisaient de fièvre. Va'on ressenti un léger pincement de culpabilité. Il allait faire souffrir le garçon, il le savait. Il lui pris une main et commença à établir une connexion entre eux. Il perçut l'esprit de l'apprenti, agité, craintif. Il lui envoya des vagues de réconfort. Tout en gardant dans une de ses mains celle du garçon, il posa l'autre sur son front et s'immergea dans la Force.
Tanios avait senti le Va'on effleurer son esprit. C'était étrange, venant d'un inconnu. Etrange et inquiétant. De plus, il ne savait pas vraiment ce qui l'attendait. Qu'allait lui faire Va'on ? Allait-il pénétrer dans son esprit ? Tanios espéré que non. Cette idée l'inquiétait. Il perçut que le maître Jedi essayait de le rassurer. Il se laissa faire. Puis il sentit sa main sur son front. Elle semblait froide. « Sûrement la fièvre qui revient. » pensa-t-il. « Il faut qu'il se dépêche. » Puis il l'entendit lui parler. « Tanios, écoute-moi. Je voudrai que tu me montres tout ce qui s'est passé depuis la disparition du duc de Trey. »
Tanios se concentra. Il revit l'arrivée sur San Ta et le général qui les attendait. La réception au Palais. Son inspection du trajet. Puis l'image du cadavre de son père lui apparut brusquement sans qu'il l'ai appelé, criante de vérité. Tanios en fut presque aussi horrifié que la première fois. Brusquement, tout s'accéléra. Il ne voyait plus les scènes les une après les autres, juste des images. Des images douloureuses, des souffrances qui s'enchaînaient si vite qu'il en avait la nausée. Il était dans le vaisseau et son maître le regardait d'en bas. Le palais de son père, vu de loin. La duchesse et sa famille, en pleurs
« - Pas si vite. » gémit une voix au loin. Tanios ne se souvenait plus à qui elle appartenait. De toute façon, il ne pouvait rien ralentir. Il ne contrôlait rien. Son comlink qui sonne au milieu de la nuit. Le feu à la maison. Lui, a genoux sur le sol essayant de le maîtriser. Dans la maison, les flammes partout. La douleur. Le chagrin. Jan qui pleure devant lui. Puis, brusquement, plus rien. Le néant. Une voix au loin « Maître Yeva ! Maître Yeva ». Il émergea difficilement. Il avait mal partout. Il ouvrit les yeux juste à temps pour voir son Maître ouvrir violement la porte et se précipiter vers lui en jetant un regard meurtrier à Maître Va'on. Il lui pris la main et en passa une autre sur son front dégoulinant de sueur. Ses joues étaient trempées aussi. Il sentait les ruisseaux de larmes qui coulaient de ses yeux. Il y voyait floue. Il cligna des yeux. Son maître n'essaya pas de lui parler ou peut-être parlait-il ? Dans la cacophonie de voix qu'il entendait, il croyait reconnaître celle de son maître. Mais était-ce à lui qu'il s'adressait ? Tanios ne savait pas. Il ne comprenait pas ce qui se disait. Les voix étaient si fortes ! Il gémit. Les voix disparurent. Brusquement, il n'y eut que le silence. Un silence qui faisait mal aux oreilles. Le silence et le noir. Il n'aimait pas ça. Il essaya d'ouvrir les yeux, mais il ne savait plus comment il fallait faire. Il avait mal à la tête. Des lumières tournaient maintenant devant ses yeux, qui faisaient encore plus mal à la tête. C'était comme de regarder un soleil, sauf qu'il y en avait une dizaine et qu'ils tournaient. « Ce ne sont pas les soleils qui tournent. » se dit Tanios « C'est moi qui tourne autour d'eux. » Mais il n'avait pas l'impression de tourner. Peut être que c'étaient des soleils fous ? Oui, sûrement. Des soleils fous. Des Soleils Fous. Mais ils faisaient mal. Et Tanios avait soif. Soif. Soif. Mal. Soif. Une source apparue et Tanios alla se cacher dedans. C'était bon, l'eau. Et les soleils n'osaient pas s'en approcher. Puis la source disparut. Les soleils revinrent. Mais ce n'était pas des soleils. C'était des maisons qui brûlaient. Cela rendait Tanios triste, il ne savait pas pourquoi. Mais les soleils se rapprochaient. Ce n'était pas des maisons, en fait, c'était des gens, des gens qui brûlaient. Tanios ne voulait pas voir. Mais il ne pouvait pas fermer les yeux. Alors il appela la source. Soif. Soif. Soif. La source revint, un peu salée cette fois. Mais Tanios savait qu'elle allait disparaître. Alors il plongea dedans pour se noyer et ce furent à nouveau les ténèbres
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Assis à coté du lit, Yeva observai son Padawan se débattre contre la fièvre et l'aidai de son mieux, mais il ne savait guère que faire. Par deux fois, il avait senti que le garçon avait soif et s'était empressé de le faire boire.
La veille au soir, il avait attendu dans la pièce à coté pendant que Maître Va'on était avec son Padawan. Il avait confiance dans le maître et savait que celui-ci n'abuserait pas des forces de Tanios. Aussi fut-il surpris quand il l'appela d'une voix paniquée. Il s'était précipité dans la pièce. Il avait trouvé Tanios pâle comme un mort, le visage ruisselant de larmes et de sueur, tremblant de tous ses membres. Il s'était précipité vers le garçon pour l'apaiser. En réponse au général qui l'accablait de reproche, Maître Va'on expliquait : « Il a été pris de convulsions. Je n'ai pas pris assez de précautions. J'ignorais qu'il était de la famille des victimes. »
Yeva ne leur avait accordé que peu d'attention. Il avait appelé les médecins qui avaient aussitôt fait sortir tout le monde de la chambre pour s'occuper du garçon. Plus tard, seul Yeva avait été autorisé à y entrer, laissant aux autres le soin d'expliquer ce qui s'était passé.
Petit à petit, la fièvre tombait. L'aube pointait quand son Padawan ouvrit péniblement les yeux.
« - Maître ?
- Oui Padawan, je suis là. Tout va bien, ça n'arrivera plus. Nous allons rentrer au Temple dès que possible. »
Mais Yeva savait bien que ce ne serait pas possible avant quelques heures. Il aida donc son Padawan à se plonger en transe de guérison et sorti de la pièce. Il avait des comptes à demander à Maître Va'on.
Il le trouva en compagnie du général en train d'interroger le personnel de maison qui avait survécu à la catastrophe. Tandis qu'il l'observait travailler, Yeva se rendais compte que sa réputation n'était pas usurpée. Il semblait savoir exactement quelles questions poser, à qui, de quelle façon, pour obtenir rapidement le maximum d'information possible. A en croire la moitié des récits qui couraient sur son compte, c'était un véritable héros. Yeva réalisa soudain que le conseil accordait beaucoup d'importance à l'enquête pour l'avoir choisit. A moins que Maître Va'on n'ait demandé cette mission ?
Il venait de le remarquer et n'appela pas le témoin suivant. Au lieu de cela, il se dirigea vers le Chevalier.
« - Je dois des excuses à votre Padawan, mais je crains qu'il ne refuse de me recevoir à nouveau. Accepterez-vous de les lui transmettre ?
- Oh, il ne verra pas d'inconvénients à vous voir à nouveau lorsqu'il sera remis. Il en est de même pour vous, général. Nous partirons en début d'après-midi. Si vous souhaitez le voir à ce moment, vous serez les bienvenus.
- Nous y serons, ne serait-ce que pour vous souhaiter un bon voyage. »
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Yeva retournait à l'hôpital lorsqu'un luxueux speeder conduit pas un chauffeur en uniforme s'arrêta devant lui. Jan en descendit, suivit naturellement du capitaine Perra.
« - Vous alliez voir Tanios ? Moi aussi. Puis-je marcher à vos côtés ? » Yeva acquiesça. C'était moins une question qu'un ordre aimable. Jan se faisait peu à peu à son nouveau rôle. Comme Yeva lui en faisait la remarque, il répondit :
« - J'essaie de faire comme Papa, mais c'est dur. Tous ces gens dont je ne me souviens pas que je dois faire semblant de reconnaître, écouter, comprendre ce qu'ils disent, répondre ce qu'il faut comme il faut. Tous ceux que nous croisons en marchant sont sous ma responsabilité. Les policiers me saluent, leurs officiers me font des rapports. J'ai découvert aujourd'hui l'existence d'un impressionnant réseau d'espionnage à ma solde. Je dois tout gérer à la fois. Les gens de bonne extraction qui me parle de leurs petites choses mesquines avec qui je dois être aimable, et dans le même temps le gouvernement d'une planète. Rien que depuis ce matin, j'ai fait trois gaffes avec la comtesse de Renio, j'ai appelé deux fois un capitaine « caporal », et j'ai faillit déclancher une émeute dans une de nos villes ! »
Yeva prenait conscience de l'ampleur de la tâche qu'avait à gérer le jeune garçon. Qu'il trouve au milieu de tous ses devoirs le temps de visiter son demi-frère montrait la grande affection qu'il avait pour lui, et Yeva en fut touché.
Lorsqu'ils arrivèrent, Tanios était réveillé et alerte. Le jeune duc resta quelques temps avec lui, puis Yeva annonça qu'ils devaient à présent partir pour Coruscant.
« - Oh non ! Maître Yeva, s'il vous plait, ne pouvez-vous pas rester un petit peu plus ?
- Mais, Votre Excellence » intervint le capitaine. « Vous oubliez que si le jeune Tanios reste ici, il met ses jours en danger ! Tous les autres blessés de l'accident ont déjà été évacués.
- C'est vrai ! Pourquoi mon hôpital ne peut-il pas soigner toutes les blessures ? Il va falloir arranger ça !
- Hum. Excusez-nous… » Maître Va'on et le général venaient d'apparaître à la porte. « Nous venons vous dire au revoir…
- Entrez, entrez Maître Jedi. Mais ne touchez plus à mon frère ! J'ai appris ce qui s'était passé.
- Je venais justement présenter mes excuses à Tanios. »
Tanios, qui souhaitait économiser ses forces en prévision de voyage, se contenta de lui faire un signe de la main.
C'est alors qu'il y eut une brusque déflagration, accompagnée d'une vague de chaleur intense et d'un bruit de tonnerre assourdissant. Tanios eut juste le temps de penser « une bombe » avant de perdre conscience en heurtant le sol.
Dès qu'il repris connaissance, Tanios ouvrit grand les yeux. Il en avait assez de se réveiller dans ce lit d'hôpital. Puis il se rappela brusquement ce qui s'était passé.
« - Maître ! » Appela-t-il
« - Oui, oui, je suis là. » Son maître apparu. Il avait une plaie au front et un pansement au bras gauche.
« - Vous êtes blessé ! » s'inquiéta Tanios
- Comme tout le monde ! » Répondit Yeva. Devant le visage décomposé de son Padawan, il s'empressa d'ajouter « Jan n'a qu'une égratignure à la main. Le capitaine Perra, qui lui a fait rempart de son corps, a été gravement blessé, mais les médecins disent qu'il va s'en sortir. Le général T'an n'a pas eu cette chance. Il était près de la fenêtre. Maître Va'on n'a qu'un bleu à l'épaule, et n'aurai rien eu s'il ne s'était pas tant concentré sur notre protection.
- Et vous ? Qu'avez-vous au bras ?
- J'ai reçut un éclat de verre. Il n'était pas très gros, mais mal placé.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Je veux dire, c'était une bombe ?
- Oui. Les terroristes visaient probablement Jan. Maître Va'on a décidé de s'occuper de sa sécurité. Ils vont rejoindre son Padawan qui est sur San Ta en ce moment. Là, il protègera le roi et Jan en même temps, tandis que Va'on enquêtera.
- Son Padawan enquête sur San Ta ? » Yeva sourit.
- Oui Padawan. Mais lui a près de 24 ans, et vas bientôt affronter les épreuves. Bon, prépare-toi, nous partons.
- Tout de suite ?
- Oui. Tu seras en danger tant que tu resteras sur cette planète, et je ne suis même pas en état de te protéger. » Ajouta-t-il avec un regard d'amertume vers son pansement. « Nous partons. »
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Yeva marchait dans l'immense jardin du Temple. Ce lieu l'apaisait, par son calme et une impression d'éternité. Ce jardin existait bien avant lui et serait encore là lorsqu'on aurait oublié jusqu'à l'écho de son nom. Et Yeva avait bien besoin de calme. Son Padawan sortait le jour même de l'infirmerie. Il serait temps d'avoir une conversation qu'il aurait préféré éviter. Il devrait vérifier qu'il n'y avait plus trace de la culpabilité qu'avait ressenti le garçon après l'incendie. Il devrait revenir sur la mort du duc, lui apprendre à vivre avec. Plus tard, il faudrait aussi avoir une longue discussion avec lui sur les liens familiaux. Il soupira. Il était venu dans les jardins pour y trouver de l'inspiration, mais en vain. Il passa prendre son grand manteau brun et sorti du Temple pour errer dans les rues animées de la capitale. Il réalisa qu'il serait bientôt temps de regagner le Temple et de retrouver Tanios à l'infirmerie.
Tandis qu'il réfléchissait, il avait laissé ses pieds le conduirent à leur guise. C'est en relevant la tête qu'il compris l'erreur qu'il avait faite. Il était face à l'appartement de Lenna. Il s'était juré de ne plus penser à la jeune femme, mais son inconscient en avait décidé autrement. Il laissa ses yeux vagabonder sur les fenêtres devinant ici le salon, ici la chambre de Tanios, là la salle de bain. Il détourna la tête et fit brusquement demi-tour, s'arrachant à la contemplation d'un rêve qu'il se refusait. Hélas, c'était pour tomber de mal en pire : à quelques mètre de là Lenna venait vers lui. Yeva voulu baiser la tête et feindre de ne l'avoir pas vu, mais il était trop tard. Lenna l'avait vu et leurs regards s'étaient croisés. Il se maudit. D'ordinaire, ses réflexes étaient beaucoup plus rapides. Elle lui sourit. Il lui répondit. Elle pris la parole dès qu'il furent à portée de voix.
« - Bonjour Maître Yeva ! Comment vous portez-vous ? Et Tanios ? » Elle pâlit soudain. « Oh mon Dieu ! Il lui est arrivé malheur et vous venez me l'annoncer !
- Non, non ! Tanios va…plutôt bien. Mais j'ai en effet de mauvaises nouvelles à vous annoncer » Idiot ! Pensa-t-il. Tu n'as rien à lui dire. Tu ne devrais même pas lui parler !
- Que s'est-il passé ? Attendez, ce n'est pas l'endroit idéal. Voulez vous entrer boire quelque chose ? » Son sourire était lumineux. Yeva accepta.
Dans le salon confortable, un verre de liqueur à la main, Yeva raconta les derniers événements de San Ta. Lenna était suspendue à ses lèvres, ses magnifiques yeux bleus ne le quittant pas.
« - Et Tan a assisté à tout ça ? Le pauvre ! Comment va-t-il ? Comment supporte-t-il ces événements ? Et pourquoi n'est-il pas là ?
- Eh bien, il… Force ! Quelle heure est-il ?
- Deux ou trois heures je crois. Vous êtes arrivé vers une heure. Attendez, il y a une horloge dans la cuisine » Tout en s'y dirigeant, elle continuait de parler. « Pourquoi ? Et vous ne m'avez pas dit comment allait Tan. J'aimerais… Seigneur ! Yeva, il est presque sept heures ! » Il avait atteint la porte avant même qu'elle ait finit sa phrase. Il en entendit la fin en dégringolant l'escalier. Sept heures ! Il était sept heures ! Cela devait faire cinq ou six heures que son Padawan l'attendais. Il l'avait complètement oublié. Dès que Lenna était apparue, tout le reste avait perdu son importance. Il était furieux contre lui-même. Pourquoi tout son entraînement Jedi disparaissait-il dès que son regard croisait les yeux bleus profonds de Lenna ?
Il arriva à l'infirmerie vers huit heures. Il s'arrêta un instant devant la porte pour reprendre son souffle et se redonner une allure présentable. Dès qu'il fut entré, il se dirigea vers la salle d'attente. Il fut soudain interpellé.
« - Maître Yeva ? Que se passe-t-il ? Tanios à un problème ? » C'était Maître Tiin, qui s'occupait de Tanios lorsque celui-ci était à l'infirmerie, ce qui, d'après ce que Yeva avait compris, se produisait souvent.
- Je n'en sais rien ? Je devais venir le chercher vers une heure, mais j'ai été retardé et…
- Ah ! C'était donc ça. Tanios vous a attendu un moment puis il a décidé de rejoindre sa chambre avec une amie. Vous devriez l'y trouver. » Tiin lui donna quelques indications sur les traitements que devait encore suivre le garçon, puis il le laissa enfin partir. Yeva se dirigea vers la chambre de son Padawan.
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Tanios avait attendu son Maître à l'infirmerie pendant près de deux heures. Il avait tenté en vain de le joindre sur son comlink. Puis il avait dû partir car, bien que personne ne le lui ait fait remarqué, il savait que les médecins avaient besoin du lit. Sine, une de ses amis, l'avait accompagné jusqu'à sa chambre. La jeune Togarienne n'avait pas encore été prise en apprentissage et avait obtenu de ses maîtres quelques heures de liberté pour profiter de son ami. Elle lui avait tenu compagnie jusqu'à cinq heures, mais elle devait à présent se rendre à un cours de natation, dans les jardins du Temple.
Tanios était inquiet pour son maître. C'était la première fois qu'il lui faisait faux-bond. Il avait sûrement d'excellente raison. Il avait pu rencontrer quelqu'un ou avait eu un retardement quelconque. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas l'avoir prévenu ? Il avait à présent quatre heures de retard, et Tanios s'inquiétait franchement. Il envisageait de se mettre à sa recherche. Sine tenta de l'en dissuader, arguant qu'il se fatiguerait alors qu'il sortait à peine de l'infirmerie, mais Tanios fit la sourde oreille. Il tenta à nouveau d'appeler son maître. Il entendit le comlink biper… dans la chambre voisine. Tanios jura. Son Maître avait laissé son comlink dans sa chambre ! Il se dirigea vers le centre de sécurité de Temple. Les novices n'avaient pas le droit d'y aller, mais après tout il était un Padawan a présent. Il tenta néanmoins de ne pas se faire remarquer. Il se dirigea vers un des écrans et y entra les coordonnées de Yeva. Comme il ne possédait pas les codes nécessaires, l'ordinateur ne pouvait que lui indiquer où se trouvait Yeva au moment même. Mais la réponse fut plus inquiétante : Yeva était sorti de Temple aux alentours de midi et n'y était pas revenu. Cela changeait le programme de Tanios : il ne pouvait pas sortir de Temple pour errer au hasard dans la capitale, encore moins avec le visage et les membres couverts de cicatrices : personne ne le laisserai sortir. Il se dirigea vers un recoin tranquille à proximité. Il voulut appeler son maître dans la Force, mais il ne la maîtrisait pas encore suffisamment. Il y arrivait parfois, sous le coup d'une forte émotion, comme le soir de l'incendie, mais aujourd'hui, il n'y parvint pas. Il finit par renoncer et se rendit à l'entrée du Temple pour y guetter son maître. C'était là tout ce qu'il était capable de faire, il le ressentait amèrement.
A peine était-il arrivé que maître Kenaaz qui se trouvait sur place, vint vers lui.
« - Bonjour Tanios. J'ai appris ce qui t'ai arrivé, je… qu'y a-t-il ? » Il avait aussitôt perçu le désarrois du garçon.
« - Maître Yeva a disparu ! Nous devions nous retrouver en début d'après midi, et il n'est toujours pas là.
- Bien sûr que si, il est là ! Je l'ai vu passer en trombe il y a quelques minutes à peines. » Le visage de Tanios s'illumina. Touché par cette marque d'affection du garçon à son ancien Padawan, Kenaaz lui proposa de partir à sa recherche avec lui, proposition qui fut accueillie avec gratitude. Ils commencèrent par se rendre à la chambre de Yeva, voisine de celle de son Padawan. Tanios était fatigué et ils mirent plus de temps que d'ordinaire y parvenir. Cependant, Yeva n'y était pas.
« - Bien. Attend ici, je vais dans la salle de sécurité, je saurai bien où il est passé !
- Je viens avec vous ! »
Ils étaient encore loin d'être arrivé lorsque que le comlink de Tanios bipa. Il l'activa aussitôt.
« - Padawan ? Où es-tu ?
- Dans un couloir pas très loin des chambres.
- Bien. Reviens dans ta chambre, je t'attends. »
Tanios se tourna vers Maître Kenaaz. « Il est dans ma chambre. Merci beaucoup de m'avoir accompagné !
- De rien, jeune Padawan. J'espère te revoir bientôt. »
Tanios remonta en courant le corridor se précipita dans sa chambre. Son maître l'y attendait, debout au milieu de la pièce, la mine grave.
« - Pourquoi être sortit Padawan ? J'étais inquiet !
- Moi aussi ! » Répliqua le garçon en relevant le menton. Yeva senti le défi dans son ton. Il s'efforça de rester calme.
« - Assied toi. » Ordonna-t-il d'un ton sec. Le garçon hésita une seconde, puis s'assit. Il ne voulait pas désobéir à un ordre direct. Yeva s'assit en face de lui.
« Je te présente mes excuses pour mon retard, Padawan. J'ai été retardé et je n'avais aucun moyen de te prévenir » Tanios marmonna quelque chose d'incompréhensible.
« - Que dis-tu ?
- Que si vous l'aviez vraiment voulu vous auriez bien trouvé un moyen de me prévenir ! » Yeva détestait la tournure que prenait la discussion. Il était en tort et il devait réprimer son Padawan, dont l'attitude avait été irréprochable. Mais il ne pouvait laisser passer ses insolences.
« Padawan ! Quelques soient mes torts, tu n'a aucunement le droit de me parler comme tu l'as fait ! Tu es en colère contre moi, parce que tu t'es inquiété pour rien. Tu ne dois pas laisser cette colère diriger tes pensée et encore moins tes actes ou tes paroles ! » Et ça vaut autant pour moi, pensait-il.
« - Regarde-moi, Padawan ! » Le garçon planta ses yeux dans les siens. Yeva y lu sa colère, mais aussi son désarroi. « Tu-ne-dois-pas-te-laisser-dominer-par-ta-colère. La colère est le chemin le plus direct pour le côté obscur. Tu as compris ? » Tanios baissa la tête avec humilité.
« - Oui, Maître.
- Regarde-moi !
- Oui, Maître. » Le ton de Yeva s'adoucit brusquement.
« - Bien. En ce cas, je te présente à nouveau mes excuses pour n'avoir pas été là à notre rendez-vous et pour t'avoir laissé t'inquiéter si longtemps. Les acceptes-tu ?
- Je les accepte, Maître. Je vous présente mes excuses pour m'être mit en colère et avoir été insolent.
- Je les accepte. » Il y eut un silence, chacun faisant le point en lui.
Tanios se repentait sincèrement d'avoir été insolent. Après tout, son Maître avait bien le droit d'aller où il voulait, et il n'était pas obligé de lui rendre compte de tout ses déplacement. Il savait qu'il avait eu tort de se mettre en colère, mais il était encore tellement troublé.
Yeva était inquiet pas la disposition d'esprit de son Padawan. Il ne l'avait jamais vu en colère auparavant et c'était leur premier accrochage. Il ne doutait pas que le garçon avait été profondément marqué par ce qu'il avait vécu et qu'il en était encore troublé. Il devait lui parler. Mais pas ce soir. Les événements de la journée n'étaient pas propices à une discussion de ce genre. Demain. Il faudrait aussi qu'il aille s'excuser auprès de Lenna pour son cavalier départ. Il réalisa brusquement qu'il était en train de penser à elle. Les problèmes de son Padawan ne lui suffisaient pas, il s'en inventait d'autre ! Il s'efforça de calmer le trouble qui l'avait envahit, mais le regard curieux de Tanios l'en empêchait. Il planta donc là le jeune garçon et entre dans sa chambre pour y méditer.
Après avoir méditer un peu sur la leçon que venait de lui faire son Maître, sur le dangereux mais fascinant côté obscur, Tanios leva les yeux vers lui. Il le vit brusquement s'empourprer et s'inquiéta. Etait-il en colère ? Contre qui ? Allait-il tomber dans le côté obscur ? Murmura une voix au fond de lui que Tanios fit taire immédiatement. Il allait interroger son maître lorsque celui-ci lui tourna brusquement le dos et s'enferma dans sa chambre. Tanios se dit que s'il avait été en colère contre lui, son Maître le lui aurait dit. Il prépara un dîner dans la petite cuisine qu'il partageait avec lui, tout en se disant que son Maître avait des problèmes dont il ne tenait visiblement pas à parler.
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