Salut Maia 30 ! Il y a des nouvelles des Maraudeurs dans ce chapitre !
Oui, Faenlgiec, Maugrey s'est fait supplanté par son élève. Mais c'était (en partie) un coup de chance. Crystall se trouvait au bon endroit au bon moment. Elle n'arrive cependant pas encore à la cheville de Maugrey ! Il lui reste beaucoup de choses à apprendre !
Merci La Plume de Sucre :)
Comme je l'ai dit un peu plus haut Marrie09, on retrouve les Maraudeurs dans ce chapitre et donc aussi Sirius :) Même si c'est peut -être pas de la façon dont tout le monde s'y attendait !
Bonne lecture !
Hôpital Ste Mangouste pour Maladies et Blessures Magiques
Samedi 2 Septembre 1978 : cabanon dans le jardin de Greg
Je viens de me faire virer de mon boulot. D'accord, Monsieur Twain ne m'a jamais promis de me prendre au-delà des grandes vacances. Ma présence était bien pratique. Je n'ai aucune formation, donc il pouvait me payer moins cher et ma présence lui permettait à lui et à son autre employée de prendre des vacances à tour de rôle. En gros, je servais de pigeon, mais comme ça m'a permis de gagner un peu d'argent, je ne vais pas protester. Personne d'autre ne voulait de moi alors je fais contre mauvaise fortune bon cœur.
Pas d'au revoir larmoyant avec Monsieur Twain, juste "Tiens, voilà ta paye pour le mois. Tu as bien travaillé, mais je n'ai plus besoin de toi. Bonne continuation, au revoir". Expéditif et clair à souhait.
Dante m'attendait devant la Ménagerie Magique à midi. Il m'a fait un grand sourire qui ne m'a rien dit qui vaille et m'a proposé de manger avec lui une dernière fois ce midi puisque je ne travaillerais plus sur le chemin de Traverse. Je n'ai même pas pris la peine de demander comment il avait su que c'était mon dernier jour aujourd'hui. Franchement, ce mec me dépasse complètement.
Il a dit qu'aujourd'hui il m'inviterait à midi. Étonnée, je n'ai toutefois pas protesté. On n'épargne jamais assez ses gallions. On ne s'est pas installé à notre table habituelle qui nous donne une bonne vue sur le Chemin de Traverse et nous permet de tout commenter pendant qu'on mange. On en était au dessert quand il a jeté devant moi le journal d'hier ouvert sur la page où on parle de moi.
Je lui ai adressé un regard étonné et il s'est accoudé sur la table, son menton dans sa main, juste pour souligner son sourire. Le même sourire qu'un chat pourrait avoir quand il a repéré une proie particulièrement stupide qu'il sait qu'il va pouvoir gober sans problème.
- Je sais que c'est toi la "mystérieuse sorcière masquée".
Je me suis étouffée avec ce que j'étais en train d'avaler et il m'a fallu 5 bonnes minutes et un sort d'un sorcier deux tables plus loin (qui en avant marre de m'entendre tousser) pour que je retrouve mon souffle et que je lui demande :
- Quoi ?
- Ne fait pas l'innocente. Je sais que c'est toi et rien de ce que tu pourras me dire ne me fera changer d'avis. Qu'as –tu à dire pour ta défense ?
Sa question m'a complètement fait oublier le fait que je devais nier son assertion, peu importe à quel point elle est vrai et à quel point il est sûr de lui.
- Pour ma défense ? ai – je répété stupidement.
- Oui ! Ce sont des mangemorts, des assassins en puissance à la solde de Tu – Sais – Qui ! Qu'est ce qui a bien pu se passer dans ta tête pour que tu ailles les combattre ?
Il avait l'air furieux. J'en suis restée abasourdie dans un premier temps. Puis, il a réussi à me mettre en colère moi aussi. D'abord, il n'a absolument aucune légitimité pour dire ça. Ensuite, il n'a aucun droit d'être en colère. Et enfin, il me parlait comme si j'étais une gamine de 6 ans qui avait fait une grosse bêtise.
- Ta gueule, ai –je sifflé en retour si bas que personne d'autre ne l'a entendu. Je n'ai pas besoin de tes sermons, je n'ai pas besoin de ta sollicitude, ni de ton inquiétude, ni de quoi que se soit venant de toi. Pour qui te prends –tu ? Crois –tu que tu sais mieux que moi ce que c'est gens sont capables de faire ? Crois – tu que tu as ne serait – ce que le droit de penser à ce que je dois où ne dois pas faire ? Non ! Alors va te faire foutre !
J'ai fait tomber ma chaise sous la violence avec laquelle je me suis levée, j'ai posé de quoi payer mon repas sur la table et je me suis barrée avant que je ne cède à mon envie de dégainer ma baguette pour lui lancer un sort. Je l'ai planté là et j'ai transplané avant même d'avoir quitté la terrasse histoire de me changer les idées avant de revenir travailler mes dernières heures.
Maintenant que je suis un peu plus calme, je me dis que j'y suis peut être un peu allée fort. Ça fait deux mois qu'on se voit presque quotidiennement, je peux comprendre qu'il s'inquiète. Mais pas admettre qu'il me parle comme ça. Pas question. Je ne regrette pas d'avoir remis les choses au clair. C'est juste dommage que ça se termine comme ça parce que je l'aimais bien.
Mes potions avancent lentement mais sûrement. Je suis impatiente d'arriver au bout. Je ne ferais cependant pas l'erreur des débutants : je ne me précipiterais pas. C'est le meilleur moyen de foutre en l'air tout mon travail.
Dimanche 3 Septembre 1978 : Poudlard
La bibliothèque n'est pas encore envahie par les élèves. Forcément, ils n'ont pas encore eu cours vu que le premier septembre était un vendredi. Ils sont arrivés juste pour le week – end, ce qui est toujours génial.
Il y a quand même quelques élèves, des Serdaigles exclusivement, qui parcourent les rayonnages en se demandant par quel bout commencer.
C'est vraiment étrange de ne plus être là en tant qu'élève. Pour peu, j'oublierais presque que j'ai fini mes études l'année passée. J'ai l'impression d'être passée de l'autre côté d'une barrière dont j'ignorais l'existence jusque là.
Lundi 4 Septembre 1978 : maison des Londubat
Aujourd'hui, j'ai parcouru le chemin de Traverse pour essayer de trouver un boulot et j'ai perdu ma journée. Qu'est ce que je vais bien pouvoir faire si je ne trouve pas de travail ? Ça va être catastrophique.
Maugrey n'est pas là aujourd'hui. Je n'aurais jamais pensé qu'il louperait l'une des réunions de l'Ordre. Mais il a bonne raison : Sirius m'a dit qu'il est allé chasser du mangemort suite à des informations fortes intéressantes. D'ailleurs, mon cher Patmol boude parce qu'il n'a pas été autorisé à l'accompagner. Apparemment, il est trop nul pour le moment.
Moi, je comprends très bien. Sirius (ni James d'ailleurs) n'est pas encore capable de passer l'examen pour entrer à l'école des Aurors. Ils ne sont tout simplement pas prêts. Leur impatience va leur causer des problèmes. Je ne saurais pas l'expliquer, mais je le sens.
J'ai rendu à Remus le livre qu'il m'avait passé sur les loups – garous. Il avait raison, ça a été très instructif. Le témoignage du loup – garou qui a servi à écrire le bouquin est extrêmement précis.
*Chez Greg*
Le premier sujet qui a été abordé durant la réunion d'aujourd'hui, ça a été moi. Enfin, pas vraiment moi puisque personne ne savait qu'il s'agissait de moi avant que je le leur apprenne. Ils n'auraient jamais deviné que c'était moi qui avait sauvé la femme du Ministre et leur fils. J'aurais bien aimé voir la tête de Maugrey quand il l'apprendra. Dommage qu'il ait choisi juste cette réunion pour être absent.
J'ai eu le droit à des félicitations, ce qui m'arrive assez rarement pour que je l'apprécie. Dumby avait l'air content que l'entraînement imposé par Maugrey ait porté ses fruits aussi rapidement. Je ne mentais pas quand je disais que nous sommes réellement en difficulté autant du point de vu du nombre de sorciers opérationnels que du point de vue logistique.
Mais je crois que ceux que ça a le plus impressionné, ce sont les Maraudeurs et Lily. Forcément, j'étais la première de notre petit groupe de nouveau membre de l'Ordre à combattre des Mangemorts (toute seule en plus, ce qui rendait "l'exploit" plus impressionnant selon leur point de vue, je pense).
J'ai demandé à la fin de la réunion s'il y avait quelqu'un qui pouvait me donner un travail. Vu a quel point je suis désespérée, je suis prête à tout accepter comme boulot. Je ne pensais pas qu'il soit si difficile de trouver un travail. Bon d'accord, je ne suis au chômage que depuis une journée si on ne compte pas le week – end, ce qui n'est pas un drame en soit.
Le problème, c'est que la persévérance c'est pas mon truc et que je crains fortement de baisser les bras d'ici quelques jours. Il faut que j'arrive à trouver quelque chose pendant que je suis encore motivée.
Jeudi 7 Septembre 1978 : cabanon dans le jardin de Greg
Mes potions avancent bien. Le polynectar sera prêt le mois prochain. Il faut que je trouve de quoi le conditionner. Le laisser à l'air libre, c'est risquer qu'il s'altère dans la semaine. Et ça n'est jamais une bonne idée de laisser une potion s'altérer, surtout que ça ne se remarque pas forcément.
Je me demande si je n'ai pas foiré mon Veritaserum. Il n'a pas la couleur jaune exacte d'une jonquille qu'il devrait avoir à ce moment là. Ma potion est jaune, mais un peu terne…
*Chambre de Greg*
Je suis devant les exemplaires de la Gazette, et je viens de remarquer un truc que personne n'a sans doute remarqué à moins d'éplucher également les journaux parut depuis les trois dernières années. Ça n'a pas une grande importance, mais on sent au fil des articles la montée en puissance de Voldemort. Les pages se sont peu à peu remplies de meurtres, de disparitions, d'arrestations… C'est extrêmement décourageant.
Et je ne trouve toujours rien à propos du mangemort que je cherche sans relâche. J'ai l'impression qu'il n'a jamais existé avant le jour où il a assassiné Greg.
Lundi 18 Septembre 1978 : Chez Greg
Ça y est ! J'ai eu un coup de chance phénoménal, et j'ai trouvé un boulot ! Bon, un boulot qui ne va pas être éternel, il s'agit juste d'un remplacement. Le coursier qui distribuait la Gazette du Sorcier à tous les marchands du chemin de Traverse (ça coûte moins cher que les hiboux postaux) est alité pour cause d'éclabouille. J'ai entendu ses collègues s'en plaindre quand je suis passée devant la rédaction de la Gazette tout à l'heure et j'ai saisi ma chance. Une bonne chose de faite ! Je commence demain matin à 5h. Je suis soulagée.
Mardi 19 Septembre 1978 : chez Gregory
Mon travail ne dure pas très longtemps, en réalité. Quand je suis arrivée à 5 heures dans la boutique, j'ai d'abord trié les journaux avec d'autres personnes. Il faut bien savoir combien il faut d'exemplaires pour le chemin de Traverse, combien pour Londres et ce genre de chose tout aussi mortellement ennuyante.
On m'a donné une liste d'adresse que je devais livrer le plus rapidement possible. Vu que je ne connaissais pas le trajet et les maisons/ boutiques à livrer, ça m'a pris un peu de temps. Mais j'ai accompli ma tâche comme il le fallait. J'ai l'impression que ça va être un peu rébarbatif à la longue.
Quand je suis ressortie dans la rue, je suis tombée nez à nez avec Dante. Je ne lui en veux plus vraiment. Je ne suis pas assez immature pour garder rancune à propos d'une chose aussi insignifiante que notre dispute du début de mois. Mais je n'ai rien fait pour l'encourager. Je suis restée impassible à attendre une réaction de sa part. Des excuses surtout, à vrai dire, puisque j'avais raison sur toute la ligne.
- Je ne pensais pas te revoir de si tôt, a t –il finalement souri.
- Je ne me suis pas intentionnellement placée sur ta route, ai –je répliqué sans pouvoir m'empêcher de sourire à mon tour.
Comme à chaque fois que je me retrouve face à Dante, j'ai des réactions bizarres. Je ne souris pas spontanément comme ça aux gens dont je ne suis pas très proche d'habitude. Ni avec ceux avec qui je suis fâchée. Crackmol mon cul, ouais ! Il y a autre chose chez lui, j'en mettrais ma main au feu.
- Tu es toujours fâchée ? s'est –il finalement enquis après un instant de silence gêné.
- Non.
- Alors viens avec moi jusqu'à la boutique, on discutera là bas.
J'ai haussé les épaules avant de lui emboîter le pas. Malgré tout, j'aime bien Dante, ça m'aurait vraiment fait chier qu'on reste en bisbille. Il m'a servi une tasse de café une fois qu'on s'est installé dans l'arrière boutique.
- Il n'y a pas de sucre. Je le bois toujours noir et Arlem déteste ça.
- Pas grave, je vais en chercher.
Un coup de baguette plus tard, mon café avait pris un goût à peu près potable. Dante ne doit pas vraiment savoir se servir d'une cafetière. Je me suis mise à aimer cette boisson depuis que je vis chez Richard et Elisabeth. On se retrouve tous les trois une fois par jour autours d'une tasse de café qu'on boit en parlant de tout et de rien.
Aucun des deux parents de Greg n'aime le thé, notre boisson nationale. C'est pour ça que j'ai changé d'avis sur le café. Ce petit rituel café semble exister depuis toujours dans leur famille, mais je n'ai jamais osé demandé d'où il venait. Sans doute à cause de la façon dont Richard et Elisabeth se regardent quand on parle de cette pause. Je n'ai rien à faire dans ce souvenir là.
- Je ne vais pas m'excuser pour ce que j'ai dit, a finalement attaqué Dante. J'ai le droit d'être inquiet à ce sujet.
- Oui, mais pas de me dire ce que je dois faire.
- C'est suicidaire ce que tu fais. A notre époque, s'opposer à Tu – Sais – Qui, c'est comme creuser sa tombe, s'acheter un cercueil et s'enterrer soi - même.
- Je m'opposerai à Voldemort, parce que c'est ce qu'il faut faire. Si tout le monde pensait comme toi, il aurait déjà gagné et tu serais mort.
Dante a tressailli une première fois en entendant le nom de Voldemort, une deuxième fois au ton dur de ma voix, une troisième fois quand j'ai énoncé la vérité toute nue quant à son statut : les crackmols n'ont pas plus de place que les moldus dans l'idéologie mangemort.
- Certes. Mais je ne comprends pas pourquoi toi…
- Tu sais très bien pourquoi.
Il a baissé le regard sur ma manche gauche que j'avais relevé pour qu'il voit le tatouage qu'il m'avait lui même fait il y a quelques temps. Il l'a longuement contemplé avant de lever ses yeux verts.
- Ce jour là te hante, a t –il finalement lâché.
- Il me hantera toute ma vie, ai –je rétorqué. Et c'est très bien comme ça.
Bien sûr, j'aurais préféré ne jamais me trouver sur cette chaise en train de dire ça. Je voudrais que Greg soit encore là. Mais, c'est impossible. Alors je pense vraiment ce que je lui ai dit.
Je suis contente qu'on ne soit plus fâchés.
*Poudlard*
Comme je n'ai pas grand-chose à faire de mes journées avec le travail que j'ai en ce moment, je peux profiter de mes après-midis de libre pour retourner à la bibliothèque. Je ne me doutais pas qu'après Dante, se serait Fernand que je reverrais aujourd'hui. Je suis tombée sur lui au détour d'un rayonnage de sortilège.
Ses cheveux étaient plus longs que jamais et son insigne de Préfet – en – Chef rutilante était épinglée sur sa poitrine. Il a paru aussi déconcerté que moi de notre rencontre fortuite, mais a finalement souri.
On est sorti dans les couloirs pour discuter. Madame Pince nous regardait déjà de travers, pas la peine d'en rajouter une couche.
- Qu'est ce que tu deviens depuis ta sortie de Poudlard ? s'est –il enquis une fois que nous avons pu nous exprimer en toute liberté.
- Pas grand-chose… J'ai travaillé à la Ménagerie Magique cet été et je remplace actuellement un livreur de journaux à la Gazette.
- Pourquoi ne pas avoir poursuivi tes études ? Tu n'as pas réussi tes ASPICs ?
- Si, je pourrais même sans doute décrocher une bourse pour pallier mon budget plutôt serré. Mais je n'ai absolument aucune idée de ce que je veux faire. Alors je ne vais pas perdre mon temps à réfléchir. J'ai mieux à faire.
- Mieux à faire ? Qu'y a t –il de plus important que ce que tu vas faire le reste de ta vie ?
- Je ne suis pas certaine de vouloir faire la même chose durant toute ma vie, Fernand, ai –je soupiré. Et toi ? Tu sais déjà dans quelle voie tu vas t'engager une fois tes ASPICs en poche ?
- Je ne suis pas sûr de les réussir.
- Oh arrête ! Le jour où un Serdaigle loupera un seul examen n'est pas encore arrivé. Alors ?
- J'aimerais bien pouvoir entrer à la Confédération Internationale des Sorciers. Ce serait formidable.
- Je suis certaine que tu vas y arriver.
A la vérité, je n'ai jamais été tentée par une quelconque carrière ministérielle ou politique alors je n'ai aucune idée de ce que cette Confédération peut bien faire. Sans doute un truc bien barbant. Mais j'ai préféré taire mon ignorance. La lueur dans ses yeux m'a dit qu'il était prêt à se lancer dans un discours passionné et enamouré sur le sujet, ce que je ne souhaitais absolument pas.
On a fini par repartir chacun de notre côté puisque nous avions tous les deux pas mal de boulot. J'ai réussi à dénicher un traité de sortilège poussiéreux sur la magie des éléments. Je l'ai quelque peu laissée de côté après les cours basiques qu'on avait eu sur le sujet, mais ça reste une magie extraordinaire.
Vendredi 22 Septembre 1978 : Sainte Mangouste
Qu'est ce que fais là ? J'attends dans le hall qu'on me donne l'autorisation d'aller voir James et Lily. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je n'ai eu aucune information si ça n'est qu'un patronus est arrivé il y a une bonne heure chez les parents de Greg durant le dîné pour m'annoncer que mes deux amis étaient grièvement blessés et qu'il fallait quelqu'un pour les veiller.
J'ai immédiatement transplané, mais il est interdit à quiconque d'autre que les Guérisseurs de les voir. Ça doit être vraiment grave. Même la sorcière d'accueil qui est généralement aussi froide qu'une porte d'Azkaban avait l'air désolée en m'annonçant que j'allais devoir patienter.
Sirius est parti à la recherche de ceux qui leur ont fait ça. Seul, sans demander l'avis de personne. C'est suicidaire. Remus est parti à sa poursuite avec Maugrey. Je me sens partagée entre l'envie d'aller le chercher et le devoir d'attendre des nouvelles de James et Lily.
En tout cas, je suis inquiète. Et j'ai peur. Je ne veux pas que l'un d'entre eux meure. Je ne veux pas qu'un autre de mes amis disparaisse. Ne rien pouvoir faire sinon attendre est insupportable. Ne pas savoir est pire encore. Oui, l'incertitude est encore pire que l'attente.
Pour m'occuper, je regarde les gens qui défilent. Mais je n'arrive pas à me faire sortir les membres de l'Ordre de l'esprit. J'espère que je vais bientôt pouvoir monter voir James et Lily. Je ne sais même pas dans quel service ils ont été envoyés.
*Ste Mangouste, plus tard*
3 heures d'attente dans le hall et toujours aucune nouvelles.
Où est Peter ? Il est trop pleutre pour être allé avec Sirius. Il n'est membre de l'Ordre que pour faire comme ses amis. Aucune personne saine d'esprit ne lui confierait une mission. Alors que fait –il ? Pourquoi n'est –il pas ici à attendre avec moi ? Il a pourtant dû être mis au courant.
Les parents de Lily en tant que moldus ne peuvent pas venir, ça je le comprends. Les parents de James sont à l'étranger pour leur travail en ce moment. Mais ils devraient rentrer en apprenant que leur fils est en mauvais état.
*Ste Mangouste, encore plus tard*
Un Guérisseur est descendu me voir. Il a amené avec lui un gamin. Il ne doit pas avoir plus de 6 ans. Il porte des traces de brûlure, mais rien de bien grave. Je suis plus inquiète pour son état mental. Ses yeux bleus sont vides de tout. Il est encore vivant, mais semble complètement absent.
- Pourquoi vous me l'amenez ? ai –je demandé au Guérisseur quand il l'a assis à côté de moi.
- Vous êtes une amie de James Potter et Lily Evans, non ?
- Oui. D'ailleurs, comment vont –ils ? Je n'ai absolument aucune nouvelles.
- Ils ne sont pas encore ressortis de la salle d'intervention, je ne peux pas vous donner de pronostics. Mais ça ne devrait pas tarder. C'est en sauvant cet enfant des mangemorts qu'ils se sont retrouvés ici. Il n'y a personne pour s'en occuper, actuellement, alors je vous le laisse.
- Que lui est – il arrivé pour qu'il soit… absent ?
- Il a sans doute vu tout ce qu'il s'est passé. Il va falloir l'envoyer dans notre clinique de psychomagie au plus tôt.
Voilà comment je me suis retrouvée avec la garde de ce gamin. Pas qu'il soit embêtant, on dirait un légume. Mais cette histoire ne me plaît pas du tout. Ça pue les ennuis.
Pauvre garçon. J'ai essayé de le faire réagir, mais sans succès. Si je n'étais pas aussi anxieuse par rapport à James et Lily, je serais immédiatement allée l'emmener dans cette clinique.
Samedi 23 Septembre 1978 : Ste Mangouste dans le hall
Il est deux heures du matin. J'ai enfin pu voir James et Lily. Ils sont dans une chambre au 4ème étage et on dirait des momies. Ils sont recouverts de bandages et enduit d'un onguent malodorant qui empeste dans toute la pièce.
Quand je suis arrivée dans leur chambre, ils étaient tous les deux conscients mais grimaçaient comme des gargouilles. Le Guérisseur m'a dit qu'il devait leur faire avaler une potion de sommeil sans rêve le plus tôt possible. En gros, on avait pas beaucoup de temps pour parler.
- Comment vous sentez vous ?
- Comme si un géant venait de me prendre pour un paillasson, a déclaré James d'une voix rauque qui n'était pas du tout la sienne.
- Tu ne vas pas te plaindre, c'est de ta faute tout ça, a déclaré Lily qui paraissait quand même en meilleur état que lui.
- Je t'avais dit de rester en arrière. Je ne voulais pas t'entraîner là dedans. Je ne voulais pas que tu sois blessée.
- Il est beaucoup trop tard pour ne pas m'entraîner là dedans comme tu dis. Et pas question de te laisser affronter tout seul le danger. Je sais me défendre.
- Oui, j'ai vu, a tenté de ricaner James avant de gémir de douleur. C'était magnifique.
- Est-ce que vous allez me dire ce qu'il s'est passé, oui où non ? me suis –je énervée.
Je ne comprenais rien à ce qu'ils racontaient et j'étais arrivée à bout de ma patience. Quand ils ont reporté leur attention sur moi, leurs expressions étaient redevenues sombres.
- C'était Tu – Sais – Qui, a directement annoncé James. Il était là bas. Lily a été formidable. C'est grâce à elle qu'on a pu s'échapper et emmener le garçon.
- Comment vous êtes vous retrouvés face à Voldemort ?
Ils ont réussi à échapper à Voldemort ! Tu te rends compte Journal ? C'est un véritable exploit, un miracle ! Ils ont dû avoir une chance de malade. Savoir qu'ils s'en sont tirés ne m'a pas empêchée d'être soudainement inquiète.
- Tu vas rire, mais c'était un hasard. Lily est moi on était partis pour aller au restaurant quand on a vu la marque des Ténèbres flotter au dessus d'une maison. Un mangemort trop zélé l'a fait apparaître alors qu'ils étaient encore en pleine action. On a rien pu faire pour les parents. Mais on a foutu à sacré bordel.
- Ne t'avise pas de trouver ça drôle, ai –je menacé James en le pointant du doigt. J'étais morte de trouille.
- Je savais que tu étais capable de t'inquiéter pour les autres !
- Sirius est parti à la poursuite de Voldemort pour te venger ! lui ai – je craché au visage. Espèce de crétin inconscient ! Si tu n'étais pas déjà à moitié mort, je t'égorgerais sur le champ !
- Sirius a quoi ? a t –il répété, sa voix montant dangereusement vers les aiguës.
- Tu m'as très bien comprise sombre idiot !
J'aurais bien continué à l'incendier. Comment pouvait –il oser plaisanter devant une situation pareille ? Mais une Guérisseuse est intervenue pour me mettre à la porte. Apparemment, engueuler les patients n'est pas toléré. Pourtant James mériterait qu'on lui remonte sacrément les bretelles. Enfin, ils vont tous les deux s'en sortir et Maugrey aura certainement rattrapé Sirius. C'est l'essentiel
Je vais déposer le gamin à la clinique de psychomagie, aller voir les parents de Lily et aller me coucher. Je suis crevée. En fait, vu que je travaille à 5 heures demain matin, il est probable que je ne puisse pas dormir du tout.
*Chez Greg*
Quelle journée. Après mon départ de Ste Mangouste, j'ai transplané dans la clinique de Psychomagie située en périphérie de Londres. Il y a souvent des "accidents" là bas puisque tous les sorciers dérangés des alentours s'y donnent rendez vous. Alors mieux valait ne pas être en plein centre ville moldu comme l'hôpital. C'est là qu'Anna aurait travaillé si elle n'avait pas été tuée en mars dernier.
On se sent assez mal à l'aise au milieu de tous ces sorciers avec des problèmes mentaux. Et c'est à mon avis d'un tout autre niveau que pour les moldus qui sont dans le même état. Je dois avouer que j'ai ressenti une certaine culpabilité en laissant le gamin qu'ont sauvé James et Lily au soin d'une psy à l'air fatigué. Mais je ne voulais pas rester trop longtemps là bas, et j'avais des choses à faire.
Il était tôt dans la matinée quand j'ai sonné chez les parents de Lily. Je n'étais jamais allé chez elle, mais je connaissais son adresse. Si la lumière n'avait pas été allumée, signalant que ses parents étaient déjà réveillés, j'aurais passé mon chemin. Mais ils devaient savoir qu'il était arrivé quelque chose à leur fille et attendaient avec anxiété des nouvelles.
Ils ont littéralement sauté sur la porte quand j'ai sonné. Ils avaient l'air de déterrés. Je crois que la cape que je portais m'a trahie comme étant une sorcière. J'étais assise dans leur salon avant même de comprendre ce qui m'arrivait et ils me pressaient de question.
- Elle va s'en sortir, ai –je dit en élevant la voix pour qu'ils se taisent. Les Guérisseurs l'ont sauvée. Elle devra certainement rester quelques jours à l'hôpital, mais je vous promets que ça va aller.
Ils ont voulu que je leur donne des précisions, mais comme je me posais moi-même ces questions là, je n'avais aucune réponse à leur donner. J'ai promis de revenir les voir quand j'en saurais plus. C'était certainement la seule chose qui me permettrait de m'échapper de chez eux. Je me demande ce que ça fait d'être moldu et de savoir que quoi qu'ils puissent faire, ces parents ne pourront jamais protéger leur fille des dangers qui la guettent. Moi, même si je me suis déjà trouvée dans une situation similaire à la leur, je ne suis pas aussi impuissante qu'eux.
Quand je suis finalement rentrée chez Richard et Elisabeth, celle – ci somnolait sur le canapé. Elle m'attendait visiblement. J'ai fait le plus doucement possible, mais Scoubi m'a sauté dessus quand j'ai transplané. Maudit chien. Du coup, elle s'est réveillée. Elle était inquiète parce que j'étais inquiète. Elle se soucie de mes amis alors qu'elle ne les a jamais rencontrés et que je ne lui en ais jamais parlé. Cette femme ne cessera jamais de me surprendre.
On est allée se coucher chacune dans sa chambre, mais je n'ai pas réussi à dormir. Je n'avais toujours eu aucune nouvelle de Sirius ou de Remus et Maugrey qui sont partis à sa poursuite. Je guettais les éventuels hiboux où patronus qui auraient pu m'apporter de plus amples informations. Un "tous sains et saufs" aurait suffi. Il n'est pas encore arrivé.
Dimanche 24 septembre 1978 : chemin de Traverse
J'ai essayé de contacter l'Ordre, mais personne ne m'a répondu. Sirius, Remus et Maugrey ont simplement disparu de la circulation. Là, j'arrive à relativiser, mais quand je suis allée voir après le travail ce qu'il était advenu du gamin que j'avais laissé chez les fous, j'étais dans un état assez épouvantable.
Ça devait se voir puisqu'on m'a demandé à plusieurs reprises si j'allais bien. Et comme j'ai tendance à être agressive quand je suis inquiète, j'ai réagi suffisamment vivement pour que plus personne ne vienne me faire chier avec ça. Ou pour les convaincre que j'avais vraiment un problème, à voir.
D'ici une heure, je dois aller récupérer le garçon. Je ne sais pas ce que je vais bien pouvoir en faire. Quand j'aurais son nom, je pourrais peut être aller au Ministère et demander s'il a de la famille encore vivante quelque part. Et si ça n'est pas le cas… ben je serais dans la merde. Je ne peux tout de même pas le laisser à la rue. Pourquoi c'est toujours sur moi que ce genre de chose tombe, hein ?
*Ministère de la magie*
Le gamin s'appelle Maxime MacAdam. C'est un sang-mêlé qui n'a plus aucune famille ni sorcière ni moldue. Enfin, pas exactement. Il a une tante éloignée en écosse du côté de son père moldu. Mais le Code du Secret Magique interdit de dévoiler la magie aux moldus qui ne sont pas parents au moins au deuxième degrés avec le sorcier ou qui ne se marient pas avec ledit sorcier. Donc, ce gamin n'a nulle part où aller.
Quand j'ai dit au sorcier du Bureau de Recensement des Sorciers que c'était totalement anormal de priver un gamin d'une famille alors qu'il en a une, je me suis limite fait jeter dehors. J'ai bien eu envie d'y retourner et de transformer sa moustache ridicule en deux défenses où un truc encore pire. Mais ça ne m'aurait rien apporté. Je suis allée m'asseoir dans le hall avec Maxime pour réfléchir. Il s'est mis en tête que les statues de la fontaine qui trône à l'entrée du Ministère a bougé quand on est passé à côté tout à l'heure.
Les psychomages ont fait des merveilles avec lui. On dirait qu'il ne se souvient plus de ce qu'il a vécu il y a deux jours. Et peut être est – ce le cas. Je ne sais pas très bien ce que ces sorciers lui ont fait. Mais il n'a plus l'air affecté par la mort de ses parents. On dirait un petit garçon comme les autres. Je ne sais pas ce que je suis censée faire de lui.
Il ne pose aucune question quant à ses parents, ce qui me paraît vraiment curieux. Ça me perturbe, mais je ne vais pas lui demander ni insister. Je ne peux pas me le permettre si ça risque de le faire redevenir un légume.
Qu'est ce que je vais bien pouvoir faire de ce gamin ? Je ne peux pas le confier à quelqu'un, mais je ne peux pas non plus le garder avec moi… Si j'attrape le guérisseur qui m'a refilé cette corvée, je lui arrache les oreilles. Et toi Journal, tu ne peux rien faire pour m'aider !
*Ste Mangouste*
Je suis dans la chambre de James et Lily. Maxime parle avec eux, et je crois qu'il arrive à leur faire oublier combien ils souffrent du contrecoup de leur rencontre avec Voldemort. Lily aura un enfant tôt, j'en suis sûre. Il n'y a qu'à voir la façon dont elle fixe ce gamin.
*Ste Mangouste, plus tard*
Je suis dans la chambre de Sirius. Ce crétin est en train de dormir profondément pour permettre à la potion qu'il a avalé de faire son effet. Il n'est pas aussi amoché que Lily et James, mais d'après ce que m'a dit Remus, il a subi suffisamment de doloris pour qu'on puisse craindre des séquelles mentales.
Remus est entré dans la chambre de Lily et James quand j'étais en train d'écrire un peu plus tôt. Il avait l'air fatigué, ses vêtements étaient tâchés de sang et poussiéreux, mais il était globalement indemne. Je n'ai pas encore entendu tout ce qui s'est passé depuis qu'il s'était lancé à la poursuite de Sirius avec Maugrey. Je me suis précipitée ici dès que j'ai su où Sirius se trouvait.
Mon dieu ! Je suis tellement soulagée qu'il soit vivant. Qu'ils soient tous vivants !
*Ste Mangouste, cantine*
Je suis descendue ici pour acheter quelque chose à manger. Je n'ai pas l'intention de rentrer chez Elisabeth et Richard tant que Sirius ne se sera pas réveiller. Je leur ai envoyé un hibou pour les tenir au courant et qu'ils ne s'inquiètent pas. Ça n'est pas bien qu'une femme enceinte se fasse du souci.
*Ste Mangouste*
De retour dans la chambre de Sirius. Avec un poids en moins sur les épaules toutefois. Tout à l'heure, en passant dans le hall, j'ai été abordée par Kathie. Tu sais, la Poufsouffle qui veut devenir Guérisseuse. On a un peu bavardé et quand je lui ai parlé de ma situation, à savoir mes amis et mon petit ami dans un sale état et Maxime MacAdam dont je ne savais pas quoi faire, elle est soudainement devenue grave.
- Tu ne te rends pas compte de combien de jeunes sorciers se retrouvent dans la même situation. On en voit fréquemment ici, surtout d'origine moldue ou de sang mêlé. Les premiers ont du mal à retrouver de la famille à cause de cette stupide loi sur le degré de parenté, et pour les seconds, personne ne veut s'occuper d'un moitié quelque chose. Ni la partie moldue de leur famille et encore moins la partie sorcière. La plupart du temps, en général. On les envoie dans des orphelinats moldus, mais ils causent beaucoup de problèmes et menacent notre secret. Tu comprends, on ne peut pas leur jeter un sortilège d'amnésie : leur cerveau est encore en développement alors un sort de cet ampleur risquerait d'en perturber les fonctions.
- N'y a t –il pas d'orphelinat sorcier ?
- Avant que Tu – Sais – Qui n'arrive, les orphelins sorciers étaient plutôt rares. Comme tu le sais, il y a peu de maladies ou de blessure que la magie ne permet pas de soigner… Alors non. Mais…
- Mais ? ai –je demandé avec espoir.
- Mais, je suis en train d'en ouvrir un.
Ça ne te paraît pas complètement dément, Journal ? Kathie à mon âge, elle n'a pas fini ses études, et elle n'a jamais été très sûre d'elle et soudainement, elle est sur le point d'ouvrir un orphelinat ?
Les paroles que Zilphya Gryphem m'a un jour dites dans le bureau de Dumbledore me sont alors revenues en tête : "Sachez qu'il ressortira de cet événement plus de choses positives que si j'avais sauvé les quelques vies perdues samedi. Prenez votre amie Kathie Holmes par exemple : dans les prochaines années, elle va devenir la Guérisseuse la plus renommée de notre pays et sa réputation va même s'étendre au-delà de nos frontières. Elle sera la fondatrices de nombreuses infrastructures qui aideront notre société à évoluer. Si elle n'avait pas vécu cette attaque des Mangemorts, elle serait restée une guérisseuse sans avenir à cause de son manque de confiance en elle. "
Bon, d'accord, je suis allée te feuilleter, Journal, pour trouver les phrases exactes. Mais Zilphya avait raison. Qu'elle soit maudite. Elle avait raison. Je ne vois pas du tout Kathie s'arrêter en si bon chemin. Du coup, elle a emmené Maxime avec elle.
Je me demande vraiment ce que les psychomages lui ont fait. D'ordinaire, un gamin ne suit pas une inconnue juste parce qu'elle le lui demande et lui tend la main. Il ne m'a même pas dit au revoir ce petit ingrat. Et il ne paraît toujours pas se rappeler qu'il avait des parents avant aujourd'hui. Ça n'est pas un comportement normal, si ?
Et Kathie qui veut ouvrir un orphelinat. Ça continue à me stupéfier et ça ne va pas cesser de si tôt. Depuis quand est –elle aussi sûre d'elle ? Certes, elle était notre Préfète à Poufsouffle et elle n'avait pas sa langue dans sa poche, mais elle avait quand même un petit côté timide et renfermé qui l'empêchait de se lancer dans des projets tels que celui –ci.
…
J'aurais dû lui proposer mon aide. La prochaine fois que je la croise, je le ferais.
*Chez les parents de Greg*
Sirius s'est réveillé il y a un peu plus de deux heures maintenant. J'ai vraiment été soulagée quand les guérisseurs ont annoncé qu'il n'aura aucune séquelles. Il est sans doute trop crétin pour faire un syndrome post – traumatique.
Une fois les guérisseurs partis, il m'a raconté ce dont il se souvenait. Il avait cherché Voldemort ? Il l'avait manqué. En revanche, il a eu le droit à un tête à tête avec sa cousine, Bellatrix, qui avait apparemment besoin d'un cobaye pour s'entraîner au doloris.
Et là, j'ai vraiment fait preuve d'une retenue extrême. Je ne lui ai pas dit que le fait de se lancer à la poursuite de Voldemort et de ceux qui ont blessés James et Lily était d'une débilité sans borne et qu'il devait avoir oublié son cerveau sur sa table de chevet ce matin là pour avoir seulement envisagé une telle option. J'ai aussi évité de lui balancer des phrases comme "tu te crois intelligent, mais en réalité, tu as encore moins de QI qu'un troll".
Ceux qui savent combien le QI d'un troll est insignifiant pourraient trouver ma comparaison exagérée, mais je la trouve très pertinente au contraire.
Mais je me suis abstenue, ce qui est vraiment extraordinaire de ma part, tu en conviendras Journal. D'abord parce qu'il était blessé, ensuite parce que je connais les Gryffondor : orgueil, loyauté, courage. Il aurait vraiment mal pris tout ce que je pensais.
Je lui ai exposé la situation d'une voix calme en disant que ça n'était pas raisonnable et que mort il ne servirait plus à grand-chose dans l'Ordre. Je n'ai pas dit trois phrases que Monsieur est monté sur ses grands hippogriffes et s'est horriblement vexé. S'il s'attendait à ce que je l'approuve, il se fourrait le doigt dans l'œil jusqu'à l'omoplate. C'est qu'il ne m'a pas bien regardé.
Alors je l'ai envoyé se faire voir. Et moi, je me suis fait sortir par les guérisseurs pour la deuxième fois en deux jours parce qu'il ne faut pas hausser le ton dans un hôpital. Du coup, je suis rentrée chez Elisabeth et Richard avant d'aller évacuer ma colère en courant.
Elisabeth commence vraiment à avoir le ventre bien rond. Ça n'est pas la première grossesse à laquelle j'assiste, sachant que j'ai un petit frère et une petite sœur, mais celle – ci a toute mon attention. Elle m'émeut plus aussi. Pas besoin de dire pourquoi.
Mardi 26 Septembre 1978 : cabanon dans le jardin
J'ai raccompagné Lily chez ses parents aujourd'hui. Je l'ai laissée entre de bonne mains. Ceux de James sont revenus de l'étranger et s'occupent de leur fils. D'ici une semaine, ils n'auront plus aucunes traces de leur confrontation avec Voldemort et les Mangemorts.
Ils ne l'ont pas dit mais, James et elle, ces deux suicidaires, sont tout a fait partant pour remettre ça une deuxième fois si nécessaire. Et soyons fous, pourquoi pas une troisième fois, hein ! Si je pouvais faire sortir ces idées de leurs têtes en les secourant, je le ferais. Je ne m'attendais pas à ce que Lily soit aussi tête brûlée. Elle n'est plus vraiment comme quand on était à l'école.
Quand je suis allée chercher Lily, je ne suis pas allée voir Sirius. Elle n'a pas osé me demander ce qu'il se passait, mais je ne doute pas qu'elle ait remarqué que quelque chose clochait.
Je suis fâchée contre lui. Je m'inquiète, et il m'engueule alors que c'est lui qui s'est comporté comme un idiot. Oui, je suis en train de bouder comme une gamine mais non je ne changerais pas d'avis. Il ne faut pas exagérer non plus !
Mercredi 27 Septembre 1978 : cabanon dans le jardin des Lewis
Je crois que finalement, je n'ai pas encore foiré mon Véritasérum. Il est devenu aussi jaune qu'une jonquille. Il faudrait que je songe à un cobaye pour le tester. Felix felicis avance lentement. Lundi prochain, je vais aller cueillir des Symphitum à minuit, c'est la nouvelle lune. Je vais devoir les traiter pendant trois semaines avant de les ajouter à Felix.
A suivre...
