Auteur : kitsu34

Auteur : kitsu34

Origine : Yuyu Hakusho

Couple : aucun pour ce chapitre !

Disclaimers : rien à moi !

Réponses aux rewiews :

Zéphis : désolé de l'attente scandaleusement longue pour la suite de cette fic ! J'espère malgré tout que tu ne seras pas trop déçue en lisant ce chapitre… Merci de ton soutien en tout cas, et j'attends avec impatience l'arrivée des Scènes de la vie quotidiennes sur Saint Seiya ( Hop, un petit coup de pub en passant !)

Xmanasamax : Voici Hiei ! Mais quant à ce qu'il venge Kurama et dézingue Yomi… Il y a encore quelques chapitres de prévus avant… Normalement… Si ça t'intéresse toujours…

Naria : tes désirs sont des ordres (bon accord, un peu longs à arriver…) ! Voici Hiei en action ou plutôt en réaction. Mais ne t'inquiète pas, Kurama aussi va réagir…

White Fox From North : Kisous ! Désolé, je me suis for peu connecté ces derniers temps! Que de boulot ! Heureusement, cela devrait aller mieux maintenant et je retrouve avec délices, le goût et le plaisir d'écrire ! Merci de toutes tes rewiews et de ton soutien. Tes remarques constructives me font un plaisir que j'ai du mal à exprimer à sa juste valeur. Merci, vraiment. Et j'espère que tu aimeras toujours autant cette fic après avoir lu ce chapitre assez faible, je le crains. Mais bon, il faut bien des chapitres de transition parfois.

Tiloup67 : Excuse moi de t'avoir fait pleurer ! Voilà Hiei qui arrive ! Les choses vont s'arranger… Enfin progressivement, hein… Merci de tes rewiews et de ton enthousiasme, il me fait chaud au cœur !

Ma Shunelodie : j'espère que tu vas bien et que tu vas réussir ton examen ! Courage ! Et travaille bien. Peut-être reviendras-tu faire un tour sur le fandom de Yuyu ? Tu me manques beaucoup. C'est que je me suis habitué … J'espère que cette suite ne te décevra pas trop, même si elle est bien moins « forte » que les chapitres précédents… Voilà ce que c'est de s'arrêter trop longtemps dans un texte : on a du mal à retrouver l'atmosphère et l'univers mis en place ! Tant pis, c'est de ma faute… En tout cas, je t'envoie plein de kisous, en espérant avoir de tes nouvelles…

Ariani Lee Gore : Merci de la rewiew et désolé d'y répondre si tard… J'ai un peu honte et je te prie de m'excuser… J'espère que ce chapitre te plaira…

Hakase :… choqué ?….Hem… Je le savais qu'il était atroce ce chapitre. J'ai eu tellement de mal à l'écrire ! Si tu savais ! Parce que pour réussir à écrire et décrire une scène, il faut que je l'imagine comme si j'y étais… Alors, je te comprends, oh combien ! Merci de continuer à lire, malgré tout… j'aimerais pouvoir te dire que le pire est passé, mais il y a encore un sale moment pour Kurama… Enfin, pas tout de suite…

Uno : toi aussi choqué ? Misères ! Je vais me faire sortir du site ! Mais tu as raison, pour faire court, Hiei va… cramer Yomi. Mais pas tout de suite. En fait, cette fic menace d'être la plus longue que j'ai écrite jusqu'à maintenant. Aux alentours d'une douzaine de chapitres… Alors, tu vois, le cramage de Yomi n'est pas encore pour tout de suite !

Note et excuses auprès des lecteurs : désolé pour le retard qu'a pris cette fic… J'ai eu une période de boulot terrible et une très mauvaise santé, en dents de scie, qui m'empêchait de me concentrer efficacement sur les textes un peu construits. Je n'ai véritablement continué que les Scènes, car la forme courte des chapitres me permettait de parvenir à écrire en peu de temps. Ce chapitre a été une véritable galère car je l'ai écrit en petits morceaux et je n'ai pas l'habitude de travailler ainsi… Espérons que le résultat ne soit pas trop catastrophique… Hélas, absolument rien de garanti…

En vous souhaitant quand même bonne lecture,

C'est parti !

Après mille ans de séparation

Révélations

La nuit était à présent tombée depuis quelques heures et le silence pesant et méfiant du Makai régnait sur les rues trop calmes de la ville.

L'atmosphère lourde et chaude indiquait sans doutes possibles l'arrivée imminente d'un nouvel orage et les nuages bas se bousculaient et s'enfuyaient, comme poussés par une main invisible.

On n'entendait rien, pas même les bruits habituels de la vie nocturne, sauvage et cruelle. Aucun froissement de branches, aucun souffle ou cri d'animaux. Rien que le silence lourd et épais.

Ce n'était vraiment pas bon signe.

Il connaissait le Makai et ses règles brutales. Le silence n'était jamais bon signe.

Au mieux, il indiquait un piège. Au pire, la mort.

Ces abrutis venaient de se jeter dans la gueule du loup !

Il accéléra. Pourvu qu'il arrive à temps !

- - - - -

Les rues étaient étroites, encombrées d'objets et d'ordures de toutes sortes. Dans l'obscurité de cette nuit sans lumière, on n'y voyait pas grand-chose, les façades lézardées et brinquebalantes se confondant avec la terre battue et les monceaux d'immondices qui la jonchaient.

Pourtant, en observant attentivement et longuement, sans bouger, avec la patience d'un chasseur aguerri, on aurait pu distinguer trois silhouettes tapies dans le recoin encore plus sombre d'une ruelle noire.

Ces trois ombres bougeaient si peu qu'il était facile de les confondre avec le mur qui les dissimulait en partie.

Elles semblaient attendre quelque chose.

Les nuages qui roulaient dans le ciel continuèrent leur course toujours plus rapide jusqu'à ce qu'un éclair zèbre le ciel de sa déchirure sanglante. Mais aucun coup de tonnerre n'accompagna le feu du ciel et la fuite désordonnée et chaotique des nuages se poursuivit en silence.

Un brusque coup de vent balaya violemment la ville et secoua les enseignes des échoppes et les volets des habitations.

Mais rien d'autre, de vivant, ne bougea dans les rues.

La ville semblait morte, profondément endormie.

Cette immobilité de pierre sembla encourager les trois silhouettes noires, dans leur coin, et très lentement, l'une d'entre elle rampa jusqu'à l'autre côté de la rue.

Après un temps d'arrêt, une main fit un léger signe, et les deux autres ombres glissèrent dans la même direction que la première et la rejoignirent.

Finalement, encouragés par l'immobilité et le silence de la ville, les trois silhouettes se lancèrent dans le dédale de rues.

A présent, elles se mouvaient avec une agilité et une rapidité étonnantes. Elles étaient si rapides qu'elles semblaient glisser et l'une d'elle donnait même l'impression de voler.

A l'angle de la rue qui donnait sur la forêt, trois nouvelles ombres apparurent, aussi immobiles dans un premier temps que les précédentes. Puis elles se lancèrent dans la même course, aussi rapide, aussi insaisissable.

Elles rejoignirent bientôt les trois silhouettes arrêtées à présent dans l'ombre d'un porche face à une construction massive et imposante, ressemblant à une forteresse.

Dans le silence inquiétant, seulement troublé par les brusques rafales de vent, des chuchotements s'élevèrent. Puis les ombres se séparèrent à nouveau en deux groupes qui prirent deux directions opposées avant de se lancer vers la forteresse.

La masse sombre et massive, sembla grandir encore et devenir plus menaçante au fur et à mesure de l'approche des six petites silhouettes.

Pourtant, les assaillants ne ralentirent pas et, arrivés en contrebas du bâtiment, se positionnèrent de façon à assurer les arrières de ceux qui se disposaient visiblement à escalader la façade sombre.

Bientôt, l'une des silhouettes s'envola légèrement et accrocha solidement un grappin, de façon à ce que ses compagnons puissent escalader la forteresse.

Et la montée commença, sans bruit, bien réglée et organisée.

L'attaque semblait avoir été soigneusement pensée et visiblement le plan se déroulait selon les prévisions.

Il n'y avait d'étrange que cette immobilité et ce silence trop absolus pour être rassurants.

Cependant, les ombres poursuivaient leur progression le long de la façade massive, uniquement concentrées sur leur but. La première d'entre elles arrivait déjà quasiment en haut de la forteresse et la dernière saisissait à son tour la corde en contrebas, quand un nouveau venu jaillit de la ville et se précipita vers l'endroit où pendait la corde.

Il n'eut pas le temps d'arriver.

Des maisons qui entouraient la forteresse, ainsi que de la forteresse elle-même, jaillirent des soldats en armes qui se précipitèrent vers le petit groupe.

Le dernier venu s'arrêta brusquement et se mit en position d'attaque. Il se concentra un court instant et des flammes noires et électriques se répandirent dans les rangs des soldats, désorganisant l'assaut et brûlant tout ce qui se trouvait sur leur chemin.

Un cri retentit, couvrant un instant le tumulte.

« -C'est un piège ! Dégagez ! Putain, mais dégagez ! Ils nous attendaient ! »

Une à une, protégées par les flammes noires destructrices qui faisaient rage, les silhouettes sombres descendaient et gagnaient précipitamment le dédale de ruelles de la ville qui s'éveillait petit à petit.

Bientôt il ne resta sur la place que le dernier venu aux flammes noires et la première silhouette à être montée.

Alors, au moment où retentissait le premier claquement sec et percutant de la foudre touchant le sol, deux attaques impressionnantes illuminèrent le lieu du combat avant de se rejoindre dans une déflagration assourdissante, rasant tout sur leur passage.

Dans le silence de mort qui suivit, au milieu des décombres des habitations et des corps, tandis que la fumée de l'impact se dispersait lentement, deux ombres s'enfuirent rapidement vers la lisière de la forêt et se perdirent dans les sombres frondaisons.

Elles coururent longtemps, jusqu'au plus profond de la forêt, avant de s'arrêter, hors d'haleine.

L'une des deux silhouettes, se laissa tomber à terre en poussant un profond soupir. L'autre, la respiration sifflante et saccadée, resta debout, le visage penché.

Puis, la forme allongée par terre se releva à demi et donna un violent coup de poing sur le sol.

« -Merde ! Putain de bordel de merde ! Comment étaient–ils au courant de notre venue ? Qui les a prévenus ? Heureusement que tu es arrivé, Hiei ! Sans toi, on se faisait cueillir comme des bleus…

-Hn… C'était trop calme. Y avait pas le moindre bruit et le moindre garde. Comme si on avait des cons en face, sans prudence, ni ruse. Et s'il y a bien quelque chose qu'il faut reconnaître à cet enfoiré de Yomi, c'est que c'est loin d'être un con imprudent…

-Ouais, j'dois dire qu't'as raison… Malheureusement ! Putain, mais qu'est-ce qu'on va faire ? On dirait qu'ils anticipent la moindre de nos actions ! Si encore, on avait Kurama… »

Yusuke se mordit les lèvres précipitamment et regarda Hiei. Toujours debout, le visage sombre et baissé, son expression ne trahissait aucune émotion particulière, comme s'il n'avait pas entendu la dernière phrase prononcée.

Ils restèrent silencieux tous les deux, tâchant de reprendre leur souffle haché par la course et le combat.

Puis Yusuke se leva complètement et se tourna vers Hiei.

« -Bon, on va pas moisir, ici. C'est plus la peine, on pourra pas passer maintenant qu'ils sont sur leurs gardes. Il faut trouver un autre endroit non gardé ou moins gardé que celui-là pour tenter de forcer la frontière du royaume de cet enfoiré. Et avant de faire cela, il faut retrouver les autres ! »

Il se mit en route et dépassa Hiei sans que celui-ci ne fasse le moindre mouvement.

« -Ho, tu bouges ! »

La silhouette sombre du démon ne bougea pas et rien ne lui répondit.

Yusuke s'inquiéta. Hiei était-il blessé ? Il fit demi-tour et le rejoignit. Celui-ci le regardait attentivement, le visage toujours aussi inexpressif, immobile.

« -Hé ! Je te parle ! Ca va ou t'es mort debout ? Allez magne-toi, faut pas moisir ici ! T'as entendu ce que je t'ai dit ? Faut retrouver les autres et un autre coin…

-Pour forcer les lignes de Yomi. Ouais, j'ai entendu. Et je suis sûr que les autres pensent la même chose. Ils ont dû regagner le camp maintenant et mettre le reste au courant de ce qui s'est passé. L'autre débile doit déjà être en train de nous chercher avec son don. C'est vrai qu'on pense tout de suite à mettre les voiles et à tenter ailleurs. C'est le plus logique.

-N'est-ce pas ? Allez, amène-toi !

-C'est donc pas ce qu'il faut qu'on fasse.

-Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ! Tu t'es pris un coup sur la tête ou quoi ? Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse d'autre ? Au cas où tu l'aurais oublié, on s'est fait salement descendre par l'armée de Yomi et depuis plusieurs semaines qu'on essaie, on n'a toujours pas réussi à passer ses lignes et à pénétrer dans son royaume. Passer en force on n'a aucune chance !

-Ouais. Et le surprendre non plus. Parce qu'il nous connaît parfaitement et anticipe toutes nos actions… Du moins tant qu'on reste fidèles à nous même. Ta femelle avait raison. Il faut qu'on soit différents…

-Elle s'appelle Keiko ! Et je vois pas comment on va pouvoir faire ce que tu dis. C'est bien joli, mais pas être nous-mêmes… C'est plus facile à dire qu'à faire.

-C'est clair. Mais c'est notre seule chance de passer. Il a trop d'informations sur nous…

-Tu crois… quand même pas que c'est Kurama qui… enfin je veux dire… il nous aurait pas vendu à Yomi quand même…

-Hn. T'es vraiment trop con ! J'dis pas que Kurama nous trahira jamais : après tout, c'est un enfoiré de yohko ! Mais il lui faudrait une excellente raison de le faire. Et surtout il le fera jamais pour Yomi.

-Hein ? Ils ont été amis autrefois et formaient une bande. Yomi était son bras droit… Et si…

-Non. Impossible, je te dis.

-Pourquoi ? Qu'est-ce que tu en sais ?

-Parce qu'il lui a envoyé un tueur.

-Ouais, mais c'était y a longtemps et dans le Makai une querelle de pouvoir et de domination, c'est presque du sport.

-C'était pas une querelle de pouvoir.

-Ah bon ? Pourtant il a dit que…

-Parce qu'il voulait pas dire la vérité. Mais il lui a fait arracher les yeux. Dans le Makai, c'est la punition réservée aux traîtres et aux crimes d'honneur. C'est la marque d'infamie. Il faut un crime impardonnable pour en arriver là. Alors tu comprends pourquoi Kurama peut pas être du côté de Yomi… Il préférerait sans doute crever que de l'aider. »

Un silence suivit les explications de Hiei. Chacun semblait réfléchir profondément à ce qui venait d'être dit.

« -Okay. Mais ça ne dit toujours pas ce qu'il faut qu'on fasse pour échapper aux pièges de Yomi…

-Hn. C'est simple. Tu l'as dit toi-même. La meilleure solution, c'est de rassembler les troupes et d'essayer de passer ailleurs. C'est donc ce que Yomi s'attend à ce que l'on fasse. Donc, il faut qu'on se barre, juste toi et moi, et qu'on retourne là-bas. Sans prévenir les autres.

-Quoi ! Mais c'est du suicide ! Sans compter que les autres vont nous chercher et risquer de faire n'importe quoi, y compris de se découvrir et de se faire repérer !

-Exactement. Ils attireront l'attention sur eux et feront n'importe quoi pour nous retrouver. Sans tête pour les guider, ils se feront laminer et Yomi croira avoir définitivement gagné. Sauf que pendant ce temps, nous, on sera passé sans se faire remarquer. Et vu que notre camp nous croira morts, Yomi aussi le croira. »

Ils se regardèrent un instant en silence. Leurs visages s'assombrirent graduellement de concert, avant qu'un sourire cruel identique ne vienne brièvement les éclairer.

Il se détournèrent en même temps et se mirent en marche dans la direction d'où ils étaient venus en courant quelques instants auparavant.

- - - - -

La ville se découpait sur le ciel pourpre assombri en grandes silhouettes noires parsemées de lumières blanches agressives.

Vue du haut de la falaise où ils se trouvaient, elle était impressionnante, verticale, et déroulait un dédale géométrique compliqué de rues.

Elle semblait nette, presque mathématique, et dépourvue de vie et d'âme.

Pourtant, lorsqu'ils se furent avancés et perdus dans la foule bigarrée qui passait les portes, ils se rendirent rapidement compte que la vie souterraine de ces immenses artères n'avait rien de net ou de mathématique.

Au contraire. C'était un foisonnement sordide et vulgaire d'existences qui végétaient dans l'ombre des gratte-ciels géants. Dans les rues, au pied des tours, grouillaient les yohkais hors-catégories. Les minables qui ne survivaient que cachés et absents de la vue des puissants.

En réalité, cette ville était un bouge immonde où se mêlait et se croisait toute la racaille du Makai, bien loin des palais de marbre et de crystal.

Après tout, Yomi avait un royaume et des sujets à son image.

Emmitouflés dans de grandes capes sombres qui dissimulaient leurs visages trop connus, Hiei et Yusuke tâchaient de progresser dans ce dédale compliqué et dangereux de coupe-gorges noirs et grouillants.

Ils n'avaient eu aucune difficulté à passer les barrages. Hiei avait eu raison. Yomi avait fait le même raisonnement que lui et comptant qu'ils renonceraient à tenter de passer en force à un endroit de la frontière où ils avaient été battus si facilement.

Après avoir escaladé la façade de la forteresse, ils avaient réussi à gagner la capitale de Yomi en ne voyageant que la nuit et en évitant absolument toute habitation et contact avec les habitants.

Ils s'étaient cachés dans les bois et forêt qui heureusement foisonnait dans cette partie centrale et fertile du Makai et s'étaient contentés des fruits de leurs chasses pour se nourrir.

Si Hiei semblait familier de ce genre d'existence et n'avait pas tardé à retrouver tous ses instincts et réflexes de yohkai, Yusuke, quant à lui, avait eu beaucoup de mal à apprendre à dormir en équilibre sur une branche ou à faire la différence entre les types de racines pour démêler les comestibles des empoisonnées.

Le plus dur avait été de s'accoutumer à la température sans faire de feu, pour ne pas se faire repérer, et d'accepter de manger la viande de la chasse crue.

Dans les premiers temps, il ne pouvait envisager d'avaler une bouchée, mais par la suite, la faim et le besoin urgent de forces pour survivre avaient développé rapidement ses capacités. Il ne s'était jamais senti aussi mazoku que durant ces quelques semaines de survie sauvage dans les forêt du Makai.

Toutefois, leurs épreuves et efforts avaient porté leurs fruits puisqu'ils venaient d'atteindre la capitale sans encombre pour se fondre dans la foule hétéroclite qui peuplait ses rues puantes, jonchées d'immondices.

Pour éviter cependant d'être reconnus, ils avaient dû se résoudre à voler de longues capes noires et de nouveaux vêtements, ainsi qu'à dissimuler leurs traits sous de la boue gluante.

En effet, un peu partout dans le royaume de Yomi, leurs têtes à tous étaient mises à prix et de nombreux chasseurs de primes les pourchassaient sans relâche.

Cet enfoiré de Yomi avait vraiment bien joué sa partie, songea Yusuke en serrant convulsivement les poings.

Dire qu'il l'avait apprécié autrefois et avait espéré se battre à nouveau contre lui au cours d'un tournoi amical !

Soudain, la main de Hiei le bloqua dans sa progression et le poussa brutalement dans une ruelle aveugle qui s'enfonçait dieu sait où dans l'ombre.

Ils se dissimulèrent tous les deux dans un coin en regardant passer une nouvelle patrouille.

Depuis qu'ils étaient arrivés dans la ville, deux heures auparavant, c'était la cinquième qu'ils croisaient. Et ils ne se trouvaient encore qu'en périphérie !

Des yohkais de classe A, bien entraînés et bien armés.

La ville était décidément très bien protégée, à l'image du territoire entier du nouveau royaume.

C'était d'ailleurs ce qui les avait fortement surpris. L'organisation. Froide. Efficace. Et redoutable.

Ils n'avaient trouvé aucune faille. Pas la moindre. Ce qui les avaient obligé à passer en douce, en rampant comme des souris qui se glissent dans un interstice.

Ça avait quelque chose d'humiliant et de démoralisant d'avoir une telle organisation en face. Comme si leur adversaire était si loin au dessus d'eux…

Et depuis quelques semaines qu'ils avaient pénétré sur le territoire de Yomi, Yusuke jurait beaucoup plus qu'avant. Et Hiei grinçait des dents.

Ils ne pouvaient pas rester dehors, dans les rues. Le soir allait bientôt tomber et le couvre-feu entrerait certainement en vigueur. Il ne ferait pas bon être dehors, à la merci des patrouilles.

Ils ne connaissaient pas la ville, mais Hiei s'était déjà plus ou moins aventuré dans ce genre d'endroit et il réussit à dénicher une enseigne borgne et miteuse qui annonçait une sorte d'auberge.

Ils entrèrent.

La pièce était enfumé par les senteurs de toutes sortes, mais où dominaient l'odeur d'ail pourri et de cuisine grasse et celle de la crasse et des pieds.

Yusuke eut un haut le cœur et porta la main à son nez. Mais Hiei arrêta son geste. Il ne fallait surtout pas qu'ils se fassent remarquer.

Hiei se dirigea droit vers un coin sombre et s'assit à une table. Yusuke le suivit et fit de même. Leur entrée n'intéressa personne.

Au bout d'un moment, comme personne ne leur prêtait la moindre attention, ils se détendirent et regardèrent autour d'eux. A la mauvaise lumière de la pièce unique de l'auberge, on devinait plusieurs tables. Certaines servaient de tables de jeu, sur les autres dormaient quelques ivrognes avinés et saouls.

Visiblement mal famée, la taverne semblait rassembler une faune peu recommandable. Mais pour Hiei et Yusuke, c'était parfait.

Il ne risquaient pas de se faire contrôler ou d'être reconnus dans ce troquet infâme. Ils pouvaient passer la nuit ici. Personne ne se préoccuperait de savoir d'où ils venaient ni qui ils étaient.

Il commandèrent à manger et à boire et s'accordèrent un peu de repos.

Et ils en profitèrent pour tendre l'oreille et tâcher de capter des informations intéressantes.

Mais les discussions ne leur apprirent rien qu'ils ne savaient déjà. Yomi avait réussi à rallier les yohkais les plus puissants à sa cause, par la pression ou par des présents et tout le monde semblait accepter ou du moins se résigner à subir son joug.

Que ce soit par crainte ou par admiration, chacun chantait les louanges du nouveau despote qui venait de se faire couronner roi, quelques jours auparavant.

Aussi, n'apprenant rien de nouveau, Hiei et Yusuke arrêtèrent de tendre l'oreille aux conversations autour d'eux.

Bien au chaud comme il ne l'avait plus été depuis longtemps, le ventre plein, Yusuke commençait à s'assoupir tranquillement sur son banc de bois rugueux, quand un brusque mouvement le réveilla immédiatement, le mettant aussitôt sur ses gardes.

Hiei s'était brutalement redressé et dans la semi pénombre de la pièce qu'éclairait seulement un grand feu de cheminée et deux torches, ses yeux brillaient d'un éclat farouche et sauvage.

Yusuke embrassa du regard toute l'auberge et ne comprit pas ce qui avait provoqué cette réaction chez son compagnon.

Il s'apprêtait à le lui demander quand celui-ci, d'un geste sec et impérieux, lui intima de se taire et d'écouter attentivement.

Yusuke obéit et tendit l'oreille. Petit à petit, ses yeux s'agrandirent de stupeur d'abord, puis d'incrédulité et enfin d'horreur tandis que le visage de Hiei s'assombrissait et se durcissait dangereusement.

A la table la plus proche de leur coin, une bande de yohkais discutaient des récents événements survenus dans le royaume et surtout du couronnement du nouveau roi.

L'un d'entre eux semblait avoir assisté à la scène puisqu'il donnait des détails assez précis sur la décoration somptueuse de la pièce d'apparat, sur la tenue du roi et sur le déroulement de la cérémonie.

Et c'était cette dernière partie qui avait violemment attiré l'attention de Hiei. Ou plutôt un nom au fil de la conversation.

« -Comme je vous le dis ! Ils se sont tous acharnés sur lui. Il faut dire que c'était tentant ! Le grand Yohko Kurama extincté !

-C'est clair ! Ca doit être quelque chose de se farcir un yohko légendaire ! Alors comme ça, le grand Yomi l'a finalement vaincu et soumis à son autorité ? C'est vraiment un grand roi ! Quel prisonnier de marque !

-Oui. A son couronnement, l'ennemi vaincu ! C'est d'un goût exquis…

-Vous n'y êtes pas ! Il n'était pas prisonnier, au contraire ! D'ailleurs ça s'est mal fini pour ceux qui avaient osé s'en prendre à lui. Le roi les a tous tués !

-Mais… S'il n'était pas prisonnier, que faisait-il là-bas ?

-Tu ne devines pas ? Il a senti le vent tourner et a choisi le meilleur camp. Il s'est souvenu que le roi et lui avaient été en bons termes et qu'il était un yohko d'une grande beauté… Si tu vois ce que je veux dire… »

Sous les rires gras et complaisants qui se répandaient depuis la table voisine, Yusuke sentit Hiei se tendre à côté de lui. Lui-même ressentait une forte colère à entendre parler de Kurama de la sorte. Mais il savait que le petit démon à ses côtés ressentait une rage sans commune mesure avec la sienne.

Kurama était particulier pour Hiei. Ils avaient une longue histoire commune et quelque part, Yusuke savait que le jaganshi appréciait beaucoup le yohko. Il lui était même venu une ou deux fois à l'esprit que Hiei ressentait pour Kurama plus que de l'affection ou de l'amitié.

Mais il n'avait jamais pu vérifier si son intuition était juste. Et il ignorait totalement les sentiments de Kurama pour Hiei. Quelque part, le yohko était presque plus difficile à cerner que le jaganshi, sous sa façade souriante et polie. On ne savait jamais ce qui se cachait derrière ce masque rassurant et lisse.

Mais les plaisanteries grivoises de la table d'à côté semblaient jeter Hiei dans une colère noire et il donnait des signes de plus en plus nets d'envie de combattre et de rosser les minables qui parlaient ainsi de son yohko.

Devant l'agitation qui ne cessait de croître chez Hiei, Yusuke posa la main sur son épaule, geste qu'il faisait rarement. Il serra brièvement la chair et appuya légèrement de façon à indiquer à son compagnon de se rasseoir, sous peine d'être remarqué.

En grondant sourdement, Hiei reprit sa place initiale. Mais il ne cessa pas d'écouter et les jointure blanchies de ses poings montraient l'étendue de sa rage.

« -Alors comme ça, ce bon vieux Kurama est devenu « l'allié » du roi ? C'est sûr qu'il sait vraiment bien sentir quand le vent tourne celui-là ! Il a bien fait de se rallier, même s'il a fallu devenir la pute du roi !

-Hé ! Parle pas de lui comme ça ! T'as rien compris ! Je t'ai dis que ça s'était mal fini pour ceux qui s'en étaient pris à lui ! »

Le yohkai semblait inquiet de la façon dont ses amis se moquaient et riaient de Kurama. C'était étrange… Pourquoi avoir peur de cette façon ? Après tout, d'après ses dires, Kurama était plus ou moins le favori du roi, position honteuse et infamante…

« -Tu ne comprends pas ! Ce n'est pas sa pute ! Ou plutôt ce n'est plus sa pute !

-Mais qu'est-ce que tu racontes alors ?

-Lors de son couronnement, Yomi l'a épousé ! C'est son époux maintenant. Officiel. Et royal.

-Quoi ?!

-Oui. Kurama est l'époux de Yomi. Il lui appartient. Et d'ailleurs le roi est tellement amoureux qu'on dit qu'il ne le quitte plus et le fait sans cesse surveiller. Et il lui offre des cadeaux tous plus splendides les uns que les autres. Il lui a même fait aménager un magnifique jardin au sommet de sa tour de verre pour qu'il puisse cultiver ses plantes en paix.

-Décidément, ce yohko est trop fort ! Là où d'autres auraient à peine réussi à sauver leur vie en se rendant, ou au mieux, seraient devenu la pute du roi, lui, il se fait épouser ! Trop fort, vraiment !… »

Le cerveau de Yusuke connut une période blanche et vide en entendant les dernières paroles venant de la table d'à côté. Il ouvrit la bouche pour parler à Hiei, mais la referma ne sachant exactement quoi dire.

Le visage du jaganshi était redevenu inexpressif. Parfaitement lisse et blanc. Comme s'il ne ressentait plus aucune émotion.

Tout son corps était immobile, figé, comme sculpté dans le granit.

La seule trace de vie qui demeurait sur ce visage minéral était le feu ardent et sauvage qui brûlait dans ses yeux. Un feu fou et meurtrier, qui disait toute la lutte interne silencieuse faisant rage en lui.

Yusuke restait hésitant, ignorant de ce qu'il devait faire ou dire. Il sentait bien que son compagnon était sur le point de perdre totalement la raison et de tout balayer autour de lui, auberge, tables et grossiers yohkais.

Devant cette volonté meurtrière si forte, il pouvait vérifier et mesurer l'ampleur des sentiments qu'il n'avait jusqu'alors que soupçonnés.

A présent, il en était sûr : Kurama était spécial pour Hiei. Et la mention du mariage du yohko avec Yomi l'avait véritablement jeté hors de lui-même.

Il sentait qu'un mot de trop, un geste, peut-être même un son, risquait de déclencher l'ouragan.

Et il ne savait pas comment l'arrêter… Seul Kurama avait jamais réussi à calmer les brusques accès de colère de Hiei…

Mais voilà, le kitsuné n'était pas là…

Il devait agir. La température montait sournoisement. Déjà, la paille répandue à terre pour former de misérables paillasses à même le sol commençait à grésiller et siffler. Si ça continuait, ce serait toute la taverne qui risquait de partir en fumée.

Et si cela arrivait, ils pouvaient dire adieu à leur infiltration si péniblement réussie ! Ils tomberaient aux mains de Yomi qui assoirait définitivement sa suprématie sur le Makai.

Et Kurama resterait lui aussi à jamais au pouvoir de ce monstre…

Et soudain, tout devint clair pour Yusuke. Il sut exactement ce qu'il devait faire.

Très rapidement il se leva et attrapa Hiei par les épaules avant que celui-ci ne puisse réagir. Il l'entraîna prestement dans le coin le plus sombre de la pièce.

La réaction du démon ne se fit pas attendre et les coups tombèrent, mais Yusuke avait prévu la riposte. Au moment où les flammes se déchainaient et dévoraient tout ce qui se trouvait sur leur passage en fonçant droit sur lui, sa voix claqua, basse et impérieuse.

Sèche et dure comme une pierre qui éclate. L'effet fut immédiat. Le feu reflua brutalement vers Hiei et disparut aussitôt.

« -Vas-y ! Crame tout ! Fais-nous prendre, que Yomi gagne et retienne Kurama prisonnier à jamais ! Vas-y ! Asservis-le ton yohko ! Pousse-le dans les bras de celui qu'il hait ! Réduis-le au désespoir ! C'est toi qui l'a dit : il préférerait mourir que de l'aider ou de le supporter ! Vas-y ! Tue-le ! »

Le silence lui répondit. Un silence impressionnant, immense, absolu.

Yusuke poussa un long soupir de soulagement et se retourna vers la pièce enfumée et sombre. Apparemment, les yohkais qui la peuplaient étaient d'un niveau encore plus bas que ce qu'ils avaient imaginé.

Aucun d'entre eux n'avait perçu le danger soudain et mortel qui les avait un instant menacé. Les conversations et les jeux se poursuivaient aux tables et à terre, enfouis dans le foin crasseux qui jonchait le sol, les corps inanimés des dormeurs ne bougeaient pas.

Après s'être assuré qu'ils n'avaient pas été repérés, Yusuke reporta son attention sur Hiei.

Il ne bougeait pas. Sa silhouette noire dans l'ombre avait quelque chose de fantomatique et d'inquiétant. Aucun souffle perceptible, aucun mouvement, même infime, même dicté par les lois naturelles, n'indiquaient que l'ombre qui se découpait sur le mur était celle d'un être vivant.

Inquiet pour son compagnon, Yusuke attrapa une bougie de suif grossière sur une table et l'alluma rapidement pour la lever et éclairer brièvement son visage.

Brièvement, car lorsque le visage de Hiei jaillit dans la lumière vacillante, Yusuke étouffa un cri et la bougie roula à terre où elle s'éteignit.

L'expression du démon n'avait plus rien d'humain. Son visage était atrocement contracté, chaque muscle tendu à se rompre. Ses poings aux jointures blanches et la tension poussée à l'extrême qui parcourait tout son corps le faisaient ressembler à ces statues de pierres dures qui ornent les cathédrales européennes.

Mais le pire étaient ses yeux, ouverts au maximum, exhorbités, y compris le jagan luisant faiblement. Ils étaient fixes, sans aucun battement de paupière, comme figés dans la contemplation horrible de quelque scène insoutenable. Des yeux dont on ne pouvait soutenir le regard absent.

Yusuke tâtonna à la recherche de la bougie dans l'obscurité. Quand il l'eut trouvée, il l'alluma à nouveau et inspira longuement avant de relever la tête vers Hiei.

Il était toujours là, dans la même position, la même expression.

Mais un bruit mat, de liquide qui coule attira l'attention du détective.

Du sang, tombant sur le sol de terre battue.

Yusuke suivit machinalement du regard les gouttes écarlates jusqu'à la source d'où elles provenaient. Il eut un haut-le–cœur et son souffle se suspendit.

Le sang venait des poings et de la bouche de Hiei. Il avait dû serrer si fort les mains que ses ongles avaient déchiré la paume… Et il s'était mordu la langue jusqu'au sang pour chasser la douleur atroce et noyer son cri de désespoir.

Yusuke abaissa la bougie et la tête, le cœur serré, navré pour son compagnon de la souffrance immense qui venait de s'abattre sur lui.

A présent, au moins, il en était sûr, songea-t-il avec un sourire triste.

Hiei aimait Kurama.

Éperdument. A la folie. A en mourir.

Voilà qui allait simplifier les choses, vraiment ! A croire qu'ils n'étaient pas déjà assez dans la merde !

Un nouveau soupir lui échappa tandis qu'un étrange courant d'air le faisait frissonner et que son cerveau enregistrait un bruit bizarre, métallique et grinçant.

L'esprit étreint d'une appréhension qu'il savait exacte avant même de regarder, Yusuke contempla d'un œil aveugle la fenêtre brinquebalante aux carreaux cassés, ouverte sur la ruelle sombre et déserte.

Hiei était parti.

Et pire que tout, Yusuke savait exactement où.

Ça n'aurait pas pu être pire, songea-t-il en s'élançant au dehors à sa poursuite.

Le détective ne prit pas la peine de se retourner pour refermer la fenêtre.

S'il l'avait fait, il aurait vu une silhouette couchée sur la paille se redresser et deux yeux verdâtres s'allumer dans l'obscurité derrière lui.

Yusuke se trompait.

Ça peut toujours être pire.

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Voilà. Chapitre enfin terminé. Je ne l'ai pas relu et je le livre tel quel, à supposer que quelqu'un soit encore intéressé par la suite de cette fic sombre et douloureuse, en attente depuis plus de quatre mois…

Je suis vraiment désolé de ne pas avoir posté plus tôt. Ce n'était même pas un problème d'idées, seulement de temps et de disponibilités.

Encore désolé, et j'espère à présent pouvoir poster plus régulièrement et plus rapidement.

Petite rewiew ?….. Bon d'accord, j'insiste pas….