Résumé : Des équipes, des enquêtes, des hommes de l'ombre et des justiciers faisant bande à part, c'est un cocktail qui devrait donner des fruits mais les gentils ne gagnent pas toujours.
Petit mot :
Gaikoku no : étranger
Avant dernier chapitre, après je reviendrais aux pures romances lol !
En attendant, je vous souhaite une bonne lecture.
Chap 6
« L'eau prend toujours la forme du vase »
SUNA : 3 jours après la réunion
Shino, Juugo et Ebisu arrivèrent en fin d'après midi sur le tarmac, ils furent accueillis par Yashamaru l'oncle de la petite famille Sabaku. L'homme faisait parti de l'équipe gouvernementale sur l'affaire de l'Uranium. Il leur fit visiter la ville lors d'un rapide tour en voiture avant de les conduire dans la suite réservée à leurs noms au Mandarin Oriental. Ils s'installèrent et se rafraichirent avant d'aller diner.
Yashamaru leur avait donné le plan et les endroits à surveiller, les noms importants des contacts qu'ils devraient rencontrer. Ils ne se reverraient plus qu'une fois pour le départ après cela. Ils profitèrent donc de la soirée en compagnie de l'homme pour discuter de l'affaire.
C'est ainsi qu'ils apprirent que des personnalités de konoha devaient elles aussi arriver à Suna le lendemain. Yashamaru ne leur en dit pas plus. Lorsque qu'ils se séparèrent, ils décidèrent d'un plan. Ebisu, moins à même de trainer dans les quartiers dangereux, viendrait avec Shino alors que Juugo habitué et assez impressionnant pour que l'on ne vienne pas le chercher, irait quant à lui rencontrer son contact dans les bas quartiers.
Cette première journée fut un marathon pour l'équipe qui savait avoir peu de temps sur le site. Les nouvelles qui venaient régulièrement de Konoha et l'affaire en elle-même, leur demandaient de la rapidité. Elle n'était plus à la phase d'immersion et enquêtes préliminaires mais bien celle de suivre les traces et récupérer les preuves. L'instinct de Shino ne l'avait jamais trompé, il fallait faire vite.
Juugo se retrouva dans un bouge des bas fonds glauque et obscure. Le Mizu Shobaï était un petit bar caché au fond d'une ruelle sale comme s'il n'était qu'une arrière boutique d'une devanture rutilante du côté boulevard. Il s'installa, son contact ne tarderait pas. Il s'était fait fouillé en bonne et due forme. Il n'avait juste que son petit magnétophone et son déformateur vocal à la demande de l'homme.
Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit arriver une femme tout de noir vêtue, sa grande robe était cintrée à la taille par une longue écharpe de tissu rouge sur lequel un Tanuki était brodé. Son visage était caché par un foulard de la même teinte qui ne laissait que ses yeux ressortir. Accompagnée d'un homme à la mine patibulaire qui s'installa une table plus loin et commanda son opium ainsi qu'un thé, elle prit place dans le siège près de lui.
Juugo entendit un léger rire, son visage exprimait la surprise et le choc, il se reprit quand il sentit une lame courir si proche de ses bijoux de famille.
— Gaikoku no, je fais une exception pour toi. Poses le magnétophone et le vocal. Juugo fit ce que la femme demandait alors qu'elle retirait la lame de son aine. J'ai reçu ta demande, tu mettras ton appareil en route après. Je devais bien cela au père de mon fils, sais-tu que dans sa jeunesse, il faisait parti de notre groupe, il est président maintenant et mon fils est un homme honnête et apprécié. Juugo se dit que la mère de Gaara devait être une sacrée aventurière pour préférer les sombres ruelles que le palais, elle mit l'appareil en route. Les enfants du sable sanglant ont été contactés il y a 9 ans par un homme qui venait de konoha, il payait pour un petit travail. Il voulait 5 bombes artisanales et un système d'explosions simultanées. L'ensemble devait être fabriqué à partir de composants que l'on ne pourrait pas remonter et devait rester un an sans être utilisé.
— Quand les lui avez-vous fournis exactement ?
— Tout doux gaikoku no, il nous a fallu deux mois pour les réaliser, il est revenu avec une somme conséquente, nous ne faisons pas ce genre de travail gratuitement et puis les composants devaient être stables puisqu'ils ne devaient pas s'altérer ni perdre leurs caractéristiques.
— Vous a-t-il dit pourquoi il les voulait ? Pourriez-vous me le décrire ?
— Baka ! Dans ce milieu moins on en sait mieux sait. Non, il ne nous a rien dit mais nous n'aurions pas voulu savoir. Il portait un chapeau à large bord blanc qui lui cachait le regard et la moitié du visage. L'autre moitié disparaissait dans le col d'une chemise. Nous ne l'avons jamais revu, il n'a jamais refait d'affaire par la suite, anonyme sans nom et sans visage. Le paiement était cache et en petite coupure dont les numéraux ne se suivaient pas, pour la somme d'un million. Voilà tout ce que tu dois savoir.
Juugo n'eut le temps de rien d'autre, elle s'était levée en arrêtant l'appareil alors que son chien de garde vérifiait la ruelle. Elle se retourna une dernière fois « Salut mon frère et mon fils pour moi, veux-tu ? » Puis elle disparut rapidement.
Il reprit le chemin de l'hôtel se demandant ce que Shino et Ebisu ramèneraient. Les deux autres hommes de l'équipe avaient reçu un passe pour fouiller la maison de Baki et l'assurance de Yashamaru que les services secrets seraient occupés pour l'après-midi, donc pas de surveillance extérieure.
Dans la maison fermée depuis un an, une odeur d'humidité lourde flottait. Le manque d'aération et l'inchangé de la demeure avait produit une puanteur entêtante et peu agréable. Les deux hommes firent avec, plus encore Ebisu habitué aux cadavres de la morgue. Ils fouillèrent méticuleusement le bureau de Baki ainsi que sa chambre. Même si ces deux pièces avaient été ratissées au peigne fin, l'ordre de Yamato était clair : ramener quelque chose d'utilisable. Ebisu mit la main sur des coupures de journaux et photos de Suna. Shino remarqua alors certains articles : Baki avec Homura Mitokado et Koharu Utatane, d'autres avec Orochimaru et certains avec… surprenant ! Madara uchiwa. Il les photographia. C'était peu et en même temps beaucoup. Ils ne trouveraient sûrement rien d'autres, les services secrets avaient dû tout vérifier et emporter.
Ebisu retraça de la chambre à la salle de bains les derniers mouvements de Baki, c'était sa spécialité au médico-légal. Il se concentra, se remémorant le dossier et cherchant un indice qui remettrait en cause le constat de suicide. Les flacons de médicaments sur l'espace de travail de la cuisine, le verre et le dessin des pilules sur la table de chevet et puis la salle de bain. Et puis… les serviettes près de la baignoire, posées comme prêtes à l'emploi. Comme prêtes à l'emploi ? Si l'homme en avait fini avec sa vie pourquoi ces serviettes. Il fit le tour des objets, il nota que le savon, les serviettes, le tapis de bain, le parfum et le déo recouverts de poussière se trouvaient à des places supposant qu'ils allaient être utilisés. Il appela Shino et lui donna ses impressions.
— Pas de suicide Shino, cette pièce parle d'un homme qui va prendre son bain. Nous n'avons pas les rapports d'autopsie mais si c'est un empoisonnement, la substance peut ne pas laisser de traces, les médicaments servent de leurre. Ou les médias ont eu ordre de cacher l'info et monter une intox tant que l'enquête n'est pas close.
Shino shoota, selon les précisions d'Ebisu, les pièces et objets qu'il voulait prendre. Après un dernier tour, les deux hommes laissèrent la demeure. Shino avait observé tous les points d'entrée, il semblait qu'il n'y eu aucune effraction, la seule chose qui l'interpella fut la présence d'un verre sur la table basse du salon posé à côté d'une bouteille d'alcool et le même verre séché parmi la vaisselle dans la cuisine. A priori deux options, soit Baki avait l'habitude de nettoyer ses verres après utilisation, soit il avait bu en compagnie d'une personne qui s'était fait fort de laver son propre verre après utilisation. Il avait noté que la vaisselle était celle utilisée pour le repas d'une personne.
En fin de soirée, ils se retrouvèrent tous à l'hôtel, chacun faisant part de ses découvertes et de ses premières estimations. Selon Juugo, à partir des dires de Yashamaru et des quelques mots de Gaara, l'enquête menée suivait la piste d'un meurtre. Pour avoir les mains libres, le gouvernement avait créé une intox, Shino était particulièrement intéressé par les amis de Baki, deux conseillers de Konoha et un des Uchiwa, tout ce petit monde était donc venu rendre visite à l'homme. Par contre étrangement aucune photo, aucun article mettant en scène Yuura et Baki. Pour deux hommes travaillant pour le gouvernement, c'était assez étrange.
Ils se déplacèrent pour la réception organisée au palais présidentiel le lendemain. Munis des passes de Yashamaru, ils se fondirent dans la foule. Juugo et Shino portaient sur eux des stylos vidéo-enregistreurs, leur but était de filmer les agissements de certaines têtes, non surpris de découvrir les deux conseillers de Konoha, ils les suivirent et les filmèrent lors d'une discussion discrète avec Yuura.
La pêche étant bonne, ils informèrent Konoha qu'ils rentraient.
Uchiwa Corp
Itachi avait renvoyé un petit mail avant de rentrer de son rendez-vous précisant à Sasuke de ne rien faire. Le lendemain, les deux frères prirent le temps de manger ensemble, ils décidèrent pour plus de sûreté de déjeuner chez leurs parents. Ils pourraient prétexter d'un rendez-vous familial surprise.
L'aîné fit un compte–rendu de sa vidéoconférence avec l'équipe de Jiraya, Sasuke garda pour lui sa décision de faire équipe avec Yahiko sur une enquête interne. Les deux hommes s'invectivèrent pour ce temps de non communication et de peur avant de finir dans les bras l'un de l'autre en se promettant d'être particulièrement vigilants et de ne pas hésiter s'ils sentaient le danger sur leurs pas.
Yahiko plongeait chaque soir dans les dossiers remis par Sasuke sur les employés reliés aux filiales qui semblaient cacher des affaires moins vertueuses. C'était un gros travail fastidieux ! Mais les deux hommes avaient concentré leur recherche sur ces possibilités là. Il devait bien avoir un lien, quelqu'un, quelque chose qui indiquerait. Les dossiers déformés que redonnait Karin ne concernaient pas ces filiales. Sasuke souriait intérieurement en pensant à cette femme qui pensait le berner. Il avait posé la question à laquelle Yahiko lui avait répondu. Elles étaient des paravents, il ne fallait donc pas que l'on puisse douter de leurs activités. C'est donc sur les humains qu'ils se focalisaient. La semaine qui suivrait, Sasuke en visiterait plusieurs dont les 4 qu'il soupçonnait.
Il partit le vendredi matin en compagnie des deux femmes pour son rendez-vous. Ils s'installèrent au Majestic avant de retrouver leurs homologues d'ADM dans l'après-midi. Tout occupé à son futur contrat, il n'eut pas de temps à consacrer à l'observation de Karin. Le repas au Gora Kadan fut fameux, accompagné de vins fins. Les négociations continuaient, Sasuke et Yûgao en pleine discussion sur les délais d'approvisionnement ne firent pas plus attention que cela sur l'étrange discrétion de Karin depuis leur atterrissage en fin de matinée.
Il aurait dû être plus vigilant, la jeune-femme l'avait observé toute la journée, elle mit en place son plan. La discussion allant bon train, elle attendit patiemment le moment d'inattention plus soutenu pour glisser sa drogue du violeur. Elle devait calculer juste, être aussi proche que possible de la fin du rendez-vous, l'effet avait été modifié par Kabuto lui-même afin de servir au mieux leur petite mascarade. Ils quittèrent donc le restaurant pour leur hôtel, elle devait maintenant attendre au moins une trentaine de minutes pour que la drogue agisse et qu'elle puisse faire ce qu'elle avait à faire.
Yûgao passerait sa soirée à éplucher le contrat, elle appellerait très certainement son mari, de toute façon Karin avait pris les devants en mêlant un très léger sédatif à son plat. Elle ne quitta pas d'une semelle Sasuke qu'elle questionnait maintenant demandant des précisions sur le contrat. La responsable marketing les laissa donc dans le couloir pour aller à sa chambre. Karin suivit l'Uchiwa, les effets commençaient à apparaître.
Quel pied d'avoir cet homme orgueilleux et si fier à sa disposition, il venait de buter dans la table basse avant de s'affaler sur le canapé les yeux vagues et les pupilles dilatées. Avec un sourire méchant, elle lui ordonna de se déshabiller pour l'exciter. Sasuke était sous contrôle, il accepterait tout sans avoir conscience de son état. Nu, les cheveux décoiffés, le regard sauvage, il se caressait sous le regard gourmand et lubrique de Karin, un vrai spectacle de maison close. Elle tendit la main, histoire d'observer la réaction du corps sous influence de la drogue et presque gentiment elle glissa ses doigts jusqu'au sexe gonflé, le râle rauque suivi du « Naruto » lui fit presque perdre son sourire.
Elle se décida à masser cette chair alors que l'homme debout maintenant devant elle vacillait sous le plaisir et la drogue, il marmonnait des mots qui montraient son attachement au blond qu'elle avait rencontré. Elle accéléra son mouvement après le « je veux venir en toi » murmuré presque comme une prière qu'il laissa échapper. Elle n'aimait déjà plus ce qu'elle faisait… Il était si beau et si vulnérable à ce moment, voyageant dans son songe, se pensant avec son amant. Elle le fit jouir rapidement avant de le conduire dans la chambre.
Elle l'allongea alors qu'elle se dévêtait de ses propres vêtements. Elle allait le branler, elle ne voulait plus l'utiliser. A chaque fois que l'homme se tordait, se laissant totalement aller, elle pensait à son rapport et l'intervention de Saaya, elle voulait son maître pour elle seule, elle voulait vivre comme cet homme qui se laissait faire et en redemandait pensant être sous les mains et la langue de son compagnon.
La nuit passa lentement pour Karin, le lit ressemblait à un champ de bataille. Elle en aurait ri si elle ne savait pas qu'il n'y avait pas eu deux combattants mais un seul qui avait juste subi à de nombreuses répétitions des attouchements. Du sperme sur les draps, du sperme qu'elle avait étalé sur ses cuisses et son pubis pour parfaire la scène, la chemise de Sasuke ouverte sur son corps et elle, attendant son réveil, assise dans le fauteuil en face du lit. Si elle n'était pas irrémédiablement amoureuse, elle se dit qu'elle aurait pu tomber sous le charme de cet homme, il était beau et magnifique dans la jouissance.
Quand Sasuke ouvrit les yeux, il se sentait vaseux, il regarda le plafond, la fenêtre, la tapisserie et enfin la femme assise devant lui. Sa bouche était pâteuse et son esprit était blanc. Où était-il et que faisait-il ici avec Aka… non Karin. Elle se leva et versa un produit dans le verre d'eau qui attendait sur la table de chevet. Elle le lui donna, malgré les questions qui lui trottaient dans la tête, il le prit et le bu d'une traite. Elle repartit s'assoir, laissant la chemise bâiller. Elle lui laissa quelques minutes le temps que l'antidote de Kabuto fasse effet.
Il remonta le drap sur son corps n'aimant pas être exposé à sa vue. Il se massa les tempes, il y avait encore du blanc mais son esprit clair à présent attendait l'explication. Il sentait le drap sale, son sexe humide, il avait vu quelques suçons sur son torse qui lui donnait une petite idée. Non trêve de plaisanterie, une petite idée avec Karin nue, le sexe brillant, ce n'était définitivement plus une petite idée. La rage commençait à monter et l'envie de frapper cette femme se faisait de plus en plus sentir.
Karin observait, elle savait qu'il lui fallait parler et surtout tuer dans l'œuf toute envie de vengeance qu'elle lisait dans les yeux de Sasuke.
— Attention Uchiwa à tes réactions ! Sinon ton frère et ton petit amant… enfin tu vois ce qui pourrait arriver si je revenais dans une mauvaise condition physique.
— Salope !
Elle durcit son regard, ce ton tranchant et froid, loin de la colère, la condamnait bien plus. Elle se sentait sale et c'était douloureux parce que ce sentiment ne l'avait jamais totalement quitté depuis ses 14 ans quand Kabuto l'avait prise. Il revenait en force lors des sessions à trois que lui imposait son amour. Sasuke cachait sa colère sous ses paupières presque closes et ses mèches.
— Deux drogues revisitées bien sûre ! L'une pour que ta mère soit aux anges avec des petits enfants… ne te trompes pas la composition originale retravaillée sort des labos d'Uchiwa Corp, je l'ai absorbée dans la journée. La seconde pour que tu puisses… faire ton travail de géniteur… cette nuit.
— Ne crois surtout pas que je vais t'épouser garce.
— Ce n'est pas ce que je veux non plus.
Sasuke plissa ses yeux encore un peu plus, l'envie de l'étrangler balayait toutes ses facultés. Il allait la tuer, il avait été abusé.
— Que veux-tu putain de merde !
— Moi… rien, mon employeur lui te le ferra savoir quand il voudra.
— Dégage, je ne veux plus te voir… dégage !
Sasuke lui envoya le verre, il ne pouvait se contenir. Il fallait bien sûr qu'il se calme mais la rage l'habitait. Karin se frotta le bras sous le coup, elle récupéra ses vêtements qu'elle enfila à la va vite avant de disparaître. Elle savait qu'il fallait du temps maintenant.
Sasuke se leva alors, il expulsa violemment les draps, renversa dans sa colère tout ce qui se trouvait sous sa main avant d' hurler en frappant le mur. Puis il se laissa aller sur le sol, la tête dans ses mains, marmonnant la fin de cette fille à travers de nombreux scénarios. La colère fit place à une froideur comme jamais il n'en n'avait ressentie. Il se leva passant dans la salle de bain où l'eau chaude le lava pendant 20 minutes des traces de la nuit. Quand il ressortit, la seule preuve était son regard dénué de tout sentiment et de toute émotion, preuve juste lisible pour la coupable.
Ils rentrèrent à Konoha, il informa Karin qu'elle partirait à Otogakure pour une visite de routine de leurs installations en aéronautique. Elle ne répondit rien, trois jours loin de l'homme le temps qu'il accepte cette réalité était un petit prix. Son regard acéré la capta un instant, il ne voulait pas d'elle proche de lui et elle savait intuitivement qu'il valait mieux mettre de l'espace entre eux. Pendant le retour, il n'échangea aucun mot avec les deux femmes, se tenant aussi éloigné d'elles physiquement que par l'esprit surprenant Yûgao.
Karin réfléchissait quand à elle. Le plan fonctionnait pour l'instant mais même le rapport professionnel allait en prendre un coup. L'homme trompé et bafoué, elle savait qu'elle allait le payer d'une façon ou d'une autre. Cette fin de week-end s'annonçait dure, il lui faudrait prévenir le maître et puis trouver la meilleure façon de traiter l'Uchiwa dans les semaines à venir.
Sasuke rentra chez lui. Il lâcha sa petite valise dans le salon avant d'aller se servir un verre de bourbon qu'il but cul sec. Il s'en resservit un second tout en arrachant plus qu'en enlevant les boutons de sa chemise, puis il se laissa tombé sur son canapé. Froide, vide, silencieuse, sa respiration résonnait dans cette pièce stérile. Il aurait aimé rentrer en entendant le « Bienvenue » de Naruto avant de sentir deux bras l'entourer pour un câlin. Cette fois, il n'aurait pas grogné sur le côté ridiculement fleur bleue de cet accueil mais aurait collé son idiot sur le premier plan à disposition avant de s'enterrer dans sa chaleur.
Il se leva brusquement, se dirigeant prestement dans sa chambre. Il ouvrit en grand les portes de son dressing et sortit un tee-shirt et un simple jeans. Il s'habilla en urgence avant d'enfiler sa veste de cuir. Il sortit aussi vite et descendit au sous sol. Il prit sa voiture, il avait un besoin viscéral de voir Naruto. L'homme devait être au manoir Hyuuga avec Hinata comme souvent le samedi en fin d'après-midi.
C'est vers 7h qu'il arriva, garant la voiture dont les pneus crissaient sur le gravier de l'allée. Il sortit l'aura si ténébreuse que le majordome ne lui posa pas de questions et le fit rentrer directement, l'accompagnant vers l'aile ou se trouvait Hinata. Il fit un salut de la tête rapide et sec à Néji et Hiashi Hyuuga, le père de la jeune femme et oncle de l'ami de son frère sans attendre de retour. Les deux hommes furent surpris, il était rare de voir Sasuke au manoir sans y être invité, qui plus est, le jeune homme qui fréquentait amicalement l'aînée de la maison avait tendance à la retrouver à l'extérieur ou l'inviter directement.
Quand le majordome prévint sa maitresse que Mr Uchiwa voulait un entretien, il rentra sans attendre la réponse dans les appartements de l'héritière, fermant la porte au nez et à la barbe de l'homme. Son cœur qui avait frappé à coup dur et rapide depuis son appartement reprit un rythme plus lent devant le visage surpris mais heureux de Naruto qui se retournait. Il ne prit pas le temps de s'excuser, d'une voix grave et métallique, il expliqua à Hinata qui était dans la confidence de sa relation par le blond qu'il avait besoin de parler à Naruto en privé. Pour éviter les commérages, il lui demanda de le rejoindre chez lui le plus discrètement possible après qu'il les aurait quittés. Hinata n'aurait qu'à inventer une histoire pour son arrivée et son départ si précipités.
15 minutes après, il ressortait avec aussi brutalement qu'il était entré, repassant dans le hall vide maintenant. Hinata, d'abord sous le choc, voulu le retenir mais sa raison lui disait qu'il fallait justement que rien ne transparaisse. Naruto, nerveux, se rassit, ils avaient convenu qu'il resterait encore une bonne demi-heure avant de partir.
— Ano… il avait l'air glacial et enragé Naruto, tu ne trouves pas ?
— Je suis inquiet mais vraiment inquiet Hinata-chan, je n'ai jamais vu ce regard chez Sasuke, ça craint.
— Faisons comme il nous l'a demandé, je raconterais si on me demande quoique ce soit qu'il est passé furieux pour m'annoncer que je ne serais pas la modèle pour la ligne de crèmes de beauté d'Amaterasu.
— Tu devais être le modèle ?
— Non, en fait je dois être le modèle pour leur nouveau parfum donc nous allons tricher un peu sans trop nous écarter de la réalité. Tu lui diras.
Ils discutèrent ensuite pendant une vingtaine de minutes évitant le sujet brûlant, Hinata voyait bien que Naruto attendait que l'aiguille lui dise qu'il pouvait prendre congé.
Sasuke restait dans la pénombre de son salon en attendant, il était déjà au 3ème verre. Quand il entendit enfin le bruit métallique de la clenche actionnée, il se leva et se dirigea vers la porte. Naruto ouvrit doucement. Avant même qu'il ne fasse un mouvement, il était littéralement agrippé et poussé dans l'entrée. La porte se referma dans un bruit mat avant qu'il n'entende le clic de la serrure verrouillée.
Sasuke le regarda froidement, l'observant. Non… Naruto n'était qu'un journaliste naïf et rêveur loin des manipulations obscures et malsaines pour le pouvoir. Il deviendrait sûrement bon mais il n'était pas assez subtil pour traiter de sujets dangereux. Akane Gâto avait abusé de lui.
— Sasuke… qu'est-ce que tu as, on croirait que tu regardes un ennemi.
Naruto ne pu dire un mot de plus, il fut plaqué brutalement contre le bois avant de sentir des lèvres s'écraser sur les siennes dans une sorte de fureur. Il se débattit comme il pouvait, ne comprenant rien à cette attitude, sentant le goût de l'alcool et du sang dans sa bouche violentée.
Sasuke avait perdu le contrôle, il se sentait sale, en rage et il avait peur. Il voulait parler, expliquer mais la colère et la haine prenait le pas, se noyant dans l'alcool de ses verres et puis la crainte d'un malheur encore plus grand le submergea. Il fallait casser ces liens, l'éloigner de lui…
— Tu ne m'intéresses pas Naruto… et je perds du temps !
Pour qui se prenait ce connard, Naruto allait lui en donner du temps ! Il le fusilla du regard, impression renforcée par le manque de luminosité. Les pupilles bleues devaient être d'une intensité. C'était totalement incompréhensible mais il connaissait un moyen de faire tomber la pression. Son poing se ferma. Il l'écrasa contre la mâchoire du brun sans préavis. S'en suivi un combat violent, il frappait fort et dur mais moins précisément que Sasuke qui utilisait feintes sur feintes et profitait de toutes ouvertures qu'il offrait. Le sang battait vigoureusement dans leurs veines, Naruto se retrouva plaqué au mur à nouveau après un coup de pied sur la hanche, Sasuke colla son corps contre lui, le souffle haché, lui emprisonnant les poignets au dessus de la tête, le regard sans émotion attendant qu'il se relâche et se calme.
— Mais qu'est-ce que t'as bon sang !
Ses yeux s'assombrirent accrochant ceux du blond, il y voyait toutes les émotions puissantes dont il avait besoin : l'amour, l'inquiétude, l'incompréhension mais aussi la confiance et l'attente.
Sentant les muscles tendus sous son corps, la chaleur de la peau dont il rêvait la nuit, il fixa les lèvres attirantes qui venaient de se mouvoir. Il ne devait pas, il devait parler d'abord…
Naruto en prit conscience, ingénument il lécha ses lèvres. Violence, désir mais aussi peine se lisaient dans le regard ombragé de Sasuke qui suivit cette langue se déplaçant et recouvrant d'un voile brillant le rouge pulpeux. Hypnotisé, il s'approcha lentement de la tentation, restant quelques secondes sans bouger, se soulant de cette respiration chaude et saccadée qui venait mourir sur le bas de son visage. Juste avant de mordre dans ce fruit, il entendit vaguement un « Sasuke ? ».
Le corps de Naruto se relâcha d'un coup, les lèvres fiévreuses couvrirent les siennes alors qu'une langue chaude vint quémander l'entrée, s'insinuant fermement. Il oublia que quelques secondes avant ils se battaient, il laissa faire cette intruse, l'accueillant avec passion.
Son compagnon l'embrassait à pleine bouche, l'invitant de sa langue impérieuse cette fois à entreprendre un ballet endiablé. Il y répondit, approfondissant encore plus le baiser, empoignant la chevelure ébène, pressant de sa main la nuque blanche. Un gémissement sourd échappa à Sasuke qui se plaqua plus fortement contre le corps souple, insérant sa cuisse entre ses jambes, venant la glisser sur son entrejambe d'un mouvement appuyé.
Naruto hoquetât sous l'assaut, hors de question de rester passif ! Son rapport avec Sasuke avait toujours été tumultueux, intense, mais la colère et la surprise d'il y a quelques instants le brûlaient toujours. Et ce baiser torride, cette prise d'ascendance, l'agaçait.
Il dirigea sa main gauche vers le tee-shirt, sortant le tissu du jeans puis laissa glisser ses doigts nerveux sur le ventre dur. Il sentait le tremblement du muscle sous son touché et sa contraction quand il caressa plus fermement de ses doigts la ligne fine de poils bruns qui disparaissait sous la ceinture. Il fit sauter les boutons prestement avant de revenir les glisser doucement sous l'élastique du boxer. Un râle résonna dans la pièce alors que le corps de Sasuke s'appuyait encore un peu plus contre le sien.
Il sentit son tee short et celui de Sasuke se faire enlever rapidement avant que les gestes ne s'arrêtent.
— Ces tâches sombres, d'où viennent-elles ?
Sasuke posa son front contre celui de Naruto. D'une voix rendue dure par la douleur, il répondit.
— As-tu confiance en moi ?
Question difficile devant ce qu'il discernait et pourtant, expliquant peut-être le pourquoi de cette brutalité des premiers instants. Naruto posa sa main sur le cœur qui battait rapidement. Le temps s'écoula dans un silence habité par leurs respirations haletantes… De l'autre main chaude et douce, il vint prendre en coupe le visage aux traits parfaits. Son regard brillant captura celui de Sasuke, ses lèvres gonflées se posant avec délicatesse sur les siennes scellant une promesse d'être toujours là quand l'autre homme en aura besoin. Celui-ci soupira, se libérant.
Ses doigts impudiques voyagèrent sur la peau laiteuse et satinée, la faisant frissonner et frémir sous la caresse. Ils atteignirent les vêtements qu'ils firent glisser sur les hanches avant de suivre les cuisses fermes. Sasuke l'aida à s'en débarrasser d'un mouvement rapide avant que Naruto ne les laisse dériver à nouveau vers la toison brune. Son pouce refit le tracé de l'aine, descendant lentement avant que sa paume ne se pose définitivement sur le membre dressé. Ce fut toute la main qui vint s'enrouler et masser la chair chauffée dans un mouvement liquide.
Sasuke tremblait, il avait posé sa tête au creux de l'épaule de son obsession qui laissait ses lèvres inventer des chemins humides sur sa peau, se dirigeant inexorablement après ses détours vers le bord de ses lèvres entrouvertes qu'il tenta sans pour autant ravir. Il ressentait sur le haut de sa colonne la chaleur de la main gauche de Naruto qui l'effleura avant de se poser plus fermement sur sa nuque et jouer dans ses cheveux. Il laissa échapper quelques gémissements sourds en fermant ses paupières maintenant lourdes.
Naruto apprécia cette perte de commande, son mouvement sur la verge se fit plus irrégulier, son pouce vint jouer quelques instants sur l'arrondi avant qu'il ne se laisse glisser au sol et que sa langue brûlante ne s'y substitut, prenant le relais, faisant chavirer un peu plus l'homme.
Il sentait les mains de Sasuke se crisper douloureusement dans sa chevelure comme s'il voulait le retenir irrémédiablement alors que le plaisir rendait sa voix rauque et son souffle chaotique. Collant parfois sa langue sur son palais, il enserrait dans une étreinte la tête dans sa bouche, devenue un instant espace plus étroit et brûlant. Changeant de rythme, il laissa ses lèvres et sa langue humide glisser lentement sur la veine jusqu'à la base allant jusqu'à caresser ses testicules doucement puis repartir avant de le reprendre en bouche et de continuer son jeu qu'il rendait libre et sans rythme.
Sasuke se tendait, se sentant amené au bord avant de se relâcher, toujours un peu plus loin que la fois précédente. L'intensité qu'il pouvait lire dans les yeux de son partenaire, la délectation qui s'y reflétait et le contentement qu'il prenait à lui faire perdre la tête augmentait son désir comme son plaisir mais surtout le lavait de l'autre de ce qu'elle avait bien pu faire et dont il ne lui restait aucun souvenir.
Rejetant la tête en arrière laissant son souffle erratique s'échapper comme ses sourds gémissements résonner dans l'entrée, il se laissa aller contre le mur, le petit rire de Naruto s'éleva dans l'espace. Il ne put empêcher ses lèvres de se courber dans un sourire, son blond était là, à genoux et l'aimant, lui rendant sa dignité.
Son regard dilaté fixa la bouche luisante et son sexe qui disparaissait profondément dans l'antre chaud, le mouvement s'accéléra, ses hanches se mirent à onduler cherchant à suivre en ressentant la ferme pressions des doigts sur ses fesses, ses narines frémirent, cette fois Naruto irait jusqu'au bout de sa torture…
— Haa…
Le feu calmé pour un temps, il se laissa descendre jusqu'au sol où il fut embrassé langoureusement, se goutant aux lèvres pêcheuses. Cette longue solitude habitée de rêves chauds, de souvenirs et de souffrances venait de voler en éclat.
Après plusieurs minutes, ils se déplacèrent, allant jusqu'au canapé. S'effeuillant des derniers vêtements, les deux hommes se retrouvèrent nus l'un contre l'autre, savourant pleinement l'enivrement que leurs deux peaux faisaient naître par frictions lentes.
Leurs lèvres comme leurs langues se goûtaient et se redécouvraient. Elles redessinaient les courbes et les angles sur lesquels elles s'arrêtaient. La bouche impétueuse de Sasuke s'égara sur les mamelons auxquels elle infligea de délicieuses tortures qui firent trembler et gémir son compagnon, puis elle continua son chemin jusqu'au nombril qu'elle happa pour laisser les dents à nouveau mordiller la chair tendre, repartant voyager sur les flancs, grignotant cet endroit sous le cœur à l'orée des côtes qui faisait cambré Naruto le poussant à se presser contre lui en creusant les reins, marquant sa peau de ses ongles, le laissant se nicher entre ses jambes le sexe dur et tendu de nouveau. Minutes pleines et chaudes, ses lèvres finirent leur course sur le sexe gorgé de sang et si sensible qu'il commença par effleurer avant de laisser sa langue prendre des libertés.
Sentant qu'il n'aurait plus la commande mais rassurer de voir que la violence avait laissé sa place, Naruto s'abandonna plus encore à la convoitise et l'ardeur de Sasuke. Le sentant jouer à son tour, il se tordit sous ses attentions et ses lèvres entrouvertes laissèrent échapper son plaisir.
Avec un sourire de chat satisfait alors que sa langue paraissait entre les globes fermes et ronds de son compagnon, Sasuke écoutait la belle musique des gémissements de son compagnon. La nuit s'étant invitée dans l'appartement et la lune pleine et brillante de cette soirée dispensant sa lumière sur leurs deux corps les nimbant de sa clarté, il releva la tête se déplaçant doucement. Il l'admira laissant son regard errer sur ce visage qui l'avait hanté nuit après nuit. Il laissa glisser ses mains sur les fesses dorées qu'il écarta lentement, laissant son sexe dur caresser l'entrée désirée. Naruto grogna un peu sous les paumes qui maintenant descendaient sur ses cuisses les massant tendrement.
— Je veux… tellement… je veux tout de toi…
Sasuke affichait un sourire sexy, sourire qui laissa apparaître une langue venant passer sur la lèvre supérieure, ses yeux s'assombrirent avant de disparaître derrière les paupières lourdes, la tension remontât d'un coup. Naruto le vit repartir vers le bas de son corps.
Il se mit à frémir, son souffle se coupa quand il sentit de nouveau la langue effrontée rejouer et l'investir tendrement. Des doigts s'en mêlèrent venant le stimuler de l'intérieur. Se contractant sous ces caresses envoûtantes qui le rendaient dingue. Il se perdait dans cet océan de sensations. Son univers se résumait à cet l'homme penché entre ses jambes, le torturant avec tant d'insistance, le faisant trembler de tout son corps, geignant à la surcharge de plaisir qui courait à nouveau sous sa peau.
Ils se fixèrent un instant. Naruto, les joues rouges et le souffle court, sourit doucement, il prit dans sa main le sexe de son compagnon qu'il caressa avant de le diriger. Très lentement, Sasuke s'enfonça dans ce fourreau, fermant les yeux, laissant sa voie rauque confirmer par un gémissement indécent le plaisir qu'il ressentait à le pénétrer. Les jambes souples remontèrent alors que l'homme posait ses mains sur les genoux qu'il écartait plus encore les pressant dans le moelleux du sofa, se regardant être avalée dans l'étroit conduit qui le retenait dans le feu vivant.
Peau brûlante sur peau brûlante, souffles chauds se mêlant, lèvres qui se frôlent puis se happent… hum… Entre les paupières mi-clauses, les pupilles bleues dilatées le regardèrent, se noyant dans la profondeur du plaisir.
Le mouvement était lent, trop lent… Naruto ondulait du bassin, le ventre de Sasuke frémissait et se tendait, il laissa sa main suivre la cadence sur son propre sexe alors qu'il suçait ses doigts avec gourmandise, son regard s'échappait parfois sous le trop plein et des cris délicieux montaient du fond de sa gorge sous un mouvement de rein plus brutal et plus précis. Le brun finit par perdre tout semblant de contrôle. Il frappa l'endroit qui faisait se pâmer Naruto en de longs coups de reins puissants. Ses lèvres planant au dessus de celles pleines et généreuses de son amant venant voler le souffle, se tenter puis se retirer pour mieux revenir encore.
— S'il te plait… Sasuke…
Le regard noir s'intensifia plus encore, brûlant d'un désir plus sauvage, il fondit sur la bouche tentatrice, sa langue la pénétrant avec délectation comme son sexe le faisait dans son corps. Il accéléra son rythme, son baiser glissa des lèvres pour dériver jusqu'au creux si sensible de la nuque et ses dents goûtèrent à la peau, la mordant et la marquant. Pression plus brutale, faisant heurter leurs corps, une plainte, comme un besoin profond sortit d'une voie rauque. Coulée de lave traversant son corps, sa poitrine résonna du bruit sourd et rapide de son cœur déchaîné alors qu'il se libérait ressentant le muscle se resserrer sur lui.
Leurs peaux drapées d'un voile de perles scintillantes jouèrent avec la lumière de la lune qui s'attarda là pour le plaisir de révéler une courbe, une goutte de sueur, la ferme empreinte d'une main sur la peau, un mamelon raidi, la crispation de doigts emmêlés dans des mèches de cheveux souples et la voûte étoilée miroitant entre des paupières qui s'ouvrirent maintenant comme surprises par la force de l'orgasme, la jouissance les ayant balayer comme le magma.
Sasuke se mit à bouger un peu sortant de son compagnon qui gémit et le corps tremblant, il s'effondra, cherchant son souffle. Sa conscience flottait et son visage se nicha dans le cou humide de Naruto qui resserra ses bras autour de lui. Ses mains se refermèrent sur la peau dorée, il sentit les jambes se relâcher et retomber mollement sur le canapé, ses paupières lourdes se fermèrent…
De très longues minutes plus tard, Naruto ouvrit l'œil sous la sensation de froid qu'il ressentait. Se soulevant sur un coude, il vit Sasuke buvant un verre d'alcool assis dans le fauteuil en face de lui. L'homme avait les cheveux en bataille, son peignoir était lâchement fermé autour de son corps, sur la table basse un autre peignoir attendait Naruto. Il l'enfila vite fait alors et s'assit confortablement, attendant les mots qu'il savait être révélateur de l'attitude étrange de son compagnon. Sasuke tourna un instant la tête vers la petite lampe qu'il avait allumé puis il fit face le regard éteint.
— Elle a abusé de moi.
— Explique merde…
Le blond était droit comme un i, les poings serrés sur ses genoux et le rictus découvrant ses dents, son regard était presque agressif.
— Akane… karin. Sasuke souffla, il en paraissait d'un coup fragile, elle m'a drogué pour que je la mette enceinte et m'a prévenu que si quelque chose lui arrivait, ce serait toi et Itachi qui prendrez.
Le blond se leva comme un fou prenant le peignoir de Sasuke dans ses mains commençant à le secouer.
— Je vais la tuer, je vais la tuer la garce !
Puis il s'assit sur ses genoux entourant de ses bras son amant dans une étreinte puissante, embrassant ses cheveux et lui murmurant des mots qu'il utilisait rarement. Le verre d'alcool tomba au sol alors que Sasuke finit par s'y laisser aller, se nichant plus encore, reposant sa tête dans le creux de l'épaule, fermant les yeux.
— Comment te sens-tu ?
— Je me sentais sale mais beaucoup moins maintenant. Sasuke chuchotait presque. Tu n'es pas dégouté ?
— Teme III, tu ne me dégouteras jamais, idiot. Je vais la tuer pour ce qu'elle t'a fait c'est tout.
— Crétin… merci.
Les deux hommes n'en dirent pas plus, il n'y avait pas besoin, chacun avait la ferme assurance de compter pour l'autre. C'était suffisant. Naruto savait de toute façon que Sasuke ne laisserait rien apparaître et traiterait le drame à sa façon. Il lui releva le visage après un moment de silence chaleureux, il voulait voir dans le regard cette étincelle qui n'y était pas lors son retour. Les deux pupilles étaient toujours aussi énigmatiques mais la froideur s'était estompée. Emmêlant ses doigts dans les mèches soyeuses, il le regarda sérieusement.
— Alors comment veux-tu que nous agissions ? Est-ce que je peux la tuer ?
Si la fierté toute masculine et l'humiliation d'avoir été abusé allaient sceller les lèvres de Sasuke sur le sujet pour le reste de ses jours. Néanmoins, s'être laissé aller à se confier près de celui dont il savait qu'il ne le trahirait jamais lui faisait un bien fou. S'il y avait eu une chance qu'un jour, il se retourne à nouveau sur une femme, elle venait d'être définitivement tuée dans l'œuf par l'acte de Karin et sa méfiance envers la gent féminine allait dans l'avenir s'en sentir renforcée.
Il profita de la tendresse de Naruto pour faire le point. Il avait été dur, voulant le rejeter mais maintenant, alors qu'ils avaient réaffirmé leur lien. Il lui devait une explication tout du moins une partie présentant ses plans. Il sentait qu'il n'était toujours pas temps pour eux de se retrouver librement.
Il disposa son compagnon différemment sur ses jambes, Naruto se laissa faire tout en le gardant dans ses bras, ce n'était pas négociable à la lueur de son regard et Sasuke ne fit rien pour s'en extraire. Il resserra sa prise sur la taille chaude et parla doucement.
— Je dois dire que Karin m'a vraiment bien eu, je n'ai vu que du feu, je me suis retrouvé nu sur mes draps alors qu'elle paradait. Elle m'a fait prendre la drogue des violeurs mais pour s'assurer de son plan, j'ai bu une espèce d'antidote. Je n'ai malheureusement pas souvenir de la façon dont la nuit s'est produite mais la boisson du matin m'a évité l'absolu néant que génère cette drogue. Il sentit les mains de Naruto se resserrer mais l'homme n'ouvrit pas la bouche. Elle m'a dit qu'elle avait bu un autre produit qui rend incontournable la procréation lors du rapport.
— On va être papas.
C'était dit si sérieusement comme si l'enfant allait leur revenir. Sasuke se sentit déstabilisé devant la réaction de Naruto, il n'y avait pas pensé mais là devant le sérieux et la détermination de son compagnon, il se devait de réfléchir et un jour d'aborder ce sujet. Mais pour l'heure aucun risque, il continua.
— Non Naruto, depuis qu'elle est entrée à mon service et devant son insistance, j'ai moi-même pris de quoi éviter ce type d'accident. Mais cela, elle ne le sait pas. Si elle m'apporte la preuve médicale d'être enceinte, ce ne sera pas de moi, je peux te l'affirmer.
— … Bon… Ok… Mais t'avais prévu quand même un genre de problème comme ça.
— Mieux vaut prévenir que guérir, mon père et mon frère ont toujours anticipé les risques et m'ont formé dans la même voie.
— Alors quel jeu tu vas jouer avec elle ? Et moi dans l'histoire ?
— J'y viens, je ne vais rien changer, la laissant penser que son plan a marché. Mieux encore elle m'a dit que son commanditaire me ferait savoir ce qu'il veut en temps et en heure. Je suis sur autre chose avec Yahiko…
— Hum… la compagnie Uchiwa n'est-ce pas ?
Sasuke fut encore une fois surpris même s'il n'en laissa rien voir. Naruto avait ce don là.
— Je suppose que c'est Kyuubi qui parle là !
— Sasuke, je te connais, tu as l'air d'oublier. Tu es le type le plus têtu que je connaisse hormis Itachi. Tu passes ton temps à penser en silence en croyant que les autres ne savent pas le faire, sauf peut être Shika. En tout cas, je ne fais pas parti de ces grands hommes. Et tu restes définitivement un introverti sauf quand il s'agit de sexe, de jalousie et de possessivité... Quoique je ne vais pas m'en plaindre de ce côté-là.
— Merci pour ce briefe sur mon comportement…
— Que crois-tu quand je vois Itachi en visio lors d'une réunion importante mais pas mon Teme ni Yahiko. J'en conclue qu'ils vont faire équipe et tenter leur chance sans rien nous dire.
— Et que crois-tu que nous fassions ?
— Des sushis… non ne me fait pas ce regard qui tue, je plaisante. Non, je crois que les filiales qui gênent ton frère et toi vont devenir l'objet de ton attention, me serais-je trompé ?
— Bien vu, Monsieur Nixon. On s'occupe du nid de vipère familial.
— Alors promets-moi une chose, Monsieur le Justicier solitaire accessoirement en équipe, dès que ça craint, que tu doutes ou que l'info nous permet d'avancer, tu fais signe et tu fais gaffe à tes fesses, je te rappelle qu'elles sont à moi.
— Oui maman…
— Je ne plaisante pas Sasuke. Le ton était grave. Il y a eu des morts, ma famille, Baki, il pourrait en avoir d'autres et je ne veux pas que tu t'exposes stupidement. Si tu joues au con, je te le ferais payer… Je veux bien m'effacer et faire comme si… mais à partir de maintenant tu me donnes des nouvelles régulièrement autant sur vos avancées que sur ton quotidien.
Sasuke laissa sa tête retomber sur le torse dorée. Il faudrait qu'il fasse quelques sacrifices mais Naruto n'avait pas totalement tord. Un faux pas pour l'un ou pour l'autre pouvait finir par une fin qu'il ne voulait même pas envisager que cela soit pour lui-même, son frère ou son compagnon.
— Je vais aller me doucher puis repartir discrètement, j'ai ta promesse et tu as la mienne Sasuke, ne me fait pas un de tes coups tordus.
Pour toute réponse Sasuke l'embrassa farouchement, il l'emmena lui-même dans la salle de bain, ils pouvaient encore profiter un peu avant de se séparer.
Le dimanche soir fut une prise de conscience de la dangerosité pour tous les enquêteurs. Naruto qui jouait au shogi avec Shika et qui se prenait à nouveau une raclée fut interrompu par un coup de téléphone simultané avec le portable de son ami. Obito annonçait à l'informaticien la tentative d'assassinat sur Itachi alors que lui-même écoutait la voix terriblement froide de Sasuke sur la ligne sécurisée lui dire la même chose. Les deux hommes, ni une ni deux, se pressèrent de mettre leurs blousons et partirent en trombe à l'hôpital de Konoha. Tous ceux présents sur la ville attendaient avec les parents d'Itachi et Sasuke qui tenait la main d'Hana fermement. Il n'était plus temps de cacher quoique ce soit à Fugaku et Mikoto. Les visages graves montraient l'inquiétude mais pour la famille Uchiwa, il y avait quelque chose de réconfortant à voir autant de monde connu, de surcroit qui travaillait dans la police, le journalisme ou anciennement les services secrets. Voir Kakashi parler à Obito au téléphone interpella Fugaku. Mikoto s'était rapproché de son second et de cette jeune femme inconnue, compagne de son aîné.
Naruto couru vers Sasuke puis se reprit, il serra la main de Fugaku, embrassa Mikoto et Hana avant de discuter avec son brun dont il aurait rêvé de serrer contre lui mais… Le chirurgien finit par venir à leur rencontre pour annoncer la bonne nouvelle. Seule l'épaule gauche avait été touchée, Itachi n'était pas en danger. Yamato arriva juste à la suite avec Ebisu sortant du bureau des infirmières où il avait récupéré la balle pour la balistique, une équipe était restée sur place devant la maison d'Hana. Ils attendraient que l'homme soit dans une meilleure condition pour répondre à leurs questions.
Yamato après discussion avec Jiraya, se dirigea vers Fugaku qu'il prit à part. Ils eurent une conversation avant que celui-ci ne revienne et prévienne gentiment sa femme et sa future belle fille qui sait, qu'elle comme Itachi viendraient habiter chez eux le temps que l'affaire soit réglée. Il proposa la même chose à Sasuke qui refusa.
L'homme au chapeau souffla une seconde fois tout en pestant derrière ce Sakon qui était un imbécile, il faudrait lui régler son compte plus tard. Être aussi près de sa cible et la rater, le gamin allait s'en sortir alors qu'il aurait dû mourir ou être dans un coma pour le moins. Le boss allait partir dans une de ses colères terribles alors qu'il allait devoir nettoyer ce merdier.
Mais pour l'instant qu'ils se réjouissent tous de cet échec, il avait les mains libre pour ce qu'il devait faire. Il coinça la lampe laser entre ses dents pendant qu'il forçait le code d'ouverture du coffre d'Itachi, le bruit caractéristique des mécanismes intérieurs qui résonna dans l'appartement l'avertit que la porte était déverrouillée. Avec un petit rictus déformé, il le fouilla et sourit franchement malgré le tube luminescent au coin des lèvres quand sa main gantée se referma sur les fameux brevets de Baki.
Dernier épisode dans une à deux semaines suivi de son épilogue.
