Voilà l'avant dernier chapitre ! Eh oui, il y en aura 7, comme les péchés capitaux, j'ai assuré non ? :P Bon du slash, pur et dur, et des blasphèmes à la pelle dans quelques allusions pas si subliminales... Alors WARNING. Je vais brûler en enfer pour ceci. Alors j'espère au moins que ça vous plaira, et désolée pour l'attente !


Dean et Castiel se dévoraient mutuellement, submergés par un besoin secret resté trop longtemps inassouvi, se griffant de leurs ongles, leurs langues s'enroulant l'une autour de l'autre en une bataille effrénée... Le prêtre se sentait plus vivant que jamais, et le simple contact du torse nu de Dean contre le sien aurait suffit à le faire jouir s'il ne l'avait pas repoussé à temps.

- Dean... Je suis désolé. Je ne peux pas. (Il y eu des trémolos dans sa voix qui faiblit.) Je ne peux pas.

Dean papillonna des yeux et s'essuya les lèvres d'un revers de la main, comme s'il se réveillait d'un rêve appétissant.

- ... Désolé aussi, je ne sais pas ce qui m'a pris... Je suis pas pédé.

- Moi non plus. Il n'y a que toi, répondit Castiel avec innocence, faisant sourire Dean.

- C'est une déclaration d'amour ?

Le prêtre rougit violemment.

- N-Non ! ... L'homosexualité est un grave péché, Dean.

- Au Moyen-âge, oui, mais nous sommes au vingt-et-unième siècle, Cass. Les gens ne vont pas nous envoyer au bûcher, contra-t-il, se demandant d'où lui venait cet argument digne de la Gay Pride.

Toutefois, l'air tourmenté de Castiel lui ôta toute envie de parlementer davantage, et il passa simplement sa main dans ses mèches de jais, qui bouclaient légèrement au sommet du front. Il était vraiment adorable, haletant contre le mur, ses yeux azur perdus dans le vague; Dean pouvait presque y suivre le combat entre son cœur et sa raison, entre sa foi et ses vices, entre sa volonté de découverte et sa peur de l'inconnu. Castiel se ressaisit et enleva doucement la main de Dean avant de déposer un léger baiser sur le haut de ses doigts, ses saphirs plongés dans ses émeraudes.

Et le prêtre sortit de la chambre sans un mot.

Nul besoin de dire qu'aucun des deux ne réussit à se rendormir après cet incident. Ils passèrent le reste de la nuit à réfléchir à leurs actes, leurs causes et leurs conséquences. Comment était-il possible que deux êtres aux antipodes l'un de l'autre puissent tout à coup ressentir une telle attirance, malgré le fait qu'ils soient du même sexe ? C'était absurde. Contre-nature. Faux. Dean était un coureur de jupons et Castiel, un prêtre ayant juré l'abstinence. Mais leur simple rencontre avait chamboulé tous leurs fondements, toutes leurs convictions et surtout leurs sentiments. Leurs interrogations n'avait cependant aucun sens.

Seul une question subsistait, plus capitale que le possible péché qu'elle suggérait: Pour combien de temps encore la foi et la raison domineraient le désir ?

Le dimanche se passa dans un silence religieux. Seuls quelques bribes de conversation banale furent échangés entre Dean et Castiel, qui ne pouvaient plus se regarder en face sans se rappeler la veille et toutes ses sensations déconcertantes. Tous deux souffraient énormément de la situation, et l'incapacité de communiquer normalement ne les aidaient guère.

A ceci se rajoutait le manque d'alcool de Dean, qui aurait sérieusement envisagé de vider les réserves de vin pour l'Eucharistie si Castiel ne l'en avait dissuadé d'un regard désapprobateur.

Alors, il sortit s'aérer l'esprit et mettre ses idées au clair, laissant le prêtre seul à seul pour en faire de même. Quand il revint à l'église au crépuscule, Castiel priait toujours au premier rang, égrenant son chapelet aux billes noires et luisantes entre les longs doigts fins. Dean s'assit à sa droite, ses yeux passant du Crucifix au prêtre.

- C'est comme les vœux ou je peux savoir pour quoi tu pries ? demanda Dean, qui en avait assez du silence gênant.

- Je prie pour toi. Pour moi aussi, pour m'aider à rester sur le droit chemin. Pour le reste du monde, répondit Castiel les yeux rivés sur le Christ.

- Pour moi ? répéta Dean, surpris.

- Oui, depuis le premier jour où tu es entré dans mon église ("Et dans mon cœur" pensa-t-il). Je supplie le Seigneur de t'envoyer un Ange pour te guider et te redonner goût à la vie.

Dean pouffa légèrement.

- Je suis sûr qu'Il t'a écouté, dit-il, radieux.

Le prêtre tourna la tête vers lui, surpris; jamais il n'aurait cru Dean capable de sortir une phrase aussi pieuse.

- Qu'est-ce qui te fait dire cela ?

Dean se rapprocha dangereusement de Castiel, prenant ses mains jointes entre les siennes.

- L'Ange, c'est toi, Cass. Sans toi, je serais sûrement mort ou j'aurais mis fin à mes jours.

Sur ces mots, il embrassa doucement le rosaire du prêtre, en le fixant intensément d'en-dessous de ses longs cils bruns; c'était le plus beau geste d'amour qu'on ne lui avait jamais témoigné et il en fut ému aux larmes.

- Dean... Je... Je t'aime. Depuis le début, avoua-t-il, une larme coulant sur sa joue.

- Je t'aime aussi, Cass.

Dean attendit quelques secondes qu'un accord tacite passât entre eux avant de déposer un baiser chaste sur ses lèvres. Il allait en rester là lorsque contre toute attente, Castiel le reteint par le bras, le regard baissé:

- Pourquoi es-tu si... tentant...

- Parce que je fais du sport, plaisanta Dean.

Il se pencha sur lui et l'embrassa avec plus de fougue, tenant le visage du prêtre en coupe. Ses baisers continuèrent dans le creux de son cou et il comprit au gémissement grave de Castiel que la flamme vacillante de sa résistance s'était éteinte comme soufflée par une puissante tornade. Alors il enleva sa veste en cuir, puis sa chemise, tandis que Castiel le dévorait des yeux. Dean s'attaqua ensuite à la soutane noire du prêtre; le chapelet gisait depuis longtemps au sol, tombé lors de leur baiser.

Leurs contacts se firent plus poussés, plus désespérés, tout leur être en voulait plus, toujours plus. Dean poussa Castiel d'un air malicieux, le faisant tomber du banc sur le sol dur et froid de la nef. Il monta ensuite à califourchon sur lui, l'embrassant toujours, allant du torse au bas-ventre, s'attardant sur l'aine pendant qu'il déboutonnait adroitement le pantalon noir du prêtre. Le sexe de ce dernier était déjà dur et dressé sous son caleçon, de même que celui de Dean qui frottait douloureusement contre la braguette de son jeans. Ils accélérèrent la cadence.

Dean dénuda complètement Castiel et s'arrêta un instant, le temps de graver à jamais la vision de son amour éclairé seulement à la lueur chaude des bougies dans sa mémoire.

- Dean... Je t'en prie..., le supplia-t-il, la frustration à son comble.

Dean sourit et s'exécuta avec joie; il prit le pénis du prêtre fermement dans sa main et commença à le masturber, d'abord lentement, puis vigoureusement, avant de le prendre dans sa bouche. Castiel renversa la tête en arrière, ses sourcils sombres froncés sur ses yeux fermés. Il le suça doucement, mordillant les plis de peau autour du gland rose, jusqu'à ce qu'il jouisse dans sa bouche avec un petit cri. Dean avala la semence et s'essuya la bouche. Il laissa Castiel reprendre son souffle pendant qu'il enlevait son jeans et son boxer; se sentant lui-même pas loin de la jouissance, il tendit ses doigts au prêtre.

- Suce-les.

- Mais... Pourquoi ?

Dean éclata de rire devant la naïveté de Castiel.

- Tu verras.

Ce dernier lui fit confiance et les lécha tendrement. Après un clin d'œil, il introduisit d'abord un doigt, puis deux, et enfin trois tandis que Castiel frissonnait de tout son corps.

- Dean... Arrête... Dean...

- Si tu veux que j'arrête il va falloir arrêter de murmurer mon prénom de cette façon... ça me rend fou.

Le jugeant prêt à l'accueillir en lui, il le pénétra le plus délicatement possible, le faisant néanmoins gémir de douleur. Il continua à s'avancer en lui et percuta sa prostate; le prêtre lâcha un cri de surprise. Dean commença alors les allées et venues, sentant les muscles de Castiel l'étreindre de toutes ses forces, la souffrance était quasi intolérable et pourtant si vivifiante.

Leurs deux corps nus entremêlés ondulaient sur le sol de pierre, sous l'œil témoin du Christ qui souffrait d'une toute autre passion que la leur. Castiel atteignit pour la seconde fois le Septième Ciel en un râle sourd, Dean se répandant simultanément en lui.

Ils s'écroulèrent, vidés et satisfaits.