Haha ! Est-ce que certains se demandent ce que je vous réserve ? Ils peuvent en apprendre plus en visitant les previews sur mon profil. Pour les moins curieux, je souhaite une bonne attente, ainsi qu'une bonne lecture à tous.

Merci de me lire, merci pour les reviews !


06 : Box of Sentiment (Tacticts Ogre)

En très peu de temps, la popularité d'Harry avait chuté. Ce n'était pas pour lui déplaire, loin de là. Les gloussements des filles à son passage, les regards posés sur sa cicatrice, les demandes d'autographe… Non, rien ne lui manquait. Pour le moment, il était heureux d'avoir retrouvé ses amis.

Lundi soir, il monta les marches vers le bureau de Dumbledore. Il se demandait s'il serait absent, mais non, lorsqu'il frappa à la porte, il entendit une réponse. Il tourna la poignée et découvrit que le vieux sorcier était déjà là, assis à son bureau, dégustant un morceau de charlotte aux fraises. Il lui sourit en le voyant.

-Bonsoir Harry, dit-il gaiement. Voudrais-tu un morceau de gâteau ?

-Non, merci professeur, répondit Harry, bien trop pressé de parler des derniers événements.

Il alla s'asseoir en face du directeur terminant d'avaler les derniers morceaux de fraise.

-Il s'est passé beaucoup de choses durant mon absence, dit Dumbledore.

Harry ne répondit rien. Il avait l'impression que les yeux bleus étaient en train de l'analyser en profondeur, une sensation pas très agréable. Il gigota sur son siège.

-Monsieur, à ce propos, dit-il brusquement, le professeur McGonagall vous a-t-elle parlé de Drago Malefoy ?

-En effet, répondit Dumbledore en faisant disparaître son assiette vide et sa fourchette. Elle m'a confié tes soupçons. Je vais étudier la question.

Ravi, Harry n'hésita pas la moindre seconde à enchaîner sur le second sujet.

-Il y a quelque chose que nous n'avons pas dit au professeur McGonagall. Il semblerait qu'Aeson soit capable de savoir où Voldemort se trouve.

Contrairement à ce qu'il pensait, Dumbledore ne parut pas surpris. Il hocha pensivement la tête en souriant.

-Un peu comme toi lorsque tu avais mal à ta cicatrice ?

Cette question laissa Harry sans voix. Il n'avait pas cherché à en savoir plus sur la manière dont Aeson détectait la présence de Voldemort. La comparaison ne lui était pas même venue à l'esprit.

-Je ne sais pas, répondit Harry en toute honnêteté. Ce que je voulais dire, c'est que ce serait utile pour l'Ordre d'avoir Aeson.

-Serais-tu en train d'essayer de faire rentrer l'homuncule de Lord Voldemort au sein de l'Ordre ? plaisanta Dumbledore. J'avoue que ce serait utile, cependant, je ne t'ai pas utilisé de cette façon, et je ne compte pas utiliser Aeson non plus.

-Mais…

-Harry, je sais que tu n'apprécies pas de savoir Aeson à Poudlard, l'interrompit Dumbledore. Pour ma part, je pense qu'il est bien mieux qu'il se trouve ici.

Harry n'ajouta pas un mot. Il avait bien compris que rien ne ferait changer d'avis Dumbledore. Il ne comprenait pas les raisons qui poussaient Dumbledore à agir ainsi, ce qui l'agaçait quelque peu. A la place, il préféra revenir sur un autre sujet.

-Où étiez-vous le week-end dernier, monsieur ?

Il eut l'impression d'aller trop loin. Les portraits émirent un sifflement.

-Je te le dirais en temps utile, Harry.

-Vraiment ? s'étonna le garçon.

-Oui, vraiment, ajouta Dumbledore en souriant.

Il sortit un flacon de sa poche et fit voler la Pensine jusqu'à lui. Il ajouta les souvenirs à l'intérieur de la bassine qui se mirent à tournoyer. Harry observa le phénomène avec fascination. Dumbledore leva les yeux.

-Harry, n'y a t il rien d'autre dont tu souhaiterais me faire part avant que nous ne replongions dans la mémoire de Bob Odgen ?

Dumbledore avait une perspicacité légendaire, déstabilisante quand bien même on le connaissait depuis des années. Harry fit semblant de chercher. Bien sûr, il y avait eu son accès de colère avec Mondingus, ce moment où il avait eu l'impression de se noyer. Et puis il y a avait ces fameuses rumeurs le désignant comme l'agresseur de Katie. Harry espérait que Dumbledore n'étaient pas assez dupe pour les croire.

-Non, monsieur, dit-il au bout d'un instant.

Dumbledore se garda bien d'insister. Il hocha la tête en faisant tournoyer les souvenirs de la Pensine.

-Bien, dans ce cas, nous allons en revenir à nos leçons, dit-il. Tu te souviens que Bob Odgen avait arrêté Morfin et Marvolo Gaunt, n'est-ce pas ? Merope Gaunt était livrée à elle-même, enceinte, abandonnée par Tom Riddle. C'est à ce moment que Bob Odgen a montré toute la sympathie qu'il avait pour cette jeune femme. Il a cherché après elle durant des mois. Il avait entendu dire que Tom Riddle Senior s'était marié avec elle, puis l'avait quitté.

-Et il l'a retrouvé ? demanda avidement Harry.

-C'est exact, répondit Dumbledore avec un sourire. Il a retrouvé Merope Gaunt alors qu'elle était sur le point d'accoucher. Tous les soins de Ste Mangouste ne pouvaient sauver une femme décidée à mourir. C'est ainsi que Bob Odgen s'est retrouvé avec un enfant sur les bras, un certain Tom Marvolo Riddle qu'il a décidé d'élever.

-Merope ne voulait vraiment plus vivre ?

Harry songea avec tristesse que sa propre mère était morte. Il repensa aussi à sa conversation avec Voldemort dans la Chambre des Secrets. Ils avaient tout les deux été privé de l'amour de leur mère. Oui, sauf qu'en l'occurrence, c'était Voldemort qui avait privé Harry de sa mère.

-Non, elle avait eut une vie de souffrance tellement atroce que ce dernier rejet sentimental l'a privée de sa volonté de vivre, dit Dumbledore. Bien, maintenant, nous allons voyager un peu si tu le veux bien Harry.

Ils se penchèrent au-dessus de la bassine de pierre et tombèrent. Harry sentit le sol sous pieds et rouvrit les yeux. Ils étaient dans une maison décorée avec un manque de goût flagrant. Les plaintes dorées s'écaillaient, les cadres des portraits juraient sur la tapisserie bleue mauve et les rideaux pourpres n'arrangeaient rien. Il y avait un fabuleux fouillis de bric-à-brac constitués de vieilles bouteilles de whisky Pur-Feu, de gobelets en argent, de lampes à huile et d'épées rouillées. Au milieu de ce désordre, il y avait Bob Odgen. Il paraissait avoir vieillis trop vite, les traits tirés, la fatigue lui creusant des cernes sous les yeux. Assis dans un fauteuil vert kaki, il buvait du thé en compagnie d'un autre homme, les cheveux blonds, les yeux verts.

Harry et Dumbledore s'approchèrent. Avec surprise, Harry vit un jeune garçon caché sous une table épaisse, sagement assis, ne faisant aucun mouvement. Il avait des cheveux bruns presque noirs, et des yeux gris bien tristes.

-Il n'est pas de mon ressort de décider à votre place, Odgen, disait l'homme aux cheveux blonds. Comprenez bien, cet enfant a commis des infractions majeures. Utilisez des sorts face à des moldus est un acte puni par le ministère, vous le savez bien.

-Il n'était pas au courant, répondit Odgen d'une voix lasse. Je l'ai déjà dit à la commission d'enquêtes. Tout ce que je te demande, Clark, c'est une petite faveur.

-Tu sais bien que je ne peux pas, Bob.

Bob Odgen poussa un long soupir. Il posa sa tasse de thé sur la table et se leva, commençant à tourner en rond.

-Je ne peux pas les laisser l'envoyer là-bas, reprit-il. Il a déjà vécu tellement de malheurs. Tu imagines ? Envoyez un enfant à Azkaban ? Le Magenmot a perdu la tête.

-Surveilles tes paroles, claqua la voix sèche de Clark.

Bob Odgen leva un sourcil à son attention avant de se rasseoir.

-Envoyez-moi à Azkaban.

-Pardon ? s'étonna Clark.

-Envoyez-moi à Azkaban à sa place. Si je prends du Polynectar, je passerais inaperçu.

-Tu es fou ! s'emporta Clark. Tu ne vas quand même pas aller là-bas pour un gamin qui n'est même pas le tiens !

L'enfant caché tressaillit. Harry avait le terrible doute qu'il avait sous les yeux le fils de Merope Gaunt et de Tom Riddle. Il regarda Dumbledore, imperturbable.

-Je le considère comme mon fils, dit Odgen d'une voix acide. Peu importe ce que tu en penses.

-Ecoute, tu perds la raison, dit Clark en posant sa tasse vide sur la table basse. Depuis la mort de ta femme, tu agis trop spontanément.

-Spontanément ? SPONTANEMENT ? rugit Odgen en se redressant de toute sa taille. Tu trouves que c'est déplacé de défendre sa famille ? Sache que la mort d'Amy n'a rien à voir avec mon comportement actuel !

-Bien, bien, dit Clark sur la défensive. Puisque tu le dis…

-Bien sûr !

Harry comprenait mieux pourquoi Bob Odgen avait l'air d'avoir autant vieillis. La mort de sa femme l'avait ravagé. Pourtant, il tenait coûte que coûte à défendre l'enfant de Merope. Il semblait qu'à l'époque, personne ne se doutait encore que ce garçon allait devenir le plus grand mage noir de l'histoire de la sorcellerie.

-D'accord, soupira Clark. De toute façon, ce n'est qu'une question de jours. Tu n'y resteras pas longtemps.

Visiblement rassuré, Odgen hocha la tête. Sous la table, le garçon serra ses genoux contre son torse. Clark se leva et serra la main de Bob.

-J'enverrais des agents te chercher demain. Prends assez de Polynectar avec toi pour les trois jours à venir.

-Je te remercie mon ami, répondit simplement Odgen.

Clark ne dit rien. Il paraissait soucieux. Il quitta Bob Odgen avec un semblant de remords. Peu après, le garçon se glissa silencieusement hors de sa cachette. Bob Odgen était sorti sur la terrasse. Harry et Dumbledore les rejoignirent là. La mer venait lécher la plage au pied de la maison, le vent marin était chaud, et les mouettes volaient haut dans le ciel. Le garçon se tenait derrière le fauteuil de Bob Odgen.

-Je ne veux pas que tu t'en ailles, dit-il d'une voix chagrinée.

-Je me doutais bien que tu épiais notre conversation, dit Bob. C'est une habitude détestable chez toi. Toujours en train d'écouter quand il ne faut pas.

Le garçon ne répondit rien. Harry se rappelait quand lui, Ron, Hermione, Fred, George et Ginny étaient en train d'épier les réunions de l'Ordre avec les oreilles à rallonge. Il ne se sentait pas capable de blâmer Voldemort pour cet écart de conduite.

-C'est moi qui devrais y aller, reprit l'enfant.

-On n'envoies pas d'enfant à Azkaban, déclara Bob d'une voix catégorique. Je ne comprends pas pourquoi ils veulent faire une exception avec toi mais je les en empêcherais.

-Tu m'as dit que c'était le pire endroit du monde…

-C'est pour cette raison que tu n'y mettras pas les pieds.

Tom n'ajouta rien. Il se tordait les mains en regardant le bout de ses pieds.

-C'est pas ma faute, tu sais. Je ne voulais pas utiliser de magie. C'est les autres enfants, ils n'arrêtaient pas de m'embêter alors je…

-Ca suffit, Tom ! s'exclama Bob Odgen. On en a déjà parlé.

-Je sais. N'empêche que je ne veux pas que tu partes. C'est la faute des moldus.

-Tom…, gronda la voix menaçante de Bob Odgen.

L'enfant s'arrêta. Il sembla réfléchir un peu, feignant d'être apeuré, puis il changea de conversation.

-On peut faire de la magie à Poudlard ?

Bob Odgen sembla se détendre. Il était ravi de parler d'autre chose.

-Bien entendu, sinon vous n'apprendriez pas beaucoup.

-Et il y a des moldus ?

-Non, il n'y aura que des sorciers. Tu verras, se sera bien plus amusant que de rester dans cette vieille maison en ma compagnie.

-J'aime bien être avec toi, répondit Tom en souriant.

C'était frappant de voir que même Voldemort avait été un enfant. Un enfant qui aimait sa famille. Bob Odgen lui sourit en retour, plein de bonté. Il frotta les cheveux du garçon.

-Tu as rendu les jouets aux enfants ?

Tom sembla beaucoup moins apprécié la conversation. Il fronça les sourcils, la mine boudeuse. Bob soupira profondément.

-Tu dois rendre ce que tu as volé.

-S'ils n'étaient pas aussi faible, je n'aurais rien volé du tout.

-Et puis quoi encore ? Tu leur rendras d'ici à ce que je revienne, sinon je me fâcherais, compris ?

Tom ne semblait pas d'accord. Il hocha la tête à contrecœur. Bob Odgen lui sourit. En cet instant, on aurait dit un père sermonnant son fils. Harry sentit la main de Dumbledore se poser sur son épaule. Il lui sourit, puis les couleurs disparurent, et ils se retrouvèrent à nouveau dans le bureau de Dumbledore. Légèrement désorienté, Harry demanda :

-C'est tout ?

Le directeur était déjà en train de ranger la Pensine. Il paraissait amusé et fatigué à la fois.

-Oui, c'est tout pour ce soir. Cependant, l'histoire ne s'arrête pas là, tu t'en doutes. Il se trouve que Bob Odgen a pris le Polynectar et attendu les agents du ministère. En réalité, Clark l'avait dénoncé. Il fut arrêté pour tromperie, corruption, et parjure. Il a ensuite été condamné à trois ans d'emprisonnement à Azkaban. Quant à Voldemort, il a été contraint de passer ses trois jours de peine à Azkaban. A son retour, il a été placé chez une famille de sorcier en attendant de rentrer à Poudlard.

Dumbledore retourna s'asseoir à son fauteuil. Il croisa les bras sur des liasses de parchemins.

-Je ne vois pas trop en quoi c'est important, monsieur, dit lentement Harry.

-Bien sûr Harry, car tu ne savais pas, tout comme moi lorsque j'ai vu ce souvenir, qui était en réalité le fameux Clark. Après des recherches, j'ai enfin compris un aspect supplémentaire de la personnalité de Voldemort.

-Lequel ?

Dumbledore sourit avec un brin d'amertume.

-Clark Oneil était employé au ministère de la magie, né de deux parents moldus. Cette trahison envers son ancien patron, Bob Odgen, lui a valut une superbe promotion.

-D'où la haine que Voldemort voue aux sorciers avec du sang de moldu.

-En partie, affirma Dumbledore. Il ne faut pas oublier que le père de Voldemort était lui aussi un moldu. Cependant, ceci sera pour un autre soir. Il reste un autre détail malgré tout. Tu te souviens que Bob Odgen a parlé de rendre les jouets aux enfants moldus ? Note cet indice dans un coin de ta tête car il se révélera très important par la suite. Voldemort aimait déjà volé, et utilisé ses pouvoirs contre les autres. Bien, maintenant, je pense qu'il est temps pour toi d'aller te coucher.

Harry se tourna vers la porte sans envie. Il aurait aimé continuer à discuter avec Dumbledore. Il se tourna donc encore une fois, une idée farfelue à l'esprit.

-Monsieur, vous pensez que Bob Odgen était le seul obstacle à la folie de Voldemort ?

-Pas à la folie, Harry, mais à la cruauté. Oui, je le pense. Car dés l'instant où Bob Odgen ne fut plus en mesure de garder un œil sur cet enfant, les accidents débutèrent. Je crois que Tom Riddle en voulait grandement au ministère de lui avoir volé son substitut de père. Les autres événements n'ont fait qu'aggraver les choses.

-Donc, si Clark n'avait pas trahis Bob Odgen, Voldemort n'aurait jamais vu le jour ? Ce serait toujours Tom Riddle ?

-Peut-être, répondit Dumbledore avec un sourire. Malheureusement, nous ne le saurons jamais. Sur ce, je te souhaite une bonne nuit.

Harry salua le professeur Dumbledore et quitta les lieux, hanté par des réflexions qu'il n'aimait guère.

Le lendemain matin, en plein cours de botanique, Harry raconta ce qu'il avait vu dans la Pensine à Ron et Hermione. Aeson n'assistait plus aux cours de botanique qu'il jugeait d'un ennui mortel. Le trio eut donc tout le temps de converser sans crainte d'être épié grâce au sortilège du Prince de Sang-Mêlé, ce que Hermione désapprouvait quand même. Malgré ces révélations, personne ne savait où Dumbledore voulait en venir avec ces leçons.

Harry y songea longuement pour se changer les idées. En effet, il avait observé le comportement de ses deux amis il ne lui faisait aucun doute que Ron et Hermione, même s'ils n'en parlaient qu'à demi mot, éprouvaient des sentiments l'un pour l'autre. Le plus aberrant était qu'ils semblaient l'ignorer. Harry décida donc de ne rien dire. Il avait bien assez de soucis.

Par exemple, il devait découvrir ce que Malefoy trafiquait en plus de garder un œil sur Aeson. Plus urgent encore, il y avait le match de quiddich qui approchait. Afin de remplacer Katie Bell, Harry avait demandé à Ron si le poste le tentait. Son meilleur ami était devenu écarlate avant de sourire bêtement. Il avait donc été décidé que Ron rejoignait le poste de poursuiveur au côté de sa sœur. Il s'avéra judicieux d'avoir choisit Ron. McLaggen ne cessait de semer la pagaille et Ron ne cessait de rattraper ses bourdes. Mieux, il avait pris confiance en lui à force de réparer les tords du gardien. Harry était on ne peut plus satisfait.

Le jour du match arriva. Au petit-déjeuner, pour la première fois depuis qu'il avait rejoint l'équipe de quiddich, Ron parvint à manger quelque chose. Pour sa part, Harry eut un peu plus de mal. C'était son premier match en tant que capitaine de l'équipe. Fébrile, il ne remarquait pas les sourires narquois des Serpentards. Il suivit ses camarades en direction du terrain où ils allèrent se changer. Une fois l'équipe prête, il y eut un silence gênant en effet, Harry se devait de faire un discours, un speech, n'importe quoi qui puisse encourager ses joueurs, et rien ne lui venait l'esprit. Il s'éclaircit la gorge.

-Bon, et bien, allons-y.

Il détala des vestiaires pour ne pas voir le sourire moqueur de Ginny. Sur le terrain, les gradins explosèrent dans une acclamation de joie et de huée. D'un côté, les gradins portaient les couleurs rouge et or, et de l'autre, les couleurs vert et argent. Au milieu, l'arbitre, Madame Bibine se tenait prête. L'équipe de Serpentard s'avança vers elle en même temps que celle de Gryffondor.

-Les capitaines, serrez-vous la main, dit l'arbitre.

Harry se vit écraser la main par Urquhart, le capitaine de Serpentard. Il tenta de comprimer sa main potelée dans la sienne avec un sourire cordial.

-Enfourchez vos balais, lança Madama Bibine. A mon coup de sifflet !

Harry entendit à peine le décompte, il venait de se rendre compte que Drago Malefoy n'était pas là. Lorsque le sifflet retentit, il partit avec quelques secondes de retard. Il se mit à la recherche du Vif d'Or, sans vraiment y mettre trop d'effort, ses pensées concentrées sur le nouveau coup de Malefoy. Pour qu'il soit absent à un match de quiddich, il se tramait quelque chose d'important et cela ne plaisait pas du tout à Harry.

-Voilà, c'est parti, et je crois que nous sommes tous très surpris de voir l'équipe de Potter encore au complète quand on sait ce qui est arrivé à son meilleur poursuiveur, Katie Bell. Certains pensent que Potter s'est débrouillé pour se débarrasser d'elle afin que son meilleur ami obtienne tout de même une place dans l'équipe. Ce serait bien stupide de la part du nouveau capitaine quand on sait à quel point Ronald Weasley est un joueur médiocre…

Harry se dévissa à moitié la tête pour voir qui était le commentateur. Il reconnut Zacharias Smith, un élève de Poufsouffle qu'il avait appris à détester l'année dernière, durant les séances de l'A.D.

-Voilà Urquhart qui fonce vers les buts et…ah, il semblerait que le nouveau gardien de Gryffondor soit trop occupé à discuter pour empêcher le Souaffle de passer. Dix points en faveur de Serpentard.

Furieux, Harry fonça vers les buts. McLaggen était en effet, en train de parler avec Ron.

-Qu'est-ce que tu fabriques ? hurla Harry. Surveille tes buts !

McLaggen haussa un sourcil et lança un sourire amusé à Harry.

-J'expliquais à Weasley comment tenir le Souaffle correctement. Ce n'est pas grave de laisser quelques points d'avance à Serpentard.

Harry se frappa le front en étouffant un juron. Ron lui adressa un regard désolé et repartit sur le terrain. Après avoir ordonné à McLaggen de rester dans ses buts, Harry repartit à la recherche du Vif d'Or.

-Voilà une nouvelle attaque de Serpentard, qui marque devant l'absence de gardien. On se demande ce qui est passé par la tête de Potter...

Fou de rage, Harry vit McLaggen au milieu du terrain de quiddich. Il avait pris le Souaffle dans les mains et sermonnait Demelza sur on ne sait quoi. Harry accéléra à fond, manquant de désarçonner son gardien et aboya :

-RETOURNE IMMEDIATEMENT A TON POSTE !

-Ah, parce que toi tu y es ?

Harry jura tout ce qui lui passait par la tête, jusqu'à ce que McLaggen retourne à sa place. Fulminant de rage, il arpentait le terrain en marmonnant des menaces sous les quolibets des Serpentard. Smiths était aux anges.

-Vraiment, on ne peut pas dire que la nouvelle équipe de Potter soit brillante. Entre son gardien invisible, ses amis proches, et ses batteurs sans muscles, il y a de quoi monter une pièce comique…

C'est à cet instant que Harry remarqua le Vif d'Or. Il jeta un coup d'œil à l'Attrapeur des Serpentard qui n'avait rien vu, trop occupé à se tordre de rire. Il mit toute la puissance de son balai à contribution, tandis que le commentateur s'en donnait à cœur joie.

-Trente points à trente. Si le gardien de Gryffondor continue ainsi, il va finir par blesser quelqu'un.

Harry ne vit rien et ne comprit rien. Quoi qu'il en soit, il reçut un violent coup qui le fit tomber de son balai. A mi-chemin, il perdit connaissance sous l'effet d'une violente douleur à sa cicatrice. Il entendit au loin un rire de dément qui le terrorisa.


Lorsqu'il rouvrit les yeux, il était allongé dans un lit. Sa tête le lançait énormément mais les chuchotements incessants n'y étaient pour rien. Il tourna la tête pour apercevoir des visions floues. Ah oui, sans ses lunettes, ce n'était pas terrible…

-Harry ! Tu es réveillé ?

Quelqu'un lui tendit ses lunettes et il en fut reconnaissant. Il vit alors Hermione, Ron, Ginny, ainsi que Hagrid, McGonagall, et à son grand dégoût, Rogue. Il ne put retenir une grimace qu'il dissimula en se frottant la tête.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-il.

-Tu es tombé, répondit Ron. Cet abrutit de McLaggen t'a envoyé un Cognard avec la batte de Peakes.

-Poussez-vous ! claironna une vieille sorcière habillée de blanc.

Il s'agissait de l'infirmière de l'école, Madame Pomfresh, qui arrivait avec un plateau de potion fumante. Les élèves reculèrent bien volontiers devant l'autorité de cette sorcière au caractère bien trempé.

-Vous allez me boire ces deux verres, dit-elle à Harry. Sans discuter ! ajouta-t-elle alors qu'Harry se redressait. Je vous garde pour la nuit, Potter.

Elle trottina jusqu'aux professeurs qui reprirent leurs chuchotements. Soulevant l'un des verres, Harry se pinça le nez devant l'odeur infect. Le reposant sur la table, il se tourna vers ses amis qu'il trouvait un peu pâle.

-On a perdu de combien ?

-Tu veux vraiment le savoir ?

-Combien ? insista Harry d'une voix autoritaire.

-Le match a continué après ta chute, soupira Ginny. Harper a attrapé le Vif D'Or. On a perdu avec le score de 40 points contre 240.

Un lourd silence frappa le groupe, uniquement brisé par les acclamations des professeurs et la grosse voix de Hagrid. Harry repoussa ses draps pour se relever mais Ron et Hermione le pressèrent de se recoucher, l'air inquiets.

-Laissez-moi ! s'écria-t-il. Je vais aller faire avaler son balai à McLaggen !

-Je pense que vous avez assez fait de bêtise pour aujourd'hui, Potter, intervint McGonagall.

Les professeurs avaient fini de discuter. Ils étaient tout les trois en train de dévisager Harry. Madame Pomfresh s'éloigna lentement jusqu'à son bureau. McGonagall s'approcha du lit, suivie de Hagrid qui triturait son chapeau d'hermine.

-Le pauvre McLaggen a déjà bien assez payé le prix de cette défaite, déclara la directrice de Gryffondor.

-Quoi ? s'écria Harry, toujours aussi furieux. Quelqu'un lui a mis un coup de batte dans la figure j'espère ?

-Vous avez lancé un sort très intéressant, susurra Rogue. Vous ne vous en rappelez pas ? Comment étais-ce ? Ah oui… « Lacerotelva »…

-J'ai lancé un sort ?

Abasourdi, Harry dévisageait tour à tour ses amis et ses professeurs. Sa tête lui faisait de plus en plus mal.

-Ne jouez pas la comédie avec moi, Potter, répliqua Rogue d'une voix cassante. Je sais toujours lorsque vous avez trempé dans une affaire louche.

-La question n'est pas là, Severus ! lança McGonagall. Potter, où avez-vous appris ce sortilège ?

-Professeur, je vous assure que je ne sais pas de quoi vous parlez…, tenta Harry.

-Baliverne ! s'écria Rogue. Nous devrions demandez au directeur ce qu'il en pense !

-Le directeur n'est pas là, grogna Hagrid. C'est donc à la sous-directrice de s'en charger.

McGonagall adressa un regard reconnaissant à Hagrid qui ne plut guère à Rogue. Ron, Hermione et Ginny se faufilaient lentement vers la sortie en faisant des signes d'excuse à Harry. A leur place, il en aurait fait autant. D'ailleurs, l'idée de se retrouver aux prises avec McGonagall et Rogue était peu plaisante.

-Ecoutez, Potter, vous ne vous rappelez vraiment pas avoir lancé un sort ? demanda McGonagall d'une voix impérieuse.

-Pas du tout, répondit Harry le plus honnêtement du monde. Je me souviens avoir vu le Vif d'Or, puis c'est le noir complet.

Il ne leur parla pas du rire qu'il avait entendu. Autrefois, il avait déjà entendu les cris de sa mère et de son père face aux Détraqueurs. Il ne savait pas encore pourquoi ces diverses choses lui arrivait, mais il finirait par comprendre un jour ou l'autre. En attendant, inutile de passer pour un fou.

-Vous voyez bien ! rugit Hagrid. Il n'était pas dans son état normal ! C'est comme la petite Bell ! Il a certainement été ensorcelé !

-Je n'en crois pas un mot, siffla Rogue dont les yeux lançaient des éclairs.

-C'est pourtant plus que probant, et nous n'avons pas de preuve. Potter est un élève de ma maison, je prendrais donc soin de le punir si je le juge nécessaire

C'était un renvoi quelque peu disgracieux pour Rogue. Il lança un dernier regard haineux vers Harry avant de faire virevolter ses robes et de s'en aller en claquant la porte. Il aboya des ordres dans le couloir à l'encontre de malheureux élèves.

McGonagall se tourna ensuite vers Harry, l'air grave.

-Ecoutez, Potter, je veux bien vous croire, mais il faut que vous sachiez que le sortilège que vous avez employé est de la magie noire. McLaggen a été soigné, bien entendu, ce qui n'excuse en rien l'emploi de ce maléfice, suis-je clair ?

-Oui, professeur, s'empressa de dire Harry, toujours bouleversé.

-Très bien, car je ne veux plus jamais vous voir utilisé de telle magie, que vous en soyez conscient ou non.

Sur ces mots, elle salua brièvement Hagrid et quitta l'infirmerie à son tour. Seul Hagrid restait, visiblement embarrassé par sa taille dans une si petite pièce. Harry regarda son plateau et avala enfin l'une des potions à l'odeur et au goût atroce.

-C'est pas bon dans la bouche, mais ça fait du bien, hein ? dit Hagrid d'une voix troublée.

-Qu'est-ce que j'ai fait ? demanda Harry. Je vous jure que je ne me rappelle de rien.

-Oh, je te crois Harry ! lança vivement Hagrid. Je te connais depuis tout petit, je sais bien que tu n'utiliserais jamais un tel sort. C'est juste que c'était vraiment bizarre ce qu'il s'est passé là-bas. Tu es tombé, puis d'un seul coup, tu t'es redressé dans ta chute et tu riais. Après, tu as parlé mais personne n'a compris ce que tu disais. Pour finir, tu as lancé le maléfice à ce gros gardien. C'est Madame Bibine qui t'a stoppée par un sort de désarmement. Après elle l'a regretté parce que tu es tombé comme une masse au sol.

-J'ai… J'ai vraiment fait tout ça… ?

Hagrid regardait ses pieds en tripotant nerveusement son chapeau sale. Harry se rappelait soudain avoir sentit sa cicatrice le brûler un peu avant sa chute. Une idée noire, terriblement angoissante lui donna envie de vomir. Etait-il possible que Voldemort tente à nouveau de prendre possession de lui ? L'année dernière déjà, il avait essayé. Pourtant, Dumbledore lui avait assuré que Voldemort ne tenterait plus l'expérience à cause de l'amour qui résidait dans le cœur de Harry. Légèrement réconforté par cette idée, Harry avala sa seconde potion. Elle était tout aussi mauvaise que la première.

-T'inquiètes pas, Harry, dit Hagrid. Ron et Hermione savent aussi que t'es pas quelqu'un comme ça.

-Quelqu'un comme ça ? demanda Harry avec soupçon.

-Tu sais, le maléfice de lacération est souvent utilisé par les mages noirs. Mais t'as pas à t'en faire ! Moi je sais que t'es quelqu'un de bien, comme tes amis ! Dumbledore te croira aussi !

-Je l'espère…, murmura Harry.

Il tira ses couvertures vers lui. Quelque part, au fond de son âme, une parcelle tressaillit, fumée invisible s'étirant dans l'ombre. Harry se demandait s'il devait aussi craindre que Voldemort ne vole son âme.


To be continued in « Secrets »…