Hellow ! Comment allez-vous aujourd'hui ? Cette fois ci le chapitre est un peu plus long, d'où le retard (non non ce n'est pas une excuse xD). En espérant qu'il vous plaira ~


Chapitre 5 : Doutes


- Atsushi ? Quel est la suite du programme ? demanda impérieusement Akashi Seijuro à son garde du corps assis à côté de lui dans la prestigieuse limousine.

- Hm ? Euh… surement une réunion pour…

- Ça, nous venons de le faire.

- Ah. Ben je ne sais pas.

Le jeune PDG soupira et ouvrit la vitre qui les séparait de son chauffeur.

- Kobayashi-kun, ai-je d'autres rendez vous de prévus ?

- Non monsieur, vous en avez fini pour aujourd'hui, lui répondit le vieil homme qui le servait depuis sa naissance. Mais je vous conseille de vous coucher tôt ce soir, vous rencontrez le président de la compagnie CASIO de bonne heure demain matin.

- Je vois. Je vous remercie.

Il rabaissa la vitre et tira jusqu'à l'enlever la cravate qui lui enserrait le cou en laissant échapper un soupire de bien être. Porter cette chose à longueur de journée lui était insupportable. Murasakibara le regarda tout en continuant de mâcher ses chips, ce que remarqua tout de suite l'homme aux yeux vairons.

- Un problème Atsushi ?

- J'ai envie de te manger.

Le rouge laissa échapper un bref rire.

- Oh ? N'est ce pas un peu déplacé de parler de ça ici ?

- Quand je le vois se relâcher devant moi, moi et moi seul, ça me rappelle que je suis spécial aux yeux d'Aka-chin. Et j'aime ça, avoua le géant en rapprochant son grand corps du plus petit.

Ce dernier leva le bras pour le repousser.

- Pas ici.

- Mais…

- Quand nous serons rentré, monte te changer et attend moi dans ma chambre. Je n'aurais que quelques dossiers à remplir et je t'y rejoindrais.

- Promis ?

- Promis, lui assura le rouge.

Murasakibara replongea dans la dégustation de ses chips, ravi, pendant qu'Akashi se mit à regarder le paysage par sa vitre teintée. Il savait trouver les arguments nécessaires pour convaincre son grand bébé. Car il savait tout sur lui, ainsi que sur tous ses pions. Il était tel un empereur, qui connaissait tout, qui voyait tout. Contrôlait tout.

Quelque chose attira l'attention de son œil si affuté. Des cris, des corps en pleine action. Il tourna la tête vers l'origine de toute cette agitation. Un terrain de basket. Qui pouvait bien jouer à cette heure ci ? La nuit allait bientôt tomber.

Et il les vit. Ryota, et la cible qu'il était chargé d'assassiner. Aomine Daiki. Il ne les regarda que le temps de quelques secondes, mais il avait pu analyser le moindre de leurs mouvements, chaque détail de leur visage concentré et le sérieux dans leurs regards, comme s'ils jouaient un véritable match. Malgré tout ils semblaient bien s'amuser. Le plus surprenant était sans nul doute Ryota. Depuis combien de temps n'avait-il pas vu briller cette étincelle dans ses yeux ?

- Cha va Aka-chin ? demanda le mauve alors que l'interpellé se désintéressait de la fenêtre.

- Très bien. Je me disais juste que nous devrions emprunter ce chemin plus souvent.

- Ah ?

- Oui. On pourrait y découvrir des choses… très intéressantes.

Akashi jeta un coup d'œil désapprobateur aux genoux pleins de miettes de son garde.

- J'espère bien recevoir un meilleur traitement que ses pauvres chips.

.

En effet sur le terrain, Kise n'en menait pas large. La sueur coulait le long de son cou et son souffle se faisait court. Ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas dépenser ainsi. Il était déjà épuiser, et pourtant il ne pouvait pas se défaire de son sourire. Depuis toujours, il se considérait comme invincible : que ce soit en sport où dans les études. Tout ça grâce à sa superbe technique de copiage. Tout était trop facile et il n'y avait personne pour le surpasser. Mais là, … Quelqu'un venait de faire s'effondrer le mythe.

Aomine avait le même sourire. Il ne comptait plus les mois d'abstinence, trop occupé par son travail ou saisit par l'ennui. Tout ce temps sans avoir joué au basket, ce sport qu'il idolâtrait depuis qu'il était gosse. Ça faisait longtemps aussi qu'il n'avait pas affronté d'adversaire à sa taille, et ça lui plaisait bien. Le blondinet était doué, aucun doute là-dessus. Il fit rebondir une nouvelle fois le ballon contre le sol et, provocateur, s'adressa à son amie d'enfance sans quitter Kise des yeux.

- Satsu ! Tu peux nous rappeler le score ?

- Euh… cinq victoires pour Dai-chan et zéro pour Kise-kun…

- Exact. Je te propose un marché, lança t-il cette fois pour le blond : si je réussi à marquer cinq autres paniers, je gagne, et tu me devras un gage. Réussi à marquer une seule fois et c'est moi qui te devrais un gage.

- Serais-je sous-estimé ?

- Au contraire, je t'honore.

- Vous me paraissez bien sûr de vous. Ça m'énerve ! lui asséna l'ex mannequin en fondant sur lui tel un rapace.

Un gage à Aomine ? Il ne pouvait pas laisser passer ça ! Kise lui piqua la balle - trop facilement – et se dirigea vers le panier à une vitesse digne d'un professionnel. Il bondit avec force pour marquer un dunk, comme il avait vu Aomine le faire plus tôt. Il entendit une exclamation admirative de Momoi et intérieurement espérait avoir impressionné le bleu avec sa technique spéciale. Plus que quelques centimètres avant d'atteindre la cible… plus que deux…

Le basané lui stoppa alors tout mouvement. D'un coup vif sa main arrêta le ballon et l'emporta aussitôt. C'était complètement fou ; Kise ne l'avait même pas vu arriver ! Il eut à peine le réflexe de se retourner qu'Aomine était déjà à l'autre bout du terrain, et marquait son propre dunk. Sa façon de se mouvoir rappelait à Kise l'image d'une panthère, forte et sauvage. Le jeu du bleuté était similaire, et Kise ne pouvait que s'incliner devant sa puissance. Il se faisait battre à plate couture. Cependant…

- Encore ne fois !

… Il n'avait pas dit son dernier mot !

Momoi regardait les garçons depuis le banc de touche. Elle soupira un moment, puis sourit. Elle avait l'impression d'être revenu des années en arrière, quand elle était encore la manager de l'équipe de basket de son lycée. Si Aomine commençait à entrainer Kise dans ce monde là, elle le perdrait à coup sur ! N'importe qui après avoir affronté son ami d'enfance ne pouvait rester indifférent à une défaite contre lui. Et vu comment le blond en redemandait…

- J'ai pas dit mon dernier mot ! Encore !

C'était fou quand même, se disait-elle en observant Kise courir après le policier, comment pouvait-il copier aussi vite ses mouvements ? Sa technique était incroyable. Il arrivait à tenir tête au talentueux Daiki, l'ancien As, dans un un-contre-un. Peu de gens pouvaient se vanter d'un tel exploit…

- J'ai gagné, dit finalement Aomine après avoir rentré le dixième panier.

- … Et merde !

Kise rageait. Il se laissa tomber contre le sol et tapa du poing sur la surface plate. Il n'était pas vraiment en colère. Juste, il n'arrivait pas à se faire à ce sentiment de défaite, encore nouveau pour lui. A présent il devait un gage à son ennemi. Sadique comme il l'était, il serait bien capable de lui faire faire les pires horreurs.

Une main se tendit vers lui. Il avait l'impression de la voir tout le temps. Tenant un journal pour cacher sa tête derrière, bâillonnant sa bouche dans une cabine d'essayage pour l'empêcher de le dénoncer, ébouriffant ses cheveux, ne faisant qu'un avec le ballon. Le jeune homme l'accepta, et elle l'aida à se relever. Cette paume était chaude, un peu rugueuse, et… rassurante quelque part. Kise ne voulait plus faire semblant de détester son propriétaire. Ou du moins, il ne pouvait plus. Pas après cette toute première défaite. C'était un raisonnement étrange que lui-même ne pouvait expliquer. L'agacement que lui faisait ressentir Aomine était toujours présent, sans nul doute, mais accompagné de quelque chose de plus fort. Du respect.

- Merci Aominecchi !

La surprise du bleu était lisible dans son regard. Mais il ne dit rien.

Kise attrapa avec reconnaissance la serviette que lui donna Momoi. Comment avait elle réussi à la ranger dans son petit sac à main, il se le demandait encore. Les filles et leurs affaires sont un mystère que personne ne peut résoudre. Elle ordonna à Aomine d'aller leur acheter des boissons fraiches, vu que c'était lui qui les avait entrainés sur ce terrain alors qu'ils étaient déjà fatigués de leur long après midi. Il s'exécuta en ronchonnant, et le blond se dit qu'il appréciait de plus en plus la jeune femme.

- J'en peux plus ! lâcha t-il en s'écroulant sur le banc à côté de la rose.

- Haha, ce n'est pas étonnant. Tu as affronté Dai-chan après tout.

- Il a toujours été aussi fort ?

- Si je te disais qu'il s'est un peu ramolli avec le temps, ça ne te réconforterais pas je pense.

Comme Kise restait muet, Momoi se tourna vers lui, pensant l'avoir vexé. Ce qu'elle vit l'étonna. Le garçon avait des étoiles plein les yeux. Voilà, se dit-elle avec amusement, elle l'avait définitivement perdu.

- Dai-chan ne serait jamais contre un second un contre un, l'informa t-elle d'un ton doux. Si tu veux ta revanche, demande-la-lui quand tu veux. Surtout que ton niveau a l'air de lui avoir plu.

- C'était ça son test ?

- On dirait bien.

La rose leva ses yeux vers le ciel, songeuse.

- Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vu comme ça. Il a tellement changé dernièrement, je ne pensais pas le revoir ainsi un jour…

- Qu'est ce que tu veux dire ?

- Il n'a pas été aussi enthousiaste depuis… oh, je ne compte plus. Mais je ne parle pas que du basket. Le Aomine d'aujourd'hui était différent. Il y a un mois encore, il aurait préféré se jeter d'une falaise plutôt que de perdre son temps à me suivre avec un garçon.

- Tu savais alors ! Qu'il…

- Nous avait suivis ? Bien sur. Mais j'étais tellement heureuse de le voir que j'ai fait semblant de ne pas comprendre.

Elle sourit en se tournant vers Kise.

- J'ai l'impression qu'il est plus lui-même avec toi. Il avait l'air de vraiment s'amuser cet après midi ! Ça m'a fait tellement plaisir…

Le blond gonfla ses joues, pas convaincu :

- Si s'amuser signifie se moquer de moi…

- C'est parce qu'il t'aime bien. Crois-moi. Je ne l'ai jamais vu s'intéresser autant à quelqu'un. Il m'a même demandé tout à l'heure de lui prêter mes anciens magazines de mode la prochaine fois que je passerai chez lui. Je parie mon poste qu'il ne cherche que des articles sur toi !

Kise ne put s'empêcher de balbutier :

- Qu-Qu'est ce que tu raconte ? Il se méfie de moi, c'est tout ! Il a peur que j'ai de mauvaises intentions envers toi.

- C'est le roi de la mauvaise foi. Mais je ne suis pas dupe !

- Pourquoi tu me dis tout ça ? Ce n'est pas comme si j'étais concerné.

Le jeune homme rigola nerveusement.

- Vraiment ? Qu'est ce que tu pense de Dai-chan, Kise-kun ?

- Que…

- Tu es tout rouge ! pouffa t-elle.

- Momoicchi !

Lorsqu'Aomine revint avec des bouteilles d'eau, il découvrit son amie d'enfance visiblement très fière d'elle-même pendant que l'autre idiot blond se cachait le visage dans sa serviette. Il fronça les sourcils, mais ne fit pas de remarque. Il préférait ne pas savoir ce qui se disait comme bêtises entre eux deux.

Kise n'avait rien avoué à la rose. Il n'y avait rien à avouer de toute manière ! Mais elle l'avait déstabilisé avec ses sous-entendus. Il le trouvait attirant, pas de quoi en faire tout un plat ! Midorima disait inlassablement qu'il était trop jeune pour être tueur à gages car il se laissait encore trop facilement dominer par ses émotions. Malheureusement, il n'avait que vingt et un ans et ne pouvait pas contrôler l'intégralité de son corps. Surtout ses joues. Il les haïssait !

Momoi, elle, prit joyeusement la bouteille que lui tendait le bleu tout en ignorant son regard interrogateur. Elle l'observa tirer sur la serviette du blond qui refusait de lâcher prise, pour ensuite l'asperger d'eau, ce qui sortit aussitôt Kise de sa transe. Ils se disputèrent, encore. Elle n'était pas exaspérée non, juste attendrie. Son instinct féminin ne la trompait pas. Il y avait bien quelque chose entre ses deux là.


- Allez arrête de bouder ! Combien de fois vais-je devoir te dire que je suis désolé ?

- Hm…

- Je viendrais t'écouter d'accord ? Et j'amènerais trois autres spectateurs avec moi. Tu vas tellement les bluffer avec ta voix que crois-moi, tous les policiers, profs et infirmiers de Tokyo sauront que Takao Kazunari existe et se bousculeront pour aller le voir.

- J'en conclus que tu vas ramener ta cible et ses copains ?

- Moui… Si ça ne te dérange pas bien sur, je ne leur ai pas encore proposé.

- Mmh… Tous les profs, policiers et infirmiers hein ? Ça ne me dérangerait pas. Surtout qu'on dit les policiers biens musclés et les infirmières super canons !

- J'espère que Midorimacchi ne t'entend pas…

- Héhé, j'espère aussi !

Kise écoutait son meilleur ami fantasmer sur sa future carrière en tant que star par haut parleur, tout en faisant la vaisselle. Il avait du s'excuser une bonne dizaine de fois auprès de lui car il avait oublié de répondre à son SMS le jour précédent, trop occupé par sa sortie shopping avec Momoi et l'apparition surprise d'Aomine. Il avait pensé à son invitation d'aller le voir chanter, et pourquoi ne pas y emmener ses nouvelles connaissances ? Takao avait beaucoup de talent et c'était toujours agréable de l'écouter. Bien sur ils avaient besoin de l'autorisation d'Akashi, car le brun était un gaffeur et ce ne serait pas très prudent de lui faire rencontrer l'homme que Kise devait abattre. Mais ils sauraient trouver les arguments pour le convaincre…

- D'ailleurs, Midorimacchi sera là ?

- Je ne crois pas… C'est la folie à son hôpital en ce moment, il est en charge de pleins d'opérations. C'est à peine s'il a le temps de manger où de dormir. Pourtant je fais ce que je peux pour qu'il se détende un peu…

- Te connaissant, je n'en doute pas.

- Oh, en parlant du loup.

Kise entendit un claquement de porte à l'autre bout du fil et la voix enjouée du brun qui souhaitait un bon retour à son compagnon. Ce dernier lui répondit d'une voix sèche, comme à son habitude, et Kise perçut quelques brides de leur conversation avant que Takao ne l'appelle :

- Ryo ?

- Hm ?

- Shin-chan veux te parler.

Kise n'eut pas le temps de dire « Ok » que le médecin avait déjà pris le téléphone.

- Salut Midorimacchi ! Alors tu t'inquiète tellement pour moi que tu veux être sur d'entendre ma…

- Kise, l'interrompit-il froidement, je viens de parler avec Akashi. Il aimerait que tu t'occupe de quelque chose pour lui. Sans aucun rapport avec la mission en cours, bien entendu.

- Je vois, dit le blond, soudain beaucoup plus sérieux. De quoi s'agit-il ?

- Un de nos associé nous a trahit. Il faisait parti de nos meilleurs comptables et Akashi lui même lui faisait confiance. Seulement il se trouve qu'il travaillait pour le compte d'une entreprise concurrente, et que cette même entreprise cherche à discréditer la nôtre depuis des années.

- Résultat : Akashi est furieux et veux que Ryo aille le tuer, c'est ça ? résuma Takao qui avait dû collé son oreille au téléphone pour écouter la conversation.

- C'est plus compliqué que ça.

- Quel est son nom ?

- Reo Mibuchi.

- Le gars qui ressemble à une poupée géante ? s'exclama le brun.

- Takao…

- Ben quoi ? Avoue que ses yeux étaient hors-normes…

Kise réfléchissait. Cet homme était venu au manoir une fois, invité par l'héritier en personne pour parler affaires. D'une taille égalant celle de Murasakibara, cheveux mi-longs, noirs, et de grands yeux aux longs cils. Ce qui les avait fait rire, Takao et lui, tant on aurait dit ceux d'une poupée.

- Kise ? l'interpela le vert. Nous avons pour principe d'apprendre à connaitre les gens avant de les exécuter mais nous n'avons pas le temps pour ça. Reo pourrait nous dénoncer n'importe quand. Toi, moi, Takao, nous sommes tous en danger. Alors…

- Je comprends. Il en va de notre sécurité à tous, pas vrai ? Je ferais le nécessaire.

- Merci. Je sais qu'on t'en demande beaucoup. Au nom de nous tous, je m'en excuse.

Si la situation n'avait pas été aussi grave, Kise aurait été étonné. Des remerciements et des excuses dans la bouche de Midorima dans la même minute, ça tenait du miracle. Le blond sourit.

- T'inquiète pas pour ça, c'est mon boulot. Bon. Où est ce qu'il se trouve cet enfoiré ?

.

22 heures, quarante cinq minutes plus tard

Son pistolet était chargé. Tapi dans une ruelle sombre, dont la seule lueur était la maigre étincelle d'un réverbère, Kise guettait. Le traitre était dans l'immeuble crasseux à quelques pas de lui s'il en croyait le système de traçage de téléphone qu'avait utilisé Midorima. Reo ne savait pas qu'il avait été démasqué. Pas encore. Le blondin se ferait un plaisir de l'informer que son petit jeu était terminé.

Il dû attendre encore quelques temps avant que l'homme sorte enfin de sa cachette. Il apparut d'abord comme une grande silhouette sombre, qui regardait souvent de gauche à droite comme pour s'assurer qu'il n'était pas suivit. Il passa sous le lampadaire et Kise put enfin le reconnaitre. Dans un costume noir, de grands yeux cyans. Aucun doute, c'était bien sa cible.

Le jeune tueur sortit de sa cachette, tout sourire, son petit calibre attaché en évidence à sa ceinture. Reo sursauta en l'apercevant, et s'immobilisa.

- Tiens… Kise, c'est ça ? Qu'est ce que vous faites ici ?

- Je pourrais vous retourner la question. Une personne aussi distinguée que vous ne devrais pas trainer dans ce genre de quartier mal famé.

- On trouve du travail partout.

- Du travail, hm ?

Il pointa sans plus attendre son pistolet sur l'autre, visant la tête. Un des points vitaux du corps, causant une mort quasi-immédiate. Un seul tir suffirait.

- Le genre de travail qui vous permet de vous remplir les poches en livrant vos associés sur un plateau ?

Il s'avança d'un pas pendant que son homologue reculait d'un autre. Ce dernier comprit que son jeu d'acteur ne lui servirait plus à rien et esquissa un mouvement de combat pour faire lâcher son arme au blond. Seulement ce dernier avait sentit le coup venir. Akashi ne l'avait pas choisit pour rien après tout. Il appuya sur la détente. La balle partit se loger entre les deux yeux et traversa la tête. Reo Mibuchi tomba en arrière, mort avant même d'avoir touché le sol.

L'éclair qui avait traversé les pupilles ambrées disparut. Kise rangea calmement son pistolet et se détourna du cadavre. « Pour notre bien à tous », se dit-il en abandonnant là l'homme. Ils ne courraient plus aucun danger. Il avait sauvé sa famille. Il alluma son téléphone.

- Allô, Midorimacchi ? C'est terminé.


De : Kise Ryota

A : Kurokocchi / Momoicchi / Aominecchi

Salut salut ! Un ami à moi va bientôt chanter pour l'ouverture d'un pub pas loin d'ici et je me demandais si vous ne vouliez pas venir avec moi ? Il chante super bien et l'endroit a l'air sympa ! On passera une soirée chouette (^▽^)

Votre cher et bien aimé Kise

Momoi lui avait répondu presque immédiatement. Son message débordait d'excitation, tout comme celui du blond :

Coucou Kise-kun ! Vendredi prochain c'est parfait ! Et puis, en tant que fan de musique je ne pouvais pas dire non. Est-ce que ton ami est aussi mignon que toi ? Sa m'intéresse -w-

Compte sur moi pour venir !

Kuroko s'était manifesté quelques heures plus tard. Et encore, Kise avait faillit ne pas remarquer son SMS, aussi court que bref. Même virtuellement il était invisible !

Je pense que je suis libre vendredi prochain.

Aomine, lui, ne lui avait tout simplement pas répondu. Kise se dit qu'il devait être trop occupé par son travail, qu'il n'avait pas vu où n'avait pas eu le temps de répondre à son message. Mais vint le soir. La voiture du bleu était garée dans l'allée, les lumières de sa maison allumés. Il était chez lui, sans aucun doute. Le blond devait se rendre à l'évidence, il s'était pris un vent.

Très mature, il sortit de chez lui presque en courant pour se poster devant la porte de son chez voisin. Il tambourina dessus plusieurs fois avant que le bleu daigne lui ouvrir. Kise s'apprêta à se plaindre à grands cris pour l'avoir ignorer, mais la mine sombre de son homologue l'arrêta dans son élan. Il semblait plus énerver que d'habitude, et pas du tout disposé à faire la causette avec lui. Déjà que c'était difficile de lui parler en temps normal…

- Quoi ? dit sèchement Aomine.

- … Finalement, rien. Désoler de t'avoir déranger.

- Tu te fous de moi là ?

Le basané soupira.

- Dépêche-toi de rentrer et d'me dire ce que tu veux. J'aime pas être dans le doute.

- Ce n'est pas très important…

- Eh ben. Y'a que toi pour venir déranger les gens à pas d'heure pour des trucs « pas très importants ».

Le blondin ne répondit pas à sa remarque et se laissa entrainer dans le salon, encore plus en pagaille que la dernière fois où il y était entré. Un dossier était ouvert sur la table basse, que le policier s'empressa de fermer avant de tendre une bouteille à l'ex-mannequin.

- Je ne bois pas.

- Comme tu veux, répliqua t-il en avalant une gorgée de son alcool.

Ils restèrent un instant silencieux.

- Alors, pourquoi tu voulais me voir ? Je doute que ce soit parce que tu ne pouvais plus te passer de moi. Bien que je comprendrais si c'était le cas.

- Je vous ai envoyé un message à Kurokocchi, Momoicchi et toi ce matin, et j'attends toujours une réponse de ta part, l'informa le blond en ignorant son ton vantard. Comme je commence à connaitre ton enthousiasme à me répondre…

Le plus grand eut un rictus amusé presque malgré lui en voyant son air accusateur. Depuis qu'il avait accepté de donner son numéro à ce gosse, ce dernier lui envoyait régulièrement des messages qu'il avait pris l'habitude d'ignorer. Ça ne semblait pas vexer le blond plus que ça, et si ça le faisait venir jusqu'à chez lui… alors raison de plus pour faire la grève du téléphone.

- Hum, vraiment ? Faut que je vérifie…

- Allez, je sais que tu as vu mon SMS, soupira Kise. Dis moi juste si tu compte venir ou pas.

- J'ai un dossier en cours qui me fait faire des heures sup'. Ça ne va pas être possible.

- Oh allez ! Tu as largement le temps de finir d'ici vendredi prochain ! S'il te plait, supplia Kise en prenant un air de chien battu.

- C'est pas en me faisant les yeux doux que tu arriveras à tes fins, gamin.

- Et ce n'est pas en me sortant des excuses bidon que tu arriveras à me faire abandonner, répliqua Kise. Puis je croyais t'avoir déjà demandé de ne pas m'appeler gamin !

Le bleuté avança sa main vers lui, mettant tous les sens de Kise en alerte. Mais elle ne fit que passer une balayette dans ses cheveux d'or.

- C'est vraiment pas possible d'avoir des tifs comme ça pour un mec.

- Hé !

- Pff… je vais voir ce que je peux faire pour vendredi. Tu me lâcheras pas sinon, hein ?

- C'est… c'est vrai ? Cool ! s'exclama Kise, des étoiles pleins les yeux.

Il paraissait si innocent, si naïf, se dit Aomine en l'observant prédire la soirée future avec de grands gestes. Tout ce qu'il détestait en fait. Les personnes comme ça, il ne souhaitait que les secouer un peu, qu'ils comprennent que la vie n'était pas si rose et qu'ils prennent conscience de la merde qu'était la réalité. Mais Kise, ce Kise, n'était pas comme ses personnes simples d'esprit. Il émanait de lui cette aura… Celle qui lui disait qu'il se ferait mordre s'il l'approchait d'un peu trop près. On pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert, et pourtant il semblait cacher des choses. Ce garçon réunissait tout un tas de contradictions à lui tout seul. Mais c'est ce qui le rendait si spécial.

Et voilà qu'il se remettait à sourire comme un idiot. Aomine détourna le regard de la frimousse bien trop adorable pour son propre bien de Kise. C'était mauvais. A ce rythme, il allait bientôt craquer.

- Au fait Aominecchi, quelque chose est arrivé ses derniers jours ? Tu avais l'air préoccupé.

Et perspicace pour ne rien arranger. Encore un truc qu'il ne supportait pas.

- Tes questions me donnent mal au crâne. Je vais te demander gentiment de rentrer chez toi maintenant.

- Hein ? Mais ! C'est quoi cette méthode pour changer de sujet ?

- Tu préfères que je te dégage à coups de pieds aux fesses ?

- Non ! Pas avant que tu m'ais répondu ! geignit le blond en s'accrochant au canapé comme si sa vie en dépendait.

- Tu me fatigues…

Le plus grand se frappa le front contre la paume de sa main, n'arrivant pas à croire qu'il cédait si facilement à toutes les demandes du blond.

- Un gars de mon bureau s'est fait descendre. Son corps a été trouvé il y a quelques jours par sa femme. Il semblerait qu'il soit allé la voir et qu'en sortant de son appart' on lui ait tiré dessus. Il bossait sur une affaire top secrète depuis plusieurs mois apparemment et il devait revenir au poste faire un compte rendu à notre chef.

L'expression d'Aomine s'assombrit.

- C'est pas la première fois qu'un truc pareil arrive mais… je sais pas. Quand c'est quelqu'un qu'on connaissait, même pas très bien, ça fous encore plus les boules.

- J'imagine…, dit prudemment Kise, tentant au maximum d'avoir l'air compatissant.

- Sa femme attendait un gosse. Maintenant il va devoir grandir sans son père.

- Aominecchi… Tu veux que j'aille te chercher un verre d'eau ? Tu es tout pâle.

- C'est bon, je suis pas en sucre non plus, s'énerva t-il aussitôt. C'est juste que…'tain.

Kise lui tapota maladroitement le dos, mal à l'aise. Le voir perdre ainsi son sang froid lui faisait tout drôle. Le bleu consentit à le laisser faire un moment, mais refusa catégoriquement qu'il lui apporte de l'eau, se levant de lui-même pour aller boire. Kise le suivit en trottinant jusqu'à la cuisine. Sur l'évier, une bouteille de rhum était ouverte, et vide aux trois quarts. Le blond comprit pourquoi le métis se laissait plus aller que d'habitude aujourd'hui. Alors comme ça il était sensible à l'alcool ? Intéressant à savoir.

- Ça va mieux ?

- Pour qui tu me prends ? grogna t-il.

- Pour quelqu'un de déprimé qui se saoule pour oublier qu'il ne va pas bien.

Aomine ouvrit la bouche pour sortir une nouvelle réplique violente mais Kise le stoppa net.

- Si ce n'était qu'un collègue, pourquoi ça a l'air de te tracasser autant ?

- Mêle-toi de tes oignons ! Je t'en pose moi des questions ?

- … Très bien, lâcha le blond.

Il s'apprêta à sortir de la pièce, vexé, quand la voix de l'autre homme le retint :

- Ok, ok. Mon père a été tué quand j'avais quatre ans. J'ai dû grandir sans lui, et on a traversé pas mal d'épreuves ma mère et moi.

Kise se retourna lentement, le regard indéchiffrable. Le bleuté continua :

- Et si tu veux tout savoir, j'ai perdu mon coéquipier pendant une mission il y a un an. T'es content, c'est bon ?

- Je…

- Et pas la peine de jouer les psy'. J'ai pas de traumatisme où quoi que ce soit, et cette histoire n'est pas le reflet de ma propre vie.

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire…

- Tant mieux. Parce que ce sont des conneries. Cette affaire me fous en rogne, c'est tout.

Ils se regardèrent l'un l'autre.

- A quoi ça t'avance tout ça ?

- Comment ça ?

- De vouloir connaitre ma vie, ou de passer des soirées avec moi. Qu'est ce que ça peut bien t'apporter ?

Kise resta un instant immobile, puis sourit. Autant être franc non ? De toute façon, ce type n'était pas dupe aux mensonges, même venant de lui.

- Peut être parce que je m'intéresse à toi.

Aomine le fixa, plus profondément qu'il ne l'avait encore jamais fait. Kise se rendit compte de toute l'étendue de sa phrase et rougit violemment.

- Je… je peux utiliser tes toilettes ?

Il hocha la tête et le blond sentit son regard fixer son dos jusqu'à ce qu'il disparaisse de son champs de vision. Une fois entré dans la petite pièce, il verrouilla la porte et se prostra contre le lavabo. Ce n'était pas possible…Il ne se comprenait plus ! Où était passé son self contrôle, sa si grande confiance en soi? Il avait dû séduire de nombreuses personnes pour arriver à ses fins, et généralement il n'avait pas à faire beaucoup d'efforts pour y parvenir. Non seulement le bleu semblait indifférent à tout ce qui le concernait, mais en plus il lui faisait perdre son sang froid. Pourquoi ne pas lui dire tout de suite qu'il était un assassin qui cherchait à le tuer pendant qu'il y était ?

Aomine l'attendait à l'entrée, les bras croisés. Il ne semblait pas vouloir reparler de ce qui venait de se passer. Tant mieux. Il restait un point à éclaircir cependant.

- Au fait Aominecchi… Quel était le nom de ton collègue ?

L'agent haussa un sourcil, mais ne demanda pas au blond pourquoi il tenait à le savoir. Il commençait à avoir l'habitude de ces questions bizarres.

- Mibuchi. Reo Mibuchi.

Kise vit ses craintes se confirmer. Il n'en laissa rien paraitre et sourit une dernière fois au bleu avant de partir. Si ce dernier avait été totalement sobre, il aurait remarqué son visage crispé. Il se contenta de bailler longuement et de se diriger vers sa chambre. Un peu de sommeil ne lui ferait pas de mal…

La porte de chez lui claqua violement. Kise s'empressa de sortir son téléphone et de composer le numéro qu'il connaissait par cœur. A peine le « Bip » enclenché, signe que son interlocuteur avait enfin décroché à ses appels, qu'il explosa :

- Qu'est ce que ça veut dire Midorimacchi ?

- Kise ? De quoi est ce que…

- Vous le saviez ! Que Reo était un policier ! Marié et futur père pour ne rien arranger ! Il enquêtait sur nous, je me trompe ? Il n'accomplissait que son travail, ça ne faisait pas de lui une personne malhonnête !

- Calme-toi. Je vais t'expliquer.

- Expliquer quoi ? Pourquoi vous n'avez pas pris la peine de me le dire ?! Vous ne me faites plus confiance ou quoi ? jeta le blond, au bord de la crise de nerf.

- Akashi ne voulait pas que tu le saches. Il pensait que… ça pourrait te déconcentrer.

- Tu te moque de moi ? Ça n'aurait…

- Rien changer ? Tu es sur de cela Kise ? Alor que tu viens de montrer de la compassion envers ta victime ? Combien de ceux que tu as tués auparavant étaient parents à ton avis ? Avaient une famille, ou des amis qui tenaient à eux ?

Kise resta muet et Midorima soupira.

- Avant, tu ne te serais pas soucier de ce genre de détail. Dis moi : en sachant tout ça, aurait tu quand même éliminé Reo ?

- Bien sur ! Il aurait pu nous envoyer tous en prison !

- Akashi pense que tu es en train de changer.

- C'est ridicule !

- Ne sous estime pas sa capacité à tout savoir. J'espérais qu'il se trompe, mais après ce que je viens d'entendre je ne peux que lui donner raison.

Le ton du vert se fit plus sérieux :

- Je ne sais pas ce qu'il se passe dans ta tête en ce moment Kise, mais n'oublis pas que tu ne dois t'attacher à personne. Où tu en subira les conséquences.

Les poings du blond se serrèrent. Il souffla :

- Je le sais bien. Pas besoin de me le rappeler.


C'est tout pour aujourd'hui !

Remarque sur ce chapitre : tout d'abord, la scène avec Akashi qui voit Kise depuis sa voiture est très importante pour la fin. C'est à ce moment qu'il a jugé que Kise ne semble pas être celui qu'il est d'habitude. D'où le titre du chapitre! Après, le dialogue avec Murasakibara je n'ai pas pu m'en empêcher… je suis totalement accro à ce couple TwT

(D'ailleurs pour ceux qui ne voient pas qui c'est, Reo Mibuchi est un des joueurs de Rakuzan dans l'équipe d'Akashi. Suis-je la seule à penser que ces yeux, comme l'a dit Takao un peu plus haut, sont hors norme ? o.o)

Quand au Aomine de la fin, je voulais qu'il reste crédible même s'il était un peu bourré, alors j'espère ne pas l'avoir fait trop OCC…

Je vous remercie encore pour vos reviews :

Kymika : Merci beaucoup ! Je suis contente que l'histoire et le rôle des personnages te plaise. Concernant Momoi, je vois tout à fait ce que tu veux dire et c'est pour ça que je lui ai donné ce rôle que tout le monde apprécierait dans ma fic. Aucune faute ? Ah c'est tant mieux alors :D

Laura-067 : J'adore lire tes hypothèses ! Elle m'inspirent pas mal pour la suite :P Je ne peux malheureusement pas y répondre, ça gâcherait la surprise, mais ça me fait plaisir de voir que tu analyse si bien l'histoire. Sinon oui Aomine a bien fait des recherches sur Kise (et il continue !), preuve que le blondinet l'intéresse au moins un peu.

InfiniteScorpioInuko : Tu vas me faire rougir ! Haha mais non voyons je suis la première a dire que je suis lente à poster un chapitre ; et pourtant j'essaie de le faire vite ! Qu'est ce que ce serait si je ne me dépêchais pas… En tout cas je suis contente de voir que tu adores autant Kise, même s'il est un méchant tueur à gages. Comment je fais ? C'est une très bonne question xD Sinon tu avais deviné c'était bien du basket le défi ! Encore une fois merci pour tes commentaires !

Lyra : Haha merci ! On en parlera bientôt de Kagami !

Naomi Fujiwara : Hehe tant mieux si ce chapitre vous a fait rire ! Il faut bien que Kise et compagnie passent de bons moments ensemble ; avec tout ce qui va leur tomber dessus, je leur dois bien ça… L'idée qu''Aomine puisse être son propre commanditaire est très intéressante. Tu verras bien ! ;)

Alicia : Contente qu'il t'ait plu ! Un peu de patience les choses sérieuses vont bientôt commencer ~

SL-Fairy-Tail : Bien vu, c'était du basket ! Je suis contente si ça a pu vous faire rire ;)

Prochain chapitre : Kise et le trio d'amis se rendent au pub pour écouter chanter l'ami du blond. Takao envoûte tout le monde avec sa voix et Aomine se laisse aller… Comment Kise arrivera t-il à gérer le policier totalement saoul ? A suivre !