Dans la rue, Cameron marchait d'un pas sûr, juste à coté de John et de la poussette, tout en regardant autour d'eux : la menace était omniprésente …Personne n'était en sécurité.

J : « Le parc est à 5 minutes de marche environ. »

C : « Il est à 612 mètres de la maison de Kacy. Si l'on prend en compte que nous trainons une charge, nous en aurons pour 7 minutes et 40 secondes … Si l'on garde cette allure. »

J : « Mais d'où tu … Comment tu sais que le parc est à cette distance ? »

C : « Je ne dors jamais. »

J : « Et donc, tu fais des balades nocturnes ?!? »

C : « … »

J : « Je déteste ça … Quand j'apprends quelque chose sur toi … Quelque chose que je pense avoir le droit de savoir. »

C : « Maintenant, tu le sais. »

J : « Génial … Au fait, ce n'est pas une charge, mais une poussette avec un bébé dedans. »

Le reste du parcours se fit en silence jusqu'à ce qu'ils arrivent au parc. La journée étant belle, il fut assez difficile de trouver un banc libre, mais après quelques minutes de recherche, ils se posèrent enfin à l'ombre d'un peuplier. Cachés du soleil, John tourna la poussette pour que Nick profite du paysage.

C : « On va rester là longtemps ? »

J : « Tu en as déjà marre alors qu'on vient d'arriver ? »

C : « Cet endroit n'est pas sécurisé. »

J : « C'est un parc. La seule attaque à craindre est celle des pigeons. Quoique, connaissant ton amour pour ces oiseaux, ça serait plutôt à eux de se méfier. » dit-il en rigolant

Nick s'agita dans son landau. John le prit alors dans ses bras, sous le regard de Cameron.

C : « Pourquoi ça pleure tout le temps ? »

J : « IL ne pleure pas tout le temps. Seulement, comme il ne parle pas encore, c'est le seul moyen qu'il ait pour se faire entendre. Il a surement soif. »

Cameron ouvrit la sacoche, accrochée à la poussette, et le donna à John. Cameron regarda avec attention comment John plaça le petit dans ses bras et la manière de tenir le biberon.

A ce moment là, un couple de personnes âgées passa à coté d'eux, et s'arrêta juste à leur hauteur :

*** : « Regarde Georges … Comme il est mignon. Comment s'appelle-t-il ? »

C : « Nick. »

*** : « Il n'est pas vieux … »

J : « Il a 8 mois. »

*** : « Et quel âge avez-vous ? »

J : « Je vais sur 17. »

La vielle femme considéra alors Cameron et John et dans un sourire, elle s'éloigna avec son mari. Avant de partir, elle prit le soin de lui glisser à l'oreille, mais pas assez discrètement pour passer inaperçu pour John et Cameron :

*** : « Si c'est pas malheureux de voir ça … Tu as vu … Ils sont si jeunes … Parents à cette âge-là … c'est gâché leur jeunesse … »

G : « Ah les jeunes d'aujourd'hui mon amour ne sont plus les mêmes qu'à notre époque. »

Puis, ils s'éloignèrent, tandis que Cameron les suivit du regard un moment avant de se reporter sur John, visiblement gêné, et Nick.

C : « Pourquoi tu fais cette tête ? »

J : « Pour rien … Ils ont cru que … enfin tu vois … laisse tomb… non rien. »

C : « … »

Nick rigola alors agitant les bras vivement. Cameron lui tendit alors son index qu'il agrippa sans attendre, sous le regard stupéfait de John. Là encore, il pu percevoir un léger sourire sur le visage de Cameron … Nick mit à sa bouche l'index froid de la jeune fille, ce qui lui fit perdre son sourire pour laisser place à un regard inquisiteur.

C : « Qu'est ce qu'il fait ? »

J : « Ses dents … Elles doivent pousser … Il mâchouille pour calmer la douleur surement. »

Cameron dodelina de la tête, en signe de compréhension, et contre toute attente, elle le laissa faire. John cala un peu mieux Nick et le rapprocha de Cameron.

J : « Tu veux le prendre ? »

Sans un mot, Cameron écarta les bras et John lui déposa le nourrisson doucement. Nick s'agita un peu d'être balloté de la sorte, mais trouva rapidement ses marques dans les bras de Cameron.

J : « Fais attention à sa tête. »

Cameron posa sa main sur le ventre se soulevant doucement de Nick. John découvrit alors un tout autre visage de Cameron qu'il n'avait encore jamais vu : un visage serein, souriant par moment … Personne ne se serait douté alors qu'elle n'était qu'une machine tueuse. John considéra Cameron et Nick … il remit derrière l'oreille de la jeune fille, une mèche de cheveux, ce qui attira son attention.

J : « Tu … Tu veux qu'on se balade un peu avant de rentrer ? »

C : « Oui. »

Nick toujours dans les bras, Cameron se leva, suivie de John et ils quittèrent le banc. Après quelques minutes de marche durant lesquelles John s'inquiétait, à tort, de savoir si le fait de porter le petit n'allait pas fatiguer Cameron, ils arrivèrent devant une aire de jeux.

C : « Qu'est ce que c'est ? »

J : « Une aire de jeux … Pour les enfants. Toboggan, balançoire … »

C : « Balançoire ? »

J : « Oui ça. »

Il lui montra du doigt la structure en bois supportant 3 balançoires dont une de libre.

C : « A quoi ça sert ? »

J : « Viens, je vais te montrer. »

Il l'entraina près de la balançoire, mit de coté la poussette et lui fit signe de venir s'asseoir, ce qu'elle fit.

J : « Tiens bien le bébé, et lèves les pieds. »

Quand John commença à pousser, Cameron fronça les sourcils.

C : « C'est censé être … amusant ? »

J : « Oui. Détends-toi … Regarde, Nick adore lui. »

Et effectivement, à chaque aller, Nick riait aux éclats. Cameron le serra un peu plus contre elle à mesure que la balançoire prenait de la vitesse … Vitesse somme toute relative évidemment. Au bout de quelques minutes, Cameron stoppa la balançoire en posant ses pieds à terre, elle se leva et donna Nick à John.

C : « A ton tour. »

John sourit alors et prit doucement Nick … A peine assis, Cameron poussa légèrement, ce qui eut pour effet de donner un élan assez franc à la balançoire.

J : « Hey !!! Cam doucement !!! »

C : « Pardon… »

Devant des parents, et surtout des mères, médusés, John écourta le moment par peur de devoir rendre des comptes. John s'assit sur un banc libre, Cameron vint s'asseoir près de lui, poussette en main. Elle sortit le biberon d'eau et John donna à boire au bébé. Sentant des regards sur eux, Cameron releva la tête pour voir 2 femmes les fixer ; quand leurs regards croisèrent celui de Cameron, elles détournèrent leur attention.

C : « Pourquoi elles nous regardent ? »

John suivit le regard de Cameron puis le reporta de nouveau sur Nick :

J : « Elles pensent surement elles aussi qu'on est les parents. »

C : « C'est impossible … Je suis une machine. »

J : « Ouais, mais ça se voit pas au premier coup d'œil … Au second non plus d'ailleurs. »

C : « Mais je suis … »

J : « Oui je sais. De toute manière, tu ne peux pas avoir d'enfants … Tu peux pas hein ? »

Cameron le fixa un moment, comme si elle réfléchissait à la façon la plus pertinente de lui répondre :

C : « Je n'ais pas d'appareil reproducteur … Je ne peux pas enfanter. Mais je peux mener à terme une grossesse. »

J : « Quoi ? » s'étonna John

C : « Oui … Si l'on implante … »

J : « … Oui c'est bon, je vois ! » la coupa-t-il, encore abasourdi de cette découverte

C : « La température chute, on a perdu 2° degrés déjà … Il va surement pleuvoir dans la soirée. »

J : « Il fait encore beau pourtant. »

Cameron lui jeta ce petit regard voulant dire « tu verras bien » avant de se lever. John remit Nick, somnolant, dans la poussette. En partant, Cameron croisa un jeune couple, dont la petite fille pataugeait dans le sable, se câlinant. Elle les scruta furtivement avant de reporter son attention sur l'horizon. En une dizaine de minutes, ils revinrent à la maison.

suivre ….