Hey les gens ! Non non vous ne rêvez pas, ceci est bien un nouveau chapitre, une semaine seulement après le dernier ! Et je me suis surpassée pour celui-là, 14 pages pour presque 7300 mots. Quand on sait que je n'ai écrit que 10 pages sur les 50 que je dois rendre pour mon mémoire…

Sinon un grand merci aux gentilles personnes qui m'ont écrit des reviews et mise en follow : je vous aime, voilà !

Voilà un chapitre que je me suis énormément amusée à écrire ! En espérant qu'il vous fera rire )

PS : Et sinon, est-ce que vous êtes comme moi et que vous voyez des photos PARTOUT du parc d'attraction Harry Potter qui vient d'ouvrir, et que ça vous frustre A MORT parce que vous n'avez pas les moyens d'y aller ? *repart se noyer dans le chocolat*


Chapitre 5 : Thriller night !

Le lundi matin, en deuxième partie de matinée, nous avions botanique avec les griffondors. Bien entendu ce jour-là mes amies et moi furent très attentives à l'état de Remus. Le jeune homme avait des cernes énormes sous les yeux, le teint pâle, et cachée derrière son écharpe une grosse griffure partait de son cou et continuait sous sa chemise. En le voyant arriver à notre table ce matin-là, je fus prise d'une envie irrépressible de le serrer dans mes bras – en toute amitié bien sûr. Oui parce que je dus me rendre à l'évidence, Remus me plaisait, au moins un petit peu, mais pas de quoi s'emballer : des garçons mignons, ce n'est pas ce qui manquait dans le château, alors du calme ! Evidemment, je n'ai absolument pas fait part de cette constatation à mes amies, pas besoin de les conforter dans leur délire.

Enfin bref, revenons au cours de botanique. Remus me fit un petit sourire, pauvre tentative de faire comme si tout allait bien. Je ne posais pas de questions, faisant comme convenu : les filles et moi avons choisi de ne rien dire. Après tout, on n'était pas DU TOUT sensées le découvrir, et puis pas besoin de mettre le garçon mal à l'aise. Durant les deux heures le jeune homme ne cessa de bailler, et ses grimaces montraient qu'il avait pas mal de courbatures. N'en pouvant plus, je cédais :

« Pourquoi tu es venu en cours ? »

Il cessa tout mouvement pour me regarder avec des yeux ronds :

« Pardon ? »

Je soupirais :

« Tu dois couver quelque chose du genre une grippe, alors outre le fait que ça serait sympa de ta part de ne pas le refiler aux autres, par pitié va te recoucher, tu as une tête à faire peur ! »

Vive l'excuse bidon, mais c'est tout ce que j'ai pu trouver sur le moment. Il haussa un sourcil suite à ma remarque :

« Tout va bien, je me coucherais tôt ce soir, maman. »

Je grimaçais au surnom employé :

« Enfant ingrat. »

Cela eut au moins le mérite d'éclairer son visage et de le faire rire. Je revenais à la plante que j'étais en train de tailler, fière de moi.

A la fin du cours, les maraudeurs nous rejoignirent pour aller à la grande salle. Les garçons ne pouvaient pas s'empêcher de jeter des coups d'œil inquiets à Remus, et celui-ci faisait mine de ne rien voir. On se sépara devant l'entrée, et Sirius nous salua avec un « A ce soir ! » pas du tout discret. Quelques élèves nous regardèrent bizarrement, et je me fis un facepalm mental.

En nous installant à la table de notre maison, je me souvins brusquement de quelque chose. Farfouillant dans mon sac devant les regards curieux de mes amies, j'en sortais un bout de papier froissé :

Bien le bonsoir les filles,

Rendez-vous dans une heure dans le couloir du 7ème étage, face à la tapisserie de Barnabas le Follet.

Faites attentions à ne pas être suivies !

Signé : Patmol, Lunard, Queudver et Cornedrue.

PS : Erin, ramène-moi Loupiote s'il te plait, on a oublié de faire l'échange ce matin.

C'était le mot envoyé par les maraudeurs quelques semaines auparavant. Je le montrais à mes amies en faisant attention à ce que personne d'autre ne puisse le lire, puis je soulignais du doigt les quatre surnoms. Un éclair de compréhension s'alluma dans le regard d'Andy :

« Tu crois que c'est lié à… (elle baissa la voix) leurs animagus ? »

Je hochais la tête. On se dépêcha de manger, histoire de pouvoir aller discuter loin des oreilles indiscrètes. Arrivées au QG, je déposais le parchemin sur la table basse, et appuyais dessus pour le défroisser un peu. Les filles s'installèrent de part et d'autre de moi. Je réfléchis à voix haute :

« Bon, on sait déjà que Sirius est Patmol, et je suppose que Lunard c'est Remus. Pour les deux autres par contre… »

Andy se rapprocha pour mieux lire :

« Faudrait déjà savoir à quel animal ils correspondent. Commençons par Patmol : à votre avis, en quoi peut se transformer Sirius ? »

Amber sauta de son pouf :

« Vous avez remarqué son rire ? On dirait qu'il… »

Je la coupais vivement :

« …aboie ! On dirait qu'il aboie ! »

Andy haussa les sourcils :

« Un chien ? Moui, pourquoi pas. »

Nous discutâmes de cela pendant le reste de la pause du midi, mais nous ne trouvâmes pas plus d'informations. Il fallait enquêter, et nous allions commencer le soir même pendant la réunion sur le PSSH (rebaptisé le PSHIT par Peter…car c'était plus facile à dire, et cela avait entraîné un nombre incalculable de blagues plus ou moins drôles de la part de James).

Le reste de l'après-midi se passa calmement, malgré un léger incident causé par moi-même en cours de potion (mais rien de grave, je vous jure). J'essayais de ne pas trépigner d'impatience en attendant le soir, mais je ne pouvais m'empêcher d'avoir la bougeotte, tellement bien que Andy menaça de m'assommer avec son manuel de potion. Cela eu le mérite de me calmer immédiatement : la perspective de me faire frapper n'était pas agréable, et encore plus par un livre de potion. Quand on arriva à la salle sur demande, les garçons étaient déjà arrivés, et nous reprîmes notre routine laissée de côté le temps du weekend. A un moment je m'approchais de James pour lui rendre son livre sur les animagus, et je lâchais mine de rien :

« Merci James ! C'était une lecture…intéressante. »

J'insistais sur le dernier mot. Le sourire qu'il arborait se figea légèrement, et je captais le coup d'œil hésitant qu'il jeta à Sirius.

« Et bien…heureux d'avoir pu t'aider. »

Je lui fis un grand sourire et retourna m'installer à ma place, croisant le regard de Amber qui me gratifia d'un clin d'œil. Durant les deux heures suivantes, je jetais des coups d'œil (plus ou moins discrets) à un Remus qui avait de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts. Je donnais un petit coup de coude à Sirius qui me regarda avec un air interrogatif. D'un mouvement de la tête je lui indiquait son ami qui piquait du nez. Il me répondit par un haussement d'épaules, puis il écrivit sur un parchemin qu'il fit glisser vers moi :

Pas moyen de l'envoyer se coucher. Il est toujours comme ça quand il est malade, pas la peine d'essayer. Crois-moi, ça fait 6 ans qu'on…

Mais je ne pus malheureusement pas lire la suite, puisque James c'était rapproché et avait pris le papier pour pouvoir le lire. Je lui jetais un regard indigné, mais cela n'eut pas l'air de l'émouvoir outre mesure. Il écrivit dessus à son tour et le tendit vers Sirius et moi :

Au contraire, peut-être qu'avec Erin ça marchera mieux qu'avec nous.

Je lui pris sa plume des mains :

Pourquoi ça marcherait mieux avec moi ? Vous êtes ses meilleurs amis. Si ça ne marche pas avec vous, je ne…

Mais je fus stoppée dans mon écriture par Sirius qui m'avait arraché le parchemin et la plume des mains :

Tu as de meilleurs arguments que nous pour le convaincre.

Je haussais les sourcils en le regardant. Est-ce que j'avais l'esprit mal placé ou bien…

James écrivit à son tour :

Oui, il parle bien de ces arguments-là…

Il jeta un coup d'œil appuyé à ma chemise, donc les premiers boutons étaient ouverts. Je fis les gros yeux, et les deux garçons se tapèrent dans la main en rigolant bêtement. Exaspérée, je leur frappais le crâne avec un des livres posés sur la table, ce qui attira sur nous l'attention des autres occupants de la pièce. Si Peter et les filles revinrent vite à leurs occupations, le regard intrigué et…inquiet ? de Remus resta sur nous plus longtemps. Lentement, sa tête se baissa et il avisa le parchemin entre les mains de James. Quand il se leva en faisant mine d'aller vers nous, il se passa un truc complètement dingue : James déchira brusquement le papier, en donnant la deuxième partie à Sirius. Ensuite, les deux garçons roulèrent en boule leur moitié respective avant de la mettre dans leur bouche et de mâcher frénétiquement. Remus s'arrêta net dans son mouvement, et resta debout au milieu de la pièce avec un air ahuri sur le visage. Une irrépressible envie de rire me monta à la gorge, que je tentais de contenir du mieux que je pouvais. Mes efforts furent réduits à néant quand je jetais un coup à Sirius pile au moment où il tirait la langue avec une grimace dégoutée. J'éclatais de rire bruyamment, ce qui réveilla Remus de sa transe :

« Qu'est-ce qu'il vous prend ? »

Je rigolais de plus belle, cette fois suivie de mes deux acolytes. Au bout de quelques minutes, Sirius hoqueta :

« Erin a quelque chose à te dire. »

J'arrêtais net de me bidonner pour piquer un fard, ce qui accentua le fou rire des deux autres. Je leur lançais le regard le plus noir que j'avais en stock en brandissant une nouvelle fois le livre pour les frapper, si bien que Sirius en voulant éviter le coup bascula en arrière pour finir sur les fesses. Je me levais en le pointant du doigt :

« Ah ah ! Vengeance ! »

Remus secoua la tête d'un air résigné :

« Vous êtes… (il soupira). Il n'y a pas de mot assez fort pour le dire. Sinon, Erin, tu voulais me dire quelque chose ? »

Toujours l'arme (enfin, le livre) dans la main, je me tournais brusquement vers lui :

« Hein ? »

Il montra de la tête ses deux amis qui rigolaient à même le sol (James avait rejoint Sirius par terre, par solidarité sans doute), puis il haussa un sourcil dans ma direction. Je reposais le livre sur la table tout en ramassant mes affaires :

« Oh non, c'est euh…rien du tout. Bon, ce n'est pas que je suis fatiguée mais en fait si ah ah, je vais y aller. A demain les filles, et à tout à l'heure les garçons. ENFIN NON, ce n'est pas ça que je voulais dire, c'était l'inverse. Allez, salut ! »

Et je m'enfuis -littéralement- de la pièce. Rouge de gêne, j'arrivais dans ma salle commune et me frappais les joues en me traitant d'idiote. Un raclement de gorge me fis relever la tête : malgré l'heure tardive, la salle n'était pas vide, et les garçons de mon année qui étaient installés près de la cheminée me regardaient avec amusement.

Avec un gémissement désespéré, je montais comme une furie vers la sécurité de mon dortoir.


Durant le reste de la semaine, ni mes amies et ni les garçons ne firent mention de l'incident du lundi soir. Quand j'y repensais, j'étais prise de violence envers moi-même et les filles durent plusieurs fois m'empêcher de me frapper contre un mur (je devais avoir un elfe de maison parmi mes ancêtres). Nous étions maintenant vendredi, jour d'Halloween, du banquet et de la réalisation du projet PSHIT. Programme chargé et haut en couleurs. Le matin nous avions cours de défense en commun avec les griffondors, et l'après-midi Amber et moi option de soins aux créatures avec James Peter et Sirius. Nous nous jetions des regards impatients ainsi que des sourires diaboliques dès que nous le pouvions, le tout en passant surement pour des psychopathes aux yeux des élèves et du corps enseignant. Sirius, tout en discrétion, glissa un mot dans la poche de ma cape que les filles et moi nous dépêchèrent de lire à la fin du cours :

Rdv après le banquet : attendez devant votre salle commune, on vous fera apparaître la porte de la salle sur demande.

Signé : le plus beau et le plus intelligent de tous.

Comme le vendredi nous terminions les cours à 16h, nous avons eu largement le temps de fignoler les derniers détails de notre blague avant de devoir enfiler nos costumes d'un soir. Nerveuse, je tripotais les plumes qui ornaient mes ailes, et Andy du me taper sur les mains avant que je me mette à les arracher. En entrant dans la grande salle magnifiquement décorée pour l'occasion, mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Tout en marchant pour aller nous assoir à notre table, je captais les gestes pas du tout discrets de James pour attirer notre attention. Le jeune homme était déguisé en pirate arborant un très joli cache-œil enchanté qui changeait de couleur toutes les deux secondes, ainsi qu'un véritable perroquet sur l'épaule droite. A ces côtés était assis Sirius, déguisé en faucheuse plus vraie que nature. Sa faux diffusait de temps en temps un panache de fumée qui faisait tousser et pleurer ses voisins de table. Peter portait un drap représentant un fantôme, à la moldue. Des chaînes pendaient à ses bras, et j'entendis leur cliquetis de là ou j'étais malgré le bruit ambiant. Et enfin, le meilleur pour la fin (hum hum), Remus : qui était déguisé en vampire. Il portait un costume noir et rouge sang, assez classe, et son visage était 10 fois plus pâle que d'habitude. Ses cheveux étaient plaqués en arrière, et des crocs sortaient de sa bouche. Je trouvais le déguisement particulièrement ironique : un loup garou déguisé en vampire. A coup sur une idée de James (car j'étais quasiment sûre que Sirius aurait voulu qu'il se déguise en lycanthrope). Je fis un sourire aux garçons et levais les pouces en l'air, signifiant par-là mon admiration envers leurs tenues. James et Sirius, en parfaite synchronisation, nous firent un clin d'œil appréciateur, et j'entendis mes amies glousser -oui, glousser- derrière moi. On s'assis à côté des garçons de notre année, et Andy et John se précipitèrent l'un vers l'autre, s'extasiant sur le déguisement de chacun. Amber leva les yeux en l'air en les regardant, et moi je me contentais d'un sourire crispé. Les deux étant au tout début de leur relation, ils nous gratifiaient souvent de scènes d'une mièvrerie incommensurable. Quand ils commencèrent à s'embrasser et se dire des mots doux à l'oreille, Scott s'écarta pour faire semblant de vomir. En rigolant, je m'installais à ses côtés, et je remarquais soudain l'ironie de la situation : j'étais déguisée en ange, et lui en démon. Charmeur, il me fit un sourire appréciateur suivit d'un mouvement suggestif des sourcils, auquel je lui répondis par une tape sur le front. Je ne pris pas la tentative de drague au sérieux, parce que Scott était comme ça avec toutes les filles. Au loin, j'entendis la voix de Peter qui surplombait toutes les autres :

« Remus ! Qu'est-ce qu'il te prend ?! »

A peu près les ¾ des occupants de la grande salle se tourna vers eux pour observer un Peter abasourdis, qui regardait Remus qui lui-même regardait la fourchette qu'il venait de tordre entre ses doigts. Gêné, il parvint tant bien que mal à lui faire reprendre sa forme initiale, sous le regard désapprobateur d'une McGonagall à l'air un peu stressée. Intriguée par la scène, je me tournais vers mes amies, qui elles arboraient chacune un grand sourire. Ne comprenant pas, je me tournais cette fois vers Scott qui avait l'air d'avoir eu une révélation. Suite à cela, il posa négligemment son bras sur mes épaules, et je me crispais tout en le regardant avec des gros yeux. Paniquée pour de bon, j'insistais du regard vers les filles qui elles-mêmes regardaient leurs ongles en faisant mine de ne rien voir de cette situation bizarre. Par Merlin, que ce repas allait être long.

Heureusement pour ma santé mentale, c'est le moment que choisirent les maraudeurs pour déclencher le grand show : lentement mais surement, de la fumée commençait à recouvrir le sol de la grande salle. Quelques élèves applaudirent, pensant à un tour de la part des professeurs, qui eux fronçaient les sourcils en se regardant les uns les autres. Ensuite, brusquement, des centaines de bougies (dissimulées jusque-là) noires et oranges s'allumèrent dans toute la salle, leurs flammes dessinant des motifs de balais, vif d'or et j'en passe. Là, les professeurs affichèrent carrément une tête réprobatrice en regardant Mr Maxwell, qui leva les mains en l'air en signe d'innocence. Et soudain, pour parfaire cette petite mise en bouche, des éclairs zébrèrent le plafond magique de la salle, faisant sursauter tout le monde. A ce moment, le visage de tous les professeurs se tournèrent lentement vers les maraudeurs. J'étais même sûre d'avoir vu des flammes dans le regard de McGonagall, ce que je trouvais plus effrayant que dix cours de potion dans la même journée. Celle-ci commença à se lever mais fut coupée net dans son mouvement par un boucan épouvantable, semblant provenir du château tout entier. Plus le bruit se rapprochait de la grande salle, plus il augmentait : tout en concert de grincements et sons de ferraille. Les élèves se tordirent le cou pour voir ce qui arrivait, et ils ne furent pas déçus quand ils virent les portes de la salle s'ouvrirent d'un coup, laissant entrer en deux rangées parfaites toutes les armures décorant Poudlard habituellement. Devant les visages complètement choqués des professeurs, elles vinrent se ranger en face de la table de ceux-ci. Quand elles se stoppèrent, tout bruit cessa, et un grand silence envahi la pièce. Plus personne ne parlait ni ne bougeait, attendant de voir ce qui allait venir. Encore une fois, ils ne furent pas déçus, car les armures se mirent à…chanter.

L'air de Thriller de Michael Jackson se propagea dans la grande salle, et certaines des armures se détachèrent pour entamer la danse mythique qui allait avec. Quelques élèves se mirent à danser et chanter à leur tour, et quand les professeurs mirent mine de bouger pour les arrêter, ils furent interceptés par plusieurs des statues de métal. Je m'amusais comme une petite folle, bougeant mon corps au rythme du refrain que nous crions en cœur avec les filles. Au loin, je vis les maraudeurs faire de même, et je croisais le regard de Remus qui me fit un clin d'œil. Quand la chanson se termina, les armures s'inclinèrent sous les applaudissements de toute la salle, y compris de quelques professeurs et Dumbledore.

McGo s'attela à faire revenir un semblant d'ordre pendant que les armures revenaient toutes à leur place dans le château. Quand le calme (relatif) fut revenu, elle se mis au milieu de la salle pour parler, le visage rouge de colère, mais fut encore une fois interrompue par un bruit pour le moins…explosif. En effet, les chaudrons contenant le jus de citrouille sur les tables se mirent à bouillonner, aspergeant les élèves qui se trouvaient à côté. Prudents, la plupart d'entre eux se levèrent rapidement de table pour s'en éloigner, et bien leur en pris car les chaudrons explosèrent tous en même temps. Les élèves se protégèrent le visage par reflexe, mais étonnement aucun liquide ne les avait aspergés : plus aucune trace des chaudrons et même du jus de citrouille. A la place, un envol de ce qui semblait être des chauves-souris se propagea dans toute la salle, sous les cris effrayés de certains premières années. McGo, complètement dépassée, regardait le spectacle les bras ballants, attendant d'un air las que tout se termine. Une fois toutes en l'air, les bestioles explosèrent en de magnifiques feux d'artifices, dessinant diverses formes dans le vide : citrouilles, chapeaux pointus, têtes de mort…pour former à la toute fin les mots suivants :

Joyeux Halloween à tous !

Signé : M. et R.

Je regardais mes amies en souriant tellement fort que c'en était douloureux : M pour maraudeurs, R pour rivales.

Une dernière fois, la grande salle explosa en applaudissements et cris de joie.


Le reste du repas se passa dans la folie la plus complète, tellement bien que Dumbledore dut intervenir pour ramener le calme et envoyer tous les élèves dans leurs dortoirs. McGo nous rappela à tous qu'elle mènerait son enquête pour trouver et punir les responsables de « cet impensable spectacle de débauche » (et en disant cela elle avait regardé avec insistance vers la table des griffondors). Avec les filles nous laissâmes passer le reste de notre maison devant nous, pour attendre discrètement dans le couloir comme les maraudeurs l'avaient demandé dans leur mot. Au bout d'une vingtaine de minutes, la porte de la salle sur demande apparu dans le mur, et Sirius nous fit rentrer avant que quelqu'un puisse nous apercevoir.

Une fois dans la salle, nous nous sommes regardés pendant quelques secondes sans rien dire, ne trouvant les mots pour dire ce que l'on ressentait. Ce fut Amber qui lança le mouvement : elle éclata de rire en criant :

« Par Merlin, c'était absolument GENIAL ! »

Je sautais sur place en rigolant de façon hystérique et me tournais vers Andy pour la prendre dans mes bras. Les garçons se tapèrent plusieurs fois dans les mains avant d'entamer une danse de la victoire. Sirius se mit même à reprendre le refrain de Thriller tout en jouant avec une guitare imaginaire. A ma grande surprise, Remus me pris par la taille pour me soulever dans les airs en tournant sur lui-même. Je m'accrochais à ses épaules en continuant de rire comme une folle, et quand il me reposa à terre nous avions les joues rouges tous les deux. Gênés mais souriants, on se regardait sans bouger, ses mains toujours sur ma taille et des papillons plein mon ventre. Malheureusement ce moment fut coupé par Sirius qui nous bouscula en hurlant à plein poumons :

« 'CAUSE THIS IS THRILLER, THRILLER NIGHT ! »

Cela eu le mérite de me réveiller complètement. Ok, qu'est-ce qu'il venait de se passer ? Je secouai la tête pour me remettre les idées en place et jetais un coup d'œil à Remus, qui regardait ses pieds d'un air coupable. Coupable ? Pourquoi coupable ? Je pinçais les lèvres en sentant ma bonne humeur redescendre d'un coup. James me prit brusquement par les épaules pour me poser -ou me jeter, si vous voulez mon point de vue- sur le canapé devant la cheminée. La table basse débordait de victuailles chipées dans les cuisines, ainsi que de bierraubeurres qui elles provenaient surement de Pré-au-lard. Le fait que les garçons y soient allés en dehors des sorties autorisées ne m'étonna nullement. Retrouvant ma joie de vivre (fille lunatique bonjour), je me servais allègrement en sucreries, tandis que James et Sirius s'auto congratulaient. Ce dernier se mit debout sur son fauteuil pour annoncer vivement :

« Au fait ! Les filles, lundi c'est mon anniversaire, alors je vous invite à ma fête qui se déroulera ici-même. »

Toute contente, Amber applaudit dans ses mains :

« Chouette ! Il y aura qui ? »

Je jeune homme fit semblant de réfléchir :

« Eh bien… toi, toi et toi (il nous montra du doigt chacune notre tour), ainsi que lui, lui, lui et moi (en désignant tour à tour les garçons puis lui). »

Andy leva son verre :

« Soirée en intimité, ça marche pour moi ! (Elle se tourna vers Amber et moi) Les filles ? »

Amber leva son verre à son tour tandis que je hochais vivement la tête. Je remarquais à voix haute :

« Tu aurais pu nous prévenir plus tôt, on aurait eu le temps de t'acheter un cadeau. »

Il secoua négativement la tête :

« Non non non ! Votre seule présence représente un présent inestimable pour moi. »

Il conclut sa tirade par un clin d'œil charmeur, et Remus leva les yeux au ciel.

La soirée se termina dans les rires, et nous rentrèrent dans nos dortoirs respectifs à une heure (beaucoup trop) tardive, mais le cœur et l'esprit légers.


Nous passâmes la journée du samedi dans un brouillard des plus complets. Laissant pour une fois nos devoirs de côté, nous trainâmes toute la journée dans la salle sur demande en compagnie des maraudeurs. Enfin, sauf Andy qui était partie roucouler on ne sait ou en compagnie de John. J'étais installée sur le sofa, Loupiote (qui grandissait bien) entre mes genoux, dessinant de vagues motifs dans mon précieux cahier. James et Sirius jouaient une partie de bataille explosive, Peter marmonnait dans sa barbe devant un jeu d'échecs sorcier, Amber écrivait une longue lettre à son petit-ami Chase Hamilton, et Remus était installé sur le rebord intérieur de la fenêtre pour lire un livre. Il avait un air détendu que je lui voyais rarement, et à cet instant je le trouvais incroyablement beau. De ces nombreuses cicatrices à son sourire en coin, de sa lycanthropie à ses cheveux châtains, de ces cernes à ses yeux ambrés : tout chez lui était beau. Saisie par l'instant, je tournais la page de mon cahier pour en prendre une nouvelle et le dessiner. Tout en traçant les premiers traits, je repensais à la soirée de la veille, et plus particulièrement à ses mains sur mes hanches. Je me ratatinais en rougissant. Ce n'était clairement pas le moment pour penser à ça, avec lui et les autres dans la pièce. Respirant un bon coup pour dérougir, je me remis à dessiner.

Ce n'est que quand l'heure du repas arriva que je sortais de ma transe. Me réveillant d'un coup, je regardais autour de moi d'un air étonné : il faisait déjà nuit dehors, et mes amis se préparaient à partir pour aller manger. Je regardais mon dessin et refermais mon cahier d'un coup sec, de peur que quelqu'un voit qui j'avais dessiné. Sirius me secoua les cheveux :

« Enfin, tu reviens parmi nous ! »

Gênée, je m'empressais de mettre mon carnet dans mon sac, ce qui intrigua le jeune homme.

« Qu'est-ce que tu essayes de me cacher, jeune fille ? »

Je rapprochais mon sac de ma poitrine :

« Rien du tout ! »

Au sourcil sceptique qu'il haussa, je compris que je m'étais grillée complètement. Je pris Loupiote dans mes bras et tout en me levant pour me diriger vers la sortie, je me notais mentalement de renouveler les sorts qui protégeaient mes dessins.

On se sépara des garçons à l'entrée de la grande salle en souhaitant bonne chance à James (le match opposant Griffondor à Serpentard avait lieu le lendemain après-midi) pour aller rejoindre Andy qui était déjà installée à notre table.

« Salut les filles ! C'était bien ? »

Je laissais Amber raconter notre après-midi et commençait à me servir de la purée de carottes sous l'attention de Loupiote, qui suivait de ses pétales le moindre de mes mouvements. Le repas se passa tranquillement, et ce n'est qu'une fois arrivées dans notre dortoir que les choses dérapèrent. Amber me pris Loupiote des bras pour la poser délicatement sur mon lit, puis elle se jeta sur mon sac tandis que Andy me tenait fermement les bras. Je paniquais totalement quand je compris ce qu'elles comptaient faire. Me débattant comme une folle, Andy réussit à me faire tomber au sol pour finir par s'assoir sur moi :

« Tu bouges plus ! »

Epuisée, j'obéis. De toute façon, il fallait bien que je leur dise un jour, non ? Résignée à mon sort, j'observais Amber ouvrir mon cahier pour regarder à la dernière page. Son sourire victorieux s'effaça tandis qu'elle regardait le dessin que j'avais fait de Remus. Un drôle d'air sur le visage, elle me regarda, puis regarda mon dessin, et me re-regarda encore. Intriguée au possible, Andy se leva pour aller voir à son tour. Elle aussi changea complètement d'expression en voyant le dessin.

« Oh, Erin… »

Son ton compatissant fit virer de bord mon humeur. De résignée je passais à énervée, et je lui arrachais mon carnet des mains pour le fourrer dans le tiroir de ma table de chevet. Amber se mordit les lèvres :

« Erin, on est désolées, on ne… »

Mais je la coupais avec humeur :

« Ouais ouais, c'est bon, oubliez ça. Je vais prendre ma douche. »

Une fois sous le jet brûlant, je regrettais mon petit coup d'état auprès de mes amies. Honteuse, j'attendais 5 minutes devant la porte pour me donner le courage d'aller m'excuser. Mais une fois sortie je n'eus le temps de rien dire, vu que je me retrouvais étouffée par deux paires de bras :

« Erin, s'il te plait, ne nous en veut pas ! »

Je rigolais nerveusement :

« C'est à vous de ne pas m'en vouloir. C'est moi qui suit désolé. »

S'en suivit une scène purement féminine ou on se serra dans nos bras en s'excusant et se jurant une amitié éternelle. Andy se recula :

« Tu es sûre que tu ne veux pas en parler ? »

Pour seule réponse je l'assommais avec un oreiller.


Le dimanche après-midi, jour du match, une pluie diluvienne tombait sur le château, inondant le parc et le terrain de quidditch. Par amitié et solidarité envers James (et mon petit frère Edwin), les filles et moi étions présentes dans les gradins griffondors aux côtés de Peter, Remus et Lily (Sirius étant le commentateur). Malgré nos capes (magiquement modifiées pour être imperméables) et nos parapluies, nous étions trempés de la tête aux pieds. Lily qui étaient à mes côtés frissonnait sans pouvoir s'arrêter. Etant dans le même état, je me rapprochais d'elle dans l'espoir que l'on se tienne chaud mutuellement. Me remerciant du regard, elle se pencha pour me glisser à l'oreille :

« Au fait, bravo pour vendredi soir ! Du grand spectacle. »

Rougissante, je la remerciais. L'air de rien, elle continua :

« J'étais tellement sûre que les rivaux étaient des rivales ! Au moins, ça a rabattu le caquet de James qui était persuadé du contraire. »

Je rigolais en remontant mon écharpe :

« Un jour, les femmes domineront le monde. »

La jolie rousse s'exclama :

« Toi et moi, on va s'entendre ! Tape m'en dix ! »

Un peu plus loin, Peter et Remus écoutaient en grimaçant notre conversation. Le premier soupira :

« Eh ben, on est foutu si Lily se met du côté des rivales. »

Cette dernière sursauta :

« Je ne suis d'aucun côté ! »

Remus la regarda d'un air qui disait « vraiment ? » et la jeune fille trouva tout à coup les pompons au bout de son écharpe très intéressants. Amber se pencha pour parler à son oreille :

« Il reste une place dans notre groupe, si tu veux. »

Peter hoqueta d'indignation tandis que Lily fit mine de réfléchir à la proposition :

« Hum…c'est une offre ma foi fort plaisante, gente dame, mais la personne que je suis est contre l'infraction au règlement. Et préfète en chef. »

Andy se frotta le visage dans l'espoir d'éponger la pluie qui lui tombait dessus :

« James aussi est préfet en chef… »

Lily grogna un « oui je sais » qui montrait très bien ce qu'elle en pensait. Je retournais mon attention vers le match qui se déroulait devant nous. La pluie tombait tellement fort qu'on ne distinguait plus les joueurs, et Sirius ne parvenait pas à commenter les évènements de façon claire :

« Alors là euh…cette personne inconnue m'a l'air habillée en rouge donc je dirais souaffle aux griffondors. »

Le joueur en question contredit ses paroles car il semblait se diriger vers les anneaux de griffondors, justement. Sirius se repris :

« Au temps pour moi, souaffle aux serpentards alors. »

Tout le monde entendit clairement le soupir las de McGonagall dans le micro.

Je soupirais également : pourvu que l'attrapeur des griffondors s'empare de ce fichu vif d'or, qu'on en finisse ! Sans parler que j'étais inquiète pour Edwin, car c'était son premier match en tant que nouveau poursuiveur, et je n'avais pas envie qu'il perde ou qu'il se blesse (voir les deux). Un coup de sifflet retenti, et tous les joueurs descendirent à terre. En plissant des yeux, je parvins à distinguer James au milieu de son équipe qui gesticulait en parlant à ses joueurs. Quelques secondes plus tard, tout le monde était reparti dans les airs et le match repris son cours. Deux heures plus tard, les griffondors menaient de peu : 130 à 110, et toujours pas de vif d'or à l'horizon. Je grelottais de toutes mes forces et ce malgré le fait que j'étais collée serrée entre Lily et Andy. Régulièrement, je sentais les jambes de Remus (assis derrière moi) qui bougeaient contre mon dos, ce qui me refilait des frissons encore plus violents. Bon sang ! C'était complètement débile, comme situation. J'eu une petite pensée pour mon dessin de la veille. Je fus coupée dans ma réflexion par les cris soudains de la foule. Suivant le mouvement sans comprendre ce qu'il se passait, je me levais en tendant le cou pour voir :

« Je ne vois rien ! Qu'est-ce qu'il se passe ? »

C'est Remus qui me répondit :

« Je crois que les attrapeurs sont en mouvement. »

« Oh mon dieu, enfin ! »

Il rigola à mon ton désespéré. Quelques secondes plus tard, c'est dans le flou le plus total que le match pris fin, les deux équipes étant revenues sur le plancher des vaches. La voix hystérique de Sirius résonna à travers le stade :

« Griffondor remporte le match ! Ils gagnent 280 à 110 ! Les serpentards vous êtes des gr… »

C'est le moment que choisis McGo pour lui arracher le micro des mains.


Malgré le brouhaha de la foule et la pluie qui continuait à nous taper dessus, je réussis à trouver Edwin et à le serrer fort dans mes bras pour le féliciter. Trop heureux pour avoir honte de mon étreinte, il me répondit en me faisant tournoyer. Puis il se fit emporter par le reste de l'équipe, et je me dépêchais de rentrer me mettre à l'abris.

Après une bonne douche chaude, je me dépêchais d'aller à la bibliothèque pour aller rendre un livre, la date d'échéance de mon emprunt étant le jour-même. J'arrivais 5 minutes avant la fermeture, et Mme Pince me pris le livre des mains avec un air réprobateur. Arborant un air faussement coupable, je lui souris et me dirigea vers la sortie quand une voix bien connue m'interpella : Remus venait du fond de la bibliothèque, enfournant ses affaires en vrac dans son sac. Je m'arrêtais pour l'attendre :

« Tu ne fête pas la victoire avec les autres ? »

Le jeune homme secoua la tête :

« Trop de bruit, pas envie. Et puis j'avais oublié un devoir de sortilèges à rendre pour demain. »

Au moment de se séparer dans le couloir, il s'arrêta, l'air d'hésiter à dire quelque chose. Patiente (et curieuse), j'attendis qu'il se décide, ce qui ne tarda pas :

« Ça te dit de manger aux cuisines avec moi, ce soir ? »

Je tentais de ne pas m'emballer à cette proposition. Ok, Erin, tu es une fille calme.

« Tu ne vas pas manger avec les autres ? »

Non, ma voix n'a absolument pas déraillé à la fin de ma phrase. Vous avez rêvé.

« Les garçons ont ramenés de la nourriture pour toute la tour griffondor, au moins. Je n'ai pas envie d'aller dans la salle commune surpeuplée, et je n'ai pas envie d'aller tout seul dans la grande salle. Donc si tu veux venir avec moi aux cuisines… »

On oublie la fille calme. Là, je suis tout sauf une fille calme.

« Oui, pourquoi pas ? Je vais juste poser mes affaires avant, d'accord ? »

Voilàààà, c'est bien. Self-control avant tout.

« Ça marche ! On s'y retrouve dans 15 minutes, ça te va ? »

Je hochais la tête en souriant. Je fis le trajet jusqu'à mon dortoir comme une automate. Un fois assise sur mon lit, mes deux amies s'installèrent à mes côtés, inquiètes.

« Tu vas nous dire ce qui te met dans cet état ? »

Je relevais la tête vers Amber :

« Remus…vient de me proposer d'aller manger dans les cuisines avec lui, là maintenant tout de suite. »

Les deux filles eurent un plantage de cerveau qui dura 5 bonnes secondes, avant de se mettre à rire et sauter sur place de façon hystérique. Gagnée par leur euphorie malgré moi, je tentais de les calmer :

« On ne s'emballe pas. Je répète : on ne s'emballe pas ! Ok ? »

Comme des enfants pris en faute, elles acquiescèrent à mes paroles.

« Braves filles ! »

Hochant la tête, je posais mon sac, me tapotait les joues, sentis mes aisselles, et me mis en marche. Quelques minutes plus tard, j'arrivais devant le tableau cachant l'entrée des cuisines, ou Remus m'attendait déjà. Il me sourit, et la magie opéra : je me détendis instantanément. Mais aussitôt entrés, une armada d'elfes de maison s'abattit sur nous.

« Bonsoir jeunes maîtres ! »

Me détachant des petites créatures qui s'agglutinaient devant nous, je me penchais pour voir celui qui avait parlé : un spécimen doté d'un drôle de nez en forme de champignon de Paris. Hésitante, je lui répondis :

« Euh…bonsoir. »

Emerveillé, il me regarda de ses yeux globuleux. Me retenant de rire, je me tournais vers Remus, qui pris la parole :

« Bonsoir, Smooky. C'est possible qu'Erin et moi on mange ici ? »

Les yeux de l'elfe s'agrandirent encore plus, si c'était possible.

« Oh oui jeune maître, bien sûr jeune maître ! Tout ce que vous voulez ! »

Et il me prit par la manche pour me tirer vers une portion de la table qui n'était pas envahie par les ustensiles de cuisine, puis il nous rapporta l'équivalent d'un repas pour une équipe de rugbymen bodybuildés. Ecarquillant les yeux face à tout ça, je regardais Remus qui me souhaita un bon appétit avant de se servir généreusement.

Tout en mangeant, je regardais d'un air intéressé les elfes de maison qui s'agitaient dans tous les sens, comme une sorte de fourmilière géante. Même si le silence entre nous était confortable, je décidais tout de même de lancer un sujet de conversation :

« Remus ? »

La fourchette dans la bouche, il leva la tête vers moi.

« Tu veux faire quoi, après Poudlard ? »

Il prit le temps de finir sa bouchée avant de me répondre :

« Je ne sais pas trop. Je n'ai pas de…vocation particulière, en fait. »

Je hochais la tête. Et puis le fait d'être un loup garou ne devait franchement pas aider pour trouver du travail.

« Et toi ? »

Hum, bonne question !

« Eh bien, pareil que toi. Toute ma famille sauf ma mère est dans le quidditch ou le sport, mais très peu pour moi. En fait…j'aimerai bien aller dans le journalisme. »

« Ah oui ? Je te voyais plus aller vers quelque chose en rapport avec le dessin. »

Je haussais les épaules :

« C'est ma passion, mais je ne suis pas sûre de pouvoir en vivre. Et puis bon, montrer ce que je fais aux gens…j'en suis incapable. »

Il eut un mouvement de bras qui se voulait fataliste :

« Mince ! Moi qui espérait que tu m'en montre quelques-uns. »

Face à la panique qui s'afficha sur mon visage, il me rassura d'un clin d'œil :

« Je plaisante, Erin. Respire. »

Gênée, je relâchais la pression, et me promis de cacher le dessin que j'avais fait de lui, avant de me retrouver dans une situation vraiment gênante.

Il changea de sujet tout à coup :

« Au fait, je peux te poser une question indiscrète ? »

Je fronçais les sourcils :

« Ça met tout de suite à l'aise, comme requête. Mais oui, essaie toujours ! »

Oulà, j'espère que je ne vais pas avoir à regretter cette décision. Il avala d'un trait son verre d'eau :

« Est-ce que toi et Scott…sortez ensemble ? »

Je dus mobiliser toutes les forces en ma possession pour ne pas lui cracher ma gorgée de jus de citrouille à la figure.

« Quoi ?! D'où est-ce que tu sors ça ? »

Il se cacha le visage avec ses mains :

« Oh mon dieu, oublie ça, tu veux ? »

« Tu es sérieux, Remus ? Tu ne peux pas juste me demander d'oublier ça maintenant. Et non, je ne sors pas avec Scott. »

Il releva la tête tellement vite que son cou craqua :

« C'est vrai ? Enfin, je veux dire, ah, d'accord. »

Comme j'aimerai lire dans les pensées à cet instant, mais du genre vraiment !

Après ce petit moment de malaise, le reste du repas se déroula normalement, et nous discutâmes de tout et de rien. Je réussis à glaner quelques informations sur lui, comme le fait que son père était un spécialiste des apparitions spectrales, et que sa mère était moldue comme la mienne et employée dans une compagnie d'assurance. Il me raconta aussi la manière dont ses parents c'étaient rencontrés, que son dessert préféré était le gâteau au chocolat, que son moment préféré de la journée était l'aube, que sa couleur préférée était le bleu, et pleins d'autres petites choses que je gardais précieusement dans mon esprit. C'était mort, j'étais complètement sous le charme de ce garçon.

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, et il fut bientôt l'heure de partir si nous voulions arriver dans nos dortoirs avant le début du couvre-feu. Sans oublier de remercier les elfes de maison, nous nous dirigeâmes vers le hall principal qui se trouvait juste en face de la grande salle. Etonnamment, celle-ci était encore pleine de monde, au vu du bruit qui en sortait. En se jetant un regard intrigué, nous décidâmes d'aller y jeter un œil. En entrant, nous comprîmes tout de suite que la situation était grave : les visages des élèves étaient tristes, inquiets, ravagés pour certains. Ceux des professeurs étaient alertes, et la plupart étaient attelés à calmer les pleurs des plus jeunes. Le reste des maraudeurs, que je pensais dans leur tour à fêter la victoire du match, se dirigea vers nous. Leurs expressions graves contrastaient avec celles plus joyeuses qu'ils arboraient la dernière fois que je les avais vus, quelques heures plus tôt. Sentant la panique monter en moi, je m'accrochais au bras de Remus. Amber et Andy nous rejoignirent à leur tour, le même air dévasté sur le visage. Cette dernière pris la parole, voyant qu'aucun des garçons ne se décidait à parler :

« Il y a eu une attaque de mangemorts sur le chemin de traverse…Ils parlent d'une trentaine de morts. »

Tétanisée, je sentis la main de Remus se glisser dans la mienne.


Ah ah ! Cliffhanger coucou =)

Sinon, oui je sais que Thriller est sortie quelques années plus tard, en 1983, alors que là on est en 77, mais bon je ne voyais pas d'autre chanson que celle-là. Sauf peut-être GhostBusters, mais le même problème se pose au niveau de la date. Je fais ce que je veux, na !

Amour et chocolat, et à bientôt pour la suite !