Merci pour vos reviews, ça m'a vraiment aidé pour l'écriture, et ça fait toujours plaisir de voir que vous prenez le temps. Donc voilà un chapitre plus long et un peu plus axé sur le ressenti des personnages. Je tiens à m'excuser pour la lenteur mais je ne vais pouvoir poster qu'une fois par semaine désormais. Bonne lecture !
Elle avait fait de son mieux, mais elle n'avait plus la force de lutter. Elle avait glissé dans l'inconscience quelques minutes avant que l'équipe médicale n'arrive.
"Les plus longues de ma vie" avait pensé Rocher
Il avait tout fait pour la ramener mais rien n'y faisait, elle restait inanimée dans ses bras, son cœur continuant tant bien que mal de battre. Impuissant, quelques larmes coulaient le long de ses joues, cela était rare qu'il montrat ainsi sa vulnérabilité mais l'idée de la perdre lui était insoutenable.
Jamais il n'avait éprouvé un tel soulagement qu'au moment où il avait aperçu les secours entrés dans la pièce. Il commençait à désespérer face à la pale figure inerte de la criminologue.
La suite était floue dans son esprit, il se rappelait de la présence de ses collègues, ils essayaient de lui parler, de le rassurer sûrement. Complètement coupé de la réalité, il avait été incapable de saisir le moindre mot. Plus grand-chose n'avait de sens. Encore sous le choc des événements, il n'avait qu'une envie, celle d'être auprès d'elle. Il s'était empressée de la rejoindre et de monter dans l'ambulance à ses côtés. Le reste pouvait attendre.
Il était maintenant dans le couloir de l'hôpital à faire les cent pas. L'attente était interminable, cela faisait près de trois heures qu'il était arrivé et qu'Adèle était au bloc. Il avait eu le temps de se changer et de se ressaisir un peu mais le manque d'informations sur son état commençait à le mettre sur les nerfs. Son équipe était arrivé une demi-heure après lui et était maintenant assis non loin. Hyppolite n'avait pas décroché un mot, Jess avait encore des larmes le long des joues alors qu'Emma avait l'air plus abattue que jamais.
"Arrêtez de tourner comme un lion en cage, vous allez me rendre fou" fit Hyppolite lasse
Avant que Rocher n'est le temps de répondre il ajouta "Ca va faire trois heures, on ne va pas tarder à avoir des nouvelles.."
Arrivant à point nommé, un médecin et son interne firent leur entrés dans le couloir. Tous se levèrent prestement, prêt à écouter les nouvelles.
"Nous avons dû opérer votre amie en urgence, elle perdait beaucoup de sang et la balle qu'elle a reçue dans le bas du dos était profondément logée. Ce fut une longue opération, je ne vais pas vous cacher que nous avons fait faire à quelques complications. Elle a aussi quelques contusions et plaies mais rien de très préoccupant. Si elle passe le reste de la nuit, ses chances de guérison seront bonnes" fit le plus âgé d'entre eux
" Nous sommes assez optimistes. Votre amie est forte. Elle devrait se réveiller d'ici quelques heures, mais cela ne dépend que d'elle" ajouta l'interne
Tous lâchèrent des soupirs de soulagement, Emma et Hyppo s'étreignirent brièvement et Jess en pleura de joie.
Rocher avait besoin de la voir, de sentir qu'elle était toujours là. Il s'empressa de demander au médecin si elle avait droit aux visites.
"Dès qu'elle sera installée oui" acquiesca-t-il "mais une seule personne à la fois ! "
Il était évident pour tous que c'était à Rocher de rester auprès d'elle. Comprenant leur intention, il les remercia par un vague sourire, reconnaissant. Conscient qu'ils n'auront pas plus de nouvelles pour ce soir, Hyppo et Emma rentrèrent alors que Jess décida d'aller chercher Ulysses à la DPJ pour le ramener chez eux.
Rocher attendit quelques minutes de plus, seul. Il avait qu'une hâte, c'était de voir Adèle mais il était aussi terrifié à cette idée. Elle avait besoin de lui plus que jamais mais sera-t-il à la hauteur ? Aura-t-elle toujours confiance en lui après tout ce qui est arrivé ? Lui pardonnera-t-elle? Il avait failli sur toute la ligne..
"Baransky avait raison, j'aurais pu empêcher Argos... Je savais que tout ça n'était pas clair, j'aurais dû enquêter, c'est mon boulot merde ! J'aurais pu faire plus, j'aurais dû !" ragea-t-il intérieurement "Si seulement je l'avais empêché de la prendre, rien de tout ça ne serait arrivé..."
Des flashs de la criminologue le hantaient... Le couteau sous la gorge, baignant dans son sang, inanimé dans le creux de ses bras.. Il ne méritait pas de le voir, il le savait.
Il se jura désormais d'être à la hauteur. Il ne pouvait changer ce qui s'était passé, il avait royalement merdé mais il devait se ressaisir.
Il avait commis sa plus grosse erreur, celle qui lui aura coûtée le plus cher. Il savait que tout n'était pas de sa faute, mais il estimait avoir sa part de responsabilité et se sentira toujours coupable. Cependant, il devait avancer, se montrer digne de sa confiance et digne de son pardon. Ce n'est pas en étant torturé qu'il pourra l'aider, elle avait besoin de lui, autant qu'il avait besoin d'elle. Il fallait qu'ils mettent tout ça derrière eux pour avancer ensemble.
L'infirmière finit par arriver lui annonçant qu'il pouvait y aller. Il ne se fit pas prier et se mit en route vers la direction qu'on lui avait indiquée.
Il arriva rapidement face à la porte et hésita un bref instant avant de la franchir. Dès qu'il la vit, son cœur rata un battement. Elle était allongée dans un lit, branchée à de nombreuses machines. D'une grande pâleur, on aurait pu croire qu'elle était morte mais le tintement régulier de la machine et le léger soulèvement de sa poitrine prouvèrent le contraire. Elle était toujours là, il poussa un soupir de soulagement et ce fut comme si un poids venait de libérer sa poitrine.
Il s'approcha doucement du lit. Il était perdu, il ne savait pas quoi dire, quoi faire... alors il la regarda tout simplement. Elle avait l'air paisible mais il savait que ce n'était pas le cas. Il se décida à prendre sa main, pour lui montrer qu'il était là, qu'elle n'était pas seule.
Il avança une chaise à son chevet et s'asseya, prêt à rester à ses côtés le temps qu'il faudra.
Il remit délicatement sa fameuse mèche derrière l'oreille, avant de poser sa main quelques secondes sur sa joue. Cela le fit sourire, il ne s'était pas autorisé à le faire souvent mais il aimait ce simple contact. Il ne put s'empêcher de penser à ses sentiments pour Adèle...
Il y a quelques années, il ne pouvait pas voir la criminologue et maintenant il parlait de sentiments.
Il fallait dire que les choses avaient beaucoup changé, cette femme fragile, rebelle, instable était devenue une femme forte, aimante, et toujours aussi imprévisible. Lui aussi avait changé, il avait su faire le deuil de sa femme et trouver un certain équilibre dans sa vie. Ils n'étaient plus les mêmes personnes aujourd'hui.
Inconsciemment, il reprit la main de la criminologue, toujours plongé dans ses souvenirs.
Malgré des débuts difficiles, Adèle avait su trouver sa place au sein de l'équipe, ils étaient devenu une vraie famille.
Il avait pris l'habitude de passer ses journées avec elle, et au fil du temps cette proximité avait créé un vrai lien entre eux. Il se revoyait lui dire il y a quelques années qu'il n'y avait pas de place pour elle dans sa vie et maintenant il ne la voyait plus sans elle. La vie révélait bien des surprises.
Ils étaient collègues, puis amis et confidents... Maintenant ils partageaient cette chose, cette sorte de relation assez ambiguë, inavouable. Il ne saurait dire quand est ce que cela avait commencé mais il en avait pris conscience après la mort de Camille. Depuis cette relation ambiguë n'avait fait que se renforcer. Il était profondément attaché à Adèle, cela faisait un moment qu'il en avait conscience.
Ce n'est que depuis l'Anjou qu'il fut sûr qu'il y avait plus que de l'attachement et qu'il y avait réellement quelque chose d'assez ambiguë, ils avaient eu ces regards appuyés durant le dîner, ces mots durant le gala et par-dessus tout ce moment devant la porte de la chambre, ils n'avaient jamais été si proches. Il mourait d'envie de franchir cette mince distance qui les séparait, et il savait au fond de lui que si ce téléphone n'avait pas sonné, il l'aurait fait.
Tout cela lui paraissait si loin aujourd'hui. Il se mit à caresser légèrement la main de la criminologue. Il se laissait rarement aller à des élans de tendresse, mais ces derniers temps, il ne pouvait s'empêcher d'en avoir envers la criminologue.
Depuis qu'Aurélie était arrivée, il n'avait pas souvent plus eu l'occasion d'être proche d'elle et il devait admettre que sa proximité lui avait manqué. Elle les avait éloignés pendant quelque temps... Sa venue l'avait replongé dans ses souvenirs et il avait préféré faire confiance à la sœur de sa femme plutôt qu'à sa partenaire. Il n'avait pas pu lui cacher ce qu'il s'était passé avec Aurélie, et il avait tout de suite vu qu'il l'avait blessé.
Son regard se posa sur leurs mains entremêlées. Il s'en voulait de tout ce qui s'est passé avec d'Aurélie, tout avait failli voler en éclat à cause d'une connerie.
Il s'était efforcé de montrer à Adèle qu'il lui portait une confiance sans failles, et qu'elle pouvait toujours avoir confiance en lui. Pas un seul instant il n'avait douté de sa parole quand elle avait dit ne pas avoir tué l'avocat d'Argos, c'était d'ailleurs ce qu'il lui avait avoué lorsqu'il était allé lui rendre visite en cellule. Elle avait déclaré qu'elle avait encore confiance en lui et il sut ainsi que rien ne pourrait briser ce lien de confiance qu'ils avaient mis tant de temps à tisser.
Cela avait été une rencontre pour le moins intense, leurs regards s'étaient accrochés comme jamais auparavant, leurs sentiments étant à fleur de peau. Ce fut à cet instant précis qu'il se rendit compte qu'il tenait à Adèle bien plus qu'il n'osait se l'avouer. Le reste n'avait fait que confirmer ce qu'il savait déjà, il commençait à avoir des sentiments pour la criminologue, sentiments qu'il pensait ne plus jamais éprouver. Elle avait su faire son petit jour de chemin jusqu'à son cœur.
Il finit par relever les yeux vers le visage endormi de la criminologue. Il la détailla, le regard tendre et bienveillant. Cela n'allait pas être facile pour elle, sa vie était sur le point de changer, elle était libérée d'Argos, définitivement. Elle pouvait enfin mettre le passé derrière elle et avancer.
Il finit par trouver ses mots, il ne savait pas si elle l'entendait mais il s'essaya. Il se rapprocha légèrement de son visage.
"Je suis vraiment désolé Adèle, pour tout ce qui est arrivé, j'ai ma part de responsabilité.. Je veux que vous... que tu saches que c'est fini, tu es libre mais pour avoir cette vie tu vas devoir te battre. Tu n'es plus seule, on est tous là à tes côtés. Je suis là." déclara-t-il tendrement
Il releva la tête et guetta le moindre signe de réveil, mais rien. Il savait que c'était un peu tôt mais il espérait tout de même. Il se rassit confortable dans sa chaise, la main d'Adèle tendrement enlacée dans la sienne. Il attendra le temps qu'il faudra, pour son réveil et pour le reste.
