Note : Hello tout le monde ! Comme d'habitude, un immense merci aux revieweurs et à tous ceux qui ont ajoutés en fav/follow !
Sur ce je vous laisse avec le nouveau chapitre.
Chapitre 6 : Tensions sous les cocotiers
Théodore ne préférait pas savoir ce qu'il était en train de se passer dans la tête de sa meilleure amie. Probablement était-elle déjà en train de faire la liste des invités à son mariage avec Dean Thomas.
« Juste pour que tu saches, fit-il en réajustant ses lunettes de soleil qui risquaient de tomber à force de baisser la tête pour mater les fesses de Thomas, je préfère largement Elinor à Marianne.
- Hein ? bredouilla Tracey, lâchant finalement Dean Thomas du regard.
- Si vous avez une fille, je veux dire, continua Théodore. Appelez-la Elinor, plutôt.
Tracey fronça les sourcils.
- C-Comment tu sais que… ?
- Que tu veux appeler tes filles Elinor et Marianne ? Voyons Tracey, quel genre d'ami je ferais si je ne connaissais pas les prénoms des héroïnes de ton roman préféré ? répliqua Théodore avec un petit sourire en coin, fier de son effet.
- Ce… De toute façon je ne m'imagine pas du tout avoir des enfants avec Dean ! répliqua Tracey en balayant l'idée d'un revers de la main.
- Non, juste partager une nuit passionnée avec lui, puis qu'il te demande ta main et que…
Théodore s'interrompit soudain, réalisant ce qu'il était en train de faire. Etait-il vraiment judicieux de sa part de se moquer de son amie alors que lui aussi était en train de dévorer Thomas des yeux ? Et surtout, alors qu'elle se remettait d'une rupture douloureuse et avait vu s'éloigner tous ses rêves de mariages et d'enfants ?
Malheureusement, sa prise de conscience arriva trop tard. Le mal était déjà fait. Tracey poussa un long soupir.
- Une fille a le droit de rêver, non ? répondit-elle, une touche d'amertume dans sa voix. Je… Je pensais avoir enfin trouvé ce que je cherchais avec… avec Terence. Mais toutes mes illusions ont volé en éclat…
Sa voix se brisa sur cette dernière phrase, et, malgré les lunettes de soleil, Théodore devina qu'elle était au bord des larmes. Il se mordit la lèvre. Comment pouvait-il être aussi insensible ? Aussi peu empathique ?
J'ai l'impression que tu ne ressens rien. Jamais.
La phrase et le souvenir qui y était associé lui revinrent de plein fouet. Cette voix… Ces accusations… Combien de fois les avaient-ils repassées dans son esprit, inlassablement, jusqu'à ne plus en comprendre le sens ?
Blaise lui avait reproché d'être un bloc de glace, de ne pas monter le moindre sentiment. Mais il avait balayé la critique d'un revers de la main et avait longtemps considéré que c'était faux. Que Blaise avait simplement craché son venin, pour se défouler après que Théodore ait décidé de le quitter. Et pourtant, parfois… parfois, il se demandait si le métis n'avait pas raison.
C'était un fait indéniable : il ne prenait pas souvent en considération les sentiments des autres, les foulait du pied sans y faire attention, et les blessait. Cependant, il avait toujours cru qu'il était simplement un peu égocentrique. Et Théodore n'était pas le genre à culpabiliser pour un défaut qui touchait au moins la moitié de la race humaine.
Mais peut-être que Blaise avait raison. Peut-être qu'il y avait quelque chose qui ne tournait vraiment pas rond chez lui. Peut-être que ce n'était pas normal d'être à ce point insensible.
Il prit une profonde inspiration avant de prononcer, lentement, et en réfléchissant à chaque mot qu'il prononçait :
- Tracey… Je suis désolé. C'était juste pour me moquer. Et… Je pense que tu devrais aller parler à Dean Thomas. Peut-être que…
Il tourna la tête dans la direction de son ami et s'interrompit brusquement en réalisant qu'elle s'était volatilisée. Elle avait rangé ses affaires et quitté la piscine pendant qu'il ruminait ses pensées noires.
- Bien joué, Théodore… marmonna t-il entre ses dents serrées.
Il pensa d'abord à aller la chercher ou à lui envoyer un message, mais se ravisa. Il connaissait Tracey. Dans ce genre de situation, elle avait besoin d'être seule. Il irait s'excuser plus tard.
Se rallongeant sur le transat, il ouvrit son livre et tenta de poursuivre sa lecture, mais abandonna au bout d'une page. Il n'arrivait pas à se concentrer, trop perturbé par sa dispute avec Tracey et les sombres considérations qui avaient suivies.
Il laissa son regard s'égarer sur les bords de la piscine. Tracey n'était visiblement pas la seule à avoir remarqué le moniteur d'aquagym. Il repéra plusieurs femmes qui le fixaient avec insistance. Parmi elles, Théodore reconnut Pansy Parkinson, la main posée sur la cuisse d'un magnifique éphèbe.
Elle n'a pas changé… songea le jeune Nott avec un sourire amusé. Toujours une croqueuse d'hommes.
Le regard de Théodore glissa de Pansy à ses deux voisins de droite. Drago lui adressa un petit signe de la main, auquel il répondit par un sourire poli. Malgré sa rupture avec Blaise, Drago et lui étaient restés en bons termes et se voyaient de temps en temps pour boire un verre. Ils avaient toujours été de bons amis, même si Drago était plus proche de Blaise.
En parlant de Blaise, d'ailleurs… Le regard de Théodore tomba finalement sur son ex, juste à la droite Drago. Il était allongé sur son transat, la lumière du soleil parant sa peau de reflets mordorés. Il était encore plus stupéfiant qu'à son habitude. Théodore pouvait affirmer avec certitude qu'il n'avait jamais rencontré quelqu'un d'aussi beau que Blaise. Il n'y avait pas que son physique. Il y avait aussi cette attitude… Ce maintien royal, ce regard pénétrant…
Qui en ce moment même était fixé sur lui, rempli de furie.
Qu'est-ce que j'ai encore fait ? s'interrogea Théodore, sortant de son état d'admiration pour celui, plus courant ces derniers temps quand il s'agissait de Blaise, de profond agacement. Je ne l'ai pas importuné des vacances, j'ai même fait attention à l'éviter… Et là, Monsieur n'est pas content ! J'ai quand même le droit d'être de l'autre côté de la piscine, non ?
Lorsqu'Harry rentra au bungalow, il fut surpris de trouver un mot de Ron et Hermione lui indiquant qu'ils étaient partis visiter des vestiges magiques et qu'ils rentreraient aux alentours de seize heures.
Génial, songea t-il avec amertume. Ils partent faire leur plan entre eux, sans même se soucier de savoir où je suis passé.
Avec humeur, il jeta le mot à la poubelle. Il devait admettre qu'il était un peu déçu par l'attitude de Ron et Hermione. La veille, ils l'avaient ignoré toute la soirée, et ce matin, ils partaient sans lui ! Il avait la désagréable impression d'être la troisième roue du carrosse…
Avec un soupir, il décida d'aller se doucher pour se débarrasser de l'odeur de sueur et de sexe qui lui collait à la peau. Alors que l'eau chaude lui coulait entre les omoplates, il se relaxa un peu et tenta de rationaliser la situation. Ses amis l'avaient invité à passer des vacances avec eux, alors qu'ils auraient pu très bien décider de partir juste tous les deux. Qu'ils veuillent néanmoins passer du temps en couple était parfaitement normal. D'autant plus que, ne trouvant pas leur ami dans le bungalow en se réveillant ce matin, ils avaient dû en déduire qu'Harry avait ses propres plans de son côté.
Ces pensées calmèrent un peu les sentiments de solitude et d'abandon qui l'avaient envahi lorsqu'il était tombé sur le mot. Il était injuste avec Ron et Hermione. Ses amis étaient toujours là pour lui, pour le soutenir et l'aider. Peu de gens pouvaient se vanter d'avoir de tels amis. Et il ne pouvait pas exiger d'eux de mettre leur couple de côté toutes les vacances pour lui. Il leur proposerait simplement de faire une activité à trois lorsqu'ils rentreraient.
Fort de cette résolution, il se rhabilla en vitesse et décida d'aller faire un tour dans le bâtiment d'accueil pour se trouver à manger. Il mourrait de faim. Il avait envie de s'acheter un burger ou autre chose de bien gras pour oublier toutes ses émotions de la matinée. Ce n'était pas tous les jours qu'il se réveillait en croyant avoir couché avec son pire ennemi (qu'il avait embrassé la veille !) pour découvrir que finalement il avait couché avec un inconnu.
D'ailleurs, qu'avait-il bien se passer pour qu'il termine dans le lit de ce type ? s'interrogea Harry tout en verrouillant la porte du bungalow. Il y avait forcément une explication logique, mais il espérait sincèrement que cette dernière n'impliquait pas Malefoy l'apercevant quitter la soirée bras dessus bras dessous avec le français.
Si tel était le cas, pour qui Malefoy devait-il le prendre à présent ? Un type désespéré, prêt à sauter tout ce qui était blond, jeune et de sexe masculin ? Argh !
Pris dans ces considérations, Harry ne vit pas la jeune femme qui arrivait en sens inverse et bientôt son corps entra en collision avec celui de la vacancière.
« Ouch ! lâcha t-il, se rattrapant à des arbustes sur le côté pour ne pas tomber.
- Dé… Désolée ! s'écria immédiatement la jeune femme qui lui était rentrée dedans. Je ne t'ai pas fait mal ?
Encore étourdi, Harry releva la tête. Son regard croisa celui, sombre et embué de larmes, de Tracey Davis.
- Je… Je suis vraiment, vraiment désolée, Potter… poursuivit-elle, confuse.
Elle était visiblement en train de pleurer lorsqu'ils s'étaient rentrés dedans. Harry sentit son coeur se serrer, et il posa un main sur son bras pour la calmer.
- Ca va. Plus de peur que de mal… Je ne regardais pas devant moi non plus, murmura t-il sur un ton apaisant. Tout va bien, Davis ?
« Buongiorno, Blaise ! l'accueillit Alfonso, assis à l'ombre de son bungalow. Ti senti un po' meglio ? Tu te sens mieux ?
- J'ai bien récupéré, répondit Blaise dans la même langue. Merci de m'avoir ramené hier soir.
- C'était rien, balaya Alfonso d'un geste de la main. Qu'est-ce que tu vas faire aujourd'hui ?
Blaise haussa les épaules.
- Je ne sais pas, je n'ai pas encore vraiment prévu quoique ce soit.
- Ca te tente un tour en jet ski tout à l'heure ? Benji dit que c'est dément !
Le jeune métis esquissa un sourire un peu forcé. Il appréciait la proposition d'Alfonso, même si, s'il était complètement honnête, son coeur n'y était pas vraiment.
Il repassait en boucle la scène de la matinée dans sa tête. Sa rage quand il avait aperçu Théodore, les yeux rivés sur Dean Thomas. Puis les regards furieux et insistants qu'il lui avait lancés jusqu'à ce que le jeune Nott le remarque. S'en était suivi quelques minutes d'une intense bataille de regards jusqu'à ce que Théodore se lève et se dirige droit vers lui.
Blaise devait admettre qu'il ne s'y était pas vraiment attendu. Théodore n'était pas le genre à agir sous le coup de l'impulsion et de la colère. Il essayait toujours de choisir la solution qui engendrait le moins de confrontation possible.
Aussi Blaise avait été surpris de voir son ex venir se camper devant son transat, les mains sur les hanches, et lui jeter un regard plein de mépris avant de demander :
« Puis-je connaître la raison de l'énervement de Votre Altesse ?
Avant que Blaise, bouche bée, n'ait le temps de reprendre ses esprits et de répondre, Drago avait volé à son secours :
- De quoi tu parles exactement ? avait-il fait sur un ton calme pour apaiser Théodore.
- Je parle de monsieur Blaise Zabini en train de me fusiller du regard depuis cinq bonnes minutes, répondit Théodore avant de rediriger son attention sur Blaise. Je veux bien faire des efforts pour ne pas te parler, pour m'éloigner de toi, mais il y a des limites... Ca ne m'enchante pas non plus d'être en vacances au même endroit, mais il faut faire avec. Et se comporter comme des adultes !
Cette fois-ci, Blaise avait été plus rapide que Drago pour répondre.
- Ce n'est pas de ma faute si tu te fais des idées, Nott. Je te signale que c'est toi qui vient me déranger et me provoquer alors que j'étais tranquillement en train de bronzer sur mon transat sans déranger personne.
- Blaise ! s'étaient exclamés Pansy et Drago en choeur, interloqués par sa mauvaise foi. (Les pires amis du monde, songea Blaise rétrospectivement.)
- Oh bien sûr… avait sifflé Théodore sur un ton dangereusement calme (le genre de tons que Blaise avait appris à craindre). C'est moi qui me fait des idées… Tu n'étais absolument pas en train de me fixer il y a quelques instants ?
- N-non, bredouilla Blaise, persuadé que mensonge pouvait se lire sur tout son visage.
Théodore était resté un moment silencieux, comme en pleine réflexion. Blaise savait que cela ne présageait rien de bon. Quand Théodore réfléchissait c'est qu'il préparait un coup bien trop ingénieux et machiavélique pour le commun des mortels. Il ne fut pas déçu.
- Très bien. Tu veux la guerre ? Tu vas l'avoir, avait prononcé l'héritier Nott sur un ton doucereux avant de tourner les talons.
« J'ai l'impression que le procureur nous a mené en bâteau depuis le début… Le problème c'est qu'on ne peut pas le prouver, soupira Astoria à l'autre bout du fil.
- Ecoute, je n'ai pas le dossier sous les yeux, mais il me semble qu'il y avait encore certains éléments qu'on n'avait pas éclaircis. Si j'étais toi j'enquêterais dessus. De toute façon, ce n'est pas comme si tu pouvais faire grand chose d'autre… conseilla Drago.
- Hum… Tu as probablement raison. Mais, argh ! Ca m'énerve tellement ! Pauvre Mrs. Brown ! Si nous n'étions pas là, elle n'aurait personne pour l'aider. Elle serait seule face à son ordure de mari infidèle.
- Tu prends ça trop à coeur, la raisonna Drago. Rappelle-toi que tu seras plus efficace si tu prends tout cela avec de la distance.
Il l'entendit pousser un long soupir.
- Je ne peux pas, Drago, je ne peux pas. J'ai l'impression… Je ne sais pas…
- Que c'est un peu comme le divorce de tes parents ?
Silence à l'autre du bout du fil.
- Sans doute. Bref… Ne t'inquiète pas, je vais gérer. J'avais juste besoin de ton avis. Merci d'avoir répondu.
- C'est normal, tu ferais ça pour moi aussi, fit doucement Drago avant d'ajouter sur un ton plus moqueur. Et puis, si tu coules la boîte en mon absence, je ne pourrais plus toucher mon salaire mirobolant et 20% plus élevé que le tien !
Il pouvait parfaitement l'imaginer en train de lever les yeux au ciel. Les blagues sexistes marchaient toujours bien sur elle.
- Le boss a bien trop peur de moi pour oser moins me payer.
- C'est ça, continue de te bercer d'illusions, s'amusa Drago. Bon, je vais te laisser. J'ai un programme chargé.
- Laisse-moi deviner, tu dois retourner bronzer ?
- Exactement.
- Profite bien. Et reviens ici pleine forme !
Drago raccrocha avec un sourire, espérant sincèrement qu'Astoria arriverait à se sortir de cette mauvaise passe. Pas qu'il doutait des compétences de la jeune femme, mais cette affaire était particulièrement délicate. Cependant, maintenant qu'il y pensait, il se demandait s'il n'avait pas déjà entendu parler d'une affaire similaire… Il faudrait qu'il fasse quelques recherches ce soir…
Absorbé par ses pensées, Drago n'aperçut pas Harry Potter qui arrivait en sens contraire. Ils se rentrèrent dedans frontalement. Drago ressenti le choc dans toute sa boîte crânienne et ne put s'empêcher de lâcher un cri de douleur.
« Deuxième fois aujourd'hui ! s'exclama Potter avec humeur. C'est quoi cette poisse… Malefoy ?
- Potter… grinça Drago en massant son crâne douloureux. Bien évidemment.
Il vit Potter devenir rouge pivoine avant de bredouiller :
- Je… Tu ne regardais pas devant toi non plus. Mais peu importe. Je… Je vais y aller.
Et, avant que Drago n'ait eu le temps de prononcer le moindre mot, Potter avait déjà disparu.
Drago fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Ce n'était pas le genre de Potter d'éviter la confrontation !
La légende dit que laisser une review rend les auteurs de fanfiction heureux ! J'dis ça, j'dis rien...
